Bonjour à vous qui, dans le maelström du net, êtes arrivés, par hasard? lassitude? erreur? sur ce blog. Vous êtes les bienvenus. Vous y lirez des extraits d'articles, de pensées, d'interviews, piochés ça et là, et illustrés de photos et dessins détournés, via un humour de bon aloi. Vous pouvez évidemment réagir avec le même humour, la même ironie que nous mettons, chaque jour, à tenter de respirer un peu plus librement dans une société qui se corsète chaque fois un peu plus.
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samedi 10 janvier 2015

"Ce roseau pleureur n'était pas rigolo-rigolo...". Jacques Damboise in "Pensées à contre-pet".

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Pensées pour nous-mêmes:

(LE SANG DE TON FRÈRE
COULE DANS TES VEINES)

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"Si tu me trompes, tu sais ce qui va t'arriver, n'est-ce pas?"



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(La Corée du Nord vue par l'Occident)



Comment les étudiants nord-coréens 
utilisent Internet

Le Monde.fr 
(Hambourg, envoyé spécial)

   (...) La Corée du Nord n’est pas le premier pays qui vient à l’esprit lorsqu’on décide d’enseigner à l’étranger. C’est pourtant dans une université de Pyongyang, la capitale du pays, que l’Américain Will Scott, doctorant en informatique, a choisi de se rendre à deux reprises pendant l’automne.

   Sur place, l’enseignant a donné deux cours, l’un sur les systèmes d’exploitation et l’autre sur les bases de données. Il était présent au Chaos Communication Congress, à Hambourg, pour raconter son expérience.

   / Pourquoi la Corée du Nord ?

   - Pendant mes études, j’ai étudié en Chine. A ce moment-là, la Corée du Nord restait un pays dont je ne savais rien. Quand j’ai découvert que cette université existait, je leur ai envoyé un courriel leur demandant s’ils donnaient des cours d’informatique. Il se trouve que c’était le cas. Le recteur de l’université [l’université, internationale, dispose de deux recteurs, un Nord-Coréen et un étranger] se trouvait être Américain et m’a répondu. Il rentrait dans sa famille pour les vacances et nous nous sommes rencontrés. J’ai pu me rendre compte que cette université existait depuis quelques années, que je n’allais pas me faire arrêter si j’y allais. J’ai postulé, j’ai été retenu et neuf mois plus tard, à l’automne, j’y suis allé.

   / Qu’avez-vous enseigné ?

   - Un cours de système d’exploitation, pour les élèves plus âgés, et un cours pour les élèves un peu plus jeunes sur les bases de données.

   / Qui étaient vos étudiants et d’où venaient-ils ?

   - Les étudiants avaient tous choisi cette université. Beaucoup semblaient issus de la classe moyenne de Pyongyang, avec des parents médecins par exemple. Agés de 21 ou 22 ans, ils avaient déjà une ou deux années d’études supérieures. Certains avaient déjà étudié l’informatique, mais beaucoup étaient des débutants.

   / Concrètement, que faisaient-ils pendant vos cours ?

   - Beaucoup se sont penchés sur des applications Android. Par exemple, l’un d’entre eux a travaillé à ajouter la reconnaissance de caractère à un dictionnaire, pour que ce dernier puisse prendre des photos et reconnaître le mot.

   / Est-ce qu’ils connaissaient Internet ?

   - Oh oui, bien sûr, ils connaissaient Internet. Ils connaissaient Bill Gates, Mark Zuckerberg, Steve Jobs. Les informations leur parviennent d’un nombre surprenant d’endroits. Ils savaient aussi qu’Eric Schmidt [le PDG de Google] avait visité le pays, car cela avait été relayé dans les journaux. Ils connaissaient l’entreprise et savaient ce qu’elle faisait. On parlait des réseaux sociaux, je leur ai expliqué ce qu’était Dropbox.

   / A quel réseau avaient-ils accès ?

   - Sur le campus, nous avions accès à l’Internet traditionnel. C’est un débat récurrent au sein de l’université : les professeurs plaident pour un accès plus large et la direction est réticente. Les étudiants en équivalent de master et de dernière année de licence ont accès à Internet. Il y a du filtrage, mais je ne sais pas exactement lequel. Ce n’est pas un accès complètement restreint. Les étudiants l’utilisent pour de la recherche et pour leurs devoirs. Ils n’ont pas d’adresse e-mail, ils ne l’utilisent pas pour socialiser.

   / Est-ce qu’il y avait une volonté de leur part d’utiliser ces outils ?

   - Je pense qu’ils voyaient l’intérêt de ces outils, mais ils veulent avant tout des outils qu’ils puissent contrôler. L’un d’entre eux voulait ainsi construire un moteur de recherche, mais dans l’optique de le contrôler. Ils voyaient surtout Internet comme quelque chose d’utilitaire, qu’on peut utiliser pour le commerce, pour monter son entreprise. Ils ne voyaient pas ça comme quelque chose de social, pour avoir des interactions.

   / Ça n’est pas si différent d’autres classes dans le monde…

   - C’est si peu différent que c’en est surprenant. Sauf pour certains détails. Ainsi, certains exemples de manuels scolaires n’ont pas vraiment de sens. Dans mon cours sur les bases de données, ils devaient travailler sur des réalités qu’ils ne comprenaient pas, comme des bases de données d’une banque ou d’un réseau de taxi. A Pyongyang, il y a juste un centre d’appel, vous appelez et un chauffeur vient vous chercher.

   La principale difficulté était l’électricité, plus pour moi que pour mes étudiants. Je devais être prêt à donner mon cours sans électricité, car il y avait possibilité de coupure tous les jours. Je me suis rendu compte qu’il fallait mieux que j’utilise un feutre et le tableau qu’un projecteur et des slides.

   / Est-ce que vous avez pu nouer des liens avec les étudiants ?

   - On habitait sur le campus, on a donc partagé des repas, je les ai côtoyés dans des situations informelles. On avait des discussions sur les endroits où nous avions grandi. On a beaucoup parlé de sport, mais pas de politique. Non pas que c’était inapproprié, mais j’ai senti qu’on ne pourrait pas vraiment avoir de vraie conversation sur ce sujet. J’ai eu l’impression que ça serait juste embarrassant pour tout le monde : eux sont obligés de répéter la ligne du parti, ce qui ne leur plaît pas, pas plus que moi à l’entendre.

   / Avez-vous eu l’occasion tout de même de savoir ce qu’ils pensaient de leur situation ?

   - Mes élèves n’étaient pas dans une si mauvaise situation et avaient des raisons d’être satisfaits. L’université envoie des étudiants à l’étranger, ils étaient dans un environnement relativement international.

   / Est-ce que l’informatique et Internet sont susceptibles de changer la façon dont ils voient le monde ?

   - J’espère. Les membres de la classe aisée que j’ai côtoyés veulent pouvoir dire ce qu’ils veulent. Ce sont eux qui utilisent Internet et les téléphones mobiles, auxquels environ un million de Nord-Coréens sont abonnés. Quelques magasins vendent des tablettes et certains de mes étudiants en possédaient.

   / Pensez-vous que les gens se font une fausse image de la Corée du Nord ?

   - La façon dont la Corée du Nord est vue sur la scène internationale est très différente de la réalité à Pyongyang. Il existe une classe moyenne dont on entend jamais parler, qui se rend en avion en Chine, dont les étudiants partent à l’étranger, notamment en Suède, en Suisse ou en France. Certains sont un peu des citoyens du monde, même en étant Nord-Coréens.

   En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/pixels/article/2014/12/31/comment-les-etudiants-nord-coreens-utilisent-


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(Ce djihadiste était très fier de sa canne
à pommeau trompe-la-Mort)



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Luc Desle

mardi 23 décembre 2014

"Il resta sans voix, ce muet, quand sa femme paralysée se mit à chanter". Jacques Damboise in "Pensées à contre-pet".

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Pensées pour nous-mêmes:

(TU ES LA PETITE FLAMME 
QUI CHASSE L’OBSCURITÉ)

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"Mais... Mais j'ai simplement demandé
une petite cuillère pour mon café!"



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"Maître corrupteur, compte tes abattis!"





cinelounge.org

Jusqu’où ira la campagne contre la corruption ?

AGNÈS GAUDU
COURRIER INTERNATIONAL



   (...) Comment combattre la corruption, et jusqu'où ? La faute à l'individu ou au système ? Le débat est ouvert entre les commentateurs chinois, maintenant que la campagne anticorruption a atteint un niveau sans précédent. Les commentaires se multiplient après la mise en état d'arrestation, le 12 décembre, de Zhou Yongkang, qui supervisa longtemps les questions de sécurité au Comité permanent du Bureau politique et est le plus haut dirigeant jamais inquiété par la justice pour corruption. (...)


   (...) "La lutte anticorruption est un combat sans retour et à mort", lance le journal de l'armée, le Jiefangjun Bao, dans un éditorial. Laissant entendre qu'il y a des résistances, le quotidien commence par réfuter leurs arguments. "Le combat jusqu'au bout contre la corruption – l'expulsion totale du mal – ne saurait que renforcer le cœur du parti, le cœur de l'armée, le cœur du peuple. La thèse selon laquelle il faudrait craindre de perdre les cœurs n'est que l'expression de la terreur de quelques corrompus."

   Ce combat peut-il se poursuivre sans limites ? Oui, affirme l'éditorial. "Si l'on a touché à de grands tigres tels que Zhou Yongkang ou Xu Caihou [ancien membre de la Commission militaire centrale et général de l'armée démis en juin 2014], qui n'oserait-on pas toucher ? L'armée est le pilier du Parti. Si elle est corrompue, c'est un pilier qui se corrompt et qui risque de s'écrouler ; la longévité de l'Etat, le bonheur du peuple, par quoi seront-ils alors garantis ? L'histoire a prouvé que si l'armée est absolument honnête, propre, fiable, le pays ne peut connaître de troubles importants. L'armée ne saurait abriter en son sein des corrompus, c'est l'exigence politique particulière du Parti vis-à-vis de l'armée." (...)

   (...) Dans les milieux de la finance, c'est à la morale que fait appel une chronique du site économique Caixin, l'un des médias les plus influents de Chine. "Nous sommes tous complices de la corruption", titre ainsi Wang Xiao, professeur de droit de la finance à l'Université centrale de la finance et de l'économie. Pour lui, tous les justes efforts pour combler les failles du système et tous les recours à la justice ne viendront pas à bout des tentations individuelles. Les garde-fous juridiques augmentent le coût personnel de la corruption, mais ne font pas disparaître les motivations à être corrompu, souligne-t-il. "La crainte du droit ne suffit pas, il faut aussi que l'on y croie." Pour Wang Xiao, l'efficacité de la lutte contre la corruption est donc une question de croyance, de tolérance et de vertu, toutes valeurs hautement désirables dans les marchés comme dans la société, et qui ne sont pas moins importantes que la croissance économique. (...)

   (...) Dès que l'on se tourne vers les médias chinois de l'extérieur de Chine, les discours se font plus directs. Wang Debang, ancien dirigeant étudiant du mouvement prodémocratique de 1989, s'interroge sur la campagne anticorruption dans un portail hébergé aux Etats-Unis, Huaxia Wenzhai. Si Xi Jinping dispose de la confiance en lui suffisante pour s'attaquer à d'aussi gros poissons que Zhou Yongkang, c'est d'abord qu'il se sent doté d'une légitimité de fils de haut dirigeant, ceux que l'on appelle les "princes rouges". Il a le sentiment de détenir le pouvoir de manière naturelle, en quelque sorte. Mais il y a là une injustice sociale fondamentale dit Wang Debang, car les cadres de haut rang qui sont parvenus à la force du poignet n'ont pu le faire sans de nombreuses compromissions. Ils sont forcément passés par la case corruption.

   Le commerce des charges gouvernementales est un phénomène largement répandu, et ces cadres savent bien qu'elle est injustifiable, politiquement, moralement autant que légalement. "Aussi, dès lors qu'ils sont pris sur le fait, ils ne résistent pas. La lutte contre la corruption par l'administration elle-même n'est pas très vigoureuse, car il est impossible de sortir de la boue sans se salir." Pour Wang Debang, la lutte contre la corruption ne doit pas se borner à viser des individus. "Il faut que les efforts se dirigent aussi vers la rénovation du système, afin que les bureaucrates, ne 'désirent', ne 'puissent', n''osent' être corrompus", dit-il en faisant écho à un mot d'ordre lancé par Xi Jinping. (...)

   (...) "Et si l'on rendait public les biens des dirigeants", demande pour sa part le quotidien honkongais Ming Pao ? "Si l'on veut éviter l'apparition de nouveaux Zhou Yongkang, la recherche de l'équilibre du pouvoir et la publication des biens des dirigeants est la bonne voie. Le président Xi Jinping a dit vouloir faire 'rentrer le pouvoir dans sa cage', ce qui implique que quiconque a du pouvoir se soumette au contrôle du peuple, et qu'il faut un système de publication complet des biens des hauts dirigeants." Mais Xi Jinping et Wang Qishan [membre du Comité permanent du Bureau politique qui supervise la Commission de la discipline du Parti], quel système va les contrôler, demande le journal ? "La longévité de l'Etat ne saurait reposer sur des personnalités particulières, mais sur un système puissant de lutte contre la corruption, car si le système n'est pas bon, même des gens bien peuvent faire de mauvaises choses."



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(Je surpris mon chien Médor en train de faire
des heures supplémentaires)



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Luc Desle

samedi 30 août 2014

"Cet oiseau migrateur, soudain, décida de rester tranquillement chez lui". Jacques Damboise in "Pensées contraintes".

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Pensées pour nous-mêmes:

(RÉSISTE AU VENT MAUVAIS 
DE LA PEINE)

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(L'entraînement de cette petite sirène
était un rien répétitif)


(Source: suzyhazelwood, via roboplops)

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CHINE
Riz génétiquement modifié : 
Pékin hésite encore

JOSEPHINE RAYNAULD


   (...) Sans autorisation de commercialisation, l'avenir des OGM en Chine est incertain. Les certificats de sécurité de l'organisme génétiquement modifié issu de la recherche chinoise – un riz – ont expiré le 17 août après trois ans d'expérimentations, sans que le ministère de l'Agriculture ne semble vouloir renouveler ces documents.

   Cependant, note le South China Morning Post, des partisans de cette technologie ont organisé des événements à Pékin et dans 22 autres villes. La démonstration consistait à faire goûter le riz génétiquement modifié par des volontaires. Ils espèrent ainsi recevoir l'accord du gouvernement pour l'exploitation marchande d'une récolte dans les cinq ans à venir.

   Le ministère avait déjà fait polémique à propos des certificats de sécurité d'un épi de maïs et de deux variétés de riz génétiquement modifiés. Il se bornait à rappeler qu'ils étaient sans danger, tout en interdisant leur exploitation commerciale et leur vente.

   Selon le ministère, 17 produits génétiquement modifiés, provenant de soja, maïs, colza, coton et tomates, sont vendus dans le continent. Le coton et la papaye demeurent les seules cultures locales dont la culture à visée commerciale est autorisée. (...)


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(L'Homme aux chaussures immenses était reconnu
pour ses coups de pieds au derche)


Ara Güler ~Alfred Hitchcock, 1974


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Benoît Barvin

vendredi 8 août 2014

"Ce foudre de guerre joua soudain les paratonnerres". Jacques Damboise in "Pensées de peu".

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Pensées pour nous-mêmes:

(TE RAPPROCHERAS-TU JAMAIS
DE L'HORIZON?)

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(Les doigts de Dieu étaient aussi efficaces
que Sa main)



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"Moi, j'aime pas les humbergers"




CHINE
Scandale alimentaire : 
des burgers à la viande périmée

AGNÈS GAUDU ET WEI LAN
COURRIER INTERNATIONAL

   Un nouveau scandale de sécurité alimentaire ébranle la Chine. De la viande périmée aurait été écoulée dans des établissements de restauration rapide. Le scandale a été révélé par un journaliste du groupe audiovisuel shanghaien SMG, qui a travaillé dans l'usine de Husi Food à Shanghai, et filmé en caméra cachée pendant deux mois. Son enquête, diffusée par la chaîne Dragon TV le 20 juillet, montrait que les ouvriers devaient changer de manière routinière la date limite de consommation de la volaille, dépassée de plusieurs mois. Du bœuf haché impropre à la consommation était remis dans la machine.

   Husi Food, la filière chinoise d'OSI Group - grand fournisseur américain de viande dans monde entier - est une marque labellisée par l'administration chinoise. L'entreprise a une longue liste de clients en Chine et au Japon, dont McDonald's, KFC et Starbucks.

   Dès la diffusion de l'enquête, les autorités shanghaiennes ont immédiatement ouvert une enquête sur Husi Food et ordonné la suspension de l'utilisation de ses produits. Le 23 juillet, cinq personnes ont été arrêtées. Environ 100 tonnes de viande toxique ont été saisies.

   Tous les médias chinois ont poursuivi l'enquête, y apportant chaque jour de nouveaux détails, remettant en cause les entreprises concernées, mais aussi le système de contrôle de la sécurité alimentaire en Chine. (...)

   Selon des informations du quotidien officiel shanghaien Jiefang Ribao, l'utilisation de viandes périmées a toujours été en cours chez Husi. Une politique déterminée par la hiérarchie de l'entreprise. "Les ordres venaient de quelqu'un qui a un poste supérieur à celui du dirigeant de l'usine", affirme Zhang Hui, chargé du contrôle de qualité de Husi Shanghai. Le groupe a tenu à annoncer dès le lendemain au public chinois que "le siège n'était pas au courant des infractions".

   Selon le quotidien économique Meiri Jingji Xinwen, "Husi Food pratiquait deux comptabilités en parallèle. Dans l'une, l'entreprise enregistre ses opérations réelles, tandis que l'autre est destinée au contrôle de l'administration et des clients. Pour une entreprise aussi expérimentée que OSI Group, ces actions systématiques et délibérées sont irresponsables..." souligne le quotidien.

   Remarque reprise à son compte par le site officiel Xinhua Wang et poussée sur le terrain nationaliste :

De s"A l'étranger, l'entreprise pratique des mesures de contrôle de qualité strictes, alors qu'en Chine, la même entreprise va appliquer un autre système, c'est ce que l'on appelle "deux poids, deux mesures". De son côté, le portail d'information Wangyi, sous la plume de la chroniqueuse Wang Lei, estime que ces critiques ne suffisent pas: "Pour faire plaisir aux lecteurs, quelques médias ont condamné les entreprises de restauration rapide, notamment étrangères. Or, le gouvernement est responsable de ce qui arrive à sa population." (...)

   D'autres médias s'étonnent également du fait que la marque Husi ait obtenu en 2014 le label "niveau de sécurité sanitaire supérieure", et remettent en question l'efficacité du système de contrôle et de labellisation. "Le gouvernement doit répondre à cette question", affirme le Jiefang Ribao. "Les autorités ne peuvent pas se dédouaner en disant qu'il s'agit 'd'activités cachées', alors que les responsables devraient faire leur travail". Le quotidien de Nankin Jinling Wanbao pousse un peu plus loin encore la critique: "Si le système de contrôle était efficace, il n'y aurait pas d'activités illégales et immorales de ce genre... " Ce système, centralisé en 2014 pour plus d'efficacité, ne tient pas ses promesse, commente le journal.

   La question de la sécurité alimentaire n'est pas nouvelle pour les Chinois. Un scandale du lait frelaté à la mélamine a bouleversé le pays en 2008, faisant des milliers de victimes. Trois responsables de l'entreprise avaient été par la suite condamnées à mort. L'ancienne patronne du groupe Sanlu, l'un des groupes incriminés, avait été condamnée à la réclusion criminelle à perpétuité.


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Benoît Barvin

mercredi 23 juillet 2014

"Il pria Jéhovah, Dieu et Allah d'aller voir ailleurs s'il y était". Jacques Damboise in "Pensées de l'à-peu-près".

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Pensées pour nous-mêmes:

(LA SAGESSE EST
L'ESSENCE DE LA SAGESSE)

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(L'homme à la cervelle qui pète
vous salue bien...)



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Les BRICS,
un défi au système international


   (...) Le sixième sommet du groupe des BRICS, les plus grandes économies émergentes à Fortaleza au Brésil, est le lever de rideau d’un monde nouveau où les nations en voie de développement les plus puissantes remettent enfin en question l’inique système international.

   Depuis les années 1970, les nations plus pauvres ont articulé des visions d’un Nouvel Ordre Économique International (NIEO, New International Economic Order) entraînant des interactions non-exploitantes entre le Nord Mondial et le Sud Mondial. Mais c’est seulement maintenant, avec les BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud) sur le point de lancer d’ambitieuses nouvelles institutions économiques, que nous commençons à voir les actes qui suivent les paroles.

   Parmi la foule d’éléments des dossiers au menu à Fortaleza, celui qui est le plus attendu est le lancement de la New Development Bank (NDB, Nouvelle Banque de Développement, ndlr), une organisation fraîche et multilatérale de prêts vouée au financement d’infrastructures et de croissance soutenable à l’intérieur des pays des BRICS et au-delà. Dotée d’un capital de base de départ de $50 milliards tirés de contributions égales de $10 milliards de la part de chaque membre des BRICS, cette banque pourrait lever une capacité de prêt de $100 milliards. Par comparaison, la Banque Mondiale dominée par l’Occident dispose d’un capital de $223 milliards.

   En gardant ouverte la perspective d’autres nations membres de l’ONU apportant des contributions à la base de capital de la NDB, les nations des BRICS ont fondé une plateforme pouvant éventuellement dépasser la Banque Mondiale et devenir le plus important prêteur multilatéral du monde. Le caractère inclusif de la NDB lui permet de puiser dans les fortunes des autres étoiles montantes du Sud Mondial.

   Les BRICS ne sont qu’une constellation dans une galaxie plus vaste d’économies émergentes connaissant une croissance rapide et des surplus d’investissement. La liste des Emerging Global Market Players (Acteurs du Marché Mondial Émergents, ndlr) comporte un total de 16 pays, c’est-à-dire 11 autres acteurs en pleine ascension, hors les BRICS. La NDB pourrait inviter ces 11 à devenir, eux aussi, des actionnaires. L’idée d’un ‘BRICS plus’ (c’est-à-dire les BRICS et d’autres économies émergentes) pourrait se nicher dans une institution formelle pour renforcer un front uni de pays en voie de développement déçus des institutions financières internationales de Bretton Woods, menées par les USA.

   Un pré-requis essentiel pour la NDB, basée à Shanghai, est une philosophie et un caractère cohérents qui la distinguent de la Banque Mondiale et de ses affidés. Ces derniers font la promotion du prêt avec la vision néolibérale de faire avancer les forces du marché et de réduire le rôle de l’état dans les pays en voie de développement. Pour leur part, les membres des BRICS sont unanimes sur la question de la protection de la souveraineté nationale et pour garantir que les gouvernements conservent une rêne sur la direction des stratégies économiques de leurs sociétés respectives.

   La NDB doit en paroles et en actes s’opposer à l’idéologie néolibérale afin qu’elle ne se transforme pas en addition quantitative à la puissance de prêt de la Banque Mondiale. Elle doit œuvrer à être un animal qualitativement différent qui reflète les luttes et les aspirations du Sud Mondial pour s’arracher à l’hégémonie occidentale.

   Avec le budget alloué à l’aide étrangère de la Chine excédant à lui seul celui de la Banque Mondiale, la position de ‘numéro un’ des institutions de Bretton Woods est déjà, en un sens, une chose du passé. Mais dernièrement, le malaise en Afrique et en Amérique Latine sur la prédominance de la Chine comme donatrice mégalithique s’est accru. Du point de vue méfiant des pays les moins développés, la NDB peut être une alternative plus sûre aux prêts chinois unilatéraux, qui viennent avec des fils à la patte comme des accords énergétiques captifs. Les pauvres du monde préfèreraient emprunter à la NDB qui reflète de multiples intérêts plutôt qu’à une seule source qui allonge l’ombre de la Chine sur leurs sociétés.

   Le sommet des BRICS de Fortaleza dévoilera un accord de réserve monétaire commune à hauteur de $100 milliards pour aider les pays membres à absorber les chocs économiques. Ce fonds de soutien a été appelé par le Ministre des Finances russe Anton Siluanov un "mini-FMI", devant agir comme tampon contre les ruées de panique contre les monnaies, telles celles qui ont eu lieu l’année dernière à cause d’une fuite d’investisseurs basés sur le dollar US. (...)

   (...) Les BRICS ont durement appris la leçon que compter sur la Réserve Fédérale US est une dépendance paralysante qui s’apparente à être pris en otage par les priorités économiques de Washington. Le "mini-FMI" est donc en réalité un véhicule pour la délivrance vis-à-vis du FMI, qui a été l’instrument financier de Washington en tant qu’unique sauveteur pendant les crises macroéconomiques. Les BRICS introduisent désormais ce qui pourrait devenir une ligne de secours alternative pour des pays qui sont fiscalement dans le rouge.

   Mis à part la NDB et les échanges de monnaies, qui ont été un sujet de finitions de réglages entre les pays des BRICS depuis des années, le sommet de Fortaleza sera également observé pour une orientation sur la question critique de la sécurité énergétique. La Russie a proposé une nouvelle Association Énergétique des BRICS, dotée d’une réserve de carburants qui puisse garantir une fourniture continue en pétrole et en gaz naturel à des prix prévisibles. La volatilité du coût de l’énergie a été un problème central empoisonnant la croissance économique dans des nations importatrices de pétrole et de gaz naturel telles l’Inde, la Chine et l’Afrique du Sud.

   Si un accord basé sur de bonnes règles est atteint au niveau des BRICS où les exportateurs énergétiques, la Russie et le Brésil, aident les pays membres importateurs d’énergie, cela aura beaucoup fait pour protéger les deux géants asiatiques de la turbulence du marché mondial du brut et pour améliorer leur autonomie stratégique.

   La nation hôte du dernier sommet en date, le Brésil, a aussi proposé une nouvelle plateforme innovante de statistiques dotée de l’empreinte des BRICS, qui fournira une alternative à la méthodologie classique en vigueur à l’Organisation pour la Coopération et le Développement Économique (OCDE) pour mesurer le PIB, l’inflation, le chômage et d’autres indices macroéconomiques. Cette innovation statistique pourrait permettre aux BRICS d’introduire des nuances aux paradigmes de développement qui ont été façonnés par le Consensus de Washington depuis la Seconde Guerre Mondiale.

   Le Brésil a également souligné que les BRICS ne peuvent se satisfaire de n’être qu’une institution centrée sur l’économie. L’Ambassadeur du Brésil en Inde a évoqué une "nouvelle architecture de politique internationale", en parallèle aux progrès économiques, comme étant les deux objectifs des BRICS.

   Par le passé, les BRICS se sont refusés à des actions diplomatiques ou militaires conjointes pour venir à bout de tensions et de conflits armés régionaux. À Fortaleza, le monde observera pour voir si les BRICS parviennent à formuler un mécanisme pouvant dépasser leurs déclarations habituelles ou les communiqués, qui condamnent la violence ou l’ingérence dans les affaires domestiques de nations souveraines par des puissances occidentales interventionnistes.

   En tant que leaders de leurs régions ou sous-régions respectives, les pays des BRICS pourraient désigner des éminences locales pour l’Afrique, l’Amérique Latine et l’Asie et offrir un soutien sans réserves à ces pays désignés pour éteindre des guerres, des rébellions et autres calamités survenant dans leur voisinage. Par exemple, si une situation comme la menace terroriste au Mali émergeait à nouveau, l’Afrique du Sud ou le Nigeria devraient être l’éminence appuyée sans équivoque par tous les pays des BRICS pour être le facteur décisif pavant la route vers une solution.

   Pareillement, la crise intraitable en Afghanistan pourrait être réglée par l’Inde et la Chine si elles formaient une troïka avec la Russie et emportaient l’assentiment des autres voisins de la région, qui n’ont pas vraiment apprécié ce qu’y ont fait les USA au cours des douze dernières années. Le Premier Ministre de l’Inde Narendra Modi a déjà envoyé un ballon de sonde proactif dans ce sens, en annonçant qu’il allait avoir une séance de brainstorming avec ses homologues à Fortaleza sur la manière dont le groupe puisse "contribuer aux efforts internationaux pour régler les crises régionales".

   Avec ingénuité, les BRICS peuvent couper l’herbe sous le pied de la culture d’interférence néocoloniale des USA et de puissances européennes en se faisant les pompiers des incendies du Sud Mondial. Imaginez le changement de climat dont nous serions témoins en matière de sécurité internationale s’il y avait, disons-le, une Force de Maintien de la Paix des BRICS qui puisse travailler de concert avec l’ONU et des organisations régionales comme entité indépendante de médiation, pouvant se déployer dans des parties instables sélectionnées du monde. (...)


Sreeram Chaulia est Professeur et Doyen à la Jindal School of International Affairs à Sonipat, en Inde.


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(L'Homme Poulpe n'est pas content)



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Benoît Barvin

samedi 5 juillet 2014

"Planche-Neige aimait faire du surf". Jacques Damboise in "Pensées à contre-pet".

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Pensées pour nous-mêmes:

(NE SOIS PAS
VENDEUR D'ILLUSIONS)

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(Ce bonbon gélifié cherchait
de toutes ses forces à s'échapper)


(VIA MUDWERKS)

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(Ces nouvelles décharges électriques
guérissaient du mauvais goût vestimentaire)


MING THE MERCILESS AND MALEFICENT. WORLDCON, 70S.
(SOURCE: ARCANEIMAGES, VIA RROSEHOBART)

CHINE

Un traitement de choc 
pour convertir les invertis

ZHANG RUI, CEN XINHANG, HU KEYI, WANG JIZHOU
NANFANG ZHOUMO

   (...) Wu était étendu sur un canapé quand il vit entrer le praticien portant un appareil à électrochocs. Le boitier lui rappelait un peu les ampèremètres de ses cours de physique du lycée, mais il portait les mots "thérapie par aversion". Le thérapeute lui demanda de s'installer confortablement, de bien se détendre et de fermer les yeux en pensant à la bouche et au corps d'un partenaire homosexuel avec lequel il aurait des relations. 

   Mais l'imagination de Wu était complètement bloquée par cet appareil cubique, qui, telle une paire d'yeux monstrueux, le stressait. Cinq à six minutes plus tard, le thérapeute appliqua brièvement les électrodes sur son bras. Le froid glacial de la décharge électrique le fit bondir. A l'issue de cette expérience qui lui avait coûté 500 yuans [près de 60 euros], Wu obtint un reçu sur lequel il était indiqué "conversion de l'homosexualité". (...)

   (...) En mars dernier, Wu a assigné en justice le Centre de consultation psychologique Xinyupiaoxiang de Chongqing, ainsi que le moteur de recherche Baidu, dont les résultats de recherche l'avaient mené à ce centre. Celui-ci ne constitue que la partie émergée de l'iceberg. Ainsi, en 2013, le centre LGBT de Pékin a porté plainte – sans aboutir – contre dix organismes proposant des "thérapies réparatrices des tendances homosexuelles", répartis dans dix provinces du pays. 

   En automne 2012, une jeune fille avait demandé de l'aide via un microblog au centre LGBT de Pékin, car son amie avait été envoyée par ses parents dans un établissement psychiatrique pour y être soignée. L'association avait bien tenté d'intervenir, mais les enfants ne pouvant s'opposer à la volonté de leurs parents, elle avait échoué à prendre contact. Suite à cela, le centre a commencé à s'intéresser aux traitements thérapeutiques infligés aux homosexuels en Chine. Il a notamment recueilli le témoignage de Li, l'ami de Wu, qui a suivi une thérapie de ce type durant trois mois avant de devenir un farouche opposant à ce genre de pratiques. (...)

   (...) Tout a commencé pour Li en 2011 quand ses amours clandestines avec un autre homme furent connues des parents de celui-ci. Son ami fut forcé de regagner sa région natale pour s'y marier. Désespéré de n'avoir pu le retenir, Li en perdit le sommeil. Alors qu'il était au fond du trou, il prit la décision radicale de renoncer à l'homosexualité. Un centre de soins psychologiques de Shenzhen présentait l'homosexualité comme une maladie mentale et affirmait avoir déjà plusieurs cas de guérison à son actif. 

   Trois séries de séances thérapeutiques suffisaient ; chacune d'elle coûtait 3 000 yuans [355 euros], mais une réduction de 20 % était accordée si l'on payait en une seule fois. Cela faisait moins d'un an que Li était sorti diplômé de l'université ; toutes ses économies passèrent dans ces soins et il dut même emprunter de l'argent. On lui colla des électrodes d'une froideur très désagréable sur le bas du corps. Avant même d'avoir eu le temps d'en être gêné, le thérapeute lui avait passé des vidéos de scènes de sexe entre homosexuels, en l'encourageant à se détendre et à laisser libre cours à ses fantasmes. Puis les décharges électriques avaient commencé. (...) 

   (...) "Une douleur horrible !" se souvient encore Li en serrant les dents. L'appareil lui envoyait automatiquement un électrochoc chaque fois qu'il ressentait une excitation sexuelle ; les décharges, telles des aiguilles, lui traversaient le corps, le laissant tout tremblant. A la forte douleur succédaient des vertiges. Au bout d'une demi-douzaine de fois de ce traitement, il était étourdi, mais le thérapeute l'avait encouragé à continuer, arguant que sinon il ne viendrait jamais à bout de sa maladie et qu'il devait pensait à ce qui se passerait si ses parents l'apprenaient. Il avait donc continué au rythme d'une séance d'électrochocs par semaine. 

   Par-delà la souffrance, c'est la peur qui l'emportait. Deux mois plus tard, il avait brusquement été submergé par une peur encore plus grande : et s'il ne guérissait jamais ? Il finit par demander au thérapeute pourquoi il ne constatait aucun résultat ; celui-ci lui répondit que l'on constatait parfois qu'une année de traitement était nécessaire, qu'il lui fallait absolument poursuivre les soins ; il s'agissait de respecter l'engagement pris vis-à-vis de lui et de ses parents, mais Li n'avait plus un sou vaillant. (...) 

   (...) Quelques années plus tard, Li raconta son expérience à Wu, ce qui poussa ce dernier à "infiltrer" ce milieu avant de traîner le centre devant les tribunaux, en soulignant dans sa plainte que l'homosexualité n'était pas une maladie et par conséquent ne nécessitait pas de traitements, et encore moins de thérapie réparatrice. Wu se fondait pour cela sur la nouvelle "Classification des désordres mentaux et leurs critères de diagnostic en Chine" de 2001, qui a supprimé l'homosexualité de la liste. 

   Une décision à portée historique, qui a permis aux plus de 30 millions d'homosexuels chinois de ne plus être considérés comme des malades. Dans le Centre de consultation psychologique Xinyupiaoxiang de Chongqing, une thérapie réparatrice comprend cinq sessions de trente séances au total. Chaque session coûte 6 500 yuans [768 euros], mais les clients qui paient en une seule fois les cinq sessions bénéficient d'un tarif préférentiel à 30 000 yuans [3 550 euros]. C'est la prestation la plus onéreuse proposée par le centre. Jiang Kaicheng, la cinquantaine, est le fondateur du centre et le responsable des soins, il semble d'ailleurs qu'il soit le seul thérapeute. Sur le site du centre, on apprend qu'il a réussi à soigner vingt cas à lui tout seul en 2011 et 2012. (...)

   (...) Il affiche un taux de réussite de plus de 50 % en matière de thérapie réparatrice, une thérapie par aversion et par hypnose. Le premier homosexuel dont M. Jiang a réussi à modifier les orientations sexuelles était un jeune homme de 27 ou 28 ans, incapable de se marier, et qui espérait pouvoir répondre aux pressions en ce sens de sa famille. "A la suite de la thérapie, il a pu avoir des relations sexuelles avec des femmes, même si sur le plan sentimental, il persiste à préférer les hommes." 

   Il s'agit donc d'un demi-succès, mais qui a pleinement satisfait les parents. En fait, l'important n'était pas de rompre toute relation avec des hommes mais de parvenir à accepter les relations hétérosexuelles pour pouvoir se marier et avoir des enfants. C'est sur ce critère que M. Jiang a très vite fondé le succès de sa thérapie, un choix sans aucun doute très judicieux dans une culture qui attache beaucoup d'importance au culte des ancêtres [qui ne peut être perpétué sans descendance]. 

   Le taux de mariage des homosexuels en Chine a toujours été non négligeable, que ce soit dans un souhait de faire des concessions ou pour cacher leur véritable identité sexuelle. Il s'agit là d'un phénomène propre à la Chine, où le nombre de femmes mariées à des homosexuels dépasse les 16 millions. Encore une frange de la société qui reste dans l'ombre... Le 16 mai dernier, le centre LGBT de Pékin a publié un rapport sur les thérapies réparatrices proposées aux homosexuels en Chine. On y apprend que plus de 10% de ces derniers envisageraient d'y avoir recours. Dans cette communauté, les troubles dépressifs sont supérieurs à la moyenne, ces personnes-là étant soumises à de fortes pressions provenant surtout de leur famille et de la société. (Wu et Li sont des noms d'emprunt.)


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Benoît Barvin

samedi 22 février 2014

"La paille qui était dans mon oeil m'empêcha de voir la poutre qui me tombait dessus". Jacques Damboise in "Pensées inconvénientes".

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Pensées pour nous-mêmes:

(LE SAGE SE NOURRIT 
DE BONNES ACTIONS)

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(Document:
Le pétomane s'entraînant pour le bénéfice de son art)



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(Réponses des prostituées chinoises
au gouvernement central à Pékin)


(Source: nosuchthingasperfectt, via misshaileyxx)

Avec son «balayage du vice», 
Pékin fait du racolage

PHILIPPE GRANGEREAU

   (...) Ville méridionale de 7 millions d’habitants, Dongguan est célèbre à travers toute la Chine pour deux choses : son rôle historique dans la première guerre de l’opium au XIXe siècle et le nombre aujourd’hui impressionnant de ses lupanars. Plus d’une centaine de milliers de prostituées y exercent leur commerce profane dans une sérénité d’ordinaire jamais troublée. Les bordels ont des menus imprimés proposant de savoureuses galipettes, du «rêve du dragon» en passant par les «dix-huit virages de la route de montagne» et le «jeu du pipeau».

   Sauf que cette semaine, soudainement, les autorités ont décidé de donner un coup de pied dans la fourmilière. Près de 2 000 salons de massages, karaokés, saunas, hôtels, «centres de loisirs» et de «bien-être» ont été perquisitionnés. L’opération de«balayage du vice» a mobilisé 9 000 policiers. Un député de l’Assemblée nationale du peuple, patron d’un cinq étoiles louche appelé Crown Prince Hotel, a été interpellé lundi. Embarqués aussi, huit gradés de la police municipale soupçonnés de toucher des pourcentages. (...)

   (...) Le nombre de prostituées chinoises est estimé à 6 millions par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et l’industrie du sexe représenterait 6% du produit intérieur brut (PIB) national, selon l’économiste Yang Fan, de l’université Zhengfa de Pékin. Une authentique campagne nationale contre la prostitution pourrait sérieusement ralentir la croissance, voire précipiter une chute boursière. Cela a sans doute poussé les autorités à une certaine retenue : sur les 2 000 établissements perquisitionnés à Dongguan, seuls douze ont été effectivement bouclés, selon l’agence Chine nouvelle. Et malgré le déploiement d’un régiment de limiers, seulement 67 personnes ont été interpellées. «De qui se moque-t-on ?»s’interroge un internaute qui dit «fortement douter de l’intention des autorités de stopper la prostitution».

   L’opération de Dongguan était aussi - surtout ? - une action médiatique destinée à persuader la population que le pouvoir s’attaque au problème. Car quelques heures avant l’assaut policier contre les bordels, la chaîne nationale de télévision CCTV a diffusé un opportun «reportage» en caméra cachée, réalisé à Dongguan la semaine précédente. De toute évidence, l’émission était coordonnée avec l’intervention des forces de l’ordre. Une demi-heure choc, en prime-time, sur les coulisses du sexe tarifé en Chine : du jamais vu sur les ondes monotones de la télé officielle. 

   On suit à l’image un journaliste de CCTV dans une chambre équipée d’un miroir sans tain, derrière lequel dansent deux filles en maillot de bain. «Celle de gauche est le numéro 193, elle est de Chongqing ; l’autre, le numéro 136, est du nord-est. Si elles vous plaisent, on peut vous les réserver. Elles sont toutes les deux à 800 yuans[96 euros, ndlr]», lui dit le proxénète qui l’accompagne. «Voyez, un coup de sonnette et deux autres se pointent, jusqu’à ce que vous en trouviez une à votre goût… Dépêchez-vous, nos cinquante chambres sont pleines.»

   (...) Dans un autre établissement bondé, on est conduit dans une grande pièce où trône une scène bordée de pots de fleurs. Sur une musique techno, apparaissent une quinzaine de filles en jupe courte, chacune un gros numéro épinglé sur l’étoffe. Elles défilent l’une après l’autre, tenant toutes un sac à main identique. Derrière, on entend le patron dire tout haut : «Celle-là est à 700[84 euros], celle-là à 800.» La caméra se déplace dans une «suite présidentielle». Un lapitiao («maquereau») raconte que tout l’hôtel est un bordel et qu’un agrandissement est prévu.

   A l’hôtel Dongzhen, la mise en scène est identique : décor de tentures pourpres, brochette de vingt sanpei en tenue aguichante, leur tarif respectif sur une étiquette rouge collée à la cuisse. Le patron déplore qu’il y en ait moins que d’habitude.«Mais c’est le nouvel an chinois et plein de filles sont rentrées pour les fêtes.»«Celles à 600 [72 euros] ou 700 yuans ne sont pas trop sexy, mais à partir de 800, c’est chaud», conseille un client. «Dans ce sauna, on vous fait la totale», annonce une mère maquerelle, qui propose un karaoké où des xiaojie(«demoiselles») dansent nues. «Dites bonjour au client !» ordonne un type en costume à une brochette de courtisanes en froufrous qui déboulent dans une salle.«Yuannin wande qingcai» («nous vous souhaitons de bien vous amuser») chantent à l’unisson les demoiselles soumises, sans omettre de s’incliner.

   Depuis lundi, la «campagne antivice» s’est étendue à Canton. Il est question, selon la presse officielle, de «nettoyer»la province du Guangdong, voire le pays tout entier, dans les mois qui viennent. «Vaine entreprise, juge la sexologue Li Yinhe. Les bordels sont pleins parce que le sexe est un besoin comme les autres. Quand on grelotte de froid, on est bien content de trouver une chaumière accueillante.» Rappelant que les attitudes à l’égard du sexe ont considérablement évolué et qu’il existe même au Parlement un projet de loi pour légaliser la prostitution, Li préconise de décriminaliser cette activité. «Les prostituées, dit-elle, font désormais partie de la classe ouvrière.»


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"Oh, Maître, que désirez-vous?"
- Un beau jeune homme, stupides femelles!"



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Luc Desle