Bonjour à vous qui, dans le maelström du net, êtes arrivés, par hasard? lassitude? erreur? sur ce blog. Vous êtes les bienvenus. Vous y lirez des extraits d'articles, de pensées, d'interviews, piochés ça et là, et illustrés de photos et dessins détournés, via un humour de bon aloi. Vous pouvez évidemment réagir avec le même humour, la même ironie que nous mettons, chaque jour, à tenter de respirer un peu plus librement dans une société qui se corsète chaque fois un peu plus.
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mercredi 9 avril 2014

"Il brûlait d'envie de lui avouer qu'il n'était pas sapeur-pompier". Jacques Damboise in "Pensées inconvénientes".

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Pensées pour nous-mêmes:

(POSSÈDES-TU LA CLÉ POUR
OUVRIR LA PORTE DE TA DESTINÉE?)

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(Le réparateur de cabines téléphoniques
a une manière personnelle de travailler)


De Niro
(Source: pushthemovement, via mermaider)

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L’écriture est le complément d’âme 
d’une société qui n’a plus d’âme, 
dévastée par l’échange

Entretien avec Francis cousin à l’occasion du salon du livre récolté par agenceinfolib

   Francis Cousin adopte clairement une vision anti-métaphysique, centrée sur la primauté de la parole de l’être originel qui est selon lui, la contestation la plus radicale de la métaphysique contée et comptée de la civilisation spectaculaire occidentale. (hem...)

   Selon lui, l’émergence de l’écriture vient signaler la catastrophe économique du passage de la « Communauté de l’Être » à la « Société de l’Avoir » : « C’est la perte irréductible de l’être communautaire primordial qui, produisant la réalité sociale d’une fuite éperdue de l’homme hors de l’homme, d’une sortie et d’un échappement hors de l’être, a ainsi conduit à la naissance de l’écriture », étant donné que la première écriture est bien historiquement une comptabilité (Les fameux calculi) qui vient dire que désormais la production s’en va se vendre et que la vie qui simultanément s’enfuit en la vente doit dès lors s’écrire des compensations épiques, littéraires et religieuses.

   Pour lui, il est incontournable que c’est le chiffre qui a fait naître la lettre et que la lettre n’est qu’une métastase pathologique du chiffre… D’une certaine manière, Francis Cousin rejoint le révolutionnaire identitaire amérindien Russell Means, un des fondateurs du Mouvement Amérindiens.

   Dans un discours prononcé à l’occasion du « Black Hills International Survival Gathering », organisé dans les « Collines Noires » de la réserve amérindienne de Pine Ridge, Dakota du sud , il dit :

   « Je me dois de commencer un tel discours en faisant d’abord une remarque : je déteste écrire. Le procédé est, en soit, l’incarnation du concept Européen de « pensée légitime » ; ce qui est écrit a une importance qui est complètement déniée à la parole. Ma culture, la culture Lakota, a une longue tradition orale, donc généralement je refuse d’écrire. C’est une des manières que le monde blanc a de détruire les peuples non-européens, en imposant un système abstrait au détriment de la parole et des relations directes entre les personnes. Ce que vous lisez ici n’est donc pas ce que j’ai écrit, mais ce que j’ai dit, que quelqu’un d’autre a décidé de retranscrire. 

   Si j’autorise cela, c’est uniquement parce qu’il semble que la seule manière de communiquer avec le monde blanc soit par le biais des feuilles desséchées et sans vies d’un livre. Mais peu importe finalement que mes mots atteignent ou n’atteignent pas des blancs. Ils ont déjà montrés à travers leur histoire qu’ils sont incapables d’entendre, incapables de voir, ils ne savent que lire (il y a bien sûr des exceptions, mais celles-ci ne font que confirmer la règle) ».

   Ce discours qui à prime abord semble raciste ne l’est pas, car il affirme : « Il n’y a pas de racisme ici, uniquement une analyse de ce qui fonde et anime l’esprit d’une culture. Au-delà, je travaille avec quiconque a pu expérimenter l’oppression européenne, et résiste à son totalitarisme culturel et industriel. Clairement, ce dernier cas inclut aussi des Caucasiens (blancs) de souche qui luttent contre les normes dominantes de la culture européenne ».

   Voilà des opinions qui donnent une approche différente de l’écriture, que l’on peut apprécier ou pas mais qui ont le mérite d’être originale. (...) 


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(Le miroir magique était un petit coquin)


(Source: francoassenza, via noiredesire)

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Benoît Barvin

jeudi 13 mars 2014

"Il envoyait toujours ses chauds sentiments à ses amis esquimaux". Jacques Damboise in "Pensées pensées".

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Pensées pour nous-mêmes:

(LE CŒUR DU MAÎTRE 
EST A TOUT LE MONDE)

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"Oups, pardon!
Que je suis maladroite..."


(Source: olderoticart)

(La femme du patron licencieur
était maladroite, c'est vrai...
et riche maintenant)

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(Agents de la culture américaine
célébrant par avance leur victoire
sur celle du vieux continent)


(Source: sergiopiccioni)

Culture : 
lettre de Jack Ralite à François Hollande

Jack RALITE

   Notre ami Serge Regourd (professeur à l’université Toulouse-I-Capitole, directeur de l’institut du droit de l’espace, des territoires et des communications) attire notre attention sur l’initiative prise par Jack Ralite, ancien ministre, qui a adressé une lettre ouverte au Président de la République pour exprimer les graves préoccupations que suscite sa politique, particulièrement dans le domaine de la culture. 

   Vous trouverez ce texte admirable ci-dessous.

   Initialement signé par 100 personnalités (Michel Piccoli, DominiqueBlanc, Catherine Tasca, Juliette Gréco, Grand Corps Malade, Sapho, etc.), il a recueilli spontanément des centaines de signatures provenant de tous les milieux culturels. De telle sorte, que (nous dit Serge Regourd) « chaque semaine, Jack Ralite renvoie un nouveau courrier au Président assorti des nouvelles signatures ».

   Vous pouvez y ajouter la vôtre par un mail à jackralite2@gmail.com

LGS
Le 3 février 2014

Monsieur le Président de la République
Palais de l’Elysée
55 rue du Faubourg Saint-Honoré
75008 Paris

Monsieur le Président,

   Par nos engagements culturels, artistiques et citoyens, nous sommes fidèlement attachés à la politique culturelle française que nous entendons voir se développer selon le principe d’invention de la perpétuelle ouverture. Or, nous constatons que cette démarche après avoir marqué le pas connaît notamment par la politique budgétaire de notre pays une situation s’aggravant de jour en jour. Beaucoup de ce qui avait été construit patiemment se fissure, voire se casse et risque même de disparaître. 

   Le patrimoine dans sa diversité, le spectacle vivant dans son pluralisme sont en danger. Faute de crédits suffisants, de personnels, de négociations, de considération et de reconnaissance du travail humain, du respect des métiers, se répandent des malaises, des souffrances, des colères. Le ministère de la culture tend à n’être plus le grand intercesseur entre les artistes et les citoyens. Il perd son pouvoir d’illuminer. Les collectivités territoriales dont le rôle est devenu immense en culture et en art voient leurs finances brutalisées et réduites par Bercy. L’Europe minore sa déjà médiocre politique culturelle alors même qu’elle négocie avec les Etats-Unis un Traité de libre échange gravissime pour la culture. Google, l’un des accapareurs des nouvelles technologies à civiliser, limite les citoyens à n’être que des consommateurs et s’installe en Irlande pour ne pas avoir à payer d’impôts en France.

   Le travail est tellement livré au management et à la performance que les personnels se voient ôter leurs capacités de respiration et de symbolisation. On a l’impression que beaucoup d’hommes et de femmes des métiers artistiques sont traités comme s’ils étaient en trop dans la société.

   On nous répond, c’est la crise. La crise ne rend pas la culture moins nécessaire, elle la rend au contraire plus indispensable. La culture n’est pas un luxe, dont en période de disette il faudrait se débarrasser, la culture c’est l’avenir, le redressement, l’instrument de l’émancipation. C’est aussi la meilleure antidote à tous les racismes, antisémitismes, communautarismes et autres pensées régressives sur l’homme.

   Mais la politique actuelle est marquée par l’idée de « donner au capital humain un traitement économique ». Il y a une exacerbation d’une allégeance dévorante à l’argent. Elle chiffre obsessionnellement, compte autoritairement, alors que les artistes et écrivains déchiffrent et content. Ne tolérons plus que l’esprit des affaires l’emporte sur les affaires de l’esprit.

   On est arrivé à l’os et 50 ans de constructions commencent à chanceler. Les êtres eux-mêmes sont frappés, le compagnonnage humain s’engourdit. L’omniprésence de « programmateurs » et « administrateurs » mettent en état de dominance les artistes. Nous craignons le risque du pire dans la demeure culturelle.

   L’urgence est de stopper l’agression contre « l’irréductible humain », là où la femme, l’homme trouvent le respect d’eux-mêmes et le pouvoir de reprendre force contre tous les raidissements normatifs, les coups de pioche, le mépris, l’arrogance.

   Il est temps à ce « moment brèche » d’accomplir la fonction du refus à l’étiage voulu. Il y a besoin d’une nouvelle conscience alors que croît la tentation de réduire la culture à un échange : j’ai produit, tu achètes. La culture se décline au contraire sur le mode : nous nous rencontrons, nous échangeons autour de la création, nous mettons en mouvement nos sensibilités, nos imaginations, nos intelligences, nos disponibilités. C’est cela qui se trouve en danger et requiert notre mobilisation et notre appel en votre direction.

   L’histoire garde un geyser de vie pour quiconque a l’oreille fine et écoute éperdument. Encore faut-il renoncer au renoncement. L’homme est plein à chaque minute de possibilités non réalisées. Nous avons tous un pouvoir d’agir à mettre en marche.

   C’est avec ces idées en tête et au cœur que nous souhaitons, Monsieur le Président, vous faire part de notre vive inquiétude et vous demander de maintenir et de développer la politique culturelle.

   Un budget minoré pour ce travail indispensable serait grave. Même le surplace conduirait à des agios humains et politiques, à un freinage dans la culture.

   La politique culturelle ne peut marcher à la dérive des vents budgétaires comme la politique sociale d’ailleurs avec qui elle est en très fin circonvoisinage. « L’inaccompli bourdonne d’essentiel » disait René CHAR.

   Nous vous prions de croire, Monsieur le Président de la République, en notre haute considération.
Jack Ralite


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(Cette barbe à Grand-Papa avait un drôle de goût)


(Source: just-for-grins, via francine)

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Luc Desle

lundi 25 novembre 2013

"Il embrassa avec la langue sa nouvelle religion qui en fut offusquée". Benoît Barvin in "Pensées pensées".

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Pensées pour nous-mêmes:

(SOIS, A JAMAIS,
UN SOURIRE IMPERFIDE)


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Nouveau court récit au long cours (23)

LE LIBÉRÉ 
DU 
CLUB MAD


   Daniel parle d'un étrange projet qu'il aurait, celui de faire exploser le lieu de "perdition" qu'est devenu le Club. Il prétend qu'il s'agit d'une plaisanterie. Mais doit-on le croire?



CHAPITRE 7

« De l’homme à l’homme vrai, le chemin passe par l’homme fou. »
Michel Foucault

   Il s’est levé pendant la nuit et, par choix, est allé pisser dehors, par dessus la falaise qui est là, juste devant la case. Le vent venait d’Albanie, circulant sans problème par delà les frontières artificielles. Le sol ne vibrait plus. Quelques rumeurs montaient des cases situées près de la plage. Une lueur d’aube délavait le ciel.

   Alors il a pris les fioles et ses instruments de mesures, sans réveiller Rachel. Il est passé par les sentiers oubliés, direction le night. Il a fait ses calculs d’apprenti sorcier, réalisé quelques savants mélanges, puis il est venu se recoucher près de sa nouvelle âme.

   Il sait que son acte ne rime à rien, que ça ne fera réfléchir que ceux qui réfléchissent déjà sans autre succès que de trouver des solutions qui resteront des belles paroles comme autant d’œuvres d’art incomprises. Là par contre, il va y avoir des dégâts matériels et humains. Au moins mille cinq cents personnes s’ils ne réagissent pas massivement à son appel. Les événements de ce début de siècle lui disent bien pourtant que les hécatombes humaines dues à des attentats, ne font globalement pas plus bouger les mentalités qu’une épidémie de grippe en Angola ou un séisme en Turquie. Alors, à quoi bon ?

   Il n’a aucune revendication religieuse, aucun idéal politique. Il espère simplement que de petites actions comme la sienne et comme celles qui sont menées actuellement par d’autres confrères viendront à bout de l’arrogance et de la domination.

   - Qu’est-ce que vous dites ? murmure Rachel dans un demi-sommeil. Vous parlez tout seul ? Ou à vos anges peut-être ?

   - Je prononce toujours quelques mantras le matin. Cela me lave l’esprit.

   - Je devrais faire comme vous. Montrez-moi. Mais au fait, vous êtes bien sûr que personne ne nous espionne ?

   - Non, les circuits de la Real TV sont hors service.

(A Suivre)

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(Cette image pornographique échappa à la sagacité
des censeurs d'un fameux réseau social)



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(La nouvelle vision de la culture par les
décideurs européens était un rien particulière...)

(via talkytina)


EDUCATION :
La culture, essentielle et populaire

Mia Doornaert

   (...) Jusqu’où doivent s’étendre les frontières de l’Union européenne? “Jusqu’aux frontières du gothique”, a répondu un jour un grand Européen, le chrétien-démocrate Helmut Kohl, chancelier de l’Allemagne fédérale de 1982 à 1998. Helmut Kohl a par là même apporté une réponse essentiellement culturelle, et par conséquent européenne. Une interview publiée le 16 novembre dans De Standaard y a fait écho : celle du géant Cees Nooteboom, qui compte parmi les meilleurs écrivains n’ayant jamais reçu le prix Nobel de littérature. 

   Nooteboom est très désabusé par le débat européen, car il ne porte plus sur la culture, sur les idées, mais sur les centimes et les pourcentages. L’Europe dont nous devrions parler, dit-il, est celle “d’Erasme et de Voltaire, de Tolstoï et de Thomas Mann, de Rembrandt et de Botticelli, d’Hegel et de Hume”, et non l’Europe“des trois virgule zéro pour cent” [le rapport PIB/déficit admis par les critères de convergence de l’euro]. C’est tout à fait juste, et Nooteboom est l’incarnation de cette Europe. (...)

   Une caractéristique intéressante de sa liste est que tous les noms, sauf un, sont issus de l’Europe occidentale, l’Europe qui utilise l’écriture latine, l’Europe de la Renaissance et des Lumières, l’Europe qui a lancé les idées de tolérance et de gouvernements devant rendre des comptes à des citoyens qui sont plus que de simples sujets. Ce n’est pas exactement le modèle que Tolstoï imaginait. Si la Russie de Vladimir Poutine ne répond pas vraiment à l’idée que nous nous faisons d’une démocratie, cela vient en grande partie de l’évolution très différente qu’a connue l’Europe byzantine, l’Europe de l’alphabet cyrillique. (...) 

   (...) Cette constatation ne relève pas d’un déterminisme historique. Elle signifie en revanche que l'Europe occidentale et centrale se se retrouve davantage dans les idées et les idéaux des “pères fondateurs” que la partie byzantine – la Grèce, la Roumanie, la Bulgarie, une majeure partie des Balkans – qui en outre a été coupée des Lumières, et donc de Voltaire, Hegel, Hume et leurs descendants pendant des siècles d’occupation ottomane. En s’élargissant vers le sud-est de l’Europe, l’Union a partiellement changé d’identité, et cela se remarque et se sent. (...)

   (...) Un autre facteur intervient. L’Europe que Nooteboom et bon nombre d’autres véritables Européens ont à l’esprit, est une Europe qui risque d’être estampillée “élitiste”. Ici, dans ce pays, on utilise ce mot à tort et à travers, contre tous ceux qui défendent un bon usage de la langue et un enseignement axé sur l’acquisition de connaissances et d’une certaine sagacité, et non sur l’acquisition de compétences utilitaires. Comment entendons-nous former des générations d’Européens sans un solide enseignement de leur propre langue et d’autres langues ?(...)

  (...) Un autre homme de culture, [le philosophe flamand] Luc Devoldere, s’est montré un véritable Européen lors de sa conférence sur la pacification à Breda [Pays-Bas], le 9 novembre. Il a conclu son intervention intitulée, “Egarés dans nos langues”, qui devrait constituer une lecture obligatoire partout aux Pays-Bas et en Flandres, par les propos suivants : “Peut-être qu’aux derniers instants de ma vie, moi qui fais preuve d’un sentimentalisme pragmatique envers les langues, je soupirerai à l’idée du celte que j’ai perdu, je marmonnerai quelques mots en latin, je chanterai en italien, je rêverai en français et je mourrai dans mon flamand occidental. Mais j’aurais veillé en néerlandais et au néerlandais. Voilà”. 

   Ou comment devenir un vrai Européen, en étant enraciné dans sa propre langue et sa propre culture et en les aimant. La nation est effectivement un tremplin vers l’Europe, et non, comme les partis populistes le proclament actuellement, un repli sur son propre petit monde.

   Joseph Goebbels, confident d’HitIer et responsable de sa propagande, a dit un jour : “Quand j’entends le mot culture, je sors mon revolver”. L’Union européenne est construite sur l’idée totalement opposée que, lorsque nous voyons un revolver, nous sortons notre culture. Si nous voulons éduquer les jeunes générations dans la paix, dans l’Europe, nous devons les éduquer dans cette culture, qui n’est pas “élitiste”, mais fait partie de notre héritage à tous. (...)

Traduction : Isabelle Rosselin



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(Désinvolte, l'amour se lovait là où il le désirait)

(Source: praiadoprazer, via dropdead61)


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Luc Desle

lundi 27 mai 2013

"Au clair de la thune, mon ami Prolo...". Jacques Damboise in "Air connu un peu".

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Pensées pour nous-mêmes:

(LA TERRE EST TON FUTUR LIT DE REPOS)

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LONG RÉCIT AU LONG COURS (1/20)
pcc Benoît Barvin et Blanche Baptiste

   Le jeune Angélus, brûlé dans sa chair, n'est plus capable d'éprouver ce plaisir du toucher qui était tout le plaisir de son existence. Va-t-il éprouver le désir de se venger de ses tourmenteurs?
ANGÉLUS 
ou 
LES SECRETS DE L’IMPALPABLE




CHAPITRE 7

   Sœur Jeanne lut d’une voix chevrotante l’Épître Selon Saint Jean. Son visage était d’une blancheur de craie et plusieurs fois elle dut s’arrêter pour reprendre son souffle. Elaine, qui mangeait tout au bout de la dernière table, remarqua que la novice s’accrochait au pupitre comme à une planche de salut.

   « Que lui arrive-t-il ? se demanda-t-elle. Est-ce que la vieille sorcière lui a fait de nouveau de méchantes remontrances ? ». Elle appelait ainsi Soeur de la Miséricorde qui portait décidément mal son nom. 

   Elle examina l’assemblée. La supérieure du couvent qui, comme à son habitude, présidait le repas, baissait la tête et paraissait préoccupée. Elle avalait lentement son brouet qui semblait encore plus clair et inconsistant que d’ordinaire. Les autres religieuses faisaient le moins de bruit possible en plongeant leur cuillère dans la soupe. Ce soir-là, l’ambiance générale était à la morosité et la voix faible de Soeur Jeanne rendait la scène pathétique.

   Le père Grangeais était assis à côté d’Elaine. On le lui avait présenté et la jeune femme avait voulu solliciter une entrevue avec l’homme d’église, mais le dîner avait débuté tout de suite. Le prêtre arborait également un air sombre et jetait de fréquents coups d’œil en direction de la Mère Supérieure. Elaine se promit de lui parler sous peu. Mais quel problème devait-elle aborder avec lui?

   Les médisances des deux vieilles lui restaient en mémoire, ainsi d’ailleurs que l’apparition de l’apothicaire. Cet Angélus (quel drôle de prénom !) lui avait fait une étrange impression. Elle n’était pas sûre de ce qu’elle avait vu. Avait-il vraiment une main abîmée qui ressemblait à une immonde boursouflure ? N’était-ce pas plutôt son imagination qui avait trop travaillé, une imagination tout entière occupée par l’horrible mort d’Adrien ? Elaine n’en savait plus rien. Elle se sentait si fatiguée... 

   C’est de cela qu’elle devrait parler avec le Père Grangeais : de sa fatigue, de ce sentiment de culpabilité qui la submergeait, quand les défenses psychologiques qu’elle érigeait cédaient soudain sous le poids de la lassitude.

   Le dîner ne s’éternisa pas. Lorsque la jeune femme se leva, Sœur de la Miséricorde l’invita sèchement à aller aider en cuisines pour la vaisselle. Bien qu’elle chuchotât, les inflexions de sa voix étaient toujours aussi méchantes. Cette religieuse exsudait un tel fiel qu’Elaine se demanda comment elle avait pu devenir religieuse et si ce n’était pas elle ce « Belzébuth » évoqué par la vieille femme du village.

   Elle poussa jusqu’aux cuisines un chariot brinquebalant et plein à ras bord de vaisselle sale. Elle y retrouva Soeur Jeanne qui plongeait ses mains dans un grand baquet d’eau trouble. Dans la pièce, quelques chandelles brûlaient en dégageant une forte odeur de suif.

   - Laisse-moi t’aider, proposa Elaine.

   Soeur Jeanne la repoussa faiblement. Elle courba un peu plus l’échine et son voile lui cacha presque entièrement le visage.

   - Non ! Laisse-moi seule. Je dois me mortifier parce que Notre Seigneur Jésus n’aime pas la médisance. Il est pur, Lui, et pour racheter nos péchés, il est mort sur la croix. Je ne suis qu’une pauvre pécheresse que Notre Seigneur surveille. Ces yeux sont pareils à des dards de vengeance qui me disent : méfie-toi, vilaine fille, de ces propos que tu lances à tout venant. Ils te souillent la bouche et t’ensevelissent sous un tombereau de fiente...

   Le ton exalté de Soeur Jeanne effraya Elaine qui, instinctivement, recula.

   Le regard de la novice était celui d’une hallucinée. Elle plongeait ses bras dans l’eau, en ramenait des écuelles qu’elle frottait mécaniquement, tout en psalmodiant le « Je vous salue Marie ».

   - Jeanne, s’il te plaît, que t’arrive-t-il ?

   La novice pivota et dévisagea Elaine, comme si elle ne la reconnaissait pas.

   « C’est ma faute, c’est ma très grande faute... » commença-t-elle en esquissant un semblant de sourire. Mais ce dernier étira la bouche de la moniale en une grimace sardonique. Deux religieuses intervinrent alors pour calmer Sœur Jeanne, usant des mêmes mots que l’on emploie pour quelqu’un ayant perdu l’esprit. 

   Profondément affectée, Elaine s’éloigna et s’empressa d’aider d’autres Soeurs à préparer le repas du lendemain. Sur la grande table en bois, il y avait de la farine, de l’eau, du lait et du beurre. Deux religieuses étaient en train de pétrir une pâte. Elles accomplissaient ces gestes avec une grande douceur et riaient sous cape.

   C’était la première fois que la jeune femme était admise à la cuisine. Elle fut surprise de voir combien la communauté, loin du sérieux qu’elle affectait lors des messes quotidiennes, pouvait se révéler joyeuse. Il y avait là nombre de religieuses d’un âge équivalent à celui de Soeur Jeanne. Pour la plupart elles venaient de familles bourgeoises et une certaine nonchalance se faisait jour lorsqu’elles n’étaient plus sous la tutelle de la Supérieure ou de Soeur de la Miséricorde.

   - Viens te joindre à nous, lui proposa Soeur Adèle, les mains plongées dans la pâte. C’est délicieux de sentir cette matière. Ca colle à la peau, c’est gluant, puis en rajoutant de la farine, ça devient plus malléable et plus doux dans la paume de la main... Regarde !

   Elle se mit à malaxer la boule avec ferveur, une expression de bonheur enfantin sur les lèvres, faisant naître entre ses doigts un gros boudin de pâte dont l’extrémité commença à retomber mollement sur la table, au milieu de quelques rires discrets.

   - Vous n’avez pas honte ! s’exclama Soeur Jeanne en se dégageant soudain du groupe qui tentait de la calmer. On dirait un troupeau d’hétaïres ! Soeur de la Miséricorde va intervenir et vous mettra à l’amende... Comme moi. Vous serez obligées de porter le cilice et de rester allongées sur le sol dallé en récitant des kyrielles de Pater Noster et d’Ave Maria. C’est Satan qui vous inspire, mes Sœurs ! C’est le Seigneur des Enfers qui vous souffle vos actes impies.

   Redoutant une nouvelle crise, Sœur Lucie, chargée de l’économat, conseilla à ses compagnes de ramener la novice dans sa cellule. Cette fois, elles l’y entraînèrent de force.

   - Soeur Jeanne a été très éprouvée aujourd’hui, expliqua Soeur Adèle à Elaine. Elle ira mieux demain... Pour l’heure, elle semble habitée par des Forces qui dominent son entendement.

   Et la religieuse se signa dévotement, aussitôt imitée par ses compagnes.

   Mal à l’aise, Elaine s’en fut au milieu d’une conversation animée. Les Soeurs commentaient l’éclat de Soeur Jeanne avec, dans la voix, une réelle inquiétude.

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(A Suivre)
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"Langue chargée...
- D'insectes?
- Exactement. Comment avez-vous deviné?"


1jour1actu.com

Goudron, insectes, poils : 
savez-vous ce que vous mangez ?
ELSA PONCHON

   (...) Des vessies de poisson, des glandes de castor, des cheveux... Le blog Word of mouth, hébergé par le journal britannique The Guardian, a choqué des milliers de lecteurs en révélant une liste de « dix ingrédients qui se cachent dans nos aliments ». Des additifs naturels ou de synthèse que l’on est susceptible de consommer tous les jours en Grande-Bretagne. Terra eco a voulu savoir si le consommateur français en avale aussi, à l’aide, notamment, de la base de données Open food facts. Verdict : gourmands et estomacs sensibles s’abstenir.

   / Le goudron sur le gâteau

   Pour décorer un joli gâteau au chocolat, il suffit de mettre de la couleur. Hop, des vermicelles arc-en-ciel de marque Vahiné : du rose, du bleu, du vert... et du goudron de houille, dont est issu un colorant de synthèse jaune, la tartrazine (E102). L’Union européenne oblige les fabricants à ajouter un message préventif sur leurs emballages car ce colorant est susceptible de provoquer des troubles de l’attention et de l’hyperactivité chez les enfants. Il présente également des risques d’allergies. Et la tartrazine ne se trouve pas que sur vos gâteaux : elle entre également dans la composition de certaines boissons gazeuses à l’orange ou dans l’enrobage de sucreries.

   / Des insectes dans les bonbons

   Vous aimez les fraises Tagada et les bonbons Haribo ? Si vos préférés sont les bonbons de couleur rouge, alors vous adorez les cochenilles, ces petits insectes dont est issu l’acide carminique (E120). Un colorant rouge 100% naturel, utilisé dans de très nombreux aliments de couleur rouge, orange ou rose selon Open food facts : les sucreries (Malabar tutti frutti, M&M’s), mais aussi la charcuterie (saucisses types Knaki de la marque Herta, merguez de la marque du distributeur Carrefour) et même les yaourts, chips et la croute du fromage à raclette de RichesMonts.

   / Le borax : pour ignifuger un meuble ou conserver le caviar

   Le borax ou tétraborate de sodium (E285) est principalement utilisé « dans les matériaux ignifuges (ininflammables) et les composés antifongiques (contre les champignons) », indique la blogueuse du Guardian. Mais il est aussi employé dans la restauration pour contrôler l’acidité de certains produits et comme conservateur, par exemple dans le caviar royal de Labeyrie.

   /  L’E900, un additif pour les implants mammaires et… les McNuggets

   Le polydiméthylsiloxane ou diméthicone (E900) est un additif de synthèse qui entre dans la fabrication du silicone utilisé dans les implants mammaires. Mais il sert aussi dans la restauration, où il est utilisé en tant qu’antimoussant, antiagglomérant et émulsifiant. On en trouve dans les huiles et dans les McNuggets de McDonald’s. Contacté par Terra eco, McDonald’s explique que ses nuggets sont cuits dans une huile contenant de l’E900 « en très faibles quantités » afin que celle-ci ne mousse pas et afin de « limiter les risques d’incendie ». Les McNuggets contiennent donc des traces de cet additif. La marque Auchan commercialise elle un pâté de tête avec une vinaigrette qui en contient.

   / Des cheveux humains dans le pain du petit-déj’

   Le L-cystéine (E920) est un additif issu des acides aminés contenus dans les poils des animaux et parfois... dans les cheveux humains. Selon une enquête menée par les journalistes Mike Adams et David Guiterrez, ces derniers proviennent de Chine. Cet additif est utilisé comme conservateur dans le pain industriel, mais également dans les préparations à base de canard ou de poulet. McDonald’s nous a également confirmé que la farine utilisée pour ses pains contient du E920. Sinon, vous le trouverez au petit-déjeuner dans le pain grillé Froment de la marque Chabrior, à l’apéro dans les bouchées créatives de Jacquet et au repas rapide du dimanche soir, dans la tarte aux trois fromages de Claude Léger.

   /  Propylène glycol : dans les antigels et… les cigarettes électroniques ?

   Le propylène glycol (E1520) est un additif de synthèse principalement utilisé dans les antigels, mais également dans les cosmétiques dont les dentifrices, shampoings, bains de bouche, ou comme principe actif dans les cigarettes électroniques. Il est utilisé dans l’industrie alimentaire comme émulsifiant dans les sauces et assaisonnements, ou « comme support dans les arômes alimentaires liquides », explique Charlotte Plouvier, aromaticienne.

   / De la vessie de poisson dans ma bière

   Vous aimez vous désaltérer avec une bonne bière. Une Guinness peut-être ? Sachez d’abord que la bière irlandaise contient une substance gélatineuse, l’isinglass, fabriquée à partir de vessies de poissons. Elle est utilisée pour clarifier, c’est-à-dire éliminer l’aspect trouble de la bière.


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(Le coeur embrasé
elle attendait celui ou celle
qui l'alimenterait)


CHRISTIAN SCHLOE -PORTRAIT OF A HEART (2013)

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"Avec Internet, j'ai appris à me coiffer
et à me lâcher un peu, quoi..."


Sommes-nous plus cultivés grâce à Internet ?
 Norca

   (...) Nombreux sont les personnes qui vous disent que grâce à Internet on peut tout savoir. Dans le fond c’est vrai. Mais avant Internet on pouvait aussi tout savoir, seulement les efforts pour y avoir accès étaient énormes. Mais connaissons-nous réellement plus de choses grâce à Internet ?

   Avant l’arrivée d’Internet, lorsque vous vouliez apprendre quelque chose, connaître une information vous deviez fournir un effort (vous déplacer à la bibliothèque, aller acheter un journal ou un livre, ouvrir un dictionnaire ou même sortir pour discuter avec d’autres personnes…). L’acte d’apprentissage partait d’une volonté, d’une motivation affichée et réelle. Il fallait une vraie raison ou une soif d’apprentissage certaine pour dépenser cette énergie, les tentations de distraction étaient nombreuses et les raisons de ne pas le faire également. 

   Par contre, les personnes qui se donnaient la peine de faire ces efforts ont mieux imprimé les informations car je pense qu’il est beaucoup plus facile de mémoriser quelque chose lorsque cela a été le fruit d’un effort voulu et surtout lorsque vous vous êtes concentré sur une information à la fois. Je pense que votre cerveau est plus apte à le stocker dans votre mémoire.

   Le web c’est exactement le contraire. L’accès à l’information est simple, très simple même mais la profusion d’informations ne vous simplifie pas la mémorisation. Une information vous entraîne vers une autre information etc. Vous avez l’impression de connaître pleins de chose tout en ayant l’impression de ne rien retenir. Cette sensation est étrange. 

   Aujourd’hui, pour la moindre définition d’un mot, vous prenez votre smartphone et dans la minute vous avez l’information, vous reprenez ensuite le cours de votre vie. La volonté de connaître ce mot ne s’inscrit pas dans un processus plus global comme la meilleure compréhension d’un concept, d’un livre, d’une conférence…non, ce fut juste pour le principe de le connaître. Ce qui, pour moi, entraîne inévitablement l’oubli de ce mot.(...)

   « Le web vous permet de commencer à découvrir des pans entiers de savoir auxquels vous ne soupçonniez pas l’existence et ce, de façon très simple d’accès. » Pour ce qui est de la fixation de ce savoir dans votre cerveau, je pense que l’acte volontaire d’aller le chercher, ou de le compléter grâce aux livres par exemple, est indispensable pour structurer une pensée.

   Le web a simplement, et c’est énorme, détruit les barrières sociales qui vous permettaient ou non d’accéder au savoir. Auparavant, si vous n’aviez pas eu cette éducation d’aller le chercher et bien vous ne l’aviez tout simplement pas. Maintenant vous pouvez l’avoir sans qu’on vous ait appris comment faire. Lorsque les livres de poche sont apparus, ils permettaient un accès plus simple au savoir et moins cher aussi, maintenant, c’est le web qui remplit cette mission et de façon extraordinaire.(...) 


µµµ
Luc Desle

lundi 25 mars 2013

"Mon sang n'a fait qu'un tour, fut la pauvre défense de ce cycliste convaincu de transfusion illicite". Jacques Damboise in "Pensées inconvénientes".

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Pensées pour nous-mêmes:

(VEILLE A CE QUE LE MÉCHANT
NE T’ENTRAÎNE PAS SUR SON CHEMIN)

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"Che n'ai bas chanché d'un iota...
- Hélas..."


AFFAIRE BETTENCOURT: 
LA «MENACE À PEINE VOILÉE» 
DE SARKOZY AU JUGE GENTIL
Grégoire Fleurot

   (...) La mise en examen de Nicolas Sarkozy pour «abus de faiblesse» dans l’affaire Bettencourt n’a pas fini d’alimenter le débat autour de l’indépendance de la justice et les relations entre celle-ci et le milieu politique. Deux articles parus ce samedi 23 mars relatent le moment extrêmement tendu où le juge Jean-Michel Gentil a signifié à l’ancien président de la République qu’il allait faire passer son statut de témoin assisté à celui de mis en examen.

   La scène se déroule jeudi 21 mars au soir dans le sous-sol du tribunal de grande instance de Bordeaux, alors que Nicolas Sarkozy sort d’une journée de confrontation avec d’anciens employés de Liliane Bettencourt, dans «une tension incroyable» selon Le Monde, qui raconte:(...)

  (...) «Après s'être concerté avec ses deux collègues, le juge lui signifie donc qu'il est poursuivi pour "abus de faiblesse". Cette incrimination est vécue comme la pire des infamies par l'ancien président, avocat de surcroît.

   Alors, Nicolas Sarkozy, mâchoires serrées, dénonce d'abord une "injustice", puis a ces mots, beaucoup plus lourds de sens : "Ne vous inquiétez pas, je n'en resterai pas là" Emoi du magistrat, qui interprète cette phrase comme une menace à peine voilée.»

   Le Parisien insiste aussi sur l’«atmosphère irrespirable» qui règne à ce moment, mais rapporte une version légèrement différente de la scène:

   «Le magistrat vient de signifier à Nicolas Sarkozy sa mise en examen. Stupéfait, l’ancien président lui jette un regard noir, laisse planer quelques secondes d’un épais silence et assène: "C’est une injustice". "Vous n’avez pas à dire ça", lui répond sèchement le juge. "Et pourtant je le dis!"enchaîne Sarkozy. Quelques instants plus tard, le magistrat clôt les débats: "Voilà, c’est terminé." Sarkozy reprend la parole, glacial: "Je ne crois pas, non. Ce n’est pas terminé."»

   Le Monde rappelle que les derniers juges à avoir défié Sarkozy (Van Ruymbeke, Ramaël, Marin) en ont tous subi les conséquences, et rapporte que, face à cette réaction «agressive et menaçante», le juge Gentil a décidé de faire inscrire l’incident au procès verbal de l’audition avant de se raviser face à la colère de Thierry Herzog, l’avocat de l’ancien président. (...)

Lire sur:


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"Mettre de l'argent dans la Culture?
AHAHAHAHAHAHAHAHAHAHAHAH"

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Lisa Larsen - Syracuse University, 1949



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"La Kultur? Zela fiendra blus dard... 
Bour l'insdant, ogubons-nous de la gonguête"


Voyage au coeur du miracle culturel
Daniel Verdú
EL PAÍS MADRID

   (...) Si l’effondrement financier de l’Islande en 2008 a souvent été interprété comme une prémonition de la crise européenne, peut-être est-il temps de s’inspirer des solutions que le pays a mis en oeuvre pour s'en sortir.

   A la différence du sud de l’Europe, où les restrictions budgétaires et les hausses d’impôts ont laissé la culture exsangue, ce pays de 320 000 habitants de la taille du Portugal a investi depuis 2008 dans le secteur de l’industrie culturelle. Les retombées économiques de cet investissement (1 milliard d’euros par an) sont deux fois plus importantes que celles de l’agriculture, et le secteur créatif talonne de près la première industrie du pays – et première source d’exportation – la pêche.

   Et tout cela grâce, en partie, à une petite bonne femme de 37 ans, la ministre de la Culture, Katrín Jakobsdóttir, qui pendant quatre ans au gouvernement a choisi de mettre les artistes en avant et d’en faire les acteurs de la reprise économique du pays.

   Aujourd’hui le taux de chômage est de 5,7% et le pays affiche une croissance de 3%. Certes le pays a dévalué sa monnaie et laissé couler les banques en refusant de payer sa dette extérieure. Mais une bonne partie de la reprise est tout de même à mettre au crédit de cette sorte de New Deal artistique. Pourtant, le 27 avril prochain, lors des premières élections organisées depuis que le pays a réussi à surmonter la crise, cette approche inédite pourrait prendre fin.

   Les Islandais ont apparemment la mémoire courte et le parti conservateur, qui était aux commandes quand le pays s’est effondré (la Bourse avait chuté de 90% et le PIB de 7 points) est aujourd’hui grand favori des sondages. La coalition formée par le Parti Vert et les sociaux-démocrates, à laquelle appartient le Premier Ministre Jóhanna Sigurðardóttir (la première femme à occuper ce poste) est en difficulté. La ministre de la Culture, sans doute l’élément la plus charismatique du gouvernement, ne l'ignore pas. Dans son bureau qui donne sur le port de Rejkavik, elle revient sur son mandat qu’elle associe symboliquement à la construction de la spectaculaire salle de concert Harpa. Le chantier avait été interrompu par la crise et en le relançant, elle a voulu en faire la métaphore de la volonté du gouvernement de créer des richesses en développant les arts.(...)

   "Nous considérons la culture comme la base du secteur créatif, qui constitue une part de plus en plus importante de notre économie. Quand j’ai été nommée ministre, la culture était pour moi une question de survie. Et c’est ce que j’essaie faire comprendre aux gens : la culture est un facteur économique très important. Et elle rapporte autant que l’industrie de l’aluminium", explique-t-elle.

   Le gouvernement a procédé à des ajustements budgétaires. Il a dégraissé les ministères et réduit les coûts fixes. Mais cela ne l’a pas empêché d’augmenter le financement de projets culturels indépendants. Cette collaboration très souple entre public et privé n’a cependant jamais donné lieu à un désengagement de l’Etat en matière de culture et d’éducation.

   La musique d’abord. 80% des jeunes (surtout dans les villages) jouent d’un instrument et apprennent le solfège. Et cela se traduit par des dizaines de groupes avec un rayonnement international. Si la plupart des touristes sont attirés par la beauté de l’île, 70% des jeunes selon un sondage récent font le voyage pour écouter de la musique. C’était déjà le cas en 2006 avec la création d’un organisme en charge de la promotion de la musique islandaise à l’étranger sous la houlette de Sigtryggur Baldursson, ancien batteur des Sugarcubes, le groupe des débuts de Björk qui a contribuer à forger la réputation musicale de l’île. D’après cet organisme, 43 groupes islandais ont joué l’année dernière à l’étranger.

   En parallèle, le secteur des logiciels et des jeux vidéos connaît une croissance exponentielle. "C’est un dérivé de la culture et il donne beaucoup de travail aux gens du secteur, notamment aux illustrateurs", explique la ministre. Quant au septième art, depuis qu’une nouvelle loi rembourse les coûts de production des films tournés en Islande, les cinéastes affluent : Ridley Scott a ainsi tourné son Prometheus et Darren Aronofsky, son Noé. (...) 
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Luc Desle