Bonjour à vous qui, dans le maelström du net, êtes arrivés, par hasard? lassitude? erreur? sur ce blog. Vous êtes les bienvenus. Vous y lirez des extraits d'articles, de pensées, d'interviews, piochés ça et là, et illustrés de photos et dessins détournés, via un humour de bon aloi. Vous pouvez évidemment réagir avec le même humour, la même ironie que nous mettons, chaque jour, à tenter de respirer un peu plus librement dans une société qui se corsète chaque fois un peu plus.
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lundi 24 février 2014

"Le Bonheur errait dans ce pays en ruine, inutile". Benoît Barvin in "Pensées pensées".

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Pensées pour nous-mêmes:

(LE MAITRE EST-IL L'EXEMPLE
DE L'EXEMPLE?)

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"Hips... La terre... hips... est basse...
De plus en plus basse... hips...
Why?"


Bart van Leeuwen

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(Lobbyiste travaillant un coeur de cible
particulièrement rétif)



Contre-lobbying :
remettre le citoyen au coeur de la démocratie

Benjamin Sourice
Auteur, blogueur, agitateur

   (...)« Le lobbying, c’est l’argent, l’alcool et les femmes », proclame un dicton américain, réduisant ainsi les stratégies d’influence des décideurs à une caricature digne d’une série hollywoodienne. Un stéréotype viril qui pourrait prêter à sourire, s’il n’était pas tant implanté dans l’imaginaire collectif et ne servait pas à faire diversion sur les méthodes modernes de lobbying.

   Dans mon premier ouvrage « Plaidoyer pour un contre-lobbying citoyen » (ECLM, 20 février 2014), je me suis attaché en tant qu’auteur à saisir la modernité du lobbying à partir d’expériences, d’entretiens avec des professionnels, des élus et des associatifs, mais aussi de nombreuses enquêtes journalistiques.

   Il s’agit d’établir une cartographie précise des stratégies de lobbying, autant les méthodes les plus légales que les aspects les plus critiquables lorsque l’exercice tourne à la manipulation ou à la tromperie. Polymorphe, alternant entre opacité maîtrisée et transparence calculée, souvent critiqué pour sa volonté permanente de s'autodéfinir, amalgamant sans distinction tous les intérêts, toutes les valeurs, le lobbying se fait aujourd’hui insaisissable pour mieux échapper à une régulation trop contraignante.

   S’il ne s’agit pas d’interdire le lobbying, ce qui reviendrait à le repousser dans ces marges opaques du pouvoir qu’il affectionne, il faut au contraire le mettre en lumière et lui imposer la plus stricte transparence afin d’en contrôler tous les aspects et d’en sanctionner les dérives.(...)

   (...) Comme le sous-entendait ce dicton américain, le lobbying serait apparenté à une forme de corruption, pourtant une distinction s’impose : « Si le lobbying vise à orienter, la corruption tend à diriger. » Lorsque le souhait d’influencer le pouvoir cède la place à la volonté de le contrôler, le lobbying se transforme alors en stratégie de capture de la décision publique au profit d’intérêts privés.

   Cet excès de pouvoir est caractérisé lorsque, dans la poursuite de ses intérêts particuliers, une entité régulée – une entreprise ou un groupement industriel (lobby) – se trouve en situation de dicter ses règles à l’entité régulatrice, qu’il s’agisse d’une agence d’expertise ou de régulation d’un marché, plus largement de toute structure de gouvernance nationale et internationale responsable de la production de normes.

   Au long de l’ouvrage, nous analysons ainsi les stratégies de capture de la science menant à une influence excessive des lobbies pharmaceutique ou agrochimique sur des organismes comme l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), en particulier lors de l’épisode de Grippe A, ou encore l’étude des conflits d’intérêts au sein de l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA), sur les politiques d’évaluation des pesticides et des perturbateurs endocriniens.

   La situation française est également scrutée à l’aune d’affaire comme le sang contaminé ou le Mediator, afin de comprendre la faillite des multiples agences sanitaires françaises. (...) 

   (...) Exemples à l’appui, nous démontrons que le financement d’études biaisées, l’infiltration des administrations et les conflits d’intérêts, ou encore la rémunération de « conseils » à des personnalités publiques ainsi que la multiplication des « portes tournantes » entre administration et industrie sont autant de comportements caractérisant cette capture du pouvoir mise en place par certains secteurs industriels.

   De trop nombreux scandales attestent que la corruption a su se moderniser pour maintenir son emprise sur le pouvoir à travers de nouveaux canaux jouant des marges de la loi. Celle-ci ne se réduit plus à quelques enveloppes maladroitement glissées sous une table ; au contraire, elle vise désormais à offrir, en échange d’un service rendu, des opportunités économiques tout à fait légales.

   Le livre pose ainsi la question de l’indépendance discutable de certains experts et « leaders d’opinion » auxquels les groupes de pression ont recours pour imposer leurs intérêts tout en leur donnant le lustre de la science. Nous étudions ainsi la place croissante laissée à ces experts dans l’orientation de politiques relatives aux choix technologiques, comme par exemple les OGM ou les nanotechnologies. (...)

   (...) Pour répondre à ce risque de dépossession citoyenne sur les enjeux sociétaux relatifs aux nouvelles technologies, nous appelons donc à un « contre-lobbying » entendu comme le moyen de construire un véritable contre-pouvoir citoyen garant des règles du jeu démocratique et de la prévalence de l’intérêt général.

   Selon Jacques Testart, « père scientifique » du premier bébé éprouvette, et auteur de la préface du livre : « La transparence, partout évoquée, mais partout mise à mal, est nécessaire pour créer des contre-pouvoirs car on ne se bat pas efficacement si tout est caché, mais elle devrait aller beaucoup plus loin : faire la différence entre le lobbying qui défend des intérêts financiers et le plaidoyer qui défend des idées ; rendre obligatoire l’inscription du premier sur un registre dûment vérifié, commun à l’Assemblée nationale et au Sénat ; exiger des traces explicites de toute intervention auprès des élus ou de leurs conseillers, au sein du Parlement et au-dehors ; connaître les sommes en jeu et la nature précise des intérêts défendus, etc. »

   Mettre en place les conditions d’un contre-lobbying revient donc à recentrer la décision publique sur l’intérêt général et à rappeler les fondements éthiques qui doivent prévaloir dans la vie politique.

   Ce plaidoyer pour un contre-lobbying citoyen se fait ainsi l’écho de ces nombreux acteurs de terrain et associations qui développent des alternatives concrètes, se faisant tantôt lanceurs d’alerte ou citoyens profanes, mais aussi inventeurs d’outils citoyens inscrit dans le mouvement de l’open data.

"Plaidoyer pour un contre-lobbying citoyen"
Editions Charles Léopold Mayer, 244 pages, février 2014- ISBN 978-2-84377-179-8


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(Le courageux anonyme qui dénonça l'identité du
Soldat Inconnu fut obligé de fuir)


(Source: anyskin)

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Benoît Barvin

mardi 27 août 2013

"Il était musclé de la tête mais pas du cerveau". Jacques Damboise in "Pensées inconvénientes".

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Pensées pour nous-mêmes:

(LE MAÎTRE NE T'INDIQUERA
QUE SA VOIE)

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(La main qui s'attaque aux plantes de pieds
en pleine action)



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"Et en plus, la roupie,
elle est plus lourde
qu'une simple pomme..."

Gotlib

La crise économique, 
entre rire et larmes

   (...) Certes, l'Inde n'est pas en récession grâce à ses 5 % de croissance annuelle du PIB, mais les Indiens vivent actuellement une crise économique sans précédent depuis quinze ans, après des années de croissance à deux chiffres. La roupie est en chute libre: elle a perdu 15 % de sa valeur depuis le mois de janvier et certains spécialistes prédisent qu'on atteindra bientôt le seuil de 70 roupies pour 1 dollar (contre 55 roupies par dollar il y a encore quelques mois). 

   Les citoyens ressentent durement l'inflation. L'essence est devenue très chère, de même que les oignons, produit de référence – comme le pain en France. Les économistes attribuent cette crise à un contexte mondial défavorable, mais aussi à l'absence de réformes économiques et financières, à la corruption et à une certaine paralysie politique, à moins d'un an des élections législatives. 

   Heureusement, certains ont choisi d'en rire. Le quotidien Livemint remarque justement que "tout le monde a quelque chose à dire sur la roupie qui dégringole et sur l'envol des prix de l'essence et des oignons". Et le journal de citer le comique Tanmay Bhat, le dessinateur de presse Hemant Morparia et les utilisateurs de Twitter qui se déchaînent. Un exemple ? "Si Newton était vivant aujourd'hui, il utiliserait la roupie pour démontrer la gravité : elle chute plus vite qu'une pomme." (...)


°°°
"C'est vous le Monsieur qui allez me tuer?
- Ben... Heu... Oui.
- Chouette! Et vous z'êtes pas un peu sadique
 aussi, non?
- Non.
- Ah, dommage..."


Richard Attenborough as Pinkie in Brighton Rock, 1947.

°°°
Benoît Barvin

lundi 13 mai 2013

"Le roi de la blague pourrie mourut d'une grave maladie". Benoît Barvin in "Pensées pensées".

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Pensées pour nous-mêmes:

(LA FLEUR QUI S’ÉTIOLE
C'EST TON ÂME ORGUEILLEUSE)

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LONG RÉCIT AU LONG COURS (1/8)
pcc Benoît Barvin et Blanche Baptiste

Le petit Angélus développe lentement son don pour le toucher. Tout d'abord comme un amateur éclairé, un amoureux des soieries. Face à toute cette douceur, sa Soeur Camille éprouve pour lui une amitié ambiguë.

ANGÉLUS 
ou 
LES SECRETS DE L’IMPALPABLE

La nature morte avec la perdrix
L'Artiste:Tomasz Steifer


CARNET DE SOEUR CAMILLE DE L’INCARNATION 

(mars 1880) 

   Angélus me faisait lire régulièrement ses notes et me demandait mon avis.  La licence qui m'était accordé de pouvoir le recevoir commençant à faire jaser, je m'arrangeai avec le Seigneur Jésus afin de permettre à mon Frère de se glisser dans un coin secret du couvent, une vieille crypte désaffectée, dont je possédais le double de la clé que je lui remis. C'est là qu'il m'entretenait de ses "travaux"...

   Qu’aurais-je pu objecter à ses théories qui me paraissaient aussi savantes qu’étonnantes chez un petit homme de douze ans ? De plus, il s’exprimait en bon français, employant tout un jargon scientifique que j’avais la plupart du temps bien du mal à comprendre mais dont, grâce à ses explications orales, je parvenais toutefois à saisir le sens général. 

   Le docteur Gagey, avec qui il correspondait régulièrement, était plus étonné que moi encore par les prouesses de son protégé dont il mesurait vraiment la profondeur de l’intelligence et la richesse de ses expérimentations 

   Angélus écrivait en effet qu’il se sentait capable de redonner à quiconque était atteint d’une affection de peau, un épiderme lisse, souple et jeune. Pour cela, il lui suffirait de fabriquer des baumes dont il mentionnait les formules précises sans avoir pu encore les composer, car certains ingrédients coûtaient fort cher et il n’en avait eu en sa possession que quelques infimes échantillons, dérobés chez Andrieu, l’apothicaire, où il ne manquait pas de se rendre, chaque fois qu’il avait des vacances, pour livrer les plantes médicinales que nous faisions sécher au couvent, ce qui lui avait permis de pénétrer dans l’officine sans éveiller de soupçons. 

   Je croyais alors que jamais il ne réussirait à mettre au point de telles potions miracles. Sans nier son don tactile, il était tout de même impensable qu’il put un jour réaliser un millième de ce qu’il imaginait. J’aurais plutôt eu tendance à penser qu’il allait réaliser des miracles par le magnétisme qui rayonnait déjà de tout son être. Mais de cela, il parlait peu. Pourtant j’avais été témoin, à deux reprises, de faits troublants. 

   A la maison, nous gardions toujours à engraisser deux cochons. Un matin, Thérèse trouva un des porcelets inanimé. Pendant qu’elle allait prévenir mon père, redoutant son courroux, Angélus s’accroupit près de la bête. Je le revois encore retrousser ses manches et poser ses mains sur le corps de l’animal. Alors, à ma grande stupéfaction, au bout de quelques minutes ce dernier tressaillit, ouvrit les yeux et se remit aussitôt sur ses pattes. Il poussa un léger grognement juste au moment où notre père arrivait. 

   - Mais il est en pleine forme ! s’exclama-t-il. C’est pour ça qu’on me dérange ? Et un dimanche, en plus ! 

   Thérèse, depuis qu’elle était mariée, n’aimait pas que mon père la tance de la sorte. 

   - Si c’est comme ça, de vos cochons, vous vous en occuperez vous-même ! J’ai déjà assez à faire chez moi ! Je ne sais par quelle diablerie cet animal a été remis sur pied... 

   Elle s’en fut à grandes enjambées, non sans se retourner une fois et fixer quelques secondes Angélus, le visage fermé. 

   Je n’osai pas demander à celui-ci comment il avait réussi un tel prodige, mais pour moi il ne faisait aucun doute que mon frère venait de ressusciter notre cochon de lait. 

   Je venais de lire, au couvent, la vie des Saints et de tels miracles étaient chose commune pour ces êtres d’exception. Et mon frère était de ceux-la, à présent j’en étais certaine. Cette certitude m’inonda de bonheur. Je sus que, grâce à Angélus, ma vie prenait enfin un sens mais que si j’en parlais à quiconque autour de moi, sa réputation de sorcier serait établie. Aussi je ne soufflai mot à personne de cet événement, persuadée qu’on ne me croirait pas mais fière également, je le confesse, de partager ce secret avec cet élu du ciel. 

***

   Au printemps de cette même année, alors qu’Angélus allait sur ses dix ans, Pierre réussit à attraper un des écureuils qui logeaient dans les pins, près du cimetière. 

   Angélus adorait ces animaux au poil si doux. Il parvenait à leur donner à manger dans sa main et m’avait dit que souvent ils se laissaient caresser. Sous la paume, d’après lui, c’était doux comme de la plume et, à chaque caresse, mon frère riait doucement, les yeux perdus dans un rêve intérieur. 

   Pierre, lui, grand benêt de quinze ans, ne s’était pas donné cette peine ; il s’était servi d’un lance-pierres et avait assommé l’animal qui gisait maintenant, le corps inerte, sur l’évier de granit où je m’apprêtais à trier des salades pour le repas dominical. 

   - Je vais l’empailler, puis je le vendrai à la foire de la Saint-Jean, affirma Pierre avec un sourire satisfait. 

   Angélus avait blêmi. Pendant que Pierre choisissait un couteau, il en profita pour caresser l’écureuil, sans mot dire, puis il se recula. Pierre revenait avec un canif pour disséquer le cadavre. 

   Alors un éclair roux bondit et s’enfuit par la fenêtre. 

   Comment aurais-je pu douter, après cela, des talents de guérisseur d’Angélus? Et sans cet horrible accident dont il allait être victime, il aurait fait des merveilles. D’ailleurs, sans cette tragédie, de quoi n’aurait-il pas été capable? 

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(A Suivre)

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(Femmes politiques italiennes
se présentant devant le suffrage
des électeurs)


Insultes, menaces : 
la dure vie des femmes politiques en Italie
Flora Zanichelli

   (...) La mise en place du gouvernement Letta accueillant sept femmes (hourra!), dont une d’origine africaine, a été symboliquement forte. Mais les ovations ont été de courte durée. Autant le dire tout de suite, cela ne bouleversera pas le destin des Italiennes. Pire, on dirait que ça exacerbe le machisme de certains.(...)

   Il y a d’abord eu la polémique liée à Cécile Kyenge, qui, en plus d’être femme, est originaire de la République démocratique du Congo. « Zouloue noire », « guenon » : voici les insultes qui ont été proférées à son encontre sur le Net et par certains politiques. Bienvenue dans la « République du bonga bonga », a clamé un élu de la Ligue du Nord.

   Le Web a riposté à travers la « hashtag » (mot-clé sur Twitter) #iostoconCecileKyenge (je soutiens Cécile Kyenge) et une pétition de solidarité qui a recueilli 50 000 signatures. Ces voix ne sont qu’une minorité, a tenu à souligner la ministre.(...) 

   La présidente de la Chambre des députés, Laura Boldrini a, elle aussi, réagi : « Cette série d’insultes est indigne d’un pays civilisé. [...] Lorsqu’une femme assume une responsabilité publique, elle est la cible d’agressions sexistes qui usent toujours du même lexique, celui de l’humiliation et de la soumission. »

   Cette dernière parle en connaissance de cause. Depuis des semaines, elle encaisse : menaces de mort, de viols et de sodomie ou encore photos de femmes torturées avec sa photo en guise de tête. "Tous les matins, raconte-t-elle à La Repubblica, son assistante ouvre sa boîte mail et décortique le terrible courrier". Le procureur de Rome a lancé une enquête.(...)

   (...) Difficile d’être une femme politique en Italie. Difficile d’être une femme tout court en fait. (comme dans de nombreux pays dans le monde?)


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(Femme s'entraînant à entrer en politique)





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(La dernière danse entre les prêts bancaires toxiques 
et la représentante du Conseil Général 
était empreinte de nostalgie...)

Henrich Kley

Offensive des collectifs citoyens 
contre la dette dans le Rhône
Frédéric Blanc

   Le Collectif pour un audit citoyen de la dette publique de Lyon (CAD-Lyon) et le Collectif des Monts du Lyonnais pour un audit citoyen de la dette publique (CAC-ML) travaillent depuis le printemps 2012 sur les prêts bancaires structurés et "toxiques" contractés au cours de ces dernières années par le Conseil général du Rhône.

   Dans le jargon des financiers, on appelle "emprunt structuré" (parfois aussi dénommé "emprunt spéculatif"), un emprunt associant dans un même contrat de prêt, deux montages différents pour son remboursement, en deux périodes : une première période, en générale assez courte, dite "phase bonifiée", avec des taux d’intérêts fixes et avantageux par rapport au marché et une seconde période, souvent assez longue (10 à 20 ans), avec des taux soumis à des variables multiples telles que la parité entre différentes monnaies comme par exemple l’euro et le franc suisse, ou encore l’évolution de divers indices tels que l’inflation, le cours des matières premières, voire même celui du pétrole. 

   Ces taux variables sont propices à la spéculation et peuvent exploser en quelques années. Lorsqu’un prêt comporte un risque important de voir ses taux grimper, on parle de prêt "toxique".

   La gestion déplorable de ce problème et la mauvaise volonté manifestée par le département du Rhône pour laisser un accès aux informations sur le sujet semblent désormais devoir être mises à mal. En effet, les deux collectifs citoyens ont tout d’abord, il y a un mois, publié un dossier exposant l’analyse des données en leur possession sur le sujet des prêts du Conseil général du Rhône. Ce document dénonce les agissements du département vis-à-vis de l’opinion publique et des banques dans le cadre du remboursement d’emprunts contractés auprès d’un certain nombre d’établissements, au premier rang duquel la désormais célèbre banque Dexia. 

   « Contrairement aux affirmations de Michel Mercier qui a minimisé l’ampleur du problème, le surcoût de l’ensemble de ces prêts toxiques est estimé sur la durée à 400 millions d’euros environ », ont déclaré leurs porte-paroles. Ancien ministre de l’Espace rural et de l’Aménagement du territoire puis ministre de la Justice du gouvernement Fillon, Michel Mercier vient de passer la main à la tête du département du Rhône qu’il présidait depuis 1990. Au sujet de ces emprunts, après une phase de déni, il avait reconnu un surcoût de 200 millions d’euros tout au plus.

   Mais outre la dénonciation de la somme globale estimée par le Conseil général, que les Rhodaniens devront payer du fait de ces emprunts toxiques, les représentants de ces collectifs ont reproché également au département du Rhône la façon dont, jusqu’ici, celui-ci renégociait sa dette. C’est-à-dire seul auprès des banques, ce qui selon eux se traduit à ce jour par le paiement de très fortes indemnités (39 millions d’euros pour quelques emprunts) afin, essentiellement, de différer de deux à trois ans le passage au remboursement à taux variable. Et ce qui ne résout pas le problème mais le repousse seulement de quelques années [1].

   Par ailleurs, les deux collectifs contre la dette publique ont dénoncé, plus qu’un manque de transparence, le refus de toute explication qui caractérisait jusqu’alors la démarche du Conseil général. Celui-ci n’a t-il pas en effet refusé de répondre aux sollicitations des élus d’opposition sur le sujet en 2010 ? Puis refusé de répondre au courrier des Collectifs en 2012 ? Et qui pour finir à produit une note contestable à l’automne 2012 qui masquait l’ampleur du problème ? (...)

   Après la publication du dossier issu de ce travail d’analyse, d’autres actions ont été mises en oeuvre. Les collectifs citoyens contre la dette se sont invités à une récente séance publique du Conseil général. Ils ont également demandé l’ouverture d’un débat avec les organisations citoyennes mobilisées sur le sujet. Enfin, ils ont rappelé que d’autres démarches étaient possibles comme celle de recourir à des actions judiciaires pour contester le paiement des surcoûts liés à la dérive des taux d’intérêts, cette façon de procéder permettant d’une part de remettre en cause les pratiques bancaires et le système de financement sur les marchés financiers qui pénalisent les collectivités locales et d’autre part de pouvoir prétendre à l’annulation du remboursement de ces emprunts. 

   Plus de 80 collectivités françaises ont ainsi déjà empruntées la voie du recours judiciaire contre la seule banque Dexia sur la question des emprunts structurés, comme par exemple le Conseil général de Seine Saint-Denis en 2011 qui avait assigné celle-ci au tribunal Civil à propos de onze de ses prêts toxiques (avec un rendu du tribunal de Grande Instance de Nanterre en 2013 qui a annulé le remboursement de trois d’entre eux).

   Cette offensive récente des Collectifs locaux contre la dette publique a suscité une réaction immédiate de la part de l’exécutif du département du Rhône. Contrairement à Michel Mercier, Danielle Chuzeville, nouvelle présidente, a reconnu l’ampleur du problème des prêts toxiques contractés par l’institution qu’elle dirige et elle a annoncé qu’elle portait plainte contre la banque Dexia

   Le 2 mai, les collectifs du Lyonnais ont salué cette décision qu’ils jugent nécessaire mais cependant insuffisante, du fait notamment que nul ne sache comment les citoyens qui le demandent seront désormais associés au suivi du dossier de cette dette départementale, à commencer par ce recours contre Dexia.

Notes

[1] Le Conseil général du Rhône avait jusque là entériné son choix de ne pas remettre en cause les pratiques bancaires, indiquant vouloir négocier avec les banques "en veillant – selon les propos de l’ancien Président Michel Mercier - à toute opportunité de marché qui permettrait, à un coût correct de réduire progressivement les risques de dérives des coupons à payer en transformant les formules de taux existant en des formules présentant un risque moindre", ce qui constituait une acceptation implicite d’une part que le financement des collectivités dépendent du marché, d’autre part qu’il faut payer les banques pour éviter le piège de la dette toxique sans connaître le surcoût et enfin qu’il est possible de les payer pour échanger un "risque avéré" contre un "risque moindre" non précisé.

Lire sur:



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Benoît Barvin

samedi 27 avril 2013

"Elle était scandaleusement belle, cette somme d'argent". benoît Barvin in "Pensées pensées".

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Pensées pour nous-mêmes:

(NE PASSE PAS TA VIE
A CHERCHER LE MAÎTRE)

°°°
"J'ai rien programmé, Nom de Diou...
Y'a qu'cette machine, elle me pompe
le ciboulot depuis un bon moment..."

Bientôt une loi pour lutter 
contre l’obsolescence programmée ?
KARINE LE LOËT

   (...) Ce mardi (23 avril), le Sénat sera appelé à discuter d’une proposition de loi sur l’obsolescence programmée. En clair, la planification délibérée, par les industriels, de la mort d’un objet. Et ce, afin d’inciter les consommateurs à en acheter un nouveau, plus beau, plus à la mode. Déposée par le sénateur Jean-Vincent Placé (Europe Ecologie – Les Verts) le 13 mars, le texte vise à augmenter la durée de vie des produits. Mais comment donc ? 

   En augmentant graduellement la durée légale de conformité des produits établie par le Code de la consommation de deux ans à cinq ans d’ici à 2016. « La plupart des produits sont fiables pendant au moins cinq ans, les fabricants ne devraient donc pas être particulièrement pénalisés par cette mesure. L’allongement de la durée de garantie peut même constituer un avantage concurrentiel », souligne le texte. La proposition de loi propose aussi une mise à disposition de pièces détachées pendant une période de dix ans et une meilleure information sur les possibilité de recyclage du produit usagé.

   Et si c’était un mythe ? Il était temps. Car la mort planifiée se décline sous de multiples formes, comme le souligne le Centre européen de la consommation (CEC) – une association franco-allemande qui œuvre pour la protection des droits des consommateurs en Europe – dans son étude (PDF). Là, il répertorie les différentes formes d’obsolescence : technique (un appareil tombe en panne et est irréparable), par péremption (des produits alimentaires affichés comme bons à jeter alors qu’ils sont encore consommables), esthétique (c’est la mode qui rend l’objet caduc), ou encore écologique (on envoie au garage sa titine pour une nouvelle voiture qui consomme moins). 

   Conclusions du rapport : pour chaque appareil acheté, le consommateur devrait pouvoir connaître « la durée de vie de l’appareil », « la réparabilité de l’appareil et la durée de disponibilité des pièces détachées et accessoires », « l’impact environnemental du produit » et recevoir « une incitation au recyclage de l’ancien appareil ». Une transparence que promet en partie la proposition de loi de Jean-Vincent Placé.

   Mais responsabiliser les industriels ne fera pas tout. Le citoyen a aussi sa part à accomplir, assurait en novembre dernier dans nos colonnes, Damien Ravé, le fondateur du site Commentreparer.com : « En fin de chaîne, l’acte d’achat est toujours accompli par le consommateur. Il peut évoquer la manipulation, la dissimulation, l’absence de choix, mais est-il prêt à croire qu’il n’a aucune responsabilité dans la qualité des produits qu’il achète ? (…) L’obsolescence programmée est peut-être bien un mythe affirme même l’économiste Alexandre Delaigue On peut expliquer la durée de vie réduite de nos appareils beaucoup plus simplement : par leur faible prix. » (...)



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"Qu'est-ce que tu fais?
- Je m'aère la tête"


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"Je cherche des citoyens prêts à m'aider...
En connaissez-vous?"


La République
JANET-LANGE
(1815-1872)

La proportionnelle a bon dos. 
Roger Martelli répond à Jacques Julliard
 Roger Martelli

   (...) Dans le dernier numéro de Marianne, Jacques Julliard se lance dans une diatribe contre Mélenchon et le Front de gauche. « Une stupidité, la VIe République », assène-t-il en titre. Pourquoi ? Parce qu’elle réintroduirait la représentation proportionnelle. Il a tort. Ce qui est stupide est de laisser les institutions en l’état. Ou de penser que l’on peut les améliorer en respectant leur esprit. Jacques Julliard se trompe doublement.

   Il se trompe d’abord sur le constat historique. Ce qui a tué la Quatrième République, ce n’est pas la représentation proportionnelle. Ce sont les guerres coloniales et, plus encore, la guerre froide. Pour une raison toute simple : la guerre froide tend à substituer, au conflit de la droite et de la gauche, celui de l’Est et de l’Ouest. À gauche, le Parti communiste est durablement isolé ; à droite, le parti du général de Gaulle, le Rassemblement du Peuple français, refuse toute alliance avec le « régime des partis ». Or le total des deux partis « hors système » approche alors la moitié du corps électoral. Pour constituer des majorités, il semblait alors qu’il n’y avait pas d’autre solution que de rassembler une partie de la gauche et une partie de la droite. Comment, sur cette base, les majorités peuvent-elles être stables, quel que soit le mode de scrutin ? 

   La République n’a pas souffert d’un mode de représentation qui empêchait la formation de majorité, mais de ce que les majorités du centre tuent la gauche dans ses valeurs et donc dans sa dynamique. De quoi peut mourir la gauche aujourd’hui ? De ce qu’elle se positionne au centre, au nom des contraintes de la « gouvernance ». De quoi peut mourir la République ? De ce que la droite est trop à droite pour la respecter et de ce que la gauche n’est pas assez à gauche pour la défendre.

   Julliard se trompe par ailleurs sur le constat présent. Si la crise est à la fois économique, sociale, politique et morale, c’est que nous subissons les effets d’une trentaine d’années dominées à la fois par la logique économique de l’ultralibéralisme et par la méthode technocratique de la gouvernance. Le pouvoir de décider s’est concentré, la représentation s’est affaiblie, les citoyens se sont sentis écartés. Or c’est l’esprit même des institutions, son présidentialisme et son tropisme bipartisan qui ont généré cette dépossession. 

   Si l’on veut se sortir de la crise, il faut se sortir de cette logique-là. Si la Cinquième République se limitait au changement de mode de scrutin, je comprendrais à la rigueur les doutes qui s’expriment. Mais qui propose de s’en tenir à cela ?

   Le fond de la crise est dans le gouffre qui sépare désormais la société et les institutions politiques. Les citoyens ont le sentiment qu’ils ne sont pas représentés ; ils ont le sentiment que les choses leur échappent de plus en plus. Comment combler ce gouffre ? En améliorant la représentation tout d’abord : en rendant possible une correspondance visible entre les représentants et les représentés, en n’écrasant pas les opinions minoritaires jusqu’à les nier, en déprofessionnalisant la politique, en accélérant la rotation des responsabilités publiques, en élargissant la citoyenneté. Les citoyens se sentent mis à l’écart ? 

   Multiplions les occasions de les associer, de les solliciter, de les impliquer directement, dans l’élaboration de la loi, dans la gestion des biens communs, dans les choix les plus décisifs, nationaux ou supranationaux. Améliorons la représentation et ouvrons la voie à une démocratie d’implication, à la fois politique, économique et sociale. (Les technocrates de Bruxelles sont-ils d'accord?) (...)

Lire sur:

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Luc Desle

vendredi 23 novembre 2012

"Cet accent aigu faisait mal aux oreilles". Benoît Barvin in "Pensées inconvénientes"

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Pensées pour nous-mêmes:

(L'ENFANT QUE TU N'ES PLUS
OU DONC SE CACHE-T-IL?)

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"La... lalala... Moi je fais l'équilibriste...
- Fais gaffe, tu vas te prendre une gamelle..."


(A-t-on besoin de parler de la prescience du Peuple Noir
et où ce jeune garçon a été enterré?)

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"C'est... kof, kof... pour ton bien...
- Oui... kof, kof... pour ton bien..."


Vaccins : 
devrait-on avoir le choix ?
(quel titre!)

ALEXANDRA BOGAERT

   (...) « C’est comme si j’avais été battue, rouée de coups, laissée pour morte. » Suzette Fernandes-Pires, 52 ans, a vécu un enfer qui a « détruit » sa vie. Suzette est atteinte d’une maladie au nom aussi barbare que les douleurs qu’elle fait endurer à ceux qui la contractent: la myofasciite à macrophages. Cette inflammation grave des muscles qui se traduit par un épuisement chronique, des douleurs musculaires et articulaires très fortes et des troubles de la mémoire, serait la conséquence de l’hydroxyde d’aluminium présent, comme adjuvant, dans un certain nombre de vaccins (60% de ceux présents sur le marché en contiennent).

   Suzette avait 36 ans en 1996 quand elle a répondu à la grande campagne de vaccination nationale. Rappels de DT Polyo, hépatite A et B, elle a tout refait. « Deux mois après, je suis tombée malade. J’avais de fortes douleurs aux membres et une grande fatigue, jusqu’à une crise en 1997. » Paralysée par la souffrance, cette infirmière vétérinaire à Maisons-Alfort erre de médecin en médecin. Jusqu’à ce que, enfin, le diagnostic tombe. C’était en 2000. (...)

   Son organisme a de grandes difficultés à digérer les particules d’hydroxyde d’aluminium contenues dans les vaccins qu’on lui a injectés dans les muscles, particules qui sont captées par les macrophages. Ces grosses cellules qui jouent le rôle d’éboueurs de l’organisme ont pour propriétés de pouvoir circuler partout dans le corps et d’englober les particules avant de les détruire. Sauf que, dans le cas précis de l’hydroxyde d’aluminium, le macrophage est rendu immortel tant qu’il n’a pas réussi à éliminer la particule.

   Ainsi squattés, les macrophages se baladent dans l’organisme pendant des mois après l’injection, voire pendant des années. « Quand ils finissent par pénétrer dans le cerveau, où ils s’accumulent progressivement, ils provoquent des perturbations suffisantes pour induire un syndrome de fatigue chronique », expose le professeur Romain Gherardi, de l’hôpital Henri Mondor de Créteil.

   Avec son équipe de l’Inserm (l’Institut national de la santé et de la recherche médicale), ce spécialiste des maladies neuromusculaires est celui qui a identifié, dans les années 1990, cette nouvelle pathologie qui affecte une personne sur 10 000. « Il n’y a plus aucun doute sur la relation directe entre l’hydroxyde et les lésions musculaires et cérébrales », avance Romain Gherardi qui fait l’hypothèse que la myofasciite à macrophages touche des personnes génétiquement prédisposées pour mal digérer les sels d’aluminium. (Ben alors, oui, on doit avoir le choix de se faire ou non vacciner... ) (...)
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(Le syndrome de la chaise vide,
dans ce hameau, était patent)



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"Du sang, du labeur...
- Des larmes et de la sueur...
- Da... Da..."


Pas de sacrifices sans espoir !

Michael Marder
PROJECT SYNDICATE PRAGUE

   (...) Le président français François Hollande a récemment souligné l’idée essentielle, pourtant souvent occultée, selon laquelle il y aurait des limites au degré de sacrifice qui peut être demandé aux citoyens des pays du sud de l’Europe en difficulté financière. Afin d’éviter de transformer la Grèce, le Portugal et l’Espagne en véritables "maisons de correction" collectives, a-t-il fait valoir, les peuples ont besoin d’espoir, au-delà des perpétuels horizons lointains de réduction des dépenses et de mesures d’austérité. Les notions de psychologie les plus élémentaires appuient le point de vue de Hollande. Renforcement négatif et report répété des retours positifs ne peuvent aboutir à un objectif qu’à condition de la perception d’une lueur au bout du tunnel – la récompense future des sacrifices d’au­jour­d’hui.

   Le pessimisme public régnant en Europe du Sud est en grande partie attribuable à l’absence d’une telle récompense. Tandis que la confiance déclinante des consommateurs et le pouvoir d’achat des ménages aggravent la récession, les prévisions de fin de crise sont sans cesse repoussées, et les peuples soumis au fardeau de l’austérité en arrivent à perdre espoir.(...) 

   (...) Tout au long de l’histoire, le concept de sacrifice a mêlé théologie et économie (ben voyons...). Dans le monde antique, les peuples procédaient à des offrandes souvent sanglantes auprès des divinités, dont ils pensaient qu’elles les récompenseraient au travers, par exemple, de bonnes récoltes ou d’une protection contre le malheur. Le christianisme, et sa croyance selon laquelle Dieu (ou le fils de Dieu) se serait sacrifié afin d’expier les péchés de l’humanité, a inversé l’économie traditionnelle du sacrifice. Ici, la souffrance divine constitue une illustration de l’humilité désintéressée avec laquelle les mésaventures terrestres devraient être endurées (re Ben voyons...).

   Malgré la sécularisation, la croyance selon laquelle récompenses ou accomplissements exigeraient un sacrifice est devenue partie intégrante de la conscience culturelle européenne. Le concept de "contrat social" – apparu au siècle des Lumières afin d’appréhender, sans recours au droit divin, la légitimité de l’autorité de l’Etat sur ses citoyens – repose sur le postulat selon lequel les individus renonceraient à un certain degré de liberté personnelle dans le but de garantir paix et prospérité pour tous (quel degré? Quelle paix? Quelle prospérité?).

   Ainsi, les dirigeants politiques ont souvent demandé aux citoyens de sacrifier libertés personnelles et confort au nom d’entités spirituelles sécularisées, telles que la nation ou l’Etat – requête à laquelle les citoyens ont très largement accédé. Dans son premier discours à la Chambre des communes en tant que premier ministre du Royaume-Uni, Winston Churchill avait inspiré l’espoir d’un pays assiégé au travers de sa déclaration célèbre affirmant que lui – et donc l’Angleterre – n’avait "rien à offrir, que du sang, du labeur, des larmes et de la sueur". (...)

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http://www.presseurop.eu/fr/content/article/3040151-pas-de-sacrifices-sans-espoir
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Benoît Barvin (avec l'appui de Jacques Damboise)