Bonjour à vous qui, dans le maelström du net, êtes arrivés, par hasard? lassitude? erreur? sur ce blog. Vous êtes les bienvenus. Vous y lirez des extraits d'articles, de pensées, d'interviews, piochés ça et là, et illustrés de photos et dessins détournés, via un humour de bon aloi. Vous pouvez évidemment réagir avec le même humour, la même ironie que nous mettons, chaque jour, à tenter de respirer un peu plus librement dans une société qui se corsète chaque fois un peu plus.
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mercredi 21 novembre 2012

"Après plusieurs jours, cette face de Carême valait celle de Ramadan". Benoît Barvin in "Pensées inconvénientes".

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Pensées pour nous-mêmes:

(LE REGRET TE LIGOTE
LE SOUVENIR T'EMPRISONNE)

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Textes pour les n'enfants(5)
pcc Benoît Barvin


La princesse au coeur d'or

   Il était une fois, dans un lointain royaume, une toute jeune princesse appelée Aurore. Elle enchantait toutes celles et tous ceux qui s’approchaient d’elle, par sa grâce et sa gentillesse infinie, autant que par sa bonne humeur inaltérable. Son père et sa mère en étaient fous, car c’était leur fille unique, et ils comblaient tous ses vœux. Mais en fait de vœux, la toute jeune Aurore n’en avait qu’un : vivre longtemps, longtemps, auprès de ses parents et dans ce royaume où chacun était heureux… 

   Hélas, le Destin est une vieille femme ricanante qui aime détruire tous nos rêves. Un matin Aurore se réveilla, le cœur lourd, littéralement lourd. En effet, elle qui d’ordinaire bondissait joyeuse de son lit, telle une biche, pour aller poser sur le front de ses parents un délicat baiser-papillon, Aurore, donc, ne put esquisser un seul geste. Son corps semblait s’être changé en plomb. Etonnés de son absence, quand le roi et la reine la virent dans cet état – incapable de bouger, avec sur le visage une peur muette -, ils s’effrayèrent et mandèrent tous les médecins du royaume. 

   Ceux-ci ne purent que constater que la princesse était atteinte d’une affection étrange qui rendait tout son corps aussi pesant qu’une pierre tombale. D’après eux, la petite princesse ne survivrait pas longtemps à ce terrible mal. On parlait de semaines, voire de quelques jours. 

   Le dernier homme de sciences - un vieux médecin perclus de rhumatisme, claudiquant, le lorgnon branlant sur le nez comme une arête de poisson – dit alors, d’une voix à peine audible. 

   « Je sais de quel mal souffre notre jolie petite princesse ». Comme le couple royal le pressait de questions, il ajouta : « Aurore a un cœur d’or. Un VRAI cœur d’or. Elle est si pleine de tendresse, d’humilité, d’amour pour tous les gens du royaume, que la Prédestination, qui est une déesse aigre et féroce, a décidé de transformer son cœur en une grosse pépite de ce minerai pour lequel, vous le savez, les humains sont prêts à toutes les folies ». 

   - Mais comment la guérir de cette horrible affection ? demanda la reine en se tordant les mains de désespoir. 

   - Je ne vois qu’une solution, répondit le vieux sage. Mais celle-ci va transformer la vie même de se royaume. 

   - Peu importe, s’écria le roi, en s’arrachant les cheveux, accablé. Tout vaut mieux, plutôt que de voir notre fille chérie mourir de ce mal terrifiant. 

   - Vous lui apprendrez la bassesse, la méchanceté, la vulgarité, la jalousie, bref, tous les mauvais penchants qui animent le cœur de vos sujets, et de votre entourage, Sire, glissa le vieux Sage. C’est à cette seule condition que votre douce Aurore recouvrera la santé. » 

   Ceci étant dit, il s’éclipsa, laissant le couple royal dans une morne expectative. Mais un père et une mère sont capables de vraies prouesses pour sauver leur enfant chéri, n'est-ce pas? C’est ce que firent le roi et la reine qui, désormais, faisaient venir dans la chambre d’Aurore d'infâmes gredins qui hantaient les forêts du royaume, afin qu’ils apprennent à la malade comment se mal conduire. Mais le pire, c’était quand les gens de peu de l’endroit, ou les gens de bien, ou les hauts dignitaires se glissaient dans la chambre qui, dorénavant, retentissaient de rires grossiers, de plaisanteries salaces, de crachats et, même, de quelques bagarres. 

   Dans ces conditions, chère lectrice et cher lecteur, la jeune Aurore perdit bien vite son cœur d’or qui, imitant celui de ses sujets, redevint celui de l’humain moyen, fruste, charriant des pensées, parfois hérétiques mais souvent des plus consternantes. La princesse fut sauvée et le royaume transformé en République à la tête de laquelle Aurore se fit élire, par concussions et autres pratiques déliquescentes - et après avoir fait mettre ses parents en cul-de-basse-fosse, évidemment. 

   Voyant cela, le vieux médecin – qui n’était autre que la Prédestination, grimée pour l’occasion – s’attaqua à un autre royaume où, cette fois, c’était une ex-Princesse ayant vécu dans les bois qui était sa cible…


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(Ophélie, quelques années plus tard,
ne se sentait pas mieux)


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(La jongleuse - Blonde - avait oublié de vider les tasses)

CHINAMANIA

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(La main du Destin, en ce XXIème siècle,
était une voyeuse invétérée)

SCOPTOPHOBIA

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"Oups! C'était une petite planète bleue...
mais c'est pas ma faute, elle était déjà
un tout petit peu pourrie..."

DAYBREAK

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Blanche Baptiste

mercredi 8 août 2012

"Il consommait l'abus d'alcool avec modération". Benoît Barvin in "Pensées pensées"

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Pensées pour nous-mêmes:

(MÊME EN TE PENCHANT
TU NE VERRAS PAS L'ENVERS DU MONDE)
pcc Jacques Damboise

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COURTS RÉCITS AU LONG COURS(37)
pcc Benoît Barvin

©2012Haller-Buchanan_EveningOfATornadoWarning_100


   Je suis seule, abandonnée... 
   Seule... 
   ABANDONNÉE... 

   Qui peut, qui voudrait me sauver? Je n'aime pas cette cellule, je déteste ce capitonnage qui transforme chacun de mes mouvements en ceux, malhabiles, ridicules, de nouveau-né... Pourquoi m'a-t-on enfermée? Qu'ai-je fait de mal? Je ne me souviens de rien. J'ai beau chercher... Mon Dieu, comme je déteste ne plus avoir la liberté de mes mouvements moi qui ai toujours été un tourbillon de vie... 
    Oui... Oui, je commence à avoir quelques flashs... Une rivière toute droite, peut-être... Quelle image idiote!  Plutôt un quelconque revêtement qui brille sous la pluie... Tout est si flou.
   De nouveau l'obscurité profonde, l'odeur de renfermé, presque de putréfaction... ces liens qui m'enserrent, qui m'étouffent, qui font de moi un paquet à peine humain... Si je pouvais agir comme dans mes textes d'enfance, ceux où le héros, avant de s'être fait ligoter, a pris la précaution d'enfler ses poumons, de sorte que lorsque les tortionnaires referment la porte, le voilà qui expire longuement. Et, miraculeusement, les liens glissent sur son corps, le délivrant de la maudite étreinte serpentine...
   Mais je ne suis pas dans un conte, pas dans un rêve, même pas dans LA réalité. Où suis-je? Pourquoi suis-je emprisonnée?

   N'as-tu pas encore compris?

   Une voix... Elle vient de résonner quelque part... Dans ma tête? Alors c'est que je deviens folle... Non... plutôt par l'intermédiaire d'un haut-parleur dissimulé quelque part dans la cellule que j'entrevois, car mes yeux s'habituant peu à peu à l'obscurité, discernent quelques formes et...
   Je sursaute. Là-bas, face à moi, près d'un vague rectangle qui doit être l'ouverture de cette prison, je viens de distinguer une forme. Quelqu'un... Un gardien?

   Non. Un ami...

   La voix est douce, celle d'un enfant tout juste grandi. Si j'osais m'approcher... Je fais un bond grotesque, je m'effondre sur le sol matelassé; mais soudain, mue par l'énergie du désespoir, je réitère mon geste, je me tortille, je deviens un ver gigantesque qui glisse, qui ondule maintenant, moins fébrile car j'ai compris que l'inconnu ne me veut pas de mal.

   Doucement, me conseille-t-il, je ne vais pas m'en aller, n'aie crainte. Je suis là pour toi.

   Nous voilà face à face, si j'ose dire, vu que je suis à plat ventre, bras collés au corps, jambes battant l'air moite, hérissée de contradiction, d'impuissance, des larmes commençant à noyer ma vision. A travers ce rideau opalescent, je distingue un visage amical, des yeux qui pétillent de bonté, un sourire qui étire une bouche gourmande, un minuscule filet de barbe... 
   - Qui es-tu? Comment es-tu arrivé dans cette cellule? Que me veux-tu?
   Il a un petit rire qui ressemble à un gentil gloussement. Il remue la tête, sa queue de cheval balaie l'espace derrière lui.

   Trop de questions tuent les éventuelles réponses... Je suis une part de Toi, tout simplement.

   Je ne comprends pas vraiment le sens de sa réponse. Moi qui, avant cet enfermement - mais quelles en sont les raisons? - détestait les rébus, me voilà servie. Je n'ose redemander quoi que ce soit, me contentant de cette présence apaisante, après la solitude qui me taraudait l'âme.

   Je suis le Yang créé pour t'accompagner.

   - Vers où?

   Tu t'en doutes, toutes tes fibres le savent. Pour l'instant, ce n'est qu'une intuition. Quand tu la formaliseras, ce sera en quelque sorte gagné...

  Les propos sont toujours aussi hermétiques, mais cette voix, si apaisante, me va comme un gant, si j'ose dire. J'entends l'Inconnu pouffer.

   Excellente celle-là. J'aurais aimé m'en resservir. Mais c'est un peu tard.

   Des flashs... La pluie... Des masses éléphantesques qui grondent en me dépassant... Le ciel bas... Quelque chose qui a à voir avec la fin du Monde...

   Je ne l'aurai pas appelé ainsi... Ce n'est rien d'autre qu' un commencement.

   Le sens de ces mots fait mouche... Mes liens se distendent, se dissolvent, les larmes reviennent noyer mon regard, mon coeur bat la chamade, les flashs sont devenus des instantanés de clichés de faits divers... Tôles froissées, pluie incessante, temps suspendu, casques rutilants de pompiers désossant la  carcasse encore fumante d'un véhicule accidenté...

   - Comment aurais-tu appelé cette fin de Mon Monde?

   Psychosphère, je pense, ce lieu où les rêves, les idées, l'imaginaire collectif vient s'agréger en un maelström enchanteur dans lequel tout un chacun vient puiser un peu de forces pour continuer...

   - Même si on se situe dans un autre univers, inaccessible à celles et ceux que nous aimions? 

   C'est le prix à payer, depuis des millénaires.

  Je me suis levée sans problème, libre instantanément de toute entrave. Les murs de la prison s'évanouissent comme un mauvais rêve. Une clarté singulière nous environne, fraternelle. Autant que l'homme jeune, au sourire d'enfant, aux yeux plein d'étoiles qui me tend la main en me disant:

   Viens avec moi. Tu as tout un nouveau Monde à découvrir...



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"Ne t'inquiète pas, ce ne sont pas des Chinois,
ils ne vont pas nous manger!
- Toi et ton racisme primaire! Non,
si j'ai peur, c'est parce que j'aime pas 
qu'on sache... pour nous, tu comprends?"


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"Bien sûr, Kierkegaard a bien dit ce qu'il a dit,
mais Moi, je pense, en toute humilité
évidemment, qu'il s'est trompé!
- Non?!
- Si."

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"Bon, va falloir être courageux, mon vieux...
Dès qu'il fait mine de te l'enfoncer, tu mords pas,
hein, tu mords surtout pas!
Allez... Répète après moi:
JE-MORDS-PAS"

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"Mais il est mort, fiston...
- Sache, Dad, que le capitalisme ne meurt jamais"

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(La manche vivante - et courtoise - faisait toujours son petit effet)

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Jacques Damboise

dimanche 20 mai 2012

"Edenté, l'Ogre était devenu végétarien. Pas sa fille." Benoît Barvin in "Pensées pensées"

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Pensées pour nous-mêmes:
(COUVERT DE BOUE
LE SAGE EST TOUJOURS LE SAGE)
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COURTS RECITS AU LONG COURS(18)
pcc Benoît Barvin



Le candidat

   Il s'était préparé pendant de longues années. Il était d'abord passé par deux Grandes Ecoles où il était sorti Major de sa promotion. Puis il avait embrassé la carrière de Haut Fonctionnaire, avant de se présenter à des élections où par son entregent - et l'argent déversé par le Parti - il avait été élu haut la main. Il s'était débarrassé de tous ses adversaires/amis, un à un, les faisant à chaque fois plonger dans des scandales honteux. Il avait fait la même chose pour ses ennemis des autres partis. 
   C'était un être impitoyable, à la robuste santé, à la réplique assassine, avec de surcroît du charme, une certaine élégance et une culture qu'il savait, à bon escient, tartiner. Il fut convenu qu'il se présenterait à la Magistrature Suprême et les sondages lui prédisaient une élection "les doigts dans le nez". 
   Il fut appelé à la tribune pour prononcer son discours de candidature, un texte vif, intelligent, teinté d'ironie, d'une légère laque de mépris distingué.
   C'est en haut des marches qui le conduisaient vers l'estrade qu'il glissa sur cette stupide peau de banane...





L'objet du délit

   J'avais une famille adorable, une femme charmante, des enfants qui réussissaient leurs études, une maîtresse délicate et discrète, de l'argent sur de nombreux comptes offshores, une belle santé, bref j'étais au sommet de mon art.
   C'est alors que, en descendant de ma limousine, au milieu de la cohue que je m'apprêtais à traverser, j'aperçus, au loin, contre le mur de ce théâtre que j'allais inaugurer, un objet intriguant qui, immédiatement, attira mon intérêt, puis ma convoitise. Habilement, tout en répondant aux journalistes avec l'alacrité humoristique qui était ma marque de fabrique, je réussis à fendre la foule et m'approchai du petit engin.
   La trottinette, rutilante, m'attendait. Je jetai un oeil éperdu de désir autour de moi et, la pensant abandonnée, je me ruai vers elle et posai délicatement ma chaussure Richelieu sur la planche, tout en saisissant le guidon, les mains tremblantes.
   Un hurlement vrilla mes oreilles. On m'arracha l'engin des mains et une gifle me fut administrée, avec toute la violence nécessaire.
   Le jeune freestyler qui me l'avait administrée étant dans son droit, je me confondis en excuses et balbutiai que je ne le ferais plus...


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"Quoi? Il voudrait faire le septième?
Son nom c'est quoi? Djisus? J'connais pas...
Qu'il dégage!"
SIX SKELETONS SMOKING AROUND THE DINNER TABLE, CIRCA 1865. 
(PHOTO BY LONDON STEREOSCOPIC COMPANY/HULTON ARCHIVE/GETTY IMAGES).
(VIA VINTAGEGAL)


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(La candidate de ce parti extrême cherchait à entrer...)
(SOURCE: LITTLEPLASTICTHINGS, VIA MUDWERKS)


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"Hé, les cops, pourquoi j'ai un chiffon rouge dans la main?
- Pour rien, ex-Résident, pour rien..."
(SOURCE: ILLOZ.COM, VIA THELORDISBORED)


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"Comment? L'ex-Résident serait là... Ohohoh..."


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Jacques Damboise