Bonjour à vous qui, dans le maelström du net, êtes arrivés, par hasard? lassitude? erreur? sur ce blog. Vous êtes les bienvenus. Vous y lirez des extraits d'articles, de pensées, d'interviews, piochés ça et là, et illustrés de photos et dessins détournés, via un humour de bon aloi. Vous pouvez évidemment réagir avec le même humour, la même ironie que nous mettons, chaque jour, à tenter de respirer un peu plus librement dans une société qui se corsète chaque fois un peu plus.

samedi 22 février 2014

"La paille qui était dans mon oeil m'empêcha de voir la poutre qui me tombait dessus". Jacques Damboise in "Pensées inconvénientes".

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Pensées pour nous-mêmes:

(LE SAGE SE NOURRIT 
DE BONNES ACTIONS)

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(Document:
Le pétomane s'entraînant pour le bénéfice de son art)



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(Réponses des prostituées chinoises
au gouvernement central à Pékin)


(Source: nosuchthingasperfectt, via misshaileyxx)

Avec son «balayage du vice», 
Pékin fait du racolage

PHILIPPE GRANGEREAU

   (...) Ville méridionale de 7 millions d’habitants, Dongguan est célèbre à travers toute la Chine pour deux choses : son rôle historique dans la première guerre de l’opium au XIXe siècle et le nombre aujourd’hui impressionnant de ses lupanars. Plus d’une centaine de milliers de prostituées y exercent leur commerce profane dans une sérénité d’ordinaire jamais troublée. Les bordels ont des menus imprimés proposant de savoureuses galipettes, du «rêve du dragon» en passant par les «dix-huit virages de la route de montagne» et le «jeu du pipeau».

   Sauf que cette semaine, soudainement, les autorités ont décidé de donner un coup de pied dans la fourmilière. Près de 2 000 salons de massages, karaokés, saunas, hôtels, «centres de loisirs» et de «bien-être» ont été perquisitionnés. L’opération de«balayage du vice» a mobilisé 9 000 policiers. Un député de l’Assemblée nationale du peuple, patron d’un cinq étoiles louche appelé Crown Prince Hotel, a été interpellé lundi. Embarqués aussi, huit gradés de la police municipale soupçonnés de toucher des pourcentages. (...)

   (...) Le nombre de prostituées chinoises est estimé à 6 millions par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et l’industrie du sexe représenterait 6% du produit intérieur brut (PIB) national, selon l’économiste Yang Fan, de l’université Zhengfa de Pékin. Une authentique campagne nationale contre la prostitution pourrait sérieusement ralentir la croissance, voire précipiter une chute boursière. Cela a sans doute poussé les autorités à une certaine retenue : sur les 2 000 établissements perquisitionnés à Dongguan, seuls douze ont été effectivement bouclés, selon l’agence Chine nouvelle. Et malgré le déploiement d’un régiment de limiers, seulement 67 personnes ont été interpellées. «De qui se moque-t-on ?»s’interroge un internaute qui dit «fortement douter de l’intention des autorités de stopper la prostitution».

   L’opération de Dongguan était aussi - surtout ? - une action médiatique destinée à persuader la population que le pouvoir s’attaque au problème. Car quelques heures avant l’assaut policier contre les bordels, la chaîne nationale de télévision CCTV a diffusé un opportun «reportage» en caméra cachée, réalisé à Dongguan la semaine précédente. De toute évidence, l’émission était coordonnée avec l’intervention des forces de l’ordre. Une demi-heure choc, en prime-time, sur les coulisses du sexe tarifé en Chine : du jamais vu sur les ondes monotones de la télé officielle. 

   On suit à l’image un journaliste de CCTV dans une chambre équipée d’un miroir sans tain, derrière lequel dansent deux filles en maillot de bain. «Celle de gauche est le numéro 193, elle est de Chongqing ; l’autre, le numéro 136, est du nord-est. Si elles vous plaisent, on peut vous les réserver. Elles sont toutes les deux à 800 yuans[96 euros, ndlr]», lui dit le proxénète qui l’accompagne. «Voyez, un coup de sonnette et deux autres se pointent, jusqu’à ce que vous en trouviez une à votre goût… Dépêchez-vous, nos cinquante chambres sont pleines.»

   (...) Dans un autre établissement bondé, on est conduit dans une grande pièce où trône une scène bordée de pots de fleurs. Sur une musique techno, apparaissent une quinzaine de filles en jupe courte, chacune un gros numéro épinglé sur l’étoffe. Elles défilent l’une après l’autre, tenant toutes un sac à main identique. Derrière, on entend le patron dire tout haut : «Celle-là est à 700[84 euros], celle-là à 800.» La caméra se déplace dans une «suite présidentielle». Un lapitiao («maquereau») raconte que tout l’hôtel est un bordel et qu’un agrandissement est prévu.

   A l’hôtel Dongzhen, la mise en scène est identique : décor de tentures pourpres, brochette de vingt sanpei en tenue aguichante, leur tarif respectif sur une étiquette rouge collée à la cuisse. Le patron déplore qu’il y en ait moins que d’habitude.«Mais c’est le nouvel an chinois et plein de filles sont rentrées pour les fêtes.»«Celles à 600 [72 euros] ou 700 yuans ne sont pas trop sexy, mais à partir de 800, c’est chaud», conseille un client. «Dans ce sauna, on vous fait la totale», annonce une mère maquerelle, qui propose un karaoké où des xiaojie(«demoiselles») dansent nues. «Dites bonjour au client !» ordonne un type en costume à une brochette de courtisanes en froufrous qui déboulent dans une salle.«Yuannin wande qingcai» («nous vous souhaitons de bien vous amuser») chantent à l’unisson les demoiselles soumises, sans omettre de s’incliner.

   Depuis lundi, la «campagne antivice» s’est étendue à Canton. Il est question, selon la presse officielle, de «nettoyer»la province du Guangdong, voire le pays tout entier, dans les mois qui viennent. «Vaine entreprise, juge la sexologue Li Yinhe. Les bordels sont pleins parce que le sexe est un besoin comme les autres. Quand on grelotte de froid, on est bien content de trouver une chaumière accueillante.» Rappelant que les attitudes à l’égard du sexe ont considérablement évolué et qu’il existe même au Parlement un projet de loi pour légaliser la prostitution, Li préconise de décriminaliser cette activité. «Les prostituées, dit-elle, font désormais partie de la classe ouvrière.»


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"Oh, Maître, que désirez-vous?"
- Un beau jeune homme, stupides femelles!"



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Luc Desle

vendredi 21 février 2014

"L'Homme aux cheveux poivre et sel avait trop de sucre dans le sang". Benoît Barvin in "Pensées pensées".

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Pensées pour nous-mêmes:

(SUIS TES INTUITIONS 
QUAND ELLES VIENNENT DU CŒUR)
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(Danseuse exotique montrant son savoir-faire)


(Source: televandalist, via michiganswampmonkey)

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(Habitants de Détroit accueillant avec enthousiasme 
un immigrant compétent)



50 000 immigrés pour sauver Detroit ?

THE NEW YORK TIMES

   (...) Le gouverneur républicain du Michigan, Rick Snyder, veut donner un nouveau souffle à Detroit en faisant venir des immigrés compétents. Il propose d'en attirer 50 000 sur cinq ans grâce à un programme de visas destinés aux diplômés de l'enseignement supérieur ou à des personnes particulièrement talentueuses dans les domaines de la science, de l'art ou des affaires.

   C'est un projet hors du commun qui suscite une réaction viscérale : Rick Snyder, qui est un homme d'affaires, propose une initiative intensive pour repeupler et reconstruire Detroit, sans se contenter de courber l'échine pendant les procédures liées à la faillite, pour ensuite recommencer à survivre tant bien que mal. Associé à d'autres efforts consentis par la municipalité pour encourager l'enseignement, les arts, la technologie et l'industrie manufacturière, le sursaut d'énergie apporté par l'immigration pourrait ressusciter une ville que beaucoup donnent pour morte.

   Toutefois, on peut se féliciter de ce projet créatif du gouverneur tout en admettant qu'il est déconcertant. D'une part, Detroit n'est pas une morne plaine. C'est une métropole dont la population est essentiellement africaine-américaine, une ville détruite par une conjoncture économique désastreuse et une gestion catastrophique, mais aussi par la désertion des Blancs. À la suite de cette descente aux enfers, une grande partie de la population est restée piégée par de mauvaises écoles, de rares emplois et un sombre avenir. Il est étrangement défaitiste de déclarer : après tout le tort causé aux habitants de Detroit, faisons donc venir des Chinois et des Indiens. (...)

   (...) Il est tout aussi étrange d'attacher la politique d'immigration – une question fédérale – à un projet municipal plein de bonnes intentions : pourquoi Detroit ? Et pourquoi pas Baltimore dans le Maryland ou Brownsville au Texas ? Par ailleurs, des visas associés à un lieu précis créent un problème de mise en œuvre si les bénéficiaires déménagent à Chicago à la première occasion. Personne ne va leur dire : “Bienvenue à Detroit, voici votre visa et votre bracelet électronique.”

   Un programme de visas si restreint risque aussi de renforcer l'idée fausse selon laquelle les immigrés hautement qualifiés sont les seuls qui en valent la peine. Cela revient à installer un cordon de velours devant la “porte d'or” pour filtrer les arrivants. Les entrepreneurs et les intellectuels d'envergure internationale sont aussi issus de familles pauvres et de la classe ouvrière. Une partie du travail crucial qui permet de soutenir notre économie est effectuée par des travailleurs agricoles qui savent parfaitement récolter nos fruits et légumes, mais aussi par des nourrices et des femmes de ménage sans qui nombre de foyers aisés ne pourraient fonctionner.

   Les partisans de Rick Snyder, dont le maire de Detroit et de nombreux entrepreneurs locaux, ont des réponses toutes prêtes à ces objections. Selon eux, la réussite des immigrés ne nuira pas nécessairement aux habitants actuels. Ils affirment que le secteur de la recherche et du développement est prospère à Detroit et que de nombreux emplois hautement qualifiés n'y sont pas pourvus. Ils sont convaincus qu'une élite de nouveaux arrivants permettrait de créer et d'attirer à la fois des emplois et des investissements, ce qui serait salutaire pour tout le monde.

   Pour contourner l'écueil d'un programme de visa ne s'appliquant qu'à une ville, certains pensent qu'il faut voir les choses en grand. Angelo Paparelli, un avocat spécialiste de l'immigration qui a grandi à Detroit, suggère de reproduire pour ce domaine l'initiative Race to the Top[course au sommet], une compétition visant à stimuler l'innovation dans les écoles. Les Etats pourraient soumettre des projets de relance économique et ainsi rivaliser pour obtenir un plus grand nombre de visas de travail destinés aux investisseurs et entrepreneurs étrangers.

   La proposition d'Angelo Paparelli ainsi que celle du gouverneur Rick Snyder valent la peine d'être examinées. Et il est possible que le gouvernement de Barack Obama soit disposé à faire de Detroit un laboratoire d'innovations en matière d'immigration. Pour Angelo Paparelli, un président avec “un peu de culot” pourrait y parvenir par voie réglementaire, sans consulter le Congrès.

   Mais pourquoi devrait-il en arriver là ? Et si le Congrès concevait un plan beaucoup plus ambitieux pour libérer l'énergie et les compétences de millions d'immigrants, et non de quelques milliers ? On peut imaginer qu'une telle initiative, appliquée aux cinquante Etats et non pas à une seule ville, stimulerait non seulement les sciences, la technologie, l'ingénierie et les mathématiques, mais aussi les petites affaires familiales qui sont l'épine dorsale de nos villes, ainsi que les secteurs et les métiers que la plupart des Américains évitent.

   Ce projet doit être rédigé avec soin pour obtenir le soutien des chefs d'entreprise, des syndicats, des législateurs et de l'opinion publique. Il faut encourager la création d'entreprises et les investissements tout en respectant l'engagement essentiel des Etats-Unis vis-à-vis de l'immigration familiale. La bonne nouvelle ? Ce plan existe et il a été adopté par le Sénat en juin 2013*.

Note :* La Chambre des représentants, à majorité républicaine, n'a en revanche toujours pas voté la réforme.


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(Jolie blonde se lavant les cheveux tout en pratiquant
sa gymnastique quotidienne)


Artist painter erotic art Spanish . Modesto Roldan.


( Ce qui invaliderait, selon certains, les
propos généralement tenus à propos de la capacité des
blondes à faire plusieurs choses en même temps)

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Luc Desle

jeudi 20 février 2014

"Le Muezzin à la voix de velours plaisait aux femmes". Benoît Barvin in "Pensées pensées".

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Pensées pour nous-mêmes:

(AUSSI LEGER QU'UNE PLUME,
L'AMOUR CRAINT LE VENT)

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(La nuit, Soeur Perséphone faisait
d'étranges cauchemars)


(Source: morbidwaays, via hypotherm1a)

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"Dis, tu me racontes une histoire...

- Encore!"


PAYS-BAS
Un forfait illimité pour les livres

COURRIER INTERNATIONAL

   (...) Lire autant de livres que l’on veut pour un montant fixe par mois – voilà l’idée qu'a eue un groupe de maisons d’édition néerlandasies et flamandes, rapporte le journal du soir NRC Handelsblad. Ils veulent mettre en place un service abonnés qui offre des livres électroniques que l’on peut lire en streaming, inspiré de services comme Spotify (musique) et Netflix (films et séries). Le service devrait être accessible à la fin de l’année 2014. 

   Les deux grands groupes d’éditeurs qui sont à la base de cette initiative occupent presque la moitié du marché des livres électroniques néerlandophones. En proposant plusieurs milliers de titres, ils espèrent que ce service va "contrecarrer les projets des pirates de livres électroniques et qu'il va intéresser de nouveaux lecteurs", écrit NRC. Le service va se concentrer surtout sur les best-sellers, explique l'instigateur du projet au journal.

   Aux Pays-Bas, 1,2 million de livres électroniques se sont vendus l’année passée, soit 71% de plus qu’en 2012. Le nombre de ventes de livres papier a été de 41 millions, en baisse de 8,3 %.


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(La nuit, cette jeune épousée avait trouvé un 
moyen infaillible pour tromper son mari
sans qu'il s'en rende compte)


(Source: publicdomaindiva, via dandelionapril)

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Luc Desle

mercredi 19 février 2014

"Il revendiquait le droit à la bêtise, que personne ne songeait vraiment à lui dénier". Jacques Damboise in "Pensées inconvénientes".

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Pensées pour nous-mêmes:

(LE MAÎTRE, MÊME PETIT DE TAILLE,
EST GRAND)

Pcc Jacques Damboise

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(Mon chat aimait bien se déguiser)


5 DAYS AGO · 417,160 NOTES · VIA / SOURCE

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(Célèbre cinéaste faisant le beau
devant une femme avant de se
péter une cheville)


Federico Fellini


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(Ma femme surprise dans une difficile exercice
de yoga hurleur)



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(Vache sur le point d'être avalée par le trou de l'ozone)


generic—ericCaitlin Hurd

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Jacques Damboise

mardi 18 février 2014

"Le Maître du Temps, même en retard, arrivait toujours à l'heure". Benoît Barvin in "Pensées pensées".

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Pensées pour nous-mêmes:

(N'ATTENDS AUCUN SECOURS DE LA COLÈRE)

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"Mon Dieu....
Pas un seul pour relever l'autre...
Pfff..."


Jane Russell in ‘Gentlemen Prefer Blondes’, 1953.
(Source: ever-so-dreamy)

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(Obligées de vendre leurs vêtements pour
pouvoir jouer, ces américaines gardaient
cependant le sourire)



Les Américains ont perdu foi dans l’avenir

DAVID BROOKS
THE NEW YORK TIMES

   (...) Auparavant, quand les visiteurs étrangers décrivaient la culture américaine, ils mettaient généralement en avant diverses variantes d'une même caractéristique : l'énergie. Que leurs motivations fussent terre à terre ou spirituelles, les Américains travaillaient plus frénétiquement, se déplaçaient davantage et changeaient plus souvent d'emploi que pratiquement tout le monde.

   Les choses sont en train de changer. Au cours des 60 dernières années par exemple, les Américains sont devenus de moins en moins mobiles. En 1950, 20 % d'entre eux déménageaient chaque année. Désormais, le chiffre tourne autour de 12 %. Dans les années 50 et 60, les gens habitaient dans la même maison pendant cinq ans en moyenne ; aujourd'hui, cette durée atteint 8,6 années. Notre mobilité géographique n'a jamais été aussi faible : elle équivaut à celle du Danemark ou de la Finlande.

   Il est vrai que le pays vieillit et qu'en général, les gens se déplacent moins lorsqu'ils prennent de l'âge. Mais les jeunes d'aujourd'hui sont bien moins mobiles que ceux des générations précédentes. La mobilité a chuté de 41% chez les jeunes adultes rien qu'entre les années 80 et 2000.

   Il est vrai aussi que beaucoup de gens sont coincés avec des logements dont la valeur a beaucoup baissé. Mais, comme le note Timothy Noah dans Washington Monthly, la mobilité connaît une baisse aussi forte chez les locataires que chez les propriétaires.

   Non, un facteur primordial pour expliquer cette tendance est la perte de confiance en soi. Il faut y croire pour bouger. Si on s'expose à des frais et à des difficultés temporaires, c'est parce qu'on est convaincu qu'on y gagnera à long terme. Les personnes hautement qualifiées, qui bougent encore beaucoup, possèdent cette conviction. Souvent, les personnes moins qualifiées ne l'ont pas.

   L'une des curiosités de la mobilité d'aujourd'hui, c'est que les gens ne vont pas s'installer dans des zones où le chômage est faible et les revenus élevés. Ils vont dans des zones où les revenus sont faibles et le logement bon marché. C'est-à-dire qu'ils sont moins prêts à accepter des difficultés de logement temporaires pour bénéficier de futures opportunités. Ils préfèrent s'installer dans des zones qui offrent un confort immédiat même si les perspectives de revenu sont plus faibles à long terme.

   Ce manque de foi dans l’avenir se manifeste également dans d'autres domaines. Le taux de fertilité, qui est un bon indicateur de la confiance, est en baisse. Les gens sont moins enclins à quitter un emploi pour en chercher un meilleur – même en tenant compte des variations cycliques. Seuls 46 % des Américains blancs pensent avoir de bonnes chances d'améliorer leurs conditions de vie. C'est le chiffre le plus bas de l'histoire du General Social Survey [une enquête sociologique bisannuelle]. (...)

   Peter Beinart a écrit un article fascinant pour le National Journal, montrant que les Américains croyaient jadis bien davantage au capitalisme, à une société sans classe, au rôle des Etats-Unis dans le monde et à la religion organisée que les Européens. Or leurs conceptions ressemblent aujourd'hui à celles des Européens. Et si on ne considère que les jeunes, l'exception américaine a tout simplement disparu.

   50 % des Américains de plus de 65 ans pensent que les Etats-Unis ont une place à part parmi les nations en tant que plus grand pays au monde. Seuls 27 % de ceux âgés de 18 à 29 ans sont du même avis. En 2003, les Américains étaient plus nombreux que les Italiens, les Anglais et les Allemands à affirmer que "l'économie de marché est le meilleur système sur lequel fonder l'avenir du monde". En 2010, ils étaient un peu moins nombreux que ces mêmes Européens à adhérer au capitalisme.

   Il y a trente ans, les Américains se considéraient en grande majorité comme appartenant à la classe moyenne. Depuis 1988, le pourcentage des personnes qui se considèrent comme "laissées pour compte" a doublé. Aujourd'hui les jeunes ont davantage tendance à penser que la réussite est une question de chance et non de travail que les générations précédentes.

   Ce pessimisme m'évoque un concept qui circule en Europe : le précariat. Selon l'universitaire britannique Guy Standing, le précariat est une catégorie en expansion qui regroupe les personnes vivant avec des emplois à durée déterminée et à temps partiel, dans des conditions précaires et "sans possibilité de se construire une trajectoire professionnelle". Elles connaissent de multiples formes d'insécurité et sont susceptibles de rallier des mouvements de protestations de toutes tendances politiques.

   Le précariat américain semble plus frileux, peu sûr de lui, réfractaire à la prise de risques, s'appuyant sur les amis et la famille mais sans foi dans les possibilités de l'Amérique. Ce fatalisme est à rebours de l'histoire des Etats-Unis.


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(Le premier groupe rock soviétique
quelques heures avant son départ
 et sa disparition dans l'espace)



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Benoît Barvin

lundi 17 février 2014

"Sadique, le fourmilier faisait claquer sa langue sur la fourmilière". Jacques Damboise in "Pensées de vraiment peu".

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Pensées pour nous-mêmes:

(LE BONHEUR N'EST PAS
COTÉ EN BOURSE)

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(Intéressante paire de lunettes destinée
à se faire des bosses avec classe)



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(Banquier s'entraînant au Marathon 
de l'argent volé)



Qui sont les exclus bancaires,
cibles du « compte Nickel » ?

CÉCILE CAZENAVE

   (...) Votre banque ne veut plus de vous : qu’à cela ne tienne, le bureau de tabac vous tend les bras. L’équation semble étrange. C’est pourtant, en substance, le message des deux inventeurs d’un compte en banque sans banque. Mardi dernier, deux petits génies de la finance et de l’informatique, Hugues Le Bret, ex-banquier de la Société générale, et Ryad Boulanouar, un ingénieur qui a conçu, entre autres, le Pass Navigo de la RATP, lançaient le « compte Nickel ». Il s’agit d’un compte low cost, hébergé par un buraliste, dont l’ouverture prend quelques minutes, sans condition de dépôts ni de revenus. Le slogan, « une banque pour tous ceux qui ne comptent pas ou plus pour les banques » visent ceux que l’on nomme les « exclus bancaires ». Et l’on aurait tort de ne pas se sentir concernés. Car ces personnes en difficulté avec les institutions financières ne sont pas toujours celles que l’on imagine.

   D’après la Banque mondiale, 59% des adultes des pays en voie de développement ne possèdent pas de compte en banque. Dans les pays à revenus élevés, ils ne sont plus que 11%, ce qui rassemble tout de même beaucoup de monde. En mai dernier, la Commission européenne estimait que 58 millions de consommateurs de plus de 15 ans en étaient dépourvus. En France, ils représentent une minorité de personnes, probablement près de 500 000. Leurs profils sont variés. Des gens seuls à la rue, des migrants venus de divers horizons, aux prises avec des casse-tête administratifs multiples… Mais aussi des clients dont les établissements financiers ne veulent plus, tant l’historique de leur compte témoigne d’incidents à répétition. (...)

   (...) Un jour, votre banquier vous informe qu’il est au regret de fermer votre compte… « Si c’est préalablement motivé, c’est légal, explique Georges Gloukoviezoff, économiste et directeur du bureau d’études 2G Recherche. De même qu’une banque – l’un des seuls acteurs à avoir le droit de refuser une vente – peut refuser d’ouvrir un compte. » Pour tous ceux-là, la vie est un enfer. Ne serait-ce que pour percevoir un salaire, la loi exige d’être l’heureux détenteur d’un compte de dépôt. « C’est une population mal connue qui doit mettre en place des stratégies de survie », précise Georges Gloukoviezoff.

   Un système comme le compte Nickel, qui ouvre ses serrures au tout-venant, serait-il une oasis dans le désert bancaire ? « Si l’on était au Burkina Faso ou en Mongolie, pourquoi pas ? suggère Alain Bernard, responsable du département « Emploi et économie solidaire » du Secours Catholique. Mais dans un pays doté d’un important réseau d’agences, ce service payant me paraît surtout une excellente opération de communication. » Car, en réalité, nos législateurs ont déjà imaginé des bouées de sauvetage. Toute personne dépourvue peut saisir la Banque de France. Celle-ci inspire souvent la crainte. Elle se fera cette fois un devoir de vous ouvrir un compte de dépôt, avec des services bancaires de base, dont des moyens de paiements, gratuits. Mais, en 2010, une étude du Credoc (Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie) a montré que parmi les ménages concernés, seuls 5% avaient fait valoir ce droit au compte. C’est donc plutôt de conseils et d’assistance qu’ont besoin les invisibles de la vie bancaire. « En France, nous sommes bancarisés à 99%, il n’y a pas de réel problème d’accès aux comptes, souligne Alain Bernard. L’exclusion, c’est surtout de ne pas avoir accès à des services bancaires, et là, il y a de grande inégalités. »

   (...) Disposer d’une carte bleue pour payer au supermarché, d’un chéquier pour régler la cantine, les amendes, les traites de l’assurance, obtenir un crédit pour financer les études du cadet ou l’achat d’une voiture : un compte en banque n’y fait rien si vous n’avez pas à disposition les accessoires qui vont avec. Là encore le scénario se répète. Trop de découverts, trop de chèques en bois, des revenus trop faibles, trop irréguliers et vous voilà classé parmi les clients peu intéressants, pas solvables, pas rentables. Seulement, cette fois, les spécialistes estiment que c’est cinq à six millions de personnes, soit un Français sur dix, qui sont privés de l’un ou l’autre des outils bancaires indispensables à la vie quotidienne. Parmi eux, certains sont bien connus. Il y a 1,7 million de personnes « interdites bancaires », inscrites au fichier central des chèques, ou 200 000 personnes qui déposent chaque année un dossier de surendettement à la Banque de France, en hausse de 47% cette année.

    « Et, derrière, l’énorme masse qui n’a pas fait de dossier, qui continue à s’endetter, qui est au bord du no man’s land », souligne Maxime Pekkip, chargé de mission à l’association Cresus, un réseau national de prévention et d’accompagnement des ménages surendettés. Il les connaît bien, ces clients à qui bientôt on enlèvera le carnet de chèques, ou qui n’obtiendront jamais de quoi finir de rembourser la maison. Et ils n’ont rien d’une mère célibataire au RSA atteinte d’un syndrome d’achats compulsifs. Parmi les 3 444 personnes suivies par le réseau pour éviter qu’elles ne basculent, plus d’un tiers gagne entre le Smic et 2 000 euros par mois ; 43% sont salariés ; 31% propriétaires ; 51% sans enfant à charge ; et 47% ont entre 45 et 65 ans. Des profils archi-communs qui ressemblent au Français moyen. « Ce n’est pas un grand accident de la vie qui fait tomber ces gens, explique Maxime Pekkip. C’est une lente accumulation de dettes et le dysfonctionnement des organismes de contrôle et d’octroi (les banques, ndlr). Pire : les clients fragiles ont peur de leurs banques et vont les voir quand c’est déjà consommé. »(...)

   (...) C’est dans ce déficit de confiance que s’engouffre une innovation comme le compte Nickel. « C’est à la fois une réponse et un symptôme à l’échec de la bancarisation : cette création porte le fer là où les pratiques des banques se révèlent inadaptées », analyse Georges Gloukoviezoff. A peu près tous les acteurs spécialistes de l’exclusion bancaire s’accordent à dire qu’un tel système ne peut pas résoudre les situations difficiles. Mais certains imaginent que c’est un premier pas pour qui veut remonter la pente. « Un tel compte qui n’autorise pas le découvert peut fonctionner comme une tirelire, comme un outil d’autocontrôle, c’est une nouvelle entrée non stigmatisante dans le système financier », ajoute Maxime Pekkip. Pour d’autres, la fausse bonne idée à la mode du moment détourne les regards des vrais enjeux. « Ce qu’il faut aux clients, ce sont des conseils avisés, sur la gestion d’un compte, sur le prêt et l’épargne, martèle Alain Bernard. Et ce n’est pas le buraliste qui va en donner ! » A ses yeux, les banquiers doivent s’adapter, faire bouger leur perception du risque pris en évaluant la solvabilité de ses clients. Bref, donner du crédit et en récupérer.

http://www.terraeco.net/Les-exclus-bancaires-des-gens,53732.html


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(Adhérente d'un Parti Extrême avouant qu'elle n'est pas contre
le port du voile)




Liz Renay

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Benoît Barvin

dimanche 16 février 2014

"De faux sens en contresens, il finit par épouser ces idées étrangères". Jacques Damboise in "Pensées inconvénientes".

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Pensées pour nous-mêmes:

(L'ARBRE FRUITIER
N'EN DONNE PAS TOUTE L’ANNÉE)

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(La femme qui écoutait aux portes
dans sa nouvelle activité)


hermione:
Berenice Bejo photographed by Olaf Wipperfuerth


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"Un poil sur mon costume?
Où ça?"


250 Film Challenge: 18/250
4/50 Rewatch Beauty and the Beast dir. Gary Trousdale and Kirk Wise

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(La femme à la jambe nue
faisait un peu trop la belle)


Amanda Seyfried for Elle Korea (January 2014)

µµµ

(La femme au chapeau ridicule, gênée,
détourna la tête au moment de la photo)


Marie-Antoinette. Film de Sofia Coppola.


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Jacques Damboise