Bonjour à vous qui, dans le maelström du net, êtes arrivés, par hasard? lassitude? erreur? sur ce blog. Vous êtes les bienvenus. Vous y lirez des extraits d'articles, de pensées, d'interviews, piochés ça et là, et illustrés de photos et dessins détournés, via un humour de bon aloi. Vous pouvez évidemment réagir avec le même humour, la même ironie que nous mettons, chaque jour, à tenter de respirer un peu plus librement dans une société qui se corsète chaque fois un peu plus.

mercredi 30 avril 2014

"Cet automate et ses nerfs d'acier m'impressionna". Benoît Barvin in "Pensées pensées".

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Pensées pour nous-mêmes:

(NE COMPTE PAS
LES OREILLES DE L’ÂNE)

Pcc Jacques Damboise

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"Super, je voole!
- Moi aussi! Et sans parachute!"


Posted by o-m-e-r-t-a 



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"Fi donc, vile boîte en fer blanc!
- J'en ai autant pour vous, vile chair putréfiée"

(Augustin Blanchard, le célèbre écrivain 
de Fiction Fantastique, était un maître es dialogues)


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(L'Homme aux mille têtes
n'était hélas pourvu que d'une seule petite cervelle)



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"Lalalaaa...
J'ai une super pêche, aujourd'hui..."



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Nadine Estrella (avec le concours mal éclairé de Jacques Damboise)

mardi 29 avril 2014

"Miss Berlingot fit saliver tous les mâles de l'assemblée". Jacques Damboise in "Pensées inconséquentes".

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Pensées pour nous-mêmes:

(LA HAINE A SOUVENT
UNE BELLE VÊTURE)

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(Lunette de Cyclope. Modèle unique)


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"Dors, petit pauvre, dors,

je m'occupe du reste"




Le capitalisme se mord la queue

WILL HUTTON
THE OBSERVER

   (...) Un nouvel économiste crée aujourd'hui la polémique et il n'est pas de droite. Début avril, à la conférence de l'Institute of New Economic Thinking, à Toronto, l'ouvrage de Thomas Piketty, Le Capital au XXIe siècle, a été mentionné au moins une fois à chacune des séances auxquelles j'ai assisté. Il faut remonter aux années 1970, avec Milton Friedman, pour trouver un économiste ayant suscité un tel débat.

   Comme Friedman, Piketty est un homme de son temps. Si durant les années 1970, les inquiétudes portaient sur l'inflation, aujourd'hui elles sont liées à l'émergence de ploutocrates et à leur impact sur l'économie et la société.

   Piketty est convaincu que le niveau actuel des inégalités de richesse, qui est vouée à augmenter, compromet l'avenir du capitalisme. Et il le démontre. Cette thèse étonnante est très mal accueillie par ceux qui considèrent que le capitalisme et les inégalités sont interdépendants. Selon cette idée, soutenue par le centre droit, le capitalisme a besoin des inégalités de richesse pour stimuler la prise de risques et les initiatives. C'est pourquoi David Cameron et George Osborne plaident pour une diminution des droits de succession et se flattent du faible niveau d'imposition des plus-values et des sociétés, un système favorable aux entreprises. (...)

   (...) Piketty déploie deux siècles de données pour prouver qu'ils ont tort. Le capital, dit-il, est aveugle. Quand son rendement – par l'investissement dans des secteurs allant de l'immobilier à la construction automobile – dépasse la croissance réelle des salaires et de la production, comme il l'a toujours fait, à l'exception de quelques périodes comme les années 1910-1950, le stock de capitaux augmente beaucoup plus rapidement que l'ensemble de la production. Et les inégalités de richesse explosent.

   Ce processus est exacerbé par les héritages et, aux Etats-Unis et au Royaume-Uni, par l'augmentation du nombre de "superpatrons", royalement rémunérés. Les inégalités de richesse en Europe et aux Etats-Unis ont déjà atteint les niveaux d'avant la Première Guerre mondiale et s'orientent vers ceux de la fin du XIXe siècle, quand la chance de pouvoir compter sur un héritage jouait un rôle crucial dans la vie économique et sociale.

   Les dépenses excessives et les terribles tensions sociales qui ont marqué l'Angleterre édouardienne [1901-1910], la France de la Belle Epoque et les Etats-Unis des magnats de l'industrie semblent à jamais derrière nous, mais Piketty montre que la période comprise entre 1910 et 1950, durant laquelle ces inégalités ont été réduites, était anormale. Il a fallu une guerre et une récession pour mettre un coup d'arrêt à la dynamique des inégalités et pour mettre en place des impôts élevés sur les hauts revenus, en particulier ceux du capital, pour préserver la paix sociale. Aujourd'hui, le processus inéluctable de multiplication du capital aveugle au bénéfice de quelques privilégiés est à nouveau à l'œuvre, et qui plus est à une échelle mondiale. (...)

   (...) Il n'existe pratiquement pas de nouveaux entrepreneurs, hormis une ou deux start-up de la Silicon Valley, qui puissent gagner suffisamment d'argent pour concurrencer les concentrations de richesses incroyablement puissantes qui existent déjà. En ce sens, on peut dire que "le passé dévore l'avenir". Le fait que le duc de Westminster et le comte de Cadogan soient deux des hommes les plus riches de Grande-Bretagne est révélateur. Ce phénomène s'explique par les terrains que leurs familles possèdent depuis des siècles à Mayfair et à Chelsea et par les réticences à éliminer les possibilités d'évasion fiscale qui permettent à ces familles de faire prospérer leur patrimoine.

   Aujourd'hui, on est davantage encouragé à devenir rentier qu'à prendre des risques. Il suffit de voir l'explosion des investissements immobiliers. Nos sociétés et nos riches n'ont pas besoin de soutenir des innovations audacieuses ni même d'investir dans la production.

   D'autres forces se conjuguent contre le capitalisme. Piketty note que les riches savent très bien protéger leurs richesses de l'impôt et que la proportion du fardeau fiscal supporté par les ménages à revenus moyens a progressivement augmenté. En Grande-Bretagne, 1 % des ménages les plus riches paient effectivement un tiers de la totalité de l'impôt sur les revenus, mais ce dernier ne représente que 25 % des revenus du Trésor public : 45 % viennent de la TVA, de droits d'accises et de diverses contributions sociales payées par l'ensemble de la population. (...) 

   (...) De ce fait, la charge de dépenses publiques comme l'éducation, la santé et le logement incombe de plus en plus aux contribuables moyens, qui n'ont pas les ressources financières nécessaires pour les payer. Et c'est ainsi que les inégalités de richesse deviennent un facteur de dégradation des services publics et des conditions de travail.

   L'enseignement que l'on peut tirer du passé est que les sociétés s'efforcent de se protéger en fermant leurs frontières ou en menant des révolutions, voire des guerres. Les solutions – un taux d'imposition sur les revenus allant jusqu'à 80 %, des droits de succession réels, un impôt sur la propriété adéquat et une taxe mondiale sur les richesses – sont actuellement inconcevables. Mais comme l'écrit Piketty, la tâche des économistes est de les rendre plus concevables. Et c'est ce que fait Le Capital au XXIe siècle.


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(L'Homme au Chapeau avait 

une tête de bouledogue)




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Luc Desle

lundi 28 avril 2014

"Ce rat avala une couleuvre par inadvertance". Jacques Damboise in "Pensées à contre-pet".

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Pensées pour nous-mêmes:

(NE SOIS PAS TON PROPRE COUPE-JARRET)

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(L'avaleuse de couteaux,
ses amants s'en méfiaient)


Burlesque ~ Heather Holliday

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"Le clonage? Nous y pensons... On appellera ça,
le bogdanovage"


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Mange-t-on déjà des animaux clonés ?

KARINE LE LOËT

   (...) « Il y a de fortes chances que les Européens consomment déjà de la viande issue d’animaux clonés sans le savoir. » C’est l’inquiétude de la députée européenne Corinne Lepage exprimée dans les colonnes du Huffington Post ce mardi. Car légiférer sur le clonage sera l’une des missions des prochains élus au scrutin européen de mai. Mais cette inquiétude est-elle légitime ? (...)

   (...) En France, en poussant la porte d’un abattoir, aucune chance de se retrouver nez à nez avec une vache ou un mouton cloné. Si l’Union européenne interdit indirectement le clonage à des fins alimentaires en bannissant l’usage de techniques entraînant « des souffrances non nécessaires » (directive 98/58/EC, article 3), l’Hexagone réserve ses paillasses aux recherches scientifiques ou au clonage de chevaux de course.

   Mais ailleurs, les choses sont différentes. Aux Etats-Unis, au Canada, en Argentine, au Brésil et en Australie, des animaux sont bel et bien clonés pour alimenter des assiettes. Or, ces pays exportent vers l’Europe quelques animaux vivants. Très peu néanmoins : les importations de bêtes encore galopantes représentent moins de 0,01% du bétail européen, souligne les statistiques d’Eurostat reprises par un texte de travail de la Commission européenne. Peu de chance qu’il y ait des animaux clonés dans le tas : « Ils coûtent trop cher, on ne va pas les bouffer », souligne Corinne Lepage qui chiffre à 80 000 euros le prix d’un spécimen.

   Et si, malgré tout ça, certaines de ces copies animales voulaient filer vers l’Europe, il y a peu de mouron à se faire : la mise sur le marché de nourriture (viande, lait…) issue d’animaux clonés doit théoriquement passer par les fourches caudines de l’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa). Or, jusqu’à présent : « Aucun opérateur commercial européen ou étranger n’a demandé une autorisation pour mettre sur le marché de la nourriture produite à partir de la technique du clonage », précise un communiqué de Bruxelles publié en décembre. Une information confirmée à nouveau cette semaine par un mail lapidaire du service de presse de l’Efsa. (...)

   (...) Là, tout change. Car si les produits issus d’animaux clonés sont strictement encadrés et franchement peu rentables, ce n’est pas le cas de la nourriture produite sur le dos ou dans les pis de leur descendance. Une descendance rendue justement plus grasse ou meilleure productrice de lait grâce à un parent de choix. « Rien n’interdit les éleveurs de faire entrer en Europe des semences d’animaux clonés », souligne encore Corinne Lepage. D’ailleurs, la chose s’est déjà vue. En Grande-Bretagne, deux embryons prélevés dans l’utérus d’une vache américaine clonée avaient donné naissance à deux taureaux, dont l’un d’eux avait fini dans les assiettes de quelques Britanniques. L’affaire, révélée en 2010, avait fait grand bruit. Sans être illégale.

A l’époque, un responsable de Bruxelles avait d’ailleurs précisé au quotidien britannique The Daily Telegraph que, puisqu’aucune restriction ne touchait l’importation de semences, des milliers de cochons et de vaches issus d’un parent cloné étaient probablement d’ores et déjà élevés en Europe. Impossible néanmoins d’avoir des chiffres : « Les Etats membres ne surveillent pas si les animaux importés ou le matériel reproducteur provient d’animaux clonés ; dans la plupart des cas, il est impossible de savoir s’il y a eu des importations d’animaux clonés ou de matériel reproducteur issus de clones », souligne le rapport du Parlement. Là encore, le texte relativise : le matériel reproductif importé ne représente en moyenne que 2,5% du stock européen, « mais peut monter à 20% dans certains Etats membres », souligne le texte sans préciser lesquels.

   Rien n’interdit non plus l’importation directe de viande ou de lait issus des enfants de ces clones, nés à l’étranger. Or, dans la plupart des pays exportateurs vers l’Europe et qui pratiquent le clonage pour l’alimentation, les clones sont là encore peu ou pas répertoriés comme tel. « Les clones sont enregistrés par des compagnies privées aux Etats-Unis, au Canada et au Brésil. En Argentine et en Australie, ils ne le sont pas du tout », souligne le rapport du Parlement. Là encore, les chiffres sont assez faibles pour les bovins – les principaux animaux concernés par le clonage – avec 7,3 tonnes d’équivalent carcasse (tec) importés en 2013 depuis des pays tiers contre 378,8 depuis des pays européens. L’agneau en revanche est largement importé notamment depuis la Nouvelle-Zélande (164,4 tec en 2013) mais cet animal est encore peu cloné. Reste le cas du cheval, largement touché par la technique, et dont la viande est massivement importée en France depuis des pays tiers : Canada, Mexique, Argentine ou encore Uruguay. Y aurait-il parmi ceux dont on a prélevé la chair des descendants d’animaux clonés ? Impossible de le savoir tant la traçabilité fait défaut.

   Et demain ?« Je ne dis pas que la chose existe dans de grandes proportions mais ce sera peut-être le cas demain. Et que, si l’on veut stopper le clonage, c’est le moment d’agir », confie Peter Stevenson, conseiller stratégique de l’ONG britannique Compassion in World’s Farming (Compassion pour l’élevage du monde, CIWF) et lobby auprès du Parlement de Bruxelles. Or pour le moment, la proposition de la Commission que devra examiner la prochaine législature ne couvre pas le nœud du problème : la nourriture issue de la descendance des clones. Même si les choses devaient rester en l’état, « au minimum, il faut une information du consommateur. Mais le souci, c’est que tout le monde sait que si c’est écrit sur l’étiquette, personne n’achètera le produit », souligne Corinne Lepage. (...)

   (...) Les études réalisées montrent peu ou pas de risques pour les produits issus de descendants d’animaux clonés. C’est le cas notamment des conclusions d’un travail publié par l’Efsa en 2008. Selon ce texte, « il est très peu probable que des différences existent entre les produits alimentaires issus de clones ou de leur progéniture, et ceux dérivés d’animaux conçus de façon traditionnelle. » « Comme d’habitude, l’Efsa dit “il n’y a rien à craindre. Mais elle n’en sait rien du tout”, s’étrange Corinne Lepage. Ce qu’on sait en revanche, c’est que les animaux clonés vivent moins longtemps que les autres et ont plus de problèmes de santé. » 

   Fausses couches à répétition pour les mères, animaux morts en bas âge ou affectés de problèmes immunitaires ou cardiaques… Autant de problèmes reconnus par l’Efsa et qui motivent l’interdiction de la pratique dans l’UE… sans qu’elle ne s’applique à leur progéniture. « Autoriser la consommation de produits issus de la descendance d’animaux qui ont été clonés aux Etats-Unis ou au Brésil et qui ont enduré beaucoup de souffrance, c’est scandaleux. Au bout du compte, nous utilisons notre marché pour faire progresser, en amont, le nombre de clones », s’agace Peter Stevenson.


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"Qui, de vous deux, a la plus jolie trombine?
Ben, je sais pas, moi...
Vous êtes frères jumeaux, 
alors difficile à déterminer..."


(via hummungus)

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Luc Desle

dimanche 27 avril 2014

"Elle avait les chevilles fragiles mais pas l'entrecuisses". Jacques Damboise in "Pensées à contre-pet".

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Pensées pour nous-mêmes:

(LE SEXE EST-IL UN MAÎTRE?)

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La "girl", "Chica", "Garota" de Ipanema fait encore des siennes dans nos pages. A relier avec les autres interprétations dont nous nous sommes faits l'écho et qui ne quitte pas notre mémoire...

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Gal Costa - Garota de Ipanema


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Jarabe de Palo - La Chica de Ipanema


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Lisa Ono "Garota de Ipanema" 
Live at Java Jazz Festival 2007


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Amy Winehouse - The Girl From Ipanema (HQ)



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Nadine Estrella

samedi 26 avril 2014

"Il faisait l'amour comme une bête, ce loup-garou". Jacques Damboise in "Pensées inconvénientes".

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Pensées pour nous-mêmes:

(LE BONHEUR EST UNE 
MALADIE DÉLICIEUSEMENT
CONTAGIEUSE)

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"Vous auriez pas un masque et un tuba?"


(Source: southern-valley-man, via retro182)

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Dessin de Ammer, d'Autriche

Obama à l'heure asiatique

GABRIEL HASSAN
COURRIER INTERNATIONAL

   (...) Le président américain a entamé le 23 avril une tournée attendue de longue date, qui doit le conduire au Japon, en Corée du Sud, en Malaisie et aux Philippines. Pour Barack Obama, il s'agit d'afficher son soutien aux alliés de Washington dans une région que la Maison-Blanche considère comme prioritaire. Il y a trois ans, la secrétaire d'Etat Hillary Clinton avait mis en avant la stratégie du "pivot vers l'Asie" : après dix ans de guerre au Moyen-Orient, la diplomatie américaine devait se recentrer sur l'Asie orientale, la région la plus importante dans le monde du XXIe siècle.

   A cet effet, le président Obama doit officialiser lundi un accord avec Manille offrant aux Etats-Unis un large accès aux bases philippines, qui sera, selon The New York Times, la principale annonce de la tournée.

   Mais sa venue est accueillie avec un "profond scepticisme" dans la région, rapporte le quotidien de Singapour The Straits Times. Les alliés des Américains s'interrogent sur l'engagement de Washington, d'autant qu'Obama a repoussé sa tournée à plusieurs reprises. "Les deux plus gros doutes concernent la volonté des Etats-Unis d'intervenir militairement en Asie en cas de besoin et la capacité politique du président américain de faire ratifier de potentiels accords de libre-échange", précise le journal. De fait, les tensions n’ont cessé de monter entre la Chine et plusieurs pays de la région, notamment autour des îles en mer de Chine méridionale. (...)

   (...) Ces interrogations sont encore renforcées par la situation en Ukraine, indique le quotidien. La crise ukrainienne "remet en cause l'idée que l'Europe et le Moyen-Orient sont désormais suffisamment stables pour que Washington porte son regard ailleurs". En outre, elle suscite "des interrogations sur la puissance militaire américaine, en particulier dans les pays que les actions provocatrices de la Chine inquiètent." En annonçant des réductions dans le budget du Pentagone au début de l'année, les Etats-Unis "n'ont fait qu'accroître l'inquiétude", poursuit The Straits Times.

   Pour autant, Washington doit éviter de trop montrer les muscles et trouver "le bon équilibre". Le journal résume bien le dilemme auquel fait face le président américain : "Obama voudrait convaincre ses alliés qu'ils peuvent compter sur le soutien des Etats-Unis, sans paraître trop menaçant pour la Chine". 


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(Chat mort-vivant sympathique)


madò *u*

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Luc Desle

vendredi 25 avril 2014

"J'eus un sourire complice qui attira l'attention de l'inspecteur". Benoît Barvin in "Pensées pensées".

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Pensées pour nous-mêmes:

(L'EAU VIVE EST ÉTERNELLE)

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(Future victime de l'Ogre voulant démontrer
que son cou n'avait rien à voir avec
celui d'un banal poulet)



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(Technocrate européen écoutant la douce musique
des OGM, accompagnée en sourdine par
une cascade de piécettes)



OGM: 
le dernier coup de force de Barroso

José Bové
Eurodéputé Europe Ecologie-Les Verts

   (...) Le 11 février 2014, un nombre record de 19 États de l'UE sur 28 se sont prononcés contre l'autorisation du maïs OGM TC1507 de Pioneer, sans parvenir toutefois à atteindre une majorité qualifiée qui aurait débouché sur une interdiction pure et simple. Malgré ce signal fort, la balle retourne dans le camp de la Commission européenne qui doit trancher et qui ne cache pas ses intentions d'ouvrir les champs européens aux OGM.

   Parallèlement à cette tentative de passage en force pour l'acceptation d'une variété de maïs OGM, la Commission européenne tente de sortir en catimini de l'impasse dans laquelle elle se trouve depuis décembre 2008. C'est en effet à cette date que les États Membres ont demandé que les évaluations des OGM prennent mieux en compte les aspects environnementaux et intègrent les impacts sociaux-économiques. La Commission n'a pas donné mission à l'AESA pour intégrer ces nouveaux aspects fondamentaux dans une véritable évaluation. Toute nouvelle législation européenne doit impérativement respecter cette demande unanime des pays. Le Commissaire à la Santé Tonio Borg, en pleine période des élections européennes, tente d'imposer un accord au Conseil qui permettra aux multinationales des OGM d'assouplir les procédures d'homologations au niveau européen tout en leur proposant de négocier avec chaque pays le droit de cultiver des OGM.

   Les multinationales se frottent déjà les mains car une fois qu'une variété sera cultivée dans un pays, aucun autre état ne pourra empêcher la vente de produits alimentaires transformés utilisant ces variétés transgéniques, libre circulation oblige. Le renard sera enfin rentré dans le poulailler; la traçabilité sera encore plus difficile et, en cas de problème, in fine personne ne sera responsable comme on le voit aujourd'hui avec la vache folle.

   Cette proposition est totalement inacceptable. Mais ce qui l'est plus encore, ce sont les rumeurs qui courent dans les couloirs de Bruxelles. Certains grands états membres comme l'Allemagne, la Pologne ou la même la France serait sur le point de valider cette pirouette de la Commission.

   Cette tentative de passage en force de la Commission européenne sous la pression permanente des lobbies qui développent des OGM, est une pseudo subsidiarité qui va à l'encontre du renforcement de la protection des agriculteurs et des consommateurs.

   Ségolène Royal, Ministre de l'Ecologie a toujours été une défenseure de l'agriculture familiale de qualité et s'est, à de nombreuses reprises, prononcée contre l'utilisation des OGM en agriculture.

Si cette proposition arrivait au Conseil, Madame Royal devrait s'y opposer farouchement et au besoin, activer le veto de la France, dans l'attente que la Commission européenne fasse le travail qui lui a été demandé en 2008 et qu'elle n'a toujours pas fait.

   Madame Royal doit demander à Monsieur Barroso d'arrêter ce processus qui ne répond ni aux risques environnementaux et socio-économiques, ni à la concurrence déloyale entre pays et encore moins à des poursuites devant l'OMC pour les pays refusant les OGM. Elle doit surtout prendre cette initiative pour garantir aux consommateurs français et européens qu'ils ne trouveront pas, demain, des OGM dans leurs assiettes. (...)


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(Liberté chérie américaine, un tout petit peu
ligotée par les lobbies de l'argent)



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Benoît Barvin

jeudi 24 avril 2014

"Elle lui offrit son coeur trop tard, il était devenu végétarien". Benoît Barvin in "Pensées pensées".

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Pensées pour nous-mêmes:

(AIMES-TU VRAIMENT LE BONHEUR?)

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"Au secours!
Je suis poursuivie par le Mangeur de Rêves!"



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(Le dialogue social vu par le MEDEF)



Omerta chez Radiall,
l’entreprise de Pierre Gattaz

Camille Cruz et Apolline Henry

   (...) Quand on passe sur la Nationale 10, impossible de manquer l’entreprise Radiall. Avec ses grands bâtiments métallisés qui éblouissent au soleil, son logo géant et ses grillages bleu et blanc, la firme est l'une des plus importantes du parc industriel nord de Château-Renault. Ce leader mondial de la conception de connecteurs électroniques possède trois autres sites en France, emploie quelques 2 500 salariés à travers le monde, et est dirigé par un patron nationalement connu : Pierre Gattaz, le président du Medef. En décembre 2012, François Hollande, fraîchement élu, en avait fait un symbole de l’innovation made in France. 

   Autant de bonnes raisons de nous intéresser à l'entreprise. Au début du mois de février, un premier rendez-vous est donc fixé avec Bernard Garnier, le DRH du site de Château-Renault. Trois cent salariés, des commandes livrées à Airbus ou Bombardier, des ouvriers qui, en moyenne, restent jusqu'à quatorze ans au sein de Radiall, pas de licenciements depuis 2009... « Le climat social est sain », conclut fièrement le DRH.

   L'expression fait doucement rire Julien Foucreau et Nicolas Delclaud, deux représentants du personnel, rencontrés le même jour. A l'intérieur du petit local qui leur est réservé, ils racontent leurs difficultés à se faire entendre. « On est un peu vus comme des parias par la direction », commence l'un. « Le plus urgent pour nous, c'est de réussir à dialoguer », insiste l'autre. Les deux hommes regrettent de ne pas recevoir plus d'informations de la part de la direction, surtout lorsque les salariés sont les premiers concernés. Ce fut le cas lors de la mise en place du lean, une nouvelle organisation du travail, qui promet de réduire les coûts et d’améliorer la productivité de l'entreprise. Personne, du côté du personnel, ne se rappelle vraiment de son apparition. Il y a trois ans ? Cinq ? Dix ? « C'est arrivé sans qu'on s'en rende compte », lâche finalement Julien Foucreau, délégué syndical SUD à Château-Renault. Observation des salariés, chronométrage d’un atelier, puis cartographie d'un autre... Le lean s'est installé pas à pas.

  (...) En 2012, le conseil de surveillance de Radiall, réuni à Château-Renault, prévoit de présenter le lean à ses actionnaires. Autour de la table, la famille Gattaz, du père au fils en passant par les cousins, quelques hauts placés de la firme et quatre représentants du personnel. Alors que la réunion débute, Pierre Gattaz se lève pour inviter ces derniers à quitter la salle. « J’ai cru que c’était une blague », se rappelle Pascal Bonnardel, suppléant du représentant du site de Voreppe (Isère). Laurent Maunier, responsable de mission à Secafi, un cabinet de conseil aux comités d'entreprise, a son explication. « En général, le lean est mal perçu par les syndicats, analyse-t-il. Alors les directions évitent de discuter du sujet ouvertement. » Dans l'entreprise de Pierre Gattaz, qui s'est pourtant érigé en «fervent partisan du dialogue social » (Le Figaro, mai 2013), la présentation du lean s’est donc faite sans le personnel. 

   Et sur son fonctionnement, c’est l’omerta. Malgré 27 coups de téléphone et une dizaine de mails, José Fonseca, le directeur du site de Château-Renault, est resté injoignable. Après nous avoir reçu une première fois en février, le DRH, Bernard Garnier, s’est lui aussi volatilisé, éternellement en rendez-vous ou en pause déjeuner. « Si vous avez pu le rencontrer la première fois, c'est uniquement parce que le directeur était en vacances à ce moment-là », rient amèrement les délégués du personnel. (...)

   (...)  La direction refusant désormais notre venue dans l'entreprise, c'est dans un bistrot que Nicolas Delclaud et Julien Foucreau racontent son application dans les ateliers de Radiall. A Château-Renault, les stocks ont d’abord été bannis de l'entreprise. « Il faut répondre à la commande tout de suite », témoignent les deux représentants du personnel. Autre changement :« Maintenant, chacun est caché derrière sa machine. Et les discussions, c'est seulement professionnel, déplore Julien Foucreau. Le but, c'est d'éviter à l'ouvrier tous les temps morts. » Normal, puisque le terme lean, venu du Japon et des usines Toyota dans les années 1980, signifie « dégraissage ». A Radiall, les ouvriers travaillent désormais avec des lampes colorées au-dessus de leur machine. En vert, tout va bien. Mais lorsqu'un retard se fait sentir, la lumière passe au rouge, il faut accélérer la cadence. Pour être plus productifs, les salariés doivent tenir le rythme. 

   «L'une des conséquences du lean est l'intensification du travail, analyse Laurent Maunier, ergonome de formation. Donc qui dit produire plus dit faire plus de gestes, plus de mouvements, plus de sollicitation physique. » Conséquence : une augmentation des troubles musculo-squelettiques, comme les tendinites. Le mal n'est pas seulement physique. « On sent parfois les personnes moins investies, une sorte de ras-le-bol », témoigne Julien Foucreau. « Le lean parcellise le travail, donc les tâches deviennent de plus en plus simples, souligne Laurent Maunier. Les salariés ne trouvent plus d'intérêt, de motivation, dans la réalisation de leur travail. »

   La réalité semble bien loin de la démarche lean imaginée au Japon afin d’améliorer le bien-être des salariés et de favoriser leur implication dans les décisions de l'entreprise. « Le dialogue invoqué tourne au monologue centré sur le seul chiffre de la productivité », déplorait Yves Clot, titulaire de la chaire de psychologie du travail au CNAM (Conservatoire national des arts et métiers), dans Le Monde, en mars 2014. «Je crois au lean management, qui repose sur le facteur humain et qui amène chacun à être meilleur dans ce qu'il fait, à contribuer à la réussite de l'entreprise », déclarait pourtant Pierre Gattaz en avril 2013. Mais ici, à Château-Renault, pas moyen de discuter de ce fameux lean censé doper les performances et le moral des salariés. Pour notre dernière tentative de dialogue nous avons appelé directement le siège du Medef : nouvel échec. 

   Une chose est sûre : le lean permet de dégager d'importants gains de productivité dans les entreprises où il est appliqué, jusqu'à plus de 30 % selon Laurent Maunier. A Radiall, le chiffre d'affaires n'a cessé de gonfler ces dernières années, s'élevant à plus de 235 millions d'euros en 2013. « Le lean, c’est juste fait pour répondre aux objectifs de la direction, résume Julien Foucreau. Plusieurs salariés nous ont dit "On s’est fait avoir". » (...)

   (...) Pas facile de recueillir le témoignage des principaux intéressés à Château-Renault. «Les salariés ont peur pour leur emploi, avoue Nicolas Delclaud. Si vous voulez les voir, il faudra les attendre à la fin de la journée sur le parking de l'usine. Le point de repère, c'est un buisson. Derrière, il n'y a plus de caméra de surveillance. » Derrière le buisson, quelques salariées seulement ont accepté de nous parler. Deux minutes, pas plus. « On ne sait pas trop si on a le droit », commencent par dire deux ouvrières. Elles refusent de donner leur nom : « Ça pourrait avoir des retombées ». 

   Le lean, elles ne connaissent pas, mais les changements de conditions de travail, elles les ont bien constatés : division des tâches, déplacements plus fréquents, tables de travail plus petites… « Nous, les ouvriers, on est les premiers concernés, mais personne ne nous a demandé notre avis », critiquent-elles. « On ne nous écoute pas », enchérit une autre, anonyme elle aussi.

   En décembre 2013, sans doute pour se faire enfin entendre, près de 200 salariés du site de Château-Renault, selon le syndicat SUD, ont cessé le travail pour protester contre des augmentations de salaire jugées insuffisantes. Un débrayage qui n’a duré qu’une heure et demie, mais qui a pourtant porté ses fruits : la direction a promis une nouvelle négociation salariale au printemps 2014 et quinze embauches. Et en cette fin avril, dans le cadre de la Semaine de l’industrie, Radiall vient d’entrouvrir ses portes à Pôle Emploi. Mais nous n'avons pas été invitées.


µµµ

(Fervente démocrate cherchant à pactiser
avec un membre du Parti Extrême)



µµµ
Benoît Barvin

mercredi 23 avril 2014

"Ce cancre las resta toute sa vie tapi dans un coin de sa chambre". Jacques Damboise in "Pensées contingentes".

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Pensées pour nous-mêmes:

(LE SAGE NE PORTE AUCUNE COURONNE)

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"Allons, Boucle d'Or, reviens!
- On ne va pas te manger, quoi!
- Pas sans t'avoir cuite avant, quand même!
- On n'est pas des ours sauvages...
- Ahahaha..."



Goldilocks and the Three Bears - Jessie Willcox Smith - via

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(La fille qui zieutait les hommes nus
en pleine action)


Howard Pyle
(Source: luz-sonriente, via lacriniere)

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(La femme qui n'arrivait pas à atteindre ses fleurs préférées
était infiniment triste... et se sentait un rien stupide)


Our Wisteria, 1912, Jean Mannheim. (1862 -1945)
(Source: poboh)

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"Oui, c'est un bon chien-chien, ça...
Mais oui, et il veut des caresses, hein..."


(Le bon chien-chien, après avoir mordu sa maîtresse jusqu'au sang,
goûta un repos bien mérité dans un cimetière pour
animaux de mauvaise  compagnie)


Carole Lombard, with Commissioner - Happy Birthday, October 6th! - via
Carole Lombard had a little dachshund named Commissioner 
who ignored Clark Gable completely. 
After her death in 1942, the dog would not leave Gable’s side.
(Source: mothgirlwings)

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Blanche Baptiste (et Jacques Damboise)

mardi 22 avril 2014

"Cette midinette, à minuit, l'était beaucoup moins". Jacques Damboise in "Pensées contraignantes".

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Pensées pour nous-mêmes:

(LE SAGE CONNAIT-IL L'HEURE
DE SA MORT?)

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"Tiens, de la nourriture..."



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"Des... pff...pff... Gauloises?
Et pourquoi pas me faire fumer
des brins d'herbes?"



Adieu Gauloises, 
un autre symbole français part en fumée

KAREL VANHAESEBROUCK
DE MORGEN

   (...) Le plus grand fabricant de cigarettes en France, la Seita, ferme les portes de son usine et la délocalise en Pologne : 327 emplois sont menacés, et la Gauloise, un des joyaux de l'identité culturelle de la France, ne sera plus produite sur son sol.

   Manuel Valls, tout juste nommé Premier ministre, n'aura pas tardé à se heurter à des difficultés. L'usine de Carquefou, près de Nantes, fabrique chaque année quelque 12,2 milliards de cigarettes, mais pâtit à présent de la diminution de la consommation. Le gouvernement français, qui fait profil bas, se retrouve dans une situation compliquée : des années d'investissements dans la prévention contre la consommation de tabac ont fini par porter leurs fruits. Les ventes décevantes de Gauloises, entre autres, devraient être une bonne nouvelle. Pourtant, le gouvernement garde le silence. C'est que le déménagement de l'usine porte en effet un rude coup à l'ego français. (...)

   (...) La production et la commercialisation de cette exception française* nommée Gauloises sont longtemps restées une affaire d'Etat, un peu comme l'Académie française, cette autre gardienne du goût français officiel. Le Service d'exploitation industrielle des tabacs et allumettes (Seita) est une société héritée du monopole que Colbert a instauré à la fin du XVIIe siècle. Les Gauloises sont pour leur part produites depuis 1910 et, jusqu'en 1995, elles étaient entre les mains de l'Etat.

   Depuis les années 1950, la Seita propose des cigarettes à bout filtre et cherche à séduire une clientèle féminine. La féminisation s'observe aussi dans le rapport à la cigarette : fumer devient un mode – ou du moins un signe – d'émancipation. En 1999, les Gauloises devient propriété d'Altadis, résultat d'une fusion entre la Seita et son homologue espagnole Tabacalera. En 2008, le groupe est acheté par le britannique Imperial Tobacco. Et voilà une page d'histoire nationale qui se tourne. (...)

   (...) La pilule est amère, car fumer des Gauloises est un acte de patriotisme : soldats d'infanterie (les poilus*) pendant la Première Guerre mondiale, résistants opposés au régime de Vichy... En 1935, la société a produit les "troupes" (spécialement pour les soldats français). Jusqu'à la fin des années 1970, tous ne juraient que par une seule et même cigarette. La Gauloise respire non seulement l'héroïsme, mais aussi la classe et le charme. Sartre, Camus, Baudrillard, ou encore Jim Morisson étaient tous de fervents fumeurs de Gauloises.

   Quand on veut se sentir français, on achète le paquet bleu frappé du casque ailé d'Astérix. Et dans tout film typiquement français, non seulement on palabre beaucoup, mais on fume aussi en permanence – souvent des Gauloises, comme dans Le Locataire (1976) de Roman Polanski. En 1964, Leo Ferré consacre à la célèbre cigarette une chanson d'amour : La Gauloise. (En 1972, il en enregistrera une autre version : La Gitane – autre cigarette archifrançaise.) (...) 

   (...) La Gauloise est donc, pour faire vite*, l'équivalent toxique de la DS(déesse*) de la marque Citroën, avec sa suspension hydropneumatique. Elle respire autant la francité* que les alexandrins ronflants de Racine et elle est presque aussi érotique que la dentelle délicate d'une jarretelle. Tous ces produits français font partie intégrante de l'identité française. Mieux encore : ils rendent cette identité visible et communicable. Contrairement à la pipe ou au cigare, la cigarette est en outre démocratique. La Gauloise est un vrai mythe, tel que le décrit le philosophe Roland Barthes [1915-1980] dans Mythologies : elle aide le Français à se représenter sa propre identité. Seulement voilà : depuis peu, cette représentation n'est plus made in France.

   Avec le départ des Gauloises pour la Pologne, une époque semble définitivement révolue. L'Etat-nation français, au sein duquel coïncidaient les frontières de l'Etat, l'identité culturelle et l'appareil productif n'est plus. Cherchant, en titubant et à tâtons, une nouvelle identité (le succès de Marine Le Pen n'est vraiment pas un hasard), cet Etat d'exception qu'est la France n'échappe pas à la logique économique impitoyable de la mondialisation. Et cette logique frappe l'identité culturelle du pays en plein cœur.

   Karel Vanhaesebrouck enseigne le théâtre et la culture à l'Université libre de Bruxelles, ainsi qu'à l'Ecole des arts et techniques audiovisuels et dramatiques (Rits). Avec Jan Baetens, il a publié récemment Kleine Vlaamse Mythologieën (Petites Mythologies flamandes, aux éditions Balanseer, 2014).
Note :* En français dans le texte.


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"J'ai ai eu deux!
- Deux quoi?
- Deux, quoi... Il faut
tout t'expliquer, à toi!
- ?"


Expressions
photo by H Armstrong Roberts
1932
(she means it’s twins .. I think)

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Luc Desle