Bonjour à vous qui, dans le maelström du net, êtes arrivés, par hasard? lassitude? erreur? sur ce blog. Vous êtes les bienvenus. Vous y lirez des extraits d'articles, de pensées, d'interviews, piochés ça et là, et illustrés de photos et dessins détournés, via un humour de bon aloi. Vous pouvez évidemment réagir avec le même humour, la même ironie que nous mettons, chaque jour, à tenter de respirer un peu plus librement dans une société qui se corsète chaque fois un peu plus.

samedi 31 mars 2012

"Étrange: Iphigénie était quelconque". Benoît Barvin in "Étrange, vous z'avez dit?"

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Pensées pour nous-mêmes:

(LA DOULEUR EST MAUVAISE PASSAGÈRE. 
ELLE SE GORGE DE TOI SANS RIEN TE DONNER)

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"Tiens... On dirait que la femme du Résident
fait ses valises..."

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"Qu'est-ce que tu fais?
- Je recouvre cette statue...
Cette nudité est intolérable.
- C'était donc vrai:
tu es devenue musulmane!"
 
« Et surtout pas d’amalgames ! »
Marwan Mohammed 

   (...) Ainsi donc, juré-craché, ceux qui appelaient il y a encore quelques heures à éviter les amalgames, sont progressivement et tranquillement en train d’en assurer la production. Vanter l’unité à 13 h, alimenter le rejet social d’une frange du corps social en fin d’après-midi, après des mois d’intense polémisation de l’Islam. Schizophrénie désormais routinière, symbole, parmi tant d’autres, de l’inconsistance morale et politique d’une frange installée, très active et malheureusement influente des élites parlantes.
   Ironie étymologique, le mot amalgame est d’origine arabe : « amal al-djamāa » signifie la « fusion » et « l’union charnelle ». Y a-t-il meilleure définition de ce terme, lorsque dans le débat public, il concerne les arabes et les musulmans ? Son mécanisme est simple, il s’agit de fusionner l’élément et l’ensemble, le singulier et le collectif, le tueur et sa religion, un fait-divers et une communauté. L’union est en effet « charnelle », les consciences aliénées : si en chimie l’amalgame avec le mercure a pendant longtemps permis d’extraire de l’or, en politique, à base de confusions insultantes, il tend à produire de l’horreur.
   C’est au fond un principe de sanction collective, reposant sur le lien implicite et irréductible qui unit chaque membre de cette entité fantasmée et essentialisée qu’est « l’Islam » (avec toutes ses déclinaisons). Certes, personne n’a le monopole de ce mode de raisonnement qui repose sur la théorie du complot ou sur l’idéologie primaire du « tous les mêmes ». Qu’il s’exprime dans l’intimité de l’entre-soi c’est une chose (non négligeable) mais qu’il résonne dans le champ médiatique c’est autre chose, l’impact n’est pas le même, tout comme la responsabilité des auteurs de ces amalgames. Médias et entre-soi interagissent constamment. (...)
Lire sur:

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"Alors comme ça t'as plus envie?!
Tu devrais éviter de manger
à tous les râteliers, tu sais...
- Pardon, ma chérie, c'était trop tentant"

250.000 livres le dîner avec Cameron: 
soupçon de financement occulte 
du Parti conservateur

   (...) Le Parti conservateur britannique a-t-il accepté des donations dépassant le montant légal en échange de dîners privés avec le Premier ministre et ses proches conseillers?
   Après avoir été piégé par des reporters du Sunday Times déguisés en entrepreneurs basés au Liechtenstein désireux de faire une donation, le trésorier du parti Peter Cruddas vient de démissionner.
   Une vidéo le montre en train de promettre aux faux donateurs qu'en payant 250.000 livres (près de 300.000 euros), ils auraient un accès«de première division» au Premier ministre David Cameron, à son ministre des Finances ainsi qu'à leurs proches conseillers, et la possibilité d'influencer leurs politiques (et d'aller voir les p... aussi?). De plus, ces fonds seraient venus de l'étranger, ce qui est interdit dans la législation britannique. Des révélations qui embarrassent les conservateurs (les pauvres) et renforcent l'impression (rien qu'une impression, hein?) d'une relation proche entre le parti et les hommes d'affaires millionnaires. (mais pas les milliardaires, ouf!) (...)

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"Quoi, troubles mentaux, pôv' tâche!
Tu peux qu'j't'en colle une?"
A Barcelone, 
la vigne adoucit les troubles mentaux
Emmanuel Haddad (Barcelone)

   (...) En mars 2001, quand le maire socialiste Joan Clos lance l’idée de créer un vin pour la ville de Barcelone, l’opposition ironise. Le porte-parole de l’actuel parti au pouvoir, le CiU, affirme alors "ne pas comprendre la mégalomanie du maire".
   Onze ans plus tard, le maire Xavier Trias a oublié se réticences d'antan et arrose toutes ses réceptions avec du vin rouge de Can Calopa, sans perdre une occasion de rappeler la portée œnologique du projet, qui préserve les cépages méditerranéens situés entre le 42 et le 38ème parallèle, ainsi que son essence solidaire. Les douze viticulteurs souffrent tous, en effet, de troubles de comportement, voire de maladies mentales.
   Loin de l’ambiance feutrée des "brindis" (cocktails) de la plaça Sant Jaume, la solidarité entre Edu, Carlos, Juan, Victor et les autres apprentis vignerons de Can Calopa a mis plus du temps à s’installer.
   Pendant les premiers mois, il y en avait parfois un de levé sur les 12, les disputes étaient assez fréquentes, il fallait répéter chaque jour les mêmes exigences pour que le travail soit fait", se rappelle Rocio, responsable des trois hectares de ceps de Can Calopa, qui ont donné quelque 13.000 bouteilles en 2011.(...)
   (...) La cause de ces débuts difficiles? Si les 12 jeunes sélectionnés par la mairie pour vivre et travailler dans les vignes de la ville souffrent "de troubles de comportements en majorité, certains de handicaps, voire de maladies mentales", comme l'explique Gemma, une des monitrices diplômée de psychologie. "Les problèmes quotidiens sont plus dus à leur exclusion sociale et à la déstructuration familiale dont ils ont souffert qu’à leurs troubles psychologiques", précise la jeune femme, qui partage son temps entre la coordination du travail de la vigne et l’organisation d’activités sociales, une fois le dur labeur terminé.
   On n’attend pas d’eux qu’ils connaissent le monde du vin sur le bout des doigts, mais on fait en sorte qu’ils acquièrent une discipline de travail: se lever à l’heure, travailler en équipe, respecter l’autre…", précise Rocio. "Regarde Edu par exemple, maintenant il me note toutes les allées qu’il a débroussaillées par écrit", dit-elle en montrant le jeune fan de rap de 19 ans, concentré sur sa débroussailleuse, beaucoup moins "distrait" qu’à ses débuts.(...) 

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Luc Desle

vendredi 30 mars 2012

" Ici, le Carné gît all, disait le tueur végétarien". Jacques Damboise in "Pensées à contre-pet".

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Pensées pour nous-mêmes:

(MÂCHE AMOUREUSEMENT CHAQUE MINUTE DE TA VIE)

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"Tu vas arrêter, bille de clown?
- Monsieur bille de clown, s'il te plaît"


L’expression « prendre quelqu'un pour une bille » 
signifie qu'on considère cette personne comme un idiot.


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"Les ch'meurs, z'ont qu'a travaillé"

Chômage: 
la hausse de 0,2% en février est-elle... 
un signe de reprise économique?
(et pas qu'on se fiche de nous?)

   (...) Nicolas Sarkozy avait prévenu dès ce lundi 26 mars au matin: les chiffres du chômage ont à nouveau augmenté au mois de février, mais de manière "plus modérée". Le ministère de l'Emploi a confirmé cette tendance ce lundi soir: le nombre de demandeurs d'emploi a progressé de 0.2%, soit 6200 chômeurs supplémentaires. Sur un an, le nombre de demandeurs d'emploi augmente de 6.2% et s'établit à 2.87 millions de chômeurs. En janvier dernier, le nombre de chômeurs avait augmenté de 0,5% par rapport à décembre, un rythme divisé par deux par rapport aux mois précédents. Le nombre total de chômeurs était alors de 2,8 millions de personnes.
   Pour Nicolas Sarkozy, interrogé ce lundi matin sur France Info, ce ralentissement de la hausse dénote une amélioration de la situation avec "une baisse tendancielle de l'augmentation du nombre de chômeurs". Mieux, il faudrait presque s'en réjouir, puisque ces statistiques témoignent, selon le président candidat "d'une reprise économique sensible depuis que nous avons essayé de résoudre la crise financière de la Grèce, cette crise financière qui créait une crise de confiance, qui créait elle-même une crise économique" (...)

   (...) L'avis de l'expert: Jean-Marc Daniel (encore un à mettre sur notre carnet noir) est optimiste (tant mieux pour lui): "La trésorerie des entreprises est très favorable. Pour l'instant, des inquiétudes subsistent encore et elles hésitent à investir. Mais quand on discute avec les chefs d'entreprise, on se rend compte qu'ils pourraient vite avoir la gnaque (ah bon?), à condition que l'impôt sur les sociétés soit plus favorable (ah bon...). Le tout est de savoir quand les entreprises se remettront à investir et surtout à quel niveau" (là est toute la question, Monsieur l'expert bien payé et optimiste) (...)

A lire sur:

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(Mule rendue marteau par... heu... le bon peuple?)

Marie-Antoinette : 
ses mules rendent marteau
Béatrice De Rochebouet
(de, évidemment,
encore une fausse noble.
Au Figaro, tout part en c...)

   (...) Le nom de la Reine fait toujours autant bondir les foules (riches? Y'en a vraiment, des "foules riches"?). Et plus encore les objets ou les vêtements lui ayant appartenu. Un peu défraîchie par le nombre des années (nooon, pas possible), une paire de mules à bout pointu d'une pointure 36 ½, correspondant à celle de la reine Marie-Antoinette, a crevé tous les plafonds sous le marteau de Me Maunier & Noudel Deniau, à Toulon. Estimée 3 000 à 4 000 euros, elle s'est envolée à près de dix fois son prix, dans une dispersion de 450 lots consacrés à la Révolution française.
   Ornée de rubans tricolores plissés en soie, cette paire au talon en bois recouvert de peau blanche, avec une semelle de marche en cuir aurait été acquise par Paul Rousseau dans les années 1920, d'après les source de G. (Gosselin) Lenotre, historien spécialiste de la Révolution et de la captivité de la Famille royale, plus connu sous le nom de Louis-Léon-Théodore Gosselin (1855-1935). (on s'en f... un peu, quand même, hein, du blaze du type?) (...)


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"Racistes! On dit:
Tableau de la diversité..."

Pour une utilisation 
décomplexée du mot noir
Claire Levenson

   (...) La presse française se met depuis peu à écrire le mot «noir» de manière plus fréquente, peut-être moins gênée. Avec la création du Conseil représentatif des associations noires de France (Cran) en 2005, ainsi que le documentaire et le livre de Pascal Blanchard (Noirs de France, La France noire), ou encore le numéro «100% Noirs de France» de Respect Magazine, il semble que le mot soit devenu moins tabou.
   «Dans la France des “Blacks” et des “Renois”, on va peut-être, grâce au travail abattu par Pascal Blanchard, commencer à appeler les Noirs des… Noirs», écrivait Sabine Cessou dans SlateAfrique
   On parle de personnes «issues de la diversité», de «minorités visibles», parfois même de «blackgeoisie». Les contournements sont encore nombreux, aussi bien à l’écrit qu’à l’oral. En 2002, les éditeurs de l'historien François Durpaire lui avaient demandé d'ôter le mot noir qui figurait dans le titre de son livre, et l'avaient remplacé par«diversité».
   Les choses se sont depuis assouplies, mais l'attitude est loin d'être décomplexée. Après l’élection de Barack Obama en 2008, la médiatrice du journal Le Monde écrivait, dans un article intitulé «Appeler un Noir un Noir», que pendant la campagne américaine, les lecteurs avaient été nombreux à accuser le journal de «racisme sous-jacent» dès qu'un article décrivait quelqu'un comme noir. Une lectrice avait même qualifié de dérapage le fait d'identifier le père d'Obama comme un «Noir kenyan». Fallait-il taire cette information? Dire que quelqu’un est noir est-il raciste?
   L'association Les Indivisibles (dont vous pouvez retrouver des tribunes sur Slate) tente depuis quelques années de rassurer la population.«L'utilisation du mot noir ne fait courir aucun risque ni à vous ni à votre entourage», rappelait une de leurs vidéos. (encore heureux...) (...)

Lire la suite, très intéressante, sur:


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Benoît Barvin

jeudi 29 mars 2012

"Amours inabordables: les deux rives d'une rivière s'aimaient d'amour tendre". Benoît Barvin in "Pensées pensées".

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Pensées pour nous-mêmes:

(TOURNE SEPT FOIS TA LANGUE
DANS TA BOUCHE ET TAIS-TOI)


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"Eléphant PS sans défense...
Ahaha...
Elle est bonne, celle-la,
pauvres tâches!"

 
Des éléphants sans défense
(ahaha... Excusez-moi,
c'est nerveux)
Alain Saint-Robespierre

   (...) Malgré les mesures de protection dont ce pachyderme est l’objet au plan mondial, le massacre clandestin s’intensifie aussi bien au Burkina Faso que dans le reste de l’Afrique. Au rythme où évolue le carnage, si rien n’est fait, les zones de chasse de Singou et d'Ougarou ne seront plus que des cimetières d’éléphants. Pas une semaine sans qu’on ne découvre une dépouille de proboscidien le crâne évidé, les défenses arrachées. La douane aéroportuaire de Ouagadougou a tout récemment saisi d’importantes quantités d’ivoire destinées à l’exportation. "Les cours du marché de l’ivoire ont remonté, explique le directeur régional de l’Environnement et du Développement durable de l’Est, Paul Guiguemdé. Nous avons affaire à une filière transfrontalière qui opère avec la complicité de populations riveraines."
   D'importantes quantités d’ivoire seraient acheminées vers des pays asiatiques, poursuit le directeur régional. En Afrique, le phénomène n’épargne aucun pays. Ainsi au Cameroun, dans le parc national de Bouba Ndjida [dans le nord du pays, près du Tchad], les défenses d’éléphant sont littéralement "moissonnées" par des hommes lourdement armés. Plus de deux cents pachydermes ont été abattus depuis la mi-janvier, soit le tiers de la population du parc. En pays gourmantché [dans le sud-est du Burkina] où s’étendent deux grands espaces protégés, pas besoin de taper le sable pour se faire un dessin : les massacres sont perpétrés par un réseau bien organisé. Rien à voir avec le braconnage traditionnel qui, lui, répond généralement à des besoins alimentaires. Le mode opératoire, l’ampleur du carnage et les types de munitions utilisées (des calibres 375 ou 400) sont autant d’indices qui font privilégier la piste d’"étrangers" dotés de gros moyens.(...)
***
(Éléphant sans défense et rapiécé de ci de là...)
 
CAMEROUN 
Un commerce florissant

   (...) Le Cameroun est également en alerte : un important massacre d'éléphants y a récemment été perpétré. Dans ce pays comme au Burkina Faso, des témoignages concordants désignent des hommes à cheval, lourdement armés, d'origine soudanaise. Selon Céline Cissier Bienvenu de l'Ifaw, [Fonds international pour la protection des animaux], "l’ivoire est exporté illégalement hors d’Afrique centrale et d’Afrique de l’Ouest pour alimenter les marchés asiatique et européen. L’argent récolté finance ensuite l’achat d’armes qui serviront dans des conflits régionaux, tels que ceux en cours au Darfour, au Soudan et en Centrafrique". Bien que le commerce de l'ivoire soit interdit depuis vingt ans, les filières clandestines sont florissantes. En 2011, vingt-trois tonnes d'ivoire ont été saisies, et les experts estiment qu'il ne s'agit que de 10 à 15 % du trafic réel. (...)

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"Ní bheidh éilliú a cúisithe"

("De corruption
jamais ne sera accusé")

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Quand le Tigre celtique 
se faisait graisser la patte
The Irish Times, Irish Independent

   (...) "Corruption et abus de pouvoir endémiques chez les politiques", titre l’Irish Times, le lendemain de la publication du rapport remis par le Tribunal de Mahon, la plus grande enquête publique jamais menée dans l’histoire du pays. Elle fut lancée en 1997 sur les versements illicites perçus par les hommes politiques, principalement en échange de permis de construire et de plans d'aménagement du territoire. Dans ses conclusions, le Tribunal, a accusé l’ancien Premier ministre Bertie Ahern d’avoir manqué de franchise. Il a estimé que l’ancien commissaire européen Pádraig Flynn avait eu un comportement corrompu et a estimé qu'Albert Reynolds, un autre ancien Premier ministre, avait abusé de son pouvoir.
   Le Tribunal a déclaré que Bertie Ahern n’avait pas dit la vérité sur les versements – dont la valeur est estimée à 349 177 euros.- qui ont transité par des comptes bancaires auxquels il avait accès. Ahern a toujours prétendu que cet argent ne provenait pas de faveurs accordées à des promoteurs immobilier mais qu’ils étaient "des prêts personnels" consentis par des amis qui l’ont aidé au moment où il se séparait de sa femme.
   Le rapport de 3200 pages (écrit gros?) a également établi que Pádraig Flynn avait touché des pots-de-vin lorsqu’il était ministre de l’environnement entre 1987 et 1993. Flynn avait alors accepté une "donation" de 63 486 euros d’un promoteur immobilier qui souhaitait acheter une ferme à l’ouest de l’Irlande. Le tribunal a également pointé du doigt l’implication d’une des plus anciennes figures du gouvernement : l’ancien Premier ministre Albert Reynolds qui "a cherché des contributions financières auprès de plusieurs hommes d’affaires qui faisaient du lobbying auprès du gouvernement pour que ce dernier soutienne certains projets commerciaux."(...)
Lire la suite sur:


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"Tu sais que t'es super sexy, toi?
- Menteur!
- Tu serais pas un sous-marin
de Tu Quoque, par hasard?"
Terrorisme : 
les mensonges 
(habituels?)
de Jean-François Copé
Laurent Joffrin
Directeur du Nouvel Observateur 
(pas de quoi en être fier, Man!)

   (...) Les attaques menées contre la gauche par Jean-François Copé, cet Iznogoud en chemise Oxford, sont particulièrement médiocres et mensongères (ouah, l'image!). Le président de l’UMP suggère lourdement que la gauche a négligé, sous-estimé et – pourquoi pas ? – encouragé le terrorisme islamiste par ses déclarations ou ses votes à l’Assemblée. Cette déclaration doit être rangée parmi les plus basses polémiques lancées pendant cette campagne électorale, qui n’en a pourtant pas manqué.
   Certes (un coup à droite, un coup à gauche, au nom de la sacro-sainte neutralité...) les dérapages de certains socialistes, comme Jean-Jacques Urvoas ou Jérôme Guedj, ne valent guère mieux, l’un se moquant du RAID au moment où plusieurs de ses hommes essuyaient les coups de feu de Mohammed Merah, l’autre demandant la démission de Claude Guéant alors que le ministre de l’Intérieur amenait l’opération en cours à sa conclusion, sans qu’on puisse sérieusement mettre en cause son action.
   Mais c’étaient sorties de route individuelles, vite corrigées. Le réquisitoire de Copé est au contraire une attaque méditée, délibérée, dans un partage des rôles transparent entre un président qui arbore le masque de l’unité nationale et un homme de main voué aux basses œuvres électorales. (...)
Lire éventuellement la suite sur:

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Luc Desle

mercredi 28 mars 2012

"Étrange: le dos d'Anne est parfois bossu". Benoît Barvin in "Étrange, vous z'avez dit?"

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Pensées pour nous-mêmes:

(QUAND LE LOUP BÊLE, MÉFIE-TOI)

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COURTS RECITS AU LONG COURS(5)
pcc Benoît Barvin


Le miroir

   Il n'y avait pas à en douter. Dans l'eau glacée de ce miroir de grand-mère, son visage se flétrissait. Au début de sa contemplation muette, il n'avait que vingt ans. Quelques minutes d'adoration muette plus tard, il en marquait dix de plus, les fines ridules autour des yeux en témoignaient. Un peu de temps encore à s'observer, l'oeil inquiet, et il tutoyait la quarantaine, l'argent dans sa chevelure, nettement moins abondante maintenant, en faisait foi. 
   C'est ainsi que, les secondes s'égrenant, ce visage pourtant chéri se métamorphosait; la chair se froissait; le crâne aux os écoeurants saillait; sa denture dont il était si fier se déchaussait. Plus que quelques poussières de temps et il verrait - en direct - à quoi il ressemblerait, le jour de sa mort... ou même après, dans la glaciale caresse du cercueil.
   Il détruisit le miroir en mille morceaux, brûla les nombreux exemplaires du "portrait de Dorian Gray" qu'il avait traqués, un peu partout dans le monde, et ne collectionna plus, désormais, que des poupées Barbie.

La vente

   Il me tendit sa main, et je l'examinai. Il s'agissait d'une main banale, légèrement poilue sur le dessus, les  doigts un peu courts, les ongles en deuil. 
   "Qu'en pensez-vous?" demanda mon interlocuteur, un gros type vêtu avec recherche. Je fis la moue. L'autre blêmit. "Elle n'a que peu servi et...". "Peu servi?". Je ricanai. "Je vous en donne deux poignées de riz. Pas plus". 
   Le type, dont le costume trois-pièces bâillait à chacun de ses mouvements, se dandina quelques secondes. Il plissait le front. Il transpirait à grosses gouttes.  Sa respiration sifflante me fit penser à celle d'un vieil animal, au bord de l'apoplexie. 
  "D'ac... D'accord", finit-il par souffler, comme s'il expirait. Je lui tendis le riz, soigneusement emballé dans deux sacs biodégradables et le regardai sortir du magasin, les épaules basses, d'une démarche de futur suicidé.
   "Bon Dieu de crise", marmonnai-je, en rangeant soigneusement la main dans la boîte réfrigérée prévue à cet effet.

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(La fille aux pépites de chocolat et de guimauve dans les cheveux,
quelques minutes avant de se faire dévorer par la foule)
Portrait, c1930 Studio Piaz, Paris

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"Mais, je n'ai encore rien dit!
- Ça ne saurait tarder, Nadine..."

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"Oh, Mon Dieu, Miss Parjure, Mensonges and Compagnie!
Enchantée de vous connaître...
Le Résident vous attend avec impatience..."
Lana Turner, The Three Musketeers (1948) (via sisterwolf)

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(La fille au chapeau, quelques minutes avant
qu'elle ne se fasse lyncher par la foule déchaînée"

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"Par Saint Gogoman...
Le... Le Résident...
Il s'approche de moi avec sa main moite...
Que faire?"

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Jacques Damboise

mardi 27 mars 2012

"Loue à Baryton éléphant à vocalises". Benoît Barvin in "Annonces déclassées".

µµµ
Pensées pour nous-mêmes:

(CHANGE SOUVENT DE MONTURE 
MAIS GARDE LA MÊME SELLE)
µµµ

"Comment ça, j'ai pas une gueule honnête?"
Le fichier des "gens honnêtes" 
censuré
 CB. avec AFP

    (...) Le texte de loi, voté en toute discrétion le 6 mars dernier, prévoyait la création d’une nouvelle carte d’identité nationale qui devrait comprendre deux puces électroniques. L’une contenant des données biométriques telles que le nom, le prénom, le sexe, la date et le lieu de naissance, l’adresse, la taille et la couleur des yeux, les empreintes digitales et photographiques. La seconde, optionnelle, proposait aux internautes de fournir leur signature électronique pour qu’ils puissent s’identifier sur des sites commerciaux. Ce mégafichier, recensant à terme 45 à 60 millions de personnes, devait être mis à disposition des policiers dans des cas particuliers.
   Saisi d'un recours de parlementaires PS, le texte a finalement été vidé de sa substance. Les Sages ont notamment censuré la disposition qui visait à donner accès à ce fichier à la police et à la gendarmerie. "En permettant que les données enregistrées dans ce fichier soient consultées à des fins de police administrative ou judiciaire, le législateur aurait omis d'adopter les garanties légales contre le risque d'arbitraire", précise le Conseil constitutionnel.
   Au final, la carte d'identité biométrique qui devait être équipée de deux puce, l'une avec les données biométriques, l'autre avec une signature électronique, comprendra seulement la première puce. (c'est déjà trop)(...) 
µµµ

"Hihihi... Le cirque, j'adôôôre!
- Surtout quand c'est le Résident qui fait le funambule...
- ... et que j'ai graissé la corde..."
Misère du cirque électoral
 Jean Salem, philosophe, 
professeur à l'université 
Paris-I-Panthéon-Sorbonne

   (...) Le cirque électoral repose sur le manque de crédibilité d'une parole publique portée par des notables dont la distance à l'égard de la grande culture est effroyable. Une course à l'abolition intégrale de toute mémoire historique, de médiocres "jeux de papier" où les joueurs semblent s'efforcer de faire comme s'ils se détestaient pour de vrai. Et surtout les résultats tout à fait décoiffants de ce que le philosophe Tocqueville appelait le "vote universel".
   Car c'est bien par le canal du vote populaire, et pas nécessairement par un simulacre de vote, que sont ratifiées des successions qui tendent toujours davantage à redevenir dynastiques, comme les familles Bhutto, au Pakistan, ou Gandhi en Inde ; la famille Bush, père et fils, aux Etats-Unis ; les Bongo, les Kabila, les Eyadema ; ou les Caramanlis et les Papandréou, qui en sont à la génération non plus des fils mais des petits-fils (la démocratie héréditaire grecque ayant été incarnée pendant trente-sept années sur cinquante par cinq membres différents de ces deux familles !).
   Il faut voir, d'ailleurs, comme le suffrage universel est, de nos jours, aussi souvent piétiné qu'on en vante avec emphase les vertus, la grandeur, la sacralité. Les peuples votent-ils "comme il faut" ? La cohorte des béni-oui-oui et autres chroniqueurs à gages les en félicitent aussitôt. Votent-ils "mal" ? alors on doit... refaire l'élection au plus vite (France, Irlande, Pays-Bas). Votent-ils très mal (Palestine, 2006) ? On les bombarde.
   La "vie politique" n'est plus que ce théâtre d'ombres, d'où sont absents les grands enjeux qui inquiètent l'opinion publique. Aussi, le taux de participation ne cesse de diminuer dans les grands pays industrialisés. En 2008, année "record", Barack Obama recueillit les voix de quelque 30 % du corps électoral américain. Et, lors des élections européennes de juin 2009, l'hyperabstention a touché 57 % des inscrits dans l'ensemble des Etats de l'Union européenne... C'est ainsi, en ces temps de misère civique, qu'une petite fraction de l'électorat global se voit transformée en une grosse majorité des suffrages exprimés. (...)
Lire sur:

µµµ

"Ben... On nous avait dit qu'on pouvait
ôter enfin nos masques!
- On vous a menti, les gars...
Comme d'hab'"
Gaz de schiste : 
de futures explorations "scientifiques"?
Marie-Béatrice Baudet

   (...) A un mois de l'élection présidentielle, voilà de quoi relancer le débat sur l'exploitation des huiles et gaz de schiste, exploitation controversée en raison de ses conséquences néfastes sur l'environnement. Le ministère de l'écologie a rendu public, jeudi 22 mars, le rapport final de la mission d'inspection (PDF) - issue du ministère de l'industrie et de celui de l'écologie - sur " les hydrocarbures de roche-mère en France ", en clair les huiles et gaz de schiste.
   Le texte s'intéresse particulièrement à une disposition prévue dans la loi du 13 juillet 2011 qui interdit globalement la fracturation hydraulique en France (seule technique disponible à l'heure actuelle pour explorer ces hydrocarbures non conventionnels) : la mise en œuvre d'"expérimentations réalisées à seules fins de recherche scientifique sous contrôle public". Les auteurs du rapport y sont favorables pour un "nombre limité de puits", ouvrant donc une brèche dans le principe d'interdiction de la fracturation hydraulique. (pendant les élections, la casse et le mépris continuent) (...) 


µµµ

"Meuh bien sûr, les dingues du Net 
sont les bienvenus chez moi... 
Comment ça, c'est trop beau pour être vrai?
Mauvaise langue, slurp..."
Tuerie de Toulouse : 
Sarkozy s'en prend au Net

   (...)Attention, ne cliquez pas ici. Vous risqueriez de vous faire pincer très fort. S’exprimant solennellement après la mort du forcené Mohamed Merah, Nicolas Sarkozy a déclaré vouloir durcir la loi pour lutter contre l’endoctrinement, et ainsi prévenir la multiplication des « profils d’autoradicalisation salafistes atypiques », la dénomination utilisée par le procureur de Paris, François Molins. Ce faisant, le chef de l’Etat prend à contrepied l’exemple norvégien : après la tuerie d’Utoya, l’été dernier, le Premier ministre Jens Stoltenberg avait affirmé que son pays répondrait à la violence par « plus de démocratie, plus d’ouverture et une plus grande participation politique ». Nicolas Sarkozy, lui, préfère tabler sur la prophylaxie numérique, même si la session parlementaire a expiré :
   « Toute personne qui consultera de manière habituelle des sites internet qui font l'apologie du terrorisme, ou véhiculant des appels à la haine ou à la violence, sera punie pénalement. »
   Comme le relève PC Inpact, il ne reprend finalement que l’article 227-23 du Code pénal, qui s’applique à la pédopornographie, en élargissant considérablement son périmètre d’action : «Le fait de consulter habituellement un service de communication au public en ligne mettant à disposition une telle image ou représentation [pédopornographique] ou de détenir une telle image ou représentation par quelque moyen que ce soit est puni de deux ans d'emprisonnement et 30 000 euros d'amende. » (...)
   (...) On le répète, ne cliquez pas ici. Vous seriez coupable d’un hypothétique – mais pas tout à fait inédit – délit de navigation. En Chine, on est moins pudiques, on appelle ça de la censure. Mais après tout, selon le dernier rapport de Reporters Sans Frontières, la France est encore sur la liste des pays dont l’Internet est « sous surveillance ». Alors que les questions s’empilent aux portes sécurisées de la DCRI (la Direction centrale du renseignement intérieur, le service de contre-espionnage qui surveillait Merah depuis plusieurs années sans avoir vu venir son passage à l’acte), la sortie du président de la République peut sonner comme une déclaration d’intention. A vrai dire, c’est déjà une réalité pour Adlène Hicheur : ce physicien franco-algérien du CERN, arrêté en octobre 2009 pour ses liens supposés avec Al-Qaïda au Maghreb Islamique (AQMI), est incarcéré sur la seule base de ses fréquentations numériques.(...)
lire sur:

lundi 26 mars 2012

"Les soirs de pleine lune, elle se baladait cul nu". Jacques Damboise in "Pensées à contre-pet"

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Pensées pour nous-mêmes:

(LE CHAMEAU BOIT PEU MAIS BLATÈRE LONGTEMPS)

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"Non, Michel, ce ne sont pas mes lolos que tu touches...

- Ah, je me disais aussi..."
Pour Morano, une femme choisit 
sa voiture pour "ranger les courses"

   (...) De passage au Véhipôle de Ploufragan, lors d'une visite dans les Côtes-d’Armor mercredi 14 février, Nadine Morano a déclaré ne pas être "une grande passionnée de voitures, c’est plus un truc de garçons !", d'après le site internet de "La Dépêche".
   Les concessionnaires présents n'ont pas manqué de lui signifier que les temps ont changé. "Vous avez tort, c’est la femme qui achète maintenant". Ce à quoi la ministre de l'Apprentissage a répondu, visiblement dubitative : "C’est vrai, ça ?", avant d'ajouter : "J’espère bien que la femme choisit. Il faut que le véhicule soit confortable, faut que le coffre soit grand, pour mettre les courses c’est important, pour plier la poussette, tout ça !" (et les cruches, madame, tu as oublié le lot de cruches...) (...)

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"L'ombre de cette guillotine est intolérable!"
Le débat beurk de Marie-Claire : 
faut-il rétablir la peine de mort ?
Signalé par

   « La peine capitale, à nouveau légale ? » démarre benoîtement le mensuel féminin. Qui poursuit : « L'idée soulevée ce matin par Marine Le Pen sur la chaîne d'information i>Télé fait suite aux terribles tueries de Toulouse et de Montauban. Abolie le 9 octobre 1981, la peine de mort et sa réhabilitation devraient être proposées aux Français par voix de référendum, selon la candidate FN. »
   « Un débat délicat (à gros sabots, serait mieux)», néanmoins analyse (analyse!) le mensuel....« Mais d'un autre côté, comment accepter l'idée qu'une personne ayant commis de tels actes puissent à nouveau vivre en liberté, trente ans après les faits ? Face à toutes les récidives référencées par la justice française, la peine de mort pourrait-elle être la solution ? (et face aux interruptions de grossesse, aux z'homosexuelles, aux...)»
   Hein, on se le demande....En fin on se le demandait car 45 minutes plus tard, le site transformait le débat en article platounet. Au grand regret de Marine Le Pen. (...)


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"Monsieur Jésus, j'aime pas ma bouche,
elle dit trop de c..."
Sur Twitter, 
tourner sept fois sa langue...
Tristan Berteloot 

   (...) De manière générale, surtout quand le sujet est sensible, ou clivant, mieux vaut filer droit, quitte à être démagogique, ou mieux, se taire, que de parler à chaud ou de façon non raisonnée, pis, tenter une analyse politique improvisée. "Tourner sept fois sa langue dans sa bouche"… certains l'ont appris à leurs dépens, ici on n'a pas le droit à l'erreur.
   La nageuse Laure Manaudou en a fait les frais, lundi, tout comme, dans une moindre mesure, le footballeur André-Pierre Gignac et l'humoriste Nicolas Bedos. Tous les trois ont réagi au drame qui s'est produit devant l'école confessionnelle Ozar Hatorah, à Toulouse, où quatre personnes (dont trois enfants) ont été froidement assassinées. Un drame largement commenté sur le réseau social où tout le monde, ou presque, a exprimé son sentiment, ses messages de soutien aux familles des victimes, à la communauté juive, condamné la barbarie. Plus encore qu'un relais d'information, Twitter est aussi un fabuleux exutoire.
   Mais voilà, les réactions n'ont pas le même impact selon qu'on est un inconnu du réseau social ou non. Laure Manaudou ne se doute pas, lorsqu'elle s'aventure à avancer une hypothèse pour expliquer la barbarie, qu'elle devra faire face à un tel flot de critiques et insultes qu'elle sera contrainte, quelques heures plus tard, à supprimer définitivement son compte. Pas plus qu'André-Pierre Gignac, poussé, peu de temps après avoir évoqué le retour à la peine de mort pour punir l'auteur de la tuerie, de supprimer son tweet et présenter ses excuses. Quant au trait d'humour malheureux (pourquoi ça? Parler de faux derche est une bonne analyse politique... non?) de Nicolas Bedos, après l'annonce de la suspension de la campagne présidentielle pour cause de recueillement national, il connaîtra lui aussi l'estocade.
   Quand l'Agora panique… "les faux derches se déchaînent".


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"Hé, les gars, paraîtrait que notre eau,
elle est polluée...
- On peut plus y pisser dedans, alors?"
Deux millions de Français 
boivent de l'eau du robinet polluée

   (...) Près de deux millions de personnes en France reçoivent une eau non conforme aux réglementations car trop polluée, a alerté mardi l'association de consommateurs UFC-Que Choisir, mettant en cause l'agriculture, «à l'origine de près de 70% des pollutions».
   «Il y a près de deux millions de consommateurs qui paient pour de l'eau significativement polluée», a affirmé lors d'une conférence de presse Sylvie Pradelle, administratrice nationale de l'association, même si pour 97,5% de la population «globalement, l'eau est de bonne qualité grâce à la réglementation».
   Si quasiment aucune pollution n'est relevée dans les grandes villes ou les villes de taille moyenne, 2 750 communes reçoivent de l'eau non conforme en France métropolitaine, essentiellement dans des zones d'agriculture intensive, selon l'UFC.
   L'association base sa mise en garde sur une enquête qu'elle a menée à partir des résultats d'analyses du ministère de la Santé, commune par commune, sur deux ans. Elle a passé ses résultats au crible de six critères «traduisant les principales contaminations».
   Les pesticides sont responsables de l'essentiel des pollutions d'origine agricole (60%) et leur utilisation dans l'agriculture «n'a pas diminué en 10 ans», dénonce l'association.




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Benoît Barvin