Bonjour à vous qui, dans le maelström du net, êtes arrivés, par hasard? lassitude? erreur? sur ce blog. Vous êtes les bienvenus. Vous y lirez des extraits d'articles, de pensées, d'interviews, piochés ça et là, et illustrés de photos et dessins détournés, via un humour de bon aloi. Vous pouvez évidemment réagir avec le même humour, la même ironie que nous mettons, chaque jour, à tenter de respirer un peu plus librement dans une société qui se corsète chaque fois un peu plus.
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lundi 2 décembre 2013

"Ce calme était si profond qu'on mit une croix dessus accompagnée d'une épitaphe". Benoît Barvin in "Pensées pensées".

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Pensées pour nous-mêmes:

(DONNE A LA VIE
LE TEMPS DE T'APPRIVOISER)

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Nouveau court récit au long cours (30)

LE LIBÉRÉ
DU
CLUB MAD

   Alors que l'île s'est mise à trembler, P'tit Boss s'apprête à faire évacuer les vacanciers, à contrecœur, cela va s'en dire.




   Le parking de l’aéroport est encombré par une trentaine de bus réquisitionnés pour le transport des évacués. Dans le hall soudain trop exigu, au moins mille cinq cents jeunes touristes et animateurs confondus attendent, certains apathiques, d’autres sur les nerfs, les charters spéciaux qui vont se succéder sur la piste.

   Ptiboss a fait preuve d’une grande efficacité en ce début d’après-midi fatidique. Beaucoup se demandent s’il a eu un éclair de perspicacité, une prémonition ou tout simplement un aperçu sismologique de la situation sur le terminal de sa villa ? Ce sera en tout cas cette réponse qu’il privilégiera devant les journalistes qui ne vont pas manquer de l’interroger dans quelques minutes. Il dira qu’il a consulté comme d’habitude les données climatologiques concernant le lieu et que ces dernières étaient plutôt inquiétantes. Par précaution, il a fait évacuer, sans précipitation, tous les membres du Club, et, avec un zèle dont il se félicite, il a même pu, avec quelques acolytes de confiance, mettre en lieu sûr la plus grande partie des ordinateurs, le matériel sono et les systèmes vidéo de pointe. 

   De toutes façons, les assurances paieront mais ce sera un plus à gagner. Après un coup dur comme celui-ci, il aura bien besoin de petits à-côté. Qui lui dit que la formule Club Mad ne va pas être remise en question ? Même s’il n’y a aucune relation de cause à effet entre la présence d’un méga-night sur le site et le séisme… De cela, lui est persuadé.

   Mais il faut savoir aussi que des vacanciers mentionneront l’intervention d’un hurluberlu qui les avaient exhortés à quitter le Village au plus vite. Des G.E, les employés grecs, parleront de la prémonition de Yannis Nissos. Il y aura enquête. On interrogera ces deux vieux séniles.

   En fait, il ne ressortira rien de tout cela. Nous ne sommes plus au Moyen-Age. On exige des explications scientifiques et vérifiables. Les interrogations ne déboucheront donc que sur une seule réponse valable : il s’agissait d’un tremblement de terre localisé.

***

   Il fait très chaud dans l’aéroport. Les premiers passagers embarquent sur un ATR venant d’Athènes. Il y a quelques bousculades. C’est alors que le portable de Thibault, alias Ptiboss, se met à égrener les notes du Mundial. On lui annonce qu’un grave incendie vient de se déclarer à l’instant à Ibiza, et qu’il ravage un des plus hauts lieux touristiques fréquentés par les teuffeurs de luxe du coin. On ne sait pas s’il s’agit d’un attentat ou d’un accident. Il n’y a pas de victimes. Que des dégâts matériels.

   Simple coïncidence… Mais Ptiboss ressent soudain un profond écoeurement, comme un malaise en lui. Il sait cependant que cela va lui passer. Il n’est pas du genre à se poser des questions existentielles. Il n’y a pas de relation entre ce qu’il vient d’apprendre et sa catastrophe à lui. Il ne s’agit pas des mêmes chaînes touristiques, leurs objectifs ne sont pas les mêmes. Cela n’a donc rien à voir. C’est rassurant. Ce n’est donc qu’un hasard.

   Pour ce qui est de son bébé, un autre Club Mad sera construit à Corfou, encore plus performant. Celui qui vient de disparaître englouti par les eaux, n’était que du rapetassage. On avait essayé de faire du neuf avec un vieux concept, alors qu’il convenait de tout revoir à la base. La nature s’en est chargé. Finalement, c’est mieux. Le prochain Club Mad sera quasiment invisible quant aux structures d’animation. Ce sera une véritable mégapole souterraine de la techno, un truc qui arrache. Ptiboss s’y voit déjà. Ensuite, ce sera les Bahamas, quelque chose d’encore plus démentiel, car là-bas ce sera conçu pour des clients encore plus friqués, avec des DJ super côtés.

***

   J’aimerais redescendre et passer chez le pêcheur, dit Rachel. Ils ont certainement besoin d’aide.

   - Oui, on ne va pas rester là indéfiniment, renchérit Jean-Michel J’aperçois des jeunes, un peu plus en contrebas, sur la route. Vus leurs casquettes et tee-shirts, ce sont des membres du Club. On va leur demander ce qui s’est passé, mais apparemment, le Village a dû être évacué. Je n’y avais pas trop prêté attention tout à l’heure, mais j’ai entendu en fond sonore, pendant que nous marchions, bien avant l’effondrement, tout un va et vient de voitures, de cars, et de Vespas. Ils ont dû suivre votre mise en garde, Daniel.

   Ce dernier ne bouge pas. Il se contente de dire :

   - C’est bien. Allez-y, vous. Je reste encore un peu.

   Oui, il va rester encore au soleil, se tenir à l’écart de toute agitation. Il n’a plus rien à dire et pour l’instant plus aucune envie de faire. Tout à l’heure, il verra. Il se sent bien sur ce rocher.

FIN


°°°

(Danseuse pressée traitant son métier
par-dessus la jambe)


Charlotte Greenwood. Metro-Goldwin-Mayer studio, 1928..

°°°
(Fil de fer barbelé, élégamment rouillé,
pouvant également être méchamment électrifié)



Fil de fer barbelé
pour garder les réfugiés au loin

JYLLANDS-POSTEN

   (...) Alors que jusqu'à 3 millions de réfugiés syriens tentent de sortir de la guerre et de la destruction pour aller en Europe, celle-ci se dote d'une clôture de fil de fer barbelé, active la surveillance vidéo et envoie des navires de guerre en Méditerranée pour empêcher les réfugiés d'entrer.

   A la frontière gréco-turque, l'ONG allemande Pro asile affirme que les autorités frontalières grecques ont refusé des demandes d'asile de 2.000 réfugiés, principalement en provenance de Syrie. Ce qui est contraire aux conventions internationales sur les réfugiés et inquiète le Haut Commissariat de l'ONU, le HCR.

   Récemment, la Bulgarie a commencé à édifier une longue clôture de barbelés de 30 km à la frontière avec la Turquie, où 8 à 900000 Syriens ont cherché refuge. Le système d'aide aux réfugiés, dans ce pays, est semble-t-il en mauvaise posture, au vu de l'afflux des demandeurs d'asile. Dans le même temps les réfugiés vivent dans des conditions sordides.

   La clôture a, avant même qu'elle ne soit complètement achevée, était dotée d'une faible puissance. D'après Bjarke Skaaning, responsable régional de la Croix-Rouge danoise, cela risque d'obliger de nombreux réfugiés à choisir de faire des détours mortels pour atteindre malgré tout l'UE.

   "Nous avons vu des groupes voyageant à travers la Géorgie et l'Arménie en direction de la Russie, et plus à l'ouest vers l'Europe, même si ces voies sont  très  incertaines," a-t-il dit.

   Selon Pro asile, il est devenu courant pour les demandeurs d'asile d'être chassés par la force: "Les réfugiés sont brutalement traqués par les autorités grecques. C'est même devenu systématique », conclut l'ONG allemande qui base ses certitudes à partir d'entretiens tenus avec des réfugiés syriens.

   Le porte-parole du HCR, Adrian Edwards, se dit "profondément préoccupé" par les rapports selon lesquels certains pays de l'UE ont l'intention d'ériger des barrières de fil de fer barbelé ou bien qui rejettent presque automatiquement les demandes des réfugiés. 

   «Le HCR insiste pour que le monde et l'UE changent de cap dans l'appréhension de ces problèmes de flux migratoire."



°°°
"C'est pas avec ces satanées croûtes que je vais me payer
un château en Espagne, moi. 
S... de métier!"



Paris, 1950s by Fritz Henle

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Benoît Barvin

dimanche 1 décembre 2013

"Il avait le triomphe modeste, ce milliardaire". Benoît Barvin in "Pensées pensées".

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Pensées pour nous-mêmes:

(TON COEUR NE BAT-IL
QUE POUR TOI?)

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Nouveau court récit au long cours (29)

LE LIBÉRÉ 
DU 
CLUB MAD

   L'île d'Ipsos va-t-elle s'engloutir lentement dans les profondeurs marines?



   Ptiboss s’était rendu au restaurant. Il y régnait une certaine effervescence aussi bien chez les serveurs grecs que parmi la clientèle. En fait, l’intervention de Daniel avait semé le trouble chez certains, d’autant plus que les Grecs étaient eux aussi fébriles à ce sujet, car depuis l’aube le vieux pêcheur Yannis faisait la tournée des familles pour les exhorter à quitter les lieux avant seize heures. Il y avait là une coïncidence plutôt troublante.

   - Hé, chef, qu’est-ce qu’on fait ? Ce sont peut-être des rumeurs fondées ? Les anciens se basent sur des éléments qui nous échappent mais qui se révèlent, la plupart du temps, exacts. 

   - Pas d’affolement. Ce matin, comme chaque jour, j’ai consulté les données météo, géologiques et biologiques du lieu. Il n’y avait rien d’anormal : beau temps confirmé, mer d’huile, pollution zéro. Je vais voir s’il y a du nouveau, histoire de vous rassurer, mais à vue d’œil, tout est OK. 

   Ptiboss, en fait, avait un doute, une impression bizarre qui lui montait le long de l’échine, un certain malaise. Une atmosphère électrique semblait émaner du sol. 

   Un mot avait été glissé sous sa porte. C’était ce Daniel Doucet qui l’avertissait directement du danger, en lui communiquant des chiffres précis. Tellement précis qu’il avait été saisi de stupeur en voyant les mêmes résultats s’inscrire sur l’écran de son terminal. Il avait dû se rendre à l’évidence. La terre allait trembler là, juste sous la presqu’île. Les courbes étaient formelles. 

   Il avait aussitôt appelé Kerkyra qui, de son côté, n’enregistrait rien de spécial. On avait donc affaire à un séisme très circonscrit, un cas très particulier dû à la configuration de la côte, un phénomène géologique isolé. Le mieux était de procéder à l’évacuation du Village et des terrains avoisinants. Par précaution 

   Alors, tout était allé très vite.  Un appel avait été lancé dans le Club, avec ordre de récupérer ses bagages et de se grouper sur les terrains de tennis où des autocars allaient arriver. Il y avait eu des petits mouvements de panique, des personnes qui n'arrivaient pas à réagir et qui restaient plantées devant leurs cases, encore endormies, d’autres qui agissaient dans une trop grande précipitation, d’autres encore qui laissaient tout là et qui quittaient le Village à pieds, comme l’avaient fait deux heures plus tôt Daniel, Rachel et Jean-Michel. 

(A Suivre)


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   Je ne vous ferai pas l'insulte de vous parler de Sting, entré depuis un bon moment déjà dans le patrimoine musical mondial. Simplement, à TU QUOQUE, on avait envie de se faire plaisir, ce jour, avec le très beau "Fragile" - dont les multiples réinterprétations feront l'objet d'une prochaine page. Il y a également "Englishman in New York" que j'ai toujours adoré, et pour finir, un accoustique "Shape of My Heart", délicat et qui démontre que Sting ne fait pas que se perdre - un peu - dans les orchestres symphoniques.

   Sa voix n'est jamais aussi émouvante que lorsqu'il la met, toute seule, en valeur avec de simples harmoniques...

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Sting - Fragile



Fragile

If blood will flow when flesh and steel are one
Drying in the colour of the evening sun
Tomorrow's rain will wash the stains away
But something in our minds will always stay
Perhaps this final act was meant
To clinch a lifetime's argument
That nothing comes from violence and nothing ever could
For all those born beneath an angry star
Lest we forget how fragile we are

On and on the rain will fall
Like tears from a star like tears from a star
On and on the rain will say
How fragile we are how fragile we are

On and on the rain will fall
Like tears from a star like tears from a star
On and on the rain will say
How fragile we are how fragile we are
How fragile we are how fragile we are

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{Fragile}

Six pensées en même temps je ne peux me concentrer sur aucune
Sept jours par semaine mais ma vie a juste commencé
Si prise par l'émotion et je suis accablée
Comme je suis en train de tomber je me détruis

Parfois je me sens seule
Parfois j'ai l'impression de ne pas être forte
Parfois je me sens si faible si petite
Parfois je me sens vulnérable
Parfois je me sens un peu fragile
Un peu fragile

En six mille ans qu'est ce que cela voudra dire
Des mots du coeur ou une mélodie
Si prise par l'émotion et je suis accablée
Comme je suis en train de tomber je me détruis

Parfois je me sens seule
Parfois j'ai l'impression de ne pas être forte
Parfois je me sens si faible si petite
Parfois je me sens vulnérable
Parfois je me sens un peu fragile
Un peu fragile

Si les gens peuvent bien voir à travers mes yeux
Comme une porte ouverte que je ne peux déguiser
Je n'aurais pas peur des larmes que je pleure
Je ne fuirais pas je ne me cacherais pas c'est comme cela que je me sens à l'intérieur

Un peu fragile
Un peu fragile

Parfois je me sens seule
Parfois j'ai l'impression de ne pas être forte
Parfois je me sens si faible si petite
Parfois je me sens vulnérable
Parfois je me sens un peu fragile
Un peu fragile

(Traduction fournie par MyDoseOfHeroine)

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Sting - Englishman In New York


{Englishman In New York}

I don't drink coffee I take tea my dear
I like my toast done on the side
And you can hear it in my accent when I talk
I'm an Englishman in New York

See me walking down Fifth Avenue
A walking cane here at my side
I take it everywhere I walk
I'm an Englishman in New York

I'm an alien, I'm a legal alien
I'm an Englishman in New York
I'm an alien, I'm a legal alien
I'm an Englishman in New York

If "manners maketh man" as someone said
Then he's the hero of the day
It takes a man to suffer ignorance and smile
Be yourself no matter what they say

I'm an alien, I'm a legal alien
I'm an Englishman in New York
I'm an alien, I'm a legal alien
I'm an Englishman in New York

Modesty, propriety can lead to notoriety
You could end up as the only one
Gentleness, sobriety are rare in this society
At night a candle's brighter than the sun

Takes more than combat gear to make a man
Takes more than license for a gun
Confront your enemies, avoid them when you can
A gentleman will walk but never run

If "manners maketh man" as someone said
Then he's the hero of the day
It takes a man to suffer ignorance and smile
Be yourself no matter what they say [×3]

I'm an alien, I'm a legal alien
I'm an Englishman in New York
I'm an alien, I'm a legal alien
I'm an Englishman in New York

$$$

{Je suis un anglais à New York}

je ne bois pas de café je prend mon thé mon cher
j'aime mon toast grillé sur le côté
et tu peux l'entendre dans mon accent quand je parle
je suis un anglais à New York

regardez-moi descendre la cinquième avenue 
une canne ici à mes côté
je la prend partout où je vais
je suis un anglais à New York

je suis un étranger, je suis un étranger légal
je suis un anglais a New York
je suis un étranger, je suis un étranger légal
je suis un anglais a New York

si "les manières font l'homme" comme les gens disent
alors il est le héros du jour
il faut un homme pour subir l'ignorance et les moqueries
soit toi-même peu importe ce qu'ils disent

je suis un étranger, je suis un étranger légal
je suis un anglais a New York
je suis un étranger, je suis un étranger légal
je suis un anglais a New York

modestie, propriété peut conduire à la notoriété
vous pouvez en conclure qu'il est seul
douceur, sobriété sont rares dans cette société
la nuit une bougie est plus lumineuse que le soleil

il faut plus d'une tenue de combat pour faire un homme
il faut plus qu'une licence pour un revolver
fais face à tes ennemies, évite les quand tu peux
un gentleman marchera mais ne courra jamais

si "les manières font l'homme" comme les gens disent
alors il est le héros du jour
il faut un homme pour subir l'ignorance et les moqueries
soit toi-même peu importe ce qu'ils disent

je suis un étranger, je suis un étranger légal
je suis un anglais a New York
je suis un étranger, je suis un étranger légal
je suis un anglais a New York

{Traduction réalisée par adriencrozet 

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Sting - Shape Of My Heart


{Shape Of My Heart}

He deals the cards as a meditation
And those he plays never suspect
He doesn't play for the money he wins
He doesn't play for respect

He deals the cards to find the answer
The sacred geometry of chance
The hidden law of a probable outcome
The numbers lead the dance

I know that the spades are swords of a soldier
I know that the clubs are weapons of war
I know that diamonds mean money for this art
But that's not the shape of my heart

He may play the jack of diamonds
He may lay the queen of spades
He may conceal a king in his hand
While the memory of it fades

I know that the spades are swords of a soldier
I know that the clubs are weapons of war
I know that diamonds mean money for this art
But that's not the shape of my heart

And if I told you that I loved you
You'd maybe think there's something wrong
I'm not a man of too many faces
The mask I wear is one

Those who speak know nothing
And find out to their cost
Like those who curse their luck in too many places
And those who fear are lost

I know that the spades are swords of a soldier
I know that the clubs are weapons of war
I know that diamonds mean money for this art
But that's not the shape of my heart


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{La forme de mon coeur}

Il distribue les cartes comme une méditation
Et ceux avec qui il joue ne le soupçonnent jamais
Il ne joue pas pour l'argent qu'il gagne
Il ne joue pas pour le respect

Il distribue les cartes pour trouver la réponse
La géométrie sacrée de la chance
La loi cachée d'un résultat probable
Les nombres mènent la danse

Je sais que les piques sont les épées d'un soldat
Je sais que les trèfles sont des armes de guerre
Je sais que les carreaux symbolisent l'argent pour cet art
Mais ce n'est pas la forme de mon coeur

Il peut jouer le valet de carreau
Il peut poser la dame de pique
Il peut dissimuler un roi dans son jeu
Pendant que son souvenir s'estompe

Je sais que les piques sont les épées d'un soldat
Je sais que les trèfles sont des armes de guerre
Je sais que les carreaux symbolisent l'argent pour cet art
Mais ce n'est pas la forme de mon coeur

Et si je t'ai dit que je t'aimais
Tu penserais peut-être que quelque chose ne va pas
Je ne suis pas un homme aux nombreux visages
Je ne porte qu'un seul masque

Ceux qui parlent ne savent rien
Et l'apprennent à leurs dépens
Comme ceux qui maudissent leur chance trop souvent
Et ceux qui ont peur sont perdus

Je sais que les piques sont les épées d'un soldat
Je sais que les trèfles sont des armes de guerre
Je sais que les carreaux symbolisent l'argent pour cet art
Mais ce n'est pas la forme de mon coeur

{Traduction réalisée par kawwa30}

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Nadine Estrella (les traductions ne sont là que pour... heu... pour...)

vendredi 29 novembre 2013

"Le tueur de doutes a disparu". Benoît Barvin in "Annonces, annonces".

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Pensées pour nous-mêmes:

(L'ESPOIR C'EST AUJOURD'HUI
ET MAINTENANT)

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Nouveau court récit au long cours (27)

LE LIBÉRÉ 
DU 
CLUB MAD

   Daniel ne serait-il qu'un malade mental échappé de l'hôpital psychiatrique? Et quid de Rachel et de Jean-Mich' qui ont l'air de trafiquer Dieu sait quoi? Le chef du Club sent que quelque chose ne tourne pas rond.


EPILOGUE

   Sur les hauteurs d’Ipsos, la vue est époustouflante. Jean-Michel ne regrette pas d’avoir pris ses jumelles.

   Il est heureux de faire enfin une pause. C’est la première depuis son arrivée au Club. Il a suivi Rachel et Daniel jusque-là pour tuer son ennui et c’est assez réussi jusqu’à présent.

   Il y a eu l’effort de la montée, le rire de Rachel qui n’arrête pas de se moquer des élucubrations de Daniel. Quand elle lui a dit qu’il avait reçu un message, il s’est montré furieux. Qu’est-ce qu’ils lui voulaient encore ? Il est vrai que depuis sa nuit sur le ponton avec Rachel, il n’a plus donné de nouvelles. Ils s’inquiétaient pour lui certainement. Avaient-ils peur pour sa santé ou peur qu’il ne suive pas les bonnes consignes ?

   Il faut dire qu’il est assez imprévisible Daniel, plutôt farfelu, catégorie inclassable, c’est bien cela. Pourtant, on peut parier que certains psys ont dû lui trouver une névrose liée à un trouble dégénératif. Peut-être souffre-t-il de dromomanie et fait-il partie de ces voyageurs pathologiques qui partent sans avertir quiconque et arpentent la planète en quête d’un monde idéal ? En tout cas, Jean-Michel se sent en affinité avec ce vieux baroudeur.

   Quant à Rachel, il la trouve délicieuse de simplicité. Il n’y a que le vouvoiement qui le gêne, mais il s’y fera car il est pour le mélange des genres, l’étude des différences. Tout l’intéresse même si au fond de lui stagne un ennui tenace. D’ailleurs, il peut bien le reconnaître, paradoxalement cet ennui même le passionne. Même la connerie, même la folie des hommes. Il a décidé d’en faire son objet d’étude. Ce n’est pas un engagement à la légère. Il finira par comprendre le pourquoi du chaos, le sens de l’ordre, leur interaction nécessaire, bref ce qu’est la vie.

   Un grondement sourd interrompt ses réflexions. Rachel, assise à ses côtés, sur une roche, se fige. Daniel, qui était debout, s’assied près d’elle, tout pâle.

(A Suivre)


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(Jean Seberg for ever)


À bout de souffle

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"C'est bien joli, ton câlin,
mais est-ce que tu m'as rapporté
quelque chose d'Arabie Saoudite?
- De l'espoir..."


Bouguereau_Premier_Baiser


ARABIE SAOUDITE
Les "free hugs" ébranlent
 les fondements de la morale

PHILIPPE MISCHKOWSKY

   (...) Le royaume wahhabite est un pays extrêment conservateur, mais les jeunes ruent dans les brancards. En témoigne la vidéo d'un Saoudien qui propose des "calins gratuits" sur les trottoirs de Riyad. Deux autres qui en faisaient de même ont été arrêtés par la police. (...)

   (...) "Les autorités ont arrêté mercredi 20 novembre deux jeunes qui se promenaient dans les rues de la capitale avec une pancarte portant l'inscription 'free hugs', rapporte le site saoudien Sabq. Ils s'adonnaient à des embrassades en pleine rue." Heureusement, les gardiens de la morale étaient là ! 

   En effet, "une patrouille de la Commission pour la promotion de la vertu et la répression du vice [police religieuse] les ont repérés et transférés au poste avant de convoquer leurs pères. Quant aux pancartes, elles ont été confisquées." Ces deux jeunes, estime Sabq, cherchent à "répandre des pratiques non conformes aux us et coutumes locaux." Mais les interventions sourcilleuses de la Commission pour la promotion de la vertu n'ont pas empêché cette vidéo de faire un tabac en quelques jours. (...)

   Un autre Saoudien, Bandar Al-Swed, 21 ans (voici son compte Twitter), a mis en ligne une vidéo  qui le montre lui aussi en train d'embrasser ses compatriotes, en pleine rue, à Riyad – tous des hommes, la rue leur étant réservée. En regardant cette vidéo, on constate aussi que les seuls à réagir positivement sont des jeunes gens habillés à l'occidentale. Les garçons portant la dichdacha [tunique] à la saoudienne ne bronchent pas. Mieux, notre jeune ne semble même pas songer à les approcher. 

   "Bandar Al-Swed espère détrôner d'autres vidéos saoudiennes qui ont battu des records de popularité", rapporte la Saudi Gazette, telle la chanson No Women No Drive, version détournée de la chanson de Bob Marley No Woman, No Cry.

   Sur les réseaux sociaux, Bandar Al-Swed se fait lui aussi attaquer et critiquer. Tantôt parce qu'il auraient des problèmes psychologiques, tantôt parce qu'il imiterait inconsidérément les mœurs occidentales. Mais, n'en déplaise aux gardiens de la morale, les réactions positives prévalent, selon la Saudi Gazette. Bandar "veut apporter du bonheur en Arabie Saoudite", rapporte le journal, et beaucoup de twitteurs n'y trouvent rien à redire.


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(Ce quidam, mal placé, faisait de la

mauvaise publicité au magasin)

Jacques Prévert


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Luc Desle

dimanche 24 novembre 2013

"Ce poète maudit se fit désenvoûter". Benoît Barvin in "Pensées pensées".

***
Pensées pour nous-mêmes:

(L'AMOUR N'EST-IL QU'UN CORPS?)


***
Nouveau court récit au long cours (23)

LE LIBÉRÉ 
DU 
CLUB MAD


   Rachel et Daniel assistent à une gigantesque rave-partie qui semble faire trembler les bases même de l'île où se trouve le Club.




   Rachel ressent comme un étourdissement. Elle revoit la grande cabane au fond du jardin, composée de deux pièces. Dans la première, son père y avait fait son établi et son débarras. Là, s’entassaient vieilles paperasses, maquettes d’avions, et bidons d’essence. La seconde pièce était réservée aux enfants.

   A l’adolescence, Michel avait réclamé un coin pour lui tout seul, pour faire de la musique. Elle avait laissé son frère s’approprier cette portion d’enfance. Les murs avaient été insonorisés. La fenêtre, condamnée, pour bénéficier de la plus grande obscurité. La porte aussi donnant dans l’établi, avait été capitonnée, de façon à laisser filtrer le moins possible de décibels. Le fait était que malgré toutes ces précautions, leur père ne pouvait pas rester plus de cinq minutes à bricoler là-bas quand Michel mettait ses musiques de sauvage. L’ambiance était devenue hard.

   Et puis, il y avait eu cet incendie. Michel était rentré de chez un copain avec un nouveau CD techno. Il avait voulu l’essayer à fond tout de suite. Le père justement réparait tranquillement un outil. Agacé par l’arrivée de son fils, il avait préféré remettre à plus tard son bricolage dominical, sans réaliser qu’il laissait un poste de soudure allumé. Bref, il y avait eu une explosion et le feu s’était très vite propagé vers la porte mitoyenne rendant toute approche impossible. Rachel et ses parents, en attendant les pompiers, avaient essayé d’alerter Michel, de démolir les volets, en vain. 

   Il restait sourd à leurs appels, la tête et le corps emportés par le souffle de la musique de Manu le Malin. Peut-être, au dernier moment avait-il essayé de dégager la fenêtre ou de braver les flammes qui s’attaquaient à la porte. De toute façon les secours n’avaient pas pu le sauver.

   Daniel tient Rachel par l’épaule. Il lui dit qu’elle n’y peut rien, que les images sont très fortes et qu’elles lui reviendront souvent, quoi qu’elle fasse, à moins d’être frappée d’amnésie. Lui aussi, a perdu son frère, son aîné de dix ans pour lequel il avait une adoration sans limite.

   Rachel fixe Daniel. Elle veut connaître son histoire pour conjurer la sienne, pour l’annuler. Alors Daniel raconte comment Gabriel, âgé à cette époque de quarante neuf ans, a été retrouvé mort dans des calanques au nord de Majorque, île sur laquelle il travaillait en vue de l’implantation de grandes marinas. La thèse de l’accident a été retenue. Mais Daniel qui avait été engagé dans la même boîte, a su tout de suite qu’il s’agissait d’un règlement de compte. Gabriel était trop réglo, avec des vues considérées comme passéistes. Du coup, il gênait. Et Daniel a su que le même sort lui serait réservé s’il continuait à mettre des bâtons dans les roues aux promoteurs.

   Il a changé d’entreprise, a intenté un procès à ses anciens employeurs en pure perte, mais avec le sentiment d’avoir réagi, d’avoir tenté quelque chose. Il a perdu le goût du travail à ce moment-là, tout en se montrant tellement intransigeant que l’on hésitait à l’envoyer en mission là où la magouille était reine.

   - La suite, tu la connais, j’en ai eu marre, j’ai tout fichu en l’air. Mais la nuit, je fais des rêves, de plus en plus souvent. Et je crois entendre Gabriel qui me parle. Parfois ce n’est qu’une voix anonyme sous laquelle je le devine. D’autres fois, je le vois lui, sous sa forme humaine ou comme une ombre de lumière. Et il me dit ce qu’il serait utile que je fasse. De là où il est, il perçoit très bien ce qui ne va pas. C’est la raison pour laquelle je suis à Corfou. Une goutte d’eau dans l’océan des choses à rectifier. Cependant, je dois écouter ce qu’il me dit, n’est-ce pas ?

   Rachel est perplexe. Est-elle face à du désarroi, à de la folie, à l’être qui, quelques secondes auparavant, tenait des propos sensés ?

   - Que comptez-vous faire, Daniel ?

   - Je dois faire sauter tout cela. Il faut éradiquer cette nuisance qui risque de perturber à jamais les jeunes générations.

   - Et comment ?

   - En mélangeant le contenu des fioles qui sont dans mon sac de voyage, et en plaçant le tout dans les conduites d’aération de la discothèque. Effet à retardement de huit heures pour une température extérieure de 21°. Il suffit de décider de l’heure du grand boum local et de faire des règles de trois.

   Est-il sérieux ? Peut-elle dire qu’elle le connaît assez pour affirmer qu’il ne peut pas faire preuve de violence ? N’est-il pas assez intelligent pour comprendre qu’il ne sert à rien de s’attaquer à une structure qui sera rebâtie aussitôt ? Fort heureusement, il se met à rire

   - Je plaisante. Hé ! Ne me dis pas que tu m’as cru ! De toutes les façons, la nature n’a pas besoin de moi pour se débarrasser de ce qui la dérange. Souviens-toi de la Légende.

   Rachel préfère cela.

   - Vous m’avez fait peur avec votre histoire de vengeance. Vous en serez quitte pour me rassurer et me supporter toute la nuit.

   Daniel sait qu’il la supporterait bien plus encore. Mais que c’est lui-même qu’il ne supporte plus. Pourquoi est-il allé parler de toutes ces histoires à Rachel ? Ne s’est-il pas promis de la ménager ? Il ne se reconnaît plus. Peut-être perd-il la tête ? En tout cas, son corps est là qui réagit et lui donne le goût de vivre. Lui serait-il possible de se contenter de caresses et d’amour ?

(A Suivre)


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Julie London
   Julie London, de son vrai nom Gayle Peck, est une chanteuse et actrice américaine née le 26 septembre 1926 à Santa Rosa et morte le 18 octobre 2000 à Encino en Californie.
   Célèbre pour sa voix grave et sensuelle, première interprète de la chanson Cry Me a River en 1955, elle connaît la gloire durant les années 1950. Sa carrière d'actrice s'étend sur plus de 35 ans, jusqu'à son rôle de l'infirmière Dixie McCall, dans la série télévisée Emergency! (1972–1979).
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 Julie London - Bye Bye Blackbird



Bye Bye Blackbird

Pick up all my care and woe
here i go singin' low
bye bye blackbird
Where somebody waits for me
sugar's sweet , so is he
bye bye blackbird
No one here can love or understand me
or what hard luck stories they all hand me
Make my bed and light the light
i'll arrive late tonight
blackbird, bye bye
Make my bed and light the light
i'll arrive late tonight
blackbird, bye bye.

http://www.parolesmania.com/paroles_peggy_lee_32069/paroles_bye_bye_blackbird_1346252.html

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Julie London - You Go to My Head



You Go To My Head

You go to my head,

And you linger like a haunting refrain

And I find you spinning round in my brain

Like the bubbles in a glass of champagne.


You go to my head
Like a sip of sparkling burgundy brew
And I find the very mention of you
Like the kicker in a julep or two.

The thrill of the thought
That you might give a thought to my plea
Casts a spell over me
So I say to myself: get a hold of yourself
Can't you see that it never can be?

You go to my head
With smile that makes my temperature rise
Like a summer with a thousand Julys
You intoxicate my soul with your eyes
Tho I'm certain that this heart of mine
Hasn't a ghost of a chance in this crazy romance,
You go to my head.

http://www.parolesmania.com/paroles_diana_krall_2286/paroles_you_go_to_my_head_676180.html

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Julie London- Why don't you do right




Why Don't  You Do Right?

You had plenty money, 1921
You let other women make a fool of you
Why don't you do right, like some other men do?
Get out of here and get me some money, too


You're sitting down wondering what it's all about
You ain't got no money, they will put you out
Why don't you do right, like some other men do?
Get out of here and get me some money, too


If you had prepared twenty years ago
You wouldn't be a-wandering now from door to door
Why don't you do right, like some other men do?
Get out of here and get me some money, too


I fell for your jiving and I took you in
Now all you got to offer me is a drink of gin
Why don't you do right, like some other men do?
Get out of here and get me some money, too


Why don't you do right, like some other men do?
Like some other men do


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Nadine Estrella