SEMPER FIDELIS


Bonjour à vous qui, dans le maelström du net, êtes arrivés, par hasard? lassitude? erreur? sur ce blog.
Vous êtes les bienvenus.
Vous y lirez des extraits d'articles, de pensées, d'interviews, piochés ça et là, et illustrés de photos et dessins détournés,
via un humour de bon aloi.
Vous pouvez évidemment réagir avec le même humour, la même ironie que nous mettons, chaque jour,
à tenter de respirer un peu plus librement dans une société qui se corsète chaque fois un peu plus.

mercredi 19 juin 2013

"Il gagnait chaque fois au loto le droit de rejouer". Benoît Barvin in "Pensées pensées".

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Pensées pour nous-mêmes:

(LE BUT N'A AUCUNE IMPORTANCE)

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LONG RÉCIT AU LONG COURS (1/42)
pcc Benoît Barvin et Blanche Baptiste


  Elaine Cantagril tombe sur des textes parlant du Diable. L'apothicaire en serait-il un disciple?

ANGÉLUS 
ou
LES SECRETS DE L’IMPALPABLE


   Le climat pesant s’accrût un peu plus lorsque la jeune femme se rendit compte qu’Angélus Gabrielli la suivait où qu’elle aille. Elle ne cessait de penser à lui et elle le croisa à plusieurs reprises, sur le chemin menant au monastère ou dans les rues de la ville. 

   A chacune de ces rencontres, l’apothicaire fit mine de ne pas la voir, évitant soigneusement son regard et passant devant elle d’un pas souple, portant une espèce de gibecière, les traits de son visage brouillés par un air préoccupé. A chaque fois, également, Elaine se sentit chamboulée, son cœur battant la chamade. Cette situation était à la fois ridicule et un rien menaçante. Cela raffermit cependant sa détermination à percer le secret d’Angélus. 

   A présent que la jeune femme avait pris ses aises dans le couvent, les Soeurs ne faisaient presque plus attention à elle. Elle supposa qu’elle devait cette liberté à la supérieure. C’était une bonne chose, puisque cela facilitait ses desseins. 

   Elaine pouvait donc se promener en toute tranquillité et elle prit l’habitude d’inspecter autour d’elle, furetant dans les moindres recoins à la recherche d’une information qui la mettrait sur une piste. Mais quelle piste exactement ? elle n’en avait aucune idée. 

   Parfois, en pleine nuit, il lui semblait qu’on l’appelait. Elle s’éveillait en sursaut, la chemise trempée et attendait, l’oreille aux aguets, que la voix – qui était celle d’Adrien - réitère sa supplique. 

   - Je t’en supplie, Elaine, reste en dehors de tout ça. Si tu vas plus loin sur ce chemin escarpé, tu risques de brûler une partie de ton âme... 

   Était-ce une illusion ou bien l’esprit de son bien-aimé parvenait-il vraiment jusqu’à elle ? Plusieurs nuits de suite elle entendit cette voix et, le cinquième jour, pour en avoir le coeur net, Elaine sortit dans la nuit noire, sans châle, alors qu’un vent glacé venant de la montagne égratignait les murs du monastère, s’insinuant dans le jardin, plaquant son haleine froide sur la jeune femme qui, toujours pieds nus, frissonnante, la voix cassée par les sanglots, interrogeait les ténèbres : 

   - Adrien ? Adrien ! Je t’en prie... Si c’est toi, fais-moi un signe... Je t’en supplie! Depuis que tu es parti, je ne vis plus... 

   Les baisers réfrigérants des vent-coulis eurent rapidement raison d’elle et la jeune femme tomba à genoux, les yeux brouillés de larmes, avant de glisser à terre, sans connaissance.
***
(A Suivre)

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"Je me vengerai, Humaine...
Tu attraperas une saleté de cancer!"

Pesticides et santé : 
l’étude qui confirme les craintes

   Le point avec Sylvaine Cordier, épidémiologiste à l’Inserm, l’Institut national de la santé et de la recherche médicale et membre de l’Institut de recherche sur la santé, l’environnement et le travail.

   / Terra eco : Après trente ans d’études sur les pesticides, a-t-on une bonne connaissance de leur impact sur la santé ?

  - Sylvaine Cordier : Les conséquences sur la santé de l’exposition professionnelle aux pesticides ont été bien étudiées. On sait désormais identifier les risques de développer des cancers et des maladies neurodégénératives comme Parkinson. Les chercheurs se sont aussi penchés sur les périodes de vulnérabilité, à savoir la grossesse et la petite enfance, pour déterminer l’impact de l’exposition de la femme enceinte sur le fœtus et le jeune enfant.

   / Quels effets a-t-on relevés sur les enfants ?

   - Prenons un exemple, le cas du chlordécone. Ce pesticide a été largement utilisé pendant des décennies aux Antilles. Il est désormais interdit mais comme il persiste des siècles dans l’environnement, la population y est encore exposée par voie alimentaire. Et bien, là-bas, on constate davantage de cancers de la prostate et, chez les enfants, de troubles du neuro-développement, qui se mesurent en baisse des points de Q.I. (quotient intellectuel). Par ailleurs, les femmes exposées professionnellement aux pesticides pendant leur grossesse ont 50% de risques en plus que les autres que leur enfant développe, dans sa petite enfance, des leucémies. Elles-mêmes sont plus exposées aux risques de cancers, de lymphomes, de maladies de Parkinson, que la population générale.

   / Malgré toutes les études et toutes les preuves, on ne parle toutefois pas de lien de cause à effet. Pourquoi ?

  - Non, il subsiste des incertitudes, il manque encore des données, comme l’identification des circonstances d’exposition et des produits en cause. Mais les présomptions sont néanmoins fortes et l’on sait déjà qu’il faut réduire l’exposition aux pesticides de la population.

   / Même les non-agriculteurs sont concernés ?

  - L’exposition concerne toute la population. On constate par exemple plus de cas de leucémies chez les enfants dont les mères, pendant leur grossesse, ont vécu à proximité d’une exploitation agricole, ou ont eu recours à des pesticides sur leurs lieux de résidence, qu’elles en aient utilisé dans leur jardin ou dans la maison, via par exemple un traitement antitermites, ou anticafards. Et puis bien sûr, en plus de cette contamination de l’air intérieur, il y a la contamination par l’eau du robinet et par l’alimentation. On parle de présence ubiquitaire des pesticides.

  / Peut-on imputer aux pesticides les fatigues et douleurs chroniques et à ce jour inexpliquées que subissent de plus en plus de personnes ?

  - Il n’est pas possible de le dire, d’autant que d’autres facteurs peuvent entrer en ligne de compte comme les champs électromagnétiques, les radiations ionisantes, le tabac pendant la grossesse, etc. Mais du côté des pesticides, on constate une amélioration de la prise en compte des risques. On a tendance à retirer du marché des pesticides très persistants, comme le chlordécone, pour les remplacer par des pesticides à durée de vie plus courte. (...)

Lire la suite sur:


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(Le miroir pour débusquer la Mort
fonctionnait admirablement)

Reblogged 19 hours ago from scumfuc 
(originally from thattrippybitch)

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"Slurp...
- Miam...
- French Kiss...
- Is good..."

Quand la presse glisse sur le French kiss
Claire Maupas

   Entre patins, palots et sabots, la presse s’emmêle les pinceaux. L’entrée dans le Petit Robert 2014 du verbe galocher – FAM. Embrasser avec la langue – met en émoi les médias d’outre-Manche. Enfin, s’enflamme leDaily Mail, la France a un mot officiel pour le French kiss ! “La galoche est une chaussure de patinage, d’où le terme galocher, qui évoque l’idée de tourner sur la glace”, explique le tabloïd, reprenant une dépêche de l’Associated Press. Un patin, la galoche à semelle de bois ? Première nouvelle ! 

   L’agence américaine a manifestement dérapé sur les infos linguales – pardon… linguistiques – données au téléphone par Laurence Laporte, la directrice éditoriale du Petit Robert. L’expression French kiss est attribuée à des soldats américains de retour de la Première Guerre mondiale, notent les médias anglophones. Depuis que les troufions ont goûté aux mœurs délurées des petites Françaises, on French kiss. Car le baiser à la française est aussi un verbe : I French kiss, you French kiss, we French kiss (ou pas)… Les Québécois, eux, font plus court : au pays du patin à glace, on se “frenche” (ou pas). 

   Ce baiser with tongues laisse des traces : lorsque vous embrassez passionnément votre partenaire, outre des bactéries et du mucus, “vous lui transmettez une partie de votre patrimoine génétique”, écrit le New Scientist. Votre ADN reste dans sa bouche pendant au moins une heure. Notons que, s’il est malvenu de filer à l’anglaise – take a French leave – après un fougueux French kiss, il est recommandé d’utiliser une French letter (capote anglaise) quand le baiser français incite à de plus amples rapprochements. Mais je m’égare…(...)

Lire sur:


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Benoît Barvin

mardi 18 juin 2013

"Déguisés en pingouins, ces conférenciers discutaient du sort de la banquise". Jacques Damboise in "Pensées inconvénientes".

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Pensées pour nous-mêmes:

(LE BUT ATTEINT N'EST PAS
LE VRAI BUT)

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LONG RÉCIT AU LONG COURS (1/41)

pcc Benoît Barvin et Blanche Baptiste

   Chez Maître Pavèse, les baumes confectionnés par Angélus se révèlent une catastrophe... Le jeune homme est effondré. Il s'en va donc en Amérique...


ANGÉLUS 
ou 
LES SECRETS DE L’IMPALPABLE



CHAPITRE 16

   Pendant plusieurs jours, Elaine resta sur l’impression de malaise que lui avait produit sa rencontre avec Angélus Gabrielli. La nuit, il ne cessait de lui apparaître, mais c’était toujours sous la forme d’un ange de lumière qui, au moment où il allait lui révéler un grand secret, se métamorphosait en créature démoniaque à la chair putréfiée et qui exhalait d’épouvantables odeurs pestilentielles. 

   Ces visions la perturbaient et elle prit l’habitude de s’occuper toute la journée dans le couvent afin d’être si fatiguée, le soir, qu’elle se couchait, exténuée, certaine alors qu’aucun cauchemar ne viendrait plus la tenailler.

   Ainsi Elaine aidait en cuisine, accompagnait les soeurs dans leurs différents travaux de jardinage et également à la bibliothèque. Le monastère possédait en effet une salle d’étude, reliquat d’une période où des Frères avaient séjourné dans les lieux, il y avait de cela quelques siècles. N’y avaient été conservés qu’une centaine de volumes en cuir repoussé, en assez mauvais état d’ailleurs, que les Soeurs s’efforçaient de restaurer avec patience.

   Comme Elaine évoluait maintenant dans le monastère tout à son aise sans que quiconque, pas même Sœur de la Miséricorde, n’en prenne ombrage, elle put se passionner pour cette salle d’étude et y passer plusieurs heures afin de compulser certains volumes. 

   Il y avait là de nombreux ouvrages théologiques auxquels elle ne comprenait goutte, des bibles qui devaient être reliées et que les Bénédictines s’empressaient de lire à mi-voix, afin d’en faire profiter leurs compagnes. 

   A force de fureter, un après-midi Elaine découvrit dans un coin un rayonnage consacré au Diable et à toutes ses fourberies. Attirée comme par un aimant, la jeune femme prit l’habitude de dévorer les ouvrages de démonologie qu’elle emportait, en cachette, dans sa cellule. 

   Un jour, elle dénicha, cachée au-milieu d’une reliure impressionnante, une brochure datant d’un siècle environ qui contait un curieux récit. 

   Celui-ci mettait en scène un pauvre jeune homme que Satan faisait choir dans un piège infâme. Le héros du récit étant contrefait de nature, le piège consistait à le transformer en un beau et aimable jeune homme, sous condition qu’il donnât son âme en pâture à Satan. 

   Évidemment les manigances du Seigneur des Ténèbres étaient contrecarrées par l’amour que portait au jeune homme la fille d’un voisin. La fin de l’histoire manquait, les dernières pages de la brochure ayant été déchirées maladroitement. Elaine ne pouvait que lire ces quelques mots « Hélas... Trop tard... Destin »

   Outre que ce récit résonnât longuement en son cœur meurtri, du fait de certaines similitudes qu’elle y voyait avec sa situation actuelle, la jeune femme s’étonna également que pareil ouvrage profane puisse être gardé dans le sein de cette bibliothèque. Un après-midi où certaines sœurs travaillaient dans la salle, elle finit par s’en ouvrir à Jeanne qui semblait avoir définitivement repris ses esprits. Quand elle évoqua la brochure, la novice blêmit et lui mit un doigt sur les lèvres, pour la faire taire.

   - Chut, je t’en supplie ! Ne parle pas de ça !

   - Mais ? Mais il ne s’agit que d’une histoire ! s’étonna Elaine.

   En baissant la voix, Soeur Jeanne chuchota, après avoir jeté un oeil autour d’elle, d’un air inquiet.

   - Il nous est interdit de lire de pareils ouvrages. C’est Soeur Marie qui les a apportés avec elle en entrant au couvent. Ce sont des objets rares et de prix ! Mais ces brochures parlent de choses que nous ne devrions pas connaître... Il y a des scènes qui sont obscènes. C’est pêché que de lire ces récits...

   Elaine sourit. Sur le visage poupon de la novice, les pommettes venaient de virer au rose fuchsia.

   - Jeanne ! Tu ne vas pas me dire que ces récits sont sulfureux ! Il s’agit d’histoires écrites il y a plus d’un siècle... Mais ne t’inquiète pas, je ne trahirai pas votre secret.

   Elle serra la main de la jeune novice qui poussa un soupir de soulagement. Ce fut tout pour cette fois, mais Elaine garda en mémoire, non pas les petits secrets des Sœurs, mais plutôt l’ambiance générale de la fable qu’elle avait lu : une atmosphère lourde, menaçante et, dans les dernières pages manquantes, il était certain que l’orage qui menaçait tout au long de l’histoire se métamorphosait tout à coup en véritable tempête. 

   Elaine craignit que cette histoire soit annonciatrice de dangers futurs.

***
(A Suivre)

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(Escort girl s'entraînant à lutter contre les clients au Texas)

Chloë Sevigny, tueuse à gages transsexuelle dans la série
"Hit & Miss"

Au Texas, vous pouvez tuer une escort girl 
qui ne veut pas coucher avec vous

   (...) Ezekiel Gilbert, âgé de 30 ans, a tiré le soir de Noël de l’année 2009 sur Lenora Evie Frago, décédée à 23 ans de la suite de ses blessures sept mois plus tard. L’homme avait rencontré la jeune femme sur le site de petites annonces Craigslist, très populaire aux Etats-Unis, dans la catégorie des «escort girls». Or Lenora, après avoir empoché les 150 dollars dans la soirée, a voulu repartir sans avoir de relation sexuelle avec lui.

   La cour de Bexar County, près de San Antonio, vient d’acquitter cet homme qui risquait la prison à vie, relate le site Gawker. Au-delà du ridicule de la décision, c’est surtout la défense de l’homme qui a déclenché l’indignation de la presse américaine. Car pour justifier son acte, qui selon lui n’était pas destiné à tuer, Gilbert et son avocat se sont appuyés sur une loi du code pénal du Texas selon laquelle il est autorisé «d’utiliser la force létale pour récupérer sa propriété au cours d’un vol de nuit». Les 150 dollars pris par l’escort justifiaient donc que l’homme lui tire dessus et prenne le risque de la tuer.

   « Je regrette sincèrement la mort de Mlle Frago, a déclaré Gilbert à la presse à la sortie du tribunal. J’ai été dans une prison mentale durant les quatre dernières années de ma vie. J’ai fait des cauchemars. Quand je vois des revolvers et des tueries à la télévision, je change de chaîne (pauvre chou)

   L’accusé a expliqué lors de son procès que Lenora était venue chez lui, était restée 20 minutes puis avait expliqué qu’elle devait donner l’argent obtenu à son chauffeur qui l’attendait dehors. Chauffeur qui s’est révélé être son proxénète et complice dans l’opération selon la défense, explique le journal local My San Antonio.

   Les procureurs ont répliqué à la défense de Gilbert en rappelant que la loi qui autorise un citoyen à récupérer son bien y compris par la force létale concernait les gens respectueux de la loi, et n'était pas conçue pour permettre à quelqu’un de forcer une autre personne à pratiquer un acte illégal comme la prostitution. Cette plaidorie n’aura pas suffi à convaincre les jurés.

   La valeur de la vie humaine en est réduite à l’équivalent d’un bien matériel, s’insurge le site féministe Jezebel. «Le cas est différent de l’auto-défense, dans une situation où votre propre sécurité physique ou votre propre vie sont en jeu», écrit le site. Et le jury n'aurait peut-être pas réagi de la même manière s'il s'était agi d'un vol de nain de jardin ou de vache, et non d'une simple prostituée, poursuit Jezebel. (...)


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"Quoi, mon chapeau? 
Qu'est-ce qui vous dérange dans mon chapeau,
 hein?"

Why can’t we all just get along?

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"Oh Mon Dieu, un méchant requin
qui veut me manger..."



L’Europe ne sauvera pas nos poissons… 
avant 100 ans
 Idealmag

   (...) Après trois années de discussions, le Conseil des ministres de la pêche et le Parlement européen sont arrivés à un accord à minima sur la politique commune. Alors que l’ambition affichée par Bruxelles était de limiter la surpêche pour permettre une reconstitution des stocks de poissons d’ici 2020, il faudra finalement une centaine d’années pour espérer un résultat. 

   Ces dernières années, on a beaucoup parlé du thon rouge, menacé de disparition. Mais de nombreuses espèces suivent aujourd’hui le même chemin, et une étude du magazine « Sciences » a même établi que si nous ne changions pas nos méthodes de pêche, les mers et océans seraient des déserts sans vie avant 2050. 

   Parmi les poissons jugés aujourd’hui en grand danger de disparition, on trouve : le flétan, le cabillaud, l’églefin, le colin (ou merlu), le saumon et la sole de l’Atlantique, la raie, la lotte… Autant d’espèces bien présentes sur les étals de nos poissonniers, mais dont les effectifs s’effondreraient un peu plus chaque année. 

   La réforme de la politique commune de la pêche (PCP) était sensée apporter des réponses urgentes à cette problématique, en assurant la reconstitution des espèces d’ici 2020, tout en préservant la filière et ses emplois. Mais c’est visiblement surtout ce second paramètre qui a été pris en compte. (...)

   (...) Côté français, le Ministre délégué chargé des Transports de la Mer et de la Pêche, Frédéric Cuvillier, s’est en effet opposé à ce que la reconstitution des stocks d’ici 2020 soit inscrite dans le texte de l’accord final, qui ne propose donc pas des moyens réellement contraignants pour arriver à ce résultat. Une position d’autant plus dommageable que d’autres pays de pêche, comme l’Espagne, étaient prêts à s’engager en ce sens. 

   Une position française dénoncée par de nombreuses organisations de défense de l’environnement, comme le WWF, qui déplore, par la voix de la présidente de sa section française, Isabelle Autissier, « que le manque d’ambition des ministres, et notamment de la France, ait pris le dessus sur l’ambition du Parlement européen. La reconstitution des stocks et la réelle atteinte du « Rendement Maximal Durable » sont la garantie de plus de poissons dans l’eau, d’une rentabilité plus élevée des entreprises de pêche et de plus d’emplois en mer et à terre ». 

   «Avec le texte qui a été adopté, poursuit Isabelle Autissier, « il faudra attendre près d’une centaine d’années pour que les stocks soient reconstitués». (...)
En savoir plus sur 

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Luc Desle

lundi 17 juin 2013

"Les Anonymes Anonymes étaient un Association très très secrète". Benoît Barvin in "Pensées pensées".

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Pensées pour nous-mêmes:

(CHACUNE DE TES PENSÉES
EST UN ACTE)

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LONG RÉCIT AU LONG COURS (1/40)
pcc Benoît Barvin et Blanche Baptiste


   Chez Maître Pavèse, Angélus confectionne des baumes destinés à calmer sa chair martyrisée..

ANGÉLUS 
ou 
LES SECRETS DE L’IMPALPABLE



L-apothicaire-reproduction-en-couleur-d-une-gravure-sur-bois-
de-la-serie-des-metiers-imagerie-Pellerin-milieu-20e-siecle


   Alors commença pour Angélus une période de fiévreuses recherches, agrémentée du fait que Giorgio n’était autre que le jeune homme rencontré à Rodez. Ce dernier ne le reconnut pas. Par contre Angélus avait gardé de lui une impression très vive et il sut, en le revoyant, pourquoi : Giorgio avait une carnation d’ange, une peau à faire pâlir d’envie toutes les jeunes filles de Florence. 

   Le jeune italien était par contre très maladroit. Il se coupait sans cesse en maniant les lamelles et les instruments en verre. Angélus remarqua bien vite qu’il cicatrisait avec une rapidité extraordinaire. Là où d’autres auraient eu une profonde cicatrice, il avait le derme intact, aussi lisse qu’avant. C’était là chose incroyable, tout autant diabolique que ce qui arrivait aux brûlures d’Angélus. 

   Cette semaine-là, Giorgio se fit une entaille au pouce gauche en coupant menu des feuilles d’eucalyptus. Angélus, qui se trouvait à ses côtés, se proposa pour le soigner. Ce qu’il fit avec adresse car il savait non seulement arrêter les hémorragies, mais encore la douleur qui en l’occurrence était très vive. 

   En mettant de l’ordre sur la paillasse et en prenant le scalpel pour le nettoyer, Angélus avisa un morceau de chair collé sur la lame. Il sut aussitôt ce qu’il devait faire. Il isola ce spécimen dans un tube à essai, et lui concocta une mixture de trempage capable de conserver en vie les cellules qui le composaient. A l’heure du repas, il resta seul dans le laboratoire et se livra à un ballet dont lui seul connaissait la chorégraphie. Il parvint à décoller chaque fine couche de cellules, à les différencier et à leur fournir le moyen de se reproduire au plus vite et aux mieux. Il calcula de façon exponentielle qu’en exactement vingt-huit jours, il aurait assez de matière pour greffer sur sa peau abîmée une pellicule de tissus naturels. 

   Angélus passa, malgré cette sensation d’étouffement que ressentaient tous ses membres, une nuit de paix morale totale. Le lendemain, voyant que ses cultures se développaient comme prévu, il demanda à Maître Pavèse d’interrompre son congé pour le remettre à plus tard, quand il aurait pu récolter le fruit de son expérience, qui serait à n’en pas douter une réussite. 

   Exalté par sa prochaine victoire, il inventa coup sur coup trois baumes aux huiles essentielles dont il testa les effets sur l’avant-bras de ses collègues. L’un d’entre eux se retrouva, à cet endroit-là, bronzé comme au plus fort de l’été ; le second avec la peau comme décolorée et Giorgio, le troisième, à jamais imberbe. 

   Maître Pavèse, alerté, pensa immédiatement que ces produits allaient révolutionner la cosmétologie, mais qu’ils risquaient d’attirer plus de plaintes que de compliments, si leurs effets demeuraient permanents. Car il savait combien les clients sont versatiles et les modes changeantes. Angélus promit qu’il allait étudier plus avant la question. 

   Cependant, Giorgio le supplia de lui préparer un pot de cette crème dépilatoire, car il rêvait depuis longtemps de se débarrasser du fin duvet qui recouvrait ses bras et ses jambes. Angélus, qui savait tout ce qu’il lui devrait bientôt, ne se fit pas prier, et le corps de Giorgio n’en fut que plus lisse et délicat, chose à laquelle le commis semblait tenir plus que tout. 

   A la vue du résultat, Angélus, dont la soif du beau et du diaphane n’était pas prête d’être assouvie, trouva sa création digne du plus grand intérêt et les craintes de Maître Pavèse peu justifiées quant à l’accueil qu’en ferait la clientèle florentine. Mais, comme il était son hôte et qu’il l’estimait, il n’insista pas, ayant pour l’instant en tête des pensées plus narcissiques. 

   L’attente fut longue, mais quelle joie après les premiers essais, de constater que les greffons parvenaient à redonner à son épiderme toute sa fraîcheur ! Il demeurait malgré tout sur sa main gauche, désespérément insensible, des plaques plus brillantes que les autres, et sur le visage, une certaine fixité des traits. La partie était cependant presque gagnée. 

   Au bout de quelques mois, il s’en revint à Nice. L’été resplendissait sur la ville. Monsieur Fumel fut enchanté de le revoir et très étonné de la métamorphose : Angélus rayonnait maintenant d’une beauté farouche, les pommettes hautes, les yeux profondément intenses, l’allure distinguée et désinvolte à la fois. Bref, à peine fut-il de retour, que le magasin ne désemplit pas. Toutes les clientes voulaient avoir un conseil de ce jeune homme si brillant qui les subjuguait d’un regard. 

   Le mois d’août fut hélas un calvaire. A plus d’un titre. 

   Tout d’abord, il fut repris par des démangeaisons pour lesquelles ni le soleil ni les bains de mer ne furent efficaces. Au contraire, tous ces traitements aggravèrent le processus et des lambeaux de peaux commencèrent à se flétrir, entraînant une desquamation générale des tissus greffés. 

   Angélus garda la chambre une semaine, n’osant se montrer. Madame Fumel, qui depuis son retour l’entourait de mille prévenances, s’inquiéta devant son refus de voir quiconque. Angélus espérait bien une rémission. Il se recouvrait de lotions, d’emplâtres de toutes sortes mais, cette fois, rien n’y faisait. 

   Sur ce, de fidèles clientes vinrent se plaindre à la boutique : les produits dont elles se servaient régulièrement ne semblaient plus se comporter de la même façon sur leur épiderme où des rougeurs apparaissaient à la moindre application. 

   On crut qu’il s’agissait d’un lot défectueux, mais des courriers de Paris et des quatre coins de France firent écho à ces plaintes : des centaines d’habituées remarquaient avec plus ou moins de véhémence que ce qu’on leur avait vendu leur créait des brûlures, des picotements, voire un début de vieillissement cellulaire. 

   Monsieur Fumel pensa alors que les fortes chaleurs qui sévissaient sur le pays avaient dû faire tourner les produits, et il voulut s’en confier à Angélus. Ce dernier émit quelques réticences à rencontrer son hôte, mais il s’exécuta, non sans avoir fardé son visage et dissimulé toutes les parties visibles de sa peau. 

   - Je vous prie de m’excuser d’interrompre votre repos, d’autant plus que vous me semblez bien mal en point, mais de graves préoccupations m’amènent, commença Monsieur Fumel. 

   Et il lui conta toute l’affaire. Angélus comprit aussitôt qu’il se jouait là quelque chose qui les dépassait tous, quelque chose qui avait à voir avec ce qui lui était arrivé l’année précédente à Fontseranne. Il demanda à analyser des échantillons des crèmes vendues dernièrement, et il y découvrit des molécules parasites fort étranges qu’il isola immédiatement, mais dont il ne put dire comment elles étaient parvenues à se développer, ni d’où elles provenaient. 

   Pour l’instant, il se savait impuissant à lutter contre un tel phénomène. Trop de choses le préoccupaient. Il voyait ses efforts annihilés d’un coup. Un mauvais sort s’acharnait contre lui. Il ne pouvait demeurer à Nice plus longtemps. 



   Le lendemain il embarqua pour l’Amérique, où il pensait trouver des antidotes à ces virus. Monsieur Fumel ne devait plus jamais le revoir, ni commercialiser ses produits car, même en suivant scrupuleusement les formules qu’il lui avait laissées, elles donnaient toutes, désormais, des résultats impropres à l’utilisation. 

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(A Suivre)

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(Faucheurs fauchant volontiers
la tête chenue du Capitalisme mondialisé)

heinrich-Kley-other-cats-


AlterSummit : l’autre Europe
 Benoît Borrits

   (...) Station de métro Eirini : ancien stade des Jeux Olympiques d’Athènes de 2004. Le lieu paraît abandonné, l’herbe pousse désormais entre les dalles, souvent cassées. Une grande nef de métal blanc longue de plusieurs centaines de mètres nous conduit au vélodrome, là où se tiennent les différentes réunions de l’AlterSummit.

   L’AlterSummit européen est une initiative d’un nouveau format destiné à présenter une alternative globale aux politiques d’austérité menées en Europe et qui, toutes, mènent à la récession. Alors que les Forums sociaux ne prennent pas de décisions collectives, l’AlterSummit rassemble autour d’un manifeste co-élaboré par diverses organisations syndicales et mouvement sociaux. Et c’est ici que se situe le changement.

   Alors que les syndicats ont plus ou moins déserté le mouvement altermondialiste, de nombreux poids lourds ont signé ce manifeste. La totalité des syndicats britanniques (Trade Union Congress), le syndicat espagnol CCOO, la puissante fédération allemande de la métallurgie IG Metall, la CGIL italienne, la CGTP portugaise et les deux centrales grecques des travailleurs du public (Adedy) et du privé (GSEE). Côté français, la CGT, la FSU ainsi que l’Union syndicale Solidaires côtoyaient les classiques du mouvement altermondialiste tels qu’Attac, l’AITEC ou encore la Marche mondiale des femmes. 

   Cette présence de nombreux syndicats européens dans ce sommet ne serait-elle pas une conséquence de la décision de la Confédération Européenne des Syndicats de rejeter, le 25 janvier 2012 et pour la première fois de son histoire, un traité européen, celui « sur la stabilité, la coordination et la gouvernance dans l’union économique et monétaire » ?

   Le manifeste ? Centré sur la nécessité de mettre fin à l’austérité avant que celle-ci ne détruise la démocratie. Organisé en quatre volets, « En finir avec l’esclavage de la dette », « Pour une Europe écologique et sociale : stop à l’austérité ! », « Des droits pour toutes et tous : non à la précarité et à la pauvreté ! »,« Pour la démocratie économique : les banques au service de l’intérêt général », il aboutit à un catalogue de 17 propositions. Mettre fin aux mémorandums et aux plans d’austérité est la base de départ qui se conjugue avec une fiscalité plus redistributive et la possibilité pour la Banque centrale de prêter aux Etats. 

   La nécessité d’engager une transition écologique et sociale est affirmée conjointement avec l’instauration de salaires minimums dans tous les pays, la reprise des négociations collectives, le droit au logement, l’égalité homme-femme et la protection des migrants. Le contrôle social du secteur bancaire constitue en quelque sorte la clé qui permettra que tout ceci se réalise. Ce manifeste est à la fois un compromis entre les différents signataires, ce qui explique le flou dans certaines propositions, et une avancée réelle en terme d’articulation entre les syndicats et les mouvements sociaux.

   La séance plénière de ce sommet s’est tenue dans la soirée du 7 juin. Outre les diverses prises de parole des syndicats et des comités d’organisation nationaux de l’AlterSummit, celle-ci a permis de faire connaître aux participants internationaux les combats menés en Chalcidique contre les ventes à prix bradé des terres aurifaires et la reprise en autogestion de l’entreprise Vio.Me. de Thessalonique. 

   Une minute de silence a été observée à la mémoire de Clément Méric. Invité par l’AlterSummit à titre personnel – les partis politiques n’ayant pas droit de cité – Alexis Tsipras, président du Synaspismos a clôturé cette séance en expliquant l’importance de forger un mouvement social européen dans l’hypothèse d’une arrivée d’un gouvernement de rupture dans un pays de la taille de la Grèce.

   Au-delà des plénières, trois séries de cinq assemblées thématiques simultanées se sont tenues. A noter une forte présence des dispensaires sociaux de santé auto-organisés et des différentes initiatives grecques pour faire face à l’austérité rassemblées dans un village alternatif. Une manifestation en direction de la Place Syntagma a clôturé cet événement.

   Nous sommes ici très loin du bouillonnement des Forums sociaux où chaque mouvement a la possibilité d’organiser seul ou avec des partenaires son atelier. Est-ce ce qui explique une fréquentation de quelques milliers de personnes, bien moindre que celle des anciens Forums sociaux européens ? L’AlterSummit a eu, quoiqu’il en soit, le mérite de coaliser toute une série de mouvements syndicaux et sociaux pour construire de la politique, démarche novatrice qu’il convient de saluer. (...)



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(Pauvresse cherchant désespérément le soleil 
dans son gourbi de 5m2 payé une fortune)


(blackteeeから)


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"Depuis que les pauvres ont été chassés de la plage,
on se sent mieux entre-nous...
- Ça, vous pouvez le dire, ma grosse dame.
- Grosse?"


Illustration by Heinrich Kley, from the series The Family at the Sea Shore


Services publics : 
« Fermez tout, ils sont nuls ! »

Le Yéti

   (...) La fermeture brutale d’ERT, le service public grec de radio et de télévision, a entraîné de drôles de réactions sur les forums. En gros, bon débarras, ils étaient nuls, les Grecs vont enfin pouvoir se nettoyer la tête et réfléchir dans leurs coins. Luigi, un commentateur fidèle de mon blog, abonde dans ce sens. A sa façon...

   « B’soir à tutti,

   Bon, finalement la propagande fonctionne très bien, non ? Les Grecs avec leur moussaka et leurs feuilles de vigne n’ont que ce qu’ils méritent. Et na ! P’feu, que leur gouvernement ferme toutes les télés et radios publiques, c’est normal.

   D’ailleurs chez nous, les socialistes de droite devraient s’en inspirer. Je partage l’avis quasi-général. La télé et la radio, ce n’est plus ce que c’était, alors à quoi bon en avoir encore, c’est sûr. » (...)

   « A ce sujet, il faudrait même pousser l’avantage, supprimer tout ce qui est public, hein, parce que ça ne marche pas terrible : les hôpitaux, EDF, GDF, les écoles, les théâtres... Tiens le Parlement aussi et puis les mairies, les Conseils régionaux, la Poste... Tout, quoi, en un seul paquet.

   On ferait des économies et avec ça on rembourserait la dette en une seule fois. Le FMI, la BCE, la Commission européenne, les agences de notation et les banques nous adresseraient des louanges. On serait les meilleurs du monde, que dis-je, les champions du monde. “We are the champions, we are the champions !”

   Oh excusez-moi, on frappe à ma porte. Non, on défonce ma porte ! Oh merde, on me frappe, on m’empoigne et on m’emmène manu militari. Hé, les gars, j’suis avec vous, déconnez pas ! J’ai tout fait comme vous avez demandé. Je suis d’accord avec vous à 180%, faites pas les cons, bon dieu ! C’est pas bien de relire Brecht. Il était pas un peu grec, ce type-là ? » (...)


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Benoît Barvin

dimanche 16 juin 2013

"La Bête trompa la Belle avec la Femme à Barbe". Jacques Damboise in "Pensées inconvénientes".

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Pensées pour nous-mêmes:

(TU N'ATTRAPERAS JAMAIS
TOUTES LES GOUTTES D'EAU DU RUISSEAU)

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LONG RÉCIT AU LONG COURS (1/39)
pcc Benoît Barvin et Blanche Baptiste

   Elaine Cantagril et l'apothicaire du village se sont rencontrés, et la jeune femme tombe peu à peu sous le charme de cet homme mystérieux...

ANGÉLUS 
ou 
LES SECRETS DE L’IMPALPABLE

Florence: le Ponte Vecchio et l'Arno au XVIIIème siècle (Tableau de Moricci)



CHAPITRE 15

   Angélus n’avait eu aucun mal à trouver la boutique de Maître Pavèse, via Calimala. C’était la plus belle pharmacie de Florence, située près de la Piazza della Signoria. La vitrine était toute enluminée de dorures serpentines et, derrière les vitres, s’étalaient des bocaux multicolores savamment disposés, de sorte que les regards ne pouvaient qu’être attirés par ces rouges, ces jaunes, ces verts et ces bleus flamboyants.

   Angélus avait attendu quelques jours avant de se présenter. Il avait loué un meublé ensoleillé, au dernier étage d’une maison donnant sur les quais, près du Ponte Vecchio. Là, il avait préparé son entrevue avec Maître Pavèse, désireux de donner de lui la meilleure impression possible. Il avait confié ses vêtements à une lingère, était allé chez le coiffeur pour la première fois de sa vie. Sa chevelure retombait de chaque côté, l’auréolant d’or et, grâce à ses yeux où le vert prédominait, il avait noble allure. On remarquait à peine son visage marqué, notant seulement le regard où se lisait une vive intelligence. Il se présenta à Maître Pavèse en usant d’un italien très acceptable.

   Ce dernier se crut obligé de toiser longuement le jeune homme, puis il chaussa des binocles et lut la lettre de Monsieur Fumel remaniée par Angélus. Il dit enfin, d’une étrange voix cassée.

   - Je lis que vous avez, Signorino, beaucoup de talent, et je suis d’un naturel très curieux, savez-vous ? Si vous voulez me montrer de quoi vous êtes capable, je vous enseignerai à mon tour tous les secrets de mon art.

   En un rien de temps, Angélus s’était retrouvé dans le laboratoire, devant un comptoir de marbre et différentes tables où se côtoyaient des mortiers de bronze, d’agate et d’albâtre, des ballons de cristal, des appareils à distiller de toute beauté, des pots en faïence et en porcelaine.

   Derrière une table encombrée de fioles, deux apprentis maniaient des ustensiles tout en jetant des coups d’oeil curieux vers Angélus. Celui-ci avait remarqué, sur le front dégarni de Maître Pavèse, une tache brunâtre qui venait gâter le teint de ce quinquagénaire. D’ici quelques années, cette tache pouvait essaimer et envahir tout le crâne de l’apothicaire. Angélus en avait vu bien des échantillons lorsqu’il était à Fontseranne, à commencer par celles qui ornaient la tête de son père. Le remède était simple pour lui qui reconnaissait, à vue d’œil, la texture exacte de n’importe quel épiderme.

   Il se fit apporter par un des apprentis de la poudre de calcine, des essences de sauvagine, ainsi que des huiles de moutarde et de sésame. Il fit de tout cela un savant mélange, puis conditionna l’émulsion obtenue dans un petit pot de verre.

   - Voici, Maître, un baume qui effacera en quelques heures la marque que vous avez sur le front. Si vous renouvelez son application chaque jour, elle n’apparaîtra plus.

   - Ce serait vraiment un prodige que de pouvoir gommer les stigmates de l’âge, aussi rapidement et simplement. Mais je vous fais confiance...

   Au bout de trois heures, le front de Maître Pavèse ne portait plus sa disgracieuse tache brunâtre et Angélus pouvait se considérer d’ores et déjà comme faisant partie de la célèbre officine florentine.

   Maître Pavèse, devant un associé aussi éclairé que brillant, se montra dès lors très aimable et ne lui occulta aucun de ses secrets. Il se noua entre eux une complicité extraordinaire qui, curieusement, ne fit pas de jaloux dans la boutique, car le patron généralement très sévère, taciturne, pour ne pas dire acariâtre, était devenu au contact d’Angélus affable et rayonnant, comme aux premiers jours de son exercice dans la profession.

   Angélus était cependant très ennuyé par la tournure que prenaient ses propres cicatrices. Lorsque le vent d’ouest soufflait, charriant avec lui toute l’humidité de la mer, il ressentait alors sur tout son corps des démangeaisons puis, sur les zones brûlées, des tiraillements qui ne lui laissaient pas de repos.

   Un jour de janvier, alors que la nuit avait été particulièrement difficile, il avait été questionné par Maître Pavèse sur son état de santé.

   - Tu me sembles fatigué Angélino, et cela m’inquiète. D’autre part, je crois qu’il serait bon que tu t’occupes un peu plus de ta santé. Je sais que tes brûlures t’ont laissé des traces indélébiles, mais comment se fait-il, avec toute la prescience que tu possèdes, que tu ne trouves pas de remèdes à tes séquelles?

   - J’ai bien essayé Maître, et suis déjà parvenu à quelques résultats mais, actuellement, tout ce que j’avais pu obtenir a tendance à régresser, par phase. J’avoue aussi manquer de temps. Vous savez combien les formules que j’envoie à Monsieur Fumel m’accaparent.

   - Oui, je ne le sais que trop. A ce propos, je viens de recevoir un courrier de Nice où les affaires marchent à merveille, comme ici d’ailleurs, et pour une bonne part grâce à toi. Il est, je crois, grand temps que tu prennes quelques congés. Monsieur Fumel n’y verra pas d’inconvénient, je pense, et moi, je ne peux que te pousser à guérir et à retrouver une apparence digne de ta personne et de ton âge. Tu peux être le plus brillant des dermatologues et il convient que tu sois à la hauteur des miracles que tu sais prodiguer aux autres. Qu’en dis-tu?

   Devant tant de nobles sentiments, Angélus en eut les larmes aux yeux.

   - J’accepterais volontiers, répondit-il reconnaissant, si vous me laissez venir poursuivre mes analyses dans votre officine.

   - C’est entendu. Tu feras la connaissance de Giorgio, mon commis, qui s’en revient justement de sa tournée en France. C’est un garçon fort sympathique et dévoué.
***
(A Suivre)

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(Le super cadeau pour la fête des pères
à mon super papa ne plut pas
beaucoup à ma super maman)


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"Moi, mon papa, c'est un super héros,
comme moi quand je vole dans l'espace
pour m'emparer d'une tablette de chocolat
cachée dans le buffet de la cuisine"


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"Houps! Heu... Joyeuse fête des pères, Hulk!
- Hulk pas marié..."


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"Que je vous souhaite votre fête?
Mais, Monsieur, vous n'êtes pas mon père!"


Wilhelm Volz — 1902

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Blanche Baptiste