Bonjour à vous qui, dans le maelström du net, êtes arrivés, par hasard? lassitude? erreur? sur ce blog. Vous êtes les bienvenus. Vous y lirez des extraits d'articles, de pensées, d'interviews, piochés ça et là, et illustrés de photos et dessins détournés, via un humour de bon aloi. Vous pouvez évidemment réagir avec le même humour, la même ironie que nous mettons, chaque jour, à tenter de respirer un peu plus librement dans une société qui se corsète chaque fois un peu plus.
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samedi 22 février 2014

"La paille qui était dans mon oeil m'empêcha de voir la poutre qui me tombait dessus". Jacques Damboise in "Pensées inconvénientes".

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Pensées pour nous-mêmes:

(LE SAGE SE NOURRIT 
DE BONNES ACTIONS)

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(Document:
Le pétomane s'entraînant pour le bénéfice de son art)



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(Réponses des prostituées chinoises
au gouvernement central à Pékin)


(Source: nosuchthingasperfectt, via misshaileyxx)

Avec son «balayage du vice», 
Pékin fait du racolage

PHILIPPE GRANGEREAU

   (...) Ville méridionale de 7 millions d’habitants, Dongguan est célèbre à travers toute la Chine pour deux choses : son rôle historique dans la première guerre de l’opium au XIXe siècle et le nombre aujourd’hui impressionnant de ses lupanars. Plus d’une centaine de milliers de prostituées y exercent leur commerce profane dans une sérénité d’ordinaire jamais troublée. Les bordels ont des menus imprimés proposant de savoureuses galipettes, du «rêve du dragon» en passant par les «dix-huit virages de la route de montagne» et le «jeu du pipeau».

   Sauf que cette semaine, soudainement, les autorités ont décidé de donner un coup de pied dans la fourmilière. Près de 2 000 salons de massages, karaokés, saunas, hôtels, «centres de loisirs» et de «bien-être» ont été perquisitionnés. L’opération de«balayage du vice» a mobilisé 9 000 policiers. Un député de l’Assemblée nationale du peuple, patron d’un cinq étoiles louche appelé Crown Prince Hotel, a été interpellé lundi. Embarqués aussi, huit gradés de la police municipale soupçonnés de toucher des pourcentages. (...)

   (...) Le nombre de prostituées chinoises est estimé à 6 millions par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et l’industrie du sexe représenterait 6% du produit intérieur brut (PIB) national, selon l’économiste Yang Fan, de l’université Zhengfa de Pékin. Une authentique campagne nationale contre la prostitution pourrait sérieusement ralentir la croissance, voire précipiter une chute boursière. Cela a sans doute poussé les autorités à une certaine retenue : sur les 2 000 établissements perquisitionnés à Dongguan, seuls douze ont été effectivement bouclés, selon l’agence Chine nouvelle. Et malgré le déploiement d’un régiment de limiers, seulement 67 personnes ont été interpellées. «De qui se moque-t-on ?»s’interroge un internaute qui dit «fortement douter de l’intention des autorités de stopper la prostitution».

   L’opération de Dongguan était aussi - surtout ? - une action médiatique destinée à persuader la population que le pouvoir s’attaque au problème. Car quelques heures avant l’assaut policier contre les bordels, la chaîne nationale de télévision CCTV a diffusé un opportun «reportage» en caméra cachée, réalisé à Dongguan la semaine précédente. De toute évidence, l’émission était coordonnée avec l’intervention des forces de l’ordre. Une demi-heure choc, en prime-time, sur les coulisses du sexe tarifé en Chine : du jamais vu sur les ondes monotones de la télé officielle. 

   On suit à l’image un journaliste de CCTV dans une chambre équipée d’un miroir sans tain, derrière lequel dansent deux filles en maillot de bain. «Celle de gauche est le numéro 193, elle est de Chongqing ; l’autre, le numéro 136, est du nord-est. Si elles vous plaisent, on peut vous les réserver. Elles sont toutes les deux à 800 yuans[96 euros, ndlr]», lui dit le proxénète qui l’accompagne. «Voyez, un coup de sonnette et deux autres se pointent, jusqu’à ce que vous en trouviez une à votre goût… Dépêchez-vous, nos cinquante chambres sont pleines.»

   (...) Dans un autre établissement bondé, on est conduit dans une grande pièce où trône une scène bordée de pots de fleurs. Sur une musique techno, apparaissent une quinzaine de filles en jupe courte, chacune un gros numéro épinglé sur l’étoffe. Elles défilent l’une après l’autre, tenant toutes un sac à main identique. Derrière, on entend le patron dire tout haut : «Celle-là est à 700[84 euros], celle-là à 800.» La caméra se déplace dans une «suite présidentielle». Un lapitiao («maquereau») raconte que tout l’hôtel est un bordel et qu’un agrandissement est prévu.

   A l’hôtel Dongzhen, la mise en scène est identique : décor de tentures pourpres, brochette de vingt sanpei en tenue aguichante, leur tarif respectif sur une étiquette rouge collée à la cuisse. Le patron déplore qu’il y en ait moins que d’habitude.«Mais c’est le nouvel an chinois et plein de filles sont rentrées pour les fêtes.»«Celles à 600 [72 euros] ou 700 yuans ne sont pas trop sexy, mais à partir de 800, c’est chaud», conseille un client. «Dans ce sauna, on vous fait la totale», annonce une mère maquerelle, qui propose un karaoké où des xiaojie(«demoiselles») dansent nues. «Dites bonjour au client !» ordonne un type en costume à une brochette de courtisanes en froufrous qui déboulent dans une salle.«Yuannin wande qingcai» («nous vous souhaitons de bien vous amuser») chantent à l’unisson les demoiselles soumises, sans omettre de s’incliner.

   Depuis lundi, la «campagne antivice» s’est étendue à Canton. Il est question, selon la presse officielle, de «nettoyer»la province du Guangdong, voire le pays tout entier, dans les mois qui viennent. «Vaine entreprise, juge la sexologue Li Yinhe. Les bordels sont pleins parce que le sexe est un besoin comme les autres. Quand on grelotte de froid, on est bien content de trouver une chaumière accueillante.» Rappelant que les attitudes à l’égard du sexe ont considérablement évolué et qu’il existe même au Parlement un projet de loi pour légaliser la prostitution, Li préconise de décriminaliser cette activité. «Les prostituées, dit-elle, font désormais partie de la classe ouvrière.»


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"Oh, Maître, que désirez-vous?"
- Un beau jeune homme, stupides femelles!"



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Luc Desle

mardi 5 novembre 2013

"Cette tapette sous un crâne tuait les mouches du politiquement correct". Jacques Damboise in "Pensées inconvénientes".

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Pensées pour nous-mêmes:

(NE THÉSAURISE PAS LES ETOILES
QUI FOURMILLENT DANS TA TÊTE)


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Nouveau court récit au long cours (4)

LE LIBÉRÉ 
DU 
CLUB MAD


   Daniel, qui travaille en sous-main pour une entreprise chargée d'observer l'évolution des différents clubs de vacances de la planète, note les changements ayant eu lieu à Ipsos, dans cet endroit qui est devenu "moderne" pour attirer une clientèle jeune... et affamée de boissons pour faire plus vite la fête..



   Bravo pour le raccourci. Il doit paraître sérieusement décalé et décati pour qu’elle lui suggère, à peine arrivé, d’aller se dorer la pilule sur un transat dans une résidence friquée !

   Il fait signe à Rachel qu’ils peuvent y aller. Il ne peut s’empêcher d’émettre des commentaires.

   - En voilà une qui ne manque pas de souffle ! C’est à se demander si on leur enseigne les rudiments du savoir-vivre. J’ai l’impression qu’ils recrutent des jeunes niveau BTS Force de Vente, plutôt que des diplômés en Tourisme et Loisirs. Et encore, la classification des études y fait-elle quelque chose ?… Au fait, c’est le genre de question que personne ne veut entendre ici, mais j’ai envie de savoir. Vous travaillez ou vous êtes étudiante ?

   - Entre les deux. Je viens de soutenir une thèse en psychologie, et ensuite… eh bien, je ne sais pas… ça risque de prendre du temps… J’ai besoin de souffler un moment.

   - Déprimée ?

   - Oui, c’est cela.

   - Et vous comptez sur cette semaine pour reprendre un peu d’enthousiasme ?

   Elle lui fait oui de la tête, légèrement essoufflée. La côte est rude qui monte vers l’Olympe. Lui, ça va, il a le cœur très solide.

   Ils passent devant les premières cases du secteur : elles sont nickel. Fini la paille et le chaume. Il doit y avoir un coin toilette à l’intérieur. Rachel appréciera. Les jeunes sont habitués à leur confort. A leur façon, ils cherchent le paradis, l’oubli des aberrations de nos systèmes sociaux. N’a-t-il pas fait de même autrefois quand il fuyait la capitale et les contraintes familiales ? Seulement, il leur faut de plus en plus de commodités, de moins en moins d’efforts au quotidien. Du coup, les structures les prennent en charge et les mettent dans des moules dont ils auront du mal à se sortir.

   - Je m’étonne que vous soyez venue seule, juste avec du blues dans votre sac.

   - Bien vu. Une amie parisienne arrivera ce soir. On s’est donné RDV ici.

   - Psychologiquement, c’est plus logique.

   Elle sourit, et il devine déjà dans cette âme toute la tristesse du monde.

   Sans le panneau directionnel près des sanitaires, il n’aurait pas trouvé la case, exilée dans un recoin de la presqu’île. Leurs cases sont pratiquement à côté, juste pour leur rappeler cette fameuse histoire de hasard qui fait bien les choses.

   Ici au moins, ils seront tranquilles. Loin des retours nocturnes. A l’écart. On entend juste la rumeur du restaurant qui s’active pour le déjeuner. On est donc en hauteur sur l’isthme. On ne voit pas la mer de là. On est à l’ombre d’oliviers centenaires, sur une terre de légendes...

   Daniel visite sa case. Rien à dire, c’est propre, fonctionnel, mais l’Energie s’en est allée, foi de Jupiter !

   C’est alors qu’une autre rumeur gronde, enfle et assourdit le silence, venant de plus bas, en ligne directe ascendante, telle un tonnerre de basses, ponctuée par les aboiements d’un animateur racoleur.

   - Mesdames, messieurs, toute l’équipe de Corfou, vous attend comme chaque jour, au bar, pour vos « Mad Mouvements » préférés, suivis d’un méga-apéritif, yéééh !

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(A Suivre)

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"Heu... On pourrait d'abord discuter...
- Ce n'est pas ce que je fais, 
cabrón?"

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(La marchandisation du corps féminin

fonctionnait à plein régime)



La première "salope" répond aux "343 salauds"

   (...) En écho aux "343 salopes" qui défendaient leur droit à l'avortement dans les années 70, "343 salauds" (en réalité, ils ne sont que 19) signent aujourd'hui dans "Causeur" un manifeste pour défendre leur droit d'aller "aux putes" (sic). Ils s'y inquiètent "que des députés édictent des normes sur [leurs] désirs et [leurs] plaisirs", dénonçant une "répression déguisée en combat féministe" (rien que ça...).

   Nicole Muchnik est à l'origine de la publication du "Manifeste des 343", dans "Le Nouvel Observateur", le 5 avril 1971, avec Jean Moreau. Elle fait partie des "salopes" pour "Charlie Hebdo" qui rebaptise une semaine plus tard le Manifeste. "J'ai trouvé ça amusant", se souvient-elle aujourd'hui. Car Nicole Muchnik n'a jamais eu froid aux yeux. Cette journaliste originaire de Tunis a aujourd'hui 77 ans, et elle a été de tous les combats, de la Guerre d'Algérie aux grandes luttes de la gauche, en passant par le féminisme. On serait bien en peine de la faire passer pour une puritaine, car prôner la liberté à avorter, à disposer de son corps en tant que femme avait à l'époque une odeur de souffre. 

   Aujourd'hui, Elisabeth Lévy, directrice de publication de "Causeur" souhaite avec les "343 salauds", "emmerder les féministes d'aujourd'hui". Et celles d'hier, qu'en pensent-elles ? Interview.

   / Les "salauds" revendiquent le "droit de jouir"(sic) et le "droit à la différence", se comparant au manifeste initial. Quelle est la différence entre revendiquer la liberté d'avorter et la liberté d'aller "aux putes", comme ils disent ?

   - Ça me blesse énormément et je vais vous dire pourquoi : il n'y a pas longtemps, j'ai lu que l'ex-présidente de la Communauté de Madrid avait écrit "Après tout, si quelqu'un veut vendre son sexe, pourquoi pas ? Pourquoi le corps, le sexe ou n'importe quoi d'autre de ce genre serait en dehors du marché?"

   C'est ce qui me choque aujourd'hui, de la part des 343 salauds qui portent très bien leur nom et qui défendent cette "liberté". C'est scandaleux : vendre son corps c'est en faire une marchandise. Pourquoi ne pas vendre des enfants, des organes, des esclaves?

   L'avortement, c'était bien autre chose : c'était un droit à la liberté de disposer de notre corps.

   / Qu'avez-vous ressenti en apprenant cette publication ?

   - Je trouve comique que ces hommes, qui passent pour être intelligents, protestent parce qu'on touche à leur portefeuille, parce qu'on leur inflige une amende. C'est fantastique... et profondément hypocrite. A côté, ils ne parlent pas ou à peine, pour s'excuser, du fait que ces femmes soient en réalité des esclaves du sexe.

   Je n'ai franchement rien contre le fait qu'une petite bourgeoise ait envie de se faire un "type" en fréquentant un hôtel de passe ou ce qu'elle veut, c'est sa liberté. La prostitution, c'est bien autre chose, c'est de la vente de femme, et rien d'autre. C'est bête d'avoir à répéter encore que le corps et la tête forment un ensemble: quand on vend son corps, surtout sous la contrainte, on vend aussi sa tête. Et quand Elisabeth Levy [directrice de la rédaction du magazine "Causeur", NDLR] parle des féministes comme de la "brigade des plumeaux", c'est grave. Quelle est cette confusion ? Qu'est-ce qu'elle a dans la tête cette bonne femme ? 

   / Ce manifeste des salauds est-il le symptôme d'un véritable recul en terme d'égalité femmes-hommes ? Qu'est-ce que ça représente ? 

   - Ces hommes ne représentent qu'eux-mêmes : une poignée d'imbéciles qui se font de la pub. Je crois que la société française n'en est pas à ce point là, même si la prostitution est un réel problème. Je ne crois pas que ce soit représentatif de la société, et surtout, des hommes. 

  / A titre personnel, que pensez-vous de la pénalisation du client, qui est proposé aujourd'hui par le gouvernement?

   - Il faut en passer par là il me semble, malheureusement. Comme pour les quotas : on ne devrait pas avoir à les infliger dans une société civilisée, mais on voit qu'il faut en passer par là. (...)

Propos recueillis par Alice Maruani - Le Nouvel Observateur

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(Casque protégeant un des 343 s...
du syndrome terrifiant de l'intelligence)



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Benoît Barvin

mardi 18 juin 2013

"Déguisés en pingouins, ces conférenciers discutaient du sort de la banquise". Jacques Damboise in "Pensées inconvénientes".

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Pensées pour nous-mêmes:

(LE BUT ATTEINT N'EST PAS
LE VRAI BUT)

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LONG RÉCIT AU LONG COURS (1/41)

pcc Benoît Barvin et Blanche Baptiste

   Chez Maître Pavèse, les baumes confectionnés par Angélus se révèlent une catastrophe... Le jeune homme est effondré. Il s'en va donc en Amérique...


ANGÉLUS 
ou 
LES SECRETS DE L’IMPALPABLE



CHAPITRE 16

   Pendant plusieurs jours, Elaine resta sur l’impression de malaise que lui avait produit sa rencontre avec Angélus Gabrielli. La nuit, il ne cessait de lui apparaître, mais c’était toujours sous la forme d’un ange de lumière qui, au moment où il allait lui révéler un grand secret, se métamorphosait en créature démoniaque à la chair putréfiée et qui exhalait d’épouvantables odeurs pestilentielles. 

   Ces visions la perturbaient et elle prit l’habitude de s’occuper toute la journée dans le couvent afin d’être si fatiguée, le soir, qu’elle se couchait, exténuée, certaine alors qu’aucun cauchemar ne viendrait plus la tenailler.

   Ainsi Elaine aidait en cuisine, accompagnait les soeurs dans leurs différents travaux de jardinage et également à la bibliothèque. Le monastère possédait en effet une salle d’étude, reliquat d’une période où des Frères avaient séjourné dans les lieux, il y avait de cela quelques siècles. N’y avaient été conservés qu’une centaine de volumes en cuir repoussé, en assez mauvais état d’ailleurs, que les Soeurs s’efforçaient de restaurer avec patience.

   Comme Elaine évoluait maintenant dans le monastère tout à son aise sans que quiconque, pas même Sœur de la Miséricorde, n’en prenne ombrage, elle put se passionner pour cette salle d’étude et y passer plusieurs heures afin de compulser certains volumes. 

   Il y avait là de nombreux ouvrages théologiques auxquels elle ne comprenait goutte, des bibles qui devaient être reliées et que les Bénédictines s’empressaient de lire à mi-voix, afin d’en faire profiter leurs compagnes. 

   A force de fureter, un après-midi Elaine découvrit dans un coin un rayonnage consacré au Diable et à toutes ses fourberies. Attirée comme par un aimant, la jeune femme prit l’habitude de dévorer les ouvrages de démonologie qu’elle emportait, en cachette, dans sa cellule. 

   Un jour, elle dénicha, cachée au-milieu d’une reliure impressionnante, une brochure datant d’un siècle environ qui contait un curieux récit. 

   Celui-ci mettait en scène un pauvre jeune homme que Satan faisait choir dans un piège infâme. Le héros du récit étant contrefait de nature, le piège consistait à le transformer en un beau et aimable jeune homme, sous condition qu’il donnât son âme en pâture à Satan. 

   Évidemment les manigances du Seigneur des Ténèbres étaient contrecarrées par l’amour que portait au jeune homme la fille d’un voisin. La fin de l’histoire manquait, les dernières pages de la brochure ayant été déchirées maladroitement. Elaine ne pouvait que lire ces quelques mots « Hélas... Trop tard... Destin »

   Outre que ce récit résonnât longuement en son cœur meurtri, du fait de certaines similitudes qu’elle y voyait avec sa situation actuelle, la jeune femme s’étonna également que pareil ouvrage profane puisse être gardé dans le sein de cette bibliothèque. Un après-midi où certaines sœurs travaillaient dans la salle, elle finit par s’en ouvrir à Jeanne qui semblait avoir définitivement repris ses esprits. Quand elle évoqua la brochure, la novice blêmit et lui mit un doigt sur les lèvres, pour la faire taire.

   - Chut, je t’en supplie ! Ne parle pas de ça !

   - Mais ? Mais il ne s’agit que d’une histoire ! s’étonna Elaine.

   En baissant la voix, Soeur Jeanne chuchota, après avoir jeté un oeil autour d’elle, d’un air inquiet.

   - Il nous est interdit de lire de pareils ouvrages. C’est Soeur Marie qui les a apportés avec elle en entrant au couvent. Ce sont des objets rares et de prix ! Mais ces brochures parlent de choses que nous ne devrions pas connaître... Il y a des scènes qui sont obscènes. C’est pêché que de lire ces récits...

   Elaine sourit. Sur le visage poupon de la novice, les pommettes venaient de virer au rose fuchsia.

   - Jeanne ! Tu ne vas pas me dire que ces récits sont sulfureux ! Il s’agit d’histoires écrites il y a plus d’un siècle... Mais ne t’inquiète pas, je ne trahirai pas votre secret.

   Elle serra la main de la jeune novice qui poussa un soupir de soulagement. Ce fut tout pour cette fois, mais Elaine garda en mémoire, non pas les petits secrets des Sœurs, mais plutôt l’ambiance générale de la fable qu’elle avait lu : une atmosphère lourde, menaçante et, dans les dernières pages manquantes, il était certain que l’orage qui menaçait tout au long de l’histoire se métamorphosait tout à coup en véritable tempête. 

   Elaine craignit que cette histoire soit annonciatrice de dangers futurs.

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(A Suivre)

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(Escort girl s'entraînant à lutter contre les clients au Texas)

Chloë Sevigny, tueuse à gages transsexuelle dans la série
"Hit & Miss"

Au Texas, vous pouvez tuer une escort girl 
qui ne veut pas coucher avec vous

   (...) Ezekiel Gilbert, âgé de 30 ans, a tiré le soir de Noël de l’année 2009 sur Lenora Evie Frago, décédée à 23 ans de la suite de ses blessures sept mois plus tard. L’homme avait rencontré la jeune femme sur le site de petites annonces Craigslist, très populaire aux Etats-Unis, dans la catégorie des «escort girls». Or Lenora, après avoir empoché les 150 dollars dans la soirée, a voulu repartir sans avoir de relation sexuelle avec lui.

   La cour de Bexar County, près de San Antonio, vient d’acquitter cet homme qui risquait la prison à vie, relate le site Gawker. Au-delà du ridicule de la décision, c’est surtout la défense de l’homme qui a déclenché l’indignation de la presse américaine. Car pour justifier son acte, qui selon lui n’était pas destiné à tuer, Gilbert et son avocat se sont appuyés sur une loi du code pénal du Texas selon laquelle il est autorisé «d’utiliser la force létale pour récupérer sa propriété au cours d’un vol de nuit». Les 150 dollars pris par l’escort justifiaient donc que l’homme lui tire dessus et prenne le risque de la tuer.

   « Je regrette sincèrement la mort de Mlle Frago, a déclaré Gilbert à la presse à la sortie du tribunal. J’ai été dans une prison mentale durant les quatre dernières années de ma vie. J’ai fait des cauchemars. Quand je vois des revolvers et des tueries à la télévision, je change de chaîne (pauvre chou)

   L’accusé a expliqué lors de son procès que Lenora était venue chez lui, était restée 20 minutes puis avait expliqué qu’elle devait donner l’argent obtenu à son chauffeur qui l’attendait dehors. Chauffeur qui s’est révélé être son proxénète et complice dans l’opération selon la défense, explique le journal local My San Antonio.

   Les procureurs ont répliqué à la défense de Gilbert en rappelant que la loi qui autorise un citoyen à récupérer son bien y compris par la force létale concernait les gens respectueux de la loi, et n'était pas conçue pour permettre à quelqu’un de forcer une autre personne à pratiquer un acte illégal comme la prostitution. Cette plaidorie n’aura pas suffi à convaincre les jurés.

   La valeur de la vie humaine en est réduite à l’équivalent d’un bien matériel, s’insurge le site féministe Jezebel. «Le cas est différent de l’auto-défense, dans une situation où votre propre sécurité physique ou votre propre vie sont en jeu», écrit le site. Et le jury n'aurait peut-être pas réagi de la même manière s'il s'était agi d'un vol de nain de jardin ou de vache, et non d'une simple prostituée, poursuit Jezebel. (...)


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"Quoi, mon chapeau? 
Qu'est-ce qui vous dérange dans mon chapeau,
 hein?"

Why can’t we all just get along?

µµµ

"Oh Mon Dieu, un méchant requin
qui veut me manger..."



L’Europe ne sauvera pas nos poissons… 
avant 100 ans
 Idealmag

   (...) Après trois années de discussions, le Conseil des ministres de la pêche et le Parlement européen sont arrivés à un accord à minima sur la politique commune. Alors que l’ambition affichée par Bruxelles était de limiter la surpêche pour permettre une reconstitution des stocks de poissons d’ici 2020, il faudra finalement une centaine d’années pour espérer un résultat. 

   Ces dernières années, on a beaucoup parlé du thon rouge, menacé de disparition. Mais de nombreuses espèces suivent aujourd’hui le même chemin, et une étude du magazine « Sciences » a même établi que si nous ne changions pas nos méthodes de pêche, les mers et océans seraient des déserts sans vie avant 2050. 

   Parmi les poissons jugés aujourd’hui en grand danger de disparition, on trouve : le flétan, le cabillaud, l’églefin, le colin (ou merlu), le saumon et la sole de l’Atlantique, la raie, la lotte… Autant d’espèces bien présentes sur les étals de nos poissonniers, mais dont les effectifs s’effondreraient un peu plus chaque année. 

   La réforme de la politique commune de la pêche (PCP) était sensée apporter des réponses urgentes à cette problématique, en assurant la reconstitution des espèces d’ici 2020, tout en préservant la filière et ses emplois. Mais c’est visiblement surtout ce second paramètre qui a été pris en compte. (...)

   (...) Côté français, le Ministre délégué chargé des Transports de la Mer et de la Pêche, Frédéric Cuvillier, s’est en effet opposé à ce que la reconstitution des stocks d’ici 2020 soit inscrite dans le texte de l’accord final, qui ne propose donc pas des moyens réellement contraignants pour arriver à ce résultat. Une position d’autant plus dommageable que d’autres pays de pêche, comme l’Espagne, étaient prêts à s’engager en ce sens. 

   Une position française dénoncée par de nombreuses organisations de défense de l’environnement, comme le WWF, qui déplore, par la voix de la présidente de sa section française, Isabelle Autissier, « que le manque d’ambition des ministres, et notamment de la France, ait pris le dessus sur l’ambition du Parlement européen. La reconstitution des stocks et la réelle atteinte du « Rendement Maximal Durable » sont la garantie de plus de poissons dans l’eau, d’une rentabilité plus élevée des entreprises de pêche et de plus d’emplois en mer et à terre ». 

   «Avec le texte qui a été adopté, poursuit Isabelle Autissier, « il faudra attendre près d’une centaine d’années pour que les stocks soient reconstitués». (...)
En savoir plus sur 

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Luc Desle

vendredi 24 mai 2013

"Dans cette église glaciale, j'étais transie de foi". Benoît Barvin in "Pensées pensées".

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Pensées pour nous-mêmes:

(LE MAÎTRE N'EST QU'UN LEURRE)

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LONG RÉCIT AU LONG COURS (1/17)
pcc Benoît Barvin et Blanche Baptiste

   Elaine Cantagril se trouve face à la boutique d'Angélus Gabrielli, le mystérieux apothicaire du village, et elle éprouve un étrange malaise...

ANGÉLUS 
ou 
LES SECRETS DE L’IMPALPABLE

Judith et sa servante avec tête Holopherne  

   Elaine demeura un bon moment dans l’ombre bienfaitrice du lieu saint. L’heure des vêpres était venue sans qu’elle songeât à rentrer au monastère. Des hommes et des femmes priaient et le son de leurs psalmodies se répercutait sourdement de pilier en pilier, finissant par rebondir sous la voûte ogivale de l’église. Ce bourdonnement régulier acheva de la rasséréner. 

   La jeune femme avait toujours aimé l’intérieur des églises. L’odeur sucrée de l’encens, celle plus âpre dégagée par les cierges, et celle de l’encaustique dont on badigeonnait les rangées de chaises faisaient naître en elle, à chaque fois qu’elle les sentait, une grande plénitude. 

   Elle voulut confier ses tourments au prêtre. Elle attendait de lui un conseil de sagesse, sagesse dont elle se sentait particulièrement dépourvue, depuis la mort d’Adrien. 

   A son grand désappointement, une vieille femme, tout de noir vêtue, lui apprit que, ce jour, c’était le vicaire qui officiait et que le curé était absent car, le jeudi, il célébrait les offices au monastère des Soeurs Bénédictines. 

   - C’est un saint homme, affirma la vieille en hochant la tête, ce qui accentua un peu plus sa ressemblance avec une poule noire. Depuis qu’il a été nommé dans le diocèse, il a eu fort à faire pour lutter contre le Démon... Mais il n’a jamais émis une plainte, jamais il n’a failli... 

   Elle accentua son hochement de tête. Sous son capuchon sombre, ses yeux vifs scrutaient Elaine, l’inspectant sous toutes les coutures. La vieille avait un nez repoussant, complètement déformé et qui bourgeonnait. De plus, il était couperosé, ce qui formait un étrange contraste avec ses lèvres minces et sèches et sa voix de crécelle. 

   Une autre commère se mêla à la conversation. Elle était aussi laide que la première. Tout son corps était bossu, abîmé, déformé. Elle boitait bas et de sa bouche édentée jaillissaient des bribes de phrases plus crachées qu’articulées. Elle se mit également à louer le prêtre, affirmant que sa qualité d’exorciste était très utile pour le village. 

   Elaine tiqua. En baissant la voix, car les femmes attiraient sur elles les regards courroucés d’autres fidèles, elle demanda, à contrecoeur. 

   - Satan aurait-il fait son lit dans ce village ? 

   Les deux vieilles rentrèrent la tête dans les épaules et se signèrent plusieurs fois. La première répondit enfin, d’une voix coassante, tout excitée. 

   - Il se passe ici des choses, Mademoiselle. Des choses que Notre Seigneur Jésus n’apprécie pas... Il y aurait beaucoup à dire... Mais nous n’avons pas le droit. Surtout dans le lieu où Il a établi son domaine. 

   La seconde lui jeta un regard en coin et s’empressa d’ajouter, soucieuse d’avoir le dernier mot. 

   - Vous le verrez par vous-même, jeune demoiselle. Satan ne se cache pas toujours sous les apparences les plus reconnaissables. Parfois, il use d’étranges subterfuges. Certains êtres, pourtant touchés en apparence par la grâce divine, se révèlent être des créatures de Belzébuth. Croyez-moi, bientôt les feux de la Justice Divine vont s’abattre sur le village, et alors... 

   Elaine n’en sut pas plus car des protestations indignées firent très vite déguerpir les deux vieilles. Elle jugea elle aussi plus prudent de sortir, des paroissiens lui jetant des regards où la colère et la méchanceté se disputaient âprement le terrain. 

   Dehors, le soir commençait à tomber. Le ciel était limpide, déjà piqueté d’or et l’étoile du berger ressemblait à un petit diamant. Était-ce un signe ? Et si oui, était-il positif ou négatif ? La jeune femme n’en savait rien. Elle était troublée par les commérages des vieilles femmes car, quelque part, il lui semblait que ceux-ci avaient quelque chose à voir avec la mort de son bien-aimé. Pourquoi ? Elle n’aurait su le dire. 

   - Allons... Voilà que je perds la tête à mon tour, grommela-t-elle tout bas. Sotte que je suis à prendre des fariboles pour des vérités ! 

   Il était l’heure pour elle de regagner le monastère. On la cherchait peut-être car les soeurs prenaient leur dîner juste après les vêpres. Elle pressa le pas en évitant de repasser devant l’échoppe de l’apothicaire.

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(A Suivre)

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"Et ils sont où, les juges, hein?
Ils sont où?"


Bettencourt: un magistrat du parquet 
avait conclu au renvoi de Woerth 
devant le tribunal 
(presse)

   (...) L'analyse d'un magistrat du parquet de Bordeaux en charge du volet "trafic d'influence" de l'affaire Bettencourt, concernant l'ex-ministre Eric Woerth, concluait à un renvoi devant le tribunal correctionnel, et non aux réquisitions de non-lieu finales, selon une information du Monde publiée mercredi, et confirmée de source judiciaire.

   Le 10 mai, le procureur de la République Claude Laplaud, a signé un communiqué de presse annonçant ces réquisitions de non-lieu, qui concernent aussi Patrice de Maistre, ancien homme de confiance de Liliane Bettencourt. 

   Ils sont soupçonnés, le second d'avoir fourni un travail à l'épouse du premier, dans une des sociétés de Liliane Bettencourt, en échange d'une légion d'Honneur en 2007. La magistrate du parquet de Bordeaux initialement en charge de cet aspect de l'affaire avait conclu à un renvoi devant le tribunal, fin avril. Mais le procureur général près la Cour d'appel de Bordeaux, André Ride, aurait alors, selon Le Monde, fait savoir à M. Laplaud, dont il est le supérieur hiérarchique, que "les conclusions de la vice-procureure ne lui convenaient pas".

   Le quotidien relève que M. Ride a été le conseiller justice de l'UMP Alain Juppé à Matignon, en 1995, occasion au cours de laquelle il aurait côtoyé brièvement M. Woerth, alors conseiller parlementaire du Premier ministre. Le Monde observe aussi que, selon le Code de procédure pénale, "le procureur général peut enjoindre aux procureurs de la République (...) d'engager des poursuites", mais pas d'y mettre fin.

   M. Ride a confirmé mercredi à l'AFP que l'analyse de la magistrate "n'a pas convaincu" ses supérieurs. Mais "je n'ai pas donné d'instructions à Monsieur Laplaud", a-t-il soutenu, les réquisitions de non-lieu finales étant simplement issues, selon lui, de "discussions juridiques" entre magistrats responsables du parquet général et du parquet de Bordeaux. Interrogé par ailleurs sur le rapprochement possible entre son ancien poste à Matignon et son analyse concernant M. Woerth, il a indiqué qu'il ne souhaitait faire "aucun commentaire sur ce genre d'allégations".

   Il a confirmé une autre information du Monde : les trois juges d'instruction en charge de l'affaire Bettencourt, qui doivent encore rendre la décision finale dans cet aspect de trafic d'influence, ont écrit au président de la chambre de l'instruction et à la présidente de la Cour d'appel de Bordeaux, pour dénoncer une "pression" de M. Laplaud, dans la manière inhabituellement argumentée dont il justifie publiquement ses réquisitions de non-lieu"Il y a une différence entre exprimer un point de vue juridique et faire pression sur les magistrats instructeurs", a remarqué M. Ride. (dans la presse...) (...)


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(Et toc! Voilà comment on éjecte un ouvrier
en s'amusant)



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"A Cannes, y me veulent pas...
Ch'suis pas assez représentative
d'la femme française, paraît-il..."


Henri de Toulouse-Lautrec (1864 – 1901)

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Le Festival international 
des prostituées de luxe
Lucie Geffroy 

   (...) Sur les 20 films en compétition pour la Palme d'or cette année, un seul a été réalisé par une femme (Un château en Espagne de Valeria Bruni Tedeschi). C'est peu. Mais c'est mieux que l'année dernière où il n'y en avait aucun. Chaque année ou presque la question de la place des femmes au festival de Cannes est posée...puis oubliée. 

   Pourtant, en marge du plus prestigieux festival international de cinéma du monde, une place est bien réservée aux femmes : celle de prostituée. Tous les ans, environ 200 professionnelles du sexe débarquent sur la Côte d'Azur au moment du festival de Cannes — et du Grand Prix de Monaco, concommitant. 

   C'est The Hollywood Reporter qui le révèle : "Chaque année, des femmes de tout genre, de ce que les Français appellent putes de luxes (des call girls payées très cher) rémunérées en moyenne 4000 dollars [3 100 euros] la nuit jusqu'aux prostituées locales payées généralement entre 40 et 60 euros l'heure pour faire le trottoir à Nice, convergent à Cannes pour ce que les prostituées parisiennes appellent 'le meilleur jour de paie de l'année'". (...)

   Interviewée dans les colonnes du quotidien de Los Angeles, une prostituée cannoise, surnommée Daisy, raconte comment la période du festival est synonyme de compétition pour elle. Mais "les prostituées locales ont un avantage parce qu'elles connaissent les gardiens des hôtels" : elles donnent du cash aux concierges des grands hôtels de luxe pour qu'ils rabattent des clients pour elles.

   Quant aux prostituées de luxe, elles feraient partie d'un réseau bien organisé. Venues en groupe, via des agences d'escorts-girls, depuis Paris, Londres, le Vénézuela, le Maroc, le Brésil ou encore la Russie, explique The Hollywood Reporter, elles sont "logées" dans les grands hôtels et les yachts de luxe (dans ce cas on les appelle les 'yacht girls') au large de la ville ou louent des chambres à Beausoleil, près de Monaco, à 40 minutes de Cannes. 

   Les soirées commencent à partir de 22 h. Les filles attendent dans les vestibuls des hôtels où les clients viennent discrètement faire leur marché. Et quelques minutes plus tard, un homme leur indique de la main le numéro de la chambre où elles sont attendues. Toujours dans un souci de discrétion, le salaire est délivré sous une enveloppe barrée du mot "cadeau". (...)
Suite sur:

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Benoît Barvin