Bonjour à vous qui, dans le maelström du net, êtes arrivés, par hasard? lassitude? erreur? sur ce blog. Vous êtes les bienvenus. Vous y lirez des extraits d'articles, de pensées, d'interviews, piochés ça et là, et illustrés de photos et dessins détournés, via un humour de bon aloi. Vous pouvez évidemment réagir avec le même humour, la même ironie que nous mettons, chaque jour, à tenter de respirer un peu plus librement dans une société qui se corsète chaque fois un peu plus.
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vendredi 31 octobre 2014

"Pour définir ce politicien j'hésitais entre 'chaleureux imbécile' ou 'somptueux crétin". Jacques Damboise in "Pensées à contre-pet".

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Pensées pour nous-mêmes:

(TON BONHEUR N'EST PAS
FORCEMENT LE BONHEUR)

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(Cette femme voilée était la première
à sentir ses vents)



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"Dieu e(s)t mon droit"
(et celui des banquiers)



Seuls 22 pays au monde 
n’ont jamais été attaqués par le Royaume-Uni


   Peut-être est-ce la définition même de l’impérialisme. Regardez cette carte étonnante, relayée ce week-end par le compte Twitter @AmazingMaps : elle révèle que seuls 22 Etats de ce monde – qui en compte près de 200 – n’ont pas été attaqués au cours de l’histoire par le Royaume-Uni !



   LA CARTE DES TERRITOIRE ATTAQUÉS (EN ROSE) ET NON ATTAQUÉS (EN BLANC) PAR LE ROYAUME-UNI

   Extrait de « All the Countries We’ve Ever Invaded : And the Few We Never Got Round To », par Stuart Laycock, éd. The History Press, septembre 2012. (Manque sur la carte Sao Tomé-et-Principe.)

   Certains des pays épargnés sont minuscules, comme la principauté d’Andorre ou celle de MonacoD’autres sont imprenables comme la Mongolie qui, au temps de Gengis Khan, a montré qu’elle pouvait elle aussi conquérir le monde.

   D’autres enfin, l’ont évité de peu, comme certains territoires d’Afrique qui, à la place, sont tombés dans l’escarcelle coloniale française... Et beaucoup ne constituaient pas des Etats dans le sens contemporain du terme à l’époque de leur attaque par le Royaume Uni, ou ses pirates et corsaires.
Nostalgie impériale

   Cette carte, qui ressurgit aujourd’hui, provient en fait d’un livre publié en anglais en 2012, et qui avait été présenté plutôt comme un objet de fierté par la presse britannique, à commencer par le Daily Telegraph conservateur ! The Guardian, pour sa part, avait dénoncé la nostalgie impériale qui se cachait derrière une approche académique.
   Puissance dominante de l’expansion coloniale, le Royaume-Uni a été l’empire sur lequel le soleil ne se couchait pas. Il est désormais couché depuis longtemps, et le monde ne s’en porte pas plus mal...


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(La Femme Invisible faisait
des blagues de potache)



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Luc Desle

jeudi 21 août 2014

"Il buvait pour cesser de manger". Jacques Damboise in "Pensées à contre-pet".

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Pensées pour nous-mêmes:

(NE BOIS PAS LA PAROLE
DU SAGE, VIS-LA)

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"J'aime le Bleu, le Bleu, le Bleeeeuuuu...
- Ahem..."



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"Mes serviettes de bain
portent toutes ma fierté nationale"



linternaute.com

ALLEMAGNE—ROYAUME-UNI

La guerre des serviettes est déclarée

PAUL GRISOT ET CAROLIN LOHRENZ
COURRIER INTERNATIONAL
   (...) Les "squatteurs de chaises longues" ne sont pas ceux que l'on croit. Alors que les Allemands ont la fâcheuse réputation (surtout chez les Britanniques) d'occuper un peu trop les transats dans les clubs de vacances, en arrivant tôt pour les prendre, le tabloïd d'outre-Rhin Bild a mené l'enquête. Son observation est sans appel : "Les vrais squatteurs de chaises longues, ce sont les Anglais !"

   Pour parvenir à cette affirmation, Bild, investi depuis des décennies dans la couverture de terrain de "la guerre des serviettes", a examiné deux photos aériennes prises au-dessus de la piscine d'un club de vacances de la Costa Brava, en Espagne. Le premier cliché a été pris à 7 h 36, et l'on voit qu'aucun des transats n'est occupé. Le second, en revanche, montre que deux heures plus tard chaque siège est occupé par une serviette. Et au moins trois de ces serviettes sont clairement identifiées par le tabloïd comme appartenant à des Anglais (elles comportent soit la croix de Saint-Georges, soit le drapeau (britannique) de l'Union Jack. Conclusion de Bild : "Nous l'avons toujours su : les véritables voleurs de transats, ce sont les Anglais !" 

   Une enquête "à haute teneur scientifique", ironise le quotidien britannique The Independent, qui rappelle que les Allemands, dans l'esprit des sujets de Sa Majesté, "sont une nation de gros bras des transats de piscine", et que les vacanciers anglais ne rigolent qu'à moitié quand ils disent devoir "se lever aux aurores s'ils veulent battre les très efficaces Allemands et leurs serviettes territoriales pour accéder aux lits dorés". 

   Le quotidien britannique relève aussi que Bild accuse les Anglais de souffrir du "syndrome du prince Harry", "le besoin compulsif de se déshabiller" – en référence aux clichés du jeune prince anglais pris lors d'une soirée à Las Vegas pendant l'été 2012. The Independent regrette également que le tabloïd allemand accuse les vacanciers anglais d'être "saouls, stupides, couverts de coups de soleil, gros et affublés de tatouages moches".

   Pour revenir à la question des serviettes, les Anglais ne sont pas les seuls montrés du doigt. Bild, dans un souci d'enquête de terrain qui lui est propre, "a parlé avec les squatteurs". Témoignage de Julie, mère britannique de deux enfants : "Hier, il y avait tout un cinéma au bord de la piscine. On rapporte que des Allemands ont enlevé des serviettes pour bloquer les transats avec les leurs. Mais ce n'étaient pas des Allemands. C'étaient des Français..." (...)


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Benoît Barvin

vendredi 18 juillet 2014

"Ils étaient tous deux sur des berges parallèles au Bonheur". Benoît Barvin in "Pensées pensées".

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Pensées pour nous-mêmes:

(L'EAU DE LA JOIE
ÉTANCHE TOUTES LES SOIFS)

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(Jeune secrétaire riant à gorge déployée
à propos d'une blague graveleuse commise
par son nouvel employeur)


Gary Winogrand

(La jeune femme se suicidera quelques heures plus tard...)


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"A notre euro-scepticisme, my dear.
- Tchin!"



ROYAUME UNI :
“Cameron avance vers la réforme de l’UE
avec un remaniement-éclair”


   (...) Le Premier minsitre britannique David Cameron a profondément remanié son gouvernement le 15 juillet, après la démission la veille du ministre des Affaires étrangères, William Hague. Hague a été remplacé par le ministre de la Défense, Philip Hammond, “un ministre qui a déclaré qu’il voterait pour que le Royaume-Uni quitte l’UE faute de réformes”, écrit leFinancial Times, et dont la mission sera de “préparer une renégotiation de l’adhésion du Royaume-Uni à l’UE”. Cameron a également nommé Lord Jonathan Hill, le chef de file des Conservateurs à la chambre des Lords, comme prochain commissaire européen pour le Royaume-Uni.

   Selon le quotidien britannique, même si Cameron a donné à son gouvernement “un tournant eurosceptique”, ses collaborateurs insistent sur le fait que M. Hammond va aborder la renégociation sur l’UE avec un esprit positif et est déterminé à mener des réformes qui pousseront le pays à voter Oui lors du référendum prévu pour 2017.


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(La Femme à la tête coupée vous salue bien)


(Source: dig-image)

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Luc Desle

samedi 19 avril 2014

"Cet incroyant ne crut pas Dieu quand ce dernier lui dit qu'il existait". Jacques Damboise in "Pensées à contre-pet".

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Pensées pour nous-mêmes:

(LE MAÎTRE N'EST JAMAIS
L'ESCLAVE DE LA SAGESSE)

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(Le lapin d'Alice aimait se travestir)


Rabbit.

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"Pour la Charia! Hip Hip Hip...
- Heu...
- La charia, t'es sûr, vraiment?"




ROYAUME-UNI
"Non à la charia !"

THE SUNDAY TELEGRAPH

   (...) La Grande-Bretagne est généralement accueillante vis-à-vis de ceux qui s’installent dans notre pays pour partager les bienfaits de notre mode de vie tolérant et démocratique, et se rendre utiles à notre société. Pendant un demi-siècle, la communauté musulmane a été une illustration parfaite de cet arrangement mutuel. Ce n’est que tout récemment que le pays est gêné par une petite minorité d’islamistes, qui posent d’ailleurs un problème plus immédiat à la communauté musulmane qu’à l’ensemble de la société. La promotion de la charia fait partie du programme anti-intégration de ces extrémistes. 

   Actuellement, le Conseil de l’ordre des avocats est en train d’émettre de nouvelles recommandations à l’intention des avocats pour l’établissement de testaments conformes à la charia. Cette initiative est préoccupante, car la loi islamique désavantage les femmes, les enfants dont les parents se disputent la garde, les héritiers illégitimes ou adoptifs et beaucoup d’hommes qui, pour une raison ou pour une autre, enfreignent ses préceptes. Dans le cadre d’un système régi par la charia, les musulmans risquent davantage de perdre des droits essentiels plutôt que d’en gagner. De plus, le fait que notre système judiciaire défend leurs intérêts comme ceux de tous les autres Britanniques, n’a rien d’antimusulman.(...)

   La mise en place, en vertu de la loi d’arbitrage, d’un petit nombre de tribunaux islamiques offrant une médiation abordable – le plus souvent pour des affaires commerciales – destinés aux clients musulmans était au départ une initiative louable. Mais, récemment, on constate une prolifération de tribunaux islamiques qui risquent d’entrer en conflit avec le droit anglais. Les recommandations du Conseil de l’ordre ne feront que légitimer ces tribunaux. On se souvient de l’intervention malheureuse de l’archevêque Rowan Williams, il y a six ans, quand il avait exprimé l’idée que l’intégration de la charia dans le système judiciaire britannique était "inévitable". La levée de boucliers engendrée par sa déclaration avait nui aux relations intercommunautaires.

   La baronne Caroline Cox, membre indépendant de la Chambre des lords, mène une campagne pour les droits des musulmanes vivant en Grande-Bretagne et craint que certaines d’entre elles ne soient confrontées à de sérieux problèmes du fait de l’application de la charia. Elle juge "très préoccupantes" les recommandations du Conseil de l’ordre. En effet, tout ce qui valide une justice parallèle est inquiétant. Beaucoup de gens raisonnables vont estimer que la charia, une loi ouvertement discriminatoire à l’égard des femmes, est incompatible avec les idées britanniques de l’équité et de la bienséance. 

   Notre système judiciaire tire ses origines de la morale judéo-chrétienne. C’est – ou du moins ce devrait être – un système qui s’applique à tout le monde. Tel est le principe le plus fondamental de la justice britannique.

   Notre société est favorable à la diversité, mais elle ne devrait pas pour autant adopter des pratiques juridiques opposées à nos valeurs. Dès [le 15 juin] 1215, en signant la Grande Charte, l’Angleterre a pris ses premières mesures pour imposer l’égalité pour tous aux termes de la loi. Il serait très regrettable que, pour le 800e anniversaire de cet événement historique, l’an prochain, ce principe crucial soit en perte de vitesse. (...)


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(Femme dévoilant ses réticences 
à accepter la loi islamique)



2008–2014
Portland, OR 


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Luc Desle

lundi 14 avril 2014

"Ce roi du matraquage publicitaire aidait également ses copains CRS". Jacques Damboise in "Pensées inconvénientes".

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Pensées pour nous-mêmes:

(GARDE TES ILLUSIONS
BIEN EN VIE)

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"Comment ça, mon costume est ridicule?!
Petit impertinent!
Je ne sais ce qui me retient de..."


Bela Lugosi


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"Aboulez le Cash!
Et vite!"


La vérité éclate :
un accès de franchise de la Banque d’Angleterre 
démolit les bases théoriques de l’austérité. 

David Graeber
(The Guardian)

   (...) On dit que dans les années 1930, Henry Ford aurait fait remarquer que c’était une bonne chose que la plupart des Américains ne savent pas comment fonctionne réellement le système bancaire, parce que s’ils le savaient, « il y aurait une révolution avant demain matin ».

   La semaine dernière, il s’est passé quelque chose de remarquable. La Banque d’Angleterre a vendu la mèche. Dans un document intitulé « La création de l’argent dans l’économie moderne », co-écrit par trois économistes de la Direction de l’Analyse Monétaire de la banque, ces derniers ont déclaré catégoriquement que les hypothèses les plus courantes sur le fonctionnement du système bancaire sont tout simplement fausses, et que les positions plus populistes, plus hétérodoxes qui sont généralement associées à des groupes comme Occupy Wall Street, sont correctes. Ce faisant, ils ont jeté aux orties les bases théoriques de l’austérité.

   Pour avoir une idée de la radicalité de cette nouvelle position de la Banque, il faut repartir du point de vue conventionnel, qui continue d’être la base de tout débat respectable sur la politique économique. Les gens placent leur argent dans des banques. Les banques prêtent ensuite cet argent avec un intérêt - soit aux consommateurs, soit aux entrepreneurs désireux d’investir dans une entreprise rentable. Certes, le système de réserve fractionnaire ne permet pas aux banques de prêter beaucoup plus que ce qu’elles détiennent en réserve, et il est vrai aussi que si les placements ne suffisent pas, les banques privées peuvent emprunter plus auprès de la banque centrale.

   La banque centrale peut imprimer autant d’argent qu’elle le souhaite. Mais elle prend aussi garde à ne pas en imprimer trop. En fait, on nous dit souvent que c’est même la raison d’être des banques centrales indépendantes. Si les gouvernements pouvaient imprimer l’argent eux-mêmes, ils en imprimeraient sûrement beaucoup trop et l’inflation qui en résulterait sèmerait le chaos. Des institutions telles que la Banque d’Angleterre ou la Réserve Fédérale des États-Unis ont été créées pour réguler soigneusement la masse monétaire pour éviter l’inflation. C’est pourquoi il leur est interdit de financer directement un gouvernement, par exemple, en achetant des bons du Trésor, mais au lieu financent l’activité économique privée que le gouvernement se contente de taxer.

   C’est cette vision qui nous fait parler de l’argent comme s’il s’agissait d’une ressource limitée comme la bauxite ou le pétrole, et de dire des choses comme « il n’y a tout simplement pas assez d’argent » pour financer des programmes sociaux, et de parler de l’immoralité de la dette publique ou des dépenses publiques « au détriment » du secteur privé. Ce que la Banque d’Angleterre a admis cette semaine est que rien de tout ça n’est vrai. Pour citer son propre rapport : « Plutôt que de recevoir des dépôts lorsque les ménages épargnent pour ensuite prêter, le crédit bancaire crée des dépôts » ... « En temps normal, la banque centrale ne fixe pas la quantité d’argent en circulation, pas plus que l’argent de la baque centrale n’est « démultiplié » sous forme de prêts et dépôts. »

   En d’autres termes, tout ce que nous croyions savoir est non seulement faux – mais c’est exactement le contraire. Lorsque les banques font des prêts, elles créent de l’argent. C’est parce que l’argent n’est qu’une simple reconnaissance de dette. Le rôle de la banque centrale est de superviser une décision juridique qui accorde aux banques le droit exclusif de créer des reconnaissances de dette d’un certain genre, celles que le gouvernement reconnaît comme monnaie légale en les acceptant en paiement des impôts. Il n’y a vraiment pas de limite à la quantité que les banques pourraient créer, à condition de trouver quelqu’un disposé à emprunter. Elles ne seront jamais prises de court pour la simple raison que les emprunteurs, en général, ne prennent pas l’argent pour le cacher sous leur matelas ; en fin de compte, tout argent prêté par une banque finira par retourner vers une banque. 

   Donc, pour le système bancaire dans son ensemble, tout prêt devient simplement un autre dépôt. De plus, lorsque les banques ont besoin d’acquérir des fonds auprès de la banque centrale, elles peuvent emprunter autant qu’elles le souhaitent ; la seule chose que fait la banque centrale est de fixer le taux d’intérêt, c’est-à-dire le coût de l’argent, pas la quantité en circulation. Depuis le début de la récession, les banques centrales américaines et britanniques ont réduit ce coût à presque rien. En fait, avec « l’assouplissement quantitatif » [« quantitative easing » ou planche à billets - NdT] elles ont injecté autant d’argent que possible dans les banques, sans produire d’effets inflationnistes.

   Ce qui signifie que la limite réelle de la quantité d’argent en circulation n’est pas combien la banque centrale est disposée à prêter, mais combien le gouvernement, les entreprises et les citoyens ordinaires sont prêts à emprunter. Les dépenses du gouvernement constituent le principal moteur à l’ensemble (et le document admet, si vous le lisez attentivement, que la banque centrale finance bien le gouvernement, au final). Il n’est donc pas question de dépenses publiques « au détriment » d’investissements privés. C’est exactement le contraire.

   Pourquoi la Banque d’Angleterre a-t-elle soudainement admis cela ? Eh bien, une des raisons, c’est parce que c’est évidemment vrai. Le travail de la Banque est en fait de faire fonctionner le système, et ces derniers temps le système n’a pas très bien fonctionné. Il est possible qu’elle a décidé que maintenir la version conte-de-fées de l’économie, un version qui s’est avérée très pratique pour les riches, est tout simplement devenu un luxe qu’elle ne peut plus se permettre.

   Mais politiquement, elle prend un risque énorme. Il suffit de considérer ce qui pourrait arriver si les détenteurs d’hypothèques réalisaient que l’argent que la banque leur a prêté ne vient pas en réalité des économies de toute une vie de quelques retraités économes, mais que c’est quelque chose que la banque a tout simplement créée avec une baguette magique que nous, le public, lui avons donnée.

   Historiquement, la Banque d’Angleterre a eu tendance à jouer un rôle de précurseur, en présentant une position apparemment radicale qui finissait par devenir la nouvelle orthodoxie. Si tel est le cas ici, nous pourrions peut-être bientôt savoir si Henry Ford avait raison.

Traduction "ça donne envie de solder quelques comptes" par VD pour le Grand Soir avec probablement toutes les fautes et coquilles habituelles.



¤¤¤
(L'Homme sans jambes 
prétendait être un fantôme)



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Luc Desle

mardi 8 octobre 2013

"Par pudeur olfactive le Chat Botté n'ôtait jamais ses bottes". Jacques Damboise in "Pensées à contre-pet".

***
Pensées pour nous-mêmes:

(TU ES LE PEINTRE
DE TA PROPRE VIE)

***
"Pouvez-vous m'indiquer le chemin
de la morgue, je vous prie?"


Death and Doctor Hornbook.
William Brassey Hole, from The poetry of Robert Burns vol I, Edinburgh, 1896.
(Source: archive.org)

***
"Mais enfin, que me voulez-vous?
- Dessape-toi! Et vite, sinon..."


Visionneuse de" L'Homme qui rétrécit"

LE PANOPTICON ELECTRONIQUE 
L'Affaire Snowden et le « Réseau Echelon »

Rémy VALAT 

   (...) L’affaire Snowden, du nom d’un ancien agent de la CIA et de la NSA qui a dévoilé des informations ultra secrètes sur les procédés de captation des métadonnées d’appels téléphoniques, les systèmes d’écoute et de surveillance sur Internet (notamment les programmes PRISM et XKeyscore ), relance la question de la surveillance électronique et de la menace que celle-ci fait peser sur les libertés individuelles. Au rang des pays cibles figure la France (le réseau informatique ministère des Affaires étrangères et les représentations françaises aux Etats-Unis auraient été visité).

   Le danger d’intrusion dans la vie privée (voire de l’inconscient ) des utilisateurs est bien réel. La théorie du panoptique des frères Samuel et Jérémy Bentham ne vise plus seulement les détenus des prisons : il est devenu l’affaire de tous les citoyens et internautes... Pour comprendre l’information d’aujourd’hui, une plongée dans le passé s’impose. (...)

   (...) À la fin de la Seconde Guerre mondiale, les Etats-Unis et la Grande Bretagne ont acquis une avance considérable en matière de cryptographie et de décryptage, grâce au traitement automatisé de ces informations. Le contexte international (la Guerre Froide) et les innovations technologiques dans le domaine des télécommunications et de l’électronique ont favorisé l’émergence sous l’égide des Etats-Unis d’un vaste dispositif d’écoutes illégales des communications hertziennes et filaires, aussi bien écrites que vocales. Ces interceptions de communications visent des « renseignements fermés », c’est-à-dire des informations confidentielles ou secrètes qui n’ont pas à être connues du public pour des raisons de sécurité, commerciales ou de protection de la vie privée. 

   (...) Le système Echelon n’est pas un objet technique en soi, puisqu’il rassemble un ensemble hétérogène de moyens matériels, technologiques et humains : sa singularité vient de la transmission et du traitement en réseau des informations capturées. Ces importants moyens étatiques soulèvent de légitimes questions sur les risques d’atteinte à la vie privée sous-couvert de mesures préventives prises dans le cadre de la lutte contre le crime organisé ou le terrorisme. 

   (...) En 1988, un journaliste d’investigation écossais, Duncan Campbell, a dévoilé à l’opinion publique l’existence de ce réseau, et surtout sa mutation en un outil de surveillance potentiellement totalitaire. En effet, alors que les stations d’écoutes de l’immédiat après guerre étaient destinées à la surveillance des communications militaires et diplomatiques du bloc soviétique, la nouvelle donne géostratégique internationale, a élargi le spectre de ces interceptions aux acteurs économiques et privés à l’échelle internationale. Cette évolution s’explique par les nouveaux visages de la guerre : celle-ci est devenue multiforme, économique et mondialisée, en un mot « hors limite ». 

   (...) Désormais, les contours entre l’espionnage militaire, policier et économique se confondent. Cette dérive pose la question du respect des libertés individuelles face à ces moyens d’investigation clandestins pour des motifs sécuritaires ? Dérive qu’accroît encore la multiplication des acteurs du contrôle réagissant aux moyens officiellement déployés par les Etats-Unis et leurs alliés. Pour ancrer et illustrer notre article, nous nous appuierons essentiellement sur les cas anglo-saxons et français. Nous précisons que les sources exploitées, souvent d’origine militante, pourraient être sujette à caution (difficulté d’accès à des informations secrètes par nature ou manque d’objectivité), mais la plupart d’entre-elles paraissent se recouper. Ce texte, loin d’être exhaustif, vise à dégager les grandes lignes sous-jacentes au débat actuel généré par l’affaire Snowden. (...) 

   (...) Au début de la Guerre Froide, les Etats-Unis instaurent un système d’alliance militaro-économique pour contrer l’extension du pacte de Varsovie en portant assistance aux pays européens dévastés par la guerre (plan Marshall, 1947) et en associant l’Europe et les pays anglo-saxons dans une alliance militaire défensive contre les agressions soviétiques (OTAN, 1949). 

   (...) Dans ce contexte, un pacte secret, appelé UKUSA (United Kingdom-United States of America), est signé entre les Etats-Unis et la Grande-Bretagne pour intercepter les communications politiques et militaires du bloc adverse. Cet accord proroge une première entente scellée au cours de la Seconde Guerre mondiale pour contrer le renseignement nazi (accords BR-USA, signés en 1943). Cette communauté du renseignement s’est ensuite élargie au Canada (accord bilatéral américano-canadien, CANUSA Agreement) et à deux Etats du Commonwealth, la Nouvelle-Zélande et l’Australie, dans la perspective de contrôler par cette couverture géographique la quasi-totalité des informations échangées à l’échelle mondiale. 

   Des accords supplémentaires ont été signés avec la Norvège, le Danemark, l’Allemagne et la Turquie : mais, ces nouveaux signataires sont considérés comme des « participants tiers ». Le niveau d’intégration des services, hérité de la Seconde Guerre mondiale, est élevé : les contractants mettent en commun les moyens matériels et humains de leurs service du renseignement. Les informations sont interceptées, collectées et préalablement décryptées et analysées, avant leur mutualisation sous la forme d’un rapport de synthèse par tout ou partie des services spécialisés des pays signataires. 

   Toutefois, ce partenariat n’est pas égalitaire. L’architecture du réseau a été entièrement conçue par l’agence de renseignement américaine, National Security Agency (NSA) , qui dispose de l’intégralité de ses codes et de ses combinaisons, situation qui place en état de sujétion les autres pays associés. Dans la pratique, la NSA centralise tous les messages captés par le réseau, garde discrétionnairement la main sur la redistribution des informations aux Etats associés et s’en sert également comme moyen de pression sur ces derniers. Ce monopole s’explique par les ambitions politiques internationales de Washington et par la supériorité quantitative et qualitative des moyens d’interception américains. C’est cette alliance qui distingue fondamentalement le Réseau Echelon, de ceux développés individuellement par des pays tiers. 

   Les accords UK-USA s’expliquent également par l’avancée technologique des pays signataires en matière de décryptage et d’électronique au sortir de la Seconde Guerre mondiale : les alliés ayant remporté la victoire sur le chiffrement mécanisé, sur la machine Enigma d’Arthur Scherbius et le chiffre de Lorentz (procédé de cryptographie adopté pour les transmissions d’Adolf Hitler). Les processus mis en œuvre sont nommés, selon la terminologie des services spécialisés nord-américains, le SIGINT (Signals Interceptions). Le développement des technologies de la télécommunication dans les années 1960 a contraint les services de renseignement à amplifier leurs possibilités d’observations et d’écoutes clandestines (satellites, paraboles, radômes), de décryptage et de traitement automatisé de l’information (informatique). Le développement des communications extra-atmosphériques, à partir de 1967, explique l’extension du nombre des satellites espions et des stations officielles ou clandestines d’écoutes au sol. 

   Les procédés d’interception reposent sur la vulnérabilité des matériels, des logiciels et des supports de communication, le vaste rayonnement des ondes satellites, voire l’intrusion d’un « cheval de Troie » ou d’une « porte dérobée » dans les matériels ou les logiciels. Spécifiquement, les informations transmises par les ondes radios sont interceptées par les services spéciaux britanniques et nord-américains depuis 1945, notamment à partir de stations, portant le nom de code « Echelon », basées en Ecosse, en Angleterre, en Italie, à Chypre, etc. , voire pour les ondes ultra-courtes, par des satellites-espions. Pour ce qui concerne, les communications filaires sous-marines reliant les anciens pays soviétiques, l’Europe ou l’Afrique de l’Ouest , celles-ci peuvent être captées, depuis 1971, dans les eaux internationales. Des sous-marins, ou plus récemment, des bathyscaphes dans le cas français, apposent des manchons (appelés pods) sur ces câbles ou leurs relais de transmission. 

   Au milieu des années 1980, la NSA décide de relier par un réseau les ordinateurs des différentes bases d’interception (réseau Global Wide Area Network ), les liens ont été renforcés en 1994 par la mise en relation de tous les services de renseignement américains (réseau intranet Intelink). Ainsi, les informations collectées par les différents récepteurs (du satellite à la base d’interception) sont ensuite centralisées par des stations nord-américaines sises aux Etats-Unis ou à l’étranger, en Grande-Bretagne (Menwith Hill ), en Australie (Pine Grap), au Canada (Letrin), en Allemagne (Bad Abling) et au Japon (Misawa), avant d’être triées. 

   Face à l’abondance des messages recueillis (plus de trois millions dans le monde en l’an 2000), les informations sont filtrées en fonction de l’expéditeur et du destinataire, mais aussi et surtout à l’aide de mots-clés (traduits en langue anglaise si nécessaire) préalablement répertoriés dans des dictionnaires (ou « listes de surveillance »). Les stations réceptrices procèdent à des mises à jour des combinaisons des mots-clés indexés dans leurs dictionnaires et répartissent les messages sur ces critères aux agences nationales concernées. C’est ce procédé, fondé sur des « dictionnaires informatisés » et la mise en réseau des moyens de communications de chacune de ces bases que l’on appelle le « système Echelon ». Ces procédés passifs, sont complétés depuis une dizaine d’années, par l’emploi de virus servant à obtenir les clés saisies sur les claviers (Magic Lantern) ou par le filtrage des mails en provenance des fournisseurs d’accès Internet (logiciel DCS 1000, dit Carnivore). 

   En dépit d’une couverture mondiale des systèmes d’interception d’Echelon, le réseau est-il entravé par l’abondance des flux d’informations visé? Selon Duncan Campbell, le dispositif Echelon serait en mesure de le faire, et ceci depuis les débuts de l’installation du système. Néanmoins, les faits laissent à penser, et les événements du 11 septembre 2001 en sont la tragique illustration, que ces moyens ont peut-être trouvé leurs limites. D’une part, des renseignements confidentiels peuvent échapper aux canaux contrôlés par le dispositif (déplacement d’un individu, courrier postal, etc.). 

   D’autre part, et selon toute vraisemblance, le point faible d’Echelon serait le traitement et l’analyse de l’information. En dépit d’un choix sélectif des cibles, l’abondance d’informations traitées réduisent les performances du dispositif, surtout depuis que l’existence du réseau a été portée à la connaissance des services de renseignements étrangers, des grandes entreprises et des citoyens. Ces derniers prennent désormais leurs dispositions en protégeant leurs messages en les cryptant. La cryptographie, la stéganographie et le codage rendent inutiles l’exploitation du renseignement, car le temps consacré au décryptage périme l’information. 

   À l’heure actuelle, les Etats, les grands industriels producteurs de logiciels informatiques, les acteurs économiques et les citoyens sont placés au centre d’une bataille livrée autour de la résistance des clés de chiffrement des messages électroniques. Une situation qui expliquerait le « double langage » des pouvoirs publics sur ces questions… (...)

Lire sur:

***

(L'entente cordiale entre le cowboy crétin
et sa noble monture cessa brusquement)


Rope Trick! c.1959 
via http://lib.colostate.edu

***
Luc Desle

mardi 20 août 2013

"Il tempêtait en vain, ce brave petit orage". Benoît Barvin in "Pensées pensées".

+++
Pensées pour nous-mêmes:
(L'ENVIE EST TOUJOURS
LA COMPAGNE DES
MAUVAIS JOURS)

+++
"Wouf, wouf!
- Yes, mes braves toutous!
On a fini par les avoir,
ces sales terroristes de
Tu Quoque!"


Two dogs welcome their soldier dad home

+++
"Oui, c'est aussi mon copain...
- Et alors? On n'a pas le droit, en plus,
d'être celui de Snowden, peut-être?"


Affaire Snowden : 
vives protestations après l'arrestation 
du compagnon d'un journaliste du «Guardian»
AFP

   (...) David Miranda, compagnon de Glenn Greenwald, journaliste au quotidien britannique Guardian, a été détenu dimanche à l’aéroport international de Heathrow en vertu de l’article 7 de la loi anti-terroriste datant de 2000.

   Selon le Guardian, le jeune homme, de nationalité brésilienne et âgé de 28 ans, s’est vu confisqué ses équipements électroniques, dont son ordinateur et son téléphone portables, des clés USB, des DVD et des jeux vidéo.

   Les autorités britanniques avaient «zéro soupçon» sur une implication éventuelle de David Miranda dans des activités terroristes, a insisté Glenn Greenwald, visiblement furieux, dans un article dans le Guardian.(...)

   (...) David Miranda a uniquement été interrogé sur les activités de l’Agence nationale américaine de sécurité (NSA), pour laquelle travaillait Edward Snowden, a-t-il affirmé, estimant que les Britanniques avaient«totalement abusé de leur loi sur le terrorisme pour des raisons qui n’ont rien à voir avec le terrorisme.»

   Cette détention était «évidemment destinée à intimider ceux qui travaillent d’un point de vue journalistique sur la NSA et son équivalent britannique, le GCHQ», a-t-il encore jugé. Mais «si les gouvernements américain et britannique pensent que cette stratégie va nous dissuader de continuer à couvrir de façon agressive ce que ces documents révèlent, ils se trompent. Cela aura seulement l’effet inverse: nous encourager à aller plus loin», a-t-il prévenu.

   Le ministère de l’Intérieur s’est refusé lundi à tout commentaire mais les autorités britanniques étaient de plus en plus pressées de s’expliquerCette détention est «extraordinaire», s’est indigné le président de la commission parlementaire britannique de l’Intérieur, Keith Vaz, qui va exiger des «explications» de la police.

   «Ils ont peut-être des arguments absolument raisonnables. Mais (...) si nous avons recours à la législation anti-terroriste de cette manière, pour des sujets qui ne sont pas relatifs au terrorisme, nous devons le savoir», a-t-il déclaré sur la radio BBC lundi.

   Un autre député de l’opposition travailliste, Tom Watson, a jugé indispensable de connaître l’implication éventuelle du gouvernement dans cette arrestation. «Nous devons savoir si des ministres étaient au courant de la décision» d’arrêter David Miranda et «qui exactement a pris la décision.»

   Le Brésil a aussi vivement protesté contre cette rétention, jugeant "injustifiable d’impliquer un individu contre lequel ne pèse aucune charge pouvant justifier le recours à la législation britannique anti-terroriste". (...)

Lire sur:
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"Comment? Facebook vous considère comme indésirables
ou dangereux? Ils ont fumé ou quoi?"(1)


(via technohell)

(I)Pour la première fois de son existence, Tu Quoque fait l'objet d'une "censure"
qui ne dit pas son nom puisque son lien est désormais interdit de séjour
sur Facebook. Pour les  vagues "raisons" évoquées plus haut. La gloire, quoi!
Celle des promoteurs d'un capitalisme à visage évidemment
inhumain... 

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Benoît Barvin