Bonjour à vous qui, dans le maelström du net, êtes arrivés, par hasard? lassitude? erreur? sur ce blog. Vous êtes les bienvenus. Vous y lirez des extraits d'articles, de pensées, d'interviews, piochés ça et là, et illustrés de photos et dessins détournés, via un humour de bon aloi. Vous pouvez évidemment réagir avec le même humour, la même ironie que nous mettons, chaque jour, à tenter de respirer un peu plus librement dans une société qui se corsète chaque fois un peu plus.

vendredi 31 août 2012

"On évitait la région où sévissait La Belle au Bois Mordant". Jacques Damboise in "Pensées à contre-pet".


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Pensées pour nous-mêmes:

(TA VIE EST UNE FÊTE.
LES ETOILES TES INVITÉES)

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"Moi, je ne crains personne... Armée de mon stetson,
de mes belles cuisses et de mon colt fumant..."


Etats-Unis: 
les étudiants doivent-ils craindre Romney?
Jean-François Gérard

   (...) Aux Etats-Unis, 41% des universités sont publiques, mais accueillent environ 75% des plus 20 millions d'étudiants. Le coût des études n'a cessé d'augmenter sous George W. Bush, comme sous Barack Obama, à un rythme d'environ 5% par an, dans les universités publiques comme privées. 

   D'après The Chronicle of Higher Education, le coût median des frais d'inscriptions d'une université publique est aujourd'hui de 6633 dollars (5300€). Sans compter l'achat des livres ou le logement. Cela reste un coût important, mais plus abordable, que les 22 805 dollars (18 000€) des universités privées. En 2009, 53% des étudiants envisageaient de contracter un prêt pour payer leurs études. Des prêts à faible taux, justement garantis par l'Etat, dont Mitt Romney aimerait transférer la responsabilité à des institutions privées. La crainte de voir ces taux doublés est pointée du doigt par les démocrates. Mitt Romney aimeraient favoriser la compétition entre établissements et encourage le développement d'université privées - parfois sur internet - afin que chaque étudiant puisse choisir "comme on fait ses courses". Une hypothèse qui intrigue tout de même au vu de l'écart de prix entre les institutions publiques et privées. 

   Mitt Romney peut inciter certes à la privatisation dans ses propositions et ses meetings, mais en cas d'élection son champ d'action sera tout de même limité. La majorité du financement des universités, tout comme de différentes bourses, provient des gouvernements locaux et non de l'Etat fédéral. Un financement sur lequel Washington n'a aucun pouvoir. Finalement la plus grande différence au niveau universitaire concerne donc la bourse "Pell". (...)

   (...) Fidèle au budget de son colisiter Paul Ryan, Mitt Romney propose de couper de 20% les fonds alloués à l'éducation en général. Dans un spot télévisé sur l'école primaire, Barack Obama insiste sur le fait que des coupes budgétaires entrainerait des classes de plus grande taille, qui ne sont pas bénéfiques pour l'enfant. 

   D'après le président, le plan priverait en tout 10 millions d'étudiants d'aide financière, non pas pour réduire les déficits ou créer des emplois, mais pour financer des baisses d'impôts. Les républicains ont rétorqué qu'Obama extrapolait la proposition de budget de Ryan. Actuellement 9,7 millions d'étudiants bénéficient de la bourse "Pell". Le plan Ryan prévoit en effet de réduire le nombre de bénéficiaires, mais pas sa dotation. Si les chiffres peuvent toujours être débattus, ce sont surtout deux visions de l'éducation qui s'opposent. (...)

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(La cachette à Belle-Mère obtint le succès escompté)

Source: imgfave.com

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(Ce patron marchait sur des oeufs en s'adressant
à sa secrétaire... Que tramait-elle, derrière
son éternel sourire?)

Le patronat fait une rentrée offensive 
sur la fiscalité et la compétitivité

Philippe Mabille

   (...) Cette université d'été n'aura rien à voir avec l'ambiance de pugilat des premières années du Medef, lorsqu'Ernest-Antoine Seillière, son premier président élu, avait mené un rude combat contre Lionel Jospin (pourtant son ancien condisciple de l'Ena) et surtout contre les lois Aubry sur la réduction du temps de travail. Le patronat était alors en guerre ouverte contre le gouvernement, même si en réalité, la plupart des entreprises, surtout les plus grandes, négociaient en coulisses des accords de flexibilisation de l'emploi et des allégements de charges sociales en échange du passage aux 35 heures. Ce n'était pas il y a si longtemps et pourtant, le contraste avec cette période est saisissant. 

   A l'époque, les patrons avaient un ami au gouvernement, en la personne de Dominique Strauss-Kahn. Le brillant ministre de l'économie, des finances et de l'industrie concentrait à lui seul dans un grand Bercy toutes les responsabilités aujourd'hui confiés à quatre ministres du gouvernement Ayrault : Pierre Moscovici (Economie et Finances), Arnaud Montebourg (Redressement productif), Jérôme Cahuzac (Budget), Nicole Bricq (Commerce extérieur). A l'époque aussi, malgré les apparents désaccords idéologiques entre le patronat et la gauche, les belles performances de l'économie française, compétitive face à l'Allemagne, en excédent commercial et dopée par une croissance mondiale euphorique, arrondissaient les angles. Le patronat avait même accepté sans trop de mauvaise grâce un doublement de la surtaxation de l'impôt sur les sociétés décidé par le gouvernement Juppé pour permettre la qualification de la France pour l'euro.

   En cette rentrée 2012, le paysage est radicalement différent. Entamant la dernière année de son deuxième (et selon les statuts actuels dernier) mandat, Laurence Parisot, la présidente du Medef, est dans une toute autre position que son prédécesseur de 1998 qui affichait ouvertement sa volonté de ferrailler avec Lionel Jospin, n'hésitant à pas à le faire huer lors d'assemblées générales à l'ambiance de meeting politique. 

   Pour la présidente du Medef, qui a accordé hier un long entretien au « Monde », il est beaucoup plus difficile de trouver aujourd'hui une prise face à l'insaisissable François Hollande qui pour l'instant gère prudemment l'économie et habilement la situation politique : pas de combat idéologique comme celui des 35 heures à se mettre sous la dent, mais en revanche un climat de crise économique et sociale dans lequel le patronat est contraint de négocier, pied à pied, des avancées sur son grand sujet, celui de la compétitivité. Et donc à ne pas rompre le dialogue social dont Laurence Parisot s'est fait la championne.

   C'est que la situation s'est complètement inversée par rapport à il y a quatorze ans : la France a perdu du terrain sur les marchés extérieurs, les entreprises notamment les plus grandes ont délocalisé à tout va pour tenter de conserver leurs marges dans la mondialisation. Et la croissance surtout, a disparu et ne semble pas prêt de revenir de sitôt, dans un environnement très inquiétant quant à l'avenir de la zone euro. La stagnation de l'activité depuis presque un an et l'effondrement des marges des entreprises françaises est la principale source d'inquiétude de la présidente du Medef qui attend de la venue d'une dizaine de ministres lors de l'université d'été un discours plus offensif et plus rassurant de la part du gouvernement. (...)

   (...) C'est que depuis la campagne électorale, le patronat a le sentiment d'être le mal aimé, le bouc émissaire de la crise, et craint de voir le fossé avec l'opinion se creuser alors que les plans de restructuration se multiplient depuis le printemps dans tous les secteurs : l'automobile, l'aérien, la sidérurgie, mais aussi la banque, les télécoms et désormais la grande distribution avec Carrefour

   Alors que la gauche de la gauche pousse François Hollande à choisir une voie beaucoup plus radicale en légiférant sur les licenciements et les cessions d'usines, le Medef est dans une position délicate et attend du gouvernement des signes d'apaisement face à ce que beaucoup de patrons qualifient de climat anti-business. L'alourdissement de l'ISF, sans plafonnement, la taxation des hauts revenus supérieurs à 1 million d'euros à 75%, qui vise directement les chefs d'entreprise alimentent un vent de révolte au sein d'une frange du patronat qui voudrait bien en découdre avec le gouvernement, menace de quitter la France avec leurs comité exécutifs voire de délocaliser les sièges sociaux. (...)

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"Oui... Mitt... Nous-croyons-à-ton-fabuleux-destin..."


Audience applying makeup at lecture by beautician in Los Angeles, circa 1950

(Cette séance d'hypnose collective fonctionnait 
du tonnerre de D... Heu, pardon: elle marchait
très bien, Grâce à Dieu)

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Benoît Barvin

jeudi 30 août 2012

"Cet éventail magique éventait les idées surchauffées". Jacques Damboise in "Pensées à contre-pet".

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Pensées pour nous-mêmes:

(LE SAGE QUE TU AIMERAIS SUIVRE
EST CELUI QUE TU SUIVRAS)

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"Tiens, sal... de Croissance,
voici ce que je pense de Toi!
Hulk contre Iron Man

Dennis Meadows : 
« Nous n’avons pas mis fin à la croissance, 
la nature va s’en charger »


    (...) En 1972, dans un rapport commandé par le Club de Rome, des chercheurs de l’Institut de technologie du Massachusetts (MIT) publient un rapport intitulé « Les limites de la croissance ». Leur idée est simple : la croissance infinie dans un monde aux ressources limitées est impossible. Aussi, si les hommes ne mettent pas fin à leur quête de croissance eux-mêmes, la nature le fera-t-elle pour eux, sans prendre de gants.
   En 2004, le texte est, pour la deuxième fois, remis à jour. Sa version française vient – enfin – d’être publiée aux éditions Rue de l’échiquier.(...)

   (...) / Terra eco : Vous avez écrit votre premier livre en 1972. Aujourd’hui la troisième édition – parue en 2004 – vient d’être traduite en français. Pourquoi, selon vous, votre livre est encore d’actualité ?

   Dennis Meadows : A l’époque, on disait qu’on avait encore devant nous quarante ans de croissance globale. C’est ce que montrait notre scénario. Nous disions aussi que si nous ne changions rien, le système allait s’effondrer. Pourtant, dans les années 1970, la plupart des gens estimait que la croissance ne s’arrêterait jamais.

   C’est aujourd’hui que nous entrons dans cette période d’arrêt de la croissance. Tous les signes le montrent. Le changement climatique, la dislocation de la zone euro, la pénurie d’essence, les problèmes alimentaires sont les symptômes d’un système qui s’arrête. C’est crucial de comprendre qu’il ne s’agit pas de problèmes mais bien de symptômes. Si vous avez un cancer, vous pouvez avoir mal à la tête ou de la fièvre mais vous ne vous imaginez pas que si vous prenez de l’aspirine pour éliminer la fièvre, le cancer disparaîtra. Les gens traitent ces questions comme s’il s’agissait de problèmes qu’il suffit de résoudre pour que tout aille bien. Mais en réalité, si vous résolvez le problème à un endroit, la pression va se déplacer ailleurs. Et le changement ne passera pas par la technologie mais par des modifications sociales et culturelles.

   / Comment amorcer ce changement ?

   Il faut changer notre manière de mesurer les valeurs. Il faut par exemple distinguer la croissance physique et de la croissance non physique, c’est-à-dire la croissance quantitative et la croissance qualitative. Quand vous avez un enfant, vous vous réjouissez, au départ, qu’il grandisse et se développe physiquement. Mais si à l’âge de 18 ou 20 ans il continuait à grandir, vous vous inquiéteriez et vous le cacheriez. Quand sa croissance physique est terminée, vous voulez en fait de la croissance qualitative. Vous voulez qu’il se développe intellectuellement, culturellement.

    Malheureusement, les hommes politiques n’agissent pas comme s’ils comprenaient la différence entre croissance quantitative et qualitative, celle qui passerait par l’amélioration du système éducatif, la création de meilleurs médias, de clubs pour que les gens se rencontrent… Ils poussent automatiquement le bouton de la croissance quantitative. C’est pourtant un mythe de croire que celle-ci va résoudre le problème de la zone euro, de la pauvreté, de l’environnement… La croissance physique ne fait aucune de ces choses-là.

   /Pourquoi les hommes politiques s’entêtent-ils dans cette voie ?

   Vous buvez du café ? Et pourtant vous savez que ce n’est pas bon pour vous. Mais vous persistez parce que vous avez une addiction au café. Les politiques sont accros à la croissance. L’addiction, c’est faire quelque chose de dommageable mais qui fait apparaître les choses sous un jour meilleur à courte échéance. La croissance, les pesticides, les énergies fossiles, l’énergie bon marché, nous sommes accros à tout cela. Pourtant, nous savons que c’est mauvais, et la plupart des hommes politiques aussi.

   Ils continuent néanmoins à dire que la croissance va résoudre la crise. Vous pensez qu’ils ne croient pas en ce qu’ils disent ? Prenons l’exemple des actions en Bourse. Auparavant, on achetait des parts dans une compagnie parce qu’on pensait que c’était une bonne entreprise, qu’elle allait grandir et faire du profit. Maintenant, on le fait parce qu’on pense que d’autres personnes vont le penser et qu’on pourra revendre plus tard ces actions et faire une plus-value. Je pense que les politiciens sont un peu comme ça. Ils ne pensent pas vraiment que cette chose appelée croissance va résoudre le problème mais ils croient que le reste des gens le pensent. 
   Les Japonais ont un dicton qui dit : « Si votre seul outil est un marteau, tout ressemble à un clou. » Si vous allez voir un chirurgien avec un problème, il va vous répondre « chirurgie », un psychiatre « psychanalyse », un économiste « croissance ». Ce sont les seuls outils dont ils disposent. Les gens veulent être utiles, ils ont un outil, ils imaginent donc que leur outil est utile. (...)

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"La Croissance? Ils z'ont quoi contre la Croissance, hein?"


sheyla-hershey-plus-gros-seins-du-monde-

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"J'aime pas, ils s'attaquent à toi...
- Ne t'inquiètent pas, ma Joly...
Les chamots aboyent et les chiengs, y passent"




Guillaume Musso : "Bons ou mauvais, 
les choix ont toujours 
des incidences sur la vie"
(Mazette! Quelle leçon philosophique!)
ZOÉ CADIOT

   /Votre dernier roman s’ouvre sur une citation d’Alfred Hitchcock. Est-il une de vos sources d’inspiration ?

   Oui. Et quitte à avoir des maîtres (Musso laisse à penser qu'il pourrait ne pas en avoir... heu, besoin?), autant bien les choisir et assumer. Comme lui, j’ai eu envie de jouer avec les codes du suspense. D’où l’idée de partir d’une situation ordinaire, avec un couple séparé, pour arriver à une histoire très hitchcockienne avec des ramifications inattendues.

   /Inattendues, mais aussi dépaysantes avec cette intrigue sur trois continents. Pourquoi ? (vraiment, quelle question! Chère Zoé vous prenez le lecteur pour... heu...?)

   L’inconnu est une des pièces essentielles du roman (un type inconnu? L'Inconnu avec la majuscule? Une intrigue inconnue car pas maîtrisée? Pas d'intrigue du tout... On s'interroge...). Il aiguise la curiosité du lecteur et permet à mes personnages de se révéler. (Maître Musso nous distille ses conseils d'écriture... Prenons des notes) Car quand on ne maîtrise pas les codes et qu’on doit réagir, il y a des choix à faire. Bons ou mauvais, qu’importe, ils auront une incidence. Comme dans la vie. Choisir les bas-fonds de New York, le cadre romantique de Paris ou la forêt amazonienne n’est pas anodin (Ah bon?). Surtout que la véritable jungle peut être, contre toute attente, la ville lumière (Non? NON???!!!). Surtout pour un Américain qui ne parle pas la langue (comme beaucoup) et ne connaît pas les coutumes (de qui?).

   /“Sept ans après” se lit comme un thriller, mais aussi comme une histoire d’amour. Seriez-vous finalement un grand romantique ? (Thriller romantique, nouveauté qu'elle est nouvelle, hein?)

   J’adore les comédies des années quarante avec Cary Grant, Katharine Hepburn, Spencer Tracy, James Stewart qui posent les bases de la comédie romantique (hé, ho, et Hitchcock... Il est où, Hitchcock, hein?) . J’en aime le rythme soutenu, les répliques pleines d’esprit et les personnages féminins, élément moteur de l’action (tiens, comme dans... heu... Je commence à fatiguer, là). Ce n’est pas un hasard si dans mon livre Nikki et Sebastian, couple séparé depuis 7 ans (d'où le titre, peut-être?), vont, en jouant au chat et à la souris, se retrouver, tout en cherchant leurs enfants. C’est un peu “je t’aime, moi non plus” (et du Gainsbourg, maintenant... Pour un type qui pourrait se passer de maître, y'a quand même des références qui sont balancées), mais on avance (quoi? L'hypothèse que c'est, comme d'hab', un "machin" écrit avec un ordi?). Finalement, l’intrigue devient presque un prétexte pour que ce couple puisse se réinventer et renaître. (Bon... Ou c'est un prétexte - après les références intellos, ça la fout mal, quand même -, ou ça n'en est pas. Mais les deux en même temps, ça n'est pas possible et... Comment? Ah oui, pardon, c'est Musso qui parle. Excusez-moi, j'avais oublié... Continue à chauffer, Marcel, on t'aime toujours autant!)

Lire sur:


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"Oh Mon Dieu, le Monstre Musso/Lévy/Werber
a de nouveau sévi! Sauve qui peut!!!"



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Benoît Barvin

mercredi 29 août 2012

"Cette oie se fit entièrement plumer par cet écrivain à l'ancienne, qui avait beaucoup de choses à dire...". Jacques Damboise in "Pensées à petit-pet".


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Pensées pour nous-mêmes:

(TON RIRE, ENFANT,
NE L'OUBLIE JAMAIS)

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COURTS RÉCITS AU LONG COURS(39)
pcc Benoît Barvin


Taxi

   J'étais heureux. Marianne allait arriver dans un peu plus d'une heure. Son avion se posait à Roissy et je téléphonais à un taxi pour me faire conduire à l'aéroport, ma voiture étant en rade. 

   Marianne... aussi belle qu'intelligente. Je ne la méritais pas, ainsi que je me le disais, mais bon... Elle revenait d'un Symposium au cours duquel elle avait évoqué "Le Destin et ses corollaires". Un esprit brillant, Marianne, qui enseignait à l'Université et à qui on proposait de donner des cours à New-York, dans un établissement prestigieux. Une brune aux yeux verts, très allurée. Et c'était avec moi qu'elle passait ses nuits, quand elle était à Paris. Moi qui "écrivait" sans pouvoir me faire éditer. Moi qui était un "auteur maudit", ainsi que l'avait dit un critique - un ami personnel -, auteur maudit qui prenait des antidépresseurs et se désolait de voir le temps filer, sans que mon art soit reconnu. Ces derniers temps, discrètement, je m'étais même remis à boire...

   Heureusement, tout cela allait disparaître. Marianne arrivait. J'allais la prendre dans mes bras, nous allions nous enlacer/embrasse/serrer l'un contre l'autre et... Une voix désagréable dans le combiné me répondit que le taxi arriverait dans un quart d'heure. Je remerciai, enfilai ma veste, jetai un bref coup d'oeil à l'appartement - le sien, dans lequel elle m'avait accueilli six mois plus tôt - et sortis.

   J'étais dehors, dans la rue. Il était six heures du matin. En Octobre. Il faisait frisquet, la nuit hésitait à s'en aller, les véhicules étaient encore peu nombreux, un malaise insidieux commença de m'envahir. Marianne... Il faisait décidément frais, ce matin. Je fermai avec humeur ma veste. La joie de la revoir ressemblait à celle que l'enfant ressent quand sa mère revient, après un bref séjour qui lui a semblé pourtant désespérément long. Pendant son absence, j'avais bu, j'avais erré dans les rues torves, j'avais même failli coucher avec une fille, rencontrée dans un bar. "Tu es désaccordé", m'avait susurré Marianne, un soir, alors qu'elle me caressait doucement. Elle n'avait pas tort...

   Le taxi surgit comme un fantôme et je sursautai. La porte arrière s'ouvrit. Je ne voyais pas le chauffeur. Je m'engouffrai dans le véhicule, de plus en plus mal, crus que la portière se refermait toute seule. Dans le rétroviseur intérieur, des yeux rougeâtres me fixaient. J'indiquai la direction. Le chauffeur ne dit rien, se contenta d'embrayer et nous voilà partis tous deux, engagés malgré nous dans une mutuelle étreinte... Qu'est-ce que je me racontais? Une petite musique/lessive, mise en sourdine, m'avait accueilli. Le malaise s'amplifiait, ça me faisait comme une boule à l'estomac, boule qui remontait lentement, obstruait ma tuyauterie interne... 

   Penser à Marianne, à sa voix tendre, fragile, qui se cassait par instant comme si sa propriétaire allait se briser, elle aussi, ou bien disparaître et me laisser seul... Pourquoi ce taxi n'ouvrait-il pas la bouche? D'habitude tous les taxis parisiens sont excessivement bavards et cela me gênait, mais en la circonstance, ce silence persistant pesait dans l'habitacle. "Comme du plomb", pensai-je en souriant.

   Marianne... Nous traversions les quais de la Seine. Le soleil hésitait. Tout était hésitation aujourd'hui. Dans son dernier coup de fil, la veille, la voix de Marianne m'avait semblé lasse. Elle avait prétexté que c'était en raison de l'intensité du symposium. "Tu n'imagines pas combien s'est stressant... et épuisant... mais enthousiasmant, ça oui", avait-elle lancé d'une voix bizarre. D'étranges images avaient éclaboussé le début de ma nuit. J'en avais honte mais, à présent, elles revenaient me hanter, alors que le taxi roulait lentement dans le trafic.

   Marianne était belle. On devait la draguer. Avait-elle cédé? Je l'imaginais, nue, offrant en pâture son corps plein à... Je dus pousser un cri - ou un gémissement. La voix du taxi me parvint, à travers une brume poisseuse. "Ça va, Monsieur?". Timbre impersonnel. Ou du moins qui se voulait tel. Mais il y avait de l'ironie, quelque part; saupoudrée de méchanceté. Je croisai de nouveau le regard effrayant, dans le rétroviseur intérieur. J'entendis une phrase, genre " nous serons en retard" ou "ne vous inquiétez pas, on va bientôt arriver", je ne sais plus. Phrase lancée par qui? Je me mis à frissonner, puis à trembler. J'avais froid, mon coeur se serrait. J'étais soudain certain de n'être pas dans un banal taxi. Que ce véhicule allait m'entraîner, le Diable sait où...

   "Monsieur? Monsieur!". Je perçus à peine les appels de l'homme. J'avais ouvert brusquement la portière, je sautai en marche, j'évitai par miracle les véhicules blafards qui se ruaient sur moi, je me retrouvai de l'autre côté de l'avenue, sauf. 

   Je ne revis jamais Marianne.

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"Balai?
Quel balai?"


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"Lunettes?
Qué lunettes?"


Gaultier fringe glasses, Dec ‘01

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(Photo volée de Mademoiselle D... 
et de sa natte diabolique,
un peu avant qu'elle ne violente
un innocent paparazzi)
Shot by Foto Ray-Gun Mambo in Hollywood, CA.
See more at www.ludellahahn.com

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(Écrivaine faisant semblant de jeter son manuscrit pour de vrai...)

Isabelle Furhman photographed by Sal Owen

(et étant bien embêtée, après, 
car elle avait oublié de numéroter son tapuscrit)

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Jacques Damboise

mardi 28 août 2012

"Elle sautait sur tout ce qui bouge, cette tique gloutonne". Jacques Damboise in "Pensées à contre-pet".

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Pensées pour nous-mêmes:

(LE SAGE EST COMME LA LUCIOLE
QUI BRILLE PAR INTERMITTENCE)

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(Le cheval-clown du cirque Pipo
n'eut pas le succès escompté)

Equine Variation Nº1, 2012. Oil on canvas, 60 x 60”.

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"Par Confucius! Mais que va-t-on faire de tout ce surplus?
- On dira qu'il s'agit de statues, sculptées en terre, et datant
de l'Empereur Ying Zheng...
- Super idée!"

La Chine croule 
sous les stocks d'invendus

   (...) Après avoir connu des décennies de croissance spectaculaire, la Chine est désormais confrontée à un problème: elle produit trop de biens et croule maintenant sous les invendus.

   De l’acier à l’électroménager en passant par les voitures et l’immobilier, l’excès de stock concerne toutes les industries et provoque un ralentissement de l’économie et de la production chinoise en plus d’une baisse des prix sur le marché chinois.
   Ces problèmes dans le principal moteur économique depuis le début de la crise en 2008 font imaginer le pire à certains économistes, qui craignent une baisse des importations chinoises mais aussi une chute des prix et de la production dans le monde entier selon le New York Times.

   Le Financial Time prend l’exemple de l’équipementier sportif Li Ning, dont l’action avait plus que triplé entre début 2009 et fin 2010. Depuis, son surplus de stock l’a fait chuter de 85% par rapport à son plus haut niveau.

   Anne Stevenson Yang, directrice de recherche d’une société d’analyse économique à Hong Kong, indique que «dans les entreprises industrielles que nous observons, les gens s’attendaient à une augmentation des ventes pendant l’été, ce qui ne s’est pas produit».Comme ce propriétaire d’une entreprise de gros qui vend des cadres à photos et des tasses et dont les ventes ont chuté de 50% en un an: son stock est au plus haut.

   Selon le New York Times, les secteurs immobiliers et automobiles souffrent aussi de ce phénomène de surproduction notamment car le gouvernement chinois a décidé lui-même de ralentir leur production. Le premier ministre Wen Jiabao a décidé d’interdire l’acquisition de plus d'une résidence en espérant diminuer la spéculation immobilière. Mais les constructions immobilières et l’emploi dans le bâtiment en ont aussi souffert.

Lire sur:


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(Une de ces nattes n'est pas semblable aux autres.
Sauras-tu la trouver?)

Claudia Rogge - Rapport (2004-2005)


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"Les métiers verts, ça nous connaît...
- Heu... Merci les gars, mais on n'a pas besoin de vous!
- COMMENT ÇA?! RÉPÈTE UN PEU, POUR VOIR?"





Métiers verts : Un grand 
fourre tout, limite ... foutoir ?

   (...) Aujourd'hui, en ces temps de saccage industriel, c'est au tour des emplois verts ou verdissants qui seraient susceptibles de nous sortir du marasme. C'est pourquoi notre attention a été attirée par un petit article publié par le site Envirojob portant le titre suivant:  « Emploi : Grand ménage sur les métiers verts »

   Qui apprend t-on ?
   Qu'un rapport : « remis au gouvernement rappelle à l’ordre les métiers « verts » et « verdissants ». Il émane de la Commission nationale de la certification professionnelle et de la Délégation auprès du Premier ministre à l’information et à l’orientation (...) Son diagnostic ? Les nomenclatures classiques (code Rome…) sont inadaptées aux métiers de la croissance verte. La certification des compétences professionnelles s’avère tout aussi problématique. La fragmentation des données s’accompagne d’une surabondance d’informations. »

   Quelques extraits
   Si les rédacteurs du rapport reprennent les chiffres venus dont ne sais où : « (...) Le potentiel lié à la « croissance verte » est évalué selon les critères de définitions employés et « sous certaines conditions » à plusieurs centaines de milliers d’emplois et environ 600 000 « dans la prochaine décennie » Ils écornent la belle légende des emplois verts en écrivant : « (...) Moins créateur d’emplois et de nouveaux métiers que prévu, la protection de l’environnement en tant que telle affecte toute l’économie et nécessite une adaptation d’un grand nombre de métiers aux nouvelles exigences générées. La « croissance verte » va essentiellement contribuer à faire évoluer les emplois existants, voire traditionnels »

   Et surtout, on apprend que : « (...) le repérage dans le Répertoire national des certifications professionnelles (RNCP) afin d’identifier les métiers de la croissance verte(...)» est quasi impossible, ajoutant : « (...) Autrement dit, comment signaler le degré de verdissement des compétences et savoir-faire attestés par chaque certification qu’il s’agisse du stock des certifications existantes créées par des certificateurs publics (les ministères notamment) ou privés (les branches professionnelles, les organismes de formation, les professions…) ou qu’il s’agisse des certifications à venir (le flux) »

   En gros, à part les métiers rebaptisé verts, mais qui existent déja comme le traitement des eaux, ordures ménagères, la voirie (cantonniers) ou les eaux et forêts (bucherons, garde champêtre) nul ne sait à quoi correspondront les fameux 600 000 emplois annoncés !
Lire la suite sur:


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Luc Desle

lundi 27 août 2012

"Elle donnait de son temps sans compter, cette momie". Benoît Barvin in "Pensées pensées".

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Pensées pour nous-mêmes:
(TON CHEMIN EST COURT 
ET TON VÉHICULE BIEN TROP RAPIDE)

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"Ho, Mon Dieu, mais j'ai
une tâche, là..."
Illustration - LIBERATORE

(Cette pseudo actrice savait comment
faire parler d'elle)

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"Allez, Hop, comme Armstrong,
on roule à l'eau claire..."
Thibault de Montbrial : 
"Armstrong ne s'est pas contenté de tricher, 
il s'est comporté en parrain du peloton"
Propos recueillis par Anthony Hernandez

   / Pouvez-vous revenir sur les contentieux concernant Lance Armstrong sur lesquels vous avez travaillé ?

   Lors de la publication du livre "L. A. confidential : les secrets de Lance Armstrong", en 2006, j'ai défendu les intérêts de l'éditeur, attaqué en référé. Nous avons gagnéen première instance et en appel. A partir de cette enquête très fouillée, mettant en lumière des témoignages sur les pratiques de dopage du cycliste américain, la société texane SCA Promotions a commencé à s'intéresser au cas d'Armstrong. Ce dernier avait parié sur ses propres victoires avec une mise initiale de 400 000 dollars. Le contrat d'assurance stipulait qu'à partir de deux succès consécutifs, une somme d'argent importante était versée, somme qui augmentait de façon exponentielle à chaque nouveau succès. SCA a estimé que le doute raisonnable quant à la légalité des méthodes employées par son client pour engranger les titres était largement atteint. Une procédure d'arbitrage a débuté au Texas, et j'ai été chargé de représenter l'assureur en Europe en recueillant des éléments compromettants. Un des enjeux essentiels était d'être capable d'expliquer aux juges locaux, éloignés des réalités du cyclisme, la nuance des déclarations d'Armstrong : "Je n'ai jamais été contrôlé positif, alors que je suis le sportif le plus contrôlé au monde." Cette sentence ne signifie en aucun cas qu'Armstrong ne s'est pas dopé.

   /Ces dossiers ont-ils participé à l'accumulation de preuves autour du champion controversé ?

   Je pense effectivement que c'est l'une des raisons qui l'ont conduit à jeter l'éponge. Le travail en commun avec Antoine Vayer [chroniqueur au Monde depuis 1999], spécialiste de la performance, a permis de montrer le caractère invraisemblable de la puissance développée en watts dans les côtes. D'ailleurs, il est intéressant de noter que l'UCI a interdit en 2012 la publication en temps réel de telles statistiques. Et l'on comprend pourquoi lorsque l'on s'aperçoit que le taux de puissance de Wiggins et de Froome (premier et deuxième de l'épreuve) est comparable à la période trouble de la fin des années 1990 et début 2000.

   Malheureusement, comme souvent aux Etats-Unis, une transaction a mis fin à la procédure. De manière pragmatique, SCA Promotions a préféré éviter l'incertitude du procès en payant une partie de ce qu'elle devait. Je pense qu'Armstrong avait compris qu'un déballage public aurait été terrible pour lui.

   /Comment Lance Armstrong a-t-il pu échapper aux sanctions pendant toutes ces années ?

   Un exemple de sa méthode me paraît édifiant. Lorsque L'Equipe a publié, en 2005, le contrôle positif de 1999 à l'EPO, Armstrong a réalisé un effet d'annonce en attaquant le journal en diffamation, puis, il s'est désisté en douce quelques temps après, ce qui lui évitait là encore la confrontation publique, et sans doute la condamnation.. Pendant toutes ces années, le Texan ne s'est pas contenté de tricher, il s'est comporté en parrain du peloton, intimidant les moutons noirs tels que le français Christophe Basson, par exemple. Les leçons de morale s'ajoutaient aux provocations physiques. Enfin, il a fait de ses succès la rampe de lancement d'une carrière politique. Il ne s'est jamais caché de ses ambitions de devenir gouverneur du Texas et même président des Etats-Unis. Cet épisode est certainement l'anéantissement de ses rêves. 

   / Quelles conséquences induisent la décision d'Armstrong de renoncer aux voies de recours?

   En renonçant aux voies de recours, il évite une décision de justice qui lui serait fatale. L'agence américaine antidopage va lui proposer une sanction dure mais négociée. Mais il est important de souligner qu'il continue de proclamer son innocence : "Le système est plus fort que moi, mais j'ai ma conscience pour moi."Cette manœuvre de la dernière chance est habile, même si elle apparaissait comme la seule envisageable. Cela va lui éviter de passer par deux cases très dommageables : la déposition sous serment et la condamnation en justice. On peut également imaginer, même si je ne suis pas dans le secret, que cela lui évite des frais d'avocat considérables.

   Mais à mes yeux, l'élément primordial dans la décision d'Armstrong a consisté à éviter une déposition sous serment, puisqu'en effet, selon la mentalité américaine, le mensonge sous serment est parfois plus grave que la faute elle-même. Il aurait donc pu ensuite être poursuivi pour parjure et sa carrière politique, déjà bien compromise, aurait été carbonisée. (...)

Lire la suite sur:

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"Mais sont dingues, ces z'amerloques!
Pourquoi faut-il qu'ils réagissent 
toujours aussi mal aux critiques..."
Ivo Milazzo (1947- ) 

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"Si c'est bon pour les marées noires,
c'est bon pour toi...
- C'est quoi une mariée noire?"
Des ingrédients du chocolat 
pour lutter contre les marées noires

   (...) La prochaine marée noire sera peut-être dissoute à l'aide d'un ingrédient contenu dans... le chocolat. Une équipe de chercheurs a mis au point un dispersant écologique capable de remplacer les produits chimiques déversés dans la mer pour désagréger les nappes de pétrole.
   Présenté lors d'une convention de l'American Chemical Society (hem...), à Philadelphie, cette semaine, le procédé mis au point par des scientifiques de l'université du Sud-Mississippi utilise un polymère à base de cellulose. "Tous les ingrédients de notre dispersant sont utilisés dans des produits alimentaires, comme le beurre de cacahuètes, le chocolat ou la crème fouettée", assure l'un de ses inventeurs, la chimiste Lisa Kemp. (...)

   (...) Le dispersant présenté par la chercheuse s'inspire des techniques utilisées dans la lessive. "Non seulement notre produit dissout le brut, mais il empêche le dépôt de pétrole sur les oiseaux et les autres objets", de la même manière que les détergents empêchent la graisse de se redéposer sur les vêtements dans les machines à laver, explique Mme Kemp dans le magazine scientifique Science. (...)



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Benoît Barvin

dimanche 26 août 2012

"Cet imam progressiste permettait aux femmes voilées de respirer". Benoît Barvin in "Pensées inconvénientes".

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Pensées pour nous-mêmes:

(TU ES TON PROPRE DÉMON)


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COURTS RÉCITS AU LONG COURS(38)
pcc Benoît Barvin

Van Gogh

Personne


   Personne, il n'y avait personne derrière la porte. Je n'avais pourtant pas rêvé. Quelqu'un avait sonné, j'étais juste derrière le battant, je l'avais tiré à moi et...

   Personne... La rue était déserte, sur ma gauche et sur ma droite. J'avais beau regarder de tous côtés... En face se dressaient les poutrelles du chantier qui... Du chantier? Jamais il n'y avait eu de chantier en construction face à la maison! J'y avais toujours vu un immeuble des années 60, de 4 étages, un immeuble dont, d'ailleurs, on avait ravalé la façade le mois dernier. Un immeuble, pas un chantier, donc, pas... A moins que, pendant la nuit? Non, l'idée était stupide. On ne pouvait détruire en quelques heures une construction pareille sans que, d'abord, cela fasse un bruit d'enfer - or j'avais toujours eu un sommeil aussi léger qu'une plume - et sans qu'on élimine la tonne de gravier et que... Absurde. 

   Je clignai des yeux pour m'assurer que je ne rêvais pas mais dus me rendre à l'évidence: le chantier était toujours devant moi, solide comme un "roc". Ma plaisanterie tomba à plat. Je me mis à trembler, fus submergé par un froid glacial et, soudain terrifié, je repoussai le battant de la porte, fermai à double tour, m'adossai au chambranle et tentai de recouvrer mes esprits.

   La veille, je ne me souvenais pas d'avoir fait la bringue, ni d'avoir fumé une taf. J'étais plutôt du genre sobre, banal, "profondément ennuyeux", m'avait balancé ma dernière copine dans l'écouteur du portable. A vrai dire, elle avait utilisé un autre adjectif, encore moins flatteur. C'est donc un type banal, à deux doigts de l'hystérie, quand même, qui se propulsa en direction de la cuisine, située sur sa gauche, afin de se réconforter - une fois n'est pas coutume - par l'absorption d'un alcool fort et...

   Attendez un peu: sur ma gauche. La cuisine? Non, pas la cuisine, mais le salon, avec mon divan mangé aux mites, mon fauteuil branlant, la télé énorme que je n'avais pas les moyens de changer et les rangées de livres, débordant de bibliothèques suédoises dégotées chez Emmaüs...

   Je fermai les yeux. Mes paupières pesaient des tonnes, soudain. Mon coeur faisait des bonds de cabri dans une cage thoracique au bord de l'explosion. Quand je regardai de nouveau, sur cette gauche où, d'ordinaire, se trouvait la cuisine, j'eus de nouveau la vision incongrue - inadmissible - du salon qui, certainement dans l'obscurité, tout seul, comme un grand, avait décidé de me faire une farce, aidé par la facétieuse cuisine...

   Un cri, venu du plus profond de mon être jaillit, puis il se transforma en une sorte de vagissement qui devint une vraie crise de larmes. Je glissai à terre, me recroquevillai, jetai un rapide coup d'oeil - en coin - en direction de ce qui aurait dû être la cuisine. A sa place j'avisai une vague forme qui avait l'allure d'un crayonné malhabile. Un crayonné qu'un gribouilleur invisible, mécontent de ses efforts, aurait commencé à gommer.

   A cet instant, on sonna à la porte. J'avais placé, tel un gamin, mes deux mains sur les yeux, et c'est au travers de doigts légèrement entrouverts que j'observai la "fausse cuisine", effacée peu à peu du paysage. Je savais maintenant que ce serait bientôt au tour du salon, de la maison, du quartier et, enfin, peut-être, de la Ville entière, voire...

   La sonnette retentit aigrement pour la troisième fois. Alors je hurlai, de toutes mes forces: 
   "CESSEZ DE M'IMPORTUNER... IL N'Y A PERS..."

(petit hommage à Marcel Béalu)

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"Dorothée, ça y est, le gamin a tout fini!"


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"Bon, souviens-toi de ne pas avoir l'air surpris
quand tu verras de la nourriture sur la table,
d'accord?"



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"Tu peux me rappeler le juron que tu lances
quand tu a raté une balle?"

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Blanche Baptiste