Bonjour à vous qui, dans le maelström du net, êtes arrivés, par hasard? lassitude? erreur? sur ce blog. Vous êtes les bienvenus. Vous y lirez des extraits d'articles, de pensées, d'interviews, piochés ça et là, et illustrés de photos et dessins détournés, via un humour de bon aloi. Vous pouvez évidemment réagir avec le même humour, la même ironie que nous mettons, chaque jour, à tenter de respirer un peu plus librement dans une société qui se corsète chaque fois un peu plus.
Affichage des articles dont le libellé est horreur. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est horreur. Afficher tous les articles

vendredi 10 janvier 2014

"Raide comme la Justice, il était aussi un petit peu mort". Jacques Damboise in "Pensées à contre-pet".

***
Pensées pour nous-mêmes:

(LE MÉCHANT SE NOURRIT DE TA PEUR)

***
(La Liberté poursuivie par la haine. Allégorie)


A powerful illustration by Heinrich Kley,
 watercolor and pen and ink over ...


***
"Et voilà une nouvelle tête!
- Encore une! Et on en fait quoi?"

Dieudonné :
 Pas drôle mais pas de quoi le censurer

CAROLINE STEVAN
LE TEMPS

   (...) On peut se demander ce qu’il reste d’humour et de théâtre dans les stand-up de Dieudonné, mais tant qu’ils seront considérés comme tels plutôt qu’assimilés à des meetings politiques et haineux, il ne sera pas justifiable de vouloir les éliminer. Dieudonné n’est pas drôle. Ce n’est pas une raison pour interdire ses spectacles, les brigades du bon goût étant un concept trop aléatoire et périlleux. 

   Dieudonné est antisémite, selon certaines associations de lutte contre le racisme ou l’antisémitisme.  Ce n’est pas davantage une raison pour l’empêcher de monter sur scène. Censurer une œuvre relève de pratiques que l’on préfère associer à d’autres époques et à d’autres régimes que le nôtre. Les attaques contre la liberté d’expression sont multiples et féroces – l’affaire des caricatures du Prophète n’en est qu’un exemple – et le rempart à leur opposer doit être sans faille, quel que soit le public malmené. (...)

   (...) Des centaines de femmes rêvent que les sketches de Jean-Marie Bigard soient bannis de l’espace public; heureusement il n’en a jamais été question jusque-là. Surtout, ne pas créer de précédent. On peut se demander ce qu’il reste d’humour et de théâtre dans les stand-up de Dieudonné, mais tant qu’ils seront considérés comme tels plutôt qu’assimilés à des meetings politiques et haineux, il ne sera pas justifiable de vouloir les éliminer. En France, en Belgique et en Suisse, toutes les municipalités qui ont tenté de déprogrammer le trublion ont été désavouées par la justice. Dieudonné est malin. 

   Il noie les sujets délicats parmi des tas d’autres, mêle la défense des Noirs à l’attaque des Juifs, exprime ses opinions les plus litigieuses hors de scène. Il jongle avec les limites, sous-entend des horreurs et laisse le soin à un public conquis de parfaire le raisonnement. Inviter le négationniste Robert Faurisson sur scène est abject, mais non punissable. Inventer une gestuelle sur fond d’antisionisme est idiot mais efficace en termes de marketing; le mouvement, interprété par certains comme un salut nazi inversé, a été repris à l’infini, jusque devant le Mémorial de la Shoah à Berlin. Mais Dieudonné, parfois, se plante. 

   Chanter "Shoah­nanas" sur un air d’Annie Cordy lui a valu une condamnation récente pour incitation à la haine. Si l’Etat ne peut pas interdire un spectacle a priori, la justice doit se saisir des propos délictueux a posteriori. Il lui incombe, surtout, de se donner les moyens d’être respectée. Multirécidiviste, plusieurs fois condamné, Dieudonné se paie le luxe de ne pas payer ses amendes. Dans une interview donnée au Temps en 2004, il évoquait une "immunité de l’humoriste". A condition d’en être encore un. Et de ne pas confondre scène et tribune.


Voulons-nous, en 2014, en France, illustrer la maxime de Saint-Just:

« Pas de liberté pour les ennemis de la liberté. »?


A Tu Quoque nous sommes résolument contre, même si Dieudonné ne nous inspire pas des sentiments très  sympathiques...

***

"Ils sont où les Amis de la Liberté?
- Je t'en envoie quelques-uns"


Heinrich Kley


***
Benoît Barvin

lundi 2 juillet 2012

"Le tueur de doutes a disparu". Jacques Damboise in "Pensées à contre-pet".

***
Pensées pour nous-mêmes:

(NE TE HÂTE PAS TROP VITE 
VERS TA MORT PROCHAINE)


***
"Tu m'aimeras toujours si je t'avoue
que le bio et moi... hé ben... C'est pas la passion?
- Oh, Mon N'Amour, tu ne pouvais
pas me faire plus plaisir! On va chez Quick ou
chez McDonald?


Pour les Français, 
la santé ne passe pas par le bio

   (...) D’après cette enquête réalisée par l’Ifop auprès de 1010 personnes interrogées par internet en juin, 67 % des Français jugent qu’il est« secondaire » de manger bio pour être ou pour rester en bonne santé. (ok. Mais pourquoi est-ce secondaire?) Seuls 28 % jugent que c’est « important » et 5 % pensent que c’est« prioritaire ».(...)

   (...) En revanche, « surveiller sa consommation de tabac » est considéré comme « prioritaire » par 61 % des personnes interrogées (heu, la supprimer carrément aussi, peut-être?), « manger équilibré » par 44 % (et c'est quoi, ça, "manger équilibré"?), « dormir suffisamment » par 40 % (8heures? 10 heures? Plus?) et « surveiller sa consommation d’alcool » par 39 % (la réduire drastiquement, peut-être?).

   « Être optimiste et épanoui » (peut-on être optimiste mais pas épanoui?), « se reposer » (en étant chômeur?), « éviter les situations de stress »  (idem?) et « avoir une activité sportive ou physique régulière » (en levant le coude?) sont considérés comme «prioritaires» par 31 % à 38 % des personnes interrogées.

   D’après cette (subtile) enquête réalisée pour un groupe d’assurance (hem...), les personnes interrogées jugent à 91 % être en bonne santé (13 % en« excellente » et 78 % en «plutôt bonne» santé) et jugent en moyenne qu’elles vivront jusqu’à 83 ans. (pourquoi que 83 ans?) (enquête, comme d'hab', sujette à caution)




***
"Ose prétendre que je suis un racaille, espèce de malpoli!"




La responsabilité des médias 
sportifs français est engagée
Tristan Chambon
Consultant sport and médias


   (...) "Une équipe de racailles", "malpolis", des joueurs au "quotient intellectuel catastrophique", un "manque d'éducation". Les reproches à l'encontre des joueurs de l'Equipe de France sont de plus en plus axés sur le comportement et le caractère. Jean-Michel Larqué, entre autres, fait partie de ces chroniqueurs qui ont le plus tendance à tirer à boulets rouges sur les capacités intellectuelles et comportementales des joueurs de l'Equipe de France. Un des reproches favoris fait à l'Equipe de France se situe sur les montants faramineux que les footballeurs gagnent. Pourtant, les footballeurs allemands, italiens ou encore espagnols gagnent autant que nos footballeurs français, et ne se comportent pas de cette manière.



   Une partie du problème se situe dans la place démesurée que les médias accordent aux footballeurs, en leur demandant tour à tour d'être exemplaires sur le terrain comme en dehors, dans leur vie privée comme dans leur vie publique. C'est une bien trop grande responsabilité que nous demandons à de simples footballeurs. Etre idôlatré n'a jamais signifié être exemplaire. (bien au contraire)

   Par la couverture qu'ils accordent à ces mauvais gestes, les médias sont en partie responsables de cet échec (face à une équipe championne du monde et d'Europe en titre), le journal L'Equipe en premier lieu. Combien de couvertures ont-été réalisées sur le geste de Samir Nasri ? En accordant la couverture aux mauvais gestes, la presse occulte les bons. En faisant tourbillonner la centrifugeuse médiatique sur les joueurs en faute, nous nous détournons de tous ceux qui sont corrects, ou simplement normaux. (comme d'hab') Enfin, les médias en accordant une place bien trop importante aux footballeurs, alimentent ce décalage entre le peuple et son équipe. Ces mêmes médias vantent tour à tour les vertus des sportifs de l'ombre, plus humbles, modestes et méritants, tout en fermant leurs antennes ou leurs pages à ces sports. (voir les jeux paralympiques ou les sports féminins, le football, par exemple...) Ces médias dézing uent les footballeurs et leur style de vie, tout en se nourrissant sur la machine à fric qu'est devenu le football.

   Les médias français se trouvent dans une situation instable où, en cas d'échec, ils ouvrent leurs colonnes aux snipers embusqués prompts à fusiller cette équipe de racailles. En cas de victoire, ils tresseront des lauriers à cette Equipe de France, symbole d'une France à l'intégration réussie, d'une France qui gagne, d'une France qui sourit. Ce paradoxe n'est guère étonnant quand on voit que les JT de 20h accordent 15 minutes d'ouverture sur la mort d'un commentateur de foot, la veille même d'élections décisives en Grèce... et en France. Ainsi passe la gloire du monde. (...)




***
(Murmuré)
- Ce virus de la pétrification, tu l'as trouvé comment?
- En bidouillant après un long processus qui...
- Espèce de tocard! Si jamais j'en sors,
gaffe à tes fesses!"


Ces virus (re)créés par l’Homme
HÉLÈNE PENNANEAC’H

   (...) La semaine dernière, les résultats des travaux controversés du virologue néerlandais Ron Fouchier ont finalement été publiés dans la revue Science, après de nombreux rebondissements. Avec son équipe du Centre médical Erasmus de Rotterdam, aux Pays-Bas, il avait mis au point en 2011 un virus mutant de la grippe aviaire, transmissible de mammifère à mammifère et potentiellement mortel. 
   Très virulent chez les oiseaux, le virus H5N1, qui n’est pour l’instant pas transmissible d’homme à homme, a contaminé (seulement) 600 personnes dans le monde depuis 2003. Mais il s’est avéré mortel dans 60% des cas. L’équipe de Ron Fouchier essayait donc d’identifier, d’isoler et de séquencer les mutations qui permettraient au virus de devenir transmissible. Résultat : elle a réussi à créer un super-virus extrêmement dangereux. (...)

   (...) Le professeur au CHU de Lyon veut d’ailleurs tordre le cou aux fantasmes collectifs : « Il n’existe pas de virus créés par l’Homme stricto sensu. On devrait plutôt parler de virus “ transformés ”, ou “ reconstruits ”. » (ce n'est pas plus rassurant, non?) Dans son laboratoire de virologie, conçu pour accueillir les virus les plus dangereux au monde, il a lui-même manipulé les souches H5N1 et H1N1 (la grippe porcine). 
   « De toute façon, poursuit-il, tous les laboratoires qui contiennent le terme de " pathogénèse virale " dans leur titre travaillent sur des virus modifiés. ». Il y aurait environ 30 ou 40 laboratoires dans le monde capables de reproduire ce virus. Mais d’après le virologue, ces recherches, publiées en l’état, ne seraient pas exploitables par les bioterroristes en herbe.(...)



***

"Oh Mon Dieu, Nadine, si tu voyais
comment elle est attifée...
C'est une H-O-R-R-E-U-R!
Elle ne porte même pas de costume!"

***
Benoît Barvin

dimanche 21 août 2011

"Malgré sa gueule enfarinée, ce lycéen refusa de devenir boulanger". Benoît Barvin in "Pensées pensées".

¤¤¤
"Yeah! 
Moins d'un an à voir sa tronche tous les jours!"

¤¤¤

"Pourquoi s'en prendre à moi?
- Parce que.
- Mais ce n'est pas une réponse...
- Pour moi, si."

L’horreur est humaine
1 août 2011 CORRIERE DELLA SERA MILAN

Claudio Magris

   (...) Comme l’a écrit Pierluigi Battista dans le Corriere, chercher toujours le complot (à sa manière rationnelle, même dans sa perversité), l’explication politique et sociologique, un projet collectif précis, est une manière inconsciente de se rassurer, d’identifier l’acte à un ordre, fût-il abject ; une manière de s’abandonner à des divagations sur des trames énigmatiques, fondamentalement terrifiantes mais aussi involontairement gratifiantes, comme il est souvent gratifiant de s’attarder sur les vagues images du cauchemar, de l’horreur et de la peur. Interpréter ou chercher à interpréter offre toujours du réconfort, voire une satisfaction hautaine. Devant tant de délits encore irrésolus, les avis sur leurs intentions plus ou moins cachées semblent plus importants (et occupent davantage de place dans les journaux) que les enquêtes, qui, dans un premier temps, sont pourtant la première et peut-être la seule chose qui compte. (...)
   (...) Ceci dit, il reste une nette différence entre le geste individuel d’une personne et le projet collectif d’une organisation, même s’il accompli par un seul individu. Le meurtrier norvégien semble assimilable, avec une forte probabilité, aux Landru ou Jack l’Eventreur – eux aussi, fils de leur temps – plutôt qu’aux assassins de l’Italicus [nom du train visé par une bombe qui a fait 12 morts en juillet 1974], ou de la Piazza Fontana [17 morts à Milan en 1969]. Il serait infâme d’utiliser son nom pour couvrir de boue tel ou tel mouvement politique. Son geste atroce montre le pouvoir constamment latent du mal, sa capacité à se déchaîner à n’importe quel moment ; il révèle notre cohabitation quotidienne, coude à coude, avec le mal, toujours aux aguets et prêt à passer à l’action.
   Cette boucherie d’êtres humains montre aussi l’infinie banalité, l'imbécilité du mal et de la violence, qui si souvent sont présentés dans un emballage séduisant, comme étant l’expressions d’on ne sait quelles vérités infernales mais profondes. Le couteau de Jack l’Eventreur semble avoir fasciné tant de gens qui y ont vu l’épée d’un ange diabolique, bien plus que les ventres déchiquetés et les souffrances des femmes qu’il a tué, les seules, vraies, protagonistes de cette histoire tragique où lui n’est qu’un figurant, fût-il maudit. Honteusement, et pourtant inévitablement, le nom qui restera dans les mémoires sera celui de l’assassin, pas ceux de ses victimes.
   Les tirs mécaniques et répétés de l’assassin abattant ses victimes peuvent être comparés à une monstrueuse chaîne de montage. Lui aussi, naturellement, est un homme dont l’humanité ne s’épuise pas dans ses crimes, un homme qui doit être poursuivi mais aussi protégé selon le principe de la loi égale pour tous, y compris pour les assassins les plus cruels ; un homme probablement en proie à ses obsessions, ses souffrances, ses peurs.
   On peut et on doit avoir du respect pour un tel homme – au-delà de la qualification juridique de ses actes et de la peine qu’ils requièrent –, mais non pas selon la banale rhétorique du mal – parce que c’est un assassin, ou plutôt malgré le fait qu’il soit un assassin. Son délit est non seulement la chose la plus horrible, mais aussi la plus stupide, la plus mécanique, la plus bornée de sa vie. (...)

Lire la suite sur:
¤¤¤
"Et ainsi, même en cas de décès violent, vous êtes couvert...
- N'importe quel décès violent?
- Ce qui est dit est dit, hein?"

(Cette conseillère était enchantée de la manière dont se déroulait
l'entretien et par sa façon de répondre à ses fumeux clients)

¤¤¤
Le conseiller « enchanté »
 du président

   (...) L'étonnante « perle » du jour se cache au plus profond d'un article consacré par Le Figaro à la manière dont Nicolas Sarkozy prépare sa rentrée politique, écrit Guy Birenbaum sur son blog. Et il commente : « Je ne sais pas bien quel mot utiliser… Maladroit ? Choquant ? Indigne ? Odieux ? Juste cynique ? »
    La phrase qui fait bondir le blogueur :
   « De ce point de vue, l'hommage rendu aux soldats morts en Afghanistan, le 19 juillet dernier, est considéré à l'Élysée comme un modèle (modèle?) du genre. Dans la cour d'honneur des Invalides, sous une pluie battante, le président “avait l'air et la manière‘, résume un conseiller, enchanté (de la mort des soldats?).’
   Et d'ajouter :
   ‘Cet enchanté, ce conseiller, enchanté d'un président, qui avait l'air et la manière (étrange formule, au passage, on dit l'art et la manière…) devant les dépouilles des soldats français morts en Afghanistan me fait froid dans le dos. (A nous aussi, Paulo)’ (...)

¤¤¤

"Plus jamais je ne voterai pour lui... Plus jamais...
Ça me déprime trop."

Ces classements qui font de la France 
une nation de dépressifs
 LOUIS LEPRON

   Les dix pays à hauts revenus choisis se situent entre la neuvième (Etats-Unis) et la 28e place (Israël) des Etats ayant les plus forts PIB par habitant au monde. En moyenne dans ces pays-là, l'âge de dépression tourne autour de 25-26 ans.
   L'Hexagone, habitué des sondages, statistiques et études en tout genre, donne à voir un pays dont la population serait sous antidépresseurs, une seringue dans le dos, titubant comme un zombie pour aller faire ses courses.
   En effet, bien que l'étude soit considérée comme « nouvelle », de nombreux autres travaux ont déjà fait le tour de la presse et de la toile (ça s'appelle un marronnier). Voici une liste non-exhaustive des derniers classements ou études véhiculés depuis ces quatre dernières années :
   22 octobre 2007 : un Français sur cinq, soit trois millions de personnes, est touché par la dépression.
   26 août 2008 : la France est la plus grande consommatrice d'antidépresseurs.
   28 septembre 2008 : l'Institut de veille sanitaire communique sur le pourcentage de français atteints de dépressions : 5 à 7% selon l'étude.
   24 avril 2009 : 37% déclarent souffrir de dépression pendant leurs vacances.
   3 janvier 2011 : 61% des Français voient dans l'année 2011 une période économiquement difficile, tandis que seulement 3% l'envisagent avec enthousiasme. La France occupe la première place.
   22 mai 2011 : parmi de nombreux indicateurs, le baromètre de conjoncture agricole de mai 2011 montre que les agriculteurs français, à hauteur de 38%, sont plus pessimistes que les agriculteurs allemands (7%). (etc) (...)
Lire l'article sur:

¤¤¤
Luc Desle