Bonjour à vous qui, dans le maelström du net, êtes arrivés, par hasard? lassitude? erreur? sur ce blog. Vous êtes les bienvenus. Vous y lirez des extraits d'articles, de pensées, d'interviews, piochés ça et là, et illustrés de photos et dessins détournés, via un humour de bon aloi. Vous pouvez évidemment réagir avec le même humour, la même ironie que nous mettons, chaque jour, à tenter de respirer un peu plus librement dans une société qui se corsète chaque fois un peu plus.

mercredi 31 décembre 2014

"Avec ma Belle-Mère, pas besoin d'utiliser ma lampe de moche...". Jacques Damboise in "Pensées incongrues".

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Pensées pour nous-mêmes:

(CROIS-TU QU'ON PUISSE
S'INSTALLER DANS LA SAGESSE?)

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lost



musique: Oasis

https://www.youtube.com

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Hymn for Jack and Kate -- LOST/Jate

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“Lost”: 10 ans après, 
que sont devenus les acteurs ?

(Mosaïque des acteurs de la série "Lost" / Crédit : ABC)

Reconversion réussie ou enchaînement de gros flops ? Les acteurs de la série télévisée de J.J. Abrams, qui a débuté il y a dix ans outre-Atlantique, n’ont pas tous survécu à la disparition du programme phare. Kate, Sawyer et Hurley ont peut-être “disparu” avec Lost en 2010, mais leurs acteurs ont continué leur bout de chemin sur petit et grand écran. Avec plus ou moins de succès.

Jorge Garcia


   Physique disgracieux, malchance, humour de geek : le personnage de Jorge Garcia, Hurley, était au départ considéré comme la “mascotte” de Lost. Il a peu à peu pris de l’importance jusqu’à devenir un des acteurs déterminants du destin de l’île. En pleine période de grâce à la fin de la série (2010), Garcia a enchaîné les apparitions dans des programmes à succès (How I Met Your Mother, Fringe) avant de se voir proposer un premier rôle dans la nouvelle série de J.J. Abrams, Alcatraz.

   Toujours utilisé à des fins comiques (le fameux “comic relief” qui soulage la tension dramatique avec des petites phrases humoristiques), il y gagnait néanmoins en sérieux en incarnant un doctorant spécialiste de la célèbre prison de la baie de San Francisco. Il a malheureusement été coupé dans son élan quand la série a été annulée après 13 épisodes, alors qu’elle s’embourbait dans une histoire trop compliquée qui n’apportait aucune solution aux mystères qu’elle soulevait. Garcia est depuis retourné à des petits rôles de guest-star dans des séries au succès populaire comme Hawaii 5-0.

Evangeline Lilly


   Passer d’égérie de l’Oréal à elfe rousse aux grandes oreilles, c’est possible. C’est le chemin qu’a emprunté Evangeline Lilly, profitant au départ de son statut de personnage principal de Lost, au cœur d’un des triangles amoureux les plus longs – et agaçants – de l’histoire des séries. Mais au-delà du contrat avec la grande marque de cosmétiques française, les rôles, à la télévision comme au cinéma, se sont faits rares. Il a fallu attendre 2013 pour que Lilly apparaisse sur grand écran dans le deuxième volet de la saga The Hobbit, rare personnage féminin de la trilogie, cantonnée au tirage de flèches et à une relation amoureuse de second plan. Elle (a repris) ses oreilles en plastique et sa perruque rousse dans le troisième film (...).

Daniel Dae Kim


   L’acteur sud-coréen de 46 ans est un de ceux qui s’en sont le mieux sortis. Second rôle régulier dans Lost, où il était obligé de n’utiliser que sa langue maternelle, il a décroché, directement après l’arrêt de la série, une place au sein du casting de Hawaii Five-0, reboot de la série originale Hawaï police d’Etat des années 1980. Depuis, le programme fait un carton auprès du public américain (et français sur M6), et a été renouvelé pour une cinquième saison. T-shirts à manches longues moulants ou chemises ajustées sont au rendez-vous.

Terry O’Quinn


   Hawaii Five-0 n’hésite décidément pas à donner leur chance aux anciens disparus. Terry O’Quinn, après avoir passé 6 ans à incarner le mystérieux John Locke, a hérité d’un rôle récurent dans la saison 2 de la série de CBS (2011-2013). Militaire sévère rasé de près, il est à l’opposé du mystérieux milliardaire qu’il a joué au même moment dans l’horrible 666 Park Avenue, annulée en 2012 après une saison de 13 épisodes fantastiques au scénario tiré par les cheveux. “Dommage pour la série“, avait tweeté l’acteur “mais ça arrive, les merdes“. Un échec qui n’a pas découragé la chaîne américaine FOX de miser à nouveau sur lui en 2014, dans Gang Related, série sur une brigade anti-gang de Los Angeles dans laquelle il est un chef bourru qui n’hésite pas à contourner la loi pour faire justice lui-même. Nouveau bide, la série diffusée en plein été, aux audiences catastrophiques, est également annulée.

Josh Holloway


   Il ne suffit pas d’avoir séduit toutes les spectatrices de Lost avec ses yeux plissés et ses chemises entrouvertes pour s’assurer un bon comeback. Après un retour sur grand écran avorté (Paranoia, Mission impossible: Protocole Fantôme), et un petit détour par la télévision en cavalier noir dans un des célèbres épisodes paintball de Community, Josh Holloway a finalement décroché le premier rôle d’une série télé… avant qu’elle ne soit annulée après 13 épisodes. Dans Intelligence, restée à l’antenne seulement 4 mois sur CBS, l’acteur de 45 ans incarnait un analyste du service du renseignement américain, doté d’un “micro ordinateur” directement implanté dans le cerveau, qui lui permettait d’avoir accès à Internet à tout moment (et même pas besoin de 3G).

Matthew Fox


   Le pauvre Matthew Fox est probablement un de ceux qui a le plus échoué dans sa reconversion post-Lost. Alors qu’il était considéré comme le héros de la série, il n’a décroché que des seconds rôles au cinéma, enchaînant les interprétations de grands méchants musclé et tatoué (Alex Cross, 2012) ou d’agent secret corrompu (Angle d’attaque, 2008).

Michael Emerson


   Le grand méchant de Lost est celui qui a entamé la reconversion la plus appréciée des critiques et du public. Quand il ne se lance pas dans une reprise hilarante (et étonnamment convaincante) de la chanson de l’été Happy dans un talk show, Michael Emerson est à la tête de la série à succès Person of Interest (diffusée en France sur TF1), produite par J.J. Abrams. Il y garde le côté mystérieux qu’on lui connaissait sur l’île des disparus mais se présente cette fois en milliardaire en costume trois pièces qui a créé une machine capable de découvrir les personnes victimes (ou responsables) de crimes qui se passeront dans le futur. Epaisses lunettes carrées vissées sur le nez (contrairement aux petites rondes de Lost), il sauve ce programme, qui aurait dû mal à tenir sur les seules épaules du fade Jim Caviezel.

Elizabeth Mitchell


   Bien que son personnage n’ait été introduit qu’à partir de la saison 3, Elizabeth Mitchell a marqué Lost, ajoutant une tension dramatique au triangle amoureux Kate-Jack-Sawyer ainsi qu’aux mystères de l’île. Son personnage, Juliet, faisait partie du groupe des “autres”, ces curieux habitants qui étaient présents sur l’île avant le crash du vol Oceanic 815. L’actrice américaine a ensuite bien négocié sa reconversion, enchaînant deux années dans la série V (remake de la mini-série du même nom des années 1980) en flic peu commode confrontée à l’arrivée d’aliens ayant pour projet de conquérir la planète. Après deux ans à porter des vestes en cuir et une arme autour de la taille, elle s’est tournée vers un second rôle dans la production de J.J. Abrams (encore lui), Revolution, plus proche de celui qu’elle avait dans Lost.

   A peine la chaîne NBC a-t-elle annoncé l’annulation de cette dernière en mai dernier qu’Elizabeth Mitchell a déjà retrouvé du travail, dans une autre grosse production, Once Upon a Time, qu’elle rejoindra pour la quatrième saison. “Pour la première fois, nous allons montrer le côté sombre d’Elizabeth Mitchell“, a prévenu son créateur Adam Horowitz, qui avait également travaillé en tant que scénariste sur Lost.

Ian Somerhalder


   L’acteur de 35 ans a beau n’avoir survécu qu’une saison sur l’île, (et revenir pendant quelques épisodes tout au long de la série) il a su profiter de sa notoriété pour décrocher un premier rôle dans le programme qui fait fantasmer toutes les ados (et même quelques adultes), The Vampire Diaries. Depuis cinq ans, celui qui incarnait l’effacé Boone dans Lost joue les méchants-mais-peut-être-pas-complètement dans la série qui fait couler le sang à flots et multiplie les personnages (et leurs clones) plus improbables les uns que les autres. Malgré des audiences en baisse, la série reviendra pour une sixième saison.

Yunjin Kim


   La carrière de l’actrice d’origine sud-coréenne n’a pas suivi le parcours de son personnage dans la série. Alors que Sun-Hwa Kwon a pris de plus en plus de place à mesure que les saisons se sont écoulées dans Lost, Yunjin Kim a connu une période désertique après la fin de la série. Il lui a fallu attendre 4 ans pour revenir dans une série télé, et pas des meilleures. Dans Mistresses, elle fait partie d’un groupe d’amies dont la vie tourne autour de l’adultère et du sexe. Malgré les faibles audiences, le programme dispose déjà de deux saisons à son actif.


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Blanche Baptiste

mardi 30 décembre 2014

"Il était terriblement fier de n'être pas orgueilleux". Benoît Barvin in "Pensées pensées".

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Pensées pour nous-mêmes:

(TU N'AS QUE LES DÉFAUTS
DE TES QUALITÉS)
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(Les diaboliques Sœurs à cornette
cherchant à convertir une malheureuse innocente)



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stripsjournal.canalblog.com

Le cynisme patronal n’a pas de limites

Fédération anarchiste
   Du 1er au 5 décembre , le Medef, la CGPME et quelques autres organisations patronales ont appellé les entrepreneurs à se mobiliser dans la France entière pour « libérer l’entreprise ».

   Les patrons ont compris qu’ils pouvaient attendre beaucoup du gouvernement en place, et ils ne comptent pas se contenter des 30 milliards d’euros de cadeaux fiscaux déjà engrangés suite au crédit impôt compétitivité emploi (CICE) de 2012 et au pacte de responsabilité de 2014. Ni, d’ailleurs, des avantages qu’ils tirent déjà de la flexi-sécurité instaurée comme mode de gestion du marché du travail par l’accord national interprofessionnel de 2013 (faciliter les licenciements pour faciliter les embauches, disent-ils…). Ils réclament donc désormais d’aller plus loin, pour obtenir davantage de baisse de cotisations et une simplification du Code du travail (dernier rempart à leurs abus).

   Cette mobilisation d’ampleur, comble du cynisme d’enfants gâtés et pourris, s’inscrit plus largement dans une campagne politico-médiatique qui, depuis des mois, nous assène sur les ondes, les écrans et dans les journaux que les patrons seraient les victimes de l’injustice des lois sociales aujourd’hui en vigueur. Et tandis qu’ils geignent, trouvant des échos favorables dans les médias bourgeois, ils ne tiennent pas les promesses faites et maintes fois renouvelées, à savoir la création d’un million d’emplois en échange de ce qu’ils ont déjà obtenu en matière de cadeaux fiscaux. De fait, le chômage ne cesse d’augmenter, franchissant désormais le cap des 3 400 000 demandeurs d’emploi.

   Nous, anarchistes, ne croyons de toute façon pas en leur politique du plein-emploi, qui n’est jamais qu’un leurre, un mirage destiné à nous faire accepter les conditions de l’exploitation économique et l’oppressante morale basée sur le travail. Dans l’immédiat, nous considérons comme impératif de défendre les derniers acquis sociaux et de construire des luttes pour en obtenir de nouveaux. Rien n’est jamais acquis dans la lutte des classes, et celle-ci demeurera tant que nous ne nous serons pas débarrassés des patrons parasites qui créent et administrent la misère sociale en captant les richesses produites par les travailleurs.


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(Je découvris, par hasard, que ma femme
était une libellule)

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Luc Desle

lundi 29 décembre 2014

"Ce mignon ustensile qu'utilisait avec maestria le Bourreau s'appelait un scalpel". Jacques Damboise in "Pensées coïncidentes".

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Pensées pour nous-mêmes:

(LA PAIX SÉPARE 
LE BON GRAIN DE L'IVRAIE)

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("Ceci est la Révolution au quotidien"
pensa Martine avec fierté)



Leçon de stratégie politique 
à l’usage de ceux qui veulent changer le monde


   (...) Je sais pertinemment que la clé pour comprendre l’histoire des cinq siècles passés est l’émergence de catégories sociales spécifiques, appelées “classes”. Laissez-moi vous raconter une anecdote. Quand le mouvement des Indignés a commencé, sur la place de la Puerta del Sol, des étudiants de mon département, le département de sciences politiques de l’Université Complutense de Madrid, des étudiants très politisés (ils avaient lu Karl Marx et Lénine) se confrontaient pour la première fois de leur vie à des gens normaux.

   Ils étaient désespérés : “Ils ne comprennent rien ! On leur dit qu’ils font partie de la classe ouvrière, même s’ils ne le savent pas !” Les gens les regardaient comme s’ils venaient d’une autre planète. Et les étudiants rentraient à la maison, dépités, se lamentant : “ils ne comprennent rien”.

   [A eux je dis], “Ne voyez-vous pas que le problème, c’est vous? Que la politique n’a rien à voir avec le fait d’avoir raison ?Vous pouvez avoir la meilleure analyse du monde, comprendre les processus politiques qui se sont déroulés depuis le seizième siècle, savoir que le matérialisme historique est la clé de la compréhension des mécanismes sociaux, et vous allez en faire quoi, le hurler aux gens ? “Vous faites partie de la classe ouvrière, et vous n’êtes même pas au courant !”

   L’ennemi ne cherche rien d’autre qu’à se moquer de vous. Vous pouvez porter un tee-shirt avec la faucille et le marteau. Vous pouvez même porter un grand drapeau, puis rentrer chez vous avec le drapeau, tout ça pendant que l’ennemi se rit de vous. Parce que les gens, les travailleurs, ils préfèrent l’ennemi plutôt que vous. Ils croient à ce qu’il dit. Ils le comprennent quand il parle. Ils ne vous comprennent pas, vous. Et peut-être que c’est vous qui avez raison ! Vous pourrez demander à vos enfants d’écrire ça sur votre tombe : “il a toujours eu raison – mais personne ne le sut jamais”.

   En étudiant les mouvements de transformation qui ont réussi par le passé, on se rend compte que la clé du succès est l’établissement d’une certaine identification entre votre analyse et ce que pense la majorité. Et c’est très dur. Cela implique de dépasser ses contradictions.

   Croyez-vous que j’aie un problème idéologique avec l’organisation d’une grève spontanée de 48 ou même de 72 heures ? Pas le moins du monde ! Le problème est que l’organisation d’une grève n’a rien à voir avec combien vous ou moi la voulons. Cela a à voir avec la force de l’union, et vous comme moi y sommes insignifiants.

   Vous et moi, on peut souhaiter que la terre soit un paradis pour l’humanité. On peut souhaiter tout ce qu’on veut, et l’écrire sur des tee-shirts. Mais la politique a à voir avec la force, pas avec nos souhaits ni avec ce qu’on dit en assemblées générales. Dans ce pays il n’y a que deux syndicats qui ont la possibilité d’organiser une grève générale : le CCOO et l’UGT. Est-ce que cette idée me plaît ? Non. Mais c’est la réalité, et organiser une grève générale, c’est dur.

   J’ai tenu des piquets de grève devant des stations d’autobus à Madrid. Les gens qui passaient là-bas, à l’aube, vous savez où ils allaient ? Au boulot. C’étaient pas des jaunes. Mais ils se seraient faits virer de leur travail, parce qu’à leur travail il n’y avait pas de syndicat pour les défendre. Parce que les travailleurs qui peuvent se défendre ont des syndicats puissants. Mais les jeunes qui travaillent dans des centres d’appel, ou comme livreurs de pizzas, ou dans la vente, eux ne peuvent pas se défendre.

   Ils vont se faire virer le jour qui suivra la fin de la grève, et ni vous ni moi ne serons là, et aucun syndicat ne pourra garantir qu’ils pourront parler en tête-à-tête avec le patron et dire : “vous feriez mieux de ne pas virer cet employé pour avoir exercé son droit de grève, parce que vous allez le payer”. Ce genre de choses n’existe pas, peu importe notre enthousiasme.

   La politique, ça n’est pas ce que vous ou moi voudrions qu’elle soit. Elle est ce qu’elle est, terrible. Terrible. Et c’est pourquoi nous devons parler d’unité populaire, et faire preuve d’humilité. Parfois il faut parler à des gens qui n’aiment pas notre façon de parler, chez qui les concepts qu’on utilise d’habitude ne résonnent pas. Qu’est-ce que cela nous apprend ? Que nous nous faisons avoir depuis des années. Le fait qu’on perde, à chaque fois, implique une seule chose : que le “sens commun” des gens est différent de ce que nous pensons être juste. Mais ça n’est pas nouveau. Les révolutionnaires l’ont toujours su. La clé est de réussir à faire aller le “sens commun” vers le changement.

   César Rendueles, un mec très intelligent, dit que la plupart des gens sont contre le capitalisme, mais ne le savent pas. La plupart des gens sont féministes et n’ont pas lu Judith Butler ni Simone de Beauvoir. Il y a plus de potentiel de transformation sociale chez un papa qui fait la vaisselle ou qui joue avec sa fille, ou chez un grand-père qui explique à son petit-fils qu’il faut partager les jouets, que dans tous les drapeaux rouges que vous pouvez apporter à une manif. Et si nous ne parvenons pas à comprendre que toutes ces choses peuvent servir de trait d’union, l’ennemi continuera à se moquer de nous.

   C’est comme ça que l’ennemi nous veut : petits, parlant une langue que personne ne comprend, minoritaires, cachés derrière nos symboles habituels. Ca lui fait plaisir, à l’ennemi, car il sait qu’aussi longtemps que nous ressemblerons à cela, nous ne représenterons aucun danger.

   Nous pouvons avoir un discours très radical, dire que nous voulons faire une grève générale spontanée, parler de prendre les armes, brandir des symboles, tenir haut des portraits de grands révolutionnaires à nos manifestations – ça fait plaisir à l’ennemi ! Il se moque de nous ! Mais quand on commence à rassembler des centaines, des milliers de personnes, quand on commence à convaincre la majorité, même ceux qui ont voté pour l’ennemi avant, c’est là qu’ils commencent à avoir peur. Et c’est ça qu’on appelle la politique. C’est ce que nous devons apprendre.

   Il y avait un gars qui parlait de Soviets en 1905. Il y avait ce chauve, là. Un génie. Il comprit l’analyse concrète de la situation. En temps de guerre, en 1917, en Russie, quand le régime s’effondra, il dit une chose très simple aux Russes, qu’ils soient soldats, paysans ou travailleurs. Il leur dit “pain et paix”.

   Et quand il dit ces mots, “pain et paix”, qui était ce que tout le monde voulait (la fin de la guerre et de quoi manger), de nombreux Russes qui ne savaient plus s’ils étaient “de gauche” ou “de droite”, mais qui savaient qu’ils avaient faim, dirent : “le chauve a raison”. Et le chauve fit très bien. Il ne parla pas au peuple de “matérialisme dialectique”, il leur parla de “pain et de paix”. Voilà l’une des principales leçons du XXe siècle.

   Il est ridicule de vouloir transformer la société en imitant l’histoire, en imitant des symboles. Les expériences d’autres pays, les événements qui appartiennent à l’histoire ne se répètent pas. La clé c’est d’analyser les processus, de tirer les leçons de l’histoire. Et de comprendre qu’à chaque moment de l’histoire, si le “pain et paix” que l’on prononce n’est pas connecté avec les sentiments et les pensées des gens, on ne fera que répéter, comme une farce, une tragique victoire du passé.

L’intervention (traduite ci-dessus) est disponible en version originale ici :https://www.youtube.com/watch?v=6-T5ye_z5i0&feature=youtu.be

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(Les portes du Futur mettaient du temps à s'ouvrir)



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Luc Desle

dimanche 28 décembre 2014

"Il souffrait d'aérophagite des lombaires, je crois...". Jacques Damboise in "Pensées à contre-pet".

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Pensées pour nous-mêmes:

(UN SEUL SAGE
FAIT-IL LE PRINTEMPS?)

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"Glubs...
La dinde de ma Belle-Mère n'était
pas fraîche... Glubs... Elle l'a fait
exprès, j'en suis sûr..."


William Shatner


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(Le nouveau slogan des patrons fit fureur
en 2015)



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"Bon, cette Belle-Mère, quand est-ce que je la mange?"



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"Chérie... Tu me donnes encore une goutte
de lait, s'il te plaît?"


tea break

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Jacques Damboise

vendredi 26 décembre 2014

"Cette Blonde agitait ce qui lui servait de cervelle et qui était au nombre de deux". Jacques Damboise in "Pensées qu'on n'aurait pas dû".

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Pensées pour nous-mêmes:

(TES PRINCIPES SONT 
LOIN D’ÊTRE UNIVERSELS)

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"Qu'est-ce que j'ai sous mon manteau?
Vous pensez que je m'éclipse avec la dinde
de Noël? Mais quelle étrange idée!"


!!Wilhelm Schmurr Portrait of 
Werner Heuser, 1902. German 1878-1959


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Une Maison pour les lanceurs d’alerte

VoxEuropDe Volkskrant

   Les Pays-Bas sont en passe de devenir le premier pays en Europe à fournir un abri aux informateurs, annonce De Volkskrant. La Maison pour les lanceurs d’alerte offrira une protection légale aux personnes qui dénoncent les abus dans les secteurs privé et public et mènera des enquêtes sur les actes répréhensibles. Bien qu’elle sera entièrement indépendante, l’institution recevra une subvention annuelle d’environ 3,5 millions d’euros de la part du gouvernement néerlandais.

   Selon Ronald van Raak, membre du parti socialiste, et auteur de la loi qui a permis la création de la Maison, “à l’heure actuelle, les personnes qui divulguent les abus doivent se débrouiller toutes seules, alors qu’en général elles rendent service à la société”. A l’avenir, elles pourront être assistées par la Maison pour les lanceurs d’alerte et “aussi longtemps que l’enquête est en cours, elles ne pourront pas être licenciés”. Le cas d’Ad Bos, qui est resté “sans le sou” et était contraint d’aménager dans une caravane après avoir dénoncé des pratiques de fixation des prix dans l’immobilier, est l’une des causes directes de cette loi.

   La Maison aura des pouvoirs d’investigation importants, en particulier dans le secteur public. Les institutions gouvernementales seront dans l’obligation de lui donner accès à toutes les informations nécessaires au cours de son enquête. Mais la situation risque d’être plus compliquée dans le cas des entreprises privées.


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(Ce lanceur d'alerte en avait gros sur la patate)


Wolverine
Lanceur d'alerte

   Le terme « lanceur d'alerte » a été inventé dans les années 1990 par les sociologues Francis Chateauraynaud et Didier Torny. Il a ensuite été popularisé au début des années 2000 par le chercheur André Cicolella, lui-même un « lanceur d'alerte », en interaction avec des juristes, des journalistes et des militants associatifs. La création de cette notion visait explicitement à la séparer de celles de dénonciateur (sincère) et de délateur (intéressé). Contrairement à ce que de nombreux journalistes ont écrit, l'expression de lanceur d'alerte n'est pas une traduction de whistleblower (littéralement celui qui donne un coup de sifflet).

   Alors que le whistleblower, lié à la tradition juridique anglo-saxonne, désigne celui qui entend donner un coup d'arrêt à une action illégale ou irrégulière, le lanceur d'alerte a plutôt pour but de signaler un danger ou un risque, en interpellant les pouvoirs en place et en suscitant la prise de conscience de ses contemporains.

   Autrement dit, le lanceur d'alerte désigne une personne ou un groupe qui estime avoir découvert des éléments qu'il considère comme menaçants pour l'homme, la société, l'économie ou l'environnement et qui de manière désintéressée décide de les porter à la connaissance d'instances officielles, d'associations ou de médias, parfois contre l'avis de sa hiérarchie.

   Au Québec et au Canada francophone, le terme utilisé pour traduire whistleblower est celui de dénonciateur – bien que le terme « lanceur d'alerte » ait été reconnu en 2006 dans la fiche dénonciation (domaine comptabilité) du Grand Dictionnaire terminologique de l'Office québécois de la langue française.

   la différence du délateur, le lanceur d'alerte est de bonne foi et animé de bonnes intentions : il n'est pas dans une logique d'accusation visant quelqu'un en particulier mais affirme divulguer un état de fait, une menace dommageable pour ce qu'il estime être le bien commun, l'intérêt public ou général. Le ou la lanceuse d'alerte prend des risques réels au nom de la cause qu'il entend défendre et diffuser : il met souvent en risque sa santé financière ou physique, la tranquillité de son couple ou de sa famille, sa sécurité personnelle, et son image (en cas de médiatisation, son nom et son visage sortent alors de l'anonymat – au sens de non-célébrité). Les lanceurs d'alertes sont régulièrement l'objet de poursuites-bâillons : des procédures judiciaires dont le but réel est de censurer et ruiner un détracteur.

   En France, depuis les années 1990, plusieurs personnes ayant lancé de telles alertes ont été menacées ou poursuivies par leur employeur ou d'autres acteurs, ce qui a incité des mouvements associatifs ou politiques à demander la mise en place d'une législation afin de protéger les lanceurs d'alerte, en s'inspirant du droit existant dans différents pays, dont les États-Unis, sur cette problématique. Le Grenelle de l'environnement, en 2007, a proposé une protection juridique des lanceurs d'alerte. Le gouvernement fédéral du Canada s'est doté d'une loi sur la protection des fonctionnaires divulgateurs d'actes répréhensibles qui a été modifiée en 2007.

   Les lanceurs d'alerte entrent en interaction, en amont et en aval, avec toutes sortes d'« acteurs vigilants », appelés aussi des sentinelles de veille.


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Benoît Barvin

jeudi 25 décembre 2014

"Ce marcheur solitaire avait en fait assassiné ses compagnons de promenade". Jacques Damboise in "Pensées à contre-pied".

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Pensées pour nous-mêmes:

(N'ATTENDS PAS DU MAÎTRE
QU'IL TE PAIE TES COURS
DE SAGESSE)

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"Et maintenant... Je dessine les seins..."


(Et soudain, la femme du peintre suspecta 
une terrible attaque d’Alzheimer...)


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"Tu es hindou ou chrétien?
- Ça fait une différence?
- Heu... Non... Continue, surtout"




Les extrémistes hindous veulent annuler Noël 

INGRID THERWATH 

   (...) Depuis l'arrivée au pouvoir des national-hindouistes du Bharatiya Janata Party (BJP, littéralement Parti du peuple indien) en mai, le gouvernement indien fait tout pour promouvoir une idéologie extrémiste hindoue. De nombreux responsables politiques multiplient depuis des mois, et sans jamais être contredits, les provocations pour mettre à l'honneur l'hindouisme tout en rognant des droits aux minorités religieuses du pays. Si 82 % des Indiens sont hindouistes, le pays compte également 14,2 % de musulmans – soit 172 millions de personnes – et 2,3 % de chrétiens. Par ailleurs, la Constitution garantit la laïcité ou plus exactement le "sécularisme", c'est-à-dire l'équidistance de l'Etat avec toutes les communautés religieuses.

   Et voici donc que Noël, jour férié en Inde, est dans la ligne de mire des nationalistes hindous. Premier point, des groupes proches du pouvoir veulent organiser des cérémonies de ghar vaspi ("retour à la maison") le 25 décembre. Il s'agit de convertir – ou de reconvertir – des musulmans et des chrétiens, parfois de force, à l'hindouisme. A New Delhi, dans les pages du Business Standard, le journaliste Bharat Bhushan compare les extrémistes hindous au Grinch, le personnage de Dr Seuss [illustrateur américain 1904-1991] qui veut gâcher Noël, et explique que "les ghar vapsi s'inscrivent dans un programme bien réfléchi avec un but politique. Tout l'émoi public autour des reconversions doit servir à créer les conditions nationales pour l'introduction d'une loi anticonversion", une loi contraire à la liberté de culte et d'opinion. (...)

   Autre nouvelle, le Premier ministre Narendra Modi a expliqué que le jour de Noël serait désormais célébré comme "Jour de la gouvernance", tandis que la ministre de l'Education a momentanément envisagé d'ouvrir les écoles ce jour-là. Sur le site Scroll.in, le journaliste Sidharth Bhatia se souvient d'avoir fêté Noël quand il était enfant à Bombay ; cela était tout à fait normal pour un petit garçon hindou. Lui aussi compare les extrémistes au Grinch et affirme que Noël est, au-delà d'une fête religieuse chrétienne, non pas un simple héritage colonial mais un des nombreux moments où se manifestent le cosmopolitisme et l'ouverture de l'Inde.

   Pour lui, "cette année, pour Noël, nous devons mettre un point d'honneur à manger, boire et être joyeux avec encore plus d'enthousiasme. Chanter des chansons de Noël le plus fort possible. Porter de ridicules bonnets de Père Noël et publier nos photos sur les réseaux sociaux. Et montrer ainsi aux extrémistes que leur tactique et leurs menaces ne marchent pas. C'est la façon la plus adéquate de nous assurer que nos traditions restent vivantes et ne tombent pas aux mains de ces bigots bornés."



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Edith Piaf

(Mais manifestement pas la distribution de fumette...)


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Luc Desle

mercredi 24 décembre 2014

"Dans l’œilleton de mon arme je voyais parfaitement l'intérieur de la gorge de ma Belle-Mère d'où s'échappaient ces horribles sons". Jacques Damboise in "Pensées à l'envers".

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Pensées pour nous-mêmes:

(NE SOIS PAS L'ESCLAVE
DES MOTS)

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"Je vous souhaite une future
mauvaise année"


Candy Cane Girl

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clubic.com

Dans les entrepôts d’Amazon,
« on a l’impression d’être des robots »

NOVETHIC

   (...) Le syndicat allemand Verdi, qui représente la branche des services, a appelé une nouvelle fois à la grève sur les huit sites que compte Amazon en Allemagne. Depuis Pâques 2013, le syndicat ne cesse de lancer des piquets de grève pour que le géant de la vente en ligne applique enfin la loi allemande, à travers la signature d’une convention collective entre les dirigeants de l’entreprise et les représentants du syndicat. Celle-ci réglerait un grand nombre de contentieux scandaleux : cadences infernales, flicage systématique, opacité de la politique salariale, pression du chiffre…

   « Franchement, on a l’impression d’être des robots. Le travail est monotone et éreintant. Nos managers nous mettent constamment sous pression. Leurs systèmes informatiques leur indiquent à la seconde près tous nos faits et gestes. Même lorsque nous sommes aux toilettes, raconte Christian Krähling. Et tout ça pour des salaires minimes. » En quelques mots, ce solide gaillard de 37 ans, drapeau du syndicat Verdi dans les mains, a tôt fait de résumer les revendications des quelque 600 salariés (chiffre Verdi) en grève ce jour-là sur le site d’Amazon à Bad Hersfeld (Land de Hesse). (...)

   (...) Planté devant les fenêtres de la direction du site, se sachant observé par les managers, il ne se laisse pas pour autant intimider. Et n’hésite pas à se faire le porte-parole des grévistes n’osant pas s’exprimer devant la presse. Il poursuit : « On paie notre travail avec notre santé. Dans l’entrepôt FRA- [1], il n’y a pas de fenêtre. Avant que la direction n’installe des climatiseurs, il y faisait 40°C l’été, les gens s’évanouissaient. » Birgit Reich, déléguée syndicale chez Verdi, rapporte elle aussi de nombreux cas d’évanouissement sur les sites du groupe. Elle précise que le taux d’arrêts maladie se situe chez Amazon entre 15% et 19%. Un record ! La moyenne nationale oscille entre 4% et 6% (chiffres valables pour la branche du commerce)…

   Christian prend l’exemple des « pickers », ceux qui collectent les objets commandés en parcourant les kilomètres de rayonnages. Ils sont équipés d’un scanner qui leur indique le produit à aller chercher et le nombre de secondes qui leur est imparti. « Le scanner fait bip en permanence, c’est un compte à rebours perpétuel. Ils parcourent entre 15 et 30 km par jour », rapporte-t-il. Le site de Bad Hersfeld comprend deux entrepôts : FRA-1 fait 42 000 m2, soit sept terrains de football. Le deuxième, FRA-3, occupe, lui… 110 000 m2, soit 17 terrains de football. Que se passe-t-il lorsque le picker dépasse le nombre de secondes imparti ? Remontrance ou « feedback » dans le jargon d’Amazon. Mais gare à ne pas en amasser trop. (...)

   Ce que raconte Christian n’est pas une originalité de Bad Hersfeld. « Tout est standardisé chez Amazon. C’est la même chose ailleurs en Europe. » Le 5 décembre 2013, la BBC diffusait un documentaire tourné en secret sur le site du groupe au Pays de Galles. « Je n’ai jamais vu un travail pareil, susurre le journaliste dans la caméra cachée. La pression est juste incroyable. » En France, le journaliste Jean-Baptiste Malet les décrit dans son ouvrage En Amazonie [2]. L’universitaire Simon Head, membre du Rothermere American Institute à l’université d’Oxford, décrypte et dénonce dans un article au vitriol le management des salariés qu’il décrit comme le plus oppressif qu’il ait jamais vu.

   Ce qui revient comme un leitmotiv : ces conditions de travail qui font scandale en France, en Allemagne, en Grande-Bretagne ont été conçues dans l’optique d’un rendement maximal. Aucune place n’est faite à l’humain. Tout est standardisé, informatisé. Et plus que les revendications salariales, ce qui touche au vif Christian et ses collègues, c’est le manque de reconnaissance face au travail fourni. « En faisant grève, ce n’est pas la lutte des classes que l’on cherche, mais le respect envers les gens qui travaillent chez Amazon. Et ça commence par des conditions de travail décentes et une rémunération correcte. Parce que nous ne sommes pas seulement des mains, mais des personnes. »

[1] L’acronyme renvoie à l’aéroport le plus proche, en l’occurrence celui de Francfort.

[2] En Amazonie, Fayard, 2013. Voir également l’article paru dans Le Monde Diplomatique


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"Vite, déguerpir de cette maudite année..."


(Mais les chasseurs de phoques 
l'attendaient en bout de course...)

(Source: gifdrome, via midnightcm)

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Luc Desle

mardi 23 décembre 2014

"Il resta sans voix, ce muet, quand sa femme paralysée se mit à chanter". Jacques Damboise in "Pensées à contre-pet".

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Pensées pour nous-mêmes:

(TU ES LA PETITE FLAMME 
QUI CHASSE L’OBSCURITÉ)

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"Mais... Mais j'ai simplement demandé
une petite cuillère pour mon café!"



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"Maître corrupteur, compte tes abattis!"





cinelounge.org

Jusqu’où ira la campagne contre la corruption ?

AGNÈS GAUDU
COURRIER INTERNATIONAL



   (...) Comment combattre la corruption, et jusqu'où ? La faute à l'individu ou au système ? Le débat est ouvert entre les commentateurs chinois, maintenant que la campagne anticorruption a atteint un niveau sans précédent. Les commentaires se multiplient après la mise en état d'arrestation, le 12 décembre, de Zhou Yongkang, qui supervisa longtemps les questions de sécurité au Comité permanent du Bureau politique et est le plus haut dirigeant jamais inquiété par la justice pour corruption. (...)


   (...) "La lutte anticorruption est un combat sans retour et à mort", lance le journal de l'armée, le Jiefangjun Bao, dans un éditorial. Laissant entendre qu'il y a des résistances, le quotidien commence par réfuter leurs arguments. "Le combat jusqu'au bout contre la corruption – l'expulsion totale du mal – ne saurait que renforcer le cœur du parti, le cœur de l'armée, le cœur du peuple. La thèse selon laquelle il faudrait craindre de perdre les cœurs n'est que l'expression de la terreur de quelques corrompus."

   Ce combat peut-il se poursuivre sans limites ? Oui, affirme l'éditorial. "Si l'on a touché à de grands tigres tels que Zhou Yongkang ou Xu Caihou [ancien membre de la Commission militaire centrale et général de l'armée démis en juin 2014], qui n'oserait-on pas toucher ? L'armée est le pilier du Parti. Si elle est corrompue, c'est un pilier qui se corrompt et qui risque de s'écrouler ; la longévité de l'Etat, le bonheur du peuple, par quoi seront-ils alors garantis ? L'histoire a prouvé que si l'armée est absolument honnête, propre, fiable, le pays ne peut connaître de troubles importants. L'armée ne saurait abriter en son sein des corrompus, c'est l'exigence politique particulière du Parti vis-à-vis de l'armée." (...)

   (...) Dans les milieux de la finance, c'est à la morale que fait appel une chronique du site économique Caixin, l'un des médias les plus influents de Chine. "Nous sommes tous complices de la corruption", titre ainsi Wang Xiao, professeur de droit de la finance à l'Université centrale de la finance et de l'économie. Pour lui, tous les justes efforts pour combler les failles du système et tous les recours à la justice ne viendront pas à bout des tentations individuelles. Les garde-fous juridiques augmentent le coût personnel de la corruption, mais ne font pas disparaître les motivations à être corrompu, souligne-t-il. "La crainte du droit ne suffit pas, il faut aussi que l'on y croie." Pour Wang Xiao, l'efficacité de la lutte contre la corruption est donc une question de croyance, de tolérance et de vertu, toutes valeurs hautement désirables dans les marchés comme dans la société, et qui ne sont pas moins importantes que la croissance économique. (...)

   (...) Dès que l'on se tourne vers les médias chinois de l'extérieur de Chine, les discours se font plus directs. Wang Debang, ancien dirigeant étudiant du mouvement prodémocratique de 1989, s'interroge sur la campagne anticorruption dans un portail hébergé aux Etats-Unis, Huaxia Wenzhai. Si Xi Jinping dispose de la confiance en lui suffisante pour s'attaquer à d'aussi gros poissons que Zhou Yongkang, c'est d'abord qu'il se sent doté d'une légitimité de fils de haut dirigeant, ceux que l'on appelle les "princes rouges". Il a le sentiment de détenir le pouvoir de manière naturelle, en quelque sorte. Mais il y a là une injustice sociale fondamentale dit Wang Debang, car les cadres de haut rang qui sont parvenus à la force du poignet n'ont pu le faire sans de nombreuses compromissions. Ils sont forcément passés par la case corruption.

   Le commerce des charges gouvernementales est un phénomène largement répandu, et ces cadres savent bien qu'elle est injustifiable, politiquement, moralement autant que légalement. "Aussi, dès lors qu'ils sont pris sur le fait, ils ne résistent pas. La lutte contre la corruption par l'administration elle-même n'est pas très vigoureuse, car il est impossible de sortir de la boue sans se salir." Pour Wang Debang, la lutte contre la corruption ne doit pas se borner à viser des individus. "Il faut que les efforts se dirigent aussi vers la rénovation du système, afin que les bureaucrates, ne 'désirent', ne 'puissent', n''osent' être corrompus", dit-il en faisant écho à un mot d'ordre lancé par Xi Jinping. (...)

   (...) "Et si l'on rendait public les biens des dirigeants", demande pour sa part le quotidien honkongais Ming Pao ? "Si l'on veut éviter l'apparition de nouveaux Zhou Yongkang, la recherche de l'équilibre du pouvoir et la publication des biens des dirigeants est la bonne voie. Le président Xi Jinping a dit vouloir faire 'rentrer le pouvoir dans sa cage', ce qui implique que quiconque a du pouvoir se soumette au contrôle du peuple, et qu'il faut un système de publication complet des biens des hauts dirigeants." Mais Xi Jinping et Wang Qishan [membre du Comité permanent du Bureau politique qui supervise la Commission de la discipline du Parti], quel système va les contrôler, demande le journal ? "La longévité de l'Etat ne saurait reposer sur des personnalités particulières, mais sur un système puissant de lutte contre la corruption, car si le système n'est pas bon, même des gens bien peuvent faire de mauvaises choses."



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(Je surpris mon chien Médor en train de faire
des heures supplémentaires)



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Luc Desle