Bonjour à vous qui, dans le maelström du net, êtes arrivés, par hasard? lassitude? erreur? sur ce blog. Vous êtes les bienvenus. Vous y lirez des extraits d'articles, de pensées, d'interviews, piochés ça et là, et illustrés de photos et dessins détournés, via un humour de bon aloi. Vous pouvez évidemment réagir avec le même humour, la même ironie que nous mettons, chaque jour, à tenter de respirer un peu plus librement dans une société qui se corsète chaque fois un peu plus.
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mercredi 24 décembre 2014

"Dans l’œilleton de mon arme je voyais parfaitement l'intérieur de la gorge de ma Belle-Mère d'où s'échappaient ces horribles sons". Jacques Damboise in "Pensées à l'envers".

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Pensées pour nous-mêmes:

(NE SOIS PAS L'ESCLAVE
DES MOTS)

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"Je vous souhaite une future
mauvaise année"


Candy Cane Girl

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clubic.com

Dans les entrepôts d’Amazon,
« on a l’impression d’être des robots »

NOVETHIC

   (...) Le syndicat allemand Verdi, qui représente la branche des services, a appelé une nouvelle fois à la grève sur les huit sites que compte Amazon en Allemagne. Depuis Pâques 2013, le syndicat ne cesse de lancer des piquets de grève pour que le géant de la vente en ligne applique enfin la loi allemande, à travers la signature d’une convention collective entre les dirigeants de l’entreprise et les représentants du syndicat. Celle-ci réglerait un grand nombre de contentieux scandaleux : cadences infernales, flicage systématique, opacité de la politique salariale, pression du chiffre…

   « Franchement, on a l’impression d’être des robots. Le travail est monotone et éreintant. Nos managers nous mettent constamment sous pression. Leurs systèmes informatiques leur indiquent à la seconde près tous nos faits et gestes. Même lorsque nous sommes aux toilettes, raconte Christian Krähling. Et tout ça pour des salaires minimes. » En quelques mots, ce solide gaillard de 37 ans, drapeau du syndicat Verdi dans les mains, a tôt fait de résumer les revendications des quelque 600 salariés (chiffre Verdi) en grève ce jour-là sur le site d’Amazon à Bad Hersfeld (Land de Hesse). (...)

   (...) Planté devant les fenêtres de la direction du site, se sachant observé par les managers, il ne se laisse pas pour autant intimider. Et n’hésite pas à se faire le porte-parole des grévistes n’osant pas s’exprimer devant la presse. Il poursuit : « On paie notre travail avec notre santé. Dans l’entrepôt FRA- [1], il n’y a pas de fenêtre. Avant que la direction n’installe des climatiseurs, il y faisait 40°C l’été, les gens s’évanouissaient. » Birgit Reich, déléguée syndicale chez Verdi, rapporte elle aussi de nombreux cas d’évanouissement sur les sites du groupe. Elle précise que le taux d’arrêts maladie se situe chez Amazon entre 15% et 19%. Un record ! La moyenne nationale oscille entre 4% et 6% (chiffres valables pour la branche du commerce)…

   Christian prend l’exemple des « pickers », ceux qui collectent les objets commandés en parcourant les kilomètres de rayonnages. Ils sont équipés d’un scanner qui leur indique le produit à aller chercher et le nombre de secondes qui leur est imparti. « Le scanner fait bip en permanence, c’est un compte à rebours perpétuel. Ils parcourent entre 15 et 30 km par jour », rapporte-t-il. Le site de Bad Hersfeld comprend deux entrepôts : FRA-1 fait 42 000 m2, soit sept terrains de football. Le deuxième, FRA-3, occupe, lui… 110 000 m2, soit 17 terrains de football. Que se passe-t-il lorsque le picker dépasse le nombre de secondes imparti ? Remontrance ou « feedback » dans le jargon d’Amazon. Mais gare à ne pas en amasser trop. (...)

   Ce que raconte Christian n’est pas une originalité de Bad Hersfeld. « Tout est standardisé chez Amazon. C’est la même chose ailleurs en Europe. » Le 5 décembre 2013, la BBC diffusait un documentaire tourné en secret sur le site du groupe au Pays de Galles. « Je n’ai jamais vu un travail pareil, susurre le journaliste dans la caméra cachée. La pression est juste incroyable. » En France, le journaliste Jean-Baptiste Malet les décrit dans son ouvrage En Amazonie [2]. L’universitaire Simon Head, membre du Rothermere American Institute à l’université d’Oxford, décrypte et dénonce dans un article au vitriol le management des salariés qu’il décrit comme le plus oppressif qu’il ait jamais vu.

   Ce qui revient comme un leitmotiv : ces conditions de travail qui font scandale en France, en Allemagne, en Grande-Bretagne ont été conçues dans l’optique d’un rendement maximal. Aucune place n’est faite à l’humain. Tout est standardisé, informatisé. Et plus que les revendications salariales, ce qui touche au vif Christian et ses collègues, c’est le manque de reconnaissance face au travail fourni. « En faisant grève, ce n’est pas la lutte des classes que l’on cherche, mais le respect envers les gens qui travaillent chez Amazon. Et ça commence par des conditions de travail décentes et une rémunération correcte. Parce que nous ne sommes pas seulement des mains, mais des personnes. »

[1] L’acronyme renvoie à l’aéroport le plus proche, en l’occurrence celui de Francfort.

[2] En Amazonie, Fayard, 2013. Voir également l’article paru dans Le Monde Diplomatique


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"Vite, déguerpir de cette maudite année..."


(Mais les chasseurs de phoques 
l'attendaient en bout de course...)

(Source: gifdrome, via midnightcm)

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Luc Desle

mercredi 30 juillet 2014

"J'offris à mon voisin un miroir magique qui exauçait tous mes souhaits de le voir disparaître". Jacques Damboise in "Pensées à contre-pet".

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Pensées pour nous-mêmes:

(LA SAGESSE MANGE SANS FAIM)

PCC Jacques Damboise

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(Tiens, ma petite chienne voulait sortir,
ce matin...)



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"Heu, Chérie? 
Tu n'aurais pas oublié quelque chose
par hasard?
- De sourire, peut-être?"


Dita Von Teese


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"Quelqu'un sait ce qui est gribouillé sur cette pancarte?
- Mais, Chef, vous savez bien qu'on ne sait pas lire"


A lone anti-war protester confronts police in Whitehall 
during the Cuban Missile Crisis, London, 1962 - 
Photo by Don McCullin -


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(Les Trois Barbus se préparant à leur changement de sexe)



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Jacques Damboise

dimanche 3 novembre 2013

"Cet enfant boulet était le fils de l'Homme Canon". Jacques Damboise in "Pensées à contre-pet".

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Pensées pour nous-mêmes:

(ÉVITE D'AVOIR A TE PARDONNER)

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Nouveau court récit au long cours (2)

LE LIBÉRÉ 
DU 
CLUB MAD 


   Notre "Héros" part pour l'île de Corfou où il doit séjourner dans un club de vacances, pour une mission qui semble très secrète. Que va-t-il y trouver?



CHAPITRE 1

« Il faut savoir oublier
pour goûter la saveur du présent. »

Marc Augé

   A l’arrivée, des caïques venaient tous les chercher à Kerkyra et ils rejoignaient Ipsos en bateau. Cela leur permettait de faire connaissance. Il faut dire que dans les premières semaines, en mai et en juin, le nombre de vacanciers n’excédait pas quatre cents personnes. Le Village était à eux ; ils s’y sentaient accueillis, ils y prenaient leurs aises, ils avaient de l’espace et du calme…

   Les temps ont changé. Des organisateurs jeunes et artificiellement sympathiques les ont fait monter dans un autocar grand luxe où la climatisation distille sa fraîcheur, et une radio, la musique US qui sévit partout.

   Une douzaine de jeunes costauds, allure rugbymen, soulagés d’avoir retrouvé le plancher des chèvres, entonnent une chanson à boire.

   Il ne sait pas ce qui se passe mais il se sent agressé, mortifié. Il ne retrouve pas l’ambiance habituelle et cela le dérange comme si l’on portait atteinte à la dignité de l’être humain dans sa globalité.

   - Ne te laisse surtout pas atteindre par la nostalgie, lui avait rappelé Gabriel. Tu dois faire abstraction de ce que tu as pu aimer là-bas. On te demande juste une étude comparée sur le terrain pour confirmer nos études préalables. Nous savons que tu ne feras qu’entériner nos premières conclusions. Tu es là, disons, pour mettre la touche finale à notre travail. Ce que tu verras et vivras au Village ne pourra que te décevoir, tu t’en doutes bien. Nous sommes loin des idées somme toute généreuses du fondateur. L’art d’être Père Noël ne fait plus recette. Depuis le rachat de l’association par de puissants groupes financiers et la situation actuelle, bien de l’eau sale a coulé sous les pontons. Tu vas tout découvrir de tes propres yeux. Ne sois pas trop touché !

   Il faut qu’il se remémore toutes leurs mises en garde. Qu’il reste détaché et ne prenne pas trop vite parti pour des sujets finalement très prosaïques. Il est parvenu, il y a peu, au détachement, à la légèreté de ceux qui ne font que passer. Ce n’est pas le moment de retomber dans le jugement, l’hypersensibilité et la faiblesse.

   - C’est la première fois que vous allez à Ipsos ? lui demande de but en blanc une jeune femme au profil d’oiseau, assise à ses côtés.

   Ne sachant pas mentir, il répond que non. Elle enchaîne aussitôt, heureuse d’avoir trouvé un informateur.

   - C’est si joli que cela, le Village, les cases ? Mes parents m’ont dit qu’il y avait des fleurs partout. Un restaurant idyllique. Que c’était un vrai paradis… C’est vrai ?

   - C’est effectivement l’image que j’en ai gardée. Seulement mes références datent un peu

   Sa réflexion la fait rire. Un beau rire franc, naturel.

   - Il paraît que l’ambiance est parfois un peu lourde… comme en ce moment dans le car…

   - Effectivement, on ne peut pas empêcher ce laisser-aller. Mais tout dépend du chef du Village. L’ancien savait canaliser tous ces débordements. Quand il voyait qu’il avait à faire à toute une bande de joyeux fêtards, genre excités portés sur l’alcool, il organisait des tournois, des tas de challenges pour que les gars échauffés puissent suer leur agressivité. Pour finir, on arrivait tous à faire assez bon ménage.

   - A ce sujet mes parents m’ont conseillé de réserver une case par fax, une semaine avant mon arrivée. Ils m’ont dit : « Rachel, loge à la presqu’île ». C’est vraiment mieux ?

   - Oui, ils ont eu raison, c’est situé légèrement à l’écart, en hauteur. On domine la mer. Les habitués choisissent toujours ce coin-là.

   - C’est donc là que vous logerez, déduit-elle avec un petit air futé.

   - Tout juste.

   Il remarque, tout en parlant, que la route sinueuse a été agrandie, que de nouvelles constructions, pour la plupart en instance, viennent surcharger le paysage. Mais le ciel est toujours bleu et sa loquace voisine d’une fraîcheur apaisante.

   - Voilà, nous arrivons. L’entrée, avant, était plus haut, vous voyez ? Certainement trop étroite pour le trafic des nouveaux autocars. Voici les tennis… très ensoleillés… et le début du village de cases.

   Que se passe-t-il ? Elles n’ont plus la même allure rustique qu’autrefois. Se pourrait-il qu’ici aussi, ils aient voulu normaliser, aseptiser, rendre plus confortable et plus cher ? Il avait comme consigne de ne rien consulter ayant trait au Village avant son arrivée. Ce sont ses supérieurs qui ont tout organisé. Il découvre donc en même temps que Rachel, mais contrairement à elle, ses yeux ne sont pas vierges. Ils ont connu plus beau autrefois et ne peuvent l’oublier. Ils trouvent de la fadeur, là où ceux de Rachel ne voient que joliesse.

   - C’est carrément une forêt d’oliviers ! C’est splendide.

   - Ce n’est pas fini, vous allez voir.

(A Suivre)


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(Une fois remontées, les Soeurs "Dance Shoulders"
ne s'arrêtaient plus)



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(Derrière le Miroir, Alice faisait des grimaces)


Victoria Audouard - Mirrors (2012)

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(Banquier affamé se ruant sur une bonne affaire)


(Source: mizzkandikizzes, via snowsgreen)

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(Palace faisant entrer en douce un trader sous couverture)


VIP
(Source: 66lanvin, via maskofzorro)

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Jacques Damboise

mercredi 6 mars 2013

"Ce Prince Charmant vendait ses charmes nuitamment". Jacques Damboise in "Pensées de peu".

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Pensées pour nous-mêmes:

(LE SAGE ET LE PAS  SAGE
SONT LES DEUX FACES DU MÊME INDIVIDU)

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COURTS RÉCITS AU LONG COURS (77)
pcc Benoît Barvin


Choix

   Je fus sorti brutalement du lit et, sans ménagement, on me poussa en direction du salon du rez-de-chaussée, encore endormi, les membres gourds. Je dévalai les escaliers, hésitant au début sur la matérialité de l’évènement. La douleur que je ressentis, à l'épaule gauche, douleur aussitôt doublée au genou droit, quand je m'affalai au bas des marches, me convainquit que j'étais bien réveillé et que les quatre silhouettes masquées qui me poussaient, claudiquant, gémissant, en direction du salon, étaient réelles.

   Passé la porte, j'aperçus aussitôt Papa et Maman, assis côté à côté, sur le divan, ligotés. Elle dans une nuisette qui ne cachait pas grand chose de sa nudité; lui en pyjama - cet atroce "machin" maronnasse qui le boudinait. Aucun d'eux ne souriait, évidemment, et j'entrevis sur le visage fripé de ma Mère une terreur sans nom. "Allez, dépêche-toi", lança une voix, alors qu'un coup violent dans le dos me poussait en avant. Je poussai un gémissement de douleur, les larmes envahirent mon regard et je me retrouvai à quatre pattes, dans une position indigne de notre "position sociale", comme l'auraient dit mes parents. S'ils avaient pu parler...

   Je remarquai alors que leur bouche était bourrée de journaux et, à leur teint apoplectique, je compris qu'ils avaient du mal à respirer. Maman, surtout, paraissait au bord de l'évanouissement. "Voilà le dernier membre de la famille", fit la même voix qui m'avait invité à avancer plus vite. Pas beaucoup de courage... à l'image de ses deux vieux."

   Les quatre malfrats se mirent à rire, et cela donna un concert terrifiant de feulements mauvais. "Vous avez vu comment est attifé le jeune homme?". Je réalisai alors que, pour la nuit, comme il faisait bon en ces premiers jours d'été, j'avais revêtu un simple slip kangourou et un vieux T-shirt bariolé datant de ma période Punk vintage. Un des types s'approcha. Il avait le même dress-code que ses comparses: blouson et pantalon militaire, rangers, masque figurant une tête de mort ricanante. 

   Il s'adressa à nous trois, transis dans une pièce pourtant agréablement aérée - la baie donnant sur le salon avait été forcée et la douceur de la nuit venait par vagues, comme des caresses. "Nous faisons partie de la Brigade, vous l'aurez deviné... Vous avez été désigné pour le Choix... Vous savez de quoi il s'agit, n'est-ce pas?". Papa dit quelque chose, étouffé par ce qui obstruait sa bouche. Un des types leva la crosse de son fusil-mitrailleur et lui en donna un coup, un peu au hasard. La pommette de mon père éclata et du sang jaillit.

   "On ne parle pas la bouche pleine" fit la brute en ricanant. Le premier, qui semblait être le chef de la Milice, me fit me retourner - j'étais toujours à quatre pattes, n'osant bouger, malgré la position humiliante. Face à lui, je dus baisser les yeux, sachant qu'on ne fixe jamais un membre de la Brigade, sous peine de sanctions. "Toi, qui es le fils de famille... Tu vas donc succéder à ce père enrobé, ce gros loukoum (il y eut quelques rires)... C'est donc à toi de prendre la décision... Alors, à ton avis, qui doit-on choisir: ton Vieux de ta Mère? Choisis!"

   Jusqu'à cette dernière phrase, j'avais prié pour que cette scène ne soit qu'un cauchemar; que je n'aie nul besoin d'entrer dans le jeu que la Nouvelle Société avait inventée: celle du Choix de Vie. Un "Choix" destiné à rendre chaque citoyen responsable de son destin plutôt que de le subir jusqu'à ce que mort s'ensuive. La Nouvelle Gouvernance Mondiale appuyait d'ailleurs cette expérience.

   Je n'ignorais pas que les caméras miniatures filmaient depuis le début, que des monteurs arrangeaient déjà l’ordonnancement des scènes, que la vidéo allait se retrouver très vite sur le Net et que le bêtisier - des gros plans de ma Mère, par exemple, avec ses seins apoplectiques; le ventre proéminent de mon père et mon slip kangourou -, tout cela allait être balancé sur des réseaux sociaux, pour la plus grande joie des fans du monde entier...

   "Choisir entre mon père et ma mère? Jamais! " crachai-je alors, tout en me propulsant vers le malfrat qui, pensant que je ne représentais aucun danger, avait baissé le fût de son arme. Je le heurtai, nous roulâmes sur le sol et je tentai de le frapper, à tort et à travers je l'avoue, car j'étais peu expert dans l'art du combat. Je réussis cependant à le débarrasser de son arme, la levai, triomphant... quand une ranger jaillit devant mes yeux et m'assomma pour le compte, en s'écrasant sur mon visage...

   Plus tard, quand je sortis de mon évanouissement, j'entendis le malfrat finir de résumer la situation. Je m'aperçus que j'étais à mon tour ligoté, à côté de Maman et que c'était Papa qui avait pris ma place. Il était agenouillé devant le chef de la bande. A la question "Qui choisis-tu? Ta femme ou ton fils?", je vis au ralenti mon père pivoter dans ma direction - mon père et son visage encroûté de sang - et il bredouilla un "désolé, fiston" pathétique, en me désignant.

   On se saisit de moi et on me fourra dans une saleté de van aux couleurs de la Compagnie Internationale du Travail Non Syndiqué. J'allais passer le reste de ma vie dans une immonde usine, à des centaines de milliers de kilomètres de là, taillable et corvéable à merci, ce qui ferait baisser un peu plus les statistiques du chômage de la région où j'étais né...

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Nellie Elizabeth "Irish" McCalla (25 Décembre 1928 - 1er Février, 2002) 
était une actrice Américaine, célèbre dans les années 1950, surtout pour  la série télévisée Sheena, reine de la jungle .  McCalla était également une « Fille Varga ", c'est-à-dire le modèle de la pin-up illustrée par le dessinateur  Alberto Vargas . C'est peut-être ce qui l'amène, après une courte carrière cinématographique dans les années soixante, à se tourner vers la peinture et à être membre de la "Woman Artists of the American West".


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"Heu, Madame... Entre votre poitrine et nous...
Il y a... hem... quelque chose..."

Irish McCalla

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"Bon... OK... Sur la chemise, pourquoi pas?
Après tout, vue la couleur de ses cheveux, 
je comprends son choix, hein?"

Nellie McCalla

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"Allo? Quoi? Il y a quoi entre
quoi et quoi? Allo? Je ne vous entends pas..."
Irish McCalla

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"Irish McCalla ou pas, moi, j'ai autre chose à faire!"


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Jacques Damboise (dit l'amateur de dames qui restent à leur place)

dimanche 20 mai 2012

"Edenté, l'Ogre était devenu végétarien. Pas sa fille." Benoît Barvin in "Pensées pensées"

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Pensées pour nous-mêmes:
(COUVERT DE BOUE
LE SAGE EST TOUJOURS LE SAGE)
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COURTS RECITS AU LONG COURS(18)
pcc Benoît Barvin



Le candidat

   Il s'était préparé pendant de longues années. Il était d'abord passé par deux Grandes Ecoles où il était sorti Major de sa promotion. Puis il avait embrassé la carrière de Haut Fonctionnaire, avant de se présenter à des élections où par son entregent - et l'argent déversé par le Parti - il avait été élu haut la main. Il s'était débarrassé de tous ses adversaires/amis, un à un, les faisant à chaque fois plonger dans des scandales honteux. Il avait fait la même chose pour ses ennemis des autres partis. 
   C'était un être impitoyable, à la robuste santé, à la réplique assassine, avec de surcroît du charme, une certaine élégance et une culture qu'il savait, à bon escient, tartiner. Il fut convenu qu'il se présenterait à la Magistrature Suprême et les sondages lui prédisaient une élection "les doigts dans le nez". 
   Il fut appelé à la tribune pour prononcer son discours de candidature, un texte vif, intelligent, teinté d'ironie, d'une légère laque de mépris distingué.
   C'est en haut des marches qui le conduisaient vers l'estrade qu'il glissa sur cette stupide peau de banane...





L'objet du délit

   J'avais une famille adorable, une femme charmante, des enfants qui réussissaient leurs études, une maîtresse délicate et discrète, de l'argent sur de nombreux comptes offshores, une belle santé, bref j'étais au sommet de mon art.
   C'est alors que, en descendant de ma limousine, au milieu de la cohue que je m'apprêtais à traverser, j'aperçus, au loin, contre le mur de ce théâtre que j'allais inaugurer, un objet intriguant qui, immédiatement, attira mon intérêt, puis ma convoitise. Habilement, tout en répondant aux journalistes avec l'alacrité humoristique qui était ma marque de fabrique, je réussis à fendre la foule et m'approchai du petit engin.
   La trottinette, rutilante, m'attendait. Je jetai un oeil éperdu de désir autour de moi et, la pensant abandonnée, je me ruai vers elle et posai délicatement ma chaussure Richelieu sur la planche, tout en saisissant le guidon, les mains tremblantes.
   Un hurlement vrilla mes oreilles. On m'arracha l'engin des mains et une gifle me fut administrée, avec toute la violence nécessaire.
   Le jeune freestyler qui me l'avait administrée étant dans son droit, je me confondis en excuses et balbutiai que je ne le ferais plus...


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"Quoi? Il voudrait faire le septième?
Son nom c'est quoi? Djisus? J'connais pas...
Qu'il dégage!"
SIX SKELETONS SMOKING AROUND THE DINNER TABLE, CIRCA 1865. 
(PHOTO BY LONDON STEREOSCOPIC COMPANY/HULTON ARCHIVE/GETTY IMAGES).
(VIA VINTAGEGAL)


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(La candidate de ce parti extrême cherchait à entrer...)
(SOURCE: LITTLEPLASTICTHINGS, VIA MUDWERKS)


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"Hé, les cops, pourquoi j'ai un chiffon rouge dans la main?
- Pour rien, ex-Résident, pour rien..."
(SOURCE: ILLOZ.COM, VIA THELORDISBORED)


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"Comment? L'ex-Résident serait là... Ohohoh..."


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Jacques Damboise