Bonjour à vous qui, dans le maelström du net, êtes arrivés, par hasard? lassitude? erreur? sur ce blog. Vous êtes les bienvenus. Vous y lirez des extraits d'articles, de pensées, d'interviews, piochés ça et là, et illustrés de photos et dessins détournés, via un humour de bon aloi. Vous pouvez évidemment réagir avec le même humour, la même ironie que nous mettons, chaque jour, à tenter de respirer un peu plus librement dans une société qui se corsète chaque fois un peu plus.
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mardi 29 mai 2012

"L'argent ne fait pas le bonheur, surtout si t'en as pas". Benoît Barvin in "Propos de mes Voisins"

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Pensées pour nous-mêmes:

(LA MORT T'ATTEND
EN PÊCHANT A LA LIGNE)

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"Chomp... Chomp... Pub menchongère?
Ouaip! Cha me préoccupe, ch'est chûr..."

Bouffe : 
finie la pub mensongère !

   (...) Avant, tout était permis ! Maintenant, si un produit étiqueté, par exemple, « bon pour la santé », « aide à lutter contre le stress », ou même « le geste santé du matin », n’a pas prouvé son efficacité scientifiquement, dans ce cas-là, la marque a 6 mois pour supprimer des packagings cet argument de vente non autorisé. En tout, sur 44 000 demandes, seulement 222 allégations santé ont été acceptées. (...)

   (...) Résultat, le chewing-gum sans sucre qui « Préserve la santé des dents » a été validé. En revanche, la barre de chocolat blanc et lait qui « Favorise la croissance » va devoir trouver un autre slogan ! 
   Et si on poussait la réflexion un peu plus loin (oulà, c'est dangereux pour la santé, non, de réflechir "plus loin"?) et on obligeait les industries agro-alimentaires à afficher les vraies allégations santé sur leurs produits, on lirait sur les emballages des goûters pour enfants des mentions comme : « Bouche les artères », « Favorise l’obésité », « Accélère le développement des caries », « Augmente les risques de diabète »… Ça donne à réfléchir, non ? (Ben... oui, un peu... on n'y avait pas pensé tout seul) (...)




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Aragorn, Seigneur des Anneaux et des étudiants du Québec



Québec : une loi d’exception 
pour casser le « printemps érable »
Sophie Verney-Caillat

   (...) Voyant arriver la fin de l’année scolaire, la ministre de l’Education, craignant une annulation des examens, a conçu cette loi dite « 78 », immédiatement applicable.
   Officiellement, selon la ministre de l’Education Michelle Courchesne, ce texte a pour but de « pouvoir étudier sereinement, correctement, pacifiquement dans tous les établissements du Québec », et de « réorganiser le calendrier scolaire ». (...) (voir la loi adoptée vendredi 18 mai


(...) En pratique, cette loi, prévue pour une application ponctuelle jusqu’en juillet 2013, est une atteinte au droit de manifester :
   - Elle interdit tout rassemblement à moins de 50 mètres des établissements scolaires ;
   - Elle restreint le droit de manifester sans accord préalable avec la police : il faudra fournir huit heures avant, la durée, l’heure, le lieu et les moyens de transports ;
   - Elle prévoit de très lourdes amendes pour les organisateurs de piquets de grève : de 1 000 à 5 000 dollars (de 770 à 3 860 euros) pour un individu seul et de 25 000 à 125 000 dollars (de 19 320 à 96 600 euros) pour une association d’étudiants, le double en cas de récidive.

   Le syndicat étudiant le plus radical, la Coalition large de l’Association pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE), dénonce « un meurtre de ce qui caractérisait le Québec par rapport à d’autres sociétés dans le monde ». (et nos amis Québecois continuent leur fronde... Courage!)


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"Le rêve européen? Il ne passera pas par moi"

ENGRAVING OF CLARA AND A HUMAN SKELETON FOR TABULAE SCELETI
 ET MUSCULORUM CORPORIS HUMANI. OF ALBINUS,
 BERNHARD SIEGRIED, 1697-1770 (VIA MVAT)

Les naufragés du rêve européen
 Doan Bui.  Journaliste

   (...) Dans le petit village frontalier de Nea Vyssa, Christos, surnommé le “Shérif”, patron du café local, voit défiler les rescapés, savates gonflées d'eau, transis de froid et traînant, pour les plus chanceux, un sac plastique qu'ils ont réussi à sauver.
   "Il en vient tous les jours. Parfois dix, parfois cinquante, soixante ou plus. Avant, pour nous protéger des Turcs, il y avait des mines antipersonnel partout dans l'Evros. Mais tout a été enlevé en 2009. Depuis, c'est l'invasion. Les types de la Frontex ? Des chariots ! Ils ne servent à rien du tout ! L'Europe nous a mis dans la merde, voilà la vérité. Tous ces migrants, ils croient qu'ils vont pouvoir passer en Italie ou en France. Mais personne ne veut d'eux, et on les renvoie chez nous ! Alors qu'ici il n'y a pas de travail, pas d'argent, rien !"

   Le “Shérif” voudrait créer une milice, avec les quelque 300 autres habitants du village autorisés comme lui à porter des armes, dans cette zone militarisée : “Avec nous, pas un ne passerait !” Il dit que les gens ont peur de ces immigrés qui “ramènent des maladies”, mais que c'est partout pareil : “Marine Le Pen a du succès chez vous, non ?” Le bistrotier, pourtant, continue à accueillir ces pauvres hères égarés à la terrasse de son café, situé devant la petite gare de Nea Vyssa où le train ne passe presque plus jamais. (...)

   Ce matin d'avril, Nageb, un jeune Marocain, est le premier à s'y attabler. Il a fait la traversée à la nage pendant la nuit, avec son copain Chetroub.
   "C'est ma troisième tentative, dit-il. J'ai essayé via l'Italie, mais notre bateau a été arrêté, et via l'Espagne, mais je suis resté coincé à Ceuta [enclave espagnole au Maroc, NDLR]. Ce matin, on a marché pendant quatre heures après être sortis de l'eau. J'avais peur d'être revenu en Turquie, mais j'ai trouvé une bouteille d'eau par terre avec l'indicatif téléphonique grec. J'étais tellement content ! Ici, il paraît que les policiers sont plus sympas..."

   Welcome to Greece ! Le “Shérif” a beau déplorer l'“invasion”, il offre du café chaud, des chaussettes sèches, une bouteille d'eau aux deux Marocains. Ses hôtes le remercient avant de s'engager dans un dialogue surréaliste. Nageb demande où trouver la police. Le “Shérif” le rassure : un van passera le prendre ! Ici, tous les migrants veulent être “enregistrés”, quitte à être dirigés vers les centres de rétention bondés, dans des conditions dénoncées en septembre dernier par l'ONG Human Rights Watch
   Depuis, deux de ces centres sont en “rénovation”, en clair ils vont être agrandis. En attendant la fin des travaux, beaucoup de clandestins sont enregistrés, puis immédiatement relâchés, obtenant de surcroît un précieux sésame : le fameux “papier des trente jours”. Ce laissez-passer, qui leur donne un mois de sursis avant d'être expulsés, est indispensable pour pouvoir acheter un ticket de bus jusqu'à Athènes. De là, ils espèrent gagner clandestinement la France, l'Italie, l'Allemagne... N'importe quel pays plutôt que la Grèce, où la crise fait rage. (...)

Lire l'article en entier sur:

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"Snif, snif... Tiens, Narine n'est pas loin,
 je sens son parfum..."
(by paul.malon)
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Benoît Barvin

mercredi 23 mai 2012

"Où est ma brosse à dents en or?" s'énerva l'ex Résident, sur le départ". Jacques Damboise in "Pensées à contre-pet"

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Pensées pour nous-mêmes:

(SI DIEU NE TE PARLE PAS,
ECOUTE-LE)
pcc Jacques Damboise 
(qui ne respecte rien)

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COURTS RECITS AU LONG COURS(19)
pcc Benoît Barvin


Miroir fidèle

   Il refusait d'exposer les traits flapis de son ancienne jeune maîtresse. "Question de décence" pensait-il. Aussi son eau se verdit-elle assez pour que son Adorée finisse par le mettre au rebut. En haut d'un vieux bahut d'où il la contemplait, avec nostalgie, marcher à petits pas dans son unique pièce, enfarinée de poussière.


Mon Ange

   Il me suivait jour et nuit dormant près de mon lit, couché en chien de fusil. Nul autre que moi ne le voyait mais, fidèle à la folie, il veillait sur moi, jaloux, je le compris bien vite, de ces godelureaux qui virevoltaient autour de mon sourire, s’enivrant de mon parfum. Il en vint à les supprimer, un à un, de mille étranges manières, mais avec méthode. De sorte que je dus m'en séparer, de mon Ange, en lui offrant, comme paroles empoisonnées, le sempiternel "tout est fini entre nous".
   Avant de décéder de chagrin, il enveloppa mon cou gracile de ses grandes ailes, si duveteuses, et m'étrangla, dans un grand cri de jouissance.

Le chapeau claque

   Sa carrière fut ultra-courte. Il faisait partie de la dernière fournée des chapeaux que la City commandait, à la manière de petits fours, pour ses traders méritants.
   Ces derniers se révélant une espèce en voie de disparition, la Vieille Lady cessa ses achats, finalement dispendieux, et le chapeau, en désespoir de cause, fut contraint de s'exhiber dans un minable music-hall de Whitechapel, désagréablement perché sur le crâne chauve d'un prestidigitateur de seconde zone.


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"C'est comme si vous vous limiez les ongles",
fit le chef de groupe, compatissant. C'était en effet
la première fois qu'il avait, sous ses ordres,
la femme d'un ex-Résident.
“WOMEN WORKING FOR YOU” POSTCARDS, 1943

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"Oh Mon Dieu! Narine s'en va convertir 
les impies Luniens et Martiens!
- Quelle jolie fusée!
- Quelle Sacerdoce!"

The Wonder of It All: 1938
October 1938. “Boys at the National Rice Festival parade. 
Crowley, Louisiana.” Photo by Russell Lee for 
the Farm Security Administration.

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"J'aime beaucoup ton look d'abr... UMPéiste.
- Heu... Merci?"

Glasses via tackorama

(à noter:
 nous ne sommes pas certains 
de l'exactitude exacte de cette traduction)

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(Ce baron UMPéiste confondait le dicton:
"faire l'autruche" avec "faire le kakou")

CAWSTON OSTRICH FARM, 1896-1934


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Jacques Damboise

dimanche 29 avril 2012

"Narine se faisait chaque jour un shoot de pensées teutoniques". Benoît Barvin in "Pensées pensées"

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Pensées pour nous-mêmes:

(TES IDÉES DE HAINE
TE FERONT MOURIR AVANT L'HEURE)

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COURTS RECITS AU LONG COURS(13)
pcc Benoît Barvin

Le signe

   Subrepticement, je fis le signe de croix et, sur-le-champ, mon adversaire politique hoqueta avant de s'effondrer. Alors qu'un terrible remue-ménage s'ensuivait, je me pris à songer à cette nouvelle puissance dont je me servais depuis quelques mois. 
   A l'époque, j'étais au bout du rouleau, prêt à me supprimer et j'attendais le véhicule qui, roulant comme un fou, me ferait jaillir dans les airs pour que je puisse ensuite agréablement m'écraser sur l'asphalte. Mais, à l'instant où je m'élançais, une main solide me retint. Il s'agissait d'une femme, une blonde à l'aspect chevalin et au sourire sardonique.
   "Crois-tu en Dieu?" me demanda-t-il, d'une curieuse voix de basse. "Pas vraiment", murmurai-je, de mauvais gré. "Cela tombe bien, moi non plus". 
   Elle m'invita à la suivre et c'est dans un troquet, devant une bière Alsacienne, que Greta me révéla ce qu'elle était: une envoyée du Diable. Elle cherchait une âme prête à se débarrasser de toute humanité, afin de lui octroyer le plaisir infini de grimper sur les plus hautes marches de cette Société. "Cela t'intéresse?". "Que faut-il faire?" répondis-je, la gorge nouée. 
   Greta recueillit, à l'aide d'un minuscule stylet, un peu de mon sang, l'analysa et, en apparence satisfaite, elle me dit de fermer les yeux, qu'elle allait tracer le "signe" dans l'air, devant moi, mais que je ne devais pas savoir la forme qu'il prenait. "Dans le cas contraire, ajouta-t-elle, le charme cessera immédiatement d'agir". J'obéis, trop heureux de me sortir de ma situation de chômeur méprisé, y compris par mes pairs. Elle me certifia que seul le signe de croix serait à même de me libérer de la Scoumoune qui faisait de ma vie un "Enfer".
   Dans les heures qui suivirent, suivies de jours et de semaines, j'obtins un gain important au loto, tombai amoureux d'une riche héritière, me retrouvai dans un Parti puis fus nommé Ministre. Il ne me restait plus, d'après Greta, qu'à proposer ma candidature pour les élections qui n'allaient pas tarder. Ce que je fis et c'est par acclamation qu'on me fit l'honneur de porter des idées, qu'au fond je ne partageais pas vraiment. Mais est-ce que cela avait une quelconque importance?
   Mon adversaire, donc, venait de s'effondrer et je jubilais. Plus personne ne pourrait se mettre en travers de mon chemin. Grisé par la perspective, alors qu'on tentait de ranimer le malheureux, je m'emparai de mon téléphone portable et, dans un coin discret, je fis défiler les quelques photos qui y étaient gravées. Dont celle du fameux signe secret que je n'avais jamais osé regarder, bien que l'ayant dûment saisi, le jour où Greta l'avait exécuté devant moi.
   Je tombai sur le visage hilare de cette diablesse de femme qui tendait son majeur dans ma direction, de la plus vulgaire des manières.
   Aussitôt j'entendis autour de moi qu'on s'exclamait: le coeur de mon adversaire, miraculeusement, venait de battre de nouveau. Quant au mien,  via deux artères soudainement bouchées, il se mit à pomper désespérément  un peu de sang bien trop épais, cause finale d'un infarctus aussi brutal que douloureux...


La pose

   "Je ne voudrais pas avoir l'air de me vanter", commença cet Écrivain, nouvellement élu à l'Académie, grâce à un entregent qui avait défrayé la chronique mondaine "mais je suis irrémédiablement, et depuis longtemps, alors que je naissais dans cette famille à la noblesse millénaire, amateur de littérature, de la Vraie, celle qui a des Valeurs, de la Grandeur, de la Force, qui dit la Vérité, pas toujours acceptée il est vrai, mais je suis un Rebelle, vous savez et..."
   "... et mon c... c'est du poulet, peut-être?"
   La réponse du journaliste, un rien brutale - et d'une évidente vulgarité -  fit l'effet d'une gifle et resservit d'innombrables fois dans des séquences de vidéo gag, et ce, pendant une bonne trentaine d'années.
   Inutile de dire que le journaliste, à coups de pieds dans le derche, fut aussitôt licencié, mis sur une liste noire et qu'il finit par se suicider, alors que l'Ecrivain, à son décès, eut les Honneurs de la Patrie Reconnaissante... en toute humilité.

***

"Mais enfin, Narine, si tu étais plus gentille, 
tu aurais plus d'admirateurs et...
- Grrr... Humpffff... Noyavohlll...
- Après tout, ce que j'en disais, moi..."

***
"Mais ma choute adorée, tu sens le poisson,
j'y peux rien...
- Oh, toi! Attends que je m'accroche
à autre chose qu'à tes jambes..."
Henry Albert Pegram - Hylas

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"Hump... Pfff... Gloups... Je vous annonce la victoire de...
- Par les Dieux! Cet homme est nu!
- Il nous provoque avec sa zigounette!
- Qu'on le pende!
- L'étripe!
- Le brûle!"
(etc)
Luc-Olivier Merson - Le Soldat de Marathon

***

"Ce n'est pas possible... Éventré par la lame
d'un sal... de Nèg... Dieu des Enfers, pourquoi
ainsi en vouloir à un de tes Vrais Enfants?
Que t'ai-je fait?"
Fyodor Bronnikov | Dying Gladiator

(Jusqu'au bout, ce représentant d'un parti extrême
gardait une "lucidité" - hem - consternante...)

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Jacques Damboise