Bonjour à vous qui, dans le maelström du net, êtes arrivés, par hasard? lassitude? erreur? sur ce blog. Vous êtes les bienvenus. Vous y lirez des extraits d'articles, de pensées, d'interviews, piochés ça et là, et illustrés de photos et dessins détournés, via un humour de bon aloi. Vous pouvez évidemment réagir avec le même humour, la même ironie que nous mettons, chaque jour, à tenter de respirer un peu plus librement dans une société qui se corsète chaque fois un peu plus.
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mercredi 9 avril 2014

"Il brûlait d'envie de lui avouer qu'il n'était pas sapeur-pompier". Jacques Damboise in "Pensées inconvénientes".

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Pensées pour nous-mêmes:

(POSSÈDES-TU LA CLÉ POUR
OUVRIR LA PORTE DE TA DESTINÉE?)

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(Le réparateur de cabines téléphoniques
a une manière personnelle de travailler)


De Niro
(Source: pushthemovement, via mermaider)

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L’écriture est le complément d’âme 
d’une société qui n’a plus d’âme, 
dévastée par l’échange

Entretien avec Francis cousin à l’occasion du salon du livre récolté par agenceinfolib

   Francis Cousin adopte clairement une vision anti-métaphysique, centrée sur la primauté de la parole de l’être originel qui est selon lui, la contestation la plus radicale de la métaphysique contée et comptée de la civilisation spectaculaire occidentale. (hem...)

   Selon lui, l’émergence de l’écriture vient signaler la catastrophe économique du passage de la « Communauté de l’Être » à la « Société de l’Avoir » : « C’est la perte irréductible de l’être communautaire primordial qui, produisant la réalité sociale d’une fuite éperdue de l’homme hors de l’homme, d’une sortie et d’un échappement hors de l’être, a ainsi conduit à la naissance de l’écriture », étant donné que la première écriture est bien historiquement une comptabilité (Les fameux calculi) qui vient dire que désormais la production s’en va se vendre et que la vie qui simultanément s’enfuit en la vente doit dès lors s’écrire des compensations épiques, littéraires et religieuses.

   Pour lui, il est incontournable que c’est le chiffre qui a fait naître la lettre et que la lettre n’est qu’une métastase pathologique du chiffre… D’une certaine manière, Francis Cousin rejoint le révolutionnaire identitaire amérindien Russell Means, un des fondateurs du Mouvement Amérindiens.

   Dans un discours prononcé à l’occasion du « Black Hills International Survival Gathering », organisé dans les « Collines Noires » de la réserve amérindienne de Pine Ridge, Dakota du sud , il dit :

   « Je me dois de commencer un tel discours en faisant d’abord une remarque : je déteste écrire. Le procédé est, en soit, l’incarnation du concept Européen de « pensée légitime » ; ce qui est écrit a une importance qui est complètement déniée à la parole. Ma culture, la culture Lakota, a une longue tradition orale, donc généralement je refuse d’écrire. C’est une des manières que le monde blanc a de détruire les peuples non-européens, en imposant un système abstrait au détriment de la parole et des relations directes entre les personnes. Ce que vous lisez ici n’est donc pas ce que j’ai écrit, mais ce que j’ai dit, que quelqu’un d’autre a décidé de retranscrire. 

   Si j’autorise cela, c’est uniquement parce qu’il semble que la seule manière de communiquer avec le monde blanc soit par le biais des feuilles desséchées et sans vies d’un livre. Mais peu importe finalement que mes mots atteignent ou n’atteignent pas des blancs. Ils ont déjà montrés à travers leur histoire qu’ils sont incapables d’entendre, incapables de voir, ils ne savent que lire (il y a bien sûr des exceptions, mais celles-ci ne font que confirmer la règle) ».

   Ce discours qui à prime abord semble raciste ne l’est pas, car il affirme : « Il n’y a pas de racisme ici, uniquement une analyse de ce qui fonde et anime l’esprit d’une culture. Au-delà, je travaille avec quiconque a pu expérimenter l’oppression européenne, et résiste à son totalitarisme culturel et industriel. Clairement, ce dernier cas inclut aussi des Caucasiens (blancs) de souche qui luttent contre les normes dominantes de la culture européenne ».

   Voilà des opinions qui donnent une approche différente de l’écriture, que l’on peut apprécier ou pas mais qui ont le mérite d’être originale. (...) 


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(Le miroir magique était un petit coquin)


(Source: francoassenza, via noiredesire)

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Benoît Barvin

jeudi 26 septembre 2013

"Cet homme politique qui parlait de renouveau portait un sonotone". Benoît Barvin in "Pensées pensées".

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Pensées pour nous-mêmes:

(LE VRAI N'EST PAS FORCEMENT 
DÉJÀ ECRIT)

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(L'horrible suceuse de pouce était insatiable)



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"Une Révolution? Pfff...
Donnez-leur un portable, flattez leur Ego,
et que vogue le navire..."


Conrad Veidt

Yannick Haenel, 
« La révolution est une expérience physique »
Entretien, par Clémentine Autain

   (...) / Regards.fr. On n’écrit pas un livre sur l’irruption révolutionnaire par hasard… Qu’est-ce qui vous a conduit à ce récit ? Pourquoi ce livre ? Pourquoi maintenant ?

  -  Yannick Haenel. Je n’aurais pas eu l’idée d’écrire "Les Renards pâles" il y a dix ans. Les rapports de force se sont durcis et il y a eu des choses précises qui m’y ont conduit. J’ai été frappé par le nombre de suicides en entreprise, en France comme en Italie où je vis maintenant. Ces suicides ne sont pas seulement ceux d’employés asservis mais touchent aussi de jeunes chefs d’entreprises. Et puis, un fait divers en Grèce, que l’on retrouve dans mon livre, m’a bouleversé : un clochard qui dormait dans une benne à ordure a été broyé dans une poubelle. C’est le traitement des déchets… humains. J’ai vu l’irracontable qu’il fallait raconter : cette société qui broie et transforme les individus en déchets. J’étais en train d’écrire un livre sur un personnage tentant de reconquérir un sentiment politique. J’écrivais sans idée de suite, une sorte de panorama sur le fait que le rapport à la vie concrète politique relève du dégoût. Un sentiment antipolitique s’est diffusé.

   Dans "Les Renards pâles", le personnage ne sait même pas qu’il y a des élections le jour du vote pour la présidentielle. C’est ce non contact avec la politique que je voulais raconter, et aussi le réveil qui se produit avec des rencontres. Sous Sarkozy, quand je revenais en France alors que je vivais à Rome, mes copains me racontaient des choses terrifiantes sur l’atmosphère, notamment la violence policière, le délire sécuritaire. Le politique s’est dénaturé : il n’exerce plus son pouvoir que dans le contrôle social, l’autoritarisme. Associé au règne du libéralisme économique, il y a une cohérence dont je voulais parler.

   / En vous lisant, j’ai été frappée par la place des corps. « Être là », dites-vous : c’est la présence des corps comme geste politique, à l’instar de ce que revendiquent les Indignés par exemple. Vous parlez aussi de la mémoire, de l’histoire politique, qui « traverse les corps disponibles ». La révolution passe par le corps ?

   - La révolution est une expérience physique. Il s’agit de regagner des forces, celles de l’insurrection possible, par le corps. J’aime beaucoup cette phrase de Walter Benjamin : « Procurer à la révolution les forces de l’ivresse. » C’est la manière dont les corps sont transportés et se rencontrent, d’où la fin du livre qui met en scène une rencontre érotique. Les Indignés ou les Anonymous m’ont évidemment inspiré. Depuis quelques années, brandir un masque est devenu un acte de rébellion. Et pour cause : c’est interdit et les caméras partout nous surveillent !

   Sans slogan, sans mot d’ordre, la présence suffit. Nous sommes dans une période de saturation de la communication qui empêche l’audition : on n’entend plus le discours politique. Donc ce sont les corps des gens qui se rassemblent en silence, qui interpellent. "Les renards pâles" ne disent rien. Mais même sans mot, il y a un sens à se rebeller : le retournement complet des rapports de force. Le fait que des gens qui vivent à la marge de la société se mettent ensemble au centre, occupent le centre (dans mon livre, ils sont place de la Concorde par exemple), c’est déjà la révolution. Ceux qui n’occupent aucune place reconnue prennent la place.

   / Vous semblez faire de la figure du sans-papiers le sujet de l’émancipation aujourd’hui, la figure à caractère universelle. La façon dont vous en parlez m’a fait penser à Alain Badiou. Vous a-t-il inspiré ?

   Je suis d’accord avec cette idée mais j’ai peu lu Badiou, davantage Jacques Rancière. Selon ce dernier, la disparition du prolétaire est remplacée par l’immigré, et a fortiori le sanspapiers. C’est pourquoi les gouvernements tapent particulièrement sur cette population : c’est elle qui pourrait avoir le plus de force insurrectionnelle. Lorsque le champ politique sacrifie des individus, ceux-là ont la possibilité de construire une contre-société, un contre-monde. C’est la société des « sans » : sans-papiers, sans-abri, san semploi. 

   Dans "Les Renards pâles", il n’y a pas de substrat théorique. À travers la déambulation dans Paris, se joue un réveil des mémoires, de la Révolution française, de la Commune. J’ai plus lu Frantz Fanon qu’Alain Badiou. La population masquée que je décris ne se rallie pas autour d’une idéologie mais à partir de gestes simples quotidiens. Ces personnages n’ont pas le temps de lire des livres entiers mais en attrapent des bouts par un nom de rue, des inscriptions sur les murs, des discussions. En 2005, au moment des émeutes en banlieue, événement politique majeur présent dans mon livre, ce sont des bribes qui ont mis le feu aux poudres et non un apprentissage d’école militante.

   / Vous sentez aujourd’hui un climat pré-révolutionnaire ?

   - Toutes les conditions sont là. Mais je suis incapable de dire si la révolution est sur le point d’advenir. Il y a un climat, des bribes. Après… (...)



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"Si la Révolution est proche?
..."


Hertha von Walther in Wilhelm Pabst’s Die freudlose Gasse
 (The street of sorrow), 1925

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Benoît Barvin

samedi 1 décembre 2012

"Chrétien jusqu'au bout des ongles, il les avait tous faits baptiser". Jacques Damboise in "Pensées à contre-pet".

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Pensées pour nous-mêmes:

(UN EGO QUI DOUTE
EST UN SAGE EN DEVENIR)

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"Oh, Mon Dieu, faites que nous ne soyons plus noirs et que...
- Hein? PAPY!
- Heu, pardon... Je me suis laissé aller...
Bénissez ce pain que nous aurions pu manger..."


The Thankful Poor, Henry Ossawa Tanner, 1894

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"Ce baiser est notre nourriture spirituelle"


petitpoulaillerornamentedbeing: Always Kiss Me Goodnight
1886 Auguste Toulmouche (French, 1829-90) ~ The Kiss
(via focalgirl)

Christian Bobin : 
"Les livres, certains livres ressuscitent 
ce que le monde dans son inconscience allègre efface "

   (...) (J)e ne sais pas pourquoi j'écris. Je sais juste que je ne peux faire autrement. Un premier mot lancé sur la page blanche - et c'est l'infini qui arrive à toute allure. J'ai une joie d'ogre à écrire. Le langage est un verre de cristal. J'aime le son qu'il rend lorsque je le heurte du bruit des doigts. Les mots sont la vibration heureuse du silence. Ecrire rafraîchit les atomes de l'air, ouvre le coeur comme au matin de Pâques. Pardonnez-moi de ne parler que par images. Je suis incapable de répondre raisonnablement à des questions sur cette manie d'écrire. 

   Je ne peux pas, comprenez-le, aller plus loin que la phrase imprimée: la commenter, ce serait l'étouffer. Somme toute, je fais confiance au lecteur : il en saura plus que moi, simplement en me lisant. Et peut-être découvrira-t-il aussi quelque chose de lui, dans le miroir de papier blanc. 

   Vous me dîtes que mon regard sur le monde est pessimiste. Je ne crois pas. Le constat est simple et nous le faisons tous dans le secret de nos lassitudes : l'humain s'éloigne du monde à bas bruit. L'humain est comme une bête sauvage et douce, blessée par nos manières. Elle se tient de plus en plus à l'écart de nos terribles réjouissances - et elle a bien raison.

   Ce que j'appelle l'humain c'est un visage en clairière, ouvert, fraternel, sensible. (...) Nos sociétés sont si possédées par le rien de l'argent et de la puissance que le visage de l'humain (...) baisse désormais les paupières. Une nuit monte de ces yeux baissés, qui ne veulent plus nous regarder. Est-ce du pessimisme que de parler ainsi? Non, sûrement pas. Il n'y a qu'une seule chance de vivre, et c'est de regarder ce qui vient, en face. Ecrire est cet essai de voir ce qui existe, le terrible comme le doux. Parfois, quand on le regarde longtemps en silence, le terrible se met à fleurir. Les fleurs sont des propositions du néant. Oui, même le néant aspire à la lumière, au coloré et au clair. (...)

   (...) Mais je reviens au monde : nos techniques ont supprimé le temps, en supprimant le temps, elles suppriment le coeur. Le coeur a besoin de lenteur, de secret, d'attention, de patience - toutes matières qui sont aujourd'hui plus rares que l'or, et enfouies bien plus profondément. Les livres, certains livres ressuscitent ce que le monde dans son inconscience allègre efface. 

   Les livres en papier et les lettres manuscrites ne sont pas du passé : ils sont l'avenir. Par eux la lumière concrète reviendra dans un monde que les écrans bleutés enténèbrent en douceur. Je ne sais qui lira cette lettre si vous la publiez. A cette personne sans visage connu - et pour que son visage s'éclaire, prenne forme et grâce, je recommanderais la lecture des féeriques récits de Jean Grosjean. On peut dire de lui ce qu'il dit d'Abraham : sa science était de ne pas savoir. (...)

Lire la lettre sur:


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(Portrait du voleur de casques
le jour de son arrestation)

Saverio Cardia 100 Faces Of 2011, Client Magazine Issue 03


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"J'ai racheté la dette de mes parents
en les mettant à la rue"




Occupy rachète les dettes
Enquête, par Christelle Gérand

   (...) On croyait les « Occupy » moribonds, mais ils renaissent plus forts que jamais. Depuis mai, leur cellule « dette » composée d’une centaine d’artistes, d’économistes et d’avocats de tous âges réfléchissaient au meilleur moyen de remettre à flot les personnes endettées, comme les Etats renflouent les banques en difficulté. Comment aider les 77% de foyers américains qui ont dû s’endetter suite à une maladie non-prise en charge ou à une perte d’emploi en l’absence de chômage ? Racheter et annuler leur dette. L’idée tournait dans les milieux activistes depuis quelques années. Il aura fallu la force de frappe d’Occupy Wall Street et l’aide de professionnels de l’industrie de la dette pour que le projet voie le jour.

   Vendredi à 20 heures, une journée seulement après le lancement officiel de « Strike Debt », les 99% avaient récolté près de 300 000 dollars de dons. Mais voilà : sur le marché de la dette des particuliers, avec 300 000 dollars, on peut acheter pour près de 6 millions de dollars de dette. « On veut que les gens se demandent pourquoi la dette est si bon marché pour tout le monde à l’exception du débiteur, explique Christopher, humanitaire le jour, membre actif d’Occupy la nuit. Notre initiative est un geste d’entraide, mais aussi un moyen de mettre en pleine lumière les dysfonctionnements de cette industrie rapace qui s’enrichit sur la misère humaine. »

   Dans un pays où la dette étudiante s’élève à elle seule à 1 trillion de dollars, le marché est florissant. Lorsque le créancier, que ce soit une banque, un hôpital ou un magasin, n’a pas recouvert son prêt au bout de 90 jours, le débiteur est alors en situation de défaut de paiement et l’entreprise est dédommagée. La personne qui a empruntée n’est quant à elle pas sortie du pétrin : sa dette considérée comme « pourrie » est alors généralement rachetée pennies for a dollar (quelques centimes – généralement 5 centimes- pour un dollar, ndlr) par des acheteurs de dette professionnels. 

   « Leur but est de rentabiliser leur investissement en obtenant par tous les moyens possibles cet argent que les gens n’ont pas, bout Christopher. L’une de leur astuce est de contacter des personnes qui ont changé d’adresse. Ils leur envoient un courrier les intimant de se rendre au tribunal. N’ayant pas reçu la lettre, ils ne s’y montrent pas. L’acheteur de dette gagne alors le procès et obtient le droit de ponctionner à la source, en prélevant sur le salaire ou les droits sociaux du débiteur. » (...)
Suite sur:




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Luc Desle (et Jacques Damboise)

jeudi 1 mars 2012

"Étrange: la Belle au Bois dormant se reposait souvent sur un banal canapé". Benoît Barvin in "Étrange, vous z'avez dit?".


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 Pensées pour nous-mêmes: 

(MÉFIE-TOI QUAND LE TIGRE MIAULE)

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"L'amour, ça assouplit la vie"

(Ce slogan eut un certain succès lors de la biennale
de la sexualité du 4ème âge)

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Les «droits sexuels» des vieillards: 
jusqu'au bout de la nuit
AGNES GIARD

   (...) S'appuyant sur 20 ans d'expérience clinique, Pascale Molinier, professeure de psychologie à l'Université de Paris 13, aborde ce sujet avec toute la délicatesse possible: dans un texte à la fois poétique et déchirant (publié dans le dernier numéro de la revue Genre, sexualité & société), elle aborde la question du "sexuel dans le soin gériatrique" à partir d'exemples saisissants.
   Il y a cette aide-soignante qui n'ose plus laver une malade car, celle-ci, comme en pilote automatique, alors qu'on la nettoie au gant, se met à se frotter dessus avec insistance. Il y a cette autre aide-soignante qui s'étonne de découvrir le corps d'une très vieille dame incroyablement beau et qui se sent coupable d'éprouver du plaisir à en caresser la peau si douce… «Mon dieu, cette Madame là (…). Elle avait 94 ans peut-être. Mais je pensais seulement "Elle a tellement un beau corps" ». 
   Et puis il y a aussi cette élève infirmière, qu'on charge de s'occuper d'une femme âgée atteinte d'un cancer intestinal et qui, doit, tous les jours, enlacer le corps couvert de souillures de cette malade aux paroles erratiques, et qui finit par en faire des cauchemars. Elle rêve que «cette femme, ses bras, ses cheveux, sa merde et les draps du lit s’allongent, ils ondulent et s’enroulent en ruban de corps et de toile autour d’elle, ils l’enlacent et l’entraînent vers un fond insondable de nuit et de cloaque. L’étreinte semble se dérouler au lit même de la dormeuse qui s’agite, se réveille et se rendort, se débattant sans bien distinguer la démarcation entre le rêve et la veille, les draps du lit d’hôpital et les siens, son corps et celui de la vieille, tout confondu. (mouaf, c'est l'élève qui aurait besoin de soins, non?)»
   Dans le cadre hospitalier, la sexualité n'est pas que génitale, au contraire. Elle déborde par tous les pores de ces corps qui se livrent sans plus aucune pudeur aux manipulations du personnel soignant: ce sont des bouches qui happent, des mains qui palpent l'air, des langues qui sortent, des regards étrangement fixes dans des orbites de momie… (ça donne sacrément envie!) (...) 

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"C'est vrai? Tu me jures qu'une fois mariés,
tu me couvriras de cadeaux?
- Foi de bonimenteur..."


Sarkozy promet des solutions 
pour la Réunion et ArcelorMittal Florange

   (...) Nicolas Sarkozy a promis lundi sur RTL qu'il allait (raser gratis?) faire des propositions pour la Réunion, théâtre de violences urbaines provoquées par le coût de la vie, et pour le site industriel de Florange, menacé de fermeture, taclant par ailleurs à plusieurs reprises François Hollande.
   «J'aurai l'occasion d'aller à l'île de la Réunion au mois d'avril. Je ferai d'autres propositions car je ne crois qu'à une seule chose, au développement économique de cette île, un développement économique endogène (indigène?) », a déclaré le président-candidat.
   Nicolas Sarkozy devrait également faire «des propositions très précises» (que je préciserai plus tard...), «dans les prochains jours» (ou semaines, ou mois, ou années...), sur l'usine ArcelorMittal de Florange - où s'était rendu le candidat PS vendredi -, estimant que «le haut-fourneau doit pouvoir repartir au 2e semestre de cette année» (une fois qu'j'aurai z'été réz'élu cacaphoniste en chef). (...) 

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(Cette liseuse contenait des milliers de livres fantasmés)
"La Liseuse" Jean-Jacques HENNER

Mes livres-madeleines
Sabine Aussenac
Enseignante

   (...) Antoine Compagnon, dans un article un peu provocateur lorsque l'on connaît sa passion pour la chose écrite, prétend ainsi que l'avenir des « liseuses » sera identique à celui de nos chers livres de poche, ceux-là mêmes que les anciens décriaient en voyant en eux le Grand Satan de l'Inculture... L'auteur évoque Sartre, et, oui, moi aussi, petite fille, j'ai découvert l'auteur de Huis clos en lisant Les mots - exemplaire offert par Esso, rapporté par mon père, dans sa 404- entre deux Alice et autres Comtesse de Ségur...
   Il voit ainsi dans les liseuses une magnifique vulgarisation des mots et des cultures.
   Bien entendu, je suis, tout comme Monsieur Compagnon, issue de la génération Livre de Poche ; je les ai encore presque tous sur mes étagères, éparpillés au gré de mes envies, des exposés des enfants, de quelque déménagement. L'Idiot de Dostoïevski, les yeux lumineux de Gérard Philipe en couverture, y côtoie la robe verte de mamsell' Scarlett, et il me suffit de respirer l'un de ces anciens volumes pour recouvrer mon âme d'adolescente enfiévrée...
   Mais Monsieur Compagnon aura beau écrire chaque semaine un magnifique article à la gloire des Kindle, je n'en démordrai point : même si cette petite machine peut contenir autant de livres et de possibles que la bibliothèque d'Alexandrie, il lui manquera l'essentiel. Il lui manquera, et ce à chacune de nos lectures via ce petit joyau technologique, ce qui fait notre spécificité humaine, à savoir cette imperceptible passerelle entre le corps et l'esprit.
   Car lire, cher Monsieur, est un acte hautement, profondément, ontologiquement synesthésique. Vous allez me rétorquer que de jeunes enfants miment actuellement l'acte de feuilleter un magazine en tapant sur une liseuse. Certes. Mais comme il est réducteur de penser que la froideur inébranlable d'un écran pourrait égaler, dans le cœur des hommes, toutes les sensations qui se rattachent à l'acte de la lecture...
   Et le livre de poche est un bon exemple, justement, le contre-exemple parfait de tout ce que l'OBJET-livre apporte à un lecteur : car il est taillable et corvéable à merci, souple, facile à emporter. Chacun d'entre nous possède ainsi sa mémoire livresque, sa machine à remonter les lectures. Et cette synesthésie va être propre à chacun, en fonction des souvenirs, au gré des madeleines de nos rencontres littéraires...(...) 


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(Ces soldats génériques avaient tous
la même intention de donner la mort)

Les génériques, copies pas si conformes
Sandrine Cabut 

   (...) Incertitudes sur les contrôles de qualité, questionnements sur l'équivalence avec les médicaments de référence, réticences des médecins... Les génériques, ces copies moins chères de molécules tombées dans le domaine public, sont à nouveau sous le feu des critiques.
   Et pour la première fois depuis leur lancement, en 1999, le marché est en recul en France : le nombre de boîtes de génériques vendues a baissé de 3 % entre 2010 et 2011. Une stagnation qui s'expliquerait en partie par le développement du recours à la mention "non substituable" (NS) sur les ordonnances. Par ce procédé, les médecins interdisent au pharmacien de substituer un générique au médicament qu'ils ont prescrit. Ils seraient de plus en plus nombreux à y recourir systématiquement. L'assurance-maladie va lancer une étude sur ce phénomène. (...)
   (...) Des questions se posent aussi dans certaines familles thérapeutiques. Le cas des antiépileptiques, dont la marge thérapeutique est étroite, est emblématique. Des cas de déséquilibre de l'épilepsie après introduction d'un générique ont été rapportés, avec parfois des conséquences dramatiques sur le plan médical ou social.
   Après une enquête de pharmacovigilance plutôt rassurante, l'Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps) a cependant recommandé aux prescripteurs de bien informer le patient et de s'assurer que la prescription de génériques n'induit pas d'anxiété particulière. (ahaha) (...)


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Luc Desle

mardi 22 juin 2010

"Les grandes passions se préparent en de grandes rêveries". Gaston Bachelard. Extrait de "La poétique de la rêverie". evene.fr


Rubens, Vénus devant son miroir



Madame,

   Je me permets de répondre à votre annonce n° 1978 sur 36-15-Femmes-Obèses. 

   La photo que vous avez jointe à votre courrier a déclenché mon ire, je suis au regret de vous le dire. 

   Dans ma demande, en effet, je spécifiais vouloir rencontrer une femme de 115 kilos. Or quelle n'a pas été ma déception - puis mon désappointement  - lorsque j'ai lu, sur la longue liste de vos mensurations, que vous ne faisiez que 114,500kg. Ces 500 grammes manquants ne sont certainement à vos yeux qu'une broutille. Pour moi, ils valent presque insulte. En tout cas camouflet.

   Comprenez que si je désirais un poids bien spécifique, c'est que je sais qu'un séant de 115 kg pèse effectivement sur mon visage, l'étouffant adorablement et me produisant tous les effets que l'on doit attendre d'une séance érotique réussie. Ces grammes malencontreusement absents ne peuvent aboutir qu'à un jeu galant à demi raté, l'étouffement n'étant, alors, qu'une sorte de caprice car je n'aurais pas, du fait de cet écart de poids, l'impression - délicieuse - d'étouffer "pour de vrai".

   Vous comprendrez, dans ces conditions, que je ne peux répondre favorablement à votre annonce. 

   Cela m'est d'autant plus pénible que votre plastique générale correspondait parfaitement à ma fantaisie sensuelle.

    Je vous prie d'agréer, Madame la Barone Derrain, l'expression de ma profonde déconvenue.

Vicomte Charles du Bois, neveu de ce cher Sacher Masoch.


Blanche Baptiste

vendredi 19 mars 2010

SACREE AMBIANCE

- Dites, vous avez vu, cette fille?
- Monsieur Hardmore, je vous en prie, revenons à notre affaire!
- Mais elle est... Comment dire... Canon, non? Un superbe lot...
- Monsieur Hardmore, je vous rappelle que je viens de vous donner une avance de 10 000 euros et que nous devons parler de...
- Dommage que ce ne soit pas de cette fille dont je dois m'occuper... Une sacrée pouliche, décidément... Si je n'avais pas tellement besoin de fric, je crois que je vous laisserai tomber, mon cher, pour aller proposer mes services à...
- SUFFIT MAINTENANT! 
- Bon... D'accord... Moi ce que j'en disais, hein?
- Vous n'êtes qu'un infâme phallocrate, Hardmore! Un pauvre type qui ne pense qu'avec sa queue et...
- Ah, ah, ah! Cela vous va bien de me parler comme ça! Non, décidément, c'est l'hôpital qui se fout de la charité! Vous savez, mon vieux, ce n'est pas parce que vous avez du fric qu'il faut vous croire tout permis... Et mépriser les autres. Faites pas, surtout, comme la clique présidentielle actuelle qui ne pense qu'à travers le prisme déformant de ses Rollex!
- Hardmore, plutôt que de philosopher, si nous en revenions à ce qui motive notre rencontre... Bon, vous avez vu - non pas la fille, bien sûr - mais la photo qui nous occupe?
- Laquelle?
- Celle qui est dans la devanture de la boutique... A gauche de la rue... 
- Où? Je ne vois pas...
- Mais enfin, regardez mieux... Il y a une femme qui fait du lèche-vitrine. Elle porte un tailleur blanc, elle a des cheveux noirs.
- Ah, oui, ça y est, je la vois.
- A l'intérieur du magasin, vous apercevez le grand dépliant publicitaire. Avec la photo d'une jeune femme.
- Ah oui, cette fille en dessous... Peut-être en maillot, d'ailleurs, d'ici je ne remarque pas tous les détails. Et c'est elle, donc, que vous voulez que je retrouve?
- Pas besoin de la retrouver. La fille sur le dépliant se trouve actuellement dans la boutique. A attendre cette... "femme" qui, dans quelques minutes, rentrera pour la retrouver.
- D'accord. Et  ma mission est donc de...
- Les supprimer. Toutes les deux! Peu importe les moyens. Dans la boutique, dans la chambre qui est au premier étage où elles vont s'envoyer en l'air, ou quand elles partiront toutes les deux, bras dessus bras dessous, pour aller dîner.
- OK, j'ai pigé. Je vous appellerai quand ces deux gonzesses auront été exécutées.
- Pas des gonzesses, Hardmore. Des travestis. Des putains de travestis qui m'ont, tous deux, fait tomber dans leurs griffes. Raison pour laquelle je veux me venger. Capisco?
- Ah ben ça alors... Si je m'attendais... Des travestis... Mais bon, pas de problème Boss. Je vais vous débarrasser de ces deux... Heu, "machins". 
- Dernière chose, Hardmore. La fille en blanc que vous reluquiez tout à l'heure... Oui, celle qui disparaît au bout de la rue, là-bas...
- Oui? Et alors?
- Elle en est elle aussi!
- Oh Bonne Mère! On peut plus se fier à personne de nos jours...

Benoît Barvin.

Ce texte répond à un jeu littéraire lancé par Madame Kevin pour le blog à mille mains, basé sur une photo de Robert Lubansk. De nombreux blogs y ont répondu. Voir sur la page de droite à différentes adresses, notamment celles de Seb Musset.