Bonjour à vous qui, dans le maelström du net, êtes arrivés, par hasard? lassitude? erreur? sur ce blog. Vous êtes les bienvenus. Vous y lirez des extraits d'articles, de pensées, d'interviews, piochés ça et là, et illustrés de photos et dessins détournés, via un humour de bon aloi. Vous pouvez évidemment réagir avec le même humour, la même ironie que nous mettons, chaque jour, à tenter de respirer un peu plus librement dans une société qui se corsète chaque fois un peu plus.

samedi 31 mai 2014

"Il rognait sur ses dépenses quotidiennes pour s'acheter une conduite intérieure". Benoît Barvin in "Pensées pensées".

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Pensées pour nous-mêmes:

(ES-TU HABILLÉ DE PROBITÉ?)

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(La mort était toujours tirée à quatre épingles)


M.C. Escher ~ "Skull and Cigarette", 1917

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"Belle Marâtre,
 tu es sûre que cette pomme ne contient
aucun perturbateur endocrinien?
- C'tte blague! Il ne contient que du poison, 
ma Chérie, du banal poison qui tue..."


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PERTURBATEURS ENDOCRINIENS : 
LE CONSENSUS FRANÇAIS TRANCHE
AVEC LE BLOCAGE EUROPÉEN

Magali Reinert
© 2014 Novethic - Tous droits réservés

   La réglementation européenne sur les perturbateurs endocriniens restera déficiente. Pour l’instant du moins. Ni les règlements "biocides" et "pesticides", ni lerèglement Reach sur les substances chimiques ne tiennent compte de la toxicité spécifique de ces substances chimiques. La Commission européenne était tenue d’agir avant la fin de l’année 2013 à l’occasion de la révision de ces différents règlements. Pourquoi une telle inaction ?

   Le premier blocage vient de la construction d’une controverse scientifique. Une fausse querelle qui a empêché l’adoption d’une définition européenne des perturbateurs endocriniens. Le lobby de l’industrie chimique est largement montré du doigt. "C’est la stratégie habituelle des lobbies industriels d’entretenir un doute scientifique pour retarder les décisions", explique Martin Pigeon, de l’organisation bruxelloise de veille sur le lobby industriel, Corporate Europe Observatory.

   Pour comprendre la situation actuelle, il faut revenir un peu en arrière. En mai 2013 précisément. A l’époque, une centaine de chercheurs internationaux lancent une initiative exceptionnelle pour alerter directement la Commission sur le problème. Dans un texte baptisé "Déclaration de Berlaymont", ils lui demandent de tenir compte des évidences scientifiques sur la toxicité spécifique des perturbateurs endocriniens. Ces substances chimiques agissent en effet sur le système hormonal et sont incriminées dans l'augmentation des malformations génitales, des cancers, de l’obésité et du diabète. (...)

   (...) Au cours de l’été, 18 toxicologues contredisent l’appel des signataires de la déclaration de Berlaymont. Leur éditorial, publié dans 14 revues scientifiques, critique "les précautions scientifiquement infondées" de la direction générale de l’Environnement dans ses propositions de règlementations.

   L’indignation de nombreux scientifiques ne se fait pas attendre. Ils dénoncent aussitôt les arguments mal étayés et les "intentions dissimulées" de leurs confrères. Et pour cause : selon une remarquable enquête de la journaliste Stéphane Horel, 17 des 18 signataires étaient en situation de conflits d’intérêt en raison de leurs liens avec l’industrie chimique.

   Bruxelles s'est alors vu obligé d’arbitrer ce différend. La controverse a brutalement pris fin : la toxicologie en vigueur (basée sur des doses d’exposition) est insuffisante pour encadrer les perturbateurs endocriniens. Leurs modes d’actions nécessitent aussi de tenir compte de la période d’exposition, des effets cocktails et des actions à faible dose. (...)

   (...) Un nouveau coup de théâtre intervient au cours de l’été en 2013. La Direction générale Santé et consommateurs (DGSanco) de la Commission européenne demande une étude d’impact économique. Une décision anormale à ce stade, puisqu’il n’existe toujours pas de définition des perturbateurs endocriniens.

   Mais cette demande gèle surtout le processus jusqu’à la remise de ladite étude. A ce jour, elle n’a toujours pas été lancée. "Le lobby industriel a réussi à instrumentaliser les tensions entre les différentes directions générales de la Commission", analyse Martin Pigeon. La DGSanco bloque en effet le travail de la DG Environnement, partisane d’une réglementation depuis le printemps 2013. (...)

   (...) En jouant la montre, les opposants à la réglementation ont gagné du temps. La situation actuelle restera figée jusqu’à la mise en place de la nouvelle Commission européenne à l’automne. Une autre incertitude repose sur la position du Parlement européen qui sera élu le 25 mai. Car si les députés ont peiné à faire entendre leur voix, ils ont néanmoins ratifié à une large majorité, le 14 mars 2013, un rapport d’initiative réclamant à Bruxelles de réduire l’exposition aux perturbateurs endocriniens.

   Face à cette situation, plusieurs États membres s’impatientent. En mars 2014, la Suède a décidé de poursuivre la Commission européenne en lançant un recours en carence. Une procédure rare. Quant à la France, elle a adopté sa Stratégie nationale sur les perturbateurs endocriniens (SNPE) le 29 avril dernier. Elle entend ainsi conserver son rôle moteur en Europe, conforté par l’adoption de la loi sur le bisphénol A.

   "En reconnaissant la spécificité des perturbateurs endocriniens, la France fait un pas en avant extrêmement important", souligne André Cicolella, le président du Réseau Environnement Santé, qui a porté ce dossier devant les pouvoirs publics. Fait unique en Europe, les représentants du Medef et de l’Union des industries chimiques (UIC) ont voté le texte.

   Il reste néanmoins difficile de cerner les véritables motivations des industriels. Malgré nos demandes répétées, aucun des acteurs du secteur n’a souhaité s’exprimer. Parmi celles évoquées par les membres du Conseil national de la transition écologique, le consensus français entre parlementaires, société civile, chercheurs et experts de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (ANSES). Autre piste possible, celle de l’importante place accordée à l’innovation dans la stratégie française. "Si l’industrie des matières plastiques s’était positionnée plus tôt sur les substitutions à des polluants connus come le bisphénol A, elle aurait pu répondre aux enjeux actuels", souligne André Cicolella.

   A ce jour, rien ne laisse présager que le compromis français serve d’exemple à Bruxelles.


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(La Petite Princesse Pauvre
attendait dans son carrosse
qu'on lui offre deux chevaux
pour pouvoir se déplacer)



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Benoît Barvin

vendredi 30 mai 2014

"L'Homme à l'oreille cassée, je ne pouvais plus la lui tirer". Jacques Damboise in "Pensées à contre-vent".

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Pensées pour nous-mêmes:

(LE SAGE PEUT-IL ETRE
TON POISSON ROUGE?)

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(L'Assemblée des Belles-Mères rigolotes commençait bien)


Sun City

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Faut-il-faire-payer-davantage-les-riches_article_popin

Que faire de la dette publique ?

Bernard Marx

   (...) Manuel Valls avait prévenu : Le « cap » de l’action gouvernementale « est tracé » et « ne changera pas », quels que soient les résultats des élections pour le Parlement européen du 25 mai. Au lendemain de ce qu’il a qualifié de « séisme », lui-même et François Hollande ont juste confirmé qu’ils voulaient aller plus vite. Comme s’il n’y avait qu’un seul diagnostic et qu’une seule médecine aux problèmes.

   L’audit de la dette publique française que vient de rendre public un groupe de travail du Collectif pour un audit citoyen de la dette publique, coordonné par l’économiste Michel Husson, montre au contraire que qu’il est nécessaire et possible de s’y prendre autrement pour s’attaquer au problème de la dette publique.

   D’où vient la dette publique ? D’un excès de dépenses dit de longue date le discours dominant repris aujourd’hui par le gouvernement ? Faux répondent les auteurs de l’étude : « 59% de l’actuelle dette publique proviennent des cadeaux fiscaux et des taux d’intérêts excessifs ». (...)

   (...) 1. En fait de montée irrépressible des dépenses de l’Etat, elles sont passée d’environ 24 % du PIB jusqu’en 1990 à 21 % en 2008. La baisse est encore plus sensible si l’on exclut les intérêts sur la dette publique. Depuis la crise a fait remonter le poids des dépenses publiques dans le PIB mais cela tient à la montée de dépenses d’amortissement social et à récession puis à la stagnation de la production.

   2. Une première cause de la permanence des déficits depuis 1980 et donc de la montée de la dette tient à la baisse des impôts. L’audit analyse plus particulièrement les années 2000-2012 et ses trois vagues successives de cadeaux fiscaux : mesures Jospin 200-2002 ; mesures Chirac 2006-2007 et mesures Sarkozy 2007-2012. Au total, de 2000 à la mi-2012, les mesures de baisse d’impôts ont représenté 4,3% du PIB.« Si l’État, au lieu de se dépouiller lui-même, avait maintenu constante la part de ses recettes dans le PIB, la dette publique serait aujourd’hui inférieure de 24 points de PIB (soit 488 milliards d’euros) à son niveau actuel ». 

   L’audit souligne aussi que les cadeaux fiscaux loin de viser des objectifs de justice social ont en fait favorisé les plus riches (baisse de l’impôt sur le revenu, de l’ISF, des droits de succession), les grandes entreprises (niche Copé, Crédit impôt recherche) voir certains lobbies (baisse de la TVA dans la restauration). Tout cela au nom du soutien ou de relance de la croissance par le rétablissement des profits ou des investissements des détenteurs de capitaux. Arguments que le gouvernent actuels ne fait que reprendre à son compte.

   Ainsi soulignent les auteurs de l’étude, « la tendance permanente au déséquilibre budgétaire est donc engendrée par les choix de politique fiscale qui à leur tour viennent ensuite légitimer le recul ultérieur des dépenses publiques ». Le moins qu’on puisse dire est que cette mécanique continue de plus belle. (voir graphique ci-dessous, extrait de l’étude )


Dépenses et recettes de l’État en % du PIB 1980-2012. En % du PIB. Source : Insee (Image rapport page 5)

   3. L’impact du taux d’intérêt sur l’évolution de la dette dépend de son niveau relatif par rapport à la croissance. Bien entendu il faut distinguer entre le taux d’intérêt constaté à un moment donné qui concerne les nouveaux emprunts et le taux d’intérêt moyen pour l’ensemble de la dette. Mais lorsque les taux d’intérêt sont durablement supérieurs au taux de croissance cela pèse sur la dette. Or les taux d’intérêt ont souvent atteint des niveaux excessifs, notamment dans les années 1990 avec les politiques de "franc fort" dans l’euro. (Voir graphique ci-dessous extrait de l’étude)


Taux d’intérêt sur la dette publique. Ecart critique entre le taux d’intérêt et le taux de croissance. En % du PIB. Source : Insee (Image rapport graphique 6 page 12)

   Les auteurs de l’étude ont calculé que si, au lieu de se financer depuis 30 ans sur les marchés financiers, l’Etat avait recouru à des emprunts directement auprès des ménages ou des banques à un taux d’intérêt réel de 2%, la dette publique serait aujourd’hui inférieure de 29 points de PIB (soit 589 milliards d’euros) à son niveau actuel.

   Résultat : L’impact combiné de l’effet taux d’intérêt et des cadeaux fiscaux sur la dette publique représente 53% du PIB (soit 1.077 milliards d’euros). « Si l’État n’avait pas réduit ses recettes et choyé les marchés financiers, le ratio dette publique sur PIB aurait été en 2012 de 43% au lieu de 90% ». (...)

   (...) Plus que jamais, le poids de la dette publique en France et en Europe sert de justificatif principal à une politique économique et de réformes qui vise à diminuer la dépense publique et sociale au nom de la réduction du déficit. Mais cette politique provoque le chômage aggrave les inégalités et affaiblit l’économie sans même atteindre l’objectif annoncé de réduction de la dette. Elle a quelque chose « absurde », disent les auteurs de l’étude. C’est par une autre voie que le verrou extrêmement contraignant de la dette doit être desserré : en dégonflant la dette accumulée et en changeant les règles de sa gestion de la dette en visant notamment à se libérer de l’emprise des marchés financiers.

   L’étude liste 11 mesures. Par exemple : 

    une annulation d’une partie de la dette que l’on peut considérer comme illégitime dans la mesure où elle résulte de décisions prises au préjudice de l’intérêt général
    un allongement substantiel des durées de remboursement et un plafonnement des taux d’intérêt, 
    un impôt exceptionnel progressif sur les 10 % (ou les 1%) les plus riches, dont les recettes serviraient à rembourser par anticipation une partie de la dette (mesure préconisée par le FMI), 
    une obligation faite aux banques de souscrire un quota de titres de la dette publique ou de la dette des collectivités locales
    un emprunt forcé auprès de certains contribuables...

   Ces propositions disent les auteurs, non exclusives les unes des autres, doivent être considérées comme autant de pistes ouvertes au débat. Et c’est bien cela qui compte et qui fait l’importance de l’étude du Comite Collectif pour un audit citoyen de la dette publique. Montrer qu’un autre avenir et une autre politique sont possibles.

http://www.regards.fr/web/que-faire-de-la-dette-publique,7766

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"Qu'est-ce qu'on regarde, ce soir?
- Un conte de fée qui raconte comment les loups,
 un jour, ont perdu toutes leurs griffes et leurs dents.
- Chouette!"



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Benoît Barvin

jeudi 29 mai 2014

"Ce Résident normal était normalement médiocre". Jacques Damboise in "Pensées contraintes".

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Pensées pour nous-mêmes:

(TU ES UNE PART
DU TEMPS QUI PASSE)

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(La Femme au nombril qui chante
entonnant l'hymne national)

November Girl (1967) By Sam Haskins (via faccaldo)


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(Ce haricot magique OGM
était conforme à la Loi)


yannouland.skyrock.com

La guerre au vivant au nom de la science

Jean-Pierre Tertrais

   (...) La multiplication des tracasseries administratives de la part des pouvoirs publics et des organismes agricoles conventionnels à l’encontre des petits producteurs bio est connue (détournement de subventions, interprétation partiale des textes de loi, contrôles fréquents…). Déjà, il y a quelques années, un éleveur bio, pour des raisons éthiques, s’était suicidé parce qu’on l’avait obligé à faire vacciner ses vaches contre la fièvre catarrhale ovine. Deux faits récents viennent confirmer cet acharnement et devraient inviter à la réflexion ceux qui témoignent d’une véritable foi dans le projet d’artificialisation de la nature.

    Le 17 mai 2013, sur le marché de Lavelanet, un maraîcher est contrôlé et verbalisé d’une amende de 450 euros par un agent de la répression des fraudes lui signifiant qu’il ne peut vendre que des variétés inscrites au catalogue officiel. Que l’on ne s’y trompe pas, il s’agit bien de supprimer les droits élémentaires des producteurs de reproduire, d’échanger et de vendre les semences et les plantes issues de leurs propres récoltes; il s’agit bien d’une logique de fichage généralisé au service des multinationales de la semence. Il faut savoir qu’entre 1954 et 2002 80 % des variétés potagères ont été radiées de ce catalogue. Des 876 variétés inscrites en 1954, il n’en restait plus que 182 au catalogue officiel français en 2002. Parce que l’industrie semencière cherche depuis un demi-siècle à standardiser les semences pour les adapter partout aux mêmes engrais et pesticides chimiques.

   À l’automne de la même année, un vigneron en biodynamie à Beaune encourt jusqu’à six mois de prison et 30 000 euros d’amende pour avoir refusé de traiter son vignoble avec un insecticide pour lutter contre une maladie de la vigne, la flavescence dorée (le jugement sera rendu le 7 avril). Alors qu’il n’y avait pas de foyer avéré sur son domaine, et que les vignerons travaillant en biologie surveillent leurs parcelles, recensent les pieds atteints et les arrachent si les analyses en laboratoire confirment qu’il s’agit bien de la flavescence dorée. Parmi les pesticides préconisés par les pouvoirs publics figurent des produits réputés pour leur toxicité, dont plusieurs perturbateurs endocriniens, menaçant la santé de l’homme et engendrant la spirale infernale du surdosage.

   Selon certains, y compris quelques anarchistes, la vigilance est de mise face aux dérives sectaires de la mouvance écologiste, face à l’intransigeance d’une nébuleuse dont les filiations fascisantes seraient avérées et dont le caractère forcément religieux doit éveiller les soupçons ! Et si c’était, au contraire, du prétendu « progrès », de l’instrumentalisation du vivant, dont il fallait se méfier, celui qui a déjà promu la spécialisation, les monocultures, les intrants chimiques, les biocides, les hybrides, le gaspillage énergétique, l’hypermécanisation, le hors-sol, les catastrophes sanitaires, et qui développe le génie génétique comme approche opportuniste de la nature. 

   Et s’il fallait plutôt se prémunir contre les prétendues « sciences de la vie » qui ont abandonné en cours de trajectoire l’objectivité, le désintéressement et qui veulent reculer les limites des écosystèmes pour le bien de l’homme, des imposteurs de l’innovation qui se targuent de détenir l’avenir de l’humanité dans leurs éprouvettes, et d’imposer un nouvel ordre agricole mondial, de la pseudo-rationalité de ceux qui sont incapables de percevoir les relations intimes se nouant entre les cultures et leurs adventices, la subtilité de la microbiologie des sols, la richesse de la biodiversité, la fragilité des chaînes alimentaires et des réseaux trophiques. Car il ne s’agit pas seulement de propriété privée des moyens de production, d’accaparement de terres, de financiarisation de la production !

   Les mystifications techno-scientifiques et hygiénistes de l’agronomie moderne et de la biologie marchande, qui devaient ouvrir d’« immenses perspectives », n’ont en fait qu’entretenu une dangereuse fuite en avant, évitant l’interrogation sur les mauvaises pratiques culturales. C’est bien parce que l’agriculture est devenue inapte à construire des systèmes de production robustes et capables d’autorégulation demandant un minimum d’interventions, qu’il faut sans cesse inventer de nouvelles techniques pour résoudre les problèmes créés par les « progrès » antérieurs.

   Ce modèle agricole productiviste n’a pas seulement produit des ravages au niveau des sols et des écosystèmes ; il a liquidé une bonne partie de la petite paysannerie qu’il a contrainte à la misère, à la souffrance, à l’exode vers les bidonvilles, au suicide, devenu phénomène rural au cours du XXe siècle (200 000 agriculteurs ont mis fin à leurs jours en Inde en dix ans).

   Mais cette paysannerie ne se rend pas aux apprentis sorciers de l’agro-industrie et aux laquais de la bureaucratie. Les luttes paysannes ont jalonné l’histoire ; elles connaissent un renouveau depuis les années 1980-1990 un peu partout sur la planète, s’inscrivant dans l’histoire plus globale des résistances à la technique. Avec pour fil à plomb : le respect des cycles de la nature, la diversité et la relocalisation des productions, le renforcement des liens entre ruraux et urbains, la complémentarité entre savoirs paysans et connaissances scientifiques, la solidarité (coopératives, points de vente collectifs, jardins partagés…), la construction d’une société autonome. Le capitalisme n’a pas d’avenir ; le productivisme non plus. À condition qu’elle redevienne paysanne et qu’elle s’oriente vers l’agro-écologie, l’agriculture peut impulser un réel projet émancipateur. (...)


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(La Femme mal coiffée, en plein vent,
cela ne la dérangeait pas)


darkerangelsTilda  

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Luc Desle

mercredi 28 mai 2014

"Parce qu'elle avait de l'humour à revendre, lors de ce bal costumé la Mort se déguisa en cadavre". Jacques Damboise in "Pensées contraignantes".

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Pensées pour nous-mêmes:

(LE MAÎTRE FAIT 
CE QU'IL NE DIT PAS)

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Images d'enfance, certes, celle des années 50/60 où, vu de loin, tout semblait facile, mais humour éternel. Celui de Jean-Jacques Sempé, un maître du trait plein de finesse, dont la "fantaisie" est toujours dosée pour éviter une méchante satire. Un vrai régal...

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"Comment on s’enrhume à Paris", 1961, Jean-Jacques Sempé – Décembre


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Blanche Baptiste

mardi 27 mai 2014

"Ce pèse-personne ne pesait rien". Jacques Damboise in "Pensées efficientes".

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Pensées pour nous-mêmes:

(AGIS EN CONSCIENCE)

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(La femme voilée qui rêvait à la Liberté,
fut trahie par ses vêtements)



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Gelluck

Les 67 personnes les plus riches 
possèdent autant que la moitié du globe

Challenges.fr
(Avec AFP)

   (...) Les 67 personnes les plus fortunées de la planète possèdent autant de richesses que la moitié la plus pauvre de la population mondiale, a estimé mercredi 9 avril l'ONG Oxfam, appelant le FMI et la Banque mondiale à agir.

   "Les inégalités extrêmes se sont aggravées", a affirmé l'organisation de lutte contre la pauvreté dans un communiqué, rappelant que le club des plus riches comptait jusque-là 85 membres.

   Selon Oxfam, le Fonds monétaire international et la Banque mondiale, qui tiennent leur assemblée générale cette semaine à Washington, doivent passer de la "rhétorique" aux actes pour tenter de réduire ce fossé.

   "Le président de la Banque Jim Yong Kim et la directrice générale du FMI Christine Lagarde ont abondamment parlé des dangers posés par l'explosion des inégalités. Cette semaine, nous devons voir des actions concrètes pour appuyer cette rhétorique", a plaidé Raymond Offenheiser, président d'Oxfam America, cité dans le communiqué.

   Le FMI a récemment publié deux rapports soulignant les méfaits des inégalités sur l'économie. La Banque mondiale s'est, elle, fixé l'objectif de doper les revenus des 40% les plus pauvres partout sur le globe.

   Mais, selon Oxfam, ces deux institutions doivent désormais "changer" leurs recommandations et leur politique de prêts à leurs Etats-membres, en plaidant pour davantage d'investissements dans la santé et l'éducation. Gardien de l'orthodoxie budgétaire, le FMI défend traditionnellement les coupes dans les dépenses publiques et la réduction des déficits.

   "L'austérité aggrave les inégalités et le FMI et la Banque mondiale le savent bien", assure Oxfam, qui appelle également le Fonds à admettre que les stratégies d'évitement fiscal des multinationales sont un des "moteurs" des inégalités.


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"Hein? Quoi?
 Gronder?
Rugir?
Et puis quoi encore?
Fait trop chaud..."



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Benoît Barvin

lundi 26 mai 2014

"La Bête sentait le fauve, ce qui n'était pas pour déplaire à la Belle, parfois". Benoît Barvin in "Pensées circonstancielles".

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Pensées pour nous-mêmes:

(N'ATTENDS RIEN DE PARTICULIER
DE TA MAIN GAUCHE)

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(Devenu invisible, le Chat botté
faisait des trucs un rien bizarres)



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(Bugs Bunny après avoir
mangé dans une célèbre chaîne
de restauration rapide)



Les nutritionnistes
complices de l’agro-industrie

KIERA BUTLER
MOTHER JONES

   (...) Dans une salle de conférences d’un grand hôtel de Pomona, en Californie, deux femmes examinent d’un air sceptique leur déjeuner, fourni par McDonald’s. Pour l'une, une salade composée de laitue, de bacon, de poulet, de fromage, accompagnée d’une sauce ranch ; pour l'autre, deux cookies aux pépites de chocolat et un yaourt à la gelée de fruits.

   Quand je leur demande si cela leur plaît, elles font la grimace et me répondent qu’elles ne vont “jamais” chez McDo. Pourquoi, alors, déroger à cette règle ? En fait, elles n’ont pas vraiment le choix. Ces diététiciennes participent à la conférence annuelle de la California Dietetic Association [CDA, association des diététiciens de Californie]. Elles espèrent obtenir des crédits de formation continue afin de conserver leur certification. Et McDonald’s, principal sponsor de la conférence, est également l'unique restaurateur présent. “Il est bon de savoir que certains de leurs plats sont plus sains qu’avant, j’imagine”, concède la femme qui a choisi la salade.

   En me promenant dans la salle, je constate que McDo n’est pas la seule entreprise à proposer des produits gratuits. Hershey's distribue sur son stand des briquettes de lait aromatisé au chocolat ou à la fraise. Butter Buds offre des sachets de granulés de substitut du beurre. Le California Beef Council [conseil californien de la viande de bœuf] me donne une brochure qui explique comment perdre du poids en mangeant du steak. Amy’s Natural propose des brownies prêts à cuire au micro-ondes.  (...)

   (...) Et ce n’est pas tout. Les séminaires sont eux aussi sponsorisés par des industriels de l’agroalimentaire. Dans une présentation, le Conseil du blé explique que l’intolérance au gluten n’est qu’une mode et non un véritable problème médical. Dans un débat parrainé par l’International Food Information Council [Conseil international d’information sur l’alimentation], qui compte parmi ses sponsors Coca-Cola, Hershey's, Yum!, Kraft et McDonald’s, les intervenants assurent que les aliments génétiquement modifiés sont sans danger pour la santé et l’environnement. Au cours de la conférence intitulée “Proposer des aliments bon marché et plus sains”, les porte-parole de Walmart chantent les louanges de… Walmart.

   L’après-midi, j’assiste au séminaire “Edulcorants à l’école : un sujet controversé. Faire prévaloir la science”. Sponsorisé par la Corn Refiners Association (CRA), dont les membres produisent et vendent du sirop de maïs à haute teneur en fructose (ou isoglucose), ce débat réunit trois représentants de cette association. Ils regrettent que certaines écoles aient retiré le lait chocolaté des menus à la cantine, et une intervenante déplore que des écoles aient interdit les en-cas sucrés lors des fêtes de la Saint-Valentin organisées dans les classes, alors que cela fournit pourtant une “bonne occasion d’apprendre la modération aux enfants”. L'animateur acquiesce avant d’ajouter : “Tous les sucres contiennent la même quantité de calories. On ne peut donc pas prétendre qu’un seul ingrédient est à l’origine de la crise de l’obésité.” Cette opinion est présentée comme un fait, alors que des preuves scientifiques démontrent que l’isoglucose provoque une prise de poids plus importante que les autres sucres. (...)

   (...) Plus tard, je demande à Pat Smith, porte-parole du symposium, si elle juge équitable d’organiser des débats sans contradicteurs. D’après elle, les sponsors n’influencent aucunement le contenu du programme. “Nous préférons penser que nos diététiciens savent raisonner, explique-t-elle. Ils doivent tirer leurs propres conclusions de ce qu’ils ont entendu ici, puis les appliquer à leur clientèle.” 

   Je lui fais remarquer qu’il est tout de même difficile de prendre une décision éclairée lorsqu’un seul point de vue est présenté. Elle ignorait, dit-elle, que le panel serait exclusivement composé de membres de la CRA. Elle me confirme par ailleurs que la CRA a payé pour l’organisation de ce débat, sans toutefois me dire combien. (Elle avait précédemment refusé de m’accréditer pour cette conférence, sous prétexte que la CDA disposait d’une équipe de journalistes chargée de couvrir l’événement.)

   L’organisation à laquelle est affiliée la CDA, l’Academy of Nutrition and Dietetics [académie de nutrition et de diététique, AND], compte 75 000 membres. C’est la plus importante association professionnelle du secteur dans le monde. Elle certifie des programmes d’études supérieures de premier et deuxième cycle dans le domaine des sciences nutritionnelles et accorde un diplôme de diététicien aux candidats qui réussissent son examen. A Washington, sa branche chargée du lobbying est très active sur les questions liées à l’obésité des enfants, l’assurance maladie Medicare [destinée aux plus de 65 ans] et la politique agricole.

   L’AND entretient par ailleurs des liens étroits avec l’industrie agroalimentaire. Michele Simon, avocate spécialiste de la santé publique qui tient un blog sur les politiques alimentaires, a mené une enquête en 2013 sur les pratiques de l’AND en matière de sponsorisation. Elle a découvert que le soutien financier des entreprises avait fortement augmenté ces dix dernières années. En 2001, l’AND ne comptait que 10 sponsors. En 2011, elle en avait 38, dont Coca-Cola, PepsiCo, Nestlé, Mars et la National Cattlemen’s Beef Association [association nationale des éleveurs bovins]. Les contributions de ces entreprises sont la principale source de revenus de l’organisation. (...)

   (...) Michele Simon a également appris qu’en 2012 Nestlé avait payé 47 200 dollars [34 500 euros] pour avoir un stand de 200 mètres carrés dans le hall d’exposition de la conférence de l’AND, tandis que PepsiCo avait déboursé 38 000 dollars [27 800 euros] pour une surface de 150 mètres carrés. Dans ses exposés de position, l’organisation précise que les sponsors n’influencent pas ses prises de position sur les sujets controversés. Néanmoins, l’AND prend souvent le parti de l’industrie agroalimentaire. Par exemple, lorsque la ville de New York a envisagé d’interdire la vente de sodas de plus de 47 centilitres, l’Académie de nutrition s’y est opposée.

   La plupart des diététiciens avec qui j’ai discuté lors du symposium m’ont avoué qu’ils n’avaient pas réalisé que les débats étaient sponsorisés par des entreprises. “J’espère qu’on nous présente vraiment des faits scientifiques”, commente un étudiant en master.

   A la fin de la journée, une diététicienne à la retraite m'a raconté qu’elle assistait à cette conférence annuelle depuis trente ans et qu’elle désapprouvait la présence des professionnels de la malbouffe. “La CDA a sans doute besoin de leur argent, mais c’est pathétique”, a-t-elle poursuivi en levant les yeux au ciel. Elle trouvait particulièrement lamentable d’avoir confié la restauration à McDonald’s. “On attend d’un diététicien qu’il ait des principes, mais ici, j’ai l’impression que nous sommes passés à l’ennemi.”


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(La femme à barbe, qui se voilait,
constituait un spectacle des plus étrange)



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Luc Desle

dimanche 25 mai 2014

"La petite marchande de mouchoirs s'étaient installée judicieusement à la sortie du Centre des Impôts". Jacques Damboise in "Pensées à contre-pet".

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Pensées pour nous-mêmes:

(TON ÂME EST-ELLE
DANS TON PORTEFEUILLE?)


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Frank Frazetta

   Il est né le 9 février 1928 à Brooklyn (New York, États-Unis) et mort le 10 mai 2011 d'une attaque cardiaque en Floride (Fort Myers), est l'un des artistes américains les plus influents de la science-fiction et de la fantasy.

   Tour à tour artiste de comic strips puis peintre travaillant à l'huile sur toile, il a illustré de nombreuses couvertures de romans et de bandes dessinées dont Tarzan, John Carter, Vampirella ou encore Conan le Barbare.
   Son style, plein de vivacité, regorgeant de personnages musculeux et de femmes dynamiques est aisément reconnaissable. A l'aise dans l'illustration, la peinture et les comics, Frank Frazetta a inspiré de nombreux artistes, comme le renommé Corben.



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"C'est le Monsieur, là-bas, 
qui m'a volé mon soutif'"


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"Je me demande si c'était une bonne idée de
brûler notre cité..."



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"Alors, mes Amis, on le tue?
- Ben... il est un tout petit peu mort, non?
- Tiens? J'avais pas remarqué"


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(La sauteuse de champignons phalloïdes 
en pleine action)



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Blanche Baptiste

samedi 24 mai 2014

"La reine des cloches était une fondue de chocolat". Jacques Damboise in "Pensées à contre-pet".

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Pensées pour nous-mêmes:

(LE PRINTEMPS FAIT POUSSER TES RÊVES)

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"J'aime pas les chapeaux!
- Ah bon, pourquoi?"


via: arealbuster + source: maudit

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(L'arbre à vent était tout en élégance)




L’arbre à vent, l’invention française
qui amène l’éolien dans les villes

THIBAUT SCHEPMAN

   (...) C’est un arbre de huit mètres de haut, dont le tronc blanc est en acier. Au bout de ses branches, une centaine de feuilles dotées de petits générateurs s’activent comme autant de mini-éoliennes. Cet arbre n’est pas un rêve, deux prototypes trônent déjà sur l’Ile d’Oléron (Charente-Maritime) et à Pleumeur-Bodou (Côtes-d’Armor).

   « Tout est parti de l’observation d’un arbre, un jour sans vent. J’ai remarqué que les feuilles bougeaient quasiment en permanence, et je me suis demandé s’il était possible d’exploiter cette énergie », explique Jérôme Michaud-Larivière, président fondateur de l’entreprise New Wind qui fabrique l’arbre à vent. Trois ans plus tard, les feuilles des deux prototypes installés sont capables de capter l’énergie des vents faibles et des incessants mouvements d’air autour d’eux. Élégants et silencieux, ils peuvent se fondre là où les éoliennes sont bannies, dans les villes comme à leur périphérie. Cerise sur le gâteau, 99% des pièces peuvent être produites en France. (...)

   (...) Là où l’éolien cherche à aller toujours plus haut et à construire des machines toujours plus grandes, nous avons cherché à exploiter l’énergie disponible autour de nous. Je suis persuadé que l’avenir de notre modèle énergétique passe par une multitude de solutions de proximité, et l’arbre à vent en est une », poursuit Jérôme Michaud-Larivière. Un seul de ces arbres installé au bord d’une route ou sur un rond-point permet d’allumer quinze réverbères mais aussi d’alimenter en partie une salle de spectacles ou des stations de recharge pour voitures électriques. Le tout pour un coût qui devrait avoisinner 25 000 euros. « Cela revient à un coût de 35 centimes par kilowattheure, ce qui est compétitif, mais nous allons travailler à baisser le coût de notre arbre dans les mois qui viennent », assure le fondateur.

   Pour ce faire, il compte continuer à s’inspirer de la nature, selon le principe du biomimétisme. Déjà, les ingénieurs de New Wind étudient la position des feuilles dans les arbres pour exploiter au mieux les mouvements des masses. A terme, ils étudient même l’opportunité d’équiper leurs arbres de racines, pour capter l’énergie du sol. « Nous n’inventons rien, l’arbre est quelque chose de très puissant qui existait avant nous, nous avons beaucoup à gagner à nous en inspirer. »


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"Et tu as vu, là?
- Où, là?
- Mais là, quoi!
- Je vois rien...
(Soupirs)"



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Luc Desle