Bonjour à vous qui, dans le maelström du net, êtes arrivés, par hasard? lassitude? erreur? sur ce blog. Vous êtes les bienvenus. Vous y lirez des extraits d'articles, de pensées, d'interviews, piochés ça et là, et illustrés de photos et dessins détournés, via un humour de bon aloi. Vous pouvez évidemment réagir avec le même humour, la même ironie que nous mettons, chaque jour, à tenter de respirer un peu plus librement dans une société qui se corsète chaque fois un peu plus.
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jeudi 16 octobre 2014

"Sa pensée était aussi luisante qu'une calandre de limousine neuve". Jacques Damboise in "Pensées de l'à-peu près".

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Pensées pour nous-mêmes:

(LE CACTUS, POURTANT,
TE DÉSALTÈRE)

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"Mademoiselle, vous savez pourtant
que le port de la fourrure est interdit...
- Pardon ?"


Anatoliy Hankevitch

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Comment pense la classe dirigeante 
(La Jornada)

Raul ZIBECHI 

   (...) La crise continue de révéler tout ce qui était caché en temps normal. Cela inclut les projets stratégiques de la classe dirigeante, leur façon de voir le monde, le principal pari qu’ils font pour demeurer une classe dominante. C’est, en gros, son objectif principal, celui qui subordonne tout le reste, y compris les modes de production capitalistes dans l’économie.

   Vous pensez peut-être que la crise est juste une parenthèse après laquelle tout redeviendra plus ou moins comme avant. Pas du tout. La crise n’est pas seulement un révélateur, mais le reflet de ceux d’en haut qui remodèlent le monde. Parce que la crise est, en grande partie, provoquée par eux pour écarter ou faire disparaître tout ce qui limite leurs pouvoirs. Fondamentalement, les secteurs populaires, indigènes, noirs et métis de notre continent.

   D’autre part, une crise de cette ampleur (il s’agit d’une série de crises qui comprend une crise /chaos climatique, une crise de l’environnement, de la santé et, de façon transversale, une crise de la civilisation occidentale) implique des changements plus ou moins profondes dans la société, les relations de puissances et les pôles de pouvoir dans le monde, dans chaque région et pays. Il me semble nécessaire d’aborder trois aspects, qui ne recouvrent pas toutes les nouveautés de l’éventail de la crise, mais sont, à mon avis, les plus à même d’influencer les stratégies des mouvements anti-systémiques.

   Tout d’abord, ce que nous appelons l’économie a subi des changements profonds. Un tableau préparé par l’économiste Tcherneva Pavlina, basé sur des études sur les inégalités de Thomas Piketty, révèle comment le système fonctionne depuis les années 1970, aggravée par la crise de 2008.




   Le tableau couvre 60 ans de l’économie américaine, de 1949 à nos jours. Il décrit le part de la croissance qui est appropriée par les 10% les plus riches, et celle qui revient aux autres 90%. Dans les années 1950, par exemple, la tranche de 10% s’est appropriée entre 20 et 25 pour cent des nouvelles recettes annuelles. C’est ainsi que fonctionne une économie capitaliste normale, lorsque le patronat s’approprie la majeure partie des fruits du travail humain, que Marx a appelé la plus-value. C’est l’accumulation du capital par la production de masse.

   A partir de 1970, un changement majeur se produit et devient tout à fait visible dans les années 1980 : les 10% de riches commencent à s’approprier 80% de la richesse et seulement 20% de celles produites chaque année reviennent aux 90% restants. Cette période correspond à l’hégémonie du capital financier, ce que David Harvey a appelé l’accumulation par dépossession ou pillage.

   Mais quelque chose d’extraordinaire s’est produite depuis 2001. Non seulement les plus riches raflent tout mais, depuis 2008, s’accaparent également d’une partie des biens des autres 90%, comme leur épargne ou leurs biens. Comment appeler un tel mode d’accumulation ? C’est un système qui n’est plus en mesure de reproduire les rapports capitalistes car il consiste à voler. Le capitalisme extrait de la plus-value et accumule des richesses (même par dépossession), tout en généralisant les relations capitalistes, et pour cela s’appuie sur le travail salarié et non sur l’esclavagisme (je dois ces réflexions à Gustavo Esteva, qui les a formulées à l’époque de la petite école zapatiste et lors d’échanges ultérieurs).

   Il est probable que nous entrons dans un système encore pire que le capitalisme, une sorte d’économie du vol, plus proche du mode de fonctionnement des cartels du narcotrafic que de celui des entreprises que nous avons connues dans la majeure partie du XXe siècle. Il est probable aussi que cela n’avait pas été prévu par la classe dirigeante et que ce n’est que le résultat de la recherche excessive de profit dans l’exercice de l’accumulation par dépossession, ce qui a donné naissance à une génération de vautours/loups incapables de produire quoi que ce soit autre que la mort et la destruction autour d’eux.

   Deuxièmement, le fait que le système fonctionne de cette manière implique que ceux d’en haut ont décidé de se sauver aux frais de l’humanité toute entière. À un moment donné, ils ont rompu tout lien émotionnel avec les autres êtres humains et sont prêts à provoquer une catastrophe démographique, comme le suggère le tableau ci-dessus. Ils veulent tout.

   Par conséquent, eu égard au mode de fonctionnement du système, il serait plus approprié de parler de « Quatrième Guerre mondiale » (à l’instar du sous-commandant Marcos) que de « accumulation par dépossession », parce que l’objectif est l’humanité toute entière. Il semble que la classe dirigeante a décidé que le niveau actuel de développement technologique lui permet de se passer du travail salarié qui crée la richesse, et qu’elle ne dépend plus de consommateurs pauvres pour écouler ses produits. C’est peut-être du délire induit par l’orgueil, mais il paraît néanmoins clair que ceux d’en haut ne cherchent plus à diriger le monde selon leurs anciens intérêts, mais cherchent à créer des régions entières (et parfois des continents) où régnerait le chaos total (comme c’est le cas au Moyen-Est) et d’autres régions où régnerait une sécurité absolue (comme certaines parties des États-Unis et de l’Europe, et les quartiers riches de chaque pays).

   Bref, ils ont renoncé à l’idée d’"une" société pour la remplacer par celle d’un camp de concentration.

   Troisièmement, ceci a des implications énormes pour la politique de ceux d’en bas. La démocratie n’est plus qu’une arme brandie contre des ennemis géopolitiques (à commencer par la Russie et la Chine), mais ne s’applique pas aux régimes amis (Arabie Saoudite), et n’est plus le système qui a pu avoir en d’autres temps une certaine crédibilité. Il en va de même pour l’état-nation, à peine un obstacle à surmonter comme en témoignent les attaques contre la Syrie en violation de la souveraineté nationale.

   Il n’y a pas d’autre voie que d’organiser nous-mêmes notre monde, dans nos espaces/territoires, notre santé, notre éducation et notre autonomie alimentaire. Avec nos propres pouvoirs pour prendre des décisions et les appliquer. Ou plutôt, avec nos propres institutions d’auto-défense. Sans compter sur les institutions de l’Etat.


   Traduction "dis comme ça, ça donne envie d’un grand Grand Soir" par VD pour le petit Grand Soir avec très probablement plus de fautes et de coquilles que d’habitude.



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"Et alors, elle lui répond: c'est la preuve
que la Révolution est en marche!!!
- Ahahaha..."


(Source: adreciclarte, via gh2u)

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Luc Desle

mardi 18 mars 2014

"Le fakir traversait toujours en dehors des clous". Jacques Damboise in "Pensées à contre-pet".

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Pensées pour nous-mêmes:

(RÉJOUIS-TOI DU BONHEUR
DE TON VOISIN)

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(Coeur à vendre d'étudiante fauchée)


(Source: pknypknypkny)


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(Loup de la Seconde Guerre Mondiale
cherchant un endroit où dissimuler des oeuvres volées)


(Source: freeorgy)


Il vit depuis 70 ans avec les tableaux 
pris aux juifs par son père

Jean-Gabriel Fredet


   (...)  On ne se méfie jamais assez... Arrêté par la douane allemande, en novembre dernier, alors qu'il passait la frontière suisse avec 80.000 euros en poche, accusé de fraude par la police qui découvre dans son appartement de Munich plus de 1.300 toiles et dessins de Picasso, Klee, Chagall, Matisse, Cornelius Gurlitt avait presque réussi à faire croire qu'il était blanc comme neige. Le propriétaire légal de tableaux légalement achetés par son père, marchand d'art pendant la période nazie. Une victime de l'acharnement du fisc, un paisible octogénaire n'aspirant qu'à mourir au milieu de ses toiles, "l'amour de [sa] vie". Et jurant qu'il "ne rendra[it] rien".

   La découverte, toute récente, d'une deuxième cache, dans sa maison de Salzbourg, abritant une soixantaine d'impressionnistes - Renoir, Monet, Degas, Manet - révèle une autre vérité. Celle d'un receleur paranoïaque, vivant depuis soixante-dix ans en marge du monde. Mais sachant, selon ses besoins, trouver le marchand qui remettrait discrètement sur le marché quelques-uns des chefs-d'oeuvre mystérieusement disparus pendant la guerre, vraisemblablement volés ou issus de spoliations, et dont il s'est bien gardé de vérifier la provenance.

   Cornelius Gurlitt avait 12 ans en 1945 quand, de son propre aveu, il a aidé son père à charger ses tableaux dans un camion, alors que les troupes soviétiques approchaient de Dresde en flammes. La question de l'origine des toiles s'adresse donc au père, le mystérieux Hildebrand Gurlitt, décédé en 1956. Directeur du Kunstverein Museum de Düsseldorf, celui-ci est alors un notable respecté. Dans une notule non publiée, il se présente comme un homme courageux "ayant commercé avec mesure pendant la guerre", mais "ayant tout perdu pendant le bombardement de Dresde à l'exception d'un chariot contenant le strict nécessaire". Arrêté en avril 1945 à Aschbach (Bavière), dans le château d'un dignitaire nazi, n'a-t-il pas juré aux Monuments Men américains qu'il avait sauvé d'inestimables oeuvres ?(...)

   (...) La réalité est plus trouble. Cet historien d'art fut aussi conservateur au musée de Zwickau de 1925 à 1930. Durant plusieurs années, il y a exposé des artistes comme Klee, Kandinsky ou Munch. Voilà pour la transparence. La zone d'ombre commence à Hambourg, où il s'installe en 1936. Devenu marchand, il achète des toiles à des propriétaires juifs aux abois. Apprécié par le régime pour ses talents de courtier, il devient l'un des dealers officiels de cet art "dégénéré, international et bolchevique" que les nazis revendent pour se procurer des devises fortes

   De Dresde, devenu son QG en 1942, il multiplie les voyages dans Paris occupé, achetant compulsivement. Pour le compte de Hermann Voss, le patron du projet de musée de Hitler à Linz, mais aussi pour lui-même. "Je n'ai jamais acheté un tableau qui ne m'ait été proposé volontairement", dira-t-il aux Américains. Vrai et faux.

   Une lettre de dénonciation de son compère, Karl Haberstock, arrêté également à Aschbach, le décrit comme un des plus gros pourvoyeurs du musée de Linz. Au château d'Aschbach, les Américains ont d'ailleurs découvert des dizaines de malles à ses initiales contenant livres, tapis, oeuvres d'art. Mais les plus belles pièces, "disparues" pendant le bombardement de Dresde, sont vraisemblablement restées cachées dans un lieu connu de lui seul.(...)

   (...) Quelles révélations a-t-il faites aux Américains, quels services leur a-t-il rendus pour sortir de prison, blanchi, en 1948, recouvrant en 1950 la propriété de ses tableaux dispersés ? On ne le saura jamais. Mais possession vaut titre. Dès 1954, pour tester le marché, ce grand recycleur envoie quelques fleurons de sa collection à l'étranger, un nu de Kirchner à Lucerne, des Renoir, Monet et Manet à Essen. En 1956, peu avant sa mort, il expédie à New York un Beckmann et un Kandinsky. Après son décès, sa veuve vendra quatre Beckmann et un Rudolf Schlichter. D'autres suivront. Nombre de ses toiles sont aujourd'hui accrochées dans les musées ou les ministères allemands.

   Conscient des dégâts provoqués par le silence du parquet d'Augsbourg, qui a tenu caché pendant deux ans - au nom du secret fiscal ! - la découverte à Munich, chez Gurlitt fils, du plus gros fonds jamais exhumé d'oeuvres disparues pendant la période nazie, le gouvernement allemand, jadis cité en exemple pour sa politique de restitution, a décidé de réagir. En février dernier, Monika Grütters, ministre de la Culture, annonce la création d'un centre de recherche indépendant sur les provenances, doté d'un vrai budget. Objectif : passer au peigne fin les collections d'origine douteuse. Soixante-dix ans après, il n'est que temps... (...)



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(Le marchand proposa à ce Sage des baskets
armées pour lutter contre les mauvais esprits)



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Luc Desle

mardi 10 septembre 2013

"Milady de Winter était pourtant très chaleureuse". Jacques Damboise in "Pensées inconvénientes".

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Pensées pour nous-mêmes:

(PARLE AVEC TON COEUR
ET PAS AVEC TA BOUCHE)

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"Mais non, ma Chérie, il n'a pas fait exprès
de mal te dessiner... Il a eu une nuit un peu
difficile, tu comprends, et ce matin, il a la
tête à l'envers, c'est tout..."


Edvard Munch, Consolation

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"J'ai pas compris si cette bêche doit servir pour la terre
ou pour l'envoyer dans la tronche
 des propriétaires fonciers..."


TLAXCALA: Le massacre des bananeraies (Colombie, 1928)

Colombie :
 Violence, terre et territoire

Philippe Revelli [1]

   (...) Si la violence est un ingrédient indissociable de l’accaparement des terres, nulle part sans doute autant qu’en Colombie, elle ne se manifeste dans toute sa terrible brutalité. (...)

   Au lendemain de l’assassinat du leader populiste Carlos Galan (1949), la Colombie, déchirée entre libéraux et conservateurs, s’enfonce dans la violence. Dans les régions montagneuses du centre du pays, des groupes de paysans libéraux prennent les armes pour défendre leurs terres contre les milices conservatrices. Parmi eux, un certain Pedro Marin, il a dix-huit ans. Quelques années plus tard, sous le nom de guerre de Manuel Marulanda, il sera l’un des fondateurs de la guérilla des FARC (Forces armées révolutionnaires de Colombie). Il en sera l’un des chefs jusqu’à sa mort, en 2008. Fidèle à ses racines rurales, l’insurrection armée a fait de la réforme agraire une revendication fondamentale et des milliers de paysans, chassés de leurs terres, rejoindront ses rangs.

   Aujourd’hui encore, la question agraire demeure une des clés du conflit armé et figure à la première place de l’agenda des négociations de paix qui, en août 2012, se sont ouvertes à la Havane entre le gouvernement du président Juan Manuel Santos et la guérilla des FARC. (...)

   Toute l’histoire de la Colombie est marquée par la violence exercée contre les paysans par de grands propriétaires terriens, qui se sont constitué à leurs dépens de vastes domaines souvent consacrés à l’élevage extensif – ceux-ci couvrent aujourd’hui quelque 39 millions d’hectares, alors que seulement 5 millions d’hectares sont dédiés à l’agriculture.

   Les multinationales bananières sont également présentes de longue date sur le territoire colombien. Dans « Cent ans de solitude », le romancier Gabriel Garcia Marquez évoque déjà le massacre de plusieurs centaines de travailleurs des bananeraies de la région de Santa Marta. Et aujourd’hui, en Uraba, c’est encore sur le territoire de communautés paysannes que les compagnies cherchent à étendre leurs opérations.

   « Plus récemment, et surtout depuis la dernière décennie, explique le sociologue Jairo Estrada, on assiste à la mise en œuvre d’un modèle économique « extractiviste ». Exploitation minière – charbon, or – ou d’hydrocarbures, construction de centrales hydroélectriques, de zones franches ou activités agro-industrielles – surfant notamment sur la vague des agrocarburants – sont autant d’activités orientées vers l’exportation et pour lesquelles d’immenses portions du territoire sont concédées à des investisseurs étrangers ». Et tandis que le président Santos déclare que la Colombie a pour vocation de « nourrir le monde », le pays est aujourd’hui un importateur net d’aliments et l’agriculture familiale et vivrière est le parent pauvre des programmes de développement, quand elle n’est pas tout simplement sommée de laisser la place. (...) 

   « Avec cette évolution, reprend Jairo Estrada, on passe d’une logique d’appropriation de la terre à une logique de contrôle du territoire. Et c’est dans ce contexte que doivent être analysés les choix stratégiques effectués par l’état-major au nom de la lutte contre-insurrectionnelle, ainsi que la collusion entre l’armée et les groupes paramilitaires ». Au cours des vingt dernières années, plus de 5 millions de personnes ont été déplacées par suite du conflit armé et quelques 8 millions d’hectares ont été arrachés aux communautés paysannes et indigènes. « La guerre menée contre l’insurrection armée, analyse Jairo Estrada, apparaît dès lors comme un prétexte à l’exercice de la violence mise au service d’un projet politico-économique. Un projet qui passe par le « nettoyage » et le contrôle du territoire afin de pouvoir garantir la sécurité des investissements étrangers ». (...)

   Dans ce sombre paysage, les communautés rurales ne restent cependant pas les bras croisés et tentent, à leur tour, de construire une autre territorialité, paysanne celle-là. Communautés de paix, zones humanitaires, conseils communautaires, zones de réserve indigène ou paysanne... pacifiques et citoyennes, ces initiatives sont généralement le fait de groupes chassées par la violence et qui s’organisent pour défricher et coloniser de nouvelles terres ou retourner chez eux. Certaines – communautés de paix, zones humanitaires – se placent sous la protection morale de l’opinion publique et d’organismes internationaux de défense des droits humains. D’autres – conseils communautaires (voir encadré), zones de réserve paysanne ou indigène – font appel à des figures juridiques existantes.

    « Mais dans tous les cas, insiste Jairo Estrada, il s’agit d’une construction depuis la base, une construction sociale du territoire, qui existe en amont de sa reconnaissance légale ». Dans ces communautés, des rapports humains basés sur la solidarité sont la règle, et des modes de production alliant savoirs traditionnels et modernité de l’agroécologie sont mis en œuvre. Elles deviennent ainsi des foyers de résistance où l’on revendique la souveraineté alimentaire et le respect de l’environnement, et s’affirment comme alternative à un libéralisme déprédateur.


[1] Partenaire du CCFD-Terre Solidaire, l’Association des conseils communautaires du Bas Atrato (ASCOBA) a été fondée en 2003. Elle fédère 58 conseils communautaires – organes représentatifs des communautés afro-colombiennes – et 7 coopératives de production et de crédit, bénéficiant ainsi à quelque 15.000 personnes. Soutenue par le CINEP (autre partenaire du CCFD-Terre Solidaire), l’association œuvre à renforcer les mécanismes de solidarité communautaire dans une stratégie de résistance civile pacifique, apporte une assistance aux victimes de la violence, contribue à la revalorisation du patrimoine culturel afro-colombien, sensibilise aux menaces que représentent les méga-projets miniers ou agro-industriels, agit pour la défense et de la récupérations des territoires communautaires reconnus par la loi de 1993, dite « de négritude » – cette mobilisation pour la récupération des terres communautaires a récemment valu à plusieurs dirigeants d’ASCOBA de recevoir des menaces de mort de la part de groupes paramilitaires.


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"Mais... Mais, Monsieur mon Mari,
pourquoi travaillez-vous ainsi
en tenue d'Adam? Il ne fait pourtant
pas très chaud si j'en crois la taille de votre...
hem... bougie..."


Ludwik de Laveaux, Przestrach (Fear), 1890.
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Luc Desle (et l'égrillard Jacou Damboise)

jeudi 8 novembre 2012

"Il avait une vie de bourrin, cet âne, mais il n'avait pas dit son dernier mot". Jacques Damboise in "Pensées à contre-pet".

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Pensées pour nous-mêmes:

(N'ATTENDS PAS DE L'ENSEIGNEMENT
QU'IL T'ENSEIGNE)

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"Chéri? Si on s'arrêtait dans ce motel?
- Tu crois? Je ne sais pas pourquoi mais...
Je ne le sens pas...
- Oh, toi et tes intuitions à la c..."


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"Une fille nue pour illustrer l'article?
Et puis quoi encore, immonde phallocrate!"


Deux employés de Verizon 
auraient volé des photos 
d'une cliente nue sur son smartphone
Le HuffPost 

   (...) Prendre des photos osées de soi-même n'est pas sans risque, même si vous les gardez dans votre téléphone. Une cliente de Verizon en Floride, l'un des plus importants opérateurs mobiles américains, en a fait la désagréable expérience, selon le site The Smoking gun.

   Spécialisé dans la publication de documents judiciaires, le site a mis en ligne un procès-verbal racontant les faits allégués. D'après la plainte, Joshua Stuart, 24 ans, a aidé une femme à transférer ses données de son ancien portable à son nouveau téléphone. Mais sans l'en informer, l'employé de Verizon copie certaines photos pour son usage personnel, et les transfère à un de ses collègues, Gregory Lampert, 26 ans. Au total, les deux employés auraient téléchargé 22 photos.

   Mais l'histoire ne s'arrête pas là. La cliente n'est pour le moment au courant de rien, mais Joshua Stuart aurait alors proposé à un autre client venu mettre à jour son téléphone... de lui montrer les photos en question. Ne les trouvant plus sur son ordinateur, il appelle donc Gregory Lampert, qui les a lui conservées sur son téléphone. Problème pour les deux employés: le client en question est un ami de la femme en photo. Celui-ci l'a donc prévenu directement, et la cliente a porté plainte.


   La police a retrouvé les photos sur un ordinateur portable et deux téléphones appartenant à Gregory Lambert. Celui-ci a avoué aux policiers avoir reçu ces photos. Il a par ailleurs rajouté avoir déjà copié illégalement d'autres photos de clients. Il a été arrêté par la police alors que Joshua Stuart n'était pas en Floride. Il devrait lui aussi être inculpé à son retour. (...)


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"C'est un peu à droite...
- Tu es sûr?
- Comme 2 et 2 font... Heu...
Un certain chiffre..."

(Source: mpdrolet)

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"Oh, une ride!
Obsolescence programmée...
Ils ont raison..."

Rose Byrne

Halte à l’obsolescence programmée
 Creachriss

   (...) L’obsolescence programmée c’est l’ensemble des techniques mises en place pour réduire la durée de vie ou d’utilisation d’un produit, et ce afin d’augmenter son taux de remplacement, bref afin de vendre plus.

   Qui n’a jamais évoqué ou entendu évoquer les frigos et lave-linge de mamie qui duraient 25 ans ? J’ai moi-même retrouvé au grenier un vieil ampli Marantz datant de la nuit des temps et ayant survécu à bon nombre de chaînes compactes made in China tout en fournissant un son d’une qualité incomparable !

   Cela a démarré en 1901 lorsque les fabricants d’ampoules électriques se sont mis d’accord pour limiter la durée de vie des ampoules à 1000 heures alors que la possibilité d’en fabriquer avec une durée de 100 000 heures existait … ou lorsque dans les années 40, Du Pont de Nemours a fait modifier la composition de ses bas nylon pour être sur qu’ils fileraient : eh oui, des ampoules ou des bas qui durent toute une vie, c’est peut être séduisant pour nous mais ça l’est beaucoup moins pour les fabricants …

   Désormais, de nombreuses techniques existent qui permettent d’obliger le consommateur à se débarrasser d’un produit qui pourrait tout à fait continuer à fonctionner pour en acheter un nouveau.

   Depuis, ces techniques ont considérablement évolué, devenant de plus en plus pernicieuses et l’univers dans lequel on rencontre le plus de cas –parfois sidérants- d’obsolescence programmée est l’univers des nouvelles technologies.

   Ainsi, l’ordinateur que vous utilisez aujourd’hui a besoin d’une puissance 100 voire 1000 fois supérieure à celle d’il y a 10 ans. Et ce même si vous êtes loin de passer vos journées à jouer à des jeux au graphisme hyper sophistiqué ou à consulter de longues vidéos de petits chats … (...)

   (...) Autre astuce : l’hermétisme complet de certains matériels (type accumulateur d’iPhone moulé dans le plastique) qui assure l’irréparabilité totale du dit matériel. Dans cette même catégorie d’obsolescence « indirecte », on trouve l’arrêt pur et simple de la fabrication des pièces détachées ou accessoires associés au produit rendant de fait le produit rapidement hors d’usage : arrêt de production des chargeurs et batteries d’un modèle de téléphone portable, des cartouches d’encre d’un modèle imprimante.

   A propos des cartouches d’imprimante, on citera également le message que vous recevez pour vous indiquer qu’il est grand temps de remplacer votre cartouche : mais curieusement, si vous ignorez le message (ce qui est plus que conseillé), il y a fort à parier que vous pourrez encore imprimer plusieurs dizaines de pages.(...)


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Luc Desle