Bonjour à vous qui, dans le maelström du net, êtes arrivés, par hasard? lassitude? erreur? sur ce blog. Vous êtes les bienvenus. Vous y lirez des extraits d'articles, de pensées, d'interviews, piochés ça et là, et illustrés de photos et dessins détournés, via un humour de bon aloi. Vous pouvez évidemment réagir avec le même humour, la même ironie que nous mettons, chaque jour, à tenter de respirer un peu plus librement dans une société qui se corsète chaque fois un peu plus.
Affichage des articles dont le libellé est Etats-Unis. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Etats-Unis. Afficher tous les articles

jeudi 19 février 2015

"Il reçut le prix Raskolnikov pour le meilleur assassinat de prêteur sur gage". Jacques Damboise in "Pensées à contre-pet".

***
Pensées pour nous-mêmes:

(L'ORDINAIRE DE TA VIE
EST EXTRAORDINAIRE)

***
"Et blablabla... Blablabla...
et Blablabla... Dis, tu m'écoutes?
- Rompich..."



***

"Où il est, ce @]¤%£ de chasseur, qui a tué
ma Bien-Aimée?"


les-griffes-du-loup-garou_251441_24468 


ÉTATS-UNIS

Le premier loup gris aperçu 
dans le Grand Canyon depuis 70 ans 
tué par erreur


   (...) Les faits remontent à deux mois, mais la confirmation n'est tombée que mercredi : Echo, seul loup gris aperçu dans la réserve du Grand Canyon depuis des décennies, a été malencontreusement tuée par un chasseur américain le 28 décembre dernier. L'animal avait acquis la célébrité en automne, après avoir traversé quelque 1 200 kilomètres, depuis le nord des Rocky Mountains pour arriver dans la région des grands canyons.

   L'homme, dont l'identité n'a pas été révélée par les autorités, avait rapporté aux agents de protection de la faune de l'Utah avoir accidentellement tué un loup, avec un collier émetteur, près de la frontière avec l'Arizona, croyant avoir affaire à un coyote.

   La jeune louve de 3 ans est le premier loup gris à apparaître dans le Parc national d'Arizona depuis 70 ans. L'animal a été à l'époque victime d'une vaste campagne d'éradication par les autorités américaines. 

   "Il est illégal de tuer des loups sans autorisation spéciale dans au moins 48 Etats des Etats-Unis, où la plupart des loups sont protégés par l'Endangered species Act (loi de 1973 qui protège les espèces menacées)",explique le quotidien britannique The Guardian. Seuls les Etats d'Idaho et du Montana autorisent leur traque.

   Le loup gris est principalement victime de sa ressemblance avec le coyote, et de la méconnaissance des chasseurs de leur présence dans l'ouest du pays. Selon The New York Times, l'Utah envisage d'informer les chasseurs sur la différence entre les deux animaux pour éviter ce genre d'erreur.


***
Benoît Barvin

jeudi 29 janvier 2015

"Cette vieille idylle sentait l'antique naphtaline". Jacques Damboise in "Pensées à contre-pet".

+++
Pensées pour nous-mêmes:

(NE SOIS PAS DE LA HAINE
EN CONSERVE)

+++

(Image de Madame Cruche
faisant un beau gâteau)




+++

(L'Ombre du Kaiser planait
sur l'Allemagne)



Les libéraux occidentaux doivent applaudir les Russes

Entretien dans Rossiïskaïa gazeta.


   /Le monde occidental est parti en guerre contre la Russie, l’accusant de tous les péchés capitaux et de mauvaises intentions. Qu’en pensez-vous?

   Emmanuel Todd: Avant les événements ukrainiens déjà, j’avais attiré l’attention sur cette tendance antirusse, manifestement planifiée, dans les médias occidentaux. Les premières attaques régulières contre Moscou ont porté sur le « rejet » des minorités sexuelles. Ensuite, de nombreux articles ont avancé que la politique de Poutine était « impossible à comprendre » et qu’il était « imprévisible ». Pour être franc, cela m’a beaucoup amusé. Car à mon avis, la ligne politique du gouvernement russe est au contraire très rationnelle et réfléchie. Les Russes sont fiers d’être Russes et s’ils disposent des moyens nécessaires, ils font tout pour éviter la cabale. Ainsi, le soutien affiché à la population russophone dans le sud-est de l’Ukraine s’inscrit parfaitement dans cette logique.

   En ce qui concerne les préoccupations des Baltes ou des Polonais, persuadés que demain Moscou compte les engloutir, elles sont complètement infondées. Cela n’a absolument aucun sens. La Russie a déjà suffisamment de soucis pour aménager son vaste territoire.

   / Cela fait longtemps que vous vous intéressez à la Russie – essentiellement comme anthropologue et sociologue. En 1976 déjà, à l’âge de 25 ans, vous avez écrit un livre intitulé La Chute finale où vous évoquiez les causes susceptibles de désintégrer l’URSS. Ce livre, qui a fait beaucoup de bruit, n’a pas été pris au sérieux à l’époque. Quelle est votre vision de la Russie contemporaine?

   Emmanuel Todd: Si vous vous penchez sur l’histoire de la Russie, vous comprenez que son rôle dans les affaires mondiales – et en particulier européennes – a toujours été positif. La Russie a subi une humiliation dans les années 1990, juste après l’effondrement de l’URSS. L’attitude de l’Ouest fut alors insupportable et injuste mais en dépit de cela, la transition a pu se faire dans une certaine dignité. Aujourd’hui, ce pays a retrouvé sa place dans les affaires mondiales et a atteint un équilibre interne. Il a atteint une stabilité démographique et enregistre même une croissance de sa population plus élevée que dans le reste de l’Europe. L’espérance de vie augmente. A terme, le taux de mortalité infantile sera inférieur à celui des États-Unis selon les statistiques. Le fait que la Russie attire un flux d’immigrés en provenance des pays voisins montre qu’elle revêt pour eux un intérêt économique.

   À mon avis, la Russie joue un rôle particulier dans les affaires internationales, dont elle a hérité de la Guerre froide, qui est d’assurer l’équilibre mondial. Grâce à son arsenal nucléaire, la Russie est aujourd’hui le seul pays capable de contenir les Américains. Sans elle, le monde aurait connu un sort catastrophique. Tous les libéraux occidentaux devraient l’applaudir: contrairement aux démocraties européennes, elle a accordé l’asile à Edward Snowden. Quel symbole explicite: la Russie, bastion des libertés dont les pays européens se veulent les porte-drapeaux.

   / En 2002 sortait votre livre Après l’Empire, où vous évoquez les causes de l’affaiblissement, lent mais sûr, des USA. Qu’en est-il aujourd’hui?

   Emmanuel Todd: En effet, j’ai écrit à l’époque que l’agressivité de l’Amérique n’était absolument pas une manifestation de sa puissance. Au contraire, elle cachait la faiblesse et la perte de son statut dans le monde. Ce qui s’est passé depuis a confirmé mes conclusions de l’époque. Et cela reste exact aujourd’hui également. Ne croyez pas que j’ai été motivé par un anti-américanisme quelconque. Pas du tout. Néanmoins, je constate que l' »empire » américain est en phase de déclin. Et cela peut être vu particulièrement dans la manière dont les États-Unis, à chaque fois qu’ils perdent l’un de leurs alliés, prétendent que rien de significatif ne s’est produit. Prenez l’exemple de l’évolution des relations de Washington avec l’Arabie saoudite. 

   Les échecs permanents des Etats-Unis au Moyen-Orient sont flagrants pour tout le monde, notamment à travers les derniers conflits en Irak et en Syrie. Et Riyad, qui était autrefois leur plus proche allié dans la région, est en fait sorti du contrôle américain, même si bien sûr personne ne l’admet. Même chose pour la Corée du Sud, qui s’éloigne des États-Unis pour coopérer de plus en plus activement avec la Chine. Le seul véritable allié loyal des Américains en Asie reste le Japon. Mais à cause de sa confrontation avec Pékin, ce pays ne sait plus où se mettre.

   / Et l’Europe?

   Emmanuel Todd: Le processus est similaire en Europe. La principale évolution que le Vieux continent ait connue ces dernières années est la montée en puissance de l’Allemagne. Avant, je pensais que l’Europe allait continuer à se développer, tirée par la locomotive d’intégration Berlin-Paris. Mais les choses se sont passées autrement. Tout d’abord, l’Union européenne ne s’est pas transformée en union des nations « libres et égales », comme le rêvaient ses fondateurs. Elle a pris la forme d’une structure hiérarchique sous l’égide de l’Allemagne, qui a largement dépassé sur le plan économique tous les autres pays de l’UE. Par nature, les Allemands ne peuvent pas percevoir le monde autrement qu’à travers un prisme hiérarchique. 

   Cette ascension de Berlin s’est accélérée notamment après la crise financière de 2008. Aujourd’hui, l’Europe est contrôlée par l’Allemagne. Les premiers signes d’une perte de contrôle sur Berlin par les Américains sont apparus au début de la guerre en Irak quand Paris, Moscou et Berlin, qui marchaient jusque-là dans le sillage des USA, s’y sont opposés. Ce fut une étape fondamentale.

   Depuis, dans un domaine aussi crucial que l’économie internationale, l’Allemagne mène sa propre ligne pour défendre ses intérêts nationaux. Elle ne cède pas à la pression des Américains, qui croient que tout le monde devrait jouer selon leurs règles et insistent pour que les Allemands renoncent, par exemple, à leur politique d’austérité budgétaire. Cette ligne est imposée sous la pression de Berlin à l’ensemble de l’Union européenne, et les Etats-Unis ne peuvent rien y faire. Dans ce domaine, les Allemands n’accordent pas d’importance à l’avis des Américains. 

   Nous pouvons aussi rappeler les récents scandales impliquant les écoutes téléphoniques, quand les Allemands – un cas sans précédent – ont expulsé le chef de la CIA à Berlin. Mais l’économie reste le plus important. Les Américains n’adoptent pas, dans ces circonstances, une attitude menaçante. Pas parce qu’ils ne veulent pas, mais parce qu’ils ne peuvent pas. En l’admettant tacitement, ils reconnaissent en quelque sorte que leur pouvoir touche à sa fin. Cela ne saute probablement pas aux yeux, mais c’est la réalité.

   / Néanmoins, certains pensent que les USA restent une puissance dirigeant les affaires mondiales, notamment européennes.

   Emmanuel Todd: Il y a l’ancien monde et le nouveau monde. L’ancien monde, c’est la vision héritée de l’époque de la Guerre froide. Elle reste bien ancrée dans la conscience des faucons américains, dans les pays baltes et en Pologne. Il est clair que l’expansion de l’OTAN vers l’Est après la chute du mur de Berlin est un exemple typique de l’inertie de la pensée dans l’esprit de la Guerre froide, peu importe les termes employés. Dans l’ancien monde, l’Allemagne jouait plutôt un rôle de modérateur, d’élément rationnel préconisant une solution pacifique aux problèmes et favorable au partenariat économique. Mais un nouveau monde est apparu et il n’est plus contrôlé par les Américains.

   L’Europe a aujourd’hui sa propre dynamique. Elle n’a pas d’armée, mais elle est dirigée par l’Allemagne. Et tout se complique, car cette dernière est forte, mais elle est instable dans ses concepts géopolitiques. A travers l’histoire, le pendule géopolitique allemand a oscillé entre une approche raisonnable et des élans mégalomanes qui ont conduit, rappelons-le, à la Première Guerre mondiale. C’est la «dualité» de l’Allemagne. Par exemple, Bismarck cherchait la paix universelle et l’harmonie avec la Russie, alors que Guillaume II, dans l’esprit « l’Allemagne est au-dessus de tous », s’est brouillé avec tout le monde, à commencer par la Russie. Je crains que nous retrouvions aujourd’hui cette dualité. D’une part, l’ancien chancelier Schröder a prôné l’expansion des relations avec Moscou et il a maintenant beaucoup de partisans. D’autre part, on constate une position étonnamment ferme de Merkel dans les affaires ukrainiennes. L’agressivité du monde occidental envers la Russie ne s’explique donc pas uniquement par la pression des Etats-Unis.

   / En effet, tout le monde s’attendait à une médiation active de Berlin dans la crise ukrainienne, mais ce n’a pas été le cas.

   Emmanuel Todd: Il me semble que l’Allemagne s’engage de plus en plus dans une politique de force et d’expansion voilée. La réalité de l’Allemagne après la réunification est qu’elle a miné les structures étatiques fragiles en Europe. Rappelez-vous la défunte Yougoslavie, la Tchécoslovaquie, et aujourd’hui il semble que ce soit le tour de l’Ukraine. Pour la plupart des Européens, l’Ukraine n’aucun intérêt particulier. Pas pour les Allemands. Depuis l’époque de la réunification, l’Allemagne a mis la main sur la quasi-totalité de l’ancien espace de domination soviétique et l’utilise à ses propres fins économiques et industrielles. En c’est, je pense, l’un des secrets de la réussite de l’économie allemande. 

   Face à un grave problème démographique et un taux de fécondité faible, elle a besoin d’une main-d’œuvre qualifiée et bon marché. Donc, si vous restez dans cette logique, obtenir par exemple les deux tiers des travailleurs ukrainiens est une opération très bénéfique pour Berlin.

   / D’ailleurs, le 23 août, Angela Merkel a été la seule des chefs d’Etats de l’UE à se rendre en visite à Kiev à l’occasion de la célébration de l’indépendance de l’Ukraine.

   Emmanuel Todd: D’après moi, c’était un événement marquant. Et je pense que Moscou l’a également remarqué.

   / Pourquoi, d’après vous, les États-Unis montrent-ils un tel zèle dans les affaires ukrainiennes?

   Emmanuel Todd: Parce que leur stratégie vise à affaiblir la Russie. En l’occurrence par la crise ukrainienne. Mais n’oublions pas qui l’a provoquée. Après tout, le point de départ était la proposition de l’UE de conclure un accord d’association avec Kiev. Puis l’Union européenne a soutenu le Maïdan conduisant au coup d’Etat, qui s’est déroulé avec le consentement silencieux des capitales européennes. Quand les événements en Crimée se sont produits, les Américains ne pouvaient pas rester à l’écart, au risque de « perdre la face ». Les « faucons », partisans des idées de la Guerre froide, sont alors passés au premier plan pour définir la politique américaine vis-à-vis de la Russie. Je ne pense pas que les Américains souhaitent l’exacerbation de ces conflits, mais nous devons suivre de près jusqu’où pourrait aller leur désir de « sauver la face ».


+++
Luc Desle

lundi 26 janvier 2015

"Au niveau des principes l'Homme élastique était rigide". Jacques Damboise in "Pensées à contre-pet".

$$$
Pensées pour nous-mêmes:

(L'ARBRE PEUT-IL PLOYER
SOUS LE POIDS DE LA BRANCHE?)

$$$

"Bisous, bisous...
- Enfin, Chérie, pas devant tout le monde!"



$$$

(Les indics français disposent de radars naturels
pour voir à travers les murs)



ÉTATS-UNIS

La police américaine dispose 
de radars pour voir à travers les murs


   (...) Le quotidien américain USA Today a dévoilé le 20 janvier que plusieurs agences de sécurité américaines, comme le FBI et le US Marshals Service, utiliseraient depuis deux ans déjà un dispositif de radar leur permettant de voir efficacement dans les maisons à plus de 15 mètres. C'est le témoignage d’un agent fédéral américain devant un tribunal à Denver qui a révélé leur emploi, en décembre. 

   Selon l'article, les radars fonctionnent en utilisant les ondes hertziennes "pour détecter des mouvements aussi légers que la respiration humaine". Ces appareils, "initialement élaborés pour servir en Irak et en Afghanistan", permettent de repérer la présence d’un individu dans une maison, sa position et ses déplacements. (...)

   Cette technologie, largement inconnue du grand public, soulève naturellement des questions juridiques relatives à la vie privée. "La Cour suprême des Etats-Unis a indiqué que les officiers de police ne pouvaient généralement pas utiliser de détecteurs de haute technologie pour révéler l’intérieur d’une maison à moins d’obtenir auparavant un mandat de perquisition", ce qui n’était pas le cas ici, explique le journal. 

   Les agents fédéraux américains contactés par USA Today prétendent que "l’information recueillie par ces détecteurs est essentielle dans certaines situations", comme les prises d’otages. Reste que plusieurs questions se posent. "Comment les juges peuvent-ils être surpris par une technologie que la police a entre les mains depuis au moins deux ans ?" s'interrogent les avocats spécialisés dans les questions de vie privée.


$$$

(La fraise qui refusait d'être croquée
énervait beaucoup Gloria)



$$$
Benoît Barvin

samedi 20 décembre 2014

"Dans cette fête malfaisante, seules les femmes étaient sublimes". Benoît Barvin in "Pensées pensées".

***
Pensées pour nous-mêmes:

(LE MAÎTRE N'A PAS BESOIN
DE BÉQUILLES)

***

(La fille de la voisine avait le...
hem... même sourire que sa mère)



***

"Docteur... Le bidonville d'à-côté me pose
un cas de conscience...
- Ne vous inquiétez pas, très chère, la Police
va y mettre bon ordre...
- Et pour mon cas de conscience?
- Mes mains vont vous l'ôter"



ÉTATS-UNIS
La fin de l'immense bidonville 
de la Silicon Valley


   (...) Voilé par les saules et les broussailles, au bord du lit d’une rivière de San José se cache un des plus grands campements de sans-abri des Etats-Unis, bâti par des centaines de personnes. 

   Une cabane dans un arbre s’y dresse au milieu de bunkers souterrains et de cahutes de fortune. Ce bidonville de 28 hectares n’est qu’à quelques minutes du centre-ville et des sièges des géants des nouvelles technologies qui ont fait de la Silicon Valley une des régions les plus riches au monde. Longtemps, la ville a fermé les yeux sur la Jungle [surnom du campement]. Mais le camp installé sur les rives boueuses de la rivière Coyote est devenu si peuplé ces dernières années qu’il s’est couvert de détritus en décomposition, d’excréments humains, et qu’il a fini par être infesté par les rats – au point qu’une espèce menacée de truites arc-en-ciel qui vivait dans la rivière a quasi disparu. 

   Après avoir tenté de nettoyer les abords du campement sans grand enthousiasme pendant plusieurs années, la municipalité a décidé de fermer la Jungle pour de bon, le 4 décembre. Ce camp tentaculaire est en effet devenu un problème majeur et un symbole gênant de la crise du logement dans la Silicon Valley. En 2013, San José et le comté de Santa Clara comptaient près de 7 600 sans-abri, soit plus que la grande ville voisine de San Francisco. Et 75 % d’entre eux dormaient dehors, sur les trottoirs, dans les parcs et sous les ponts d’autoroutes – une proportion plus importante que dans toute autre grande zone métropolitaine des Etats-Unis. 

   Les autorités pointent du doigt la flambée des prix immobiliers. Quand la Silicon Valley est sortie de la récession, les Américains sont arrivés en masse pour y chercher du travail, faisant exploser les prix des appartements : dans un rayon d’une quinzaine de kilomètres autour de San José, le loyer moyen est passé à 2 633 dollars [2 129 euros] en septembre 2014, contre 1 761 dollars [1 424 euros] deux ans plus tôt. Pour ce qui est de l’achat, le prix médian d’une maison a grimpé à près de 700 000 dollars [566 000 euros]. (...)

   “C’est un cocktail explosif : une partie de la population est extrêmement riche, le nombre de personnes qui travaillent dans les nouvelles technologies s’envole et ceux qui n’ont plus les moyens d’accéder au marché du logement sont de plus en plus nombreux”, commente Jennifer Loving, directrice exécutive de Destination Home, une organisation issue d’un partenariat public-privé destiné à mettre fin au mal-logement dans le comté. 

   Depuis sa décision de fermer la Jungle, il y a dix-huit mois, San José a dépensé 4 millions de dollars [3,2 millions d’euros] pour reloger les habitants du camp et les mettre en contact avec des services d’aide. “La municipalité a vraiment fait des efforts”, commente Claire Wagner, responsable de la communication de HomeFirst, qui gère un foyer pour sans-abri et une agence de services à San José. Reste que parmi les habitants de la Jungle, si 144 ont trouvé un toit, plus d’une cinquantaine n’ont toujours nulle part où aller, malgré les aides au logement. “Le problème, ce ne sont pas les campements, c’est le fait que ces personnes n’ont pas de logement”, commente Ray Bramson, responsable de l’aide aux sans-abri à San José. 

   La veille du grand nettoyage, pendant que certains habitants de la Jungle pliaient bagage, d’autres affirmaient qu’ils comptaient bien rester aussi longtemps que possible. Sous une pluie battante, Tiffany Curtis, 35 ans, vêtue d’une veste de camouflage, poussait un Caddie rempli de ses affaires bourrées dans des sacs-poubelle, dans une caisse en plastique et dans un sac Hello Kitty, jusqu’à un monospace. La municipalité l’a relogée dans un studio dont le loyer sera payé tant qu’elle aura un travail. 

   Doug Wynne, 60 ans, affirmait quant à lui vouloir rester aussi longtemps que possible avec ses six chats dans son douillet complexe de tentes, reliées les unes aux autres par des bâches, des couvertures et des sacs de couchage. Installé dans la Jungle depuis quatre ans, il a eu le temps de se construire une petite allée en briques menant à sa maison de fortune, dans laquelle il a disposé un tapis, un canapé et des lits. Doug Wynne, un réfugié de la crise immobilière et de la vague de saisies qui a frappé la Floride, est venu à San José dans l’espoir de travailler dans la vente de logiciels, mais il s’est retrouvé à faire la manche sur le terre-plein d’une avenue du quartier de Little Saigon. “Je dormais sur le campus de l’université, ils m’ont emmené en car ici… Partout où j’allais, la police me harcelait, témoigne-t-il. Et puis un jour je suis venu ici et ils m’ont laissé tranquille.” D’autres habitants de la Jungle travaillent – dans la menuiserie, la restauration, les travaux manuels. 

   Mais tous les soirs ils reviennent dormir au campement, faute d’avoir un meilleur endroit, commente Ray Bramson. Certains ont des problèmes mentaux ou médicaux, des casiers judiciaires ou des dettes impayées qui les handicapent pour trouver un logement. En dehors de la Jungle proprement dite, la ville de San José est constellée d’au moins 200 campements de sans-abri, poursuit-il. “La municipalité a fait énormément pour aider un tas de personnes à trouver un logement, mais c’est une goutte dans l’océan”, déplore Matt King, de Sacred Heart Community Service, un groupe local de lutte contre la pauvreté. “On n’a pas droit à l’erreur dans la Silicon Valley. Si vous n’avez pas de revenus solides et réguliers, vous pouvez très vite perdre votre logement et atterrir sous une tente dans la Jungle.” Le parcours de Robert Aguirre illustre à quel point il est dur de maintenir un pied dans la classe moyenne dans cette économie surchauffée. (...)

   Aujourd’hui âgé de 56 ans, ce consultant en ingénierie aidait autrefois des entreprises à se mettre aux normes de sécurité internationale. Quand la première bulle des nouvelles technologies a explosé, à la fin des années 1990, ses affaires ont commencé à battre de l’aile. Les tâches qu’il effectuait ont été massivement délocalisées vers la Chine. Et lui et sa femme ont perdu leur maison. Son épouse souffrant de problèmes de santé, en particulier d’arthrose, ils ont décidé de quitter leur appartement en étage pour s’installer en rez-de-chaussée. 

   Mais, alors qu’ils avaient déjà donné leur préavis à leur ancien propriétaire, le nouveau les a informés qu’il avait changé d’avis et qu’il comptait loger des proches dans l’appartement. Or leur ancien logement était déjà reloué. A force de dormir assise dans leur voiture, son épouse a développé des œdèmes, raconte Robert Aguirre. 

   Sur les conseils d’un médecin, en janvier dernier, ils ont pris une tente et se sont installés dans la Jungle. Malgré tout, assurent-ils, la vie n’est pas trop dure : Robert Aguirre trouve des petits boulots au jour le jour et sa femme travaille comme secrétaire médicale. Ils ont un poêle au propane pour se chauffer et pour cuisiner, et un véritable sommier pour dormir. A présent, ils ont trouvé un logement, mais ils comptent rester en contact avec la communauté de la Jungle. 



***

" A toi aussi les humains ont rasé la fourrure sur le dos?"


Sam Jinks

***
Luc Desle

jeudi 18 décembre 2014

"Il vendait des saucisses bouillantes à des chauds lapins". Jacques Damboise in "Pensées à contre-pet".

%%%
Pensées pour nous-mêmes:

(LE CŒUR A SES ORAISONS
QUE LA RAISON NE SAISIT PAS)

%%%

(La femme aux mille seins prétendait pouvoir
nourrir toute la ville)



%%%

"C'est quand la fin du pétrole déjà?"



Baisse du pétrole, jusqu’à quand ? 
et jusqu’où ?


   (...) Les prix du pétrole sont en forte baisse : l’on est passé d’environ 100 $ le baril à 60 $ en seulement quelques mois, et les bourses s’en ressentent désormais. Le CAC 40 a chuté de 7 % la semaine dernière, même chose aux Etats-Unis où les valeurs pétrolières plombent la bourse de New York.Comment s’est déclenché le phénomène et cela peut-il aller plus loin ?

   Environ 60 $ le baril cela ne s’est plus vu depuis … 2009 ! Et pour cause, une chute aussi forte et rapide n’est pas bon signe pour l’économie mondiale. En 2008, lors de la première chute, c’était bien le signe d’une grande récession, et il est fort probable que cette fois encore, nous entrons dans une nouvelle perturbation économique forte.

   Combien de temps cela peut-il durer ? Peut-être un an voir deux comme la fois précédente. Car la chute est dû à la faiblesse de la demande mais aussi à une augmentation (faible mais réelle) de l’offre. Les pays de l’OPEP pourraient abaisser leurs production, mais lors du dernier sommet, il n’en a pas été question : l’Arabie Saoudite a dit non (l’OPEP serait même prête à endurer un baril à 40 $) !

   D’où vient l’augmentation de l’offre ? Des pétroles dit non conventionnels : le pétrole off shore en eau profonde, les sables bitumineux et le pétrole de schiste qui a connu une forte croissance aux Etats-Unis depuis 4 ans. Et c’est peut-être là que se tient une partie de l’explication. Certains estiment que la chute a aussi des raisons politiques et que l’Arabie Saoudite refuse de baisser la production et ainsi faire remonter le prix pour aider les Etats-Unis contre la Russie.

   Mais ce peut être aussi parce que l’Arabie est mécontente que les Etats-Unis ne soient plus aussi dépendants qu’auparavant et risquent ainsi d’assurer une moins bonne protection du royaume !

   Car, le constat est sans appel : le pic mondial de production de pétrole classique a été passé en 2005 selon l’ASPO (l’association d’étude du pic pétrolier) et en 2008 selon l’agence internationale de l’énergie (qui le reconnaît enfin !). Depuis ce sont les pétroles non conventionnels qui compensent la baisse des champs classiques et qui permettent même une légère hausse de la production mondiale. Même si l’on sait que cela n’est que du provisoire et que cela a un coût environnemental énorme.

   Ainsi, de 2010 à 2014, la production mondiale de pétrole est passée d’environ 87 millions de barils par jours à 90 millions. Mais cette production a fortement augmentée aux Etats-Unis (qui ont ainsi recouvert une certaine autonomie énergétique) : elle est passée de 9,5 millions de barils jours à 14 millions. Soit une hausse de 50 % de la production alors que cette dernière était en diminution dans le reste du monde.

   Le pétrole de schiste est donc bien à l’origine de la hausse, mais son coût de production est élevé : Une part importante de la production des pétroles non conventionnels a un coût supérieur à 60 $ le baril, plutôt autour de 70-80 $, ce qui signifie donc qu’une partie des compagnies pétrolières engagées dans ces productions seraient amenées à fermer les puits si le brut restait longtemps à un tel niveau.

   Mais ce ne sera probablement pas le cas pour deux raisons : même si l’économie mondiale chute, les pays d’Asie de l’Est continueront à croître et leur demande avec, ensuite, la production de pétrole classique va continuer à chuter et nous seront de plus en plus dépendant des pétroles non conventionnels même si ces derniers ne sont qu’un feu de paille (voirhttp://www.christophebugeau.fr).

   Car c’est la conclusion malheureusement logique de l’histoire, nous sommes condamnés à voir la production diminuer au long terme du fait du non renouvellement de la ressource et le prix lui, sera amené à s’envoler alors vers des sommets : ce qui est rare est cher. Alors profitons bien des soldes, elles ne dureront pas !


%%%

(Devant la réaction de ces Émirs face aux nouvelles
tenues des hôtesses de l'air, je compris que
cela n'allait pas le faire...)



%%%
Luc Desle

mardi 9 décembre 2014

"La Mort crut se rendre populaire en offrant à ses victimes un joli porte-clef". Jacques Damboise in "Pensées à contre-pet".

¤¤¤
Pensées pour nous-mêmes:

(LE SOURIRE EST LE DÉBUT
DU BIEN-ETRE)

¤¤¤

(Les conférences de ce grand philosophe
faisaient toujours leur petit effet)


me-when-someone-posts-too-many-of-their-notes

¤¤¤

"Je souris car je suis...
le Maître du sourire"



LA STRATÉGIE DE L’ASIE 
Pour oublier l’occident…

Auran Derien 

   La métaphore privilégiée des Asiatiques, en matière d’organisation, est celle de l’orchestre. Au cours de l’année 2014, le nombre de contacts entre instrumentistes s’est accentué. Il semble que les élites asiatiques veuillent jouer la symphonie de la nouvelle civilisation du XXIème siècle, et qu’elles ne plieront pas devant la tyrannie des fanatiques du monde unique. 

   On assiste à la construction de structures parallèles aux organisations globalitaires actuellement pilotées par le pouvoir de Londres et de Washington. La banque asiatique de développement (Asian Infrastructure Investment Bank), le groupe de coopération de Shangaï (Shanghai Cooperation Organization), les mécanismes BRICS, et divers partenariats autour de la route de la soie ou de problèmes régionaux délaissent les obsessions des participants de Bildeberg et autres Davos. 

   Au cours de la première moitié de ce siècle, ces nouvelles institutions ne vont pas remplacer les organes actuels de destruction massive occidentales. Elles proposeront simplement d’autres projets, de nouveaux partenaires et surtout une « Weltanschaung » (conception du monde) contenant plus d’honnêteté que celle qui anime la finance mondialiste.

   La corrélation entre le refus des asiatiques de signer le diktat occidental, dont Obama incarne la figure temporaire, et les contorsions des européens a souligné le basculement du monde et l’apparition des germes d’une autre civilisation. (...)

   (...) Le vendeur des diktats étatsuniens s’agite tant en Asie qu’en Europe. Il a participé en quelques jours au sommet de l’APEC (forum de coopération économique Asie-Pacifique) et à celui du G20. De la Birmanie à l’Australie il s’anime pour détruire tout ce que ses maîtres ne comprennent pas. Cela provoque beaucoup de ruines, tant en Asie qu’en Europe, car les supérieurs, les soviets de la finance établis à Londres et Washington, n’ont pas changé depuis le Mayflower. L’ancien testament et les armes à feu restent les deux mamelles de leur obscurantisme…
   Les cartels d’Amérique du Nord, liés par l’ALENA (Accord de libre-échange nord-américain) depuis 1990 (USA, Canada, Mexico) veulent imposer à l’Australie et à la Nouvelle Zélande, leurs collabos anglophones habituels, mais aussi à quelques pays producteurs de matières premières (Brunei, Chili, Perou) et aux nouveaux venus du monde des services (Singapour) et de l’industrie, Malaisie, Vietnam. Sans oublier le Japon, bon élève que les banksters ont conduit à la ruine par leurs conseils. Au total, huit cent millions de personnes et 40% de l’économie mondiale seraient dans l’obligation d’utiliser la monnaie de singe émise par la réserve fédérale. (...)

   (...) Les diktats commerciaux créent une organisation parallèle aux pouvoirs légitimes. Le juge de paix, dénommé Investor-State Dispute Settlement, ou ISDS, est destiné à remplacer l’ordre juridique des Etats. Ces “épicés” comme on les appelait du temps de Racine, se chargeront de favoriser l’entreprise de racket mondial, un braquage permanent des richesses. Il serait plus adapté de placer les diktats transatlantiques et trans-pacifiques sous la houlette du Pentagone, les militaires devant détruire tous les pays qui ne céderont pas immédiatement aux rackets.(...)

   (...) Le représentant de commerce qui a été placé à la tête de la Maison Blanche a voulu rouler les mécaniques, comme on le fait dans son monde de voyous. En Chine, à Beijing, alors qu’il était reçu par les Chinois, il a montré ses manières lors d’une réunion devant déboucher sur la signature de traités asiatiques éliminant la Chine. Cela n’a pas bien fonctionné. Le Président Xi Jinping a offert d’étudier le diktat Asie-Pacifique que cherche à vendre Obama. Au G 20, les grognements obsessionnels de Washington ont surtout permis de rappeler que le monde est sali en réalité par les financiers véreux de l’oligarchie occidentale, incapables de prononcer quelques paroles de vérité. Le mensonge est leur vrai nature. Aussi, les BRICS souhaitent maintenant décider de ce qui est pertinent pour eux à partir de leurs propres jugements.

   Réjouissons-nous, finalement. La thèse de Thomas Kuhn reste d’actualité. On assiste à la mort d’un paradigme. Espérons que l’empire américain cessera de nuire avant le milieu du siècle et que le nouveau paradigme, l’orchestre, en dominera la fin.


¤¤¤

"Comment ça loup aux dents longues?
Vous voyez ça où?"


Jody Hewgill

¤¤¤
Luc Desle

jeudi 4 décembre 2014

"Dans sa poignée de main chaleureuse, ce politicien avait glissé une punaise". Jacques Damboise in "Pensées coïncidentes".

+++
Pensées pour nous-mêmes:

(TA PENSÉE
EMPESTE L'ACTION)

+++

"Ça mord?
- Chuuuttt!!!"


Paintings by Brad Kunkle

+++

"Les States exécuteront toujours leur mission,
quitte à le faire à l'arme létale."



ÉTATS-UNIS
Scott Panetti : 
malade mental 
et condamné à mort


   "Pas assez fou pour le Texas", titre The Guardian, qui revient sur les exécutions répétées de prisonniers souffrant de maladie mentale par le "Lone Star State" alors qu'un homme doit être mis à mort ce 3 décembre à 18 heures, près de Houston (a été mis à mort...). A moins que des recours de dernière minute n'aboutissent, Scott Panetti, 56 ans, sera exécuté pour le meurtre, en 1992, des parents de sa femme, dont il était séparé.

   Diagnostiqué comme schizophrène en 1978, hospitalisé à de nombreuses reprises pour divers troubles mentaux, Scott Panetti s'est défendu lui-même lors de son procès en 1995, habillé en cow-boy et appelant comme témoins John F. Kennedy, Jésus et le pape, rappelle USA Today. Son cas "a déclenché un débat mondial sur l'exécution de personnes atteintes de graves maladies mentales", note le quotidien américain. (...)

   (...) Selon Richard Dieter, directeur exécutif du Death Penalty Information Center, 10 à 15% des personnes en attente dans le "couloir de la mort" aux Etats-Unis pourraient être atteintes de maladie mentale. USA Today cite également une étude parue en juin dans le Hastings Law Journal,selon laquelle plus de la moitié des 100 derniers criminels exécutés ont été déclarés atteints de maladie mentale sévère ou en montraient des signes. Or, d'après un récent sondage de Public Policy Polling, 58 % des Américains seraient opposés à la peine de mort pour les personnes souffrant de maladie mentale.

   Le magazine The Atlantic rappelle que la Cour suprême a interdit en 1986 l'exécution des "fous" [insane], des personnes si peu en phase avec la réalité qu'elles ne peuvent distinguer le vrai du faux ni comprendre les motifs de leur peine. En 2007, elle a précisé que le condamné devait avoir "une compréhension rationnelle" des raisons de son exécution.

   Mais, selon The Guardian, la Cour laisse à des juridictions inférieures la liberté de définir des critères clés comme la "compréhension rationnelle" et "l'aptitude" à être exécuté. Résultat, au Texas, les procureurs "se sont régulièrement montrés déterminés à obtenir une condamnation à mort en dépit du dossier médical et les jurys se sont fréquemment laissé persuader d'infliger la peine capitale". (...)

   (...) Dans le quotidien local Dallas Morning News, un juge républicain d'une cour d'appel du Texas qui a refusé d'accorder un sursis à Scott Panetti a publié une tribune exprimant son désaccord personnel avec cette décision. Il affirme que l'exécution d'une personne atteinte de grave maladie mentale viole la Constitution américaine. Il se prononce même pour une abolition pure et simple de la peine de mort, jugeant qu'elle n'est plus en phase avec les valeurs de la société américaine.


+++

"Chirurgie esthétique ratée?
Jamais de la vie!"


Thomas Robson

+++
Benoît Barvin