Bonjour à vous qui, dans le maelström du net, êtes arrivés, par hasard? lassitude? erreur? sur ce blog. Vous êtes les bienvenus. Vous y lirez des extraits d'articles, de pensées, d'interviews, piochés ça et là, et illustrés de photos et dessins détournés, via un humour de bon aloi. Vous pouvez évidemment réagir avec le même humour, la même ironie que nous mettons, chaque jour, à tenter de respirer un peu plus librement dans une société qui se corsète chaque fois un peu plus.
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samedi 21 juin 2014

"Il décrocha son diplôme au bout du mât de cocagne". Jacques Damboise in "Pensées à contre-pet".

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Pensées pour nous-mêmes:

(QUI CHERCHE TROUVE
MAIS PAS FORCEMENT 
CE QU'IL CHERCHE)

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(Cet inventeur trouva un moyen original
de se débarrasser de sa femme)




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(Le président russe répliqua vertement
à ses contradicteur ukrainiens)





UKRAINE 
Un nom d'oiseau qui coûte cher 

COURRIER INTERNATIONAL


   (...) Il s'appelle Andriy Dechtchytsia et il est aujourd'hui, selon le quotidien de Lviv Vissoki Zamok, "l'Ukrainien le plus populaire au monde". Il était aussi ministre des Affaires étrangères, et il vient d'être limogé. Pourquoi ? Pour un seul mot : "khouïlo". Dont la traduction diverge selon les sources, la plus courante étant, en français, "tête de nœud", mais on trouvera également "connard" ou encore "couille molle"

   Cette épithète fleurie était jusque-là citée dans un chant de stade, celui des supporters du Metallist, l'équipe de foot de la ville de Kharkiv, à destination de qui avait l'heur de leur déplaire. Puis, au lendemain de l'annexion de la Crimée [mars 2014] et avec le début des tensions dans le Donbass [territoire qui regroupe les régions administratives de Donetsk et Lougansk, dans l'est du pays], on a vu ces mêmes supporters défiler dans les rues de Kharkiv en scandant : "Poutine, khouïlo !

   Un "slogan" désormais repris avec ferveur par les anti-Russes en Ukraine. Le 14 juin, venu calmer des manifestants qui lançaient des pierres sur l'ambassade de Russie à Kiev, Dechtchytsia s'est mis à entonner avec eux ce chant viril. "La scène, filmée, a été aussitôt diffusée sur Internet, ce qui a déclenché un énorme scandale diplomatique, rappelle Vissoli Zamok. La Russie a émis une note de protestation soulignant que l'attitude du ministre était 'inappropriée'." Le principal intéressé, lui, prétend que, "souhaitant empêcher les manifestants de prendre d'assaut l'ambassade", il leur aurait dit : "Oui, c'est vrai, Poutine est une tête de nœud."

   Quoi qu'il en soit, cette mésaventure lui aura coûté son poste. Il devrait être remplacé par Pavlo Klimkine, "né à Koursk, en Russie, ancien ambassadeur en Allemagne". Un personnage plus policé que Dechtchytsia. Pour conclure, le quotidien de Lviv assure qu'une nouvelle plaisanterie court les rues du pays : "A Moscou, il a été décrété que l'expression 'tête de nœud' s'écrirait dorénavant avec une majuscule. C'est quand même du chef de l'Etat qu'il s'agit."


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(Cette plante carnivore savait y faire avec les femmes)



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Luc Desle

vendredi 13 juin 2014

"La Femme qui reculait finit par rencontrer l'Homme qui avançait". Jacques Damboise in "Pensées inconvénientes".

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Pensées pour nous-mêmes:

(LE SAGE N'A PAS

DE COPYRIGHT)

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"Oh? 
Du miam-miam..."




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"Bonjour, Madame...
- ??


(Manifestement, le Résident américain
avait besoin de lunettes, autres qu’idéologiques)

solidmar.blogspot.com

"Continuez, Elkabbach !"

Philippe GRASSET

   (...) L’interview de Poutine pour TF1 et Europe1, passée le 4 juin en soirée, on l’a vue, entendue et largement commentée (sauf dans la presse-Système anglo-saxonne où tout ce qui est Poutine tout en n’étant pas anglo-saxon ne passe guère). Russia Today en fait ses choux gras, ce 5 juin 2014, et l’on dira que c’est de bonne guerre. Plus intéressant, beaucoup plus intéressant, l’ensemble des impressions de Jean-Pierre Elkabbach, l’intervieweur d’Europe 1. (...)

   (...) Elkabbach est un vieux routier du monde de la communication et des salons parisiens, habile comme on l’a décrit, toujours prudent et ainsi de suite. Le vieux routier, habitué aux cahots, aux dépassements interdits et ainsi de suite, plutôt dans la catégorie “vieille canaille” (genre affectueux, type-Gainsbourg ou Eddy Mitchell) que vieille midinette s’il fallait l’apprécier, s’est pourtant laissé surprendre, c’est-à-dire séduire, et il est tombée sous le charme de Poutine... De quel charme s’agit-il ? A nous commentateurs de faire des hypothèses, et nous avons la nôtre. Il y a certes les qualités de l’homme (Poutine) mais il y aussi, – et surtout pour notre propos, et cela en ayant dans l’oreille et à l’esprit l’interview où Poutine fut excellent, – il y a surtout la fermeté et l’évidence du propos d’un homme qui s’appuie sur la force des principes. 

   Il ne perd pas trop de temps, ni ne nous fait perdre le nôtre, à nous exposer que la Russie est un grand pays, – on le sait, – ni même un pays “exceptionnel” – cela est bien possible, sans avoir à en faire le sujet d’une doctrine stratégique pour la communication. Poutine décrit et explique, et alors l’affirmation de la souveraineté nationale dans la politique vous permet d’exposer cette politique avec une force principielle, c’est-à-dire qu’elle vous donne le talent et l’éloquence qu’exsude la structuration évidente du propos. On comprend la remarque d’Elkabbach (« ... et je sais bien des dirigeants français qui pourraient en prendre de la graine. ») : même pour le vieux routier retors et désabusé de la communication parisienne, le discours d’un homme qui applique une politique principielle pulvérise les slogans psalmodiés des dirigeants-Système du bloc BAO, qui ne peuvent s’appuyer que sur le vide de l’absence de substance. 

   Par ailleurs, Poutine est habile : on ne parle pas en vain à un journaliste français, type-vieux routier de la Vème République à qui il reste toujours un reste de sentimentalisme pour la grandeur disparu, de De Gaulle et de Mitterrand, – c’est-à-dire, lorsqu’il s’agit de rappeler le souvenir de ces hommes qui surent montrer cette même éloquence que donne la pratique d’une politique principielle, du temps où un président français, quels que soient ses défauts et ses qualités, savait être transcendé par la fonction. (Et Elkabbach de conclure l’une de ses interventions, au cours du même mini-interview : « A Moscou, la France compte toujours ! »)

   Quoi qu’il en soit, l’interview est, du point de vue de la communication, un coup de maître de Poutine. Il plante un coin dans la structure psycho-hyper-rigide antirusse et anti-poutinienne des salons parisiens en touchant des personnalités au cœur du Système et non plus seulement des marginaux et des dissidents hors-Système et limite antiSystème. Il rameute l’esquisse de ce qui pourrait être un changement de ton parisien à son égard, avec son déjeuner avec Sarkozy (dont Elkabbach, justement, est un fidèle), au moment où le gymkhanaparisien imposé par les exigences de communication d’Obama (éviter à tout prix une rencontre avec Poutine entre deux dîners, ce 5 juin au soir, à Paname) a un peu agacé la crème politicienne de la capitale. (Pour tous ces épisodes, voir le 3 juin 2014.)

   Curieusement, on retrouve cet avis chez Pépé Escobar ; tout cela, dirait-on, avec l’ombre du Mistral qui se profile, qui fera plus de vagues dans le sens transatlantique que nulle part ailleurs. Répondant à une interview de Russia Today le 4 juin 2014, Escobar nous emporte dans son habituel style imagé et ironique, pour nous faire comprendre finalement qu’à son point de vue, nous ne serions peut-être plus très loin d’un certain rapprochement franco-russe coordonné avec une certaine et nouvelle distance entre Paris et Washington. On verra...


   Russia Today : « Le président Hollande projette de dîner deux fois le même soir avec Barack Obama et Vladimir Poutine séparément. Est-ce que c’est de la bonne diplomatie ou est-ce que ça ne fait que souligner la bizarrerie de la situation ? »

   Pepe Escobar : « Je me suis interrogé sur le menu en fait. Qui aura le cheeseburger, qui aura le foie gras. Mais trêve de plaisanterie, l’affaire est sérieuse parce que Ben Rhodes, la spectaculaire médiocrité qui est un des conseillers d’Obama pour les affaires étrangères, a laissé fuiter à la presse étasunienne qu’il n’avait jamais été question d’organiser une rencontre entre Obama et Poutine. Donc, la Maison Blanche a refusé de se trouver dans la même pièce que Hollande et Poutine. Et les Français ont dû se débrouiller pour organiser deux dîners à la suite. C’est tellement ridicule que je ne trouve pas de mots pour le dire. Et tout cela après le marteau d’un milliard de dollars d’Obama qui a pour but d’étendre l’OTAN en Pologne, tout près de la frontière ukrainienne, donnant pratiquement un chèque en blanc au gouvernement polonais complètement hystérique pour continuer de crier au monde entier que la Russie va l’envahir d’un instant à l’autre. 

   C’est complètement idiot. Et ils sont en Normandie pour célébrer les 70 ans [du débarquement de la 2ième guerre mondiale]. C’est une chose extrêmement sérieuse, en particulier la participation de la Russie : 25 à 30 millions de Russes y ont laissé la vie. En fait la Russie a été le premier pays à gagner la guerre contre l’Allemagne nazie, l’Occident ne l’a gagnée qu’en second. Par conséquent Obama et Poutine devraient être dans la même pièce. Il faudrait qu’ils soient dans la même pièce en raison de l’effort de guerre d’il y a 70 ans. Au lieu de cela, à cause des gamineries de l’administration Obama, nous avons ces ridicules deux dîners en suivant, jeudi, en France. »

   Russia Today : « Obama aura le premier dîner et le président russe le second. ce n’est sans doute pas par hasard ? »

   Pepe Escobar : « L’empire d’abord avec des cheeseburgers, puis Poutine avec du borshch et du boeuf stroganoff. Obama ne connaît rien au vin et Poutine n’est pas un grand amateur, alors qui va boire toutes les bouteilles ? Hollande. On nous distrait avec toutes ces bêtises alors qu’il faudrait parler de choses sérieuses comme d’une rencontre au sommet entre Obama, Poutine et Hollande pour parler de l’expansion de l’OTAN, des BRICS et de l’OTAN en tant que camps actuellement opposés, pour essayer d’apaiser les tensions internationales qui ont été générées essentiellement par l’administration Obama depuis le putsch de févier en Ukraine. 

   Et maintenant on essaie de nous faire croire que les plus de 200 ou 300 civils tués dans l’est de l’Ukraine sont des terroristes, c’est grotesque. Voilà que tout est de la faute des victimes. C’est absolument dingue. Les présidents devraient s’asseoir à la même table pour parler de tout cela. »

    Russia Today : « Lequel de ces dîners sera le plus difficile à digérer pour Hollande, à votre avis ? »

   Pepe Escobar : « Je pense que le plus indigeste sera celui avec Obama, en fait. Les grandes entreprises françaises ne veulent pas qu’on impose plus de sanctions à la Russie. Elles veulent rester en Russie et faire des affaires avec la Russie et sa sphère d’influence. Les Etasuniens posent plus de problèmes parce qu’ils essaient d’imposer le Traité Transatlantique par dessus la tête des gouvernements européens et les Français en ont une peur bleue. Pas seulement des pans entier du gouvernement de Hollande, mais les Français ordinaires aussi. 

   D’abord, à cause de la déculottée que les Socialistes ont prise aux élections européennes, qui a eu beaucoup à voir avec le traité transatlantique, qui, pour le dire vite, aboutirait au contrôle par les multinationales américaines d’une grande partie de l’industrie et des marchés européens. C’est ce que Obama va seriner à Hollande jeudi soir : “S’il vous plaît, signez le Traité Transatlantique.” Obama fait un voyage militaire– Pologne, Bruxelles, OTAN –et un voyage commercial, c’est cela qui fait toute l’importance de cette rencontre avec Hollande, il s’agit de le convaincre de signer le Traité dans les mois qu viennent. Cela ne se fera pas, la pression en France sera trop forte. » (...) 

Traduction des parties en Anglais : Dominique Muselet


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(L'Ombre du Téton était partout)



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Luc Desle

mercredi 19 mars 2014

"Le hibou qui bout ne fait plus houhou mais bouh". Jacques Damboise in "Pensées qu'elles sont n'enfants".

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Pensées pour nous-mêmes:

(L’ÂME EST MULTIPLE)

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(Ces fourmis tueuses avaient laissé
des traces de leur meurtre aussi
pertinentes que des empreintes)






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"La... chomp, chomp... route vers la...
chomp, chomp... la Crimée?
Non, je ne, chomp, chomp... 
vois pas..."



Malgré la Crimée, les ventes d’armes 
françaises à la Russie continuent

Pierre Haski 
Cofondateur de Rue 89

   (...) Samedi, à la veille du référendum en Crimée sur le rattachement à la Russie, le ministre suédois des Affaires étrangères, Carl Bildt, se prononçait sur son compte Twitter pour l’arrêt des livraisons d’armes européennes à la Russie : « Il n’y a aucun argument de poids contre l’imposition d’un embargo sur les ventes d’armes de l’Union européenne à la Russie. »

   Mais lundi à Bruxelles, la réunion des 27 ministres des Affaires étrangères européens n’a accouché que de modestes sanctions ciblant des individus en Russie et en Crimée, dont les déplacements et les avoirs seront ciblés. Pas de trace d’embargo sur les armes. Une des raisons est à trouver du côté de Saint-Nazaire, où quelque 400 marins de la marine russe sont attendus fin mars pour apprendre à manœuvrer les deux navires porte-hélicoptères de type Mistral (bâtiments de projection et de commandement) vendus par la France à la Russie. (...)

   Le Vladivostok, premier des ces trois navires de combat, dont la vente a été actée sous la présidence de Nicolas Sarkozy pour un montant total de 1,3 milliard d’euros, a été mis à flot en octobre dernier, en présence de l’amiral russe Viktor Chirkov. (...)

   (...) Le Télégramme de Brest rapportait le 6 mars que le Vladivostok avait fait ses premiers essais en mer. Le journal précisait que la moitié arrière avait été construite par les chantiers russes OSK de Saint-Petersbourg, tandis que STX France construisait l’avant pour DCNS. Les deux parties ont été assemblées à Saint-Nazaire.

   La livraison du Vladivostok est prévue fin 2014, tandis que le deuxième bâtiment, qui porte le nom de Sebastopol, en ... Crimée, sera achevé fin 2016. Les deux équipages, soit 400 marins russes, sont attendus fin mai à Saint-Nazaire pour y apprendre à manœuvrer les BPC. Malgré la condamnation très ferme par la France de la position de la Russie, qui a envoyé des troupes et organisé l’annexion de la Crimée, l’exécution de ce contrat n’est pas remis en cause pour l’instant.

    La Russie fait partie des pays ciblés par les industries de défense françaises, en raison notamment de la forte augmentation des dépenses militaires russes : +40% dans les trois ans.(...)

   Le Monde rapportait le 9 mars : « Les grands industriels français du secteur scellent des alliances avec des entreprises russes, dans l’électronique de combat des hélicoptères, le contrôle aérien, ou encore la navigation inertielle. De nouveaux transferts de technologie sont au cœur de cette relation ».

   Tout en étant en pointe dans sa condamnation de la Russie, la France ne veut pas handicaper son industrie de défense à l’exportation, l’un des secteurs phare pour réduire le déficit du commerce extérieur français. De fait, l’Union européenne est sérieusement handicapée par les intérêts particuliers de ses Etats-membres :
   la France veut protéger ses exportations d’armes ;
   la Grande-Bretagne veut sauver la place financière de la City de Londres sur laquelle les capitaux russes ont beaucoup investi ;
   les pays d’Europe centrale craignent pour leurs importations de gaz naturel russe...

   Reste que dans une crise comme celle-ci, la riposte se doit d’être « graduée » : inutile de sortir l’artillerie lourde dès le début, car l’escalade devient difficile à suivre. Lundi soir, Laurent Fabius a d’ailleurs déclaré sur TF1 que la France « pourra envisager » d’annuler la vente des Mistral « si Poutine continue ce qu’il fait » en Ukraine. Ajoutant aussitôt que les autres pays européens devaient eux aussi faire des sacrifices, visant nommément les Britanniques qui devront « faire l’équivalent avec les avoirs russes des oligarques à Londres ».

   La question se posera donc si la Russie décide de ne pas en rester là, de ne pas se contenter d’avoir récupéré « sa » Crimée – dont les Occidentaux savent qu’elle a une histoire et une géographie particulières–, et de continuer à déstabiliser le nouveau pouvoir ukrainien. En poussant par exemple à l’agitation des populations russophones de l’Est de l’Ukraine.

   Si la crise devait s’aggraver, ce qui n’est pas exclu, alors la question posée par Carl Bildt, ministre d’un pays neutre, prendra tout son sens. L’engagement diplomatique a un prix. (...)


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(Cette Blonde qui fumait des Blondes
était tautologique sans le savoir)


Ed Ross

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Benoît Barvin

samedi 1 mars 2014

"Cette journée était aussi pesante qu'un discours d'Académicien". Jacques Damboise in "Pensées à contre-pet".

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Pensées pour nous-mêmes:

(CHAQUE SOUFFLE DE VIE EST SACRÉ)

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(Ces nouveaux préservatifs aliens

étaient très seyants)


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(La Russie soviétique relevait la tête)



RÉSURRECTION DE LA RUSSIE MILLÉNAIRE 
De Catherine II à Dostoïevski, à Poutine et à Sotchi 

Chems Eddine Chitour*

   (...) Ça y est, Sotchi a brillé de mille feux! Malgré des critiques infondées, voire méprisantes de l'Occident pour amoindrir la fête. Les médias français ne sont pas en reste. Menés par le Journal Le Monde dont on s'aperçoit qu'il en rajoute pour être dans la ligne, les médias font assaut d'adoubement à l'Empire. Ce journal se permet une sentence: Vladimir Poutine ne montera pas sur le podium. Ce fut exactement le contraire! Ce fut un spectacle grandiose à la mesure de la grande Russie que l'Empire avait trop rapidement enterrée. En 12 tableaux, nous eûmes tableaux à l'histoire de l'Empire russe dont la grande révolution de 1917 ne fut qu'une étape. 

   La Russie de Gorki, Pouchkine, Dostoïevski, Tolstoï, la Russie de Chostakovitch qui écrivit en plein blocus de Stalingrad, sa fameuse symphonie en hommage aux centaines de milliers de résistants qui ont eu finalement raison de l'armée allemande du maréchal Von Paulus. Nous eûmes droit au «Lac des cygnes» de Tchaikovsky. Nous eûmes droit à la conquête de l'espace, autant de réalisations de l'âme russe quel que soit le régime. La presse française rivalise de méchanceté et de jalousie et d'impartialité pour diminuer de la beauté et de la perfection de ces jeux. 

  Comme d'habitude, les journalistes français sans doute frustrés que la France ait été éliminée des jeux lors de la désignation il y a sept ans, font tout pour dévaloriser ces jeux tout en espérant des médailles. Ils s'attaquent à Vladimir Poutine qu'ils comparent à Pierre le Grand: «Les Russes ont dépensé 37 milliards d'euros pour Sotchi, soit quatre fois plus que les Britanniques pour les Jeux d'été de Londres. En l'espèce, c'est moins celui de la Russie que de son hyperprésident, Vladimir Poutine. Ce dernier a voulu Sotchi pour en faire le couronnement de son règne, le triomphe d'une présidence dont l'ambition est de manifester le retour de la Russie parmi les Grands.» 

   Et alors? Quel mal y-a-t-il ? Naturellement, la politique nationale russe ne plaît pas. Personne ne se frottait à l'empire soviétique mais on pensait, que le démantèlement de l'empire permettrait de faire de la Russie un marché à la botte de l'Occident. L'Ocde pointait récemment nombre de points noirs: la Russie importe tout ou presque, elle investit très peu et fait fuir les capitaux. Etre grand inquisiteur est un job très demandé. Est-ce un éditorial sur les Jeux olympiques ou sur la personnalité de Poutine? En plus, est-ce par hasard les pays de l'Ouest qui financent le jihadisme sunnite? Qui a encouragé la guerre civile en Syrie? Qui encourage une opposition et finance des truands en Ukraine? La Libye, c'est Poutine? L'Irak c'est Poutine? 

   Le journal Le Monde est en train de devenir une des voix de l'impérialisme/colonialisme de l'Ouest. Le Monde va même plus loin: aucune de ces réalisations ne trouve grâce à ses yeux: «Des montagnes de déchets et des bassins d'eau polluée souillent les environs de ce qui était jusqu'alors une pittoresque station balnéaire subtropicale abritant un fragile écosystème. Des milliers d'habitants ont été déplacés, des maisons et des quartiers entiers démolis. Les régions du Caucase voisines, notamment le Daghestan, sont des foyers d'activité terroriste où pas une semaine ne se passe sans une attaque ou un attentat-suicide.(Les Jeux Potemkine de Poutine Le Monde | 08.02.2014) (...)

   (...) Dans le même ordre et toujours dans le journal donneur de leçons, le Monde avec cette fois-ci, l'Agence France Presse pour la bonne cause, celle de dicter la norme aux autres, nous lisons: «Malgré l'absence notable de plusieurs dirigeants, les organisateurs ont pu se targuer d'avoir attiré quarante-quatre représentants politiques, parmi lesquels le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, le président ukrainien Viktor Ianoukovitch, contesté dans les rues de Kiev, ses homologues chinois (Xi Jinping) et afghan (Hamid Karzaï), ainsi que le Premier ministre turc RecepTayyipErdogan et son vis-à-vis japonais, Shinzo Abe».

   «Plus controversés, le président biélorusse Alexandre Loukachenko et Leonid Tibilov, le président de la région séparatiste géorgienne, l'Ossétie du Sud, reconnue par Moscou, figuraient également au rang des convives. Rappelons simplement que les boycotteurs représentent moins de 500 millions sur 7 milliards qui ont été représentés. La technique de deux fers au feu est celle de ces pays qui ne veulent pas hypothéquer l'avenir pour les jeux qui se dérouleraient éventuellement chez eux. Et pourtant, c'est le sport, l'olympisme.»

   Minimisant le spectacle, le journal Le Monde le réduit à une potion magique: «Tout ce joli monde aura, à n'en pas douter, apprécié les diverses animations et chorégraphies qui, à travers les âges, ont retracé la glorieuse histoire de la Russie éternelle. Un peu de Moyen âge pour commencer, puis un peu de tsarisme, un peu de bolchévisme et, pour finir, place au pays tel qu'il est vu actuellement depuis le Kremlin: une Russie conquérante.» Comble de la méchanceté et de la conviction de donner des leçons on lit: «S'il a tout de même daigné regarder l'événement à la télévision, le président Obama n'aura pas manqué de constater que seuls quatre des cinq anneaux olympiques se sont ouverts lors de la cérémonie. (...) Par chance, la cérémonie n'a pas été perturbée par l'intrusion d'un horde de chiens errants. Dans les rues de Sotchi, il s'en trouverait pourtant des milliers, voués à un funeste destin. Mais un a tout de même réussi à s'infiltrer dans les tribunes, avant de se faire chasser par la sécurité du stade.» Triste débâcle morale pour ce journal.

   Les Occidentaux donneurs de leçons font preuve d'une amnésie sélective. C'est un des leurs, Pierre de Coubertin, fondateur du concept des Jeux olympiques qui adouba les Jeux olympiques de Berlin en 1936. Une information non vérifiée nous apprend qu'il était en bons termes avec le Führer qui lui aurait proposé une pension. De plus, en termes de racisme, le baron Pierre de Coubertin n'aimait pas les Noirs et...les femmes qu'il pensait être indignes de participer aux jeux. (...)

   (...) Un autre angle d'attaque des médias qui présente l'absence de l'Empire et de ses vassaux comme une «punition»,-décidément l'Empire aime punir les récalcitrants- est la situation financière russe que l'on présente comme arriérée. Nous lisons dans une contribution d eChallenges.fr le contenu objectif de cette «arriération» par rapport aux donneurs de leçons: «A pouvoir d'achat comparable, les quatre premières puissances émergentes ont désormais toutes dépassé la France. Fin décembre 2012, le Center for Economics and Business Research (CEBR) annonçait que le Brésil était devenu en 2011 la sixième puissance économique mondiale devant le Royaume-Uni. 

   La France, cinquième du classement, aurait encore quelques années de sursis.(...) La France se retrouve alors, selon le FMI, reléguée en neuvième position avec 2.217 milliards de dollars de PIB (PPA). Le Brésil, lui, est déjà septième avec 2.309 milliards de dollars de PIB (PPA. (...) L'Hexagone se retrouve même derrière les trois autres Bric: la Chine (2e), l'Inde (3e) et la Russie (6e). Que l'on mesure leur PIB en dollars courants ou à parité de pouvoir d'achat, la Chine, l'Inde, le Brésil, la Russie et les autres vont poursuivre leur ascension dans les années à venir.» (...)

   (...) Les contentieux sont nombreux avec l’Occident, notamment celui coupable d'héberger Edward Snowden en Russie .Laïd Seraghni tente une autre explication qui va dans le même sens: «Les événements qui se déroulent actuellement en Syrie ne sont en aucun cas liés à la question de démocratisation de la société ni pour plus de liberté pour les Syriens. Il s'agit d'un ordre mondial que cherchent à imposer les États-Unis avec leurs vassaux occidentaux prédateurs, à un autre monde qui, à leur tête la Russie, réclame plus de participation dans la gestion des affaires internationales desquelles ils ont été exclus depuis des décennies. Le point de départ pour la nouvelle configuration géopolitique du monde passe aujourd'hui par Damas. L'avenir de la Russie s'y joue actuellement. 

   Poutine sur la ligne de Catherine II qui considérait que «Damas détient la clé de la maison Russie» comprend bien que «Damas est la clé d'une nouvelle ère». Depuis le début des contestations en Syrie, la Russie, appuyée notamment par la Chine et l'Iran, a décidé de faire échouer toutes les tentatives d'un changement de régime car elle était persuadée que si le plan des Occidentaux réussissait, elle serait confinée dans un rôle de second plan et serait menacée dans son intégrité territoriale. C'est pourquoi, dès le début de la crise, la Russie s'était montrée très ferme et s'est opposée à toute intervention militaire, (...) A chaque tentative visant la reproduction du scénario libyen ou yéménite, elle opposa un refus catégorique.

   Karl Muller nous explique aussi pourquoi l'Occident s'en prend à la Russie coupable de «ne pas rentrer dans le rang après la chute de l'empire soviétique». Coupable aussi d'avoir soutenu Assad, coupable aussi d'être contre le bouclier antimissile à sa porte.(..) On trouve la preuve de toutes ces manoeuvres dans le livre Le grand échiquier. L'Amérique et le reste du monde, paru en 1997 et dont l'auteur est Zbigniev Brzezinski, conseiller personnel de divers présidents états-uniens.» Contrairement à l'Occident, où l'on met l'accent sur un modèle de politique utilitariste et matérialiste, le gouvernement russe semble s'appuyer sur une conception orientée sur les fondements de l'église chrétienne, c'est-à-dire en mettant l'homme et le monde au centre de son action (hem). Où trouve-t-on encore cela en Occident? Quel gouvernement occidental se réclame encore de cette conception au profit de la famille, de la religion et de la nation pour le grand bien des peuples et du progrès?» 

   A l'autre bout du curseur, cet aveu d'un député australien. Pour lui: «L'ancien président et actuel Premier ministre russe Vladimir Poutine est le meilleur leader russe depuis Pierre le Grand, a estimé l'ex-député australien Ross Cameron dans les pages du Sydney Morning Herald. Autrefois agent secret en Allemagne de l'Ouest, M.Poutine pouvait constater les avantages incontestables du libre marché, a rappelé M.Cameron, en indiquant que l'Occident avait tort d'insister sur le fait que M.Poutine était issu du KGB (service de renseignement de l'ancienne Union soviétique). Sous Poutine, le pouvoir des oligarques s'est affaibli, tandis qu'augmentaient ses contrepoids, tels que le Parlement, la suprématie de la loi et la classe moyenne qui s'est accrue de manière vertigineuse passant de 8 à 55 millions de personnes», a affirmé M.Cameron. Le député australien a aussi appelé à ne pas soupçonner la Russie d'ambitions impérialistes. Par conséquent, conclut-il, les gens de bonne volonté ne peuvent déplorer le maintien de l'influence de Vladimir Poutine en Russie et dans le monde.» (AlekseyDruzhinin: Poutine meilleur leader depuis Pierre le Grand RIANovosti.11/01/2010) (...) 

   (...) Il ne faut pas croire que seule la Russie fait l’objet d’un ostracisme, la Chine aussi l’a été pendant les jeux olympiques et d’une certaine façon l’est toujours. Domenico Losurdo nous en parle : « L’Occident qui joue au Saint Siège de la religion des droits de l’homme n’a pas eu un seul mot sur les pogroms anti-chinois du 14 mars dernier à Lhassa, qui ont coûté la vie à des civils innocents, parmi lesquels des vieillards, des femmes et des enfants. Pendant qu’il se proclame à la pointe de la lutte contre le fondamentalisme, l’Occident transfigure de la façon la plus grotesque le Tibet du passé et se prosterne devant un Dieu-roi, affairé à constituer un Etat sur la base de la pureté ethnique et religieuse (une mosquée a aussi été assaillie à Lhassa), en annexant à cet Etat des territoires qui sont habités par des tibétains mais qui n’ont jamais été administrés par un Dalaï-lama. (...)

   (...) On le voit, malgré toutes les perturbations, la Russie avance. Les Jeux olympiques seront, à n'en point douter, une réussite et l'Occident qui pensait dicter encore longtemps ses ordres n'a pas compris que la barycentre du monde lui a définitivement échappé. L'Occident a perdu son magistère moral dont on s'aperçoit avec le temps que c'était du vent. 

   L'Occident en période d'abondance se permet le luxe d'être bon prince et de distribuer ça et là des leçons de démocratie qui, curieusement, s'appliquent de moins en moins chez lui avec toutes méthodes que la morale réprouve, de contrôler les foules, de pister les ADN pour mater en définitive les faibles. 

   Le vrai combat est un combat planétaire pour la dignité de l'homme quelle que soit sa latitude et les rares journaux objectifs sont étouffés par une cacophonie des médias Main-Stream plus soucieux d'avoir une visibilité sociale qu'informer le citoyen honnêtement comme l'avait promis à titre d'exemple, un certain Hubert Beuve-Méry fondateur du journalLe Monde, il y a de cela soixante ans...

*Ecole Polytechnique enp-edu.dz


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"Ahaha... Même pas mal!"

(Barbara Steele)

(Cette coquine de Barbara savait fort bien 

que le Bourreau ne fouettait que l'air ambiant)

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Luc Desle

samedi 25 janvier 2014

"Ses pensées, dévorées de jalousie, se battaient entre elles". Jacques Damboise in "Pensées inconvénientes".

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Pensées pour nous-mêmes:

(ENTRAÎNE TON CŒUR A SOURIRE)

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"Allo? Comment ça je ne suis pas
dans le cadre? Décidément, vous
me prenez vraiment pour une Blonde, hein?"



°°°

(Trouver de la neige pour les jeux olympiques de Sotchi
devenait de plus en plus urgent)



Comment la Russie
a fabriqué la neige des JO de Sotchi

JEANNE CAVELIER

   (...) « Sur la carte, il est difficile de trouver un endroit où la neige ne tomberait jamais, et où les sports d’hiver ne seraient pas populaires. Eh bien, Poutine a trouvé cet endroit et a décidé d’y organiser les Jeux olympiques d’hiver : dans la ville de Sotchi. » C’est ainsi que s’ouvre le rapport (1) de l’opposant russe Boris Nemtsov, ancien vice-Premier ministre, originaire de cette station balnéaire sur les bords de la mer Noire. Lieu de villégiature estival incontournable à l’époque soviétique et encore très prisé - en premier lieu par le pensionnaire du Kremlin - Sotchi exhibe ses palmiers, sur fond de paysages montagneux du Caucase. « Je suis allé skier là-bas il y a six ou sept semaines et je sais que de la vraie neige est garantie », assurait en 2007 le président russe pour défendre sa candidature devant le Comité international olympique, conquis. Quasi-vierge, la région n’abritait pourtant qu’une modeste station de ski fondée dans les années 1990, Krasnaïa Poliana.

   Celle-ci a été transformée en énorme complexe, où se dérouleront les épreuves extérieures. L’an dernier, la température sur ce site avoisinait les 8°C du 7 au 23 février, soit la période pendant laquelle doivent se tenir les JO. Une moyenne deux à quatre fois plus élevée que celle des cinq années précédentes. Mais la promesse du président sera tenue, quoi qu’il arrive. Pour éviter la déconvenue des Jeux de Vancouver – la ville n’était pas prête en 2010 à affronter son hiver le plus doux depuis 73 ans - le comité olympique de Sotchi a fait venir des spécialistes de la neige. Parmi eux, le Finlandais Mikko Martikainen a concocté un plan titanesque : créer d’immenses réserves de neige, à l’abri de la chaleur.(...) 

   (...) C’est ainsi qu’au printemps 2013, puis encore en décembre, près de 700 000 m³ de neige ont été entassés et stockés, pour la plus grande expérience de ce type au monde. Quatorze « collines » ont été érigées à plus de 1100 mètres d’altitude. Celles-ci sont formées d’un mélange de neige naturelle, apportée sur place par des dameuses, et artificielle, constituée à l’aide de canons. Certaines sont protégées par un tissu géotextile, d’autres par une couverture isolante. « La neige a une forte capacité réfrigérante en elle-même, explique Mikko Martikainen, pédégé de Snow Secure. Avec une bonne isolation, la fonte peut être inférieure à 10 % pendant l’été. » Le revêtement géotextile, une fois mouillé, garde le froid grâce à l’évaporation, comme dans une machine frigorifique. L’autre type de couverture, composée de polymères expansés (une matière plastique) de 2 à 4 centimètres d’épaisseur et placés entre deux feuilles d’aluminium, isole la neige tout en réfléchissant les rayons du soleil. Une fois les collines formées, il suffit ensuite de répartir la neige sur les pistes en utilisant la gravité et une surface plastique glissante, d’appeler à la rescousse des dameuses ou bien des camions pour la transporter.

   Les sept premières réserves de neige auraient coûté 250 millions de roubles (près de 5,5 millions d’euros), selon l’agence de presse Ria Novosti. Ce système se veut beaucoup plus économique et plus écologique que les unités de transformation de l’eau en neige, sortes d’énormes canons à neige, qu’il aurait fallu mettre en place dans des conditions de températures au-dessus de zéro. «Celles-ci consomment énormément d’électricité, indique l’expert. L’usine la plus chère utilise de l’azote liquide pour congeler l’eau, tandis que la grande majorité des systèmes fabriquent, à partir de l’eau, de la glace en flocons. Nous, nous exploitons simplement l’énergie de la nature. » Une seule usine de ce type a été mise en place, près du site de saut à ski et de combiné nordique, au cas où. (...)

   (...) En cas de besoin, le comité olympique pourrait potentiellement récupérer de ces stocks environ 450 000 m³ de neige. « C’est simplement une assurance : le revêtement a été retiré sur certains sites, mais ces stocks ne seront pas utilisés, estime Mikko Martikainen. Les 500 canons à neige ont pu fonctionner pendant tout le mois de décembre, donc la quantité sur les pistes sera suffisante, même si les températures remontent un peu dans les semaines à venir. » Et si cela ne suffisait pas encore, le président du comité d’organisation Dmitri Tchernichenko a assuré ses arrières : « Les chamans de l’Altaï ont organisé une cérémonie spéciale pour être sûrs qu’il y aura de la neige lors des Jeux de Sotchi », écrivait-il le mois dernier sur Twitter…

   Reste à savoir ce qu’il adviendra des stocks inutilisés. « Concentrées sur des petites surfaces, ces collines sont situées sur des pentes tout à fait instables d’un point de vue géologique, s’inquiète Suren Gazaryan, de l’association environnementale locale Veille écologique du Caucase du Nord (EWNC). La fonte facilitera les glissements de terrain et les coulées de boue. » Selon RosNedra, l’agence fédérale de l’utilisation du sous-sol, douze sites ont déjà subis des glissements de terrain, coulées de boue, phénomènes d’érosion ou d’effondrement dus à la préparation des JO. (...)

(1) « Les Jeux d’Hiver dans les subtropiques », mai 2013, coécrit avec Leonid Martynyuk, du mouvement d’opposition Solidarnost


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"Je m'envole... Je m'envoleeeuuu..."



(Dernière photo connue de la femme qui s'envolait)

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Luc Desle

mardi 15 octobre 2013

"Dans la penderie, l'enfant du placard se sent beaucoup mieux". Jacques Damboise in "Pensées inconvénientes".

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Pensées pour nous-mêmes:

(SOURIS A LA VIE COMME A LA MORT)

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(Le Maître de la Croissance
hypnotisant les dirigeants des pays du Monde)




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(Prisonnier en zone rouge démontrant que les geôles russes
sont tellement attractives...)



Témoignage depuis un nouveau Goulag

ANTON ELINE

   (...) Avec le combat de l'une des Pussy Riot incarcérée en Russie, les conditions de détention sont revenues sur le devant de la scène. Un journaliste a recueilli le témoignage d'un détenu d'un système carcéral hérité du goulag.

   Nadejda Tolokonnikova doit encore purger 155 jours de peine. Et il est probable que ces 155 jours coûteront cher à la direction du système carcéral. La lettre de la jeune femme aux doigts piqués par les aiguilles des machines à coudre et qui barbouille la table de son sang en cousant 150 uniformes de police par jour a ravivé les plaies d'un système carcéral encore proche du goulag stalinien à bien des égards. (...)

   (...) Moi aussi, j'ai écarquillé les yeux, et puis j'ai imprimé la lettre et je suis parti voir un ami récemment sorti de la colonie pénitentiaire IK-3, dans la ville de Safonovo, région de Smolensk. Tolokonnikova est incarcérée en zone "rouge" (régime administratif), tandis que mon ami D. M. a passé quatre ans dans une "colonie noire", où la direction délègue une partie de ses pouvoirs aux "voleurs dans la loi" [les "caïds" du camp]. Et il est intéressant de comparer ces deux pôles diamétralement opposés du monde de la réclusion. Nous avons ouvert une bouteille de whisky et discuté quatre heures durant. J'ai découpé notre conversation en quatre monologues...

   Le "rouge" et le "noir"

   Tolokonnikova est internée en zone "ultrarouge", que l’on peut comparer à une caserne militaire. Les règles les plus idiotes sont parfois observées et les normes de rendement constituent des principes absolus. Pour comprendre la différence entre les zones "rouge" et "noire", je vous donne le cas d'un zek [terme populaire pour qualifier les prisonniers, remontant à l'époque soviétique du goulag] en zone noire qui s'était fait prendre la main dans une presse à vis de 120 tonnes, à l'usine de la colonie. Ses os avaient été comprimés mais pas brisés, car on avait réussi à arrêter la machine à temps. La particularité d'une presse est qu'elle ne peut pas être remontée tant qu'elle n'a pas atteint sa base, jusqu'à la table.

   Que faire ? Si on remettait la machine en route, le gars perdait sa main. Si on la démontait et puis la remontait, les objectifs de production ne pourraient pas être rattrapés avant longtemps. Les types de l'administration hurlaient : "Remettez la presse en marche, on se fiche de sa main, les médecins lui en coudront une nouvelle." Les zeks ont refusé et n'ont laissé personne s'approcher du commutateur de la machine.

   Les caïds sont intervenus et ont négocié avec la direction pour que la presse soit démontée et que la production soit compensée par la "caisse commune" [des caïds]. Et c'est ainsi que cela s'est passé. On a finalement sauvé la main du zek. En zone "rouge", l'administration ou les prisonniers eux-mêmes auraient remis la machine en route. C'est ce qui explique que Tolokonnikova ait les mains piquées par des aiguilles et que la table des "couturières" soit maculée de sang. Et c'est précisément pour cela que la responsabilité collective est si répandue dans les camps de Mordovie [région où est incarcérée Tolokonnikova]. C'est plus commode.

   Le travail

   Quand on m'a transféré dans le camp IK-3 (en 2008), 700 personnes sur 1 200 travaillaient à l'usine. Vingt personnes de chaque équipe fabriquaient de la bière dans la cave du baraquement. Les autres flânaient dans la zone d'habitation ou jouaient aux cartes, ce qui est interdit. Cette zone était alors presque "verte" (l'administration n'y apparaissait pas, ou juste le soir pour prendre deux jerricans d'eau de vie : vingt litres étaient attribués au surveillant du baraquement et nous conservions les vingt autres litres). Quand j'en suis parti n'y travaillaient plus que 200 personnes. On n'y distillait déjà plus d'eau de vie (l'héroïne avait remplacé l'alcool), les 1 000 autres ne savaient pas comment s'occuper. Il n'y avait pas du tout de travail. 

   Pour ne pas crever d'ennui, j'ai mis en place un petit atelier de sculpture sur bois. J'ai trouvé un peintre et un sculpteur, fait venir du matériel de l'extérieur. Nous devions faire quatre coffrets et un jeu de jacquet par semaine, à nous trois. Nous les fabriquions en deux jours et les cinq autres jours, nous travaillions pour des cigarettes, du thé – la monnaie locale. Finalement, pour ne pas retourner au baraquement, nous avons demandé l'autorisation de travailler de jour comme de nuit. Dans l'atelier, on était trois, tandis que, dans le baraquement, on était mille, ce qui fait une différence. Mais notre motivation pour les heures supplémentaires était diamétralement opposée à celle de Tolokonnikova [qui subit des heures supplémentaires imposées]. Dans son cas, cela relève de l'arbitraire total, même vu depuis la zone "noire". 

   La violence

   Il existe des zones plus dures que les "rouges" de Mordovie, comme celles, célèbres, de Saratov et de Kirov, où dix-huit voyous ravalés au rang d'"intouchables" se sont pendus dans le baraquement de quarantaine. Dans les zones "noires'', il est interdit d'en venir aux mains. Cette interdiction n'est, du reste, pas imposée par l'administration, elle vient des "caïds". Pour casser la gueule de quelqu'un, tu dois poser la question en haut lieu, le notifier au surveillant du baraquement. Il faut avoir une sérieuse raison. Si tu n'as pas respecté ces règles et que tu as cogné quelqu'un, tu devras verser de l'argent ou alors, toi aussi, tu te feras casser la gueule, et pas à coups de poing.

   Bien que dans les zones "rouges", la même interdiction soit en vigueur (l'administration dirige via des "collabos'' ou des zeks proches de la direction), dans les zones "rouges" pour femmes, la situation est plus complexe. Les colonies de femmes sont, par nature, plus pénibles. Si les hommes commencent à se battre pour le pouvoir, les femmes, elles, deviennent des hommes. Et leur personnalité se dégrade. Une de mes amies qui travaille dans un centre de détention pour femmes m'a raconté qu'elle risque fréquemment de se recevoir de l'eau bouillante en plein visage, lors de la distribution de la nourriture. Cela n'arrive pas dans les zones des hommes.

   On m'a tabassé, mais pas plus que lorsque j'étais en liberté. Si le chef de Tolokonnikova est "stalinien", le mien ne l'était pas. Alexandre Mikhaïlovitch Lartchenko était un soudard avec un humour de soudard. Il avait sur lui un gros poste de radio Motorola et, si tu lui cherchais querelle ou le dévisageais, il pouvait sans façon te lancer ce poste à la figure. Tout simplement parce que cela lui était plus facile de communiquer ainsi (on dit que 20 % de sa tête est en titane : il s'est fait esquinter la boîte crânienne un jour sur une ligne de montage). C'est comme ça que nous avons fait connaissance. J'ai reçu le poste de radio sur l'oreille et j'ai entendu : "Voilà un brave gars !" En quoi je suis un brave gars, je ne le sais toujours pas. 

   Plaintes

   Il est nécessaire de se plaindre. Particulièrement dans les zones "rouges", où il n'y a pas de levier pour faire pression sur l'administration et où il est impossible de passer des accords. Tolokonnikova a raison d'agir ainsi. Du reste, elle ne demande rien d'extraordinaire, juste le respect du Code de procédure pénal. Le fait que Tolokonnikova n'ait pas le droit de s'allonger dans sa cellule et a fortiori d'aller aux toilettes signifie qu'elle n'est pas maintenue dans cette cellule pour "raison de sécurité", comme l'affirme le représentant du Service pénitentiaire fédéral. Un "lieu sûr", c'est une cellule comme celle du quartier disciplinaire, dans le même bâtiment, mais dans laquelle le lit n'est pas attaché au mur et sur lequel on peut s'allonger. Après avoir écrit cette lettre ouverte, elle a vraiment été punie.

   J'ai écouté mon ami parler et une question m'a taraudé : le chef du Service pénitentiaire fédéral de Russie, Guennadi Kornienko, restera-t-il à son poste jusqu'à la fin de la peine de Tolokonnikova ? Son prédécesseur, Alexandre Reïmer, avait été nommé par Dmitri Medvedev pour faire une grande réforme du système carcéral. Il a souvent visité les colonies, où l'on avait vite appris à noyer dans des seaux les chiots et chatons errant du camp et à confisquer les livres des zeks, une heure avant son arrivée. Après une mutinerie à la colonie pénitentiaire n° 1, la réforme en est restée là [Reïmer a été démis de ses fonctions pour corruption]. Les observateurs disent que Kornienko a pour mission de ramener la paix dans le monde carcéral. C'est loin d'être gagné pour l'instant. (...)


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Benoît Barvin