Bonjour à vous qui, dans le maelström du net, êtes arrivés, par hasard? lassitude? erreur? sur ce blog. Vous êtes les bienvenus. Vous y lirez des extraits d'articles, de pensées, d'interviews, piochés ça et là, et illustrés de photos et dessins détournés, via un humour de bon aloi. Vous pouvez évidemment réagir avec le même humour, la même ironie que nous mettons, chaque jour, à tenter de respirer un peu plus librement dans une société qui se corsète chaque fois un peu plus.
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jeudi 18 décembre 2014

"Il vendait des saucisses bouillantes à des chauds lapins". Jacques Damboise in "Pensées à contre-pet".

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Pensées pour nous-mêmes:

(LE CŒUR A SES ORAISONS
QUE LA RAISON NE SAISIT PAS)

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(La femme aux mille seins prétendait pouvoir
nourrir toute la ville)



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"C'est quand la fin du pétrole déjà?"



Baisse du pétrole, jusqu’à quand ? 
et jusqu’où ?


   (...) Les prix du pétrole sont en forte baisse : l’on est passé d’environ 100 $ le baril à 60 $ en seulement quelques mois, et les bourses s’en ressentent désormais. Le CAC 40 a chuté de 7 % la semaine dernière, même chose aux Etats-Unis où les valeurs pétrolières plombent la bourse de New York.Comment s’est déclenché le phénomène et cela peut-il aller plus loin ?

   Environ 60 $ le baril cela ne s’est plus vu depuis … 2009 ! Et pour cause, une chute aussi forte et rapide n’est pas bon signe pour l’économie mondiale. En 2008, lors de la première chute, c’était bien le signe d’une grande récession, et il est fort probable que cette fois encore, nous entrons dans une nouvelle perturbation économique forte.

   Combien de temps cela peut-il durer ? Peut-être un an voir deux comme la fois précédente. Car la chute est dû à la faiblesse de la demande mais aussi à une augmentation (faible mais réelle) de l’offre. Les pays de l’OPEP pourraient abaisser leurs production, mais lors du dernier sommet, il n’en a pas été question : l’Arabie Saoudite a dit non (l’OPEP serait même prête à endurer un baril à 40 $) !

   D’où vient l’augmentation de l’offre ? Des pétroles dit non conventionnels : le pétrole off shore en eau profonde, les sables bitumineux et le pétrole de schiste qui a connu une forte croissance aux Etats-Unis depuis 4 ans. Et c’est peut-être là que se tient une partie de l’explication. Certains estiment que la chute a aussi des raisons politiques et que l’Arabie Saoudite refuse de baisser la production et ainsi faire remonter le prix pour aider les Etats-Unis contre la Russie.

   Mais ce peut être aussi parce que l’Arabie est mécontente que les Etats-Unis ne soient plus aussi dépendants qu’auparavant et risquent ainsi d’assurer une moins bonne protection du royaume !

   Car, le constat est sans appel : le pic mondial de production de pétrole classique a été passé en 2005 selon l’ASPO (l’association d’étude du pic pétrolier) et en 2008 selon l’agence internationale de l’énergie (qui le reconnaît enfin !). Depuis ce sont les pétroles non conventionnels qui compensent la baisse des champs classiques et qui permettent même une légère hausse de la production mondiale. Même si l’on sait que cela n’est que du provisoire et que cela a un coût environnemental énorme.

   Ainsi, de 2010 à 2014, la production mondiale de pétrole est passée d’environ 87 millions de barils par jours à 90 millions. Mais cette production a fortement augmentée aux Etats-Unis (qui ont ainsi recouvert une certaine autonomie énergétique) : elle est passée de 9,5 millions de barils jours à 14 millions. Soit une hausse de 50 % de la production alors que cette dernière était en diminution dans le reste du monde.

   Le pétrole de schiste est donc bien à l’origine de la hausse, mais son coût de production est élevé : Une part importante de la production des pétroles non conventionnels a un coût supérieur à 60 $ le baril, plutôt autour de 70-80 $, ce qui signifie donc qu’une partie des compagnies pétrolières engagées dans ces productions seraient amenées à fermer les puits si le brut restait longtemps à un tel niveau.

   Mais ce ne sera probablement pas le cas pour deux raisons : même si l’économie mondiale chute, les pays d’Asie de l’Est continueront à croître et leur demande avec, ensuite, la production de pétrole classique va continuer à chuter et nous seront de plus en plus dépendant des pétroles non conventionnels même si ces derniers ne sont qu’un feu de paille (voirhttp://www.christophebugeau.fr).

   Car c’est la conclusion malheureusement logique de l’histoire, nous sommes condamnés à voir la production diminuer au long terme du fait du non renouvellement de la ressource et le prix lui, sera amené à s’envoler alors vers des sommets : ce qui est rare est cher. Alors profitons bien des soldes, elles ne dureront pas !


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(Devant la réaction de ces Émirs face aux nouvelles
tenues des hôtesses de l'air, je compris que
cela n'allait pas le faire...)



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Luc Desle

lundi 21 juillet 2014

"Cet homme politique avait eu une solide formation d'usurier de la pensée". Benoît Barvin in "Pensées pensées".

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Pensées pour nous-mêmes:

(TA RAISON EST-ELLE
LA DÉRAISON DE TON VOISIN?)

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(Le Capitalisme avait un sacré mal de tronche)



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(Technocrates européens débattant 
de la pérennité des lois humaines)


http://zeroing.tumblr.com/

« L'EFFACEMENT DU POLITIQUE »
DE PIERRE LE VIGAN

Un livre indispensable de réflexion pour l'été

Michel Lhomme

   (...) L'Union européenne s’est bâtie contre les Etats. Elle se veut l'amorce de l'Etat universel rêvé par Kant, la concrétisation du cosmopolitisme politique. Nous le rêvions humain et démocratique, il se révèle technocratique et totalitaire. L’attitude du Parlement européen est typique à cet égard. Une étude de la Diète fédérale allemande a établi récemment que 85 % de nos lois et règlements proviennent désormais de Bruxelles, ce qui vide de sens le principe même de subsidiarité et les délibérations de nos Parlements nationaux. Le mode d'être de la politique est la gouvernance à savoir la gestion des « affaires courantes », l'absence de toute autorité. 


   C'est ce que Pierre Le Vigan appelle « l'effacement du politique », la dépolitisation du monde. Elle est le règne du droit, la dictature du droit, la république des juges au cœur du grand marché. « Toute société a un droit oral ou écrit », nous rappelle Le Vigan mais « notre société se veut régie par le droit » (p.126). Ce n'est effectivement pas la même chose. Il faut dix ans pour rédiger un règlement ou une directive européenne, dix ans pour la modifier.

   La directive, résultat de la réflexion des experts vaut alors force de loi. Le peuple, même par ses représentants, n'est jamais consulté. On comprend, par l'analyse, que Pierre Le Vigan brosse du néo-constitutionnalisme contemporain ce sentiment que nous avons de ne plus pouvoir rien faire au quotidien. Ce sentiment d'absence de liberté n'est pas indépendant du processus de marchandisation extrême qui est à l'œuvre. Il en est au contraire sa logique même. On ne nous prive pas de notre liberté individuelle mais de toute liberté collective. Le pouvoir judiciaire est ainsi la nouvelle religion du temps ( p.136 ), les directives et les décrets arbitraires, le mode quotidien de gouvernement. Cela illustre le passage de la démocratie représentative à la démocratie procédurale, analysée aussi par les argentins Alberto Buela et Luis Maria Bandieri. Le droit est vidé, marchandisé, privatisé. Pierre Le Vigan fait la généalogie de ce processus, de Machiavel et Hobbes à Habermas, et c’est le grand apport de ce livre que de mettre à jour les racines profondes de la dépolitisation de l’Europe.


   Chez les économistes, on avancera que la zone euro est en crise, que la monnaie unique est inadaptée à des économies divergentes. On ne fait pas vivre en effet dans la même zone monétaire un marchand de machines-outils ou de voitures de luxe, l’Allemagne, et un marchand d’olives ou un armateur sans pavillon national, la Grèce, sauf à instituer une union de transfert des riches vers les pauvres. Mais Pierre Le Vigan va plus loin et rappelle l'essentiel, l'erreur européenne : vouloir construire une unité politique par l'économique.


   On sait que Jacques Delors ne lira pas Pierre Le Vigan. C'est un hommage. Delors a raillé plusieurs fois le concept, selon lui « bien français », de l' « Europe puissance ». A deux reprises en Commission des Affaires Etrangères et en Commission des Affaires Européennes, il a martelé l’utopie de l’Europe puissance, ajoutant qu’il n’y aurait jamais de politique étrangère commune. Pourtant, l’Union européenne a été pensée comme un bloc et construite comme tel dans les années 1950/60 pour faire pièce à la Guerre Froide et aux deux blocs, les Etats-Unis et l’U.R.S.S. S'il est illusoire de croire qu’une organisation de vingt-huit, bientôt trente Etats-nations, puisse constituer une force homogène, l'Europe n'existera pas non plus comme un agrégat de nations ou un galimatias d'Etats. 

   De plus, il n'y a pas accord sur l'Europe culturelle ( malgré l'Homère de Dominique Venner ), sur l'Europe religieuse ( malgré la chrétienté de François ), sur l'Europe linguistique ( malgré le mythe indo-européen de Nouvelle Ecole ), sur l'Europe ethnique (malgré l'homme blanc deTerre et Peuple ). Alors n'y aurait-il pas ou plus de substance européenne ? Mais alors quelle Europe ? Pierre Le Vigan en appellerait-il à un nouveau monde politique : l’ère des puissances relatives ? 


   La mondialisation des échanges dépasse le cadre des organisations régionales et singulièrement celui de l’Union européenne en pleine récession. En matière de politique étrangère, notre destin ne se joue plus sur la Vistule et l’Oder-Neisse, mais en Méditerranée, en Afrique, dans les pays du Levant, en Chine et dans tout le Pacifique. Mais peut-on encore parler d'une hyperpuissance capable d’imposer unilatéralement ses choix au monde ? Les Etats-Unis commencent de plus en plus à coaliser désormais les autres contre lui. A chaque tentative hégémonique correspond une nouvelle coalition qui se constitue et se défait : l’Irak, la Syrie, la Libye, le réchauffement climatique (Paris sera le siège, au mois de décembre, de la conférence sur le climat ). L’ancien Secrétaire à la Défense américaine, Donald Rumsfeld utilisait une formule juste: selon lui, aujourd'hui, « c’est la mission qui commande la coalition ». Alors, de quelle Europe avons-nous besoin ? De quelle mission ? Il faut poser la question. D'une Europe populaire ? D'une Europe de la puissance ? D'une Europe politique mais de quelle politique, pour quelle politique ? 


   Le bon sens cartésien nous guide : l’Union européenne s’est élargie, elle doit s’amaigrir. 80 % des compétences doivent redescendre au niveau des Etats. Il faut réconcilier la souveraineté nationale et la coopération européenne. Si les formes cité, nation, empire sont obsolètes, si l'Etat de droit se trouve dissous dans le droit et le tout juridique, l'état universel n'en est pas moins impossible parce qu'il contredit la nature politique de l'homme, empêche la dialectique de la reconnaissance et donc la réalisation de l'Histoire. Mais quelle unité politique défendre alors à l'échelon européen ? De fait, la Cour fédérale allemande a fermement rappelé en juin 2010 qu’il n’y avait pas de peuple européen, mais des peuples allemand, français, italien, etc. Et qu’en tout état de cause, pour l’Allemagne, le dernier mot appartenait à la seule Diète fédérale ! Le meilleur moyen, dès lors, est de constituer un Parlement européen à partir des Parlements nationaux – des Commissions aux Affaires européennes – qui siégerait ponctuellement dans une Union européenne fortement recentrée ou d'accepter la suzeraineté de la puissance allemande en Europe (ce qui ne se peut).


   Ces mois prochains, la question de l’Union européenne se reposera par l'attitude du Royaume Uni, l'indépendance possible de l'Ecosse, un référendum britannique à venir. La Grande-Bretagne devrait sortir de l'Union européenne mettant alors l'Union Européenne au bord d'une implosion à la soviétique. Depuis des décennies, de Rome à Lisbonne, la petite Europe des Traités a vécu dans la contradiction entre une idéologie fédéraliste sous-jacente et la pratique intergouvernementale. Elle a tenté d'ignorer la confusion antidémocratique de ses institutions par la « gouvernance » oligarchique et un surcroît d’ultralibéralisme. L'Union européenne a nié radicalement la souveraineté populaire. S'agit-il donc de retrouver le nationalisme, l'identité collective de base, le citoyen européen ?

   Pour Pierre Le Vigan, non, il s'agit de penser une refondation européenne mais sans nationalisme. Mais alors, de quel modèle politique peut éclore la refondation européenne ? De l'idée de confédération, la forme d’une confédération des Etats européens pouvant inclure la Fédération de Russie et la Turquie pour la simple raison que ces deux Etats participent et ont toujours participé à l’équilibre européen. Mais, il s'agit de confédérer par en bas (la généralisation de la démocratie participative au niveau local) et par en-haut, en posant les conditions de la coopération diplomatique des différentes nations européennes. Il est donc bien question de retrouver en interne le vieux principe fédératif (Proudhon ?), le solidarisme (Léon Bourgeois), l'associationnisme (Louis Blanc ?) et en externe, la coopération et le consensus diplomatique sans l’uniformité.

   Tout reposerait donc sur un principe de subsidiarité bien compris. Comme le souligne à la fin de son ouvrage au style clair, concis et largement référencé, c’est vers l'idée d'Empire, de « confédération des peuples d’Europe» que s'oriente Pierre Le Vigan. Dans la conclusion d'un commentaire judicieux, Bruno Guillard pose les bonnes questions : fédération, empire, confédération, état fédéral ou alliance inter étatique ?... C'est effectivement tout un programme et nous attendons avec impatience l'analyse plus poussée des formes politiques impériales qui éclairerait sa proposition. Pourquoi ? Parce que Pierre Le Vigan est un autodidacte (« personne ne me fascine davantage que les autodidactes » dit Jacques Attali !) de la philosophie et que c'est, comme pour les artistes ou les écrivains, chez eux, qu'on retrouve le plus la créativité des concepts, chère à Deleuze. (...) 

   Pierre Le Vigan, L’Effacement du politique / La philosophie politique et la genèse de l’impuissance de l’Europe, préface d’Eric Maulin, éditions La Barque d’Or, 15 € (+ 4 € de frais de port), 164 pages, labarquedor@hotmail.fr


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Luc Desle

samedi 5 avril 2014

"Son cerveau de bébé était enfermé dans un vieux corps d'adulte". Jacques Damboise in "Pensées inconvénientes".

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Pensées pour nous-mêmes:

(L'AMOUR A DES ERRANCES SALUTAIRES)

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(Sous son voile, la femme voilée
dissimulait un honteux secret)



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(Incroyable: la voiture-oranges 
était de couleur noire)




Un régime alimentaire mondialisé

Esther VIVAS

   (...) Qu’ont en commun l’Inde, le Sénégal, les Etats-Unis, la Colombie, le Maroc, l’Etats espagnol et bien d’autres pays ? En dépit des différences importantes qui persistent encore, l’alimentation y est sans cesse plus semblable. Au-delà de la « McDonaldisation » de nos sociétés et de la consommation globalisée de Coca-Cola, la consommation mondiale d’aliments dépend progressivement d’une poignée de variétés de cultures. Le riz, le soja, le blé et le maïs s’imposent au détriment d’autres productions comme le millet, le manioc, le seigle, le sorgho, la patate douce ou l’igname. Si l’alimentation dépend d’une petite série de variétés de cultures, que se passera-t-il en cas de mauvaise récolte ou de maladies ? Notre consommation de nourriture est-elle garantie ?

   Nous allons vers un monde avec plus de nourriture mais moins de diversité et plus d’insécurité alimentaire. Des aliments comme le soja, dont la consommation était insignifiante jusqu’à il y a quelques années encore, sont devenus indispensables pour les trois quarts de l’humanité. D’autres, déjà importants dans le passé comme le blé ou le riz, se sont généralisés à grande échelle et sont respectivement consommés aujourd’hui par 97% et 91% de la population mondiale. C’est une alimentation occidentalisée, « accro » à la consommation de viande, de produits laitiers et de boissons sucrées qui s’impose ainsi. Des marchés alimentaires où les intérêts des grandes entreprises sont évidents. C’est ce qu’explique en détail une récente étude intitulée « L’augmentation de l’homogénéité dans les chaînes alimentaires globales et son implication pour la sécurité alimentaire », qui affirme que nous nous acheminons vers un « régime alimentaire mondialisé ».

   Un menu qui, d’après les auteurs du rapport, constitue « une menace potentielle pour la sécurité alimentaire ». Pourquoi ? En premier lieu parce qu’en dépit du fait que nous consommons plus de calories, de protéines et de graisses qu’il y a cinquante ans, notre alimentation est moins variée et il est donc plus difficile de digérer les micronutriments nécessaires pour l’organisme. En outre, affirment les auteurs, « la préférence pour les aliments énergétiquement denses et basés sur un nombre limité de cultures agricoles globales et de produits transformés est associée à l’augmentation de maladies non transmissibles comme le diabète, les problèmes cardiaques ou certains types de cancer ». Notre santé est donc en jeu.

   En second lieu, l’homogénéisation de ce que nous mangeons nous rend plus vulnérables aux mauvaises récoltes ou aux maladies, dont on prévoit qu’elles augmenteront avec l’intensification du changement climatique. Nous sommes dépendants d’une poignée de cultures qui sont aux mains d’une poignée d’entreprises produisant à grande échelle à l’autre bout de la planète, imposant des conditions de travail précaires pratiquant une déforestation intensive, la contamination des sols et des eaux et l’utilisation systématique d’agents agrotoxiques. Pouvons-nous alors choisir librement ce que nous mangeons dans de telles conditions ?

   Il ne s’agir pas d’être contre un changement des habitudes alimentaires en soi, le problème survient quand de tels changements sont imposés par des intérêts économiques particuliers, en marge des besoins réels des gens. Le « régime alimentaire mondialisé » est le résultat d’une « production-distribution-consommation » mondialisée où ni les paysans ni les consommateurs n’ont leur mot à dire. Nous pensons décider ce que nous mangeons, mais ce n’est pas le cas. Comme l’affirmait le rapporteur spécial des Nations Unies sur le droit à l’alimentation, Olivier de Schutter, lors de la présentation du rapport « Le potentiel transformateur du droit à l’alimentation » ; « La principale déficience de l’économie alimentaire est l’absence de démocratie ». Et sans démocratie dans les champs et à table, on ne choisit et on ne mange pas correctement. (...) 

*Article publié sur le site Publico.es, 15/03/2014.

**Traduction française pour Avanti4.be : Ataulfo Riera.

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(Schizophrène, la coupable de ce vol de bonbons
se dénonça elle-même)


Alla Nazimova for The Brat (1919)


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Luc Desle

dimanche 18 août 2013

"Le roi de la Panade reçut, plusieurs années de suite, le Premier prix des Malchanceux". Jacques Damboise in "Pensées inconvénientes".

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Pensées pour nous-mêmes:

(LE CIEL, LE VENT ET L'EAU
T'APPARTIENNENT-ILS)

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"Chéri, Chéri! Regaaarde!!!
- Super, mon Amour. Je vais chercher les bandages..."


Kitten On A Trampoline, art by Robert McGinnis


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"Vous aussi vous attendez le Calao?" (1)


(1) (Calao: oiseau de Papouasie)


Le voyage comme expérience intime 
de la mondialisation
 Alain Garrigou

   (...) Comme le disait Charles de Gaulle de ceux qui répétaient « Europe ! Europe ! » en sautant comme des cabris, le terme « mondialisation » suscite l’émoi de ses apôtres. La morgue en plus. Il faudrait être ignorant pour ne pas la célébrer. Le président de la Commission européenne, M. Jose Manuel Barroso, s’en est pris aux Français qui ne comprennent pas la mondialisation. Un quotidien s’alarme-t-il de la baisse d’attractivité française pour les investissements étrangers qu’il trouve aussitôt un coupable : « Ce qui est en cause, c’est l’incapacité des élites publiques de ce pays à comprendre la mondialisation » (Le Monde, 7 juin 2013)

   Qu’est-ce que ne verraient pas les mauvais esprits qui ne goûtent pas, ou pas complètement, les charmes de la mondialisation ? Un mouvement pourtant naturel et nécessaire. Du coup, ses apôtres évitent de donner leurs bonnes raisons de l’aimer : pour eux, cela va de soi. C’est la rhétorique de toutes les dominations : transformer l’histoire en nature, la question en évidence et les critiques en obscurantistes. Par sottise et étroitesse d’esprit, ces derniers seraient hermétiques aux lois de l’économie ou de l’histoire.

   Depuis des lustres, la mondialisation suscite les arguments de la résistance au changement qui accompagnent les discours modernisateurs. Prenons le terme de « mondialisation » qui, plus que son équivalent anglais, « globalization », revendique les avantages de l’universalisme : comment pourrait-on s’opposer à l’ouverture au monde ? Les critiques ne sortiraient pas de chez eux. C’est un autre lieu commun de la domination : « Il aurait dû davantage parcourir le monde, comme Dominique [Strauss Kahn, ami très proche] et moi l’avons fait depuis quarante ans » (Le Monde, 3 juillet 2013) expliquait ainsi Denis Kessler, ancien dirigeant du Medef, à propos de M. François Hollande. Preuve que l’étroitesse d’esprit touche aussi bien les plus hauts responsables politiques. Avec Dominique Strauss Kahn, l’ancien directeur du FMI forcément usager des transports aériens et des grands hôtels, l’ancien dirigeant du Medef a sans doute moqué le « localisme » des adversaires.

   Qu’on se rassure, le mépris mondialiste ne vise pas seulement les puissants. Les universitaires y ont aussi droit puisque le vieil anti-intellectualisme — ils seraient perdus dans les sphères de l’abstraction ou de la théorie — vient renforcer le reproche de leur immobilité géographique. Eux non plus ne voyageraient pas à en croire un de leurs contempteurs qui accusait « quelques petits messieurs, qui ne sont jamais sortis de chez eux ou des amphithéâtres, où ils dispensent leur science » [1]. Quant à la plupart des gens, on sait bien que, faute des moyens financiers, ils ne voyagent pas ou ne s’éloignent guère. Impossible, dans ces conditions, de comprendre la mondialisation. (...)

   (...) On aura donc bien compris que les apôtres de la mondialisation ont un grand avantage sur les autres : ils voyagent. Comment ? Sans doute de capitale en capitale, d’aéroport en aéroport, de première classe en première classe, de grand hôtel en grand hôtel. Le voyage comme expérience intime de la mondialisation. Nul pays ne leur semble fermé. Mais qu’en connaissent-ils sinon les palais gouvernementaux, les ministères, les voitures officielles, les aéroports et les salons VIP ? On ne les a en tout cas jamais croisés sur les routes, ni dans les bus de nuit, ni dans les guesthouses, ni sur les sentiers de trek, ni sur les marchés populaires, etc. Sans doute une perte de temps que de s’enfoncer dans les campagnes et de côtoyer les humbles et les pauvres, les vieillards et les enfants. 

   Que connaissent-ils concrètement de la déforestation en Indonésie et en Amazonie sans jamais avoir vu la fumée des brûlis et les coupes dévastatrices ? Que savent-ils de la pollution sans avoir parcouru les villes poubelles d’Asie, senti les émanations industrielles des pays de production délocalisée ? Que savent-ils du travail dans les ateliers des pays émergentset des zones économiques spéciales ? Ont-ils jamais passé une frontière normalement, en subissant des contrôles de plus en plus sévères ? Les voyageurs savent bien que le monde rétrécit, qu’il y a de moins en moins de pays ouverts aux hommes. Saisissant paradoxe de la mondialisation, qui se confond avec la limitation de la circulation des humains. Il est vrai que la mondialisation est la rhétorique d’un universalisme marchand : un oxymore.

Notes

[1] in. R. Cayrol, Sondages, mode d’emploi, Paris, Presses de Sciences Po, 2001, p. 10-11.


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"Chéri?!
Je lui envoie la balle... ET IL LA RAPPORTE!
- Super, mon Amour, super..."

Frederic Mitzen - 1940’s

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Luc Desle

mardi 14 février 2012

"Sensible aux flatteries, le Comte Dracula buvait alors du petit lait... ce qui le rendait affreusement malade". Jacques Damboise in "Pensées à contre-pet".


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Pensées pour nous-mêmes:

(EN T’ÉVEILLANT, LAISSE TES RÊVES ENLACER LA RÉALITÉ)

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"Alors, Maman, ton nouveau métier d'espionne te plaît?
- Qui parle d'espionner, petits brigands?
Je surveille, un point c'est tout"

Quand Nestlé faisait espionner Attac
Arnaud Crevoisier 
et Yanik Sansonnens 

   (...) Les faits remontent à l’automne 2003. Sous le pseudonyme de Sara Meylan, une employée de Securitas rejoint la section d’Attac Vaud, alors en pleine préparation du livre Attac contre l’empire Nestlé. Ayant gagné la confiance du groupe, elle participe à plusieurs réunions, où elle a accès à des documents confidentiels. Elle livre à Nestlé des comptes-rendus détaillés des discussions. (c'est vilain, ça, de rapporter et... Ah bon, c'est votre boulot? Mille excuses...) Ses rapports mentionnent également des détails sur la vie privée des auteurs. Elle rédigera même un chapitre du livre en préparation. Peu après la révélation des faits, en 2008, une deuxième « taupe » de l’entreprise de sécurité sera confondue. Barbara Rimml, l’une des auteurs d’"Attac contre l’empire Nestlé", rappelle qu’« une plainte a été déposée il y a trois ans. Tout a pris beaucoup de temps et j’espère que la justice fera son travail » (humour?).
   Après les révélations de la Télévision suisse romande (TSR), à l’été 2008, une plainte avait été déposée au pénal. En juillet 2009, la procédure s’est conclue par un non-lieu. Le juge a en effet estimé que la seule infraction susceptible d’être poursuivie, à savoir une contravention à la loi fédérale sur la protection des données, était prescrite au bout de trois ans. Il n’a tenu compte que de la première espionne, qui a agi entre l’automne 2003 et l’été 2004, et n’a pas pris en considération la seconde «taupe», débusquée par Attac en septembre 2008 (pas de chance, vraiment...).
   Cette affaire représente-t-elle un cas isolé ou d’autres scandales couvent-ils ? Après le «Nestlégate», une autre infiltration d’un agent de Securitas avait déjà été révélée: à Lausanne, une jeune femme avait espionné durant plusieurs années le Groupe Anti-Répression (GAR), toujours pour le compte de Nestlé. (...)

Lire la suite sur:


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"Si Lance est mon cousin?
Pfff... Ce n'est que la millième fois
que vous, les Frenchies, 
vous me la faites, celle-là..."
Armstrong à Contador : 
"Dear Alberto, tu as tant à apprendre"
(notamment que t'es pas z'américain,
donc intouchable?)

(...) Dear Alberto,

   J'ai appris pour ta suspension, la perte de ton Tour de France, du Tour d'Italie, etc... Tu m'excuseras, mais je me suis marré. T'avoueras que ça ne manque pas de sel. Vendredi, la justice américaine me laisse tranquille et trois jours plus tard, tu prends deux ans ! (selon que vous serez Etats-Unien ou n'Européen...)
   Tu as beaucoup à apprendre, Alberto. (...)
   Ce n'est pas qu'une question de malchance. J'ai contre moi plusieurs contrôles positifs, des tas de témoignages, et tu vois, je n'ai jamais été suspendu. On ne m'a pas retiré UN seul Tour de France, UNE seule course, UNE seule médaille. (jusqu'à présent...)
   Chez moi, je suis un héros (tricheur... mais américain). Toi ? Un contrôle positif pour un produit bas de gamme, qu'aucun autre laboratoire n'aurait détecté, et tu prends deux ans.
   Tu t'es forcément trompé quelque part.
   J'ai envie de t'aider un peu. J'aime les mecs malins, tu l'es au fond. Mais tu n'as rien compris de la manière dont marchait le vélo, encore moins la justice sportive.
   Première chose : ton contrôle. T'as merdé à un moment, que tu aies pris du clenbutérol – mais pourquoi, franchement, avec les merveilles qu'on a de nos jours ! – ou non. Tu le sais sans doute comme moi : pour passer entre les mailles du filet, il faut de la rigueur, du professionnalisme et un grand sens de la mesure. Comme à l'entraînement.
   Tu n'as pas lu le bouquin de Philippe Gaumont ? C'était pas un Goncourt, je te l'accorde mais c'est quand même un expert qui livre ses petits secrets. Je te l'envoie, tu vas avoir le temps de lire maintenant.(...)
Suite sur:
http://tempsreel.nouvelobs.com/sport/20120206.OBS0713/armstrong-a-contador-dear-alberto-tu-as-tant-a-apprendre.html


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"Si j'suis chuté à cause d'la dope?
Non, pas... Hips... Pas du tout!
Ca n'a rien... Hips! Rien à voir"

lepoetedupmu.fr


   (...) Philippe Gaumont (né le 22 février 1973 à Amiens) est un ancien coureur cycliste français. Médaillé de bronze au contre la montre par équipe aux JO de Barcelone (1992), il passe professionnel en 1994 dans l'équipe Castorama. Il rejoint l'équipe Gan en 1996 puis Cofidis en 1997. A son palmarès, figurent un Gand-Wevelgem en 1997, une victoire aux Quatre jours de Dunkerque (1996) et un Tour de l'Oise (1996). Contrôlé positif aux produits dopants à plusieurs reprises (1996, 1998, 1999), il est épinglé dans l'affaire Cofidis en 2004. En 2005, il publie "Prisonnier du dopage" aux Editions Grasset. Il y raconte son expérience du dopage. D'après lui, 95% du peloton professionnel est dopé. Parmi les exceptions notables, il cite David Moncoutié. 

Son livre "Prisonnier du dopage"

   (...) Suite à sa mise en examen, dans l'affaire Cofidis, il révèle devant le juge tous les travers du cyclisme auxquels il a assisté ou participé (principalement le dopage, l'importance des médecins dans une équipe, les victoires achetées). Il rédige alors le livre Prisonnier du dopage, dans lequel il décrit la médicalisation de ce sport. Il affirme que les coureurs actuels peuvent toujours procéder avec des cures d'EPO, à condition d'arrêter la prise une semaine avant la compétition. Il décrit l'utilisation courante de produits qu'il a lui même régulièrement utilisés, tels les hormones de croissance, lescorticoïdes, les anabolisants, la testostérone, l'EPO, les amphétamines... Il précise que son témoignage ne représente pas un cas particulier parmi les cyclistes mais la normalité, et qu'au contraire les coureurs qui ne respectent pas la loi de l'omerta ou qui sont propres et qui le clament trop fort (tel Christophe Bassons) se font vite sortir du cyclisme par le peloton. (...) 

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"Bon, je crois que vous avez besoin
d'un cours de pédagogie
pour mieux comprendre
comment les States fonctionnent..."
Noyade dans l’hypocrisie: 
guerre au delà des frontières 
et austérité en-deçà
 Dr. Paul Craig Roberts

   (...) Le gouvernement américain est si prétentieux qu’il est devenu une caricature d’hypocrisie. Leon Panetta, un ancien membre du congrès qu’Obama a nommé directeur de la CIA et maintenant chef du Pentagone, vient juste de dire aux marins à bord du porte-avions USS Enterprise, que les Etats-Unis maintiennent une flotte de 11 porte-avions afin de projeter une puissance maritime contre l’Iran et de convaincre l’Iran que “cela est mieux pour eux d’essayer de négocier avec nous par la diplomatie” ( “it’s better for them to try to deal with us through diplomacy.” 

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   (...) S’il faut 11 porte-avions pour gérer l’Iran, combien Panetta projette t’il d’en avoir pour contrer la Russie et la Chine ? (Ben... 22?) Mais pour en venir au point plus important, l’Iran a essayé de “négocier au moyen de la diplomatie”. La réponse de Washington n’a été que menaces de guerre et d’attaques militaires, accusations infondées et irresponsables (selon les)que(lles) l’Iran essaie de construire une arme nucléaire, (en y ajoutant) sanctions et embargo pétrolier. Les accusations de Washington font écho à celles d’Israël et sont en contradictions avec ses propres agences de renseignement et l’Agence Internationale pour l’Energie Atomique (AIEA). Pourquoi Washington ne répond-elle pas à l’Iran de manière civilisée, avec diplomatie ? (parce que...) Réellement, lequel de ces deux pays est la plus grande menace pour la paix ? (...)
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Luc Desle