Bonjour à vous qui, dans le maelström du net, êtes arrivés, par hasard? lassitude? erreur? sur ce blog. Vous êtes les bienvenus. Vous y lirez des extraits d'articles, de pensées, d'interviews, piochés ça et là, et illustrés de photos et dessins détournés, via un humour de bon aloi. Vous pouvez évidemment réagir avec le même humour, la même ironie que nous mettons, chaque jour, à tenter de respirer un peu plus librement dans une société qui se corsète chaque fois un peu plus.
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jeudi 30 janvier 2014

"Le Temps, lui aussi, se trouvait lent". Jacques Damboise in "Pensées inconvénientes".

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Pensées pour nous-mêmes:

(MÊME UN CHEMIN TORTUEUX
PEUT TE CONDUIRE A LA VÉRITÉ)

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(Décidément, vus les efforts fournis pour la vendre,
la presse papier se portait bien mal)


hoodoothatvoodoo: Bill Randall



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"Monsieur le Commissaire...
 Ce que j'entends là n'est pas un esprit!
- Veu... Veuillez me pardonner Lady Mac Rashley..."



Fantômas contre Scotland Yard
 (Jean Marais, Louis de Funès)

Le spiritisme fait un carton 
au box-office brésilien 

CARLOS HELÍ DE ALMEIDA 
O GLOBO


   (...) Après avoir envahi le cinéma brésilien à la fin des années 2000, le grand raz-de-marée des films sur le spiritisme semblait avoir pris fin en 2011 avec la sortie d'As mães de Chico Xavier ["Les mères de Chico Xavier", médium brésilien célèbre, disparu en 2002]. Le générique de fin du film de Glauber Filho et Halder Gomes (réalisateur, en 2013, de la comédie à succès Cine Holliúdy) précisait qu'il s'inscrivait dans "les célébrations du centenaire" du grand médium du Minas Gerais, né en 1910, qui avait déjà fourni la matière de plusieurs succès sur grand écran, dont Chico Xavier (2010), de Daniel Filho, plébiscité par près de 3,4 millions de spectateurs.

   Mais voilà qu'une nouvelle vague de productions sur le sujet apparaît déjà à l'horizon, puisant cette fois dans la vie et l'œuvre d'Allan Kardec (1804-1869). (...)

   (...) La biographie de l'écrivain, pédagogue et traducteur français, qui reste aussi comme le grand "codificateur" du spiritisme au XIXe siècle, inspire aujourd'hui toute une série de projets d'ampleur et d'ambition diverses, qui pour certains seront à l'écran dès 2014. Le plus en vue pour l'heure porte le titre provisoire de Kardec - O Filme ["Kardec, le film"], adaptation pour le septième art du livre Kardec - A Biografia, de Marcel Souto Maior.

   (...) Produit par Conspiração Filmes, le film est réalisé par Wagner Assis, auteur en 2010 de Nosso Lar [adaptation du livre éponyme de Chico Xavier, immense succès de la littérature spirite brésilienne], qui avait séduit plus de 4 millions de spectateurs brésiliens. Il y aura aussi l'essai poétique expérimental Je suis Kardec, de Ricardo Carvalho, et Liberté,actuellement en phase de préproduction, qui sera réalisé par le Français Karim Soumaïla et produit par le Brésilien Ricardo Rihan et sa société Lighthouse, déjà à l'origine d'As mães de Chico Xavier. (...)


   (...) "Nous sommes en plein ‘moment Kardec'. Les projets qui voient le jour autour de lui se complètent, ils vont donner davantage de visibilité à son œuvre, tout comme l'avaient fait les films inspirés de l'œuvre de Chico Xavier, estime Ricardo Rihan, qui négocie actuellement un partenariat avec des maisons de production françaises. Notre documentaire prend un parti pris didactique, avec pour ambition d'apporter des réponses pour comprendre pourquoi Kardec, si méconnu en France, est tant étudié et apprécié au Brésil. Le film sera tourné pour environ 40 % en France, et un partenariat avec des Français permet de garantir qu'il entrera bien dans le circuit là-bas."

   Le film de Wagner Assis, en collaboration avec le scénariste L. G. Bayão, est plus proche du genre classique du biopic. Sans retracer toute la trajectoire du pédagogue français, Kardec - O Filme se concentrera sur la période où Hippolyte Léon Denizard Rivail, de son vrai nom, cessa d'être un simple professeur de Lyon pour adopter ce fameux pseudonyme suggéré par l'un des esprits avec lesquels il conversait, et qui le poussa à entreprendre des recherches dans ce domaine.

   "Notre film est une tranche de la vie de Kardec. Nous allons nous concentrer sur la transformation de cet homme ordinaire en l'un des plus grands savants du spiritisme au XIXe siècle, explique Wagner Assis, qui a sollicité pour incarner son héros l'acteur Tony Ramos, dont il attend la réponse. Nous avons déjà deux ou trois distributeurs intéressés par ce projet, assez atypique pour le marché brésilien. C'est une preuve de plus de l'engouement pour cette thématique, et de la popularité d'Allan Kardec."

   Les premières recherches de Kardec le conduisirent à la rédaction du  "Livre des esprits", dans lequel il expose les bases de la doctrine spirite.

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"Un coup vous me voyez,
un coup vous ne me voyez pas"



voxspiriti.com

Spiritisme

   Le spiritisme codifié par Allan Kardec est une philosophie spiritualiste qui apparaît à Paris en 1857 et qui donne naissance à un mouvement socio-culturel en Europe, jusqu'au début du xxe siècle. Kardec en expose les principes dans Le Livre des Esprits et dans les ouvrages suivants.

   Allan Kardec définit le spiritisme comme une doctrine fondée sur l'existence, les manifestations et l'enseignement des esprits, possédant deslois morales et reposant sur une échelle spirite. Ce courant de pensée estime que les médiums peuvent communiquer avec les défunts, par l'utilisation d'une énergie spirituelle appelée périsprit. D'abord européen, ce mouvement s'est ensuite diffusé en Amérique latine et il constitue aujourd'hui une importante religion du Brésil, influente tant dans la vie politique que sociale.

   Fondé sur la croyance en Dieu, en la réincarnation et en la communication avec l'au-delà, le spiritisme regroupe actuellement plus de dix millions d'adeptes à travers le monde, très majoritairement situés en Amérique latine. Il a influencé nombre de courants spiritualistes et a joué un rôle important dans l'avènement de la psychiatrie moderne.




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(Ce passager clandestin ne m'inspirait pas confiance)


(Source: host4ge, via drythroats)

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Benoît Barvin (et Blanche Baptiste)

mercredi 23 octobre 2013

"Il vécut une honnête vie d'imbécile, comme des millions de ses concitoyens". Jacques Damboise in "Pensées inconvénientes".

µµµ
Pensées pour nous-mêmes:

(LA COULEUR DU RIRE EST-ELLE BLEUE?)


"Mais... On ne peut pas bien jouer aux cartes uniquement à trois...
- Qui t'a dit qu'on voulait jouer aux cartes?"



µµµ

"Votre vue, Mon Cher, ne s'améliore pas, n'est-ce pas?
- A quoi voyez-vous ça?
- Oh, à des petits riens..."



µµµ

"Surtout pas plus haut... Hem... Ça ne serait pas raisonnable...
- Pour quelqu'un qui porte un aussi horrible galurin,
vous faites bien des manières..."


µµµ
Jacques Damboise

mercredi 16 janvier 2013

"La pitié étant mauvaise conseillère, il acheva sa victime". Benoît Barvin in "Pensées qui pensent".

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Pensées pour nous-mêmes:

(MARCHE D'UN BON PAS
OU D'UN MAUVAIS PAS,
MAIS MARCHE)

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COURTS RÉCITS AU LONG COURS(66)
pcc Benoît Barvin


Oeil

   En sortant de la maison pour aller travailler, je me rendis compte qu'un chat avait de nouveau uriné sur ma porte, pour marquer son territoire. Je n'étais plus furieux, maintenant, de ce "cadeau" journalier. J'étais prêt à me venger et j'attendais le moment. Il se présenta ce même jour, lorsque je rentrai vers dix-sept-heures trente. J'aperçus aussitôt le matou, à la robe noire et blanche, qui levait la patte, s'apprêtant à me laisser son obole. Il sentit peser mon regard sur lui, se retourna et nous nous observâmes un moment. Lui, l'oeil ironique; Moi, bouillant d'une rage que je contenais à grand peine. 

   Soudain je sentis qu'il se passait quelque chose de curieux: le chat détourna le regard, poussa un miaulement plaintif et fit quelques bonds de côté, comme si, brusquement, il était atteint d'une angoisse grégaire. Puis, sur une dernière plainte, il tomba sur le côté, statufié pour de bon. Ce crétin d'animal venait de passer de vie à trépas. Je le pris délicatement par les pattes arrière, raidies, le fourrai dans un sac poubelle et jetai la macabre dépouille dans un trou que j'avais creusé dans le jardin. Là, il pourrirait en paix et celle-ci s'étendrait sur moi.

   C'était sans compter avec mon voisin, un péteux, ancien commandant de bord d'une vieille compagnie du pays. Il avait tout vu, me dit-il, par-dessus la haie, qu'il s'apprêtait à tailler. Il avait même pris des photos de mon forfait, car enterrer un animal qui ne m'appartient pas, après l'avoir empoisonné, ça ne se faisait pas. Il ironisait, sûr de lui, fier de sa future délation...

   Je lui jetai un regard méprisant, mais pas que, de sorte qu'il devint blême et disparut tout à trac derrière les fourrés. J'entendis son escabeau qui claquait contre le sol joliment carrelé de sa piscine, suivi d'un bruit de plongeon. Je rentrai chez moi sans attendre la suite. Plus tard, je m'enquis auprès de la Police des raisons du remue-ménage qui régnait depuis la fin de l'après-midi. On m'apprit que le voisin s'était envolé vers des Cieux plus cléments, victime d'une crise cardiaque.

   Le policier qui me parlait était un type obèse, qui faisait injure à son uniforme. Trop de boisson - si j'en croyais le teint apoplectique de son visage; trop de mauvaise nourriture graisseuse - ainsi que me l'indiquait son embonpoint qui m'écoeurait. Je ne sais ce qui arriva exactement... Il s'éloignait dans sa voiture de fonction... Brutalement le véhicule braqua vers la gauche, s'encastra dans une automobile à l'arrêt. J'appris que l’infarctus - décidément une maladie à la mode dans le quartier - l'avait tué sur le coup.

   J'eus du mal à dormir, cette nuit-là. Je tournais et retournais les trois évènements de la journée, évitant de m'en nommer le responsable. De toute façon, je n'avais aucun sentiment de culpabilité. J'entrevis, après un dernier essai, un avenir un peu plus radieux que celui qui m'était offert, depuis une dizaine d'années, via la petite entreprise où je jouais les hommes à tout faire. Justement, j'avais une dent contre mon chef direct qui ne cessait de planifier pour moi les travaux les plus dégradants et...

   Ce "chefaillon"eut une mort digne de son grand esprit: sous mes yeux, il fut écrasé par une benne à ordures, alors qu'il s'apprêtait à partir rejoindre sa maîtresse, une pouf qui, lorsque je lui appris le décès de l'abruti, clamsa sur l'instant... Un sentiment inconnu de puissance irriguait mes veines désormais. C'était une sensation dangereuse qui pouvait me faire glisser dans la délinquance pure, ou dans la folie. Par conséquent je décidai de choisir soigneusement mes cibles et, surtout, de ne pas vouloir "faire du chiffre", comme nous serinait le pauvre type écrasé par ses ordures...

   En fin de semaine, je dus me rendre à l'évidence. Autour de moi les morts brutales s'accumulaient. Et je n'y étais pour rien... Je veux dire, je ne le "désirais" pas. Il semblait que le sortilège qui s'attachait à mon regard ait complètement dérapé. Des gens que je ne connaissais ni d'Eve ni d'Adam, simplement parce qu'ils croisaient mes pupilles, finissaient dans un cercueil. Inéluctablement. Je songeais au Roi Midas, qui transforme tout ce qu'il touche en or. Moi, c'était tout ce que je voyais qui se métamorphosait en cadavres.

   Ce matin-là je me trouvais devant la porte de la maison, l'oeil hagard. J'avais envisagé toutes les hypothèses, même les plus saugrenues: me crever les yeux pour ressembler à un Oedipe moderne; porter banalement des lunettes de soleil ou dissimuler mon regard sous un bandeau... Mais je sentais qu'aucune de ces solutions ne m'apporterait un quelconque réconfort. J'étais marqué "à vie". En pivotant pour me diriger vers la voiture, j'avisai la fille des voisins d'en face. Une gamine blonde que j'avais jusqu'à présent peu remarquée. Elle me fixait...

   Je sentis une étrange douleur me tordre les tripes, mes jambes flageolèrent. Je compris que le sortilège, fatigué de mes tergiversations, avait changé de propriétaire. Que j'étais sa première victime.

   Curieusement, j'en fus soulagé...

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"Espèce de malotru! Je ne vous permets pas
de dire que ma femme n'assure pas au lit!
C'est peut-être vous qui étiez... Hem... Un rien flacide!
- Goujat!"

(Denis Price, Thorley Walters, Nadja Regin)

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"Mais... Mais? Tu as vu, Chéri, ce qu'il ose faire... 
Et devant nous, en plus!
- Laisse-le aller jusqu'au bout, mon Amour...
Je voudrais vérifier s'il est aussi... Hem...
Enfin, tu vois...
- Tu es vraiment maso."

DON'T PANIC CHAPS (1959) --

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"Mais enfin, Mon Sucre d'Orge, 
ce n'est qu'une expérience...
- Oui, mais 5 à la fois...
- A la suite, Chérie, à la suite..."

(Gregory Peck, Dorothy McGuire)

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"Quoi, ma mèche, qu'est-ce qu'elle a ma mèche?"

(Gregory Peck, John Garfield)

Gentleman's Agreement From 66 Years Out

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Nadine Estrella

mercredi 11 juillet 2012

"Amoureuse de ses seins, elle les mit sous cloche afin de mieux les admirer". Benoît Barvin in "Pensées pensées"

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Pensées pour nous-mêmes:


(AIMER A LA FOLIE EST AIMER LA FOLIE.
C'EST TOUT.

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COURTS RÉCITS AU LONG COURS(32)
pcc Benoît Barvin

Le Cri Auguste Rodin

Tempo

    Rythme binaire, ternaire, quaternaire qui se succèdent promptement... Drums, balafons, percussions de toutes sortes, voix de crécelle de femmes africaines en canon, le tout dans un mélange déconcertant, mi attirant, mi démoniaque... Coeur - le mien - qui flagelle sourdement l'intérieur de mes tempes, avec mon sang qui charrie le monde primitif, celui de l'au-delà du temps, de l'époque incertaine où le tintamarre sonore était la pulsation première de la vie, puisque la parole n'avait d'existence que dans les onomatopées... 
   Rythme de nouveau léger, pulsations de mort qui s'assagissent, ma peur reflue, le sang ne bat plus follement dans mes veines, je recouvre un semblant de calme et... Oh non! Voici que tout se précipite de nouveau, s'amplifie, se transforme en une ignoble cacophonie de sons stridents et sourds, tout à la fois - mais est-ce seulement possible? -, grondements qui font résonner mon crâne transformé en énorme batterie malgré lui, qui colonisent chaque once de mon corps, jusqu'à mon espace auditif tout entier... 
   Je suis LE BRUIT, je me love à l'intérieur, petit animal peureux, submergé, englouti, noyé... Je n'ai plus d'entendement autre que ces martèlements sourds qui enflent, enflent, qui font soudain exploser mon jugement et qui annoncent...
   Je m'éveille de ce cauchemar, les oreilles bourdonnantes, mon coeur battant à plus de 150 pulsations minutes. Je suis trempé, le drap est noué autour de mon corps, tordu par l'angoisse, tel un boa constrictor. Pour un peu, il m'aurait enserré et étouffé sous sa chaude étreinte. La nuit est cependant sereine, une nuit de juillet où la chaleur est tempérée par une brume à l'humidité bienfaisante. Ma fenêtre est ouverte, les cigales cymbalisent avec la régularité de métronomes, quelques ronflements de motos, au loin, pétarades malodorantes et le grondement lointain d'un long courrier, qui ripe sur le velours du ciel sombre...
   Cauchemar récurrent que celui qui vient de me réveiller, ruisselant de sueur. C'est comme si j'avais plongé dans un océan de sons, faits à la fois de vibrations, de rythmes menaçants - mais pourquoi? -, de tremblements bruyants... Je sanglote doucement, ne sachant presque plus où je me trouve. Suis-je encore dans le monde d'avant, celui où mon ouïe était aussi aiguisée que celle d'un animal de la forêt - j'entendais alors jusqu'à la chute de l'aiguille sur le sol carrelé de la salle de bain - ou ai-je définitivement franchi le seuil de ce nouveau territoire, celui de la surdité qui, lentement, tel un cancer dévorant le cartilage du malade, a attaqué mon ouïe? Trompes d'Eustache, cochlée, cellules ciliées, tous les organes les plus fragiles se sont atrophiés ou, pour être plus précis, se sont insensibilisés et me voilà sourd, désespérément imperméable aux modulations de la voix, au chant d'un insecte, au rythme d'un guitariste...
   Tempo, tout est tempo dans notre vie et j'en suis privé, orphelin de cet organe, définitivement, hors du monde normal, à jamais phénomène de foire... Je suis allongé, incapable de bouger et je perçois un mouvement, dans un coin de la pièce. L'infirmière vient d'entrer dans la chambre, elle s'approche du lit, dialogue avec moi en langage des signes. Je rechigne à parler alors que je le peux encore. Je n'ai envie que d'une chose: que toute cette comédie tragique se termine. 
   Je ne veux plus être ce bout de chair, aux bras et aux jambes manquants, suite à ce stupide accident qui m'a privé de mes instruments de travail. "Encore un cauchemar, Maître?" fait la femme en prenant un air de circonstance. J'ai envie de lui cracher mon mépris. Et ma douleur. 
   "Maître"? Maître de l'Infortune, oui, moi qui dansait comme un Dieu, qui chantait comme un des meilleurs ténors de la planète... Moi qui ne suis plus aujourd'hui que ce tronc tordu par la souffrance lorsque je n'ai pas ma dose d'antalgiques. Moi qui, tout récemment, gardait deux de mes cinq sens encore intacts... Et voilà que l'ouïe, à son tour, me fait défaut. Je sens que, très bientôt, c'est la parole qui va se faire la malle, la garce!
   Tempo... La parfaite exécution de l'oeuvre musicale induite par un corps sain dans un environnement sain n'est plus de mon ressort. Plus rien n'est saint, chez moi, même pas ma pensée qui commence à s'embourber dans des ratiocinations de vieillard sénile...
   Plutôt replonger dans le rêve-cauchemar, retrouver le tempo, les rythmiques, les accords de guitare. 
   "Je-veux-de-la-morphine" annonai-je d'une voix étrange, que je perçois à peine. L'infirmière obéit à regret, je le sens, et aussitôt, venu du fond des âges, drums, balafons et percussions affleurent à la surface de mon subconscient... m'extrayant de ce monde qui n'est plus mien...
   
+++

"J'avais dit le couteau entre les dents!
Et c'est quoi ce machin sur le crâne?
Un sablier?
- Tu sais où je vais te le fourrer
ce couteau, hein?"

Jeff Chandler , Scott Brady dans 
Les boucaniers de la Jamaïque (Yankee Buccaneer)

(Ça bardait chez les pirates...)

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"La première fille, elle est pour moi, John-aux-grosses-bottes!
- Heu, t'es sûre de ton texte, là?
- Pourquoi? Y'a un problème?
- Non, t'inquiète, j'aime ça aussi les inverties..."

Suzan Ball dans 
Les boucaniers de la Jamaïque (Yankee Buccaneer)

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"Ouaip, Errol, il y a dans le canot toute notre cargaison d'alcool...
et cette salop... est en train de couler.
- Par le Rhum Sacré de la Jamaïque!
Ça n'est vraiment pas de chance..."

Errol Flynn, Anthony Quinn  dans À l'abordage (Against All Flags)

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"Vous voyez bien que je n'ai pas fait graver une fleur sur mon dos...
Je suis pas une fillette, quoi!
- Mouaif, ça veut rien dire..."

Errol Flynn

Jacques Damboise

lundi 27 décembre 2010

"Cendrillon mourut phtisique" Benoît Barvin in "Pensées très pensées"


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"Oh, Mon Amour, si tu savais comme
 je me sens d'humeur romantique, 
ce soir, grâce à cette lune qui..
- Hey, Joel, t'aurais pas la dalle, par hasard! 
Moi j'ai en plus le gosier en pente, tu peux pas savoir"


Claudette Colbert, Joel McCrea and Rudy Vallee in The Palm Beach Story


(Question distinction, le pote à Joel se posait un peu là)

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"Heu, désolé de te le dire, mon Amour, mais le léopard 
est déjà mort, lardé de flèches par mes soins...
- Ho, toi, t'es toujours là à me dévaloriser. Phallocrate de mes deux!"

Claudette Colbert et Herbert Marshall dans "Four Frightened People"


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"Comment ça, je serais une ordure, une crevure, 
un rebut de l'humanité, un gredin, une raclure de bidet? 
Et pourquoi pas un prévaricateur, 
tant que vous y êtes? Hein?
- Parce que je suis poli, moi!"


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"Pourquoi tu souris aussi stupidement?
- Pour t'imiter, ma chérie!"


Claudette Colbert et Maurice Chevalier dans "The smiling lieutenant"


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"Écrivain raté, leur mère s'obstinait, tous les soirs, à lire 
à ses filles les quelques pages griffonnées dans la journée. 
Ce qui leur donnait, à chaque fois, d'horribles cauchemars"

Claudette Colbert, Jennifer Jones and Shirley Temple dans "Since You Went Away"


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Paul Damboise