Bonjour à vous qui, dans le maelström du net, êtes arrivés, par hasard? lassitude? erreur? sur ce blog. Vous êtes les bienvenus. Vous y lirez des extraits d'articles, de pensées, d'interviews, piochés ça et là, et illustrés de photos et dessins détournés, via un humour de bon aloi. Vous pouvez évidemment réagir avec le même humour, la même ironie que nous mettons, chaque jour, à tenter de respirer un peu plus librement dans une société qui se corsète chaque fois un peu plus.
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jeudi 1 mai 2014

"Il était gai comme un curé qui vient de recevoir une nouvelle soutane". Jacques Damboise in "Pensées à contre-pet".

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Pensées pour nous-mêmes:

(L'ART TE DONNE SES AILES)

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(Petit rappel historique)


(Les promesses des autres? Qui peut nous éclairer?)

annefrankguide.net

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(Manifestement, Glenda Pancake
était légèrement déprimée)


(Source: modrules, via mayzom)

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"Qui c'est?
- Votre gentil commissaire européen
qui vient vous faire faire des économies...
- Encore?!"



La machine à punir

Serge Halimi

   (...) Qu’est devenu le rêve européen ? Une machine à punir. A mesure que le fonctionnement de celle-ci se perfectionne, le sentiment s’installe que des élites interchangeables profitent de chaque crise pour durcir leurs politiques d’austérité et imposer leur chimère fédérale (1). Ce double objectif suscite l’adhésion des conseils d’administration et des salles de rédaction. Mais, même en ajoutant à ce maigre lot les rentiers allemands, quelques prête-noms luxembourgeois et bon nombre de dirigeants socialistes français, on n’élargit pas démesurément l’assise populaire de l’actuel « projet européen ».

   L’Union ne cesse de rabrouer les Etats qui n’ont pas pour souci prioritaire de réduire leur déficit budgétaire, y compris quand le chômage s’envole. Comme ils obtempèrent en général sans se faire prier, elle leur impose aussitôt un programme de rectification comportant des objectifs chiffrés à la décimale près, assorti d’un calendrier d’exécution. En revanche, quand un nombre croissant de patients européens doivent renoncer à se faire soigner faute de ressources, quand la mortalité infantile progresse et que le paludisme réapparaît, comme en Grèce, les gouvernements nationaux n’ont jamais à redouter les foudres de la Commission de Bruxelles. Inflexibles lorsqu’il s’agit de déficits et d’endettement, les « critères de convergence » n’existent pas en matière d’emploi, d’éducation et de santé. Pourtant, les choses sont liées : amputer les dépenses publiques signifie presque toujours réduire dans les hôpitaux le nombre de médecins et rationner l’accès aux soins.

   Davantage que « Bruxelles », exutoire habituel de tous les mécontentements, deux forces politiques ont promu la métamorphose des dogmes monétaristes en servitude volontaire. Depuis des décennies, socialistes et libéraux se partagent en effet le pouvoir et les postes au Parlement européen, à la Commission et dans la plupart des capitales du Vieux Continent (2). Ultralibéral et partisan de la guerre d’Irak, M. José Manuel Barroso fut d’ailleurs réélu président de la Commission européenne il y a cinq ans à la demande unanime des vingt-sept chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union, socialistes compris, même si chacun reconnaissait alors la médiocrité époustouflante de son bilan.

   Rivalisent en ce moment pour lui succéder un social-démocrate allemand, M. Martin Schulz, et un démocrate-chrétien luxembourgeois, M. Jean-Claude Juncker. Un débat télévisé les a « opposés » le 9 avril dernier. Lequel des deux estima que « la rigueur est nécessaire pour regagner la confiance » ? Et lequel lui répliqua que« la discipline budgétaire est inévitable » ? Au point même que le premier, pour qui les « réformes » impitoyables de son camarade Gerhard Schröder constituent « exactement le modèle » à suivre, laissa échapper : « Je ne sais pas ce qui nous distingue. » Certainement pas en tout cas la volonté de fermer la caserne économique européenne.

(1) Lire « Fédéralisme à marche forcée », Le Monde diplomatique, juillet 2012.

(2) Le 7 juillet 2009, le Parti populaire européen (PPE, droite) et les socialistes ont signé un « accord technique » au terme duquel l’ultraconservateur polonais Jerzy Buzek a présidé le Parlement européen de juillet 2009 à janvier 2012, et le social-démocrate allemand Martin Schulz lui a succédé.


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(La fille aux cheveux d'or
se la pétait un peu)



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Benoît Barvin

mardi 29 mai 2012

"L'argent ne fait pas le bonheur, surtout si t'en as pas". Benoît Barvin in "Propos de mes Voisins"

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Pensées pour nous-mêmes:

(LA MORT T'ATTEND
EN PÊCHANT A LA LIGNE)

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"Chomp... Chomp... Pub menchongère?
Ouaip! Cha me préoccupe, ch'est chûr..."

Bouffe : 
finie la pub mensongère !

   (...) Avant, tout était permis ! Maintenant, si un produit étiqueté, par exemple, « bon pour la santé », « aide à lutter contre le stress », ou même « le geste santé du matin », n’a pas prouvé son efficacité scientifiquement, dans ce cas-là, la marque a 6 mois pour supprimer des packagings cet argument de vente non autorisé. En tout, sur 44 000 demandes, seulement 222 allégations santé ont été acceptées. (...)

   (...) Résultat, le chewing-gum sans sucre qui « Préserve la santé des dents » a été validé. En revanche, la barre de chocolat blanc et lait qui « Favorise la croissance » va devoir trouver un autre slogan ! 
   Et si on poussait la réflexion un peu plus loin (oulà, c'est dangereux pour la santé, non, de réflechir "plus loin"?) et on obligeait les industries agro-alimentaires à afficher les vraies allégations santé sur leurs produits, on lirait sur les emballages des goûters pour enfants des mentions comme : « Bouche les artères », « Favorise l’obésité », « Accélère le développement des caries », « Augmente les risques de diabète »… Ça donne à réfléchir, non ? (Ben... oui, un peu... on n'y avait pas pensé tout seul) (...)




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Aragorn, Seigneur des Anneaux et des étudiants du Québec



Québec : une loi d’exception 
pour casser le « printemps érable »
Sophie Verney-Caillat

   (...) Voyant arriver la fin de l’année scolaire, la ministre de l’Education, craignant une annulation des examens, a conçu cette loi dite « 78 », immédiatement applicable.
   Officiellement, selon la ministre de l’Education Michelle Courchesne, ce texte a pour but de « pouvoir étudier sereinement, correctement, pacifiquement dans tous les établissements du Québec », et de « réorganiser le calendrier scolaire ». (...) (voir la loi adoptée vendredi 18 mai


(...) En pratique, cette loi, prévue pour une application ponctuelle jusqu’en juillet 2013, est une atteinte au droit de manifester :
   - Elle interdit tout rassemblement à moins de 50 mètres des établissements scolaires ;
   - Elle restreint le droit de manifester sans accord préalable avec la police : il faudra fournir huit heures avant, la durée, l’heure, le lieu et les moyens de transports ;
   - Elle prévoit de très lourdes amendes pour les organisateurs de piquets de grève : de 1 000 à 5 000 dollars (de 770 à 3 860 euros) pour un individu seul et de 25 000 à 125 000 dollars (de 19 320 à 96 600 euros) pour une association d’étudiants, le double en cas de récidive.

   Le syndicat étudiant le plus radical, la Coalition large de l’Association pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE), dénonce « un meurtre de ce qui caractérisait le Québec par rapport à d’autres sociétés dans le monde ». (et nos amis Québecois continuent leur fronde... Courage!)


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"Le rêve européen? Il ne passera pas par moi"

ENGRAVING OF CLARA AND A HUMAN SKELETON FOR TABULAE SCELETI
 ET MUSCULORUM CORPORIS HUMANI. OF ALBINUS,
 BERNHARD SIEGRIED, 1697-1770 (VIA MVAT)

Les naufragés du rêve européen
 Doan Bui.  Journaliste

   (...) Dans le petit village frontalier de Nea Vyssa, Christos, surnommé le “Shérif”, patron du café local, voit défiler les rescapés, savates gonflées d'eau, transis de froid et traînant, pour les plus chanceux, un sac plastique qu'ils ont réussi à sauver.
   "Il en vient tous les jours. Parfois dix, parfois cinquante, soixante ou plus. Avant, pour nous protéger des Turcs, il y avait des mines antipersonnel partout dans l'Evros. Mais tout a été enlevé en 2009. Depuis, c'est l'invasion. Les types de la Frontex ? Des chariots ! Ils ne servent à rien du tout ! L'Europe nous a mis dans la merde, voilà la vérité. Tous ces migrants, ils croient qu'ils vont pouvoir passer en Italie ou en France. Mais personne ne veut d'eux, et on les renvoie chez nous ! Alors qu'ici il n'y a pas de travail, pas d'argent, rien !"

   Le “Shérif” voudrait créer une milice, avec les quelque 300 autres habitants du village autorisés comme lui à porter des armes, dans cette zone militarisée : “Avec nous, pas un ne passerait !” Il dit que les gens ont peur de ces immigrés qui “ramènent des maladies”, mais que c'est partout pareil : “Marine Le Pen a du succès chez vous, non ?” Le bistrotier, pourtant, continue à accueillir ces pauvres hères égarés à la terrasse de son café, situé devant la petite gare de Nea Vyssa où le train ne passe presque plus jamais. (...)

   Ce matin d'avril, Nageb, un jeune Marocain, est le premier à s'y attabler. Il a fait la traversée à la nage pendant la nuit, avec son copain Chetroub.
   "C'est ma troisième tentative, dit-il. J'ai essayé via l'Italie, mais notre bateau a été arrêté, et via l'Espagne, mais je suis resté coincé à Ceuta [enclave espagnole au Maroc, NDLR]. Ce matin, on a marché pendant quatre heures après être sortis de l'eau. J'avais peur d'être revenu en Turquie, mais j'ai trouvé une bouteille d'eau par terre avec l'indicatif téléphonique grec. J'étais tellement content ! Ici, il paraît que les policiers sont plus sympas..."

   Welcome to Greece ! Le “Shérif” a beau déplorer l'“invasion”, il offre du café chaud, des chaussettes sèches, une bouteille d'eau aux deux Marocains. Ses hôtes le remercient avant de s'engager dans un dialogue surréaliste. Nageb demande où trouver la police. Le “Shérif” le rassure : un van passera le prendre ! Ici, tous les migrants veulent être “enregistrés”, quitte à être dirigés vers les centres de rétention bondés, dans des conditions dénoncées en septembre dernier par l'ONG Human Rights Watch. 
   Depuis, deux de ces centres sont en “rénovation”, en clair ils vont être agrandis. En attendant la fin des travaux, beaucoup de clandestins sont enregistrés, puis immédiatement relâchés, obtenant de surcroît un précieux sésame : le fameux “papier des trente jours”. Ce laissez-passer, qui leur donne un mois de sursis avant d'être expulsés, est indispensable pour pouvoir acheter un ticket de bus jusqu'à Athènes. De là, ils espèrent gagner clandestinement la France, l'Italie, l'Allemagne... N'importe quel pays plutôt que la Grèce, où la crise fait rage. (...)

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"Snif, snif... Tiens, Narine n'est pas loin,
 je sens son parfum..."
(by paul.malon)
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Benoît Barvin