Bonjour à vous qui, dans le maelström du net, êtes arrivés, par hasard? lassitude? erreur? sur ce blog. Vous êtes les bienvenus. Vous y lirez des extraits d'articles, de pensées, d'interviews, piochés ça et là, et illustrés de photos et dessins détournés, via un humour de bon aloi. Vous pouvez évidemment réagir avec le même humour, la même ironie que nous mettons, chaque jour, à tenter de respirer un peu plus librement dans une société qui se corsète chaque fois un peu plus.
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vendredi 16 janvier 2015

"Si Dieu avait une Belle-Mère, il ferait moins le malin". Jacques Damboise in "Pensées de mes voisins".

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Pensées pour nous-mêmes:

(NE SOIS PAS TIMIDE
AVEC LA SAGESSE)

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(Quelque chose me disait que mon épouse avait décidé de me quitter)


Illustrations by Christian Schloe

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"Et... Et il y a quoi, dans le bouquet?
- Une petite surprise explosive, ma Chérie..."



Un mariage afghan tourne au drame : 
12 morts.

Viktor Dedaj

   (...) Vue de loin, l’ignominie n’a pas de visage. Mais quand elle frappe à la porte, tu distingues tous les traits de sa sale gueule. Là, tu voudrais qu’elle s’en aille, qu’elle retourne d’où elle vient. Le problème, c’est qu’elle commence à se sentir un peu partout chez elle. Et une fois installée, elle n’est pas du genre à prendre congé sur une simple allusion discrète. Non, l’ignominie, il faut la virer à grands coups de pompes au cul. Et si tu ne chausses que du 36 fillette, ben, faut prendre plus d’élan, c’est tout. Qu’est-ce que tu veux que j’te dise ?

   C’est sûr, Charlie Hebdo n’était pas ma tasse de thé, surtout en politique internationale (comme beaucoup d’autres, dans la presse, le monde politique...). Une fois que t’as dis ça, t’enchaînes aussi sec pour condamner l’horreur. Comme si cela n’allait pas de soi. Comme si ce n’était pas ton quotidien, ton combat de tous les jours. Et tu sais d’ores et déjà que tu garderas la question de « qui ? » et « pourquoi ? » pour plus tard.

   En attendant, tu fais avec ce que t’as, 36 fillette et tout, et t’observes avec pas mal d’impuissance et beaucoup d’amertume la lente fascisation des esprits de tous bords, fusse-t-elle aux cris de « vive la liberté d’expression » ou « d’Allah Akbar ». Le lent retour de bâton des calculs politiques douteux et d’alliances sordides opérés par des plus forts que toi, des plus forts qu’eux.

   Lors de la cérémonie à laquelle ne manquera pas d’assister le tout gratin de l’unité nationale, tu balaieras du regard la bande de cravatés au premier rang, et t’attribueras mentalement des points de responsabilité à chacun. Tu remarqueras la présence d’untel qui vient aujourd’hui rendre hommage aux "victimes de l’intolérance" et qui hier encore recevait un chèque des mains d’un prince pourvoyeur de fonds aux décapiteurs en série.

   Une citation de Shakespeare sur la marche du monde te trotte dans la tête. En attendant qu’une autre de Marx prenne sa place. Une minute de silence n’y suffira pas.


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Extrait de Hamlet

Extrait d’ Othello


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(Le train du monde continuait sa course, imperturbablement)



lexpress.fr

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Luc Desle

lundi 8 décembre 2014

"Echange grain de folie contre grain de riz". Jacques Damboise in "Pensées de l'à peu près".

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Pensées pour nous-mêmes:

(LE TEMPS EST AUSSI
LÉGER QU'UNE PLUME)

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(Cette chochotte s'enflammait pour
un oui ou un non)



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"C'est toi l'espion qui vient du froid?

- Non, moi c'est l'espion qui vient
de Tuquoque..."



ACS (TISA), ces négociations commerciales secrètes 
qui visent à accélérer privatisations et dérégulations

Agnès ROUSSEAUX

   (...) C’est un accord commercial dont personne ne parle, négocié dans l’opacité la plus totale. 50 pays, parmi les plus fervents défenseurs de la libéralisation, discutent en ce moment de l’ouverture du « marché des services » à la concurrence internationale. Éducation, santé, transports, télécommunications, services financiers... Tout est sur la table des négociations. Sans que les citoyens ou parlementaires aient leur mot à dire. Les négociateurs – soumis à la forte pression des lobbys – sont cette semaine à Genève pour le 7ème round de ces pourparlers internationaux, qui pourraient gravement menacer les services publics et les tentatives de régulation du secteur financier. Enquête.

   Ce pourrait être la fin des services publics, de l’eau, de l’éducation ou de la santé, la fin de toute volonté de réguler les marchés financiers ou de protéger les données des citoyens. Bref, une entrave encore jamais vue à l’exercice de la démocratie et au fonctionnement des politiques publiques. L’Accord sur le commerce des services (ACS) ou Trade in Services Agreement (TISA) est actuellement en cours de négociation entre une cinquantaine de pays [1], dont ceux de l’Union européenne. Il a été lancé par les États-Unis et proposé à des pays membres de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), baptisé le groupe des « Vrais bons amis (des services) » (Really Good Friends). (...)

   (...) Ces négociations se déroulent hors du cadre de l’OMC, avec les pays les plus partisans de la libéralisation des services, contrariés par l’impasse des négociations de Doha lancées en 2001 [2]. Ces pays représentent plus de deux tiers du commerce mondial des services. De nombreux domaines sont concernés : éducation, transports, poste et télécommunications, services de comptabilité et d’audit, ingénierie et logistique, santé, assurance, nouvelles technologies et transfert de données, recherche, banque et services financiers... Objectif : ouvrir encore davantage les services à la concurrence internationale et empêcher toute intervention publique.

   « Ces négociations sont l’occasion la plus prometteuse en deux décennies pour promouvoir le commerce des services à l’échelle internationale », s’enthousiasme le lobby de l’industrie des services aux États-Unis. La Coalition internationale des industries de service (GSC), dont fait partie le Medef, est encore plus explicite : cet accord a été conçu « pour apaiser la frustration des entreprises, en raison de l’impasse du Cycle de Doha en matière de services », écrit-elle [3]. (...)

   (...) « Il s’agit d’une tentative de secrètement étendre les aspects les plus néfastes de l’infâme accord AGCS qui a suscité dans le passé des protestations mondiales », répond Rosa Pavanelli, secrétaire générale de l’Internationale des services publics (ISP). Selon cette organisation, qui fédère les syndicats du secteur et représente 20 millions de travailleurs, l’ACS limiterait la capacité des gouvernements à légiférer dans certains domaines, comme la sécurité des travailleurs, l’environnement ou la protection des consommateurs. « L’ACS s’inscrit dans cette nouvelle vague inquiétante d’accords commerciaux et d’investissement, reposant sur des pouvoirs juridiquement contraignants qui institutionnalisent les droits des investisseurs et interdisent toute intervention des États dans un large éventail de secteurs indirectement liés au commerce », décrit l’organisation internationale dans un rapport détaillé.

   Plusieurs aspects de l’accord sont vivement critiqués par les organisations syndicales et non-gouvernementales. En premier lieu, tout secteur qui n’est pas explicitement exclu, protégé par chaque pays, pourrait être concerné par l’accord. Avec tous les dangers que cela comporte. Ces accords ouvriraient notamment la porte à un afflux d’entreprises privées dans le secteur éducatif européen, alerte la fédération internationale des syndicats d’enseignants. Une clause de statu quo viendrait figer les niveaux actuels de libéralisation des services dans chaque pays, rendant impossible toute remunicipalisation des services de l’eau par exemple, ou compliquant la création ou le rétablissement de monopoles publics dans des domaines actuellement ouverts à la concurrence [4]. 

   Autre principe : la « clause à effet de cliquet » (sic), qui viendrait figer toute future libéralisation d’un service donné. Une partie de l’assurance chômage est privatisée, comme au Royaume-Uni ? La retraite est démantelée au profit de fonds de pension ? Impossible de revenir en arrière ! Une atteinte aux libertés démocratiques fondamentales, dénonce la fédération syndicale internationale, qui voit dans ce futur accord un moyen de « rendre pérenne et irréversible un système de privatisations pour toutes les générations à venir ». Des gouvernements complètement liés par les décisions de leurs prédécesseurs : voilà qui porterait gravement atteinte au fonctionnement des démocraties ! (...)

   (...) Autre problème : l’accord pourrait imposer aux autorités publiques une «obligation de neutralité économique» entre prestataires de services publics et privés, dénonce l’ISP. En clair, tout soutien financier apporté aux services publics devrait être ouvert au secteur privé. « Si dans un domaine, des services privés existent à côté des services publics (par exemple hôpitaux, écoles), les deux auraient droit aux mêmes subventions, au nom de la "concurrence libre et non faussée", explique le collectif Stop-Tisa. Ainsi, par exemple, une université étasunienne pourrait s’établir en Suisse demandant un financement à la hauteur des universités publiques, aux frais du contribuable. » Un État qui subventionne la construction d’un hôpital public devra-t-il bientôt financer également une clinique privée dans les environs ? Autant de critiques reprises dans un document de la Commission européenne, qui fait la synthèse d’une consultation sur le sujet auprès des « décideurs et ONG ».

   Les négociations ont débuté en février 2012 et devraient se terminer en 2015. Les négociateurs des pays concernés se réunissent régulièrement à Genève, sous la conduite des États-Unis et de l’Australie [5]. En juin 2013, un communiqué lapidaire annonce que « les membres de l’OMC explorant de nouvelles approches visant à faire progresser la libéralisation du commerce des services sont satisfaits des progrès des discussions sur un accord sur le commerce des services (Tisa) ». Ils invitent les autres pays membres de l’OMC qui partagent ces objectifs à les rejoindre. La Chine, soutenue par la Commission européenne, a demandé à participer aux négociations. Ses divergences avec les États-Unis sur d’autres accords commerciaux ne lui ont pas permis d’être admise pour le moment à la table des discussions. (...) 

   (...) En novembre 2013, les participants ont estimé que l’accord était suffisamment « mûr » et ont lancé l’étape « d’échange d’offres initiales » : chaque pays doit préciser les secteurs qu’il souhaite inclure dans l’accord, et les modalités qu’il propose concernant « l’ouverture » à la concurrence internationale de ces secteurs, selon un cadre pré-déterminé par l’accord. Début 2014, la plupart des pays ont échangé ces propositions, qui sont la base des discussions en cours. Certains comme la Suisse ou la Norvège les ont rendues publiques [6], d’autres pays semblent peu enclins à les diffuser auprès de leurs citoyens.

   On ne sait pas grand chose non plus du contenu des négociations et des termes de l’accord général. Elles « se déroulent dans le plus grand secret au mépris des droits démocratiques », souligne Rosa Pavanelli. En février 2013, la Commission européenne a demandé au Conseil, représentant les États membres, de donner son feu vert aux discussions. L’ouverture des négociations a ensuite été validée par le Parlement européen en juillet 2013, par 526 voix pour et 111 contre [7], avec pour la France, les voix du PS et de l’UMP. Front de gauche et écologistes ont voté contre. 

   Dans sa résolution, le Parlement regrette cependant que le Conseil ait accordé un mandat sans prendre en compte l’avis des eurodéputés. Et observe « que le mandat de négociation de l’Union européenne a été proposé par la Commission et adopté par le Conseil sans aucune analyse d’impact ». Ce qui n’a pas empêché une large majorité de députés de voter... Quand les intérêts économiques sont en jeu, la démocratie devient visiblement facultative ! (...) 

"Sus à la neutralité économique
pour les Etats!
- Ce qui veut dire?
- Qu'ils faut fout... la paix aux multinationales"



   (...) Wikileaks vient de briser un peu de l’opacité qui règne sur ces négociations, en divulguant l’annexe de l’accord concernant les services financiers. D’après ce document, principalement rédigé par les États-Unis et l’Europe, les propositions sont classées confidentielles pendant « cinq années à dater de l’entrée en vigueur de l’ACS ou, si aucun accord n’est trouvé, cinq années après la clôture des négociations ». Le document précise que la divulgation n’est pas autorisée et que le texte doit être « conservé dans un bâtiment, une pièce ou un contenant verrouillé ou sécurisé » (document à lire ici).

   Visiblement, les lobbys de l’industrie des services ont davantage accès aux informations que les citoyens et leurs représentants : la Global Services Coalition a envoyé des délégués à Genève lors du round de négociation d’avril 2014. Et se félicite dans un communiqué d’avoir pu y affirmer son soutien sans faille au processus et d’avoir partagé sa vision avec les négociateurs. (...) 

   (...) Le moins que l’on puisse dire, c’est que les multinationales des pays concernés sont très motivées par cette perspective d’accord. « Les retombées de TISA pourraient être énormes » pour les entreprises du secteur des services, explique la Chambre de Commerce des États-Unis. Elle estime que ces négociations présentent « une opportunité unique dans une génération pour abattre les obstacles au commerce international ». « Ce palpitant nouvel accord a le potentiel pour enflammer la croissance économique et la création d’emplois aux États-Unis et à l’étranger », écrit la Chambre de Commerce. Rien que ça ! Un accord tellement « palpitant » qu’il pourrait doubler les exportations de services des États-Unis – soit un gain de 860 milliards de dollars et trois millions d’emplois [8]. Mais cela, c’est la théorie. On attend toujours les centaines de milliers d’emplois que devait permettre l’ouverture à la concurrence de plusieurs secteurs au sein de l’Union européenne !

   Que demandent les entreprises et leurs représentants ? Les pays qui signeront l’accord devront d’abord modifier ou éliminer les régulations considérées comme des barrières commerciales. « Si nous reconnaissons la nécessité de certains régulations (pour la sécurité nationale, la protection des données,...), il devrait y avoir des paramètres et des limites à leur application », écrit le lobby américain des industries de service. Sa bête noire : la distorsion de concurrence entre secteur privé et public. « La concurrence déloyale de la part d’entreprises subventionnées ou soutenues par les États, ou d’entreprises publiques ou contrôlées par les États, devient un obstacle de plus en plus important à la fourniture de service par des entreprises états-uniennes sur de nombreux marchés ». Il s’agit de protéger le secteur privé « contre les comportements anticoncurrentiels des entreprises publiques », plaide également la Chambre de Commerce étasunienne. L’accès aux droits, lui, attendra.

   Le lobby étasunien du secteur souhaite abolir toute préférence nationale, obligation de localisation ou quotas d’employés locaux. Et libéraliser davantage le secteur des médias et du divertissement. « Aucun pays ne devrait être autorisé à (...) introduire de nouvelles restrictions ou des exceptions, qui dérogent ou affaiblissent les engagements existants de l’AGCS », suggère-t-il aussi [9]. Les représentants des entreprises demandent que l’accord inclue un mécanisme de règlements des différends. C’est-à-dire l’instauration de tribunaux d’arbitrage privés, pour régler les litiges, dans le cadre d’une juridiction extra-nationale, où les intérêts privés font loi [10]. La Suisse a rédigé une proposition en ce sens lors du dernier round des négociations. (...) 

   (...) L’accord concerne aussi les services financiers. Et pourrait avoir d’importantes conséquences sur ce secteur. Malgré la crise bancaire, « les promoteurs de TISA cherchent à déréglementer davantage les marchés mondiaux de services financiers », analyse Wikileaks. L’annexe sur les services financiers, jusqu’ici restée secrète, « est une proposition que seuls les banksters peuvent aimer », dénonce l’avocate Lori Wallach, de l’ONG états-unienne Public Citizen : le principe de statu quo, cité dans cette annexe, empêcherait par exemple de mettre en place de nouvelles réglementations financières, jugées nécessaires par les gouvernements, au motif que cela constituerait des restrictions pour les entreprises concernées. Résultat : l’accord gèlera les régulations financières à leur niveau actuel, qui demeure nettement insuffisant pour prévenir de nouvelles crises bancaires, estime l’avocate. De quoi accroître le risque d’instabilité financière pour les années à venir.

    Cette annexe montre également la ferme volonté des États-Unis d’obtenir la libéralisation des flux de données. C’est-à-dire de permettre l’échange sans entrave entre pays des données personnelles et financières. Une menace pour les libertés fondamentales, car certains pays participants à ces négociations sont beaucoup moins exigents que l’Europe concernant la protection des données. Le lobby international des services souhaite d’ailleurs une disposition qui oblige les autorités publiques à justifier toutes les mesures qui viendraient restreindre les transferts de données entre pays [11]. (...)

   (...) « Ce qui est terriblement inquiétant, c’est que l’ACS est négocié en dehors du cadre commercial multilatéral par les pays les plus favorables à la libéralisation, qui ne cachent pas leur volonté d’entraîner le reste du monde dans cet accord, une fois ce dernier finalisé », explique Rosa Pavanelli. Les négociateurs cherchent à rendre cet accord compatible avec le cadre de l’OMC. Ou dans le langage de la Commission européenne : « Veiller à ce que la structure de l’accord permette une future multilatéralisation. » Une manière de permettre aux 50 pays signataires de faire ensuite pression sur les autres membres de l’OMC pour qu’ils acceptent ces règles [12]. De quoi affaiblir la position des BRICS – Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud – pour l’instant exclus de ces négociations, ou des pays d’Afrique, complètement ignorés.

   Un comité Stop TISA ! s’est structuré et une pétition a été lancée. Une lettre signée par 340 organisations non-gouvernementales exprimant leur opposition aux négociations a été envoyée aux ministres du Commerce, en 2013. Vu les enjeux démocratiques, économiques et politiques, ainsi que l’opacité de ces négociations, la mobilisation pourrait prendre de l’ampleur dans les mois à venir.


Pour aller plus loin :

- Le rapport de l’Internationale des Services publics (avril 2014)
- Le site du Collectif Stop-Tisa
- La lettre envoyée par 340 organisations aux ministres du Commerce (septembre 2013).
- Le kit de campagne de l’Internationale des Services publics
- Note d’information de l’Internationale de l’Éducation, fédération européenne de syndicats enseignants (août 2013).
- L’annexe concernant les services financiers, révélée par Wikileaks, et son analyse par Jane Kelsey, professeur à l’Université de droit d’Auckland, Nouvelle-Zélande (juin 2014).

- Le Mémo de la Commission européenne sur le sujet (février 2013).
- Le texte de la résolution votée par le Parlement européen le 26 juin 2013, et la proposition alternative déposée par des eurodéputés du groupe Verts/ALE. 
- La synthèse de la Consultation lancée par la Commission européenne auprès des « décideurs et ONG ».

- Les positions de Coalition of Service Industries (lobby états-unien)
- Les positions de European Services Forum, la voix des industries de service européennes
- Les positions de la Chambre de Commerce des États-Unis.
- La lettre de la Global Services Coalition, coalition internationale des industries de service, au Commissaire européen au Commerce, Karel de Gucht.

- Le suivi des négociations en Australie
- Le suivi des négociations en Suisse.
- Le suivi des négociations en Norvège.
- Le suivi des négociations (offre initiale) de l’Islande.

- A lire aussi, notre enquête sur Tafta, un autre accord commercial en cours de négociation : Accord Europe - États-Unis : que nous réserve la plus grande zone de libre-échange du monde ?

Notes

[1] Australie, Canada, Chili, Colombie, Corée, Costa Rica, États-Unis, Hong Kong, Islande, Israël, Japon, Liechtenstein, Mexique, Norvège, Nouvelle-Zélande, Pakistan, Panama, Paraguay, Pérou, Suisse, Taïwan, Turquie, plus les 28 pays de l’Union Européenne.

[2] « Le TISA est négocié en dehors du cadre de l’OMC sur la base de l’art. V de l’Accord général sur le commerce des services (AGCS) : Sur la base de l’art. V de l’AGCS, différents pays peuvent sous certaines conditions étendre la libéralisation du commerce des services entre eux au-delà de ce qui est le cas à l’OMC, sans que cette libéralisation préférentielle soit soumise à la clause de la nation la plus favorisée (NPF) de l’AGCS ». Source : Secrétariat d’État à l’Économie suisse.

[3] Courrier au Commissaire européen au Commerce, 10 septembre 2013.

[4] « It was agreed that commitments on national treatment would in principle be applied on a horizontal basis to all services sectors and modes of supply, i.e. the understanding on national treatment would be closer to the GATT model. Exemptions to this horizontal application would have to be listed in the countries’ national schedule of commitments. Participants in the negotiations might also agree that commitments would in principle reflect actual practice (the "standstill clause") and that future elimination of discriminatory measures would be automatically locked in (the so-called "ratchet clause") unless an exemption were listed. » Mémo de la Commission européenne, Negotiations for a Plurilateral Agreement on Trade in services, 15 février 2013, à lire ici.

[5] Voir la chronologie des négociations sur les sites des ministères suisse et australien.

[6] Voir l’offre de la Suisse, publiée sur le site du ministère de l’Économie (SECO), celle de la Norvège et de l’Islande.

[7] Voir le texte voté et le détail des votes. Le Conseil avait donné mandat à la Commission européenne en mars 2013 pour négocier au nom de l’Union européenne.

[8] « Eliminating barriers to trade in services could boost U.S. services exports by as much as $860 billion—up from 2012’s record $632 billion—to as much as $1.4 trillion, according to the Peterson Institute. Such a dramatic increase could create as many as three million American jobs. » Source : Communiqué de la Chambre de Commerce des Etats-Unis.

[9] Source.

[10] Voir à ce sujet notre article sur les négociations de l’Accord commercial transatlantique Tafta / TTIP.

[11] « However, the agreement should include a commitment that when an act, policy or practice of a relevant authority seeks to restrain cross-border data transfers or processing, that authority must demonstrate that the restriction is not an unnecessary restraint of trade or investment in light of alternative means by which to achieve the objective of protecting the identity of the customer, security of the data or the performance of prudential oversight. », Commentaires de la Coalition of Service Industries (CSI) suite à la requête de l’Office of the United States Trade Representative’s (USTR) sur l’accord TISA, 26 février 2013. A lire ici.

[12] Notamment les 129 pays membres de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) qui ont pris des engagements au titre de l’accord général sur le commerce des services (AGCS).


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"Et toi? Tu me tiendras toujours la patte
quand tu me couperas le cou?
- Promis."



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Luc Desle

mercredi 5 novembre 2014

"L'Homme-qui-n'était-pas-là, on le chercha ailleurs". Jacques Damboise in "Pensées de l'à-peu près".

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Pensées pour nous-mêmes:

(L'ORGUEIL SOURIT
AVEC SES DENTS)

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"Mais vous allez les fermer,
ces Bon Dieu de fenêtres, oui?!!!"



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Prisons israéliennes : 
200 moyens de torture utilisés 
contre les prisonniers palestiniens 
(Middle East Monitor)

Traduction : Info-Palestine.eu -
Dominique Muselet

   (...) Les organisations de droits humains et les associations de défense des droits des prisonniers ont recensé plusieurs centaines de moyens de tortures utilisés contre les prisonniers palestiniens dans les prisons israéliennes pendant les interrogatoires.

   Les méthodes sont multiples : passages à tabac, placer les prisonniers sous l’eau froide puis l’eau chaude, les menotter ou immobiliser de longues périodes avec les bras attachés dans le dos, les attacher à une porte ou une fenêtre pour de longues périodes de temps, souvent des heures...

   Un rapport de l’ONU répertorie quelques 200 moyens de torture. L’organisation israélienne de défense des droits humains, B’Tselem, en recense quant à elle environ 105. Quelque soit leur nombre exact, tous ces rapports montrent l’importance des abus dont sont victimes les Palestiniens arrêtés.

   Selon Fouad Khuffash, le directeur du Centre Ahrar d’étude des prisonniers et des droits humains, la torture peut être divisée en deux catégories : physique et psychologique. Pour certains, la torture psychologique est moins préjudiciable que la torture physique, mais les cicatrices mentales laissées par les deux sortes de torture peuvent être à l’origine de traumatismes durables.

   Khuffash ajoute : "La torture dans les prisons israéliennes est systématique et commence avec l’arrestation du prisonnier, pas avec son interrogatoire. Elle est pratiquée selon des méthodes étudiées pour répondre au cas du détenu et à la nature de son dossier. Les officiers du renseignement se relayent, chacun jouant le rôle qui lui est assigné."

   Selon Fahd Abu Al-Hajj, le directeur du Centre Abu Jihad des Affaires des Prisonniers à l’Université de Jérusalem, 73 méthodes d’interrogatoire sont considérées comme "très populaires" dans les prisons israéliennes. Ces techniques témoignent de la barbarie et du manque de respect des principes de base des droits humains, a-t-il déclaré. Il a ajouté : "La preuve en est qu’un grand nombre de prisonniers meurent pendant les interrogatoires, le dernier d’entre eux étant Raed Al-Jabari."

   Al-Hajj pense que l’usage de la torture par les services secrets israéliens est systématique et qu’aucun prisonnier dans aucune prison n’y échappe. Selon lui, les prisonniers sont passés à tabac, douchés alternativement à l’eau brûlante et glacée, attachés pendant de longues heures, les mains menottées derrière le dos, à une fenêtre ou une porte ; on les fait aussi asseoir sur des chaises pour les battre avec des bâtons jusqu’à ce qu’ils perdent connaissance ; ces bastonnades visent les endroits sensibles du corps provoquant des blessures qui mettront des années à guérir quand elles engendrent pas des maladies chroniques.

   L’organisation israélienne des droits humains, B’Tselem, dit, dans son rapport, que 105 moyens de torture qui sont utilisés contre les détenus palestiniens, constituent de sévères violations des droits humains. Un comité des droits humains de l’ONU dit que la torture dans les prisons israéliennes "traverse la ligne rouge", et précise que les Israéliens ne reculent pas devant des méthodes aussi brutales que briser le dos des prisonniers, leur arracher les doigts et leur tordre les testicules.

   Les Renseignements israéliens basent la torture des détenus sur de soi-disant instructions secrètes approuvées en 1987, après le déclenchement de la première Intifada. Ces directives les autorisent à appliquer une pression physique et psychologique "modérée" sur les prisonniers. Cela a servi de couverture légale à la torture pratiquée par les agents des services secrets israéliens.

   Au cours des 10 dernières années, les méthodes d’interrogatoire ont évolué : de centrale, la torture physique est devenue l’auxiliaire de tortures psychologiques d’une violence telle qu’elles laissent des traces indélébiles.

   Mohammed Kilani, qui a subi de nombreux interrogatoires, dit que ce qu’il a vécu de pire c’est d’être resté plus de deux mois à l’isolement, attaché à une chaise. Il dit aussi qu’il n’y a pas de moyen de tortures pratiqué dans quelque prison que ce soit dans le monde qui n’ait été soit conçu, soit utilisé par les autorités israéliennes à moment donné.

   Selon les statistiques, environ 72 prisonniers sont morts sous la torture dans les prisons israéliennes depuis 1967, sur un total de plus de 200 prisonniers morts en prisonLe premier prisonnier mort sous la torture a été Yousef Al-Jabali le 4 janvier 1968 dans une prison de Naplouse. Beaucoup d’autres prisonniers sont morts depuis dans les mêmes circonstances, comme Qassem Abu Akar, Ibrahim Al-Rai, Abdul Samad Harizat, Attia Za’anin, Mustafa Akkawi et d’autres, jusqu’au dernier en date, Arafat Jaradat.


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(Bien que très vieille, cette demi-mondaine
était toujours tirée à quatre épingles)



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Benoît Barvin

jeudi 19 juin 2014

"Déguisé en mouton, ce loup se mit à bêler tristement". Benoît Barvin in "Pensées pensées".

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Pensées pour nous-mêmes:

(TU N'AS PAS BESOIN DE BONS POINTS
POUR AVANCER DANS LA VIE)

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"Oui, oui, ces horribles chapeaux sont

des créations originales qui...
- Comment ça, horribles?!"



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DavidP tagged ...

IRAK
Blair justifie 
encore une fois la guerre




   (...) A la suite de l'avancée des troupes de l'Etat islamique en Irak et au Levant (Eiil) en Irak qui a ranimé le débat sur le bien-fondé de l'invasion du pays en 2003, Tony Blair maintient que celle-ci était justifiée.

   Dans un essai controversé, publié sur son site web et repris dans plusieurs journaux, l'ancien Premier ministre estime qu'"il faut que nous nous libérions de l’idée que c’est 'nous' qui avons causé ceci [la situation actuelle en Irak]. C’est faux. [...] La cause fondamentale de la crise est liée au sein de la région, non pas à l’extérieur." Blair, qui menait l'invasion d'Irak en 2003 aux côtés des Etats-Unis, trouve qu'"il est bizarre d'argumenter que la situation actuelle ne serait pas survenue si nous n'avions pas fait tomber Saddam Hussein". (...)
   (...) Dans son essai, Blair tente de démonter ce qu'il appelle les deux arguments majeurs contre l’invasion de l’Irak en 2003, c’est-à-dire le manque de preuves que Saddam Hussein disposait d’armes de destruction massive et l’idée que l'lrak serait aujourd’hui un pays stable si Saddam Hussein n’était pas tombé. 

   En ce qui concerne le premier argument, Blair estime qu"il aurait été très peu probable" que "Saddam se fût abstenu d’utiliser des armes chimiques" contre les Irakiens, en rappelant qu'il avait utilisé dans les années 1980 des armes chimiques contre les Iraniens et contre sa propre population".

   Quant au deuxième argument, Blair rappelle le "printemps arabe" de 2011, qui selon lui aurait eu des conséquences catastrophiques pour l'Irak. "L'Irak, sous le régime le plus brutal et cynique [de la région], aurait-il été par miracle une oasis de calme ? Le scénario le plus probable, c’est que l’Irak aurait été englouti dans la même éruption [de révoltes]. La réponse la plus probable de Saddam Hussein aurait été de se battre pour maintenir son pouvoir. [...]. Imaginez les conséquences ! De l’autre côté de la frontière [en Syrie], une minorité soutenue par des chiites qui s’accroche au pouvoir en essayant d’arrêter l’insurrection majoritairement sunnite ; en Irak, on aurait vu l’inverse. Le risque aurait été une guerre sectaire totale à travers la région."(...)

   (...) Les propos de Blair ont rencontré de violentes réactions dans son pays. Dans sa chronique publiée dans le Daily Telegraph, le maire de Londres Boris Johnson estime que "Blair devrait la boucler ou au moins accepter la réalité de cette catastrophe qu’il a contribué à générer". Il considère que "l'invasion de l'Irak s'est révélée une erreur tragique" qui réside aussi dans le manque d'engagement des Britanniques et des Américains pour assurer une transition démocratique après la chute du dictateur. Selon Johnson, "la réalité est que, avant l’invasion en 2003 [en Irak] menée par les Etats-Unis, il n’y avait pas de présence d'Al-Qaida dans ce pays, aucune. 

   Certes, Saddam Hussein était un tyran bassiste sans scrupules qui traitait sa population avec une brutalité alarmante. Mais il n'entretenait aucun lien avec les auteurs des attaques du 11 septembre 2001 au World Trade Center, et ne disposait pas d’armes destruction massive." 

   La vérité, c’est que nous avons détruit les institutions d’autorité en Irak sans avoir la moindre idée de ce qui allait suivre [...] Plus de 100 000 Irakiens morts seraient encore vivants [si l'invasion n'avait pas eu lieu]. Quand nous avons voté pour cette guerre – y compris moi –, on l’a fait avec ce qui paraît aujourd’hui une supposition naïve que les gouvernements britannique et américain avaient un projet pour après [...], qu'il y aurait "un projet pour une transition comme ce fut le cas avec l’Allemagne en 1945, où la machinerie basique et essentielle était poursuivie tout en mettant en place un programme de dénazification". (...) 

   (...) Mais si cette invasion en 2003 était "de la folie" et semble avoir été "motivée par l’envie générale de contrôler un des plus grands exportateurs de pétrole dans le monde et de faire tomber Saddam Hussein", Johnson ne plaide pas contre l’interventionnisme. La situation en Irak "ne veut pas dire que toute intervention est toujours, et partout, mauvaise [...] Il serait faux de conclure que parce que nous avions tort en ce qui concerne l’Irak, nous aurions toujours tort de tenter de changer les choses."

   Même son de cloche dans le Daily Mail qui titre : "Le carnage fait honte à Blair". Le général britannique sir Michael Rose réfute l'argumentation de Blair pour exposer sa "fausse logique". Le général regrette que Tony Blair reste "en déni total sur la catastrophe qu'il a infligée non seulement au peuple irakien, mais aussi à des millions d'autres personnes à travers le Moyen-Orient à la suite de l'invasion de 2003 [...] Blair n'assume pas la moindre responsabilité et refuse toujours de s'excuser de nous avoir menés à la guerre."


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"Heu... Ça veut dire oui?"




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Luc Desle

mardi 5 novembre 2013

"Cette tapette sous un crâne tuait les mouches du politiquement correct". Jacques Damboise in "Pensées inconvénientes".

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Pensées pour nous-mêmes:

(NE THÉSAURISE PAS LES ETOILES
QUI FOURMILLENT DANS TA TÊTE)


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Nouveau court récit au long cours (4)

LE LIBÉRÉ 
DU 
CLUB MAD


   Daniel, qui travaille en sous-main pour une entreprise chargée d'observer l'évolution des différents clubs de vacances de la planète, note les changements ayant eu lieu à Ipsos, dans cet endroit qui est devenu "moderne" pour attirer une clientèle jeune... et affamée de boissons pour faire plus vite la fête..



   Bravo pour le raccourci. Il doit paraître sérieusement décalé et décati pour qu’elle lui suggère, à peine arrivé, d’aller se dorer la pilule sur un transat dans une résidence friquée !

   Il fait signe à Rachel qu’ils peuvent y aller. Il ne peut s’empêcher d’émettre des commentaires.

   - En voilà une qui ne manque pas de souffle ! C’est à se demander si on leur enseigne les rudiments du savoir-vivre. J’ai l’impression qu’ils recrutent des jeunes niveau BTS Force de Vente, plutôt que des diplômés en Tourisme et Loisirs. Et encore, la classification des études y fait-elle quelque chose ?… Au fait, c’est le genre de question que personne ne veut entendre ici, mais j’ai envie de savoir. Vous travaillez ou vous êtes étudiante ?

   - Entre les deux. Je viens de soutenir une thèse en psychologie, et ensuite… eh bien, je ne sais pas… ça risque de prendre du temps… J’ai besoin de souffler un moment.

   - Déprimée ?

   - Oui, c’est cela.

   - Et vous comptez sur cette semaine pour reprendre un peu d’enthousiasme ?

   Elle lui fait oui de la tête, légèrement essoufflée. La côte est rude qui monte vers l’Olympe. Lui, ça va, il a le cœur très solide.

   Ils passent devant les premières cases du secteur : elles sont nickel. Fini la paille et le chaume. Il doit y avoir un coin toilette à l’intérieur. Rachel appréciera. Les jeunes sont habitués à leur confort. A leur façon, ils cherchent le paradis, l’oubli des aberrations de nos systèmes sociaux. N’a-t-il pas fait de même autrefois quand il fuyait la capitale et les contraintes familiales ? Seulement, il leur faut de plus en plus de commodités, de moins en moins d’efforts au quotidien. Du coup, les structures les prennent en charge et les mettent dans des moules dont ils auront du mal à se sortir.

   - Je m’étonne que vous soyez venue seule, juste avec du blues dans votre sac.

   - Bien vu. Une amie parisienne arrivera ce soir. On s’est donné RDV ici.

   - Psychologiquement, c’est plus logique.

   Elle sourit, et il devine déjà dans cette âme toute la tristesse du monde.

   Sans le panneau directionnel près des sanitaires, il n’aurait pas trouvé la case, exilée dans un recoin de la presqu’île. Leurs cases sont pratiquement à côté, juste pour leur rappeler cette fameuse histoire de hasard qui fait bien les choses.

   Ici au moins, ils seront tranquilles. Loin des retours nocturnes. A l’écart. On entend juste la rumeur du restaurant qui s’active pour le déjeuner. On est donc en hauteur sur l’isthme. On ne voit pas la mer de là. On est à l’ombre d’oliviers centenaires, sur une terre de légendes...

   Daniel visite sa case. Rien à dire, c’est propre, fonctionnel, mais l’Energie s’en est allée, foi de Jupiter !

   C’est alors qu’une autre rumeur gronde, enfle et assourdit le silence, venant de plus bas, en ligne directe ascendante, telle un tonnerre de basses, ponctuée par les aboiements d’un animateur racoleur.

   - Mesdames, messieurs, toute l’équipe de Corfou, vous attend comme chaque jour, au bar, pour vos « Mad Mouvements » préférés, suivis d’un méga-apéritif, yéééh !

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(A Suivre)

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"Heu... On pourrait d'abord discuter...
- Ce n'est pas ce que je fais, 
cabrón?"

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(La marchandisation du corps féminin

fonctionnait à plein régime)



La première "salope" répond aux "343 salauds"

   (...) En écho aux "343 salopes" qui défendaient leur droit à l'avortement dans les années 70, "343 salauds" (en réalité, ils ne sont que 19) signent aujourd'hui dans "Causeur" un manifeste pour défendre leur droit d'aller "aux putes" (sic). Ils s'y inquiètent "que des députés édictent des normes sur [leurs] désirs et [leurs] plaisirs", dénonçant une "répression déguisée en combat féministe" (rien que ça...).

   Nicole Muchnik est à l'origine de la publication du "Manifeste des 343", dans "Le Nouvel Observateur", le 5 avril 1971, avec Jean Moreau. Elle fait partie des "salopes" pour "Charlie Hebdo" qui rebaptise une semaine plus tard le Manifeste. "J'ai trouvé ça amusant", se souvient-elle aujourd'hui. Car Nicole Muchnik n'a jamais eu froid aux yeux. Cette journaliste originaire de Tunis a aujourd'hui 77 ans, et elle a été de tous les combats, de la Guerre d'Algérie aux grandes luttes de la gauche, en passant par le féminisme. On serait bien en peine de la faire passer pour une puritaine, car prôner la liberté à avorter, à disposer de son corps en tant que femme avait à l'époque une odeur de souffre. 

   Aujourd'hui, Elisabeth Lévy, directrice de publication de "Causeur" souhaite avec les "343 salauds", "emmerder les féministes d'aujourd'hui". Et celles d'hier, qu'en pensent-elles ? Interview.

   / Les "salauds" revendiquent le "droit de jouir"(sic) et le "droit à la différence", se comparant au manifeste initial. Quelle est la différence entre revendiquer la liberté d'avorter et la liberté d'aller "aux putes", comme ils disent ?

   - Ça me blesse énormément et je vais vous dire pourquoi : il n'y a pas longtemps, j'ai lu que l'ex-présidente de la Communauté de Madrid avait écrit "Après tout, si quelqu'un veut vendre son sexe, pourquoi pas ? Pourquoi le corps, le sexe ou n'importe quoi d'autre de ce genre serait en dehors du marché?"

   C'est ce qui me choque aujourd'hui, de la part des 343 salauds qui portent très bien leur nom et qui défendent cette "liberté". C'est scandaleux : vendre son corps c'est en faire une marchandise. Pourquoi ne pas vendre des enfants, des organes, des esclaves?

   L'avortement, c'était bien autre chose : c'était un droit à la liberté de disposer de notre corps.

   / Qu'avez-vous ressenti en apprenant cette publication ?

   - Je trouve comique que ces hommes, qui passent pour être intelligents, protestent parce qu'on touche à leur portefeuille, parce qu'on leur inflige une amende. C'est fantastique... et profondément hypocrite. A côté, ils ne parlent pas ou à peine, pour s'excuser, du fait que ces femmes soient en réalité des esclaves du sexe.

   Je n'ai franchement rien contre le fait qu'une petite bourgeoise ait envie de se faire un "type" en fréquentant un hôtel de passe ou ce qu'elle veut, c'est sa liberté. La prostitution, c'est bien autre chose, c'est de la vente de femme, et rien d'autre. C'est bête d'avoir à répéter encore que le corps et la tête forment un ensemble: quand on vend son corps, surtout sous la contrainte, on vend aussi sa tête. Et quand Elisabeth Levy [directrice de la rédaction du magazine "Causeur", NDLR] parle des féministes comme de la "brigade des plumeaux", c'est grave. Quelle est cette confusion ? Qu'est-ce qu'elle a dans la tête cette bonne femme ? 

   / Ce manifeste des salauds est-il le symptôme d'un véritable recul en terme d'égalité femmes-hommes ? Qu'est-ce que ça représente ? 

   - Ces hommes ne représentent qu'eux-mêmes : une poignée d'imbéciles qui se font de la pub. Je crois que la société française n'en est pas à ce point là, même si la prostitution est un réel problème. Je ne crois pas que ce soit représentatif de la société, et surtout, des hommes. 

  / A titre personnel, que pensez-vous de la pénalisation du client, qui est proposé aujourd'hui par le gouvernement?

   - Il faut en passer par là il me semble, malheureusement. Comme pour les quotas : on ne devrait pas avoir à les infliger dans une société civilisée, mais on voit qu'il faut en passer par là. (...)

Propos recueillis par Alice Maruani - Le Nouvel Observateur

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(Casque protégeant un des 343 s...
du syndrome terrifiant de l'intelligence)



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Benoît Barvin