Bonjour à vous qui, dans le maelström du net, êtes arrivés, par hasard? lassitude? erreur? sur ce blog. Vous êtes les bienvenus. Vous y lirez des extraits d'articles, de pensées, d'interviews, piochés ça et là, et illustrés de photos et dessins détournés, via un humour de bon aloi. Vous pouvez évidemment réagir avec le même humour, la même ironie que nous mettons, chaque jour, à tenter de respirer un peu plus librement dans une société qui se corsète chaque fois un peu plus.
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vendredi 30 mai 2014

"L'Homme à l'oreille cassée, je ne pouvais plus la lui tirer". Jacques Damboise in "Pensées à contre-vent".

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Pensées pour nous-mêmes:

(LE SAGE PEUT-IL ETRE
TON POISSON ROUGE?)

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(L'Assemblée des Belles-Mères rigolotes commençait bien)


Sun City

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Faut-il-faire-payer-davantage-les-riches_article_popin

Que faire de la dette publique ?

Bernard Marx

   (...) Manuel Valls avait prévenu : Le « cap » de l’action gouvernementale « est tracé » et « ne changera pas », quels que soient les résultats des élections pour le Parlement européen du 25 mai. Au lendemain de ce qu’il a qualifié de « séisme », lui-même et François Hollande ont juste confirmé qu’ils voulaient aller plus vite. Comme s’il n’y avait qu’un seul diagnostic et qu’une seule médecine aux problèmes.

   L’audit de la dette publique française que vient de rendre public un groupe de travail du Collectif pour un audit citoyen de la dette publique, coordonné par l’économiste Michel Husson, montre au contraire que qu’il est nécessaire et possible de s’y prendre autrement pour s’attaquer au problème de la dette publique.

   D’où vient la dette publique ? D’un excès de dépenses dit de longue date le discours dominant repris aujourd’hui par le gouvernement ? Faux répondent les auteurs de l’étude : « 59% de l’actuelle dette publique proviennent des cadeaux fiscaux et des taux d’intérêts excessifs ». (...)

   (...) 1. En fait de montée irrépressible des dépenses de l’Etat, elles sont passée d’environ 24 % du PIB jusqu’en 1990 à 21 % en 2008. La baisse est encore plus sensible si l’on exclut les intérêts sur la dette publique. Depuis la crise a fait remonter le poids des dépenses publiques dans le PIB mais cela tient à la montée de dépenses d’amortissement social et à récession puis à la stagnation de la production.

   2. Une première cause de la permanence des déficits depuis 1980 et donc de la montée de la dette tient à la baisse des impôts. L’audit analyse plus particulièrement les années 2000-2012 et ses trois vagues successives de cadeaux fiscaux : mesures Jospin 200-2002 ; mesures Chirac 2006-2007 et mesures Sarkozy 2007-2012. Au total, de 2000 à la mi-2012, les mesures de baisse d’impôts ont représenté 4,3% du PIB.« Si l’État, au lieu de se dépouiller lui-même, avait maintenu constante la part de ses recettes dans le PIB, la dette publique serait aujourd’hui inférieure de 24 points de PIB (soit 488 milliards d’euros) à son niveau actuel ». 

   L’audit souligne aussi que les cadeaux fiscaux loin de viser des objectifs de justice social ont en fait favorisé les plus riches (baisse de l’impôt sur le revenu, de l’ISF, des droits de succession), les grandes entreprises (niche Copé, Crédit impôt recherche) voir certains lobbies (baisse de la TVA dans la restauration). Tout cela au nom du soutien ou de relance de la croissance par le rétablissement des profits ou des investissements des détenteurs de capitaux. Arguments que le gouvernent actuels ne fait que reprendre à son compte.

   Ainsi soulignent les auteurs de l’étude, « la tendance permanente au déséquilibre budgétaire est donc engendrée par les choix de politique fiscale qui à leur tour viennent ensuite légitimer le recul ultérieur des dépenses publiques ». Le moins qu’on puisse dire est que cette mécanique continue de plus belle. (voir graphique ci-dessous, extrait de l’étude )


Dépenses et recettes de l’État en % du PIB 1980-2012. En % du PIB. Source : Insee (Image rapport page 5)

   3. L’impact du taux d’intérêt sur l’évolution de la dette dépend de son niveau relatif par rapport à la croissance. Bien entendu il faut distinguer entre le taux d’intérêt constaté à un moment donné qui concerne les nouveaux emprunts et le taux d’intérêt moyen pour l’ensemble de la dette. Mais lorsque les taux d’intérêt sont durablement supérieurs au taux de croissance cela pèse sur la dette. Or les taux d’intérêt ont souvent atteint des niveaux excessifs, notamment dans les années 1990 avec les politiques de "franc fort" dans l’euro. (Voir graphique ci-dessous extrait de l’étude)


Taux d’intérêt sur la dette publique. Ecart critique entre le taux d’intérêt et le taux de croissance. En % du PIB. Source : Insee (Image rapport graphique 6 page 12)

   Les auteurs de l’étude ont calculé que si, au lieu de se financer depuis 30 ans sur les marchés financiers, l’Etat avait recouru à des emprunts directement auprès des ménages ou des banques à un taux d’intérêt réel de 2%, la dette publique serait aujourd’hui inférieure de 29 points de PIB (soit 589 milliards d’euros) à son niveau actuel.

   Résultat : L’impact combiné de l’effet taux d’intérêt et des cadeaux fiscaux sur la dette publique représente 53% du PIB (soit 1.077 milliards d’euros). « Si l’État n’avait pas réduit ses recettes et choyé les marchés financiers, le ratio dette publique sur PIB aurait été en 2012 de 43% au lieu de 90% ». (...)

   (...) Plus que jamais, le poids de la dette publique en France et en Europe sert de justificatif principal à une politique économique et de réformes qui vise à diminuer la dépense publique et sociale au nom de la réduction du déficit. Mais cette politique provoque le chômage aggrave les inégalités et affaiblit l’économie sans même atteindre l’objectif annoncé de réduction de la dette. Elle a quelque chose « absurde », disent les auteurs de l’étude. C’est par une autre voie que le verrou extrêmement contraignant de la dette doit être desserré : en dégonflant la dette accumulée et en changeant les règles de sa gestion de la dette en visant notamment à se libérer de l’emprise des marchés financiers.

   L’étude liste 11 mesures. Par exemple : 

    une annulation d’une partie de la dette que l’on peut considérer comme illégitime dans la mesure où elle résulte de décisions prises au préjudice de l’intérêt général
    un allongement substantiel des durées de remboursement et un plafonnement des taux d’intérêt, 
    un impôt exceptionnel progressif sur les 10 % (ou les 1%) les plus riches, dont les recettes serviraient à rembourser par anticipation une partie de la dette (mesure préconisée par le FMI), 
    une obligation faite aux banques de souscrire un quota de titres de la dette publique ou de la dette des collectivités locales
    un emprunt forcé auprès de certains contribuables...

   Ces propositions disent les auteurs, non exclusives les unes des autres, doivent être considérées comme autant de pistes ouvertes au débat. Et c’est bien cela qui compte et qui fait l’importance de l’étude du Comite Collectif pour un audit citoyen de la dette publique. Montrer qu’un autre avenir et une autre politique sont possibles.

http://www.regards.fr/web/que-faire-de-la-dette-publique,7766

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"Qu'est-ce qu'on regarde, ce soir?
- Un conte de fée qui raconte comment les loups,
 un jour, ont perdu toutes leurs griffes et leurs dents.
- Chouette!"



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Benoît Barvin

lundi 24 février 2014

"Le Bonheur errait dans ce pays en ruine, inutile". Benoît Barvin in "Pensées pensées".

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Pensées pour nous-mêmes:

(LE MAITRE EST-IL L'EXEMPLE
DE L'EXEMPLE?)

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"Hips... La terre... hips... est basse...
De plus en plus basse... hips...
Why?"


Bart van Leeuwen

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(Lobbyiste travaillant un coeur de cible
particulièrement rétif)



Contre-lobbying :
remettre le citoyen au coeur de la démocratie

Benjamin Sourice
Auteur, blogueur, agitateur

   (...)« Le lobbying, c’est l’argent, l’alcool et les femmes », proclame un dicton américain, réduisant ainsi les stratégies d’influence des décideurs à une caricature digne d’une série hollywoodienne. Un stéréotype viril qui pourrait prêter à sourire, s’il n’était pas tant implanté dans l’imaginaire collectif et ne servait pas à faire diversion sur les méthodes modernes de lobbying.

   Dans mon premier ouvrage « Plaidoyer pour un contre-lobbying citoyen » (ECLM, 20 février 2014), je me suis attaché en tant qu’auteur à saisir la modernité du lobbying à partir d’expériences, d’entretiens avec des professionnels, des élus et des associatifs, mais aussi de nombreuses enquêtes journalistiques.

   Il s’agit d’établir une cartographie précise des stratégies de lobbying, autant les méthodes les plus légales que les aspects les plus critiquables lorsque l’exercice tourne à la manipulation ou à la tromperie. Polymorphe, alternant entre opacité maîtrisée et transparence calculée, souvent critiqué pour sa volonté permanente de s'autodéfinir, amalgamant sans distinction tous les intérêts, toutes les valeurs, le lobbying se fait aujourd’hui insaisissable pour mieux échapper à une régulation trop contraignante.

   S’il ne s’agit pas d’interdire le lobbying, ce qui reviendrait à le repousser dans ces marges opaques du pouvoir qu’il affectionne, il faut au contraire le mettre en lumière et lui imposer la plus stricte transparence afin d’en contrôler tous les aspects et d’en sanctionner les dérives.(...)

   (...) Comme le sous-entendait ce dicton américain, le lobbying serait apparenté à une forme de corruption, pourtant une distinction s’impose : « Si le lobbying vise à orienter, la corruption tend à diriger. » Lorsque le souhait d’influencer le pouvoir cède la place à la volonté de le contrôler, le lobbying se transforme alors en stratégie de capture de la décision publique au profit d’intérêts privés.

   Cet excès de pouvoir est caractérisé lorsque, dans la poursuite de ses intérêts particuliers, une entité régulée – une entreprise ou un groupement industriel (lobby) – se trouve en situation de dicter ses règles à l’entité régulatrice, qu’il s’agisse d’une agence d’expertise ou de régulation d’un marché, plus largement de toute structure de gouvernance nationale et internationale responsable de la production de normes.

   Au long de l’ouvrage, nous analysons ainsi les stratégies de capture de la science menant à une influence excessive des lobbies pharmaceutique ou agrochimique sur des organismes comme l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), en particulier lors de l’épisode de Grippe A, ou encore l’étude des conflits d’intérêts au sein de l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA), sur les politiques d’évaluation des pesticides et des perturbateurs endocriniens.

   La situation française est également scrutée à l’aune d’affaire comme le sang contaminé ou le Mediator, afin de comprendre la faillite des multiples agences sanitaires françaises. (...) 

   (...) Exemples à l’appui, nous démontrons que le financement d’études biaisées, l’infiltration des administrations et les conflits d’intérêts, ou encore la rémunération de « conseils » à des personnalités publiques ainsi que la multiplication des « portes tournantes » entre administration et industrie sont autant de comportements caractérisant cette capture du pouvoir mise en place par certains secteurs industriels.

   De trop nombreux scandales attestent que la corruption a su se moderniser pour maintenir son emprise sur le pouvoir à travers de nouveaux canaux jouant des marges de la loi. Celle-ci ne se réduit plus à quelques enveloppes maladroitement glissées sous une table ; au contraire, elle vise désormais à offrir, en échange d’un service rendu, des opportunités économiques tout à fait légales.

   Le livre pose ainsi la question de l’indépendance discutable de certains experts et « leaders d’opinion » auxquels les groupes de pression ont recours pour imposer leurs intérêts tout en leur donnant le lustre de la science. Nous étudions ainsi la place croissante laissée à ces experts dans l’orientation de politiques relatives aux choix technologiques, comme par exemple les OGM ou les nanotechnologies. (...)

   (...) Pour répondre à ce risque de dépossession citoyenne sur les enjeux sociétaux relatifs aux nouvelles technologies, nous appelons donc à un « contre-lobbying » entendu comme le moyen de construire un véritable contre-pouvoir citoyen garant des règles du jeu démocratique et de la prévalence de l’intérêt général.

   Selon Jacques Testart, « père scientifique » du premier bébé éprouvette, et auteur de la préface du livre : « La transparence, partout évoquée, mais partout mise à mal, est nécessaire pour créer des contre-pouvoirs car on ne se bat pas efficacement si tout est caché, mais elle devrait aller beaucoup plus loin : faire la différence entre le lobbying qui défend des intérêts financiers et le plaidoyer qui défend des idées ; rendre obligatoire l’inscription du premier sur un registre dûment vérifié, commun à l’Assemblée nationale et au Sénat ; exiger des traces explicites de toute intervention auprès des élus ou de leurs conseillers, au sein du Parlement et au-dehors ; connaître les sommes en jeu et la nature précise des intérêts défendus, etc. »

   Mettre en place les conditions d’un contre-lobbying revient donc à recentrer la décision publique sur l’intérêt général et à rappeler les fondements éthiques qui doivent prévaloir dans la vie politique.

   Ce plaidoyer pour un contre-lobbying citoyen se fait ainsi l’écho de ces nombreux acteurs de terrain et associations qui développent des alternatives concrètes, se faisant tantôt lanceurs d’alerte ou citoyens profanes, mais aussi inventeurs d’outils citoyens inscrit dans le mouvement de l’open data.

"Plaidoyer pour un contre-lobbying citoyen"
Editions Charles Léopold Mayer, 244 pages, février 2014- ISBN 978-2-84377-179-8


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(Le courageux anonyme qui dénonça l'identité du
Soldat Inconnu fut obligé de fuir)


(Source: anyskin)

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Benoît Barvin