Bonjour à vous qui, dans le maelström du net, êtes arrivés, par hasard? lassitude? erreur? sur ce blog. Vous êtes les bienvenus. Vous y lirez des extraits d'articles, de pensées, d'interviews, piochés ça et là, et illustrés de photos et dessins détournés, via un humour de bon aloi. Vous pouvez évidemment réagir avec le même humour, la même ironie que nous mettons, chaque jour, à tenter de respirer un peu plus librement dans une société qui se corsète chaque fois un peu plus.
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lundi 4 août 2014

" Il était content d'avoir fait le minimum en en faisant le minimum". Jacques Damboise in "Pensées à contre-pet".

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Pensées pour nous-mêmes:

(LE MAÎTRE A-T-IL DES
POCHES DANS SON HABIT?"

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"Alors? On l'astique bien, son
joli ustensile?
- C'est très fin!"



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(Danse Alstomiste collée serré-serrée)


Tout sur les conspirateurs 
qui ont vendu Alstom

Leslie VARENNE

   (...) Jean-Pierre Jouyet, ex-président de l’Autorité des marchés financiers (AMF), David Azéma, de l’agence des participations de l’Etat (APE), Patrick Kron, PDG d’Alstom… autant d’acteurs dont le rôle interroge alors que la cession à General Electric est plombée par les affaires et les obstacles à franchir.

   Le gendarme boursier a mis en garde l’Etat sur les risques que représente son accord conclu avec Bouygues, pour que l’Etat entre à hauteur de 20% dans le capital d’Alstom. L’AMF considère cet accord comme une action de concert entre Bouygues et l’Etat et donc que les deux parties s’exposent au risque de dépasser le seuil de 30% du capital, ce qui nécessiterait de lancer une offre publique d’achat sur Alstom. En réalité, derrière cette mise en garde polie, l’AMF signifie à l’Etat une fin de non-recevoir confirmant l’amateurisme du gouvernement dans ce dossier stratégique. Car l’Etat ne peut pas entrer au capital de cette société sans prendre le risque de déclencher une OPA sur l’ensemble du capital d’Alstom. Or pour cela il faudrait que l’Etat ait la capacité d’acheter la valeur totale d’Alstom et donc de débourser entre et 8 et 15 milliards d’euros. Ce qu’il n’a pas les moyens de faire. David Azema, directeur de l’Agence des participations de l’Etat (APE) a déclaré : « les deux parties veilleront à ne pas franchir ensemble le seuil de déclenchement d’une offre publique. » 

   Des propos qui tentent de rassurer mais qui ne changeront rien. L’encre à peine sèche, l’accord est déjà à l’eau et la victoire du patriotisme économique cher à Arnaud Montebourg boit la tasse. Que reste-t-il comme solution à l’Etat pour avoir son mot à dire au sein d’Alstom ? Pour l’instant aucune. A partir d’avril 2015, date à laquelle toutes les autorités de concurrence auront donné leur accord, à supposer qu’elles le donnent, ce qui n’est pas certain, il pourra racheter seulement les actions de Bouygues au prix fort de 35 euros, alors qu’aujourd’hui l’action est cotée autour de 26 euros. Cette annonce de l’AMF n’est pas une surprise. 

   Dans notre édition du 26 juin dernier, nous dénoncions l’improvisation et l’incompétence du gouvernement dans cette affaire. Les spécialistes du dossier s’attendaient au retour de bâton de l’AMF, le droit boursier est strict. Pourquoi David Azema et l’Etat n’ont il rien vu venir ? Ce dossier a pourtant été suivi de près par François Hollande, en prime depuis avril 2014, son plus proche conseiller, le secrétaire général de l’Elysée n’est autre que Jean-Pierre Jouyet, l’ami de quarante ans du Président. Or, quelles étaient les fonctions de Jean-Pierre Jouyet entre 2008 et 2012 ? … Président de l’AMF ! (...) 

   (...) La direction d’Alstom et celle de Bouygues pourraient, elle aussi, avoir à rendre des comptes à l’AMF si cette dernière se penchait sur la suspicion de manipulation de cours boursiers (voir HD 418). Selon un spécialiste des marchés l’AMF devra également se pencher sur un autre problème celui de savoir : « Qui et dans quelles conditions peuvent être vendus 70% d’une société cotée au CAC 40 ? Ce n’est pas un acte de gestion courante. Tout le déroulement de l’opération est critiquable à bien des égards. On imagine mal l’AMF ne pas avoir à trancher là-dessus. Et là, c’est tout l’accord, General Electric-Alstom-Etat-Bouygues qui serait en cause. Il faudra tout reprendre à zéro ! » 

   La direction d’Alstom pourrait également avoir à rendre des comptes à la justice française dans le cadre des multiples affaires de corruption dans lesquelles ce groupe est impliqué (voir HD 418 et 419). D’après un avocat spécialiste du droit pénal : « Il est curieux que malgré les enquêtes très lourdes en cours aux Etats-Unis, au Brésil et au Royaume-Uni, la justice française n’a toujours pas engagé de procédure alors que le siège du groupe est en France et que certains cadres incriminés par les autorités judiciaires de ces pays sont françaises et proches du PDG actuel. » (...)

   (...) Dans cet océan de mauvaises surprises et de complications toutes les nouvelles agréables sont bonnes à prendre, en voici donc une : le problème David Azéma est réglé (voir HD 419). En effet, le patron de l’APE désirait quitter son poste et partir travailler dans le privé. Il avait choisi la direction du bureau parisien de Bank of America, une banque conseil d’Alstom, alors que lui-même était le principal négociateur de l’Etat dans ce dossier, ce qui le plaçait au centre d’un conflit d’intérêt majeur. Son cas était étudié par la commission de déontologie placée sous l’égide du ministère de la Fonction publique. Selon une source qui souhaite rester anonyme, la dite commission a tranché : David Azéma ne pourra pas émarger chez Bank of America Paris. En revanche, il pourra aller exercer ses talents au sein de la banque Merrill Lynch à Londres. Faut-il rappeler à la commission de déontologie que Bank of America et Merrill Lynch ont fusionné en 2006 et qu’elles sont devenues une seule et même banque ? Interrogée, Marylise Lebranchu, ministre de la Fonction publique, n’a pas souhaité répondre à nos questions. Dommage !

   Mais Alstom n’en a pas terminé pour autant avec les conflits d’intérêts. Le 20 mai dernier, devant la Commission des Affaires économiques de l’Assemblée Nationale, Arnaud Montebourg critiquait la direction d’Alstom pour ne pas l’avoir informé de ses projets de vente à l’américain General Electric. Il fustigeait également cette direction pour n’avoir prévenu aucun dirigeant d’Alstom de ses projets à l’exception d’une seule personne, le président d’Alstom Grid, Grégoire Poux-Guillaume. Or ce dernier, un franco-américain dont le père est un ami proche de Patrick Kron a travaillé pour un des plus gros fonds d’investissement mondial, CVC Capital. En 2010, il était en charge de l’offre d’achat d’Areva TD aux côtés de … General Electric. 

   A l’époque, Patrick Kron avait fait appel au patriotisme économique du gouvernement Fillon pour éviter que la pépite française ne passe entre les mains des américains. Quatre ans plus tard, associé à Grégoire Poux-Guillaume, il vend l’ensemble des trois secteurs Energie d’Alstom à… l’américain General Electric.


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Benoît Barvin

lundi 7 juillet 2014

"Nous jetâmes l'Homme le plus gros du monde à cette troupe de zombies menaçants". Jacques Damboise in "Pensées à contre-pet".

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Pensées pour nous-mêmes:

(NE RESTE PAS ANCRÉ
A TES CERTITUDES)

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"Oh Mon Dieu,
je crois qu'elle n'a pas mis de soutien-gorge...
Gasp!"




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"Moi, j'aimerais bien qu'on me démantèle"


Frankenstein

Affaire Alstom :
 le festival continue…

Leslie VARENNE

    (...) La semaine dernière(1) nous révélions comment s’étaient déroulées les négociations qui ont conduit au démantèlement d’Alstom au profit du groupe américain, General Electric. Entre corruption, suspicion de manipulations de cours boursiers, conflits d’intérêts, la barque était déjà bien chargée. De fil en aiguille, de Charybde en Sylla, chaque jour amène son lot de révélations.(...) 

   (...) Depuis juillet 2013, le groupe Alstom est accusé de corruption par la justice américaine (voir HD 418). Le groupe risquait une amende d’1 milliard d’euros et son PDG, Patrick Kron, ainsi qu’une centaine de cadres, pouvait être personnellement inquiété. Mais l’orage passe, les épais nuages noirs qui flottent au dessus de la direction se dissipent miraculeusement grâce à un efficace tour de passe-passe. Petit décryptage de l’acrobatie juridique. Selon le communiqué de presse d’Alstom du 22 juin, au lieu de vendre 49,99% des trois co-entreprises, Alstom vendra 100% de ces entités à GE. 

   En vendant la totalité de ces entreprises, Alstom cède surtout l’ensemble des risques juridiques liés à ces sociétés. Ensuite, Alstom rachète à GE les 49,99% des dites entreprises. Le mistigri reste dans les mains de GE puisque les risques juridiques, eux, ne sont pas rachetés. L’opération permet aux dirigeants d’Alstom de se débarrasser à la fois des menaces financières et des poursuites personnelles. Le tour est joué, Patrick Kron et les cadres du groupe qui ne pouvaient plus se rendre aux Etats-Unis pourront ainsi aller mettre un cierge devant la statue de la Liberté et dormir enfin tranquille…(...)

   (...) Patrick Kron n’est pas le seul homme heureux, Alstom sait aussi soigner les membres de son Conseil d’Administration. Le PDG du groupe ne compte-t-il pas que des amis au sein de ce conseil ? Amis qui se sont révélés forts coopératifs tout au long de ces négociations. Le premier d’entre eux est Jean-Martin Folz, mentor de Patrick Kron chez Pechiney où il a gravi tous les échelons. Celui-ci avait la lourde tâche de présider le comité indépendant en charge d’analyser les offres de GE, de Siemens et de Mitsubishi. Il faut ajouter que M. Folz est également en charge des questions d’éthique et de conformité au sein du Conseil d’administration, à savoir des contentieux juridiques notamment celui des Etats-Unis... 

   Le second est M. Chaudron de Courcel, numéro deux de la BNP poussé à la retraite anticipée à la demande des autorités américaines pour cause de non respect de l’embargo sur l’Iran et Cuba. En plus de ses fonctions d’administrateur d’Alstom, il est également administrateur de Bouygues. Difficile de s’opposer au choix de son ami Martin... Le troisième se nomme Klaus Mangold, Vice-Président Europe de Rothshild. Une banque d’affaires qui conseille Alstom dans la transaction avec GE ! Sur proposition de la direction, le Conseil d’administration a donc décidé de s’octroyer une augmentation substantielle des jetons de présence, plus 300 000 euros, portant ainsi la rémunération annuelle de ses administrateurs à 1 million 300 000 euros. En ces temps d’austérité, il fallait oser. 

   Ils l’ont fait et le justifient ainsi : « Cette augmentation de l’enveloppe fixée l’an dernier s’avère nécessaire compte tenu notamment de l’augmentation anticipée du nombre de réunions du Conseil et des Comités au cours de l’exercice en cours liée à la réception et à l’examen de l’offre ferme reçue de General Electric relative à l’acquisition des activités Energie d’Alstom. » Les administrateurs ont donc eu une surcharge de travail liée seulement à l’offre de GE. Cela signifie-t-il qu’ils n’ont pas travaillé sur l’offre concurrente proposée par l’allemand Siemens et le japonais Mitsubishi? Les prétendants recalés apprécieront. Sans surprise, l’Assemblée Générale des actionnaires du groupe qui s’est tenue le 1er juillet a voté la nette progression du pouvoir d’achat des administrateurs. (...)

   (...) Le schéma retenu pour la nouvelle branche Energie du groupe Alstom est complexe. Mais l’affaire risque de se corser encore un peu plus, puisque la branche Transport d’Alstom, jusque là épargnée, s’apprête à ouvrir son capital. Le groupe Bouygues serait-il vendeur des 9% qui lui restent après avoir cédé, d’une manière peu orthodoxe (voir HD 418), 20% de ses actions Alstom à l’Etat ? Pour l’instant le patron de TF1, reste muet sur ses intentions et sa stratégie au sein du groupe. Son fidèle ami, par ailleurs, PDG d’Alstom Transport, Henri Poupart-Lafarge, a déclaré (les Echos 25/06) « certains partenaires pourraient être intéressés par prendre des participations chez Alstom. » 

   Arnaud Montebourg adepte des formules lapidaires a répondu : « Nous sommes pour !». Quel intérêt de céder encore des participations ? Selon une personne qui a participé aux négociations du dossier Alstom-General Electric : « Les Américains n’étaient pas intéressés par l’activité transport ferroviaire de voyageurs, il était plus acceptable politiquement d’effectuer la vente d’Alstom en deux temps. En outre, cela permettait d’éviter le régime des OPA. » Un autre bon connaisseur du dossier pense lui : « en ouvrant le capital d’Alstom Transport on cherche à limiter l’influence de l’Etat dans cette branche. Ceci illustre bien que la solution retenue ne peut pas fonctionner. C’est une vision de technocrates, pas d’industriels, et la conséquence c’est que General Electric est le patron !»(...) 

   (...) D’ordinaire, lorsque les sociétés du CAC 40 se livrent à des fusions-acquisitions, les boursiers saluent l’opération et le cours s’envole. Dans le cas d’Alstom, il n’en n’a rien été, au contraire, le cours a chuté de près de 5% dans la première semaine suivant l’accord, preuve que cette usine à gaz ne rassure pas les financiers. L’impréparation, les gesticulations et les revirements du Gouvernement sur ce dossier ont contribué également à inquiéter la communauté financière. Cette situation détonne avec le soutien sans faille qu’apportent les USA à leurs entreprises stratégiques. 

   Dans son dernier livre intitulé « Hard choices » Hillary Clinton révèle, que lorsqu’elle était secrétaire d’Etat, en octobre 2012, elle a fait du lobbying pour GE auprès du Président algérien Abdelaziz Bouteflika. Résultat : elle a obtenu un contrat de 2.5 milliards de dollars. Notre ministre des Affaires étrangères préfère poser en présentateur météo à la Une du parisien ou accueillir les touristes chinois à l’aéroport de Roissy pour leur souhaiter « bonne arrivée ». On a la politique industrielle que l’on mérite. (...)



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(Ma vie se consumait encore plus vite)



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Luc Desle