Bonjour à vous qui, dans le maelström du net, êtes arrivés, par hasard? lassitude? erreur? sur ce blog. Vous êtes les bienvenus. Vous y lirez des extraits d'articles, de pensées, d'interviews, piochés ça et là, et illustrés de photos et dessins détournés, via un humour de bon aloi. Vous pouvez évidemment réagir avec le même humour, la même ironie que nous mettons, chaque jour, à tenter de respirer un peu plus librement dans une société qui se corsète chaque fois un peu plus.
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jeudi 13 mars 2014

"Il envoyait toujours ses chauds sentiments à ses amis esquimaux". Jacques Damboise in "Pensées pensées".

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Pensées pour nous-mêmes:

(LE CŒUR DU MAÎTRE 
EST A TOUT LE MONDE)

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"Oups, pardon!
Que je suis maladroite..."


(Source: olderoticart)

(La femme du patron licencieur
était maladroite, c'est vrai...
et riche maintenant)

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(Agents de la culture américaine
célébrant par avance leur victoire
sur celle du vieux continent)


(Source: sergiopiccioni)

Culture : 
lettre de Jack Ralite à François Hollande

Jack RALITE

   Notre ami Serge Regourd (professeur à l’université Toulouse-I-Capitole, directeur de l’institut du droit de l’espace, des territoires et des communications) attire notre attention sur l’initiative prise par Jack Ralite, ancien ministre, qui a adressé une lettre ouverte au Président de la République pour exprimer les graves préoccupations que suscite sa politique, particulièrement dans le domaine de la culture. 

   Vous trouverez ce texte admirable ci-dessous.

   Initialement signé par 100 personnalités (Michel Piccoli, DominiqueBlanc, Catherine Tasca, Juliette Gréco, Grand Corps Malade, Sapho, etc.), il a recueilli spontanément des centaines de signatures provenant de tous les milieux culturels. De telle sorte, que (nous dit Serge Regourd) « chaque semaine, Jack Ralite renvoie un nouveau courrier au Président assorti des nouvelles signatures ».

   Vous pouvez y ajouter la vôtre par un mail à jackralite2@gmail.com

LGS
Le 3 février 2014

Monsieur le Président de la République
Palais de l’Elysée
55 rue du Faubourg Saint-Honoré
75008 Paris

Monsieur le Président,

   Par nos engagements culturels, artistiques et citoyens, nous sommes fidèlement attachés à la politique culturelle française que nous entendons voir se développer selon le principe d’invention de la perpétuelle ouverture. Or, nous constatons que cette démarche après avoir marqué le pas connaît notamment par la politique budgétaire de notre pays une situation s’aggravant de jour en jour. Beaucoup de ce qui avait été construit patiemment se fissure, voire se casse et risque même de disparaître. 

   Le patrimoine dans sa diversité, le spectacle vivant dans son pluralisme sont en danger. Faute de crédits suffisants, de personnels, de négociations, de considération et de reconnaissance du travail humain, du respect des métiers, se répandent des malaises, des souffrances, des colères. Le ministère de la culture tend à n’être plus le grand intercesseur entre les artistes et les citoyens. Il perd son pouvoir d’illuminer. Les collectivités territoriales dont le rôle est devenu immense en culture et en art voient leurs finances brutalisées et réduites par Bercy. L’Europe minore sa déjà médiocre politique culturelle alors même qu’elle négocie avec les Etats-Unis un Traité de libre échange gravissime pour la culture. Google, l’un des accapareurs des nouvelles technologies à civiliser, limite les citoyens à n’être que des consommateurs et s’installe en Irlande pour ne pas avoir à payer d’impôts en France.

   Le travail est tellement livré au management et à la performance que les personnels se voient ôter leurs capacités de respiration et de symbolisation. On a l’impression que beaucoup d’hommes et de femmes des métiers artistiques sont traités comme s’ils étaient en trop dans la société.

   On nous répond, c’est la crise. La crise ne rend pas la culture moins nécessaire, elle la rend au contraire plus indispensable. La culture n’est pas un luxe, dont en période de disette il faudrait se débarrasser, la culture c’est l’avenir, le redressement, l’instrument de l’émancipation. C’est aussi la meilleure antidote à tous les racismes, antisémitismes, communautarismes et autres pensées régressives sur l’homme.

   Mais la politique actuelle est marquée par l’idée de « donner au capital humain un traitement économique ». Il y a une exacerbation d’une allégeance dévorante à l’argent. Elle chiffre obsessionnellement, compte autoritairement, alors que les artistes et écrivains déchiffrent et content. Ne tolérons plus que l’esprit des affaires l’emporte sur les affaires de l’esprit.

   On est arrivé à l’os et 50 ans de constructions commencent à chanceler. Les êtres eux-mêmes sont frappés, le compagnonnage humain s’engourdit. L’omniprésence de « programmateurs » et « administrateurs » mettent en état de dominance les artistes. Nous craignons le risque du pire dans la demeure culturelle.

   L’urgence est de stopper l’agression contre « l’irréductible humain », là où la femme, l’homme trouvent le respect d’eux-mêmes et le pouvoir de reprendre force contre tous les raidissements normatifs, les coups de pioche, le mépris, l’arrogance.

   Il est temps à ce « moment brèche » d’accomplir la fonction du refus à l’étiage voulu. Il y a besoin d’une nouvelle conscience alors que croît la tentation de réduire la culture à un échange : j’ai produit, tu achètes. La culture se décline au contraire sur le mode : nous nous rencontrons, nous échangeons autour de la création, nous mettons en mouvement nos sensibilités, nos imaginations, nos intelligences, nos disponibilités. C’est cela qui se trouve en danger et requiert notre mobilisation et notre appel en votre direction.

   L’histoire garde un geyser de vie pour quiconque a l’oreille fine et écoute éperdument. Encore faut-il renoncer au renoncement. L’homme est plein à chaque minute de possibilités non réalisées. Nous avons tous un pouvoir d’agir à mettre en marche.

   C’est avec ces idées en tête et au cœur que nous souhaitons, Monsieur le Président, vous faire part de notre vive inquiétude et vous demander de maintenir et de développer la politique culturelle.

   Un budget minoré pour ce travail indispensable serait grave. Même le surplace conduirait à des agios humains et politiques, à un freinage dans la culture.

   La politique culturelle ne peut marcher à la dérive des vents budgétaires comme la politique sociale d’ailleurs avec qui elle est en très fin circonvoisinage. « L’inaccompli bourdonne d’essentiel » disait René CHAR.

   Nous vous prions de croire, Monsieur le Président de la République, en notre haute considération.
Jack Ralite


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(Cette barbe à Grand-Papa avait un drôle de goût)


(Source: just-for-grins, via francine)

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Luc Desle

samedi 18 janvier 2014

"Il sucrait les fraises mais pas les myrtilles". Jacques Damboise in "Pensées à contre-pet".

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Pensées pour nous-mêmes:

(LE RESSENTIMENT CONDUIT
AU RESSENTIMENT)

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(Le chemin vers le Socialisme était de plus
en plus étroit)


Balanced - 1930s - (Via)

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"Je t'aime!
- Moi? La France? 
Tes deux précédents amours?
Tes chaussettes? 
Ton miroir magique 
qui te dit que tu es le plus beau?"



Hollande vire à droite : œillères et calculettes
Daniel Schneidermann 
Fondateur d'@rrêt sur images

   (...) Il faut saluer l’aveu, même tardif : « Notre profession relève souvent de l’imposture : il s’agit d’expliquer des choses qu’on ne comprend pas soi-même ! » De qui, cet aveu quasi socratique ? De Franz-Olivier Giesbert, bien sûr, l’inénarrable, l’irremplaçable FOG, orfèvre du cynisme médiatique français, qui quitte (presque) la direction du Point à la fin de la semaine, admettant benoîtement qu’il ne comprend rien au numérique et à tous ces bidules, et qui confie donc à Télérama qu’il n’est donc plus « l’homme de la situation ».

   Il faudrait d’ailleurs le compléter, cet aveu. Il n’y a pas seulement « ce que l’on ne comprend pas ». Il y a tout ce que l’on ne sait pas. Sans parler de tout ce que l’on ne veut pas savoir, ce qu’on refuse de voir, ou ce que l’on ne perçoit qu’à moitié, de l’œil droit, ou de l’œil gauche.(...)

   (...) L’aspect économique de la conférence de presse de François Hollande offre un exemple de choix de ces perceptions hémiplégiques. Si tous les observateurs-commentateurs « de gauche » déplorent son « virage à droite », ses adieux à la gauche, son ralliement avec armes et bagages à la social-démocratie traîtresse, leur homologues libéraux n’en sont pas plus joyeux pour autant, redoutant le piège.

   Il n’est qu’à voir notre libéral préféré, Stéphane Soumier (BFM Business), ounotre confrère Nicolas Beytout (L’Opinion) triturant leurs calculettes dans tous les sens à propos des baisses de cotisations sociales des entreprises, en se demandant où est l’embrouille. Mais l’actu n’attend pas. Cet objet brumeux, dont les contours ne se dégageront (s’ils se dégagent) que tardivement, il faut pourtant l’expliquer, en débattre, s’engueuler à son sujet, comme si l’on avait tout compris.(...) 

   « Expliquer des choses qu’on ne comprend pas soi-même » : on ne peut pas s’empêcher d’avoir cette phrase en tête, en assistant comme à Roland Garros aux joutes théologiques, depuis deux jours, à propos de la politique de l’offre et de la politique de la demande.

   La relance par l’offre est-elle forcément de droite ? La relance par la demande est-elle forcément de gauche ? Peut-il exister une politique de l’offre de gauche ? Une politique de la demande de droite ? Le summum est atteint par ces émouvants souvenirs de ses cours de sciences éco, qu’exhume du fond de sa mémoire mon excellent confrère Pascal Riché, de Rue89. On comprend que nombre de ses confrères préfèrent le feuilleton de la rue du Cirque, où l’on n’en sait pas davantage, mais dans lequel il est si délicieux de ne pas savoir. (...)


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"Comment ça, je ne sais que
tourner la tête dans un sens?
Vilaine remarque, Môssieur
l'ironiste"



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Benoît Barvin