Bonjour à vous qui, dans le maelström du net, êtes arrivés, par hasard? lassitude? erreur? sur ce blog. Vous êtes les bienvenus. Vous y lirez des extraits d'articles, de pensées, d'interviews, piochés ça et là, et illustrés de photos et dessins détournés, via un humour de bon aloi. Vous pouvez évidemment réagir avec le même humour, la même ironie que nous mettons, chaque jour, à tenter de respirer un peu plus librement dans une société qui se corsète chaque fois un peu plus.
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mardi 16 septembre 2014

"Ces sardines à l'huile de coude m'intriguaient". Jacques Damboise in "Pensées à petits pets".

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Pensées pour nous-mêmes:

(LA MÉPRIS INSOLENT
JAMAIS TU N'ADOPTERAS)

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"Tous les jours TU QUOQUE tu regarderas"



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Quand Londres et les capitales occidentales 
découvrent la barbarie djihadiste

Hassane ZERROUKY

   (...) Quand on écoute David Cameron fustiger les « terroristes » et affirmer qu’« avec l’Etat islamique, nous sommes confrontés à la menace la plus grave que nous ayons jamais connue », ou Barack Obama dénoncer la barbarie de l’Etat islamique (EI) après l’assassinat barbare de James Foley et avant-hier celle de Steven Sotloff on a envie de lui dire en face : arrêtez de mentir à vos opinions publiques !

   Le même reproche peut être fait à Hollande et, partant, à tous ces dirigeants occidentaux qui feignent d’avoir pris la mesure de la menace djihadiste alors qu’ils sont plus que responsables dans l’émergence du terrorisme islamiste et de la déstabilisation du Proche et du Moyen-Orient. Rappelons que c’est un certain Zbigniew Brzezinski, ancien conseiller à la sécurité nationale de Jimmy Carter et conseiller de Barack Obama pendant la dernière campagne présidentielle, qui a été dans les années 1970 le promoteur de la doctrine de la ceinture verte consistant à utiliser la mouvance islamiste, avec pour pays pivots les pétromonarchies du Golfe, la Turquie et le Pakistan, pour combattre le communisme soviétique.

   L’Afghanistan aura été le terrain d’expérimentation de cette stratégie. Et depuis, malgré l’effondrement de l’URSS et la fin de ce qu’on appelait le « camp socialiste » en Europe de l’Est, Washington et ses alliés ont poursuivi cette stratégie à l’endroit des pays arabes et musulmans dotés de régimes autrefois alliés de Moscou. Dans leur ligne de mire, la Syrie, l’Irak, l’Algérie malgré le virage droitier de Chadli Bendjedid, pays dirigés par des régimes autoritaires et corrompus, auxquels Washington préférait des régimes islamistes. C’est d’ailleurs ce qu’a réaffirmé l’ancien secrétaire d’Etat-adjoint de Bill Clinton, Robert Pelletreau, souhaitant ouvertement l’émergence de régimes islamistes allant du golfe Persique à l’Atlantique parce que, estimait- il, ils seront favorables aux intérêts étasuniens.

   Pour en revenir à David Cameron, rappelons que Londres était la plaque tournante de l’islamisme mondial dans les années 1980 et 1990. Côté algérien, le FIS, l’AIS et le GIA avaient pignon sur rue, éditant des documents comme « Al Ansar », « Etbicira » et autres, dans lesquels ils revendiquaient leurs actes en toute impunité. Il en va de même de leurs mentors, l’Egyptien Abou Hamza, le Jordanien Abou Qoutada ou le Syrien Omar Bakri, qui ont légitimé par des fatwas les massacres commis dans la Mitidja et les attentats du djihad islamique en Égypte, avant de légitimer l’attentat du World Trade Center. Rappelons simplement que pour ces djihadistes radicaux, ayant bénéficié du gîte et du couvert à Londres, la Palestine ne figurait pas au rang des priorités.

   Ainsi après avoir aidé à enfanter le monstre, les capitales occidentales feignent aujourd’hui de découvrir les horreurs sans nom commises par l’Etat islamique (EI) en Irak ! Or, quand ils ont décidé dès mars 2011 d’aider l’opposition syrienne en lui accordant une assistance militaire (logistique et technique), alimentant de fait la guerre civile en Syrie au lieu de peser de leurs poids pour contraindre les protagonistes syriens (pouvoir et opposition) à négocier, ils savaient de quoi il retournait. Ils savaient, par exemple, que les volontaires étrangers venant s’enrôler dans les rangs de l’EI ou du Front al Nosra, et que les armes transitaient (et transitent) par la Turquie et la Jordanie. 

   Chacun sait que le sud de la Turquie, pays membre de l’Otan, sert de base-arrière aux djihadistes de tout poil, et qu’Ankara ne fait rien pour intercepter ces « volontaires » venus d’Europe, du Maghreb et d’Asie centrale pour rejoindre les rangs de l’EI du Front al Nosra. Ils savaient et savent que les djihadistes avaient pris le pas sur l’Armée syrienne libre (ASL) et qu’ils commettent des crimes de masse. Comme ils savent que ces fous furieux sont financés et armés par les pétromonarchies du Golfe, ce que le sommet de la Ligue arabe de Doha en mars 2013 a publiquement officialisé. Mesures approuvées par John Kerry affirmant que « le président Obama a dit clairement que les Etats-Unis ne font pas obstacle aux pays qui ont pris la décision de fournir des armes [aux rebelles], que ce soit la France, le Royaume-Uni, ou d’autres ».

   Dans leur sordide logique, Washington et ses alliés européens et arabes pensaient que l’établissement du califat à cheval sur l’Irak et la Syrie allait permettre de prendre la Syrie en étau et précipiter la chute du régime de Bachar. Le résultat : ils ont permis au régime syrien de se refaire une virginité à bon compte en se présentant comme un rempart contre l’hydre salafo-djihadiste... (...)


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(La nouvelle vigie nous plaisait bien)


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Luc Desle

samedi 5 juillet 2014

"Planche-Neige aimait faire du surf". Jacques Damboise in "Pensées à contre-pet".

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Pensées pour nous-mêmes:

(NE SOIS PAS
VENDEUR D'ILLUSIONS)

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(Ce bonbon gélifié cherchait
de toutes ses forces à s'échapper)


(VIA MUDWERKS)

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(Ces nouvelles décharges électriques
guérissaient du mauvais goût vestimentaire)


MING THE MERCILESS AND MALEFICENT. WORLDCON, 70S.
(SOURCE: ARCANEIMAGES, VIA RROSEHOBART)

CHINE

Un traitement de choc 
pour convertir les invertis

ZHANG RUI, CEN XINHANG, HU KEYI, WANG JIZHOU
NANFANG ZHOUMO

   (...) Wu était étendu sur un canapé quand il vit entrer le praticien portant un appareil à électrochocs. Le boitier lui rappelait un peu les ampèremètres de ses cours de physique du lycée, mais il portait les mots "thérapie par aversion". Le thérapeute lui demanda de s'installer confortablement, de bien se détendre et de fermer les yeux en pensant à la bouche et au corps d'un partenaire homosexuel avec lequel il aurait des relations. 

   Mais l'imagination de Wu était complètement bloquée par cet appareil cubique, qui, telle une paire d'yeux monstrueux, le stressait. Cinq à six minutes plus tard, le thérapeute appliqua brièvement les électrodes sur son bras. Le froid glacial de la décharge électrique le fit bondir. A l'issue de cette expérience qui lui avait coûté 500 yuans [près de 60 euros], Wu obtint un reçu sur lequel il était indiqué "conversion de l'homosexualité". (...)

   (...) En mars dernier, Wu a assigné en justice le Centre de consultation psychologique Xinyupiaoxiang de Chongqing, ainsi que le moteur de recherche Baidu, dont les résultats de recherche l'avaient mené à ce centre. Celui-ci ne constitue que la partie émergée de l'iceberg. Ainsi, en 2013, le centre LGBT de Pékin a porté plainte – sans aboutir – contre dix organismes proposant des "thérapies réparatrices des tendances homosexuelles", répartis dans dix provinces du pays. 

   En automne 2012, une jeune fille avait demandé de l'aide via un microblog au centre LGBT de Pékin, car son amie avait été envoyée par ses parents dans un établissement psychiatrique pour y être soignée. L'association avait bien tenté d'intervenir, mais les enfants ne pouvant s'opposer à la volonté de leurs parents, elle avait échoué à prendre contact. Suite à cela, le centre a commencé à s'intéresser aux traitements thérapeutiques infligés aux homosexuels en Chine. Il a notamment recueilli le témoignage de Li, l'ami de Wu, qui a suivi une thérapie de ce type durant trois mois avant de devenir un farouche opposant à ce genre de pratiques. (...)

   (...) Tout a commencé pour Li en 2011 quand ses amours clandestines avec un autre homme furent connues des parents de celui-ci. Son ami fut forcé de regagner sa région natale pour s'y marier. Désespéré de n'avoir pu le retenir, Li en perdit le sommeil. Alors qu'il était au fond du trou, il prit la décision radicale de renoncer à l'homosexualité. Un centre de soins psychologiques de Shenzhen présentait l'homosexualité comme une maladie mentale et affirmait avoir déjà plusieurs cas de guérison à son actif. 

   Trois séries de séances thérapeutiques suffisaient ; chacune d'elle coûtait 3 000 yuans [355 euros], mais une réduction de 20 % était accordée si l'on payait en une seule fois. Cela faisait moins d'un an que Li était sorti diplômé de l'université ; toutes ses économies passèrent dans ces soins et il dut même emprunter de l'argent. On lui colla des électrodes d'une froideur très désagréable sur le bas du corps. Avant même d'avoir eu le temps d'en être gêné, le thérapeute lui avait passé des vidéos de scènes de sexe entre homosexuels, en l'encourageant à se détendre et à laisser libre cours à ses fantasmes. Puis les décharges électriques avaient commencé. (...) 

   (...) "Une douleur horrible !" se souvient encore Li en serrant les dents. L'appareil lui envoyait automatiquement un électrochoc chaque fois qu'il ressentait une excitation sexuelle ; les décharges, telles des aiguilles, lui traversaient le corps, le laissant tout tremblant. A la forte douleur succédaient des vertiges. Au bout d'une demi-douzaine de fois de ce traitement, il était étourdi, mais le thérapeute l'avait encouragé à continuer, arguant que sinon il ne viendrait jamais à bout de sa maladie et qu'il devait pensait à ce qui se passerait si ses parents l'apprenaient. Il avait donc continué au rythme d'une séance d'électrochocs par semaine. 

   Par-delà la souffrance, c'est la peur qui l'emportait. Deux mois plus tard, il avait brusquement été submergé par une peur encore plus grande : et s'il ne guérissait jamais ? Il finit par demander au thérapeute pourquoi il ne constatait aucun résultat ; celui-ci lui répondit que l'on constatait parfois qu'une année de traitement était nécessaire, qu'il lui fallait absolument poursuivre les soins ; il s'agissait de respecter l'engagement pris vis-à-vis de lui et de ses parents, mais Li n'avait plus un sou vaillant. (...) 

   (...) Quelques années plus tard, Li raconta son expérience à Wu, ce qui poussa ce dernier à "infiltrer" ce milieu avant de traîner le centre devant les tribunaux, en soulignant dans sa plainte que l'homosexualité n'était pas une maladie et par conséquent ne nécessitait pas de traitements, et encore moins de thérapie réparatrice. Wu se fondait pour cela sur la nouvelle "Classification des désordres mentaux et leurs critères de diagnostic en Chine" de 2001, qui a supprimé l'homosexualité de la liste. 

   Une décision à portée historique, qui a permis aux plus de 30 millions d'homosexuels chinois de ne plus être considérés comme des malades. Dans le Centre de consultation psychologique Xinyupiaoxiang de Chongqing, une thérapie réparatrice comprend cinq sessions de trente séances au total. Chaque session coûte 6 500 yuans [768 euros], mais les clients qui paient en une seule fois les cinq sessions bénéficient d'un tarif préférentiel à 30 000 yuans [3 550 euros]. C'est la prestation la plus onéreuse proposée par le centre. Jiang Kaicheng, la cinquantaine, est le fondateur du centre et le responsable des soins, il semble d'ailleurs qu'il soit le seul thérapeute. Sur le site du centre, on apprend qu'il a réussi à soigner vingt cas à lui tout seul en 2011 et 2012. (...)

   (...) Il affiche un taux de réussite de plus de 50 % en matière de thérapie réparatrice, une thérapie par aversion et par hypnose. Le premier homosexuel dont M. Jiang a réussi à modifier les orientations sexuelles était un jeune homme de 27 ou 28 ans, incapable de se marier, et qui espérait pouvoir répondre aux pressions en ce sens de sa famille. "A la suite de la thérapie, il a pu avoir des relations sexuelles avec des femmes, même si sur le plan sentimental, il persiste à préférer les hommes." 

   Il s'agit donc d'un demi-succès, mais qui a pleinement satisfait les parents. En fait, l'important n'était pas de rompre toute relation avec des hommes mais de parvenir à accepter les relations hétérosexuelles pour pouvoir se marier et avoir des enfants. C'est sur ce critère que M. Jiang a très vite fondé le succès de sa thérapie, un choix sans aucun doute très judicieux dans une culture qui attache beaucoup d'importance au culte des ancêtres [qui ne peut être perpétué sans descendance]. 

   Le taux de mariage des homosexuels en Chine a toujours été non négligeable, que ce soit dans un souhait de faire des concessions ou pour cacher leur véritable identité sexuelle. Il s'agit là d'un phénomène propre à la Chine, où le nombre de femmes mariées à des homosexuels dépasse les 16 millions. Encore une frange de la société qui reste dans l'ombre... Le 16 mai dernier, le centre LGBT de Pékin a publié un rapport sur les thérapies réparatrices proposées aux homosexuels en Chine. On y apprend que plus de 10% de ces derniers envisageraient d'y avoir recours. Dans cette communauté, les troubles dépressifs sont supérieurs à la moyenne, ces personnes-là étant soumises à de fortes pressions provenant surtout de leur famille et de la société. (Wu et Li sont des noms d'emprunt.)


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Benoît Barvin