Bonjour à vous qui, dans le maelström du net, êtes arrivés, par hasard? lassitude? erreur? sur ce blog. Vous êtes les bienvenus. Vous y lirez des extraits d'articles, de pensées, d'interviews, piochés ça et là, et illustrés de photos et dessins détournés, via un humour de bon aloi. Vous pouvez évidemment réagir avec le même humour, la même ironie que nous mettons, chaque jour, à tenter de respirer un peu plus librement dans une société qui se corsète chaque fois un peu plus.
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lundi 26 janvier 2015

"Au niveau des principes l'Homme élastique était rigide". Jacques Damboise in "Pensées à contre-pet".

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Pensées pour nous-mêmes:

(L'ARBRE PEUT-IL PLOYER
SOUS LE POIDS DE LA BRANCHE?)

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"Bisous, bisous...
- Enfin, Chérie, pas devant tout le monde!"



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(Les indics français disposent de radars naturels
pour voir à travers les murs)



ÉTATS-UNIS

La police américaine dispose 
de radars pour voir à travers les murs


   (...) Le quotidien américain USA Today a dévoilé le 20 janvier que plusieurs agences de sécurité américaines, comme le FBI et le US Marshals Service, utiliseraient depuis deux ans déjà un dispositif de radar leur permettant de voir efficacement dans les maisons à plus de 15 mètres. C'est le témoignage d’un agent fédéral américain devant un tribunal à Denver qui a révélé leur emploi, en décembre. 

   Selon l'article, les radars fonctionnent en utilisant les ondes hertziennes "pour détecter des mouvements aussi légers que la respiration humaine". Ces appareils, "initialement élaborés pour servir en Irak et en Afghanistan", permettent de repérer la présence d’un individu dans une maison, sa position et ses déplacements. (...)

   Cette technologie, largement inconnue du grand public, soulève naturellement des questions juridiques relatives à la vie privée. "La Cour suprême des Etats-Unis a indiqué que les officiers de police ne pouvaient généralement pas utiliser de détecteurs de haute technologie pour révéler l’intérieur d’une maison à moins d’obtenir auparavant un mandat de perquisition", ce qui n’était pas le cas ici, explique le journal. 

   Les agents fédéraux américains contactés par USA Today prétendent que "l’information recueillie par ces détecteurs est essentielle dans certaines situations", comme les prises d’otages. Reste que plusieurs questions se posent. "Comment les juges peuvent-ils être surpris par une technologie que la police a entre les mains depuis au moins deux ans ?" s'interrogent les avocats spécialisés dans les questions de vie privée.


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(La fraise qui refusait d'être croquée
énervait beaucoup Gloria)



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Benoît Barvin

lundi 3 novembre 2014

"Françoise Sangan buvait les paroles de ces repentis de l'Association des Alcooliques Anonymes, espérant y léchouiller une goutte, rien qu'une petite goutte". Jacques Damboise in "Désappointement in Arcadia".

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Pensées pour nous-mêmes:

(LE VIE N'EST-ELLE QUE
LE CONTRAIRE DE LA MORT?)

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(Pour me surveiller, mon épouse prit
des cours d'invisibilité active)



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Le rôle diplomatique secret de Google 
dénoncé par Julian Assange

Guillaume Champeau

   (...) "Personne ne veut reconnaître que Google a beaucoup grandi et en mal. Mais c’est le cas". En septembre dernier est paru chez OR Books le livreWhen Google Met Wikileaks, écrit par Julian Assange. Le magazine Newsweek en publie cette semaine de très longs extraits, dans lesquels le fondateur de Wikileaks décrit avec minutie le rôle de l’ombre joué par Google dans la politique internationale des Etats-Unis. Le passage est véritablement passionnant, et mérite d’être lu. Il est étayé par des documents, dont beaucoup avaient fuité sur Wikileaks, qui donnent corps à l’analyse.

   En résumé, Julian Assange estime qu’à travers l’action très politique de deux responsables de Google, son président Eric Schmidt et le beaucoup plus discret Jared Cohen, la firme de Mountain View est devenue une officine diplomatique au service des intérêts américains. Elle accomplirait une version modernisée du soutien qu’apportait la CIA aux dictateurs d’Amérique du Sud pendant la guerre froide. Il ne s’agit plus aujourd’hui de soutenir les régimes autoritaires contre les tentations communistes du peuple, mais de soutenir les rebelles contre les régimes autoritaires islamiques du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord. Déguisé sous des traits humanitaires, l’objectif fondamental reste toutefois le même : défendre le libéralisme économique et les intérêts stratégiques américains.

   Le libéralisme économique étant perçu comme une résultante des droits de l’Homme, il suffirait de défendre la liberté d’expression, de faciliter la communication entre les hommes et de mettre en valeur toutes formes de libertés individuelles pour que le libéralisme économique s’impose de lui-même. A cet égard, Internet est une aubaine. On sait que l’Agence des Etats-Unis pour le développement international (USAID) a ainsi financé un clone de Twitter à Cuba, ou tenté d’imposer des réseaux sociaux enAfghanistan, au Kenya ou au Pakistan. (...)

   (...) De son côté, Google a fondé Google Ideas, une structure méconnue dont l’agenda est exclusivement politique. Il s’agit de voir "comment la technologie peut permettre aux gens de faire face à des menaces en étant confrontés au conflit, à l’instabilité et la répression". L’organisation est dirigée par Jared Cohen, un ancien conseiller diplomatique de Condoleeza Rice et d’Hillary Clinton au ministère des affaires étrangères du gouvernement américain.

   Selon sa fiche Wikipedia, Jared Cohen est un jeune spécialiste (33 ans) de l’anti-terrorisme, de la "contre-radicalisation", du Moyen-Orient et de l’Asie du Sud, des libertés sur Internet, et de "l’encouragement à l’opposition dans les pays répressifs". Il fut considéré l’an dernier par TIME comme l’une des 100 personnalités les plus influentes, tandis que le New Yorker lui avait consacré dès 2007 un portrait élogieux, qui rappelle qu’il s’était rendu en Iran pour aider l’opposition dès ses jeunes années d’étudiant.

   L’activité de Cohen au sein de Google Ideas lui a valu jusqu’aux inimités de Stratfor, l’officine privée très influente et proche du pouvoir dont les e-mails avaient fuité en 2011 sur Wikileaks, valant au pirate-informateur pas moins de 10 ans de prison. Ils voyaient l’activité diplomatique de Google comme une forme de concurrence.

   Dans un courriel interne cité par Julian Assange, daté du 27 février 2012, le responsable aux renseignements de Stratfor avait parlé en ces termes d’un projet confidentiel de Jared Cohen de se rendre dans les semaines suivantes à la frontière entre l’Iran et l’Azerbaïdjan :
"Google a le soutien et la protection aérienne de la Maison Blanche et du Département d’Etat. En réalité, ils font des choses que la CIA ne peut pas faire. Mais je suis d’accord avec toi. Il va se faire kidnapper ou se faire tuer. C’est ce qui pourrait arriver de mieux pour exposer le rôle secret qu’a Google pour faire mousser les soulèvements, pour être franc. Le gouvernement US pourra prétendre qu’il ne savait rien, et c’est Google qui tiendra le sac de merde."

   Dans son livre, Julian Assange décrit par ailleurs toute une galaxie de fondations et associations qui sont directement ou indirectement liées à Google Ideas et à la diplomatie américaine, fondées ou rejointes par Jared Cohen. Parmi elles figurent Movements.org, créé par Cohen, qui a fusionné avec Advancing Human Rights. Or ce choix n’est pas neutre. AHR a été fondé par Robert Bernstein, qui a démissionné en 2010 de la prestigieuse association Human Rights Watch qu’il avait pourtant fondée. Il reprochait à HRW d’avoir été trop critique contre les violations des droits de l’homme par Israël. Par opposition, Advancing Human Rights ne s’intéresse donc qu’aux "sociétés fermées", fermant les yeux sur des régimes critiquables aux apparences plus démocratiques.(...)

   De là à dire que Google Ideas protège aussi les intérêts israéliens en aidant à déstabiliser les puissances arabes voisines, il n’y a qu’un pas que Julian Assange prend garde de ne pas franchir. Il met toutefois en garde contre le pouvoir d’influence politique de Google, qui joue aussi bien sur des faits de société que sur des enjeux beaucoup plus stratégiques.

   "Google est perçu comme une entreprise essentiellement philanthropique", écrit Assange. Mais, fait-il remarquer, si une entreprise militaire privée comme Academi (anciennement Blackwater) "avait un programme tel que Google Ideas, ça lui vaudrait un examen critique intense" auquel Google échappe, grâce à son image de bienfaiteur de l’Internet.

   "Les aspirations géopolitiques de Google sont fermement mêlées dans celles de l’agenda des affaires étrangères de la plus grande superpuissance mondiale. A mesure que le monopole de Google sur la recherche et les services Internet s’accroît (...), son influence sur les choix et les comportements sur la totalité des être humains se traduit en un véritable pouvoir d’influer sur le cours de l’histoire". (...)



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(Le tueur anonyme était également régisseur à mi-temps de théâtre )



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Luc Desle

lundi 13 octobre 2014

"Il vendait aux bédouins des articles de bains pour leur remonter le moral". Jacques Damboise in "Pensées de l'à-peu près".

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Pensées pour nous-mêmes:

(NE CHOISIS PAS TOUJOURS
DES CHEMINS DE TRAVERSE)

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"Non, pas touche, sous prétexte
qu'il est différent!"


(Cette attitude généreuse était étonnante de la part
de ces singes cannibales)

Silver Leaf Langurs (by San Diego Zoo Global)

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"Jamais, même sur mon lit de mort,
je ne lui dirai que je l'ai espionnée"


   (...) Les Petit Poucet d'aujourd'hui peuvent jeter leurs cailloux dans le fossé, ils n'en ont plus besoin. Aucun risque de se perdre, encore moins de goûter à l'école buissonnière. Ils ont désormais un fil numérique à la patte.

   Enfants, sachez-le, Big Mother vous regarde ! De leurs ordis, de leurs tablettes ou de leurs portables, les parents 2.0 peuvent surveiller les moindres déplacements de leurs chers rejetons. Et ils sont de plus en plus nombreux à ne pas s'en priver. (...)

   (...) Il leur suffit d'avoir doté leur précieuse progéniture de GPS portatifs comme Ma P'tite Balise ou T'es où. Des boîtiers de la taille d'une clé de voiture qui cartonnent, surtout depuis cette rentrée ; la marque de vêtements Gemo vient même de commercialiser des manteaux avec traceur GPS intégré, pour plus de commodité.

   Ils peuvent aussi installer une application comme Jelocalise ou iChaper sur le téléphone de leur enfant. Chaper ? Le diminutif de "chaperon", dans une version un poil modernisée mais néanmoins bigrement efficace. Ces mouchards géolocalisent leur cible et envoient, par exemple, une alerte lorsque l'écolier pénètre dans l'enceinte scolaire. Ils peuvent aussi délimiter un périmètre autorisé et, idem, déclencher un signal si l'enfant en sort. C'est le geofencing ou "gardiennage virtuel".

   "Au boulot, j'ai l'emploi du temps de ma grande qui est en sixième", raconte Laëtitia, assistante de gestion de 33 ans. Quand elle est censée être à la maison, je regarde vite fait si elle 'balise' bien. Si elle doit rentrer à 18 heures et qu'elle est en retard, je consulte mon portable et, si elle est juste au coin de la rue, je ne panique pas", poursuit Laëticia. C'est ainsi qu'Allison, 12 ans, ne parcourt jamais sans son GPS au fond de sa poche les 300 mètres qui séparent sa classe de CM2 de La Poste, où son papa lui donne rendez-vous après l'école. (...)

   (...) Ces nouveaux espions numériques pullulent, qui les bipent, les fliquent et leur prendraient bien la température. En fait, cette dernière option existe... Aux Etats-Unis, un bracelet électronique appelé Sproutling peut être placé sur la cheville de bébé. Ce gadget sert à prendre ses constantes, de sa température à son rythme cardiaque, et détecte même ses mouvements. Un attirail digne d'un épisode d'"Urgences", service néonatologie.Bientôt, la marque coréenne LG va également lancer un bracelet connecté.

   La marque Kurio vient, elle, de commercialiser un portable "spécial enfants" doté de toutes ces fonctions de traçage aux Etats-Unis, en Grande-Bretagne et aux Pays-Bas. La France est à l'étude.

   Aline, 30 ans (1), a quant à elle opté pour une caméra infrarouge afin de superviser le sommeil de Céleste, 3 ans. Un cran au-dessus du simple Babyphone, l'appareil braque son oeil sur la petite en mode surveillance. La finaude faisait souvent mine de dormir, désormais sa mère la chope. "Quand je travaille, parfois j'ouvre une fenêtre avec l'image transmise par la caméra sur mon fond d'écran, explique la jeune maman. Je l'utiliserai jusqu'à ses 6-7 ans, après je lui laisserai son intimité".

   Ces cordons ombilicaux high-tech laissent pourtant les pédopsychiatres pantois. "Cette hyperattention empêche l'enfant de grandir", estime Michael Stora, psychanalyste à l'Observatoire des Mondes numériques en Sciences humaines. "Les périodes d'absence du parent permettent au bébé de s'autonomiser en développant sa pensée.Si, à cause de ces objets, sa maman vient trop vite quand il pleure, elle ne lui laisse pas le temps de vivre l'expérience du manque et, ainsi, de s'individualiser", ajoute-il.(...)

   (...) Pour les parents inquiets, ces veilleurs numériques les inciteraient au contraire à donner plus de liberté à leur enfant. "S'ils n'avaient pas le GPS, je ne les laisserais pas rentrer à la maison à pied à midi, ils iraient à la cantine", explique Grégory, opérateur logistique et papa de Jules et Rose, 9 et 8 ans. Les géniteurs n'ont qu'une peur : la mauvaise rencontre. Ils vantent le bouton SOS sur lequel leur enfant peut appuyer en cas de danger immédiat.

   "Ca rassure ma mère, elle est un peu mère poule. Je pourrais me faire agresser ou me faire enlever", détaille Manon, 16 ans, qui a un portable doté d'une appli de géolocalisation, au grand étonnement de ses camarades. La confiance règne... " Mon fils de 5 ans le réclame pour sortir", raconte Max, qui commercialise le GPS T'es où. "Cela peut faire peur à l'enfant et l'inhiber", déplore la psychanalyste Claudia Fliess, auteur de "Toutes les mères sont folles" (2). Il faut qu'il apprenne qu'il est capable de se défendre par lui-même." (...)

   (...) "Paris n'est pas Bagdad !", renchérit Eric Heilmann, sociologue spécialiste de la surveillance."Et les enfants ne sont pas des objets que l'on peut tracer comme des marchandises qui sont déplacées de port en port."

   A quand le drone-chaperon ? "Ces objets induisent un paradoxe. Les parents disent à leur enfant : "Je te fais confiance, mais parce que je te surveille", s'étonne Michael Stora. Et, bien que destinés à rassurer, ils créent de nouvelles angoisses. C'est vrai qu'une fois j'ai appelé ma femme car mon fils n'était pas à l'école, reconnaît Max. En fait, il était au sport."

   D'autant que le cheminement dans la journée, surtout pour un ado, est loin d'être rectiligne. C'est aussi une déambulation, avec ses rêveries et ses écarts contrôlés. "L'enfant connaît les limites, mais c'est grisant pour lui de les franchir. Faire un détour imprévu par la boulangerie avec un copain pour acheter des bonbons, c'est tout sauf nocif : ainsi commence l'autonomie", insiste Angélique Kosinski-Cimelière, psychologue pour enfants. S'il dit à ses parents qu'il est rentré directement, ils vont donc lui dire qu'il ment ?", poursuit-elle. (...)

   (...) En étalant en ligne les photos des virées entre copains, c'est Facebook qui a attisé la curiosité. 45% des parents français avaient, en 2012, reconnu s'être connectés au compte de leur enfant à son insu. Mon amie croyait sa fille en Seine-et-Marne, elle a vu sur Facebook qu'en fait elle s'éclatait à la Défense avec ses copines...", s'amuse Aurélie. L'idée que leurs digital natives aient accès à tout du fin fond de leur chambre donne le vertige aux parents. Il faut bien tenter de maîtriser ce tsunami. Certaines applications sont donc carrément invisibles. On peut violer incognito tout le contenu d'un smartphone.

   "En cinq minutes, commencez à espionner le téléphone portable de votre enfant. Recevez secrètement la copie de ses messages, appels, contacts, positions GPS, historique internet, conversations Facebook, Whatsapp, Viber et plus encore, à distance, sans être vu !", propose Mobipast. (...)

   (...) Le risque est grand de se perdre dans ce jeu de piste. Agnès, malgré les meilleures intentions du monde, l'a expérimenté. Déconcertée par la soudaine hostilité de son adolescente de 17 ans, cette illustratrice a cédé à la tentation il y a quelques mois. Elle était devenue imbuvable. "Un jour je lui ai pris son téléphone. J'ai tout lu et je suis tombée des nues."

   Marie prend des drogues. Cette nuit-là, avec son mari, Agnès décide d'installer une appli espionne sur le portable de Marie, qu'elle emmène par ailleurs chez un psy. Marie ignore qu'un mouchard niche désormais dans son smartphone et Agnès, qu'elle va faire une plongée en apnée dans la tête de son enfant. Dès le réveil, à la moindre minute libre, la maman inquiète se connecte pour voir si la demoiselle reste clean. Des heures à dévorer ses SMS, à s'abreuver de chacune de ses pensées. Une spirale infernale : "Partout, j'allumais mon portable pour ne pas perdre le fil. Je lisais je pleurais. Je suis rentrée dans sa tête. Ca vous fout en l'air. J'étais presque devenue elle."

   C'est sa soeur qui va lui imposer d'arrêter. En respirant un grand coup, la maman fusionnelle a fini par supprimer l'appli. Fin de partie. En deux secondes, elle était libérée. Et le cordon ombilical, enfin coupé. Jamais, même sur mon lit de mort, je ne lui dirai que je l'ai espionnée."

(1)Certains prénoms et certaines professions ont été changés.
(2)Editions du Moment, 2013.


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(L'Internationale fraternelle des caféiers
était émouvante)



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Luc Desle

vendredi 28 février 2014

"Cette Blonde se tordit le cerveau en réfléchissant". Jacques Damboise in "Pensées inconvénientes".

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Pensées pour nous-mêmes:

(LE SAGE EST UN SOLEIL
QUI NE BRÛLE PAS)

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(Ce spermatozoïde spécial PMA
n'avait pas le sens de l'orientation)



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(Citoyen britannique cherchant
 à échapper à la surveillance de la NSA)


SEXE, MENSONGE ET INTERNET: 
COMMENT LES ESPIONS BRITANNIQUES 
PIÈGENT LEURS CIBLES

Andréa Fradin

   (...) Nouvelle brouette de révélations de la part de Glenn Greenwald, le journaliste qui a travaillé avec Edward Snowden pour dévoiler les dispositifs déployés par la NSA, l'agence de renseignements américaine, pour surveiller l'ensemble du Net.

   L'article en question, publié sur le tout nouveau site The Intercep, devrait cette fois-ci ravir les amateurs des théories du complot en tout genre. Glenn Greenwald entend en effet montrer «comment les agences de renseignement occidentales essaient de manipuler et de contrôler le discours en ligne à l'aide de tactiques trompeuses et visant à détruire la réputation».

   Des méthodes diffusées par les espions britanniques, à destination de la NSA mais aussi de tous les membres de «l'alliance "Five Eyes"»(Australie, Canada, Nouvelle-Zélande, Royaume-Uni, Etats-Unis). Et qui viseraient tout aussi bien les potentiels terroristes que les activistes sur Internet.

   Comme à son habitude, le journaliste américain appuie son argumentaire d'une série de documents, qui consistent (comme à leur habitude) en une présentation type Power Point particulièrement peu claire et inesthétique.


   «Discréditer une cible: mettre en place un piège à miel / changer leurs photos sur les sites des réseaux sociaux / écrire un blog prétendant être l'une de leurs victimes / envoyer des SMS, des mails à des collègues, des voisins, des amis, etc.»

   Mais instructive. Intitulée «L'art de la tromperie: entraînement pour des opérations en ligne sous couverture», la présentation en question explique notamment comment «discréditer une cible», en postant de fausses informations sur les réseaux, en «envoyant des SMS, des mails à des collègues, des voisins, des amis, etc.» voire en manigançant un«piège à miel» –piéger quelqu'un en utilisant les charmes d'un individu. Bref, un vrai scénario de film.

   Cette publication fait suite à une précédente enquête de la NBC News, fondée sur certains de ces documents et qui met à jour l'utilisation de ces méthodes par les espions britanniques, accusés d'utiliser «le sexe et des "sales coups" pour décrédibiliser certaines de leurs cibles».


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(La tueuse de la Croissance était à l'affût)

(via drythroats)

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Benoît Barvin

mardi 8 octobre 2013

"Par pudeur olfactive le Chat Botté n'ôtait jamais ses bottes". Jacques Damboise in "Pensées à contre-pet".

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Pensées pour nous-mêmes:

(TU ES LE PEINTRE
DE TA PROPRE VIE)

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"Pouvez-vous m'indiquer le chemin
de la morgue, je vous prie?"


Death and Doctor Hornbook.
William Brassey Hole, from The poetry of Robert Burns vol I, Edinburgh, 1896.
(Source: archive.org)

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"Mais enfin, que me voulez-vous?
- Dessape-toi! Et vite, sinon..."


Visionneuse de" L'Homme qui rétrécit"

LE PANOPTICON ELECTRONIQUE 
L'Affaire Snowden et le « Réseau Echelon »

Rémy VALAT 

   (...) L’affaire Snowden, du nom d’un ancien agent de la CIA et de la NSA qui a dévoilé des informations ultra secrètes sur les procédés de captation des métadonnées d’appels téléphoniques, les systèmes d’écoute et de surveillance sur Internet (notamment les programmes PRISM et XKeyscore ), relance la question de la surveillance électronique et de la menace que celle-ci fait peser sur les libertés individuelles. Au rang des pays cibles figure la France (le réseau informatique ministère des Affaires étrangères et les représentations françaises aux Etats-Unis auraient été visité).

   Le danger d’intrusion dans la vie privée (voire de l’inconscient ) des utilisateurs est bien réel. La théorie du panoptique des frères Samuel et Jérémy Bentham ne vise plus seulement les détenus des prisons : il est devenu l’affaire de tous les citoyens et internautes... Pour comprendre l’information d’aujourd’hui, une plongée dans le passé s’impose. (...)

   (...) À la fin de la Seconde Guerre mondiale, les Etats-Unis et la Grande Bretagne ont acquis une avance considérable en matière de cryptographie et de décryptage, grâce au traitement automatisé de ces informations. Le contexte international (la Guerre Froide) et les innovations technologiques dans le domaine des télécommunications et de l’électronique ont favorisé l’émergence sous l’égide des Etats-Unis d’un vaste dispositif d’écoutes illégales des communications hertziennes et filaires, aussi bien écrites que vocales. Ces interceptions de communications visent des « renseignements fermés », c’est-à-dire des informations confidentielles ou secrètes qui n’ont pas à être connues du public pour des raisons de sécurité, commerciales ou de protection de la vie privée. 

   (...) Le système Echelon n’est pas un objet technique en soi, puisqu’il rassemble un ensemble hétérogène de moyens matériels, technologiques et humains : sa singularité vient de la transmission et du traitement en réseau des informations capturées. Ces importants moyens étatiques soulèvent de légitimes questions sur les risques d’atteinte à la vie privée sous-couvert de mesures préventives prises dans le cadre de la lutte contre le crime organisé ou le terrorisme. 

   (...) En 1988, un journaliste d’investigation écossais, Duncan Campbell, a dévoilé à l’opinion publique l’existence de ce réseau, et surtout sa mutation en un outil de surveillance potentiellement totalitaire. En effet, alors que les stations d’écoutes de l’immédiat après guerre étaient destinées à la surveillance des communications militaires et diplomatiques du bloc soviétique, la nouvelle donne géostratégique internationale, a élargi le spectre de ces interceptions aux acteurs économiques et privés à l’échelle internationale. Cette évolution s’explique par les nouveaux visages de la guerre : celle-ci est devenue multiforme, économique et mondialisée, en un mot « hors limite ». 

   (...) Désormais, les contours entre l’espionnage militaire, policier et économique se confondent. Cette dérive pose la question du respect des libertés individuelles face à ces moyens d’investigation clandestins pour des motifs sécuritaires ? Dérive qu’accroît encore la multiplication des acteurs du contrôle réagissant aux moyens officiellement déployés par les Etats-Unis et leurs alliés. Pour ancrer et illustrer notre article, nous nous appuierons essentiellement sur les cas anglo-saxons et français. Nous précisons que les sources exploitées, souvent d’origine militante, pourraient être sujette à caution (difficulté d’accès à des informations secrètes par nature ou manque d’objectivité), mais la plupart d’entre-elles paraissent se recouper. Ce texte, loin d’être exhaustif, vise à dégager les grandes lignes sous-jacentes au débat actuel généré par l’affaire Snowden. (...) 

   (...) Au début de la Guerre Froide, les Etats-Unis instaurent un système d’alliance militaro-économique pour contrer l’extension du pacte de Varsovie en portant assistance aux pays européens dévastés par la guerre (plan Marshall, 1947) et en associant l’Europe et les pays anglo-saxons dans une alliance militaire défensive contre les agressions soviétiques (OTAN, 1949). 

   (...) Dans ce contexte, un pacte secret, appelé UKUSA (United Kingdom-United States of America), est signé entre les Etats-Unis et la Grande-Bretagne pour intercepter les communications politiques et militaires du bloc adverse. Cet accord proroge une première entente scellée au cours de la Seconde Guerre mondiale pour contrer le renseignement nazi (accords BR-USA, signés en 1943). Cette communauté du renseignement s’est ensuite élargie au Canada (accord bilatéral américano-canadien, CANUSA Agreement) et à deux Etats du Commonwealth, la Nouvelle-Zélande et l’Australie, dans la perspective de contrôler par cette couverture géographique la quasi-totalité des informations échangées à l’échelle mondiale. 

   Des accords supplémentaires ont été signés avec la Norvège, le Danemark, l’Allemagne et la Turquie : mais, ces nouveaux signataires sont considérés comme des « participants tiers ». Le niveau d’intégration des services, hérité de la Seconde Guerre mondiale, est élevé : les contractants mettent en commun les moyens matériels et humains de leurs service du renseignement. Les informations sont interceptées, collectées et préalablement décryptées et analysées, avant leur mutualisation sous la forme d’un rapport de synthèse par tout ou partie des services spécialisés des pays signataires. 

   Toutefois, ce partenariat n’est pas égalitaire. L’architecture du réseau a été entièrement conçue par l’agence de renseignement américaine, National Security Agency (NSA) , qui dispose de l’intégralité de ses codes et de ses combinaisons, situation qui place en état de sujétion les autres pays associés. Dans la pratique, la NSA centralise tous les messages captés par le réseau, garde discrétionnairement la main sur la redistribution des informations aux Etats associés et s’en sert également comme moyen de pression sur ces derniers. Ce monopole s’explique par les ambitions politiques internationales de Washington et par la supériorité quantitative et qualitative des moyens d’interception américains. C’est cette alliance qui distingue fondamentalement le Réseau Echelon, de ceux développés individuellement par des pays tiers. 

   Les accords UK-USA s’expliquent également par l’avancée technologique des pays signataires en matière de décryptage et d’électronique au sortir de la Seconde Guerre mondiale : les alliés ayant remporté la victoire sur le chiffrement mécanisé, sur la machine Enigma d’Arthur Scherbius et le chiffre de Lorentz (procédé de cryptographie adopté pour les transmissions d’Adolf Hitler). Les processus mis en œuvre sont nommés, selon la terminologie des services spécialisés nord-américains, le SIGINT (Signals Interceptions). Le développement des technologies de la télécommunication dans les années 1960 a contraint les services de renseignement à amplifier leurs possibilités d’observations et d’écoutes clandestines (satellites, paraboles, radômes), de décryptage et de traitement automatisé de l’information (informatique). Le développement des communications extra-atmosphériques, à partir de 1967, explique l’extension du nombre des satellites espions et des stations officielles ou clandestines d’écoutes au sol. 

   Les procédés d’interception reposent sur la vulnérabilité des matériels, des logiciels et des supports de communication, le vaste rayonnement des ondes satellites, voire l’intrusion d’un « cheval de Troie » ou d’une « porte dérobée » dans les matériels ou les logiciels. Spécifiquement, les informations transmises par les ondes radios sont interceptées par les services spéciaux britanniques et nord-américains depuis 1945, notamment à partir de stations, portant le nom de code « Echelon », basées en Ecosse, en Angleterre, en Italie, à Chypre, etc. , voire pour les ondes ultra-courtes, par des satellites-espions. Pour ce qui concerne, les communications filaires sous-marines reliant les anciens pays soviétiques, l’Europe ou l’Afrique de l’Ouest , celles-ci peuvent être captées, depuis 1971, dans les eaux internationales. Des sous-marins, ou plus récemment, des bathyscaphes dans le cas français, apposent des manchons (appelés pods) sur ces câbles ou leurs relais de transmission. 

   Au milieu des années 1980, la NSA décide de relier par un réseau les ordinateurs des différentes bases d’interception (réseau Global Wide Area Network ), les liens ont été renforcés en 1994 par la mise en relation de tous les services de renseignement américains (réseau intranet Intelink). Ainsi, les informations collectées par les différents récepteurs (du satellite à la base d’interception) sont ensuite centralisées par des stations nord-américaines sises aux Etats-Unis ou à l’étranger, en Grande-Bretagne (Menwith Hill ), en Australie (Pine Grap), au Canada (Letrin), en Allemagne (Bad Abling) et au Japon (Misawa), avant d’être triées. 

   Face à l’abondance des messages recueillis (plus de trois millions dans le monde en l’an 2000), les informations sont filtrées en fonction de l’expéditeur et du destinataire, mais aussi et surtout à l’aide de mots-clés (traduits en langue anglaise si nécessaire) préalablement répertoriés dans des dictionnaires (ou « listes de surveillance »). Les stations réceptrices procèdent à des mises à jour des combinaisons des mots-clés indexés dans leurs dictionnaires et répartissent les messages sur ces critères aux agences nationales concernées. C’est ce procédé, fondé sur des « dictionnaires informatisés » et la mise en réseau des moyens de communications de chacune de ces bases que l’on appelle le « système Echelon ». Ces procédés passifs, sont complétés depuis une dizaine d’années, par l’emploi de virus servant à obtenir les clés saisies sur les claviers (Magic Lantern) ou par le filtrage des mails en provenance des fournisseurs d’accès Internet (logiciel DCS 1000, dit Carnivore). 

   En dépit d’une couverture mondiale des systèmes d’interception d’Echelon, le réseau est-il entravé par l’abondance des flux d’informations visé? Selon Duncan Campbell, le dispositif Echelon serait en mesure de le faire, et ceci depuis les débuts de l’installation du système. Néanmoins, les faits laissent à penser, et les événements du 11 septembre 2001 en sont la tragique illustration, que ces moyens ont peut-être trouvé leurs limites. D’une part, des renseignements confidentiels peuvent échapper aux canaux contrôlés par le dispositif (déplacement d’un individu, courrier postal, etc.). 

   D’autre part, et selon toute vraisemblance, le point faible d’Echelon serait le traitement et l’analyse de l’information. En dépit d’un choix sélectif des cibles, l’abondance d’informations traitées réduisent les performances du dispositif, surtout depuis que l’existence du réseau a été portée à la connaissance des services de renseignements étrangers, des grandes entreprises et des citoyens. Ces derniers prennent désormais leurs dispositions en protégeant leurs messages en les cryptant. La cryptographie, la stéganographie et le codage rendent inutiles l’exploitation du renseignement, car le temps consacré au décryptage périme l’information. 

   À l’heure actuelle, les Etats, les grands industriels producteurs de logiciels informatiques, les acteurs économiques et les citoyens sont placés au centre d’une bataille livrée autour de la résistance des clés de chiffrement des messages électroniques. Une situation qui expliquerait le « double langage » des pouvoirs publics sur ces questions… (...)

Lire sur:

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(L'entente cordiale entre le cowboy crétin
et sa noble monture cessa brusquement)


Rope Trick! c.1959 
via http://lib.colostate.edu

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Luc Desle

mercredi 3 juillet 2013

"Pour ne pas mourir idiot il fit l'imbécile". J'acques Damboise in "Pensées inconvénientes".

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Pensées pour nous-mêmes:

(TU NE TRAVERSERAS JAMAIS
LA MONTAGNE)
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LONG RÉCIT AU LONG COURS (1/56)
pcc Benoît Barvin et Blanche Baptiste


   Angélus, mort, a retrouvé sa beauté angélique...

ANGÉLUS 
ou 
LES SECRETS DE L’IMPALPABLE


l'archange Saint-Michel chasseur de dragons

CHAPITRE 22

   Adèle était restée un moment pétrifiée face à son archange. Elle était la seule à ne pas s’agenouiller devant lui car, privé de vie, Angélus, telles les statues froides des églises, ne représentait plus rien pour la jeune femme. Lorsqu’elle avait vu la foule mettre le feu à l’édifice, elle ne s’était pas inquiétée pensant qu’Angélus s’enfuirait par le fond du séchoir. Mais, pour une raison inexplicable, le jeune homme était resté et, pour finir, ils l’avaient tué. 

   Qu’il soit transfiguré ne lui apportait ni crainte ni réconfort. Plutôt un vide dont elle mesurerait, très vite, la profondeur. La seule pensée qu’elle avait, à ce moment, c’était qu’elle ne reverrait plus Angélus se baigner dans la rivière des Joncquières. Tout cela était fini. Cet ange-là était mort.

   - Si au moins, cela servait à quelque chose, pensa Adèle. Mais personne sur terre ne peut racheter les péchés du monde. Tout, ici bas, semble soumis à l’éternel recommencement. Si seulement après être tombées, les âmes pouvaient se relever et marcher droit sur la terre... Mais je ne vois que des simagrées, des mensonges, des jalousies... Non, je ne veux pas être des leurs. Tu t’es sauvé Angélus. Moi aussi, je vais me sauver. Il n’y a que cela qui importe.

   Pendant que le groupe demeurait là, prostré, elle redescendit au bourg. Elle croisa en chemin le reste du cortège qui portait, inanimée, Sœur Camille au couvent. La pluie avait cessé et le soleil inondait Fontseranne. Les ruelles étaient désertes. Alors, par la porte brisée de la boutique, la moniale entra chez l’apothicaire, le cœur battant à tout rompre. 

   Elle fureta dans les tiroirs. Ne trouvant rien, elle osa monter au premier et crut, un instant, être entrée dans quelque château féerique. Bien qu’étant issue d’une famille aisée, elle n’avait jamais eu l’occasion de côtoyer un décor aussi raffiné. Non pas dans les couleurs et dans les formes, mais dans la texture de chaque élément qui le composait. De fins voilages vous caressaient le visage lors de votre passage. Les meubles disparaissaient sous des amoncellements de coupons de velours, tous aussi doux et cependant aussi différents les uns des autres que peuvent l’être, pour des connaisseurs, les meilleurs crus de nos vignobles. 

   Il y avait peu de chances qu’elle trouvât ce qu’elle cherchait et pourtant, à force de brasser des étoffes, de remuer des objets délicats, elle finit, ivre de sensations, par mettre la main sur le cahier d’Angélus, celui-là même où, enfant, il avait noté ses premières découvertes et, plus tard, ses formules les plus extravagantes.

   Elle avisa également quelques fioles minuscules et de petits échantillons colorés qu’elle glissa dans sa poche.

   Adèle aurait été bien incapable alors de dire pourquoi elle agissait de la sorte et ce qu’elle comptait faire de ce larcin. Le fait est qu’elle sortit de la boutique, grisée, joyeuse comme une enfant dont on aurait comblé le plus cher désir.

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(A Suivre)

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"Que celui qui nous accuse d'espionnage
se dénonce!"

nickfury
mdcu-comics.fr

Comment l'Amérique espionne ses alliés
Laura Poitras, Marcel Rosenbach,
Fidelius Schmid, Holger Stark et Jonathan Stock

   (...) Pour la National Security Agency (NSA), c'est un fiasco. Longtemps - contrairement à la CIA, l'agence du renseignement extérieur américain -, cette institution avait réussi à opérer sans éveiller l'attention du grand public. Edward Snowden aurait "irrévocablement causé de terribles dommages" aux Etats-Unis, se plaignait il y a près de deux semaines le directeur de la NSA, le général Keith Alexander, dans un entretien accordé à la chaîne de télévision ABC.

   Les documents de la NSA révélés par Snowden concernent bien plus qu'un ou deux scandales. Ils sont comme une sorte d'instantané électronique du fonctionnement, pendant une dizaine d'années, des services secrets les plus puissants du monde. Der Spiegel a été en mesure de consulter et d'analyser plusieurs de ces documents.

   Ces dossiers montrent que l'Allemagne occupe une place de choix dans le réseau de surveillance planétaire de la NSA - et comment les Allemands eux-mêmes sont la cible des attaques de l'Amérique. Chaque mois, les services d'outre-Atlantique enregistrent près d'un demi-milliard de communications en Allemagne.(...)

   (...) Personne ou presque n'est à l'abri de cette rage de l'espionnage. Ne sont épargnés que quelques Etats triés sur le volet, que la NSA définit comme des amis proches, des partenaires de deuxième classe ("second party"),comme le dit un document interne : la Grande-Bretagne, l'Australie, le Canada et la Nouvelle-Zélande. Pour la NSA, ces pays ne seraient "pas des cibles, et il n'est pas nécessaire que ces partenaires fassent quelque chose qui serait aussi illégal pour la NSA," peut-on lire dans un texte classé "très secret".

   Cette réserve ne s'applique pas aux autres, tous les autres, y compris ce groupe d'une trentaine de pays considérés comme des partenaires de troisième classe ("third party"). "Nous pouvons intercepter les transmissions de la plupart de nos partenaires étrangers de troisième classe, et d'ailleurs, nous le faisons," se vante la NSA dans une présentation interne.

   A en croire la liste, l'Allemagne fait justement partie de ces pays placés sous surveillance. Ainsi, ces documents confirment ce que le gouvernement de Berlin soupçonne depuis longtemps : les services secrets américains, avec l'assentiment de la Maison-Blanche, ont le gouvernement fédéral à l'œil, y compris la chancelière. Il n'est pas étonnant non plus que la représentation de l'Union Européenne à Washington ait été mise sur écoute dans les règles de l'art, comme le montre un document auquel Der Spiegel a eu accès. (...)

   (...) Ce qui importe, dans ces révélations, ce n'est pas que des Etats se surveillent les uns les autres, qu'ils épient leurs ministres et pratiquent l'espionnage industriel. La véritable révélation, c'est avant tout qu'il soit possible de surveiller ses propres ressortissants et ceux de pays étrangers au-delà de tout contrôle et de toute supervision efficace. Car le principe qui veut qu'un service du renseignement extérieur n'espionne pas ses concitoyens, ou alors seulement dans le cadre d'enquêtes individuelles, semble ne plus avoir cours dans ce monde de communication et de surveillance globales.

   Le GCHQ (Government Communications Headquarters, quartier général des communications du gouvernement), un service britannique, peut surveiller tout le monde, y compris les Britanniques, de même pour la NSA, y compris les Américains, mais le Bundesnachrichtendienst (BND), peut surveiller tout le monde, sauf les Allemands. Ainsi la Matrice étend-elle son réseau de surveillance universelle, où chacun, selon le rôle qui lui est dévolu, peut aider l'autre. (...)


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(Imperturbable, l'espionne yankee fumait une taf
en attendant que son collègue fasse le sale boulot"


The last days of american crime T1, comics chez Emmanuel Proust ...

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"Par le Saint Nom du Capitalisme:
Ou je ne mets pas cette pièce dans la Culture...
Ou je la mets dans ma tirelire...
Choix cornélien..."


CHARLES ROBIN 
"Le libéralisme comme volonté 
et comme représentation"
Pierre Le Vigan

   (...) « L’une des confusions habituelles de l’extrême gauche contemporaine (…) réside dans cette idée que le libéralisme ne désignerait rien d’autre qu’un système d’organisation économique de la société (fondé sur la propriété privée des moyens de production et la liberté intégrale des échanges marchands), qui trouverait ses adeptes les plus enthousiasmes, en France, sur la rive droite de l’échiquier politique. » Or, ce qu’explique Charles Robin, dans la veine de Jean-Claude Michéa et de Dany-Robert Dufour, c’est qu’en fait, l’extension indéfinie de l’économie de marché, va obligatoirement avec une société de marché dont l’un des éléments essentiels est l’extension continue des « droits individuels », ces mêmes droits dont l’illimitation est soutenue résolument par l’extrême gauche.

   La neutralité axiologique du libéralisme aboutit à ce que le seul critère de légitimité des actions sociales soit l’intérêt et la maximisation des satisfactions matérielles. La doctrine du droit naturel – qui seraient des droits qui tiennent à la nature même de l’homme - , qui fonde celle des droits de l’homme, postule l’auto-institution nécessaire et suffisante de la société- la fameuse « société civile » chère aux libéraux – et donc l’inanité de la recherche d’une « société bonne ». 

   Le libéralisme prend les hommes comme ils sont, et il les prend même tels qu’ils sont, le pire. Dans la vision libérale, la société bonne, ou même seulement meilleure, ne peut avoir de place, non plus que l’idée de la nécessaire amélioration morale de l’homme, ou l’idée d’excellence morale, notamment par l’éducation, et par une élévation des idéaux mis en valeur ou portés en exemple. Les humanités sont ainsi naturellement appelées à disparaître dans une société libérale – et c’est bien ce que l’on observe. Le vrai législateur tout comme le vrai éducateur deviennent, en société libérale, le Marché et l’Argent. 

   Tout comme Jean-Claude Michéa, Charles Robin insiste sur l’unité du libéralisme : il est économique et culturel. Il ne serait pas efficacement économique s’il n’était culturel. Etymologiquement, le commerce (neg-otium) c’est le contraire du loisir. Entendons le loisir au sens où il est liberté, ouverture à la contemplation, rendez-vous avec soi-même.

   On le constate en pratique tous les jours : la société libérale distrait chacun mais empêche le vrai loisir, celui qui permet de prendre du recul en soi. Le libéralisme postule que la liberté consiste en fait dans la capacité de se déraciner continuellement. Charles Robin tout comme Jean-Claude Michéa fait remonter cette vision à Kant et à Rousseau. Elle est aujourd’hui parfaitement illustrée par Vincent Peillon pour qui « l’école doit dépouiller l’enfant de toutes ses attaches [pré-républicaines]».

   Quoi de plus naturel, si l’homme est détaché de toutes attaches, en apesanteur, hors-sol, qu’il n’ait plus comme référence que le « souci de soi », vite devenu le « je ne me soucie que de moi ». L’inconvénient c’est notamment que le souci de soi d’hommes sans passé ne draine pas beaucoup de richesses humaines collectives. Il arase les diversités. En effet, seul celui qui a des traditions peut comprendre celles des autres. C’est pourquoi la diversité de l’homme en apesanteur est réduite à peu de choses. C’est une diversité-alibi d’un aplatissement généralisé. L’Européen est réduit à un Blanc, l’Africain ou l’Antillais est réduit à un Noir (et même un « black »). Le Français est réduit à un citoyen de « la patrie des droits de l’homme » (rappelons que c’est le pays qui a inventé le génocide avec la Vendée). 

   Cette réduction des authentiques différences se fait au nom de l’autonomie de l’individu mais au mépris du sens exact de ce principe qui ne signifie aucunement « faire sans les autres » ou « se passer des autres » mais choisir librement la règle que l’on se donne. C’est tout cela, et encore bien d’autres choses, que Charles Robin, de solide formation philosophique, nous donne à comprendre en un livre non seulement important mais essentiel.


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Luc Desle