Bonjour à vous qui, dans le maelström du net, êtes arrivés, par hasard? lassitude? erreur? sur ce blog. Vous êtes les bienvenus. Vous y lirez des extraits d'articles, de pensées, d'interviews, piochés ça et là, et illustrés de photos et dessins détournés, via un humour de bon aloi. Vous pouvez évidemment réagir avec le même humour, la même ironie que nous mettons, chaque jour, à tenter de respirer un peu plus librement dans une société qui se corsète chaque fois un peu plus.
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lundi 16 février 2015

"Il vendait du charbon de bois en plastique". Jacques Damboise in "Pensées inconvénientes".

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Pensées pour nous-mêmes:

(QUI Y A-T-IL DERRIÈRE
LE CIEL?)

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(Les chapeaux de l'archiduc
 sont-ils checs, arsi-checs?)



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humourama.fr

Philippe Légé :
« L’égalité est souhaitable,
y compris pour des raisons d’efficacité économique »

   Philippe Légé, maître de conférences en économie à l’Université de Picardie, membre de l’association des Economistes Atterrés est l’un des co-auteurs du nouveau manifeste que ce collectif d’économistes critiques vient de publier.

   En quinze chantiers et 200 pages, le Nouveau Manifeste des Économistes atterrés, livre pédagogique d’économie politique, dessine la possibilité d’une autre économie.

   / Regards. Pourquoi un nouveau manifeste quatre ans et demi après le précédent ?

   - Philippe Légé. Malheureusement, nous avons été contraints de publier un second Manifeste, car ce que nous avions prévu dans le premier s’est réalisé. En 2010, nous avions mis en garde contre les effets économiques et sociaux des politiques d’austérités. Le chômage et la précarité se sont aggravés. Nous avions aussi indiqué que les objectifs budgétaires n’allaient pas être atteints du fait des effets récessifs des plans de restrictions budgétaires. Aujourd’hui, force est de constater que loin de tirer les leçons de la crise, les décideurs politiques et économiques ont renforcé ce qui avait échoué. Même s’il contenait des propositions, le premier Manifeste était davantage orienté vers la critique d’idées reçues, tandis que celui-ci est structuré par des propositions, autour de ce que nous avons appelé quinze chantiers.

   / Pourquoi quinze chantiers ?

   - Le terme de chantier signifie que nous ne proposons ni programme clé en main, ni solutions miracles, mais que nous voulons indiquer quinze tâches auxquelles les citoyens, la société devraient, selon nous, s’atteler prioritairement. Si nos propositions précises devaient être reprises et appliquées, nous serions très heureux. Mais l’essentiel n’est pas là. L’essentiel est qu’il y ait une prise de conscience politique et l’ouverture d’un débat sur de nécessaires alternatives. Dans la période la plus récente, en particulier en France depuis la constitution du gouvernement Valls, une nouvelle radicalisation des recettes néolibérales est entreprise. Selon la doctrine désormais prédominante, si l’économie et la société française sont en échec, la cause en serait que l’on n’en fait pas assez et qu’il faut renforcer ce qui a échoué. D’un simple point de vue logique et fonctionnel, il y a là quelque chose de profondément absurde. (...)

   / Comment avez-vous travaillé ?

   - Le manifeste est l’œuvre du groupe d’une vingtaine d’économistes qui font vivre l’association des Economistes atterrés, association regroupant un nombre beaucoup plus important d’adhérents. Mais nous n’avons pas fait figurer la liste des auteurs dans le livre, car nous voulions bien marquer le caractère collectif de ce manifeste. Nous avons d’abord travaillé ensemble au choix des chantiers, sans nous priver de faire en cours de route certains réajustements. Chaque chapitre a fait l’objet d’un premier jet réalisé par l’un d’entre nous, sur lequel tous les autres ont pu réagir et faire des remarques. Une relecture d’ensemble a permis d’homogénéiser le style, de s’assurer de la cohérence entre les chapitres et de bien maintenir la dimension politique et pédagogique, indispensable pour un "manifeste".

   / Dans l’introduction du Manifeste, vous affirmez que la cohérence de vos propositions est fondée sur un certain nombre de convictions qui vous sont communes. Quelles sont-elles ?

   - Nous avons beaucoup travaillé le fait de ne pas seulement mettre en avant l’écologie en la plaçant en chantier numéro 1, mais en retrouvant aussi cette question dans chacun des chapitres et en tissant les articulations entre l’écologie et les autres thèmes. Une conviction structurante porte sur l’égalité que nous voulons mettre au cœur des politiques publiques. L’égalité nous apparaît souhaitable, y compris pour des raisons d’efficacité économique. Un des chantiers porte ainsi sur l’entreprise. La plupart de nos collègues économistes disent peu de choses sur la gestion actuelle des entreprises, alors que nous pensons qu’il est au contraire nécessaire de la repenser et de la transformer. 

   Une autre conviction concerne l’importance des choix démocratiques et l’idée que les économistes ne sont pas de purs techniciens. Les économistes ont une certaine expertise, mais ils expriment aussi des visions du monde qui peuvent être très différentes. C’est pourquoi le débat sur les questions économiques est indispensable, alors que dans la recherche, l’enseignement et les medias il tend à être de plus en plus restreint et appauvri. Les débats en notre sein sont parfois plus réels et plus féconds que ceux que nous pouvons avoir avec nos collègues orthodoxes.



   / À lire ce nouveau Manifeste, il semble que vous réévaluez encore l’importance de l’écologie. Est-ce exact ?

   - Les Atterrés constituent depuis le départ un groupe hétérogène qui s’est rassemblé autour de l’idée selon laquelle la crise était instrumentalisée pour renforcer les politiques qui y avaient conduit. Ce qui est proprement atterrant. Mais au-delà de ce constat critique commun et de l’opposition unanimement partagée aux politiques néolibérales, il y a entre nous un grand pluralisme. Nous sommes une association marquée à gauche couvrant toutefois un large spectre de positions. Ce pluralisme demeure effectif, mais nous convergeons pour donner une plus grande importance à la thématique écologique. Ainsi sur la croissance, les divergences initiales de position entre nous se sont atténuées.

   Nous considérons tous qu’une transition écologique est indispensable et qu’elle va nécessiter des investissements importants, ce qui veut dire plus de croissance à court terme. Mais pas sur le moyen terme. Des secteurs d’activité doivent décroître. De même, nous partageons l’idée que le PIB (Produit intérieur brut) est un indicateur de croissance à la fois utile et insuffisant. Nous consacrons du reste un des chantiers de notre manifeste aux indicateurs trimestriels qui devraient, selon nous, le compléter. L’écologie est à la fois une contrainte et une opportunité. Une contrainte et même une urgence, en raison de la réduction de la biodiversité et des enjeux climatiques ou sanitaires. Une opportunité car la transition sociale et écologique peut permettre de sortir de l’impasse économique et sociale actuelle. Elle peut être le moyen de reconquérir la maîtrise des modes de production et contribuer à résoudre le problème du chômage. (...) 

   / Quelles articulations faites-vous entre le chantier de l’écologie et d’autres comme celui de la fiscalité ou celui du financement ?

   - Nous insistons sur le fait que la fiscalité écologique est absolument nécessaire, alors qu’elle est très faible en France, mais qu’elle ne doit pas être punitive. Lorsqu’il n’existe pas d’alternative en termes d’infrastructures et de consommation, en particulier pour les consommateurs à faible pouvoir d’achat, une fiscalité verte est contre-productive. Cela nous a conduits à proposer de coupler la fiscalité verte avec une politique redistributive et des investissements publics permettant de réelles alternatives. Des dépenses publiques importantes, prioritairement dans la rénovation thermique des bâtiments et les transports collectifs, devront être engagées, ce qui nécessite le développement de crédits des banques publiques d’investissement avec la garantie de la banque centrale.

   / N’est-ce pas la politique du gouvernement ?

   - Le gouvernement tient, il est vrai, un discours écologique, malgré la sortie d’Europe-Écologie. La tenue de la prochaine conférence sur le climat, à Paris en décembre 2015, va sans doute le conduire à renforcer cette tonalité. Mais sa politique concrète va en sens inverse, qu’il s’agisse de l’augmentation du taux intermédiaire de TVA qui a renchérit le prix du train, ou de la loi Macron qui inscrit dans ses propositions la libéralisation du transport par autocar qui aura un effet négatif sur l’environnement. Et quel aveu d’impuissance que de voir, en 2015, un ministre de l’Économie se résigner à ce que la France ne soit pas capable d’offrir un service public ferroviaire attractif parce que pas trop cher. N’oublions pas, non plus, l’abandon de l’écotaxe, dont le principe était pourtant excellent. On pouvait discuter des modalités, modifier certaines choses, mais son abandon en rase campagne à l’automne 2014 et le démontage des portiques – qui constituaient des investissements importants et utiles – sont désastreux.



   / Parmi les convictions qui fondent la cohérence de vos propositions, vous insistez sur le besoin de l’intervention publique, mais aussi sur l’importance de ce qu’on appelle "les communs", à côté des biens privés et des biens publics. De quelle façon cela se manifeste-t-il dans vos propositions ?

   - La thématique des communs et celle de l’économie sociale et solidaire apparaissent effectivement dans différents chantiers du Manifeste, notamment dans ceux concernant l’entreprise et l’emploi. Mais il s’agit d’une thématique qui pourra sans doute être encore développée. Nous plaçons l’objectif d’un plein emploi de qualité au cœur des politiques économiques, contrairement à certains qui, y compris à gauche, semblent y avoir renoncé. Nous ne reprenons pas à notre compte la proposition d’un revenu minimum d’existence. 

   Par contre, nous mettons en avant de multiples moyens pour obtenir un plein emploi, tels que la poursuite de la réduction du temps de travail ou l’idée que les pouvoirs publics puissent être employeurs en dernier ressort. Cela concerne en partie l’État, des ministères comme ceux de l’Éducation et de la Santé. Mais une bonne partie des emplois devant être créés résulteront d’un processus à un niveau beaucoup plus local. Les collectivités locales, l’économie sociale et solidaire auront un rôle important à y jouer. L’argent public peut être dépensé de façon plus efficace qu’en multipliant de coûteuses exonérations de cotisations sociales.(...)

   / Dans le chantier concernant l’euro, vous faites part des divergences qui existent entre vous sur ce sujet et plus globalement sur l’Europe. Ce n’est tout de même pas une question d’importance mineure…

   - Les divergences qui existent entre nous sur la question de l’euro ne sont pas nouvelles, comme l’attestait notre ouvrage Changer l’Europe publié fin 2013. Mais il ne faut pas, je crois, en sur-interpréter les conséquences. Dans le nouveau Manifeste, nous exposons deux scénarios : celui de la transformation de l’euro et celui de la sortie. On peut alors se poser deux types de questions. Celle du pronostic (Quel est le scénario le plus probable ?), et la question normative (Quel est le scénario le plus souhaitable ?). Ces questions se trouvent posées de façon pressante dans le contexte de la victoire de Syriza. Dans le communiqué que nous avons publié sur ce sujet, dans lequel nous affirmons notre solidarité avec le peuple grec, il n’y a pas de trace d’une proposition de sortie de l’euro. Du reste, ceux qui, parmi nous, considèrent qu’une sortie de l’euro pourrait être une bonne chose reconnaissent que cette question se pose essentiellement pour les pays du Sud comme la Grèce ou l’Espagne, et que les forces de gauche de ces pays ne le veulent pas.

   Que nous soyons en faveur d’une transformation ou d’une sortie de l’euro, nous considérons tous qu’il existe un problème majeur lié à la construction même de la zone euro, problème qui ne sera pas résolu par la seule remise en cause de la politique d’austérité budgétaire et salariale (au demeurant indispensable). Ces problèmes ne peuvent non plus être résolus par les innovations institutionnelles introduites depuis cinq ans dans la zone euro, par la politique monétaire de Mario Draghi ou par la création de l’Union bancaire. La zone euro telle qu’elle est constituée a produit et continue de produire des divergences productives et commerciales entre les États. 

   Si Syriza arrive à mettre fin à l’austérité budgétaire et salariale, le redémarrage de la demande en Grèce va générer un nouveau déficit extérieur. L’austérité a seulement masqué le problème en faisant chuter les importations. L’économie et l’industrie grecque sont aujourd’hui réduites à peu de choses. Nous reconnaissons tous l’existence de ce problème, et ceux qui parmi nous ne sont pas favorables au scénario de la sortie de l’euro savent qu’une transformation profonde de la zone euro et de ses institutions est indispensable pour le traiter. (...)


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Luc Desle

vendredi 24 octobre 2014

"L'Homme qui rit, en période de crise, enviait les femmes voilées qui pouvaient faire des grimaces sous leur accoutrement". Jacques Damboise in "Pensées contraignantes".

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Pensées pour nous-mêmes:

(NETTOIE CHAQUE JOUR TON CERVEAU
DES PENSÉES MORTIFÈRES)

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(Sauras-tu sortir intact de la tête
de Frankenstein, le néo-libéral?)



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Au deuxième temps de la valse…

Yann FIEVET

   (...) Depuis trente ans les gouvernements se suivent et se ressemblent. Ils se ressemblent mais chacun, tantôt par petites touches, tantôt par saccades, amplifie la marque de la trajectoire lancée à l’orée de l’ère néolibérale. A la fin du mois d’août dernier Valls 2 a succédé à Valls 1 qui n’a pas tenu deux saisons au calendrier grégorien. Valls 3 lui succèdera peut-être pour faire bonne mesure dans l’adaptation funeste de la Gauche française de gouvernement à l’air du temps. Si d’ordinaire la musique adoucit les mœurs, la partition jouée par Manuel Valls est destinée à les bousculer si ce n’est les mettre à la renverse. C’est l’air du mépris pour ce à quoi l’on a sincèrement cru hier, ce pour quoi l’on a vibré vraiment, ce que nos aïeux avaient arraché de haute lutte à « la loi d’airain du capitalisme ». 

   Le Premier Ministre déclare que le socialisme est une idée du 19ème siècle qui a réussi à survivre au cours du 20ème siècle mais va disparaitre au 21ème siècle. Il a prononcé cette sentence péremptoire avant d’être intronisé à Matignon. La valse ne faisait là que commencer. La suite ne saurait donc nous étonner.

   L’adaptation inavouée de la Gauche aux lois du capitalisme néolibéral ne date pas d’hier. On en fixe communément l’origine au tournant de la rigueur « négocié » en 1983 par Laurent Fabius. Certes le jeu de l’alternance politique a permis des pauses, voire de timides reprises en main à l’instar des trente-cinq heures, mais la trajectoire fatale des renoncements est durablement inscrite dans l’Histoire contemporaine. Il faut rendre justice à Manuel Valls : son discours est en accord avec sa pensée et les réformes qu’il entend mener. Avec lui, l’hypocrisie n’est pas de mise. Il « aime l’entreprise » et pas seulement devant le Medef. Il oublie que celle-ci, avant d’être une machine à investir , est une association d’hommes et de femmes au travail. Il prend tous les chômeurs inscrits à « Pôle emploi » pour des fainéants en puissance qu’il serait bon de contrôler sévèrement. Puisque les principaux dogmes du néolibéralisme sont d’ordre financier il nomme à Bercy un ancien jeune banquier d’affaires. 

   Il va poursuivre – et sans doute intensifier – la traque des rigidités « économiques et sociales qui entravent « la bonne marche des marchés » et des affaires, à commencer par celles qui pèsent sur le marché de l’emploi et sur le monde du travail. Ses oreilles sont particulièrement attentives aux propositions innovantes du patronat qui le plus souvent ne sont rien d’autres que la suppression de ce que l’on avait autrefois nommé conquêtes sociales. Il en va ainsi de la remise en cause des « seuils sociaux ». Le Medef jubile et aurait bien tort de ne pas surenchérir. Puisque désormais on rase gratis, réclamons la généralisation de l’ouverture des commerces le soir et le dimanche, la création d’un salaire inférieur au SMIC, la fin des « trente-cinq heures » , etc. Tout ceci fait déjà peine à voir mais nous ne sommes pourtant pas au bout de nos peines!

   Au deuxième temps de la valse on pousse la sincérité jusqu’à appeler un chat un chat et à ne plus prendre de gants. Ainsi, face aux ouvrières de quelque entreprise agro-alimentaire bretonne qui sont allées peu à l’école. Au lieu de les en plaindre – ou à tout le moins de les comprendre - comme le faisait autrefois l’homme de gauche, il est aujourd’hui grand temps de se rendre à l’évidence : à l’heure de « l’efficience optimale » de la production ces femmes sont inemployables. Le jeune banquier de Bercy aurait pu se contenter de dire cela, après tout d’autres ministres de gauche se sont servis de ce vocable gestionnaire avant lui, toute honte vue. Mais, il lui fallut ajouter de surcroît son mépris, par médias de « masse » interposés, en proclamant que certaines de ces femmes sont illettrées. Elles le sont, en effet. Et, bien sûr, elles le savent. 

   Doivent-elles l’entendre dire par un ministre de la République à la France entière. Le mépris fut à son comble lorsque nombre de journaux prirent la défense du ministre indélicat qui selon eux n’avait rien fait d’autres que d’affirmer une triste réalité. Au travers de ces ouvrières de Bretagne ce sont évidemment des pans entiers de la population active française que l’on incrimine. Tous ces inadaptés font prendre du retard au pays, empêchent son alignement nécessaire aux règles de la « mondialisation heureuse ». Ils vont devoir rapidement faire les efforts souhaités pour se mettre au bon niveau. Ou sinon… Des discours de père fouettard, voilà à quoi l’on est réduit quand la plupart des principes moraux de la gauche ont été lâchement mis à bas. Affligeante décrépitude !

   Nos gouvernants – qui, tous comptes faits, gouvernent bien peu – aiment donc les entreprises. Leur aveuglant amour leur fait du coup oublier de se poser la bonne question : les entreprises aiment-elles les hommes et les femmes qui travaillent en leur sein ? L’abattoir Gad de Lampaul-Guimiliau a fermé ses portes l’an dernier. A ce jour, seulement 10% de ses anciens salariés ont retrouvé un emploi. L’effectif ne comprenait que 40% de femmes et les « illettrés » des deux sexes y étaient en fait peu nombreux. Tous souhaitent travailler pour peu qu’un emploi leur soit offert. 

   Nous constatons là que M. Macron n’est pas seulement méprisant à leur égard : il est pitoyablement ignorant des réalités économiques et sociales de notre pays. A ce niveau-là il est permis de plaider l’incompétence. Ses excuses formulées a posteriori n’y changent rien. Un fossé s’est lentement creusé entre la classe politique supérieure et l’humaine substance de la société civile au point d’être devenu infranchissable. Ne transformons pas le fossé en gouffre engloutissant les derniers vestiges de l’idéal socialiste honni. Sur leurs cendres naitrait une société à la face vraiment hideuse.


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"Bonjour, les n'enfants z'électeurs!
Voici, rien que pour vous, une tarte
périmée, économies obligent..."



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Luc Desle