Bonjour à vous qui, dans le maelström du net, êtes arrivés, par hasard? lassitude? erreur? sur ce blog. Vous êtes les bienvenus. Vous y lirez des extraits d'articles, de pensées, d'interviews, piochés ça et là, et illustrés de photos et dessins détournés, via un humour de bon aloi. Vous pouvez évidemment réagir avec le même humour, la même ironie que nous mettons, chaque jour, à tenter de respirer un peu plus librement dans une société qui se corsète chaque fois un peu plus.
Affichage des articles dont le libellé est années 50. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est années 50. Afficher tous les articles

mercredi 26 septembre 2012

"Cet Africain parlait Chinois en plissant des yeux". Benoît Barvin in "Etrange, vous z'avez dit?".

+++
Pensées pour nous-mêmes:

(LA LUEUR DES ETOILES
DEVRAIT TE SUFFIRE)

+++
Lettres d'inconnus (13)
pcc Benoît Barvin

Clémentine nonne 

Chère Soeur de la Félicité,


   Je suppose, Chère Soeur, que vous vous souvenez de moi. Je suis le Baron De LaMolle, votre condisciple du temps où vous étiez dans le Vrai Monde, dans cette Société si brillante qui vous célébrait telle une Reine... et comme nous avions raison, puisqu'alors, dans l'éclat de votre jeunesse, votre gorge pigeonnante attirait tous les regards.


   Vous rappelez-vous, Ma Soeur, toutes les "folies" que vous fîtes, surtout lorsque vous me rencontrâtes? Il est vrai qu'à l'époque nombre de femmes étaient prêtes à se damner pour le seul plaisir de me voir me pencher sur leur main élégante afin d'y déposer un furtif baiser. Je les voyais frémir, ces damoiselles, certaines se trouvant mal à ce simple contact. Je n'abusais pas de mon charme, croyez-le bien, préférant me concentrer sur  les plus belles "plantes" de ce Monde - et les plus fortunées. Étrange comme cela va toujours de pair...

   Vous étiez belle, donc, et veniez d'hériter une petite fortune de votre père, ancien Président de la Cour. Mais vous ne me cédiez pas, en dépit d'une cour pressante et bien que j'usasse, alors, de toutes les roueries qu'imagine un désir pressant.  Aussi finis-je par me lasser et je vous laissai épouser mon ami, le Vicomte de M., qui se révéla vite dépensier, trousseur de jupons et mari frappeur. Vous vous ouvrîtes à moi. Vous ne saviez pas que les "qualités" du Vicomte m'étaient évidemment connues. Je vous l'avais fait rencontrer, un peu pour me venger de votre résistance, je l'avoue, et aussi parce que cet "olibrius" - excusez ce terme peu flatteur - me devait pas mal d'argent, gagné lors d'interminables parties de cartes.

   Je finis par vous consoler, sans en tirer d'avantage pécunier, car j'avais quelques scrupules. Puis le Vicomte fut pris dans une malheureuse affaire de détournements de fonds et, ce jour, il croupit encore dans un cul de basse-fosse. J'aurais pu, à ce moment, vous proposer de vous épouser en seconde noce. Vous n'étiez pas encore trop flétrie par la vie - à 28 ans, une femme peut encore plaire -, et votre fortune n'avait été réduite que de moitié.

   Cependant, le jour-même où je m'apprêtais à faire ma demande, vous m'apprîtes que vous vous retiriez au couvent. Je ne vous fis pas part de ma déception - et de ma colère, je l'avoue -, mais je décidai alors de vous laisser pourrir dans ce lieu saint. Cependant, ulcéré par cette décision de femme "libre", je conçus un plan pour que les mois et les années à venir, dans ce couvent, vous soient pénibles et que vous subissiez des châtiments mérités.

   C'est moi qui indiqua, par lettre anonyme, aux Services de Police, que cet endroit était un cachette pour Huguenots; moi encore qui fis établir des faux stigmatisant la gestion du couvent, dont vous aviez la charge; moi toujours qui fis voler, par quelques malandrins, le ciboire attribué à un des apôtres. Je fus à chaque fois récompensé en sachant que votre position devenait de plus en plus fragile et que seule l'intervention de l’Évêque empêcha que vous vous trouvassiez dans une position encore plus délicate.

   Je sais, aujourd'hui, que votre corps, épuisé par les épreuves, vous lâche. Vous allez retrouver le Très-Haut, qui vous aime, certainement. Comme moi? Je tiens en fait à vous signifier tout le mépris que vous m'avez inspiré depuis ce jour où, alors que je vous pressais contre mon corps, vous sentîtes l'ardeur dont je faisais preuve et que vous éclatâtes de rire. 

   Oui, Chère Soeur de la Félicité, vous aurez ainsi appris à vos dépens qu'il ne faut jamais - mais alors là JAMAIS - se moquer d'un membre viril.

   Je vous prie de croire, Chère Soeur, à ma charité, par instant chrétienne.

Vicomte De LaMolle

+++

(L'allumeuse de réverbères dans Paris,
le Capitale de le France, Europa)

Photo by William Klein, Paris, 1957

+++

(Le fameux chapeau à queue en tire-bouchon
fit quand même un peu jaser)



Jolande, photo by Gian Paolo Barbieri.


+++

(Déjà, dans les années 50, les hommes étaient mal élevés)

(via mudwerks)
Source: wandrlust
+++
Jacques Damboise

dimanche 26 août 2012

"Cet imam progressiste permettait aux femmes voilées de respirer". Benoît Barvin in "Pensées inconvénientes".

°°°
Pensées pour nous-mêmes:

(TU ES TON PROPRE DÉMON)


°°°
COURTS RÉCITS AU LONG COURS(38)
pcc Benoît Barvin

Van Gogh

Personne


   Personne, il n'y avait personne derrière la porte. Je n'avais pourtant pas rêvé. Quelqu'un avait sonné, j'étais juste derrière le battant, je l'avais tiré à moi et...

   Personne... La rue était déserte, sur ma gauche et sur ma droite. J'avais beau regarder de tous côtés... En face se dressaient les poutrelles du chantier qui... Du chantier? Jamais il n'y avait eu de chantier en construction face à la maison! J'y avais toujours vu un immeuble des années 60, de 4 étages, un immeuble dont, d'ailleurs, on avait ravalé la façade le mois dernier. Un immeuble, pas un chantier, donc, pas... A moins que, pendant la nuit? Non, l'idée était stupide. On ne pouvait détruire en quelques heures une construction pareille sans que, d'abord, cela fasse un bruit d'enfer - or j'avais toujours eu un sommeil aussi léger qu'une plume - et sans qu'on élimine la tonne de gravier et que... Absurde. 

   Je clignai des yeux pour m'assurer que je ne rêvais pas mais dus me rendre à l'évidence: le chantier était toujours devant moi, solide comme un "roc". Ma plaisanterie tomba à plat. Je me mis à trembler, fus submergé par un froid glacial et, soudain terrifié, je repoussai le battant de la porte, fermai à double tour, m'adossai au chambranle et tentai de recouvrer mes esprits.

   La veille, je ne me souvenais pas d'avoir fait la bringue, ni d'avoir fumé une taf. J'étais plutôt du genre sobre, banal, "profondément ennuyeux", m'avait balancé ma dernière copine dans l'écouteur du portable. A vrai dire, elle avait utilisé un autre adjectif, encore moins flatteur. C'est donc un type banal, à deux doigts de l'hystérie, quand même, qui se propulsa en direction de la cuisine, située sur sa gauche, afin de se réconforter - une fois n'est pas coutume - par l'absorption d'un alcool fort et...

   Attendez un peu: sur ma gauche. La cuisine? Non, pas la cuisine, mais le salon, avec mon divan mangé aux mites, mon fauteuil branlant, la télé énorme que je n'avais pas les moyens de changer et les rangées de livres, débordant de bibliothèques suédoises dégotées chez Emmaüs...

   Je fermai les yeux. Mes paupières pesaient des tonnes, soudain. Mon coeur faisait des bonds de cabri dans une cage thoracique au bord de l'explosion. Quand je regardai de nouveau, sur cette gauche où, d'ordinaire, se trouvait la cuisine, j'eus de nouveau la vision incongrue - inadmissible - du salon qui, certainement dans l'obscurité, tout seul, comme un grand, avait décidé de me faire une farce, aidé par la facétieuse cuisine...

   Un cri, venu du plus profond de mon être jaillit, puis il se transforma en une sorte de vagissement qui devint une vraie crise de larmes. Je glissai à terre, me recroquevillai, jetai un rapide coup d'oeil - en coin - en direction de ce qui aurait dû être la cuisine. A sa place j'avisai une vague forme qui avait l'allure d'un crayonné malhabile. Un crayonné qu'un gribouilleur invisible, mécontent de ses efforts, aurait commencé à gommer.

   A cet instant, on sonna à la porte. J'avais placé, tel un gamin, mes deux mains sur les yeux, et c'est au travers de doigts légèrement entrouverts que j'observai la "fausse cuisine", effacée peu à peu du paysage. Je savais maintenant que ce serait bientôt au tour du salon, de la maison, du quartier et, enfin, peut-être, de la Ville entière, voire...

   La sonnette retentit aigrement pour la troisième fois. Alors je hurlai, de toutes mes forces: 
   "CESSEZ DE M'IMPORTUNER... IL N'Y A PERS..."

(petit hommage à Marcel Béalu)

°°°
"Dorothée, ça y est, le gamin a tout fini!"


°°°



°°°

"Bon, souviens-toi de ne pas avoir l'air surpris
quand tu verras de la nourriture sur la table,
d'accord?"



°°°


"Tu peux me rappeler le juron que tu lances
quand tu a raté une balle?"

°°°

Blanche Baptiste

dimanche 26 juin 2011

"Par peur de réactions intempestives, ce dépité européen refusait de rencontrer son Député Européen". Jacques Damboise in "Pensées à contre-pet"


@@@

(C)James R. Bingham (1917. 1971)

   Illustrateur très précis, James R. Bingham est surtout connu pour ses placards publicitaires concernant de nombreuses compagnies aériennes. C'est également son travail sur les histoires de Perry Mason qui l'ont fait connaître. 
   Il a un sens de la mise en scène dramatique et sait varier son style, passant de la gouache au dessin au trait sans difficulté. Il est dans la lignée de Norman Rockwell, avec peut-être moins de "présence" et de personnalité que ce dernier, sa longue carrière publicitaire ayant certainement éclipsé son talent d'illustrateur de romans.

@@@

"Bon sang, Ed, tu sais bien que tu ne dois jamais,
JAMAIS, tu m'entends, entrer ici avec un chapeau!
- Excusez-moi, Monsieur Bellow, j'avais... J'avais oublié.
- C'est la première et dernière fois que je te préviens!"


@@@


"Ainsi, il t'a quittée car tu puais des aisselles?
- Oui... Enfin, je sens un peu et...
- Il a pas tort, tu sais... En fait, tu cocotes dur..."


(La meilleure amie de Peggy était, de fait, une vraie garce)

@@@

"Ah c'est ce que tu penses! Je sais même pas cuisiner un oeuf, hein?
Espèce de malotru! Tu vas regretter de m'avoir dit ça"


"Ma femme, pensa le pauvre mari, 
est d'une susceptibilité maladive"

@@@

"Mais vous êtes folle!
On ne s'arsouille jamais 
avec du whisky pur malt...
Et la décence, hein?
Elle est où, la décence?"


(Question whisky, le District Attorney, 
d'origine irlandaise, était intraitable)

@@@

"Chérie, regarde... Je vole! Je vole..."
@@@


Blanche Baptiste