Bonjour à vous qui, dans le maelström du net, êtes arrivés, par hasard? lassitude? erreur? sur ce blog. Vous êtes les bienvenus. Vous y lirez des extraits d'articles, de pensées, d'interviews, piochés ça et là, et illustrés de photos et dessins détournés, via un humour de bon aloi. Vous pouvez évidemment réagir avec le même humour, la même ironie que nous mettons, chaque jour, à tenter de respirer un peu plus librement dans une société qui se corsète chaque fois un peu plus.
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mercredi 14 janvier 2015

"L'Homme qui ne pensait à rien aimait bien s'entourer de Blondes". Jacques Damboise in "Pensées à contre-pet".

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Pensées pour nous-mêmes:

(L'HOMME SANS ESPOIR EST 
COMME UN ARBRE SANS RACINES)

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"Chérie, je t'aime...
Moi ou mon shampoing?"



!! Saul Steinberg, “Kiss”, 1959. Veja também


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Le terrorisme, 
produit authentique de l’impérialisme

Mohamed BELAALI

   Taliban, Al Qaeda, Aqmi, Boko Haram, Rebelles libyens, Rebelles syriens, Daech, Al Nosra, Khorassane, ne sont que des noms, parmi tant d’autres, pour désigner des organisations et des mouvements créés, financés, entraînés et armés directement et indirectement par l’impérialisme américain et son caniche européen dans le seul et unique but de servir leurs intérêts économiques et stratégiques. En condamnant toutes les voies et toutes les issues progressistes, l’impérialisme a ouvert la boîte de Pandore libérant des monstres qui essaiment un peu partout et qui lui servent de prétexte pour d’éventuelles interventions dans les pays qui lui sont réfractaires. L’impérialisme est le père de tous les terrorismes.

   La violence des groupes « terroristes » aussi barbare soit-elle, est peu de chose par rapport à la terreur que l’impérialisme exerce sur les peuples qui refusent de se soumettre à sa domination. Un pays comme l’Irak est aujourd’hui dans un état de décomposition avancé. L’intégrité du pays et son unité ne sont désormais qu’un lointain souvenir. Les guerres impérialistes dans ce pays ont laissé derrière elles des centaines de milliers de morts. C’est Madeleine Albrith qui justifiait froidement en 1996 la mort de 500 000 enfants irakiens. Le nombre de blessés et de refugiés se chiffre par million. La population est réduite à vivre dans des conditions infra-humaines. 

   Ce que subit aujourd’hui le peuple irakien donne la mesure de la barbarie et de la cruauté dont l’impérialisme est capable (1). Toute l’histoire de l’impérialisme américain n’est qu’une suite de crimes, de guerres et de massacres perpétrés à travers toute la planète. Contre la culture de l’amnésie propagée par les médias bourgeois, citons quelques faits marquants du XXème et du XXI ème siècle : Hiroshima et Nakasaki, Corée (nord et sud), Indonésie, Viêt-nam, Afghanistan,Yougoslavie, Irak, Libye et Syrie. L’impérialisme américain a soutenu les régimes les plus rétrogrades, les dictateurs les plus féroces comme Suharto l’indonésien, Marcos le philippin, Pinochet le chilien, Videla l’argentin, Uribe le colombien, Ben Ali le tunisien, Moubarak l’égyptien etc.etc.

   L’empire américain a dressé des fanatiques religieux contre Nasser en Egypte, contre Sukarno en Indonésie, contre Bhutto au Pakistan, contre Najibullah en Afghanistan. Le but est de contrer et d’étouffer toute pensée et tout mouvement communiste ou même nationaliste. Au Pakistan par exemple, le général dictateur Zia a renversé le gouvernement démocratiquement élu d’Ali Bhutto grâce au soutien décisif de Washington. Pour asseoir son pouvoir et mater toute opposition laïque, le dictateur instrumentalise l’Islam. « Les hommes de Zia étaient obtus, insensibles et cruels. Le nouveau régime avait décidé d’utiliser l’Islam comme machine de guerre ; ses partisans barbus, souvent incroyablement stupides, étaient opportunistes jusqu’à la moelle. Ils mêlaient la religion aux profanations les plus viles » écrivait Tariq Ali dans « Le choc des intégrismes » (2). 

   Des Madrassas (écoles coraniques) fleurissaient alors un peu partout au Pakistan. En plus de la formation religieuse, on apprenait à ces talibans (étudiants) le maniement des armes et les techniques de la guérilla. Il s’agit en fait de centres d’endoctrinement gérés et contrôlés par les fameux services secrets pakistanais ISI (Inter-Services Intelligence). De ces écoles religieuses naquirent des dizaines de milliers de fanatiques prêts à tous les sacrifices. L’impérialisme avait besoin de Zia et de ses talibans pour renverser d’abord le gouvernement pro-soviétique, installé à Kaboul, et surtout livrer la guerre aux troupes Soviétiques présentes sur le sol Afghan ensuite. Les talibans sont ainsi devenus, par la grâce des dollars américains et des pétrodollars saoudiens les « moudjahidins de la liberté » qui allaient mener le djihad (la guerre sainte) contre les « communistes » afghans et leur protecteur soviètique. 

   Dans son interview accordée au Nouvel Observateur, le chef de la sécurité nationale de Jimmy Carter, Zbigniew Brzezinski déclarait ceci :

   - Nouvel Observateur : « Vous ne regrettez pas non plus d’avoir favorisé l’intégrisme islamiste, d’avoir donné des armes, des conseils à des futurs terroristes ? »

   - Zbigniew Brzezinski : « Qu’est-ce qui est le plus important au regard de l’histoire du monde ? Les talibans ou la chute de l’empire soviétique ? Quelques excités islamistes ou la libération de l’Europe centrale et la fin de la guerre froide ? » (3).

   Rappelons que pendant la guerre contre l’Union soviétique, le dictateur Zia et ses services de renseignement ont demandé à l’Arabie Saoudite de dépêcher un membre de la famille royale pour superviser la « guerre sainte ». Faute de pouvoir trouver un émir, c’est un certain Oussama Ben Laden qui fut envoyé !!

   Le chaos que connaît actuellement la Libye est la conséquence directe de l’intervention militaire américaine et européenne dans ce pays (4). Les nombreuses milices islamistes qui font régner aujourd’hui la terreur dans ce pays martyr, avaient non seulement servi de troupes terrestres aux bombardements de l’OTAN , bras armé de l’impérialisme, mais également de justification et de légitimation de l’intervention impérialiste pour renverser le régime de Kadhafi. La propagande des médias américains et européens présentaient ces djihadistes comme des « rebelles » et des « révolutionnaires » prêts à se sacrifier pour la liberté et la démocratie. 

   Il fallait donc les entraîner, les armer et les financer. Et c’est grâce à L’OTAN que ces milices sont entrées triomphalement à Tripoli. Abdelhakim Belhaj, « l’émir » du Groupe islamique combattant (GIC) lié à Al Qaeda, remerciait d’ailleurs publiquement les dirigeants américains et européens de lui avoir offert ce triomphe (5). Rappelons que les chefs de ce groupe sont tous formés par la CIA en Afghanistan pour combattre l’armée soviétique. Derna, ville libyenne sur la méditerranée, est aujourd’hui dirigée par ce que l’on appelle communément l’Etat Islamique (EI). Le contrôle de cette ville par EI est rendu possible grâce à la collaboration d’une autre milice, Ansar Al Charia, farouche opposante au régime disparu de Kadhafi.

   La destruction de l’État libyen par l’OTAN et ses alliés islamistes a permis par ailleurs le pillage des arsenaux militaires par des groupes djihadistes opérant en Tunisie, en Égypte et surtout au nord Mali. La France qui est intervenue dans ce dernier pays pour mener « la guerre au terrorisme », a participé activement au renversement du régime libyen en soutenant les milices islamistes ! Les mêmes groupes armés sont traités tantôt de « terroristes », tantôt de « rebelles » en fonction des seuls intérêts de la bourgeoisie.

   La Turquie, dirigée aujourd’hui par un gouvernement islamiste et conservateur, affiche ostensiblement sa volonté de renverser le régime laïc baassiste syrien. Il faut préciser que la Turquie est membre à part entière de l’OTAN et alliée de poids de l’impérialisme américain dans la région. Son soutien aux « rebelles syriens » est total. Les frontières turques sont largement ouvertes aux « rebelles » et aux mercenaires du monde entier pour mener la « guerre sainte » au régime syrien. La Turquie sert de base arrière aux islamistes de tout bord pour se soigner, se reposer et surtout pour s’entraîner. Mais cette volonté de la Turquie de renverser le régime baassiste par tous les moyens n’est rendue possible que grâce à la complicité de l’impérialisme américain et européen.

   Vouloir installer par la violence des gouvernements à leur solde, l’impérialisme et ses alliés locaux n’ont pas hésité à soutenir des mouvements politiques dont l’Islam n’est qu’un voile derrière lequel se cachent les intérêts des uns et des autres. Les mauvaises graines qu’ils ont semées à travers la planète ont produit une moisson abondante de groupes dont la cruauté et la barbarie s’inspirent directement de celles de leurs maîtres. L’Arabie Saoudite, modèle de démocratie et du respect des droits de l’homme et surtout de la femme, décapite au sabre et en public chaque année des dizaines d’hommes. 

   Or l’Arabie reste le soutien financier et idéoligique (le wahhabisme) le plus décisif des nombreuses organisations djihadistes réactionnaires qui opèrent notamment en Irak et en Syrie. Mais l’Arabie Saoudite est également pour l’impérialisme américain, en plus de ses richesses pétrolières, le rempart le plus solide contre toute idée et tout régime démocratique, progressiste et laïc : « Les richesses pétrolières enfouies sous le sable de l’Arabie, le rôle de défenseur des intérêts impériaux de l’impérialisme américain font de cet État féodal un « ami » de toutes les bourgeoisies occidentales et l’ennemi de tous les travailleurs » (6). Le terrorisme est à l’image de l’impérialisme.


(2) Tarik Ali « Le choc des intégrismes »,Textuel,2002, page 215

(3) Le Nouvel Observateur du 15-21 janvier 1998


Voir également son portrait dressé par le journal Libération



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(Mes bons voeux furent curieusement 
considérés  comme islamophobes)



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Luc Desle

vendredi 19 septembre 2014

"L'Homme qui voyait double était un agent triple". Jacques Damboise in "Pensées outrecuidantes".

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Pensées pour nous-mêmes:

(LA PENSÉE DU MAÎTRE
S'INSCRIT-ELLE SUR LE SABLE?)

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"Bon, Juliette, ça suffit maintenant
avec tes bulles d'amoureuse transie... 
Y'a du travail qui t'attend..."


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(Le Penseur éructe toujours dix  fois)

Traduction libre



Bernard-Henri Lévy 
et Geneviève de Fontenay, 
même (ultime) combat !?

Daniel VANHOVE

   (...) Il y a quelques jours, Bernard-Henri Lévy passait comme invité principal à l’émission On n’est pas couché animée par Laurent Ruquier et ses deux chroniqueurs Léa Salamé et Aymeric Caron.

   Lors de sa prestation – dont à peu de choses près, on connaît par avance la teneur – BHL a été interpellé par les deux chroniqueurs de l’émission à travers certaines questions relatives à son intervention calamiteuse et irresponsable en Libye, ainsi que sur la situation dramatique à Gaza suite à la énième déferlante militaire du soi-disant démocratique Etat israélien. J’écris « soi-disant démocratique » tant les infractions à tout ce qui s’apparente à une réelle démocratie qui se respecte y sont innombrables.

   Dans les deux cas soulevés par Léa Salamé et A. Caron – mais qui en eût douté – le maniéré du Café de Flore a gesticulé sur son siège pour défendre ses prises de position que l’on connaît : point d’erreur d’évaluation et justification des frappes dans la situation libyenne, et un soutien sans faille aux exactions de l’armée et à l’Etat israélien pour éradiquer le Hamas par tous les moyens. Avec en point d’orgue, un cri d’exaspération en forme d’anaphore – il semble que ce soit la mode à Paris – au nom des juifs de France, victimes de tant de mauvais traitements... L’on en pleurerait... Si ce n’est que dans cette habituelle course à la victimisation de certains, les musulmans sont considérablement plus vilipendés et malmenés que les juifs. 

   Vous pouvez écrire, vociférer, taguer que les musulmans sont des barbares, des terroristes et des islamo-fascistes sans risquer quoi que ce soit, mais ne vous avisez pas d’élever la moindre critique vis-à-vis des sionistes, sous peine d’avoir de sérieux problèmes avec une justice à géométrie désormais variable, sans parler des groupuscules shootés à l’étoile de David qui sévissent toujours en France alors que certains sont interdits dans d’autres pays et même en Israël ! Ni des coalitions que l’on voit fleurir un peu partout au nom de la « démocratie » pour aller y détruire tout ce qui bouge en pays arabes, même des enfants jouant au ballon sur une plage...

   Il y a quelques jours à Alger, Geneviève de Fontenay était amenée à une prise de parole en tant qu’invitée d’honneur lors de la deuxième élection de Miss Algérie 2014.

   Lors de la cérémonie de clôture dans le palace qui abritait l’évènement, Geneviève de Fontenay n’a pas trouvé mieux que de féliciter l’heureuse gagnante de « l’Algérie-française » ... avant de se rendre compte de sa bourde et de bredouiller piteusement dans la foulée, « ... qui est l’Algérie... mais française en même temps... ». Et d’en rajouter par la suite, se mélangeant les pinceaux à propos de la Martinique et de la Guadeloupe. Propos lamentables qui ont provoqué à juste titre le départ de nombreux officiels présents à la cérémonie, et qui a écourté le séjour de Mme de Fontenay pour revenir bien vite en France. Bref, du n’importe quoi qui atteste combien les stéréotypes dans la tête de certaines personnes sont durs à tomber.

   Vous me direz, quelle parallèle entre les deux personnages ? Celui-ci : qu’à l’image du triste clown Pierrot, tous deux semblent désespérément accrochés à ce qui leur reste, à savoir, leur déguisement en noir & blanc dont ils ne parviennent pas à se défaire, comme de leurs clichés et de leurs certitudes qu’ils débitent à chacun de leur passage sur antenne... A se demander d’ailleurs, pourquoi ils sont encore invités par les médias à nous débiter leurs conneries... car ils sont aussi sinistres l’un que l’autre, enfermés dans leurs propos et leur accoutrement...


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"Bien sûr que c'est une plage de sable fin, qu'ils
disaient... Et même qu'il y en a beaucoup...
Beaucoup, beaucoup... J't'en fout... moi!"


(Source: fancyadance)

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Benoît Barvin

mardi 16 septembre 2014

"Ces sardines à l'huile de coude m'intriguaient". Jacques Damboise in "Pensées à petits pets".

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Pensées pour nous-mêmes:

(LA MÉPRIS INSOLENT
JAMAIS TU N'ADOPTERAS)

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"Tous les jours TU QUOQUE tu regarderas"



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Quand Londres et les capitales occidentales 
découvrent la barbarie djihadiste

Hassane ZERROUKY

   (...) Quand on écoute David Cameron fustiger les « terroristes » et affirmer qu’« avec l’Etat islamique, nous sommes confrontés à la menace la plus grave que nous ayons jamais connue », ou Barack Obama dénoncer la barbarie de l’Etat islamique (EI) après l’assassinat barbare de James Foley et avant-hier celle de Steven Sotloff on a envie de lui dire en face : arrêtez de mentir à vos opinions publiques !

   Le même reproche peut être fait à Hollande et, partant, à tous ces dirigeants occidentaux qui feignent d’avoir pris la mesure de la menace djihadiste alors qu’ils sont plus que responsables dans l’émergence du terrorisme islamiste et de la déstabilisation du Proche et du Moyen-Orient. Rappelons que c’est un certain Zbigniew Brzezinski, ancien conseiller à la sécurité nationale de Jimmy Carter et conseiller de Barack Obama pendant la dernière campagne présidentielle, qui a été dans les années 1970 le promoteur de la doctrine de la ceinture verte consistant à utiliser la mouvance islamiste, avec pour pays pivots les pétromonarchies du Golfe, la Turquie et le Pakistan, pour combattre le communisme soviétique.

   L’Afghanistan aura été le terrain d’expérimentation de cette stratégie. Et depuis, malgré l’effondrement de l’URSS et la fin de ce qu’on appelait le « camp socialiste » en Europe de l’Est, Washington et ses alliés ont poursuivi cette stratégie à l’endroit des pays arabes et musulmans dotés de régimes autrefois alliés de Moscou. Dans leur ligne de mire, la Syrie, l’Irak, l’Algérie malgré le virage droitier de Chadli Bendjedid, pays dirigés par des régimes autoritaires et corrompus, auxquels Washington préférait des régimes islamistes. C’est d’ailleurs ce qu’a réaffirmé l’ancien secrétaire d’Etat-adjoint de Bill Clinton, Robert Pelletreau, souhaitant ouvertement l’émergence de régimes islamistes allant du golfe Persique à l’Atlantique parce que, estimait- il, ils seront favorables aux intérêts étasuniens.

   Pour en revenir à David Cameron, rappelons que Londres était la plaque tournante de l’islamisme mondial dans les années 1980 et 1990. Côté algérien, le FIS, l’AIS et le GIA avaient pignon sur rue, éditant des documents comme « Al Ansar », « Etbicira » et autres, dans lesquels ils revendiquaient leurs actes en toute impunité. Il en va de même de leurs mentors, l’Egyptien Abou Hamza, le Jordanien Abou Qoutada ou le Syrien Omar Bakri, qui ont légitimé par des fatwas les massacres commis dans la Mitidja et les attentats du djihad islamique en Égypte, avant de légitimer l’attentat du World Trade Center. Rappelons simplement que pour ces djihadistes radicaux, ayant bénéficié du gîte et du couvert à Londres, la Palestine ne figurait pas au rang des priorités.

   Ainsi après avoir aidé à enfanter le monstre, les capitales occidentales feignent aujourd’hui de découvrir les horreurs sans nom commises par l’Etat islamique (EI) en Irak ! Or, quand ils ont décidé dès mars 2011 d’aider l’opposition syrienne en lui accordant une assistance militaire (logistique et technique), alimentant de fait la guerre civile en Syrie au lieu de peser de leurs poids pour contraindre les protagonistes syriens (pouvoir et opposition) à négocier, ils savaient de quoi il retournait. Ils savaient, par exemple, que les volontaires étrangers venant s’enrôler dans les rangs de l’EI ou du Front al Nosra, et que les armes transitaient (et transitent) par la Turquie et la Jordanie. 

   Chacun sait que le sud de la Turquie, pays membre de l’Otan, sert de base-arrière aux djihadistes de tout poil, et qu’Ankara ne fait rien pour intercepter ces « volontaires » venus d’Europe, du Maghreb et d’Asie centrale pour rejoindre les rangs de l’EI du Front al Nosra. Ils savaient et savent que les djihadistes avaient pris le pas sur l’Armée syrienne libre (ASL) et qu’ils commettent des crimes de masse. Comme ils savent que ces fous furieux sont financés et armés par les pétromonarchies du Golfe, ce que le sommet de la Ligue arabe de Doha en mars 2013 a publiquement officialisé. Mesures approuvées par John Kerry affirmant que « le président Obama a dit clairement que les Etats-Unis ne font pas obstacle aux pays qui ont pris la décision de fournir des armes [aux rebelles], que ce soit la France, le Royaume-Uni, ou d’autres ».

   Dans leur sordide logique, Washington et ses alliés européens et arabes pensaient que l’établissement du califat à cheval sur l’Irak et la Syrie allait permettre de prendre la Syrie en étau et précipiter la chute du régime de Bachar. Le résultat : ils ont permis au régime syrien de se refaire une virginité à bon compte en se présentant comme un rempart contre l’hydre salafo-djihadiste... (...)


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(La nouvelle vigie nous plaisait bien)


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Luc Desle

jeudi 5 juin 2014

"Il se leva tôt pour n'être pas en retard à son enterrement". Jacques Damboise in "Pensées inconvénientes".

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Pensées pour nous-mêmes:

(RÉSISTES-TU 
AUX BOURRASQUES DU TEMPS?)

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"Pourquoi vous me réveillez si tôt?"



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(Guerrier syrien armé en douce par les z'états-z'uniens)


blork_guerrier_m

Des rebelles syriens décrivent leur entraînement
fourni par les USA au Qatar

Nancy A. Youssef
WILLSUMMER 

   (...) Dans un documentaire devant être diffusé mardi soir (il y a quelques jours, donc, ndlr), les rebelles décrivent leur voyage clandestin depuis les champs de bataille syriens pour rencontrer leurs entraîneurs US en Turquie pour ensuite voyager vers le Qatar, où ils affirment avoir reçu un entraînement à l’usage d’armes sophistiquées et de techniques de combat, y compris, a dit l’un des rebelles, "comment achever les soldats encore vivants après une embuscade."

   Les interviews sont la dernière preuve en date qu’après plus de trois ans de combats, les USA ont augmenté la fourniture d’aide létale aux rebelles. Ces derniers mois, au moins cinq unités de rebelles ont publié des vidéos montrant leurs membres tirant vers des positions syriennes avec des missiles anti-tank TOW, fabriqués aux USA. Les armes proviendraient d’Arabie Saoudite, mais des experts en transferts internationaux d’armements ont déclaré à McClatchy (agence de presse US, ndlr) qu’elles n’auraient pas pu être données aux rebelles sans l’aval de l’administration Obama.

   Le documentaire, produit par FRONTLINE pour être diffusé sur les chaînes de PBS, présente le journaliste Muhammad Ali, qui a suivi la guerre civile syrienne pour cette émission. Il montre Ali rencontrant une faction apparemment modérée des rebelles, bien que celle-ci ne soit pas identifiée – sensiblement pour ne pas irriter ses contacts US.

   Ali s’y trouve dans un véhicule avec un officier de logistique des rebelles tandis qu’il voyageait vers la frontière turque pour censément y recueillir des armes et des munitions russes fournies par les USA, mais il n’est pas autorisé à accompagner les combattants au rendez-vous lui-même. Lorsque les rebelles reviennent pour le récupérer, ils exhibent des balles et un mortier, qui sont montrés dans le film, et lui disent qu’ils ont reçu des missiles TOW; toutefois, les missiles ne sont pas montrés.

   Le commandant de l’unité a aussi dit à Ali que leurs contacts US lui avaient demandé d’amener 80 ou 90 membres de son unité à Ankara pour de l’entraînement. Une fois à Ankara, après un trajet par la route de 14 heures depuis la Syrie, ils ont été interrogés pendant des jours sur leurs penchants politiques et la chronique de combats de leur unité. Le commandant a dit à Ali que leurs interrogateurs se sont identifiés comme appartenant au "corps militaire", mais qu’il pensait qu’ils étaient de la CIA.

   Le dernier jour, il leur fut dit qu’ils allaient décoller le lendemain pour un camp d’entraînement au Qatar, une monarchie du Golfe Persique. Ils ont ensuite été transportés vers une installation d’entraînement qu’ils ont pensé être à la frontière avec l’Arabie Saoudite. L’un des combattants a dit qu’ils y ont reçu un entraînement de trois semaines sur la façon de procéder à une embuscade, mener des raids et se servir de leurs armes. Ils ont aussi dit qu’ils ont reçu de nouveaux uniformes et de nouvelles bottes.

   "Ils nous ont entraîné à surprendre en embuscade des véhicules ennemis ou du régime et à couper la route," affirme le combattant, qui n’est identifié que comme "Hussein". "Ils nous aussi entraînés sur la façon d’attaquer un véhicule, de le piller, de récupérer des informations ou des armes et des munitions, et comment achever des soldats encore vivants après une embuscade."

   Mais qu’une telle assistance des USA aide à amener la paix sous la forme de négociations ou fasse perdurer la guerre en offrant de faux espoirs aux rebelles demeure incertain. En effet, les combattants ont dit à Ali qu’ils ne peuvent pas gagner sans missiles anti-aériens contre la guerre aérienne supérieure d’al Assad, qu’ils attendent encore. "Quand j’ai vu qu’il n’y avait pas d’entraînement avec des missiles anti-aériens, mon moral a été démoli," a dit un combattant à Ali.

   Pour les USA, ce nouvel effort entend d’avancer avec précaution en eaux troubles. Au cours des derniers mois, les USA ont signalé être de plus en plus intéressés à trouver un allié qui puisse forcer al Assad à la table des négociations et rembarrer la menace d’al-Qaeda venant de groupes extrémistes combattant al Assad. Les USA ont refusé de confirmer leurs efforts en hausse pour venir en aide aux rebelles. Ni le Pentagone ni la CIA n’ont voulu s’exprimer sur les découvertes de Frontline.

   Pour les USA, assumer publiquement une telle entreprise présente beaucoup de défis, en premier lieu l’opposition croissante parmi les électeurs US face à une implication plus directe des USA dans le conflit syrien. Quand les US considéraient une frappe militaire contre la Syrie l’été dernier après une attaque aux armes chimiques dans la banlieue de Damas, des sondages ont démontré une opposition écrasante à une intervention militaire US.

   En outre, beaucoup à la fois à l’intérieur et à l’extérieur du gouvernement craignent que des armes fournies par les USA puissent atterrir entre des mains extrémistes, en particulier dans un lieu comme la Syrie, où les alliances et les les ennemis changent avec une rapidité très fluide. Des groupes rebelles modérés ont travaillé étroitement avec le Front al Nusra et le Front Islamique alignés avec al-Qaeda, dont l’une des factions, Ahrar al Sham, comprend des membres d’al-Qaeda parmi ses fondateurs.

   Peut-être à cause de ces raisons, le Congrès n’a jamais publiquement avalisé le financement de l’entraînement et de l’effort de guerre, et officiellement, les USA ne fournissent que de l’aide non-létale, comme des rations de nourriture, des vêtements et des soins de premiers secours. (...)


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(La fille qui passe, fallait surtout pas la rater)



°°°
Benoît Barvin

lundi 2 décembre 2013

"Ce calme était si profond qu'on mit une croix dessus accompagnée d'une épitaphe". Benoît Barvin in "Pensées pensées".

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Pensées pour nous-mêmes:

(DONNE A LA VIE
LE TEMPS DE T'APPRIVOISER)

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Nouveau court récit au long cours (30)

LE LIBÉRÉ
DU
CLUB MAD

   Alors que l'île s'est mise à trembler, P'tit Boss s'apprête à faire évacuer les vacanciers, à contrecœur, cela va s'en dire.




   Le parking de l’aéroport est encombré par une trentaine de bus réquisitionnés pour le transport des évacués. Dans le hall soudain trop exigu, au moins mille cinq cents jeunes touristes et animateurs confondus attendent, certains apathiques, d’autres sur les nerfs, les charters spéciaux qui vont se succéder sur la piste.

   Ptiboss a fait preuve d’une grande efficacité en ce début d’après-midi fatidique. Beaucoup se demandent s’il a eu un éclair de perspicacité, une prémonition ou tout simplement un aperçu sismologique de la situation sur le terminal de sa villa ? Ce sera en tout cas cette réponse qu’il privilégiera devant les journalistes qui ne vont pas manquer de l’interroger dans quelques minutes. Il dira qu’il a consulté comme d’habitude les données climatologiques concernant le lieu et que ces dernières étaient plutôt inquiétantes. Par précaution, il a fait évacuer, sans précipitation, tous les membres du Club, et, avec un zèle dont il se félicite, il a même pu, avec quelques acolytes de confiance, mettre en lieu sûr la plus grande partie des ordinateurs, le matériel sono et les systèmes vidéo de pointe. 

   De toutes façons, les assurances paieront mais ce sera un plus à gagner. Après un coup dur comme celui-ci, il aura bien besoin de petits à-côté. Qui lui dit que la formule Club Mad ne va pas être remise en question ? Même s’il n’y a aucune relation de cause à effet entre la présence d’un méga-night sur le site et le séisme… De cela, lui est persuadé.

   Mais il faut savoir aussi que des vacanciers mentionneront l’intervention d’un hurluberlu qui les avaient exhortés à quitter le Village au plus vite. Des G.E, les employés grecs, parleront de la prémonition de Yannis Nissos. Il y aura enquête. On interrogera ces deux vieux séniles.

   En fait, il ne ressortira rien de tout cela. Nous ne sommes plus au Moyen-Age. On exige des explications scientifiques et vérifiables. Les interrogations ne déboucheront donc que sur une seule réponse valable : il s’agissait d’un tremblement de terre localisé.

***

   Il fait très chaud dans l’aéroport. Les premiers passagers embarquent sur un ATR venant d’Athènes. Il y a quelques bousculades. C’est alors que le portable de Thibault, alias Ptiboss, se met à égrener les notes du Mundial. On lui annonce qu’un grave incendie vient de se déclarer à l’instant à Ibiza, et qu’il ravage un des plus hauts lieux touristiques fréquentés par les teuffeurs de luxe du coin. On ne sait pas s’il s’agit d’un attentat ou d’un accident. Il n’y a pas de victimes. Que des dégâts matériels.

   Simple coïncidence… Mais Ptiboss ressent soudain un profond écoeurement, comme un malaise en lui. Il sait cependant que cela va lui passer. Il n’est pas du genre à se poser des questions existentielles. Il n’y a pas de relation entre ce qu’il vient d’apprendre et sa catastrophe à lui. Il ne s’agit pas des mêmes chaînes touristiques, leurs objectifs ne sont pas les mêmes. Cela n’a donc rien à voir. C’est rassurant. Ce n’est donc qu’un hasard.

   Pour ce qui est de son bébé, un autre Club Mad sera construit à Corfou, encore plus performant. Celui qui vient de disparaître englouti par les eaux, n’était que du rapetassage. On avait essayé de faire du neuf avec un vieux concept, alors qu’il convenait de tout revoir à la base. La nature s’en est chargé. Finalement, c’est mieux. Le prochain Club Mad sera quasiment invisible quant aux structures d’animation. Ce sera une véritable mégapole souterraine de la techno, un truc qui arrache. Ptiboss s’y voit déjà. Ensuite, ce sera les Bahamas, quelque chose d’encore plus démentiel, car là-bas ce sera conçu pour des clients encore plus friqués, avec des DJ super côtés.

***

   J’aimerais redescendre et passer chez le pêcheur, dit Rachel. Ils ont certainement besoin d’aide.

   - Oui, on ne va pas rester là indéfiniment, renchérit Jean-Michel J’aperçois des jeunes, un peu plus en contrebas, sur la route. Vus leurs casquettes et tee-shirts, ce sont des membres du Club. On va leur demander ce qui s’est passé, mais apparemment, le Village a dû être évacué. Je n’y avais pas trop prêté attention tout à l’heure, mais j’ai entendu en fond sonore, pendant que nous marchions, bien avant l’effondrement, tout un va et vient de voitures, de cars, et de Vespas. Ils ont dû suivre votre mise en garde, Daniel.

   Ce dernier ne bouge pas. Il se contente de dire :

   - C’est bien. Allez-y, vous. Je reste encore un peu.

   Oui, il va rester encore au soleil, se tenir à l’écart de toute agitation. Il n’a plus rien à dire et pour l’instant plus aucune envie de faire. Tout à l’heure, il verra. Il se sent bien sur ce rocher.

FIN


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(Danseuse pressée traitant son métier
par-dessus la jambe)


Charlotte Greenwood. Metro-Goldwin-Mayer studio, 1928..

°°°
(Fil de fer barbelé, élégamment rouillé,
pouvant également être méchamment électrifié)



Fil de fer barbelé
pour garder les réfugiés au loin

JYLLANDS-POSTEN

   (...) Alors que jusqu'à 3 millions de réfugiés syriens tentent de sortir de la guerre et de la destruction pour aller en Europe, celle-ci se dote d'une clôture de fil de fer barbelé, active la surveillance vidéo et envoie des navires de guerre en Méditerranée pour empêcher les réfugiés d'entrer.

   A la frontière gréco-turque, l'ONG allemande Pro asile affirme que les autorités frontalières grecques ont refusé des demandes d'asile de 2.000 réfugiés, principalement en provenance de Syrie. Ce qui est contraire aux conventions internationales sur les réfugiés et inquiète le Haut Commissariat de l'ONU, le HCR.

   Récemment, la Bulgarie a commencé à édifier une longue clôture de barbelés de 30 km à la frontière avec la Turquie, où 8 à 900000 Syriens ont cherché refuge. Le système d'aide aux réfugiés, dans ce pays, est semble-t-il en mauvaise posture, au vu de l'afflux des demandeurs d'asile. Dans le même temps les réfugiés vivent dans des conditions sordides.

   La clôture a, avant même qu'elle ne soit complètement achevée, était dotée d'une faible puissance. D'après Bjarke Skaaning, responsable régional de la Croix-Rouge danoise, cela risque d'obliger de nombreux réfugiés à choisir de faire des détours mortels pour atteindre malgré tout l'UE.

   "Nous avons vu des groupes voyageant à travers la Géorgie et l'Arménie en direction de la Russie, et plus à l'ouest vers l'Europe, même si ces voies sont  très  incertaines," a-t-il dit.

   Selon Pro asile, il est devenu courant pour les demandeurs d'asile d'être chassés par la force: "Les réfugiés sont brutalement traqués par les autorités grecques. C'est même devenu systématique », conclut l'ONG allemande qui base ses certitudes à partir d'entretiens tenus avec des réfugiés syriens.

   Le porte-parole du HCR, Adrian Edwards, se dit "profondément préoccupé" par les rapports selon lesquels certains pays de l'UE ont l'intention d'ériger des barrières de fil de fer barbelé ou bien qui rejettent presque automatiquement les demandes des réfugiés. 

   «Le HCR insiste pour que le monde et l'UE changent de cap dans l'appréhension de ces problèmes de flux migratoire."



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"C'est pas avec ces satanées croûtes que je vais me payer
un château en Espagne, moi. 
S... de métier!"



Paris, 1950s by Fritz Henle

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Benoît Barvin

jeudi 16 mai 2013

"Il était tellement méchant qu'il mordit la poussière". Jacques Damboise in "Pensées inconvénientes".

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Pensées pour nous-mêmes:

(LE SAGE ACCEPTE LA MORT
MAIS NE LA PROVOQUE PAS)

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LONG RÉCIT AU LONG COURS (1/10)
pcc Benoît Barvin et Blanche Baptiste

   Parti à Rodez, chez un oncle qui tient un commerce de draps, le jeune Angélus donne toute satisfaction. Serait-ce un moyen pour lui d'échapper définitivement à l'opprobre qu'il suscite?

ANGÉLUS 
ou 
LES SECRETS DE L’IMPALPABLE


CHAPITRE 3 

   A Rodez, Angélus découvrit ce que signifiait le mot liberté, grâce à l’atmosphère de confiance et de bienveillance qui régna autour de lui pendant ces deux mois. 

   En effet, l’oncle Thomas et la tante Élise lui firent un très bon accueil. Sans mots désobligeants, il lui renouvelèrent sa garde-robe qui ne convenait nullement pour recevoir la clientèle puis, voyant qu’il était dégourdi, ils lui confièrent des responsabilités qui, non seulement lui valurent l’admiration de ses hôtes, mais lui permirent aussi d’aller à sa guise dans tous les recoins de la maison, boutique et arrière-boutique comprises, sans compter la grande ville de Rodez où il aimait à se mêler à la foule, moissonnant au passage une floraison de sensations tactiles, cueillies sur les vêtements des passants qu’il croisait, sur une chevelure dont la propriétaire cédait, malgré elle, quelques exemplaires instantanément goûtés par lui, sur une main ou un bras dénudé qu’Angélus arrivait toujours à effleurer. Pour fugace que soit le frôlement, c’était suffisant et la sensation montait dans tout son corps, le submergeant et lui arrachant un plaisir ineffable... 

   Chaque jour il améliorait un peu plus sa technique, tel un prestidigitateur qui s’entraîne, les mains et le corps toujours prêts à se mouvoir dans un océan de sensations dont il percevait de plus en plus d’éléments. 

   A présent, il ne pouvait s’empêcher de toucher tout ce qui passait à sa portée, comme un opiomane qui doit avoir sa dose quotidienne pour ne pas être en manque. Et plus il éprouvait de sensations, et plus il en voulait, affirmant chaque heure davantage ses connaissances. 

   Il remarqua bien vite que les gens de la ville étaient beaucoup moins meurtris, flétris que ceux de sa campagne. Excepté ceux qui, comme son oncle, avaient jadis contracté des maladies de peau, les autres avaient bonne mine, seulement soumis à l’usure naturelle du vieillissement ou à un manque d’hygiène qui était monnaie courante à cette époque. 

   On peut donc comprendre qu’Angélus, pour la première fois de sa vie, se soit senti bien, tel le vilain petit canard qui se découvre cygne. Il était au début un peu gauche dans ses souliers fermés, mais il sut très vite trouver l’aisance nécessaire pour évoluer dans ses nouveaux vêtements qui rendaient son allure naturelle encore plus distinguée. 

   Personne autour de lui ne s’étonna de sa beauté. On le remarquait, certes, car son apparence avait quelque chose d’harmonieux, une grâce indéfinissable dont nul ici n’aurait songé à penser qu’elle était l’oeuvre du Démon. Même sa tante le trouvait charmant. Pourtant elle était née Galin et n’avait donc pas échappé au sceau du destin, mais les rides qui marquaient son visage ne lui causaient plus le préjudice qu’elles avaient entraîné lorsqu’elle avait cherché à se marier. Elle avait maintenant l’apparence des femmes d’âge mûr qui savent tirer parti de leur physique en portant des toilettes savamment choisies, en mettant de jolis chapeaux à voilette. 

   De plus, on lui avait occulté la fin tragique de sa belle-soeur, et l’aversion que ceux de Fontseranne nourrissaient pour son neveu. Elle en eût été bien étonnée et ce n’est pas Angélus qui allait se charger de leur raconter quoi que ce soit à ce sujet, tant il était content de pouvoir oublier toutes ces sordides histoires. 

   Le jeune homme trouva chez l’oncle des trésors de sensations, tout au long des hautes rangées de draps et d’étoffes. C’était un plaisir sans fin que de se promener là en laissant courir ses mains dans la pénombre sur les différentes pièces de tissus, les yeux fermés pour se concentrer davantage. Il parvint très vite à identifier, rien qu’en l’effleurant, un drap de Louviers au toucher légèrement feutré. Il faisait aisément la différence entre un casimir plus souple sous les doigts, une serge fine, ou un drap de Roubaix dont le satiné était pour lui reconnaissable entre tous. 

   L’oncle Thomas en restait saisi d’admiration, prenant à témoin sa femme. Qu’auraient-ils dit s’ils avaient vu de quoi était encore capable Angélus lorsque, le soir venu, il se retirait dans la petite pièce jouxtant l’arrière-boutique ? 

***

   Là, il allumait la lampe à huile prise sur le comptoir du magasin. Il la posait sur la table de nuit et déballait ses trouvailles, une multitude de fils de soie, de laine, de coton, de chanvre et de lin qu’il analysait avec soin. 

   Puis il en sélectionnait certains, et il les mettait dans des flacons de verre où il les faisait macérer dans diverses substances de sa composition : il obtenait ainsi de nouveaux fils de qualité bien plus résistante et bien plus proche de la texture à laquelle il aspirait, à savoir celle de l’épiderme humain. 

   Angélus avait également mis à fermenter différentes chutes de soieries roses et nacrées dans un grand bocal où elles s’étaient amollies jusqu’à se réduire à l’état de pâte onctueuse qui, mise en forme, pourrait donner soit des gants, soit des bas, capables de créer pour son propriétaire l’illusion d’avoir fait peau neuve. 

   Tout cela, il le dissimulait au fond d’un placard jusqu’à ce qu’il ait obtenu les résultats souhaités. Puis, lorsqu’il était sûr de posséder la formule exacte, il jetait le produit et ses adjuvants au ruisseau, et il notait soigneusement la formule sur son carnet, non par crainte d’oublier son protocole mais pour avoir la fierté de se dire : « Voilà ce dont est capable Angélus. Il crée ce qui, sans lui, ne pourrait avoir une quelconque existence ». 

   De ces différentes formules qu’il relisait souvent, en cachette, il en retirait un grand contentement, la joie également de se sentir supérieur à tous ceux qui l’avaient fait souffrir par leurs attitudes et par leurs réflexions. 

   Le matin, avant l’ouverture de la boutique, il allait faire une promenade qui le conduisait au hasard des rues. C’est ainsi qu’il repéra, jouxtant la rivière, une petite tannerie dans le quartier du Monastère. C’était la seule manufacture de ce genre sur Rodez où même les petites fabriques de textiles fermaient une à une. 

   Aussi Angélus ne voulut pas rater cette occasion et, quelques jours plus tard, il avait trouvé le moyen de sympathiser avec le patron qui lui fit visiter les lieux. Les procédés, il les connaissait pour les avoir lus au collège, mais jamais encore il n’avait pénétré dans un local où macéraient des tonnes de peaux, certaines à la trempe dans une soupe de chaux et d’orpin, d’autres dans des bains aux relents sulfuriques. C’était pour lui merveille que de penser à toute cette fermentation de chairs putrescibles d’où allaient naître, après épilage et tannage, des peausseries souples et douces comme le velours. 

   Le samedi, Angélus passait par le foirail où s’installait le grand marché, riche lui aussi de sensations en tous genres. Dans les rues adjacentes, les petits commerces florissaient, ainsi que les magasins de gros. 

   Il ne tarda pas à connaître toutes les boutiques, surtout l’échoppe du gantier où il s’attardait afin de voir et de faire sien le tour de main du maître-coupeur qui, en un geste précis, amincissait et déridait les peaux élastiques, puis était capable de confectionner des gants aux coutures invisibles. Ce détail, plus que tout, le fascinait. Comment parvenir à assembler deux tissus sans que rien n’y paraisse ? Il avait là-dessus une petite idée mais ne l’avait pas encore expérimentée à cause du manque d’argent nécessaire pour fabriquer ses « machines à souder le cuir ». 

   Il se promettait, lorsqu’il serait employé chez son oncle, de concrétiser tout cela avec les sous qu’il gagnerait. En attendant, il engrangeait les connaissances et ne réalisait pas que la plus simple de ses idées aurait rapporté son pesant d’or, si elle était tombée entre les mains d’un ingénieur audacieux. 

   L’adolescent regrettait qu’il n’y eût pas en cette bonne ville ruthénoise de fabrique de papier, car il aurait volontiers tâté de cette pâte-là. Il s’en étonna auprès de son oncle qui lui signala qu’il existait un moulin sur l’Aveyron, non loin de Carcejac, et qu’il y moulait de fort beaux vélins. Monsieur Vernasobre, papetier, place de la Cité, en vendait d’ailleurs au détail. 

   Angélus alla en vérifier la finesse du grain et décida, dès qu’il en aurait le temps, de se rendre à ce moulin. En sortant de chez le papetier, il alla comme chaque jour faire provision d’eau au puits, pour ses expériences personnelles.

***
(A Suivre)


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(Nouvelle tenue des Forces de la Paix)


A Karachi, dans les quartiers 
où les talibans règnent en maîtres
Fahim Zaman 

   Dans la soirée du 13 mars, Perween Rehman, directrice de l’Orangi Pilot Project [ONG œuvrant à l’assainissement des quartiers insalubres des grandes villes pakistanaises], a été abattue par des hommes masqués à 500 mètres de son bureau, à Karachi [capitale économique du pays]. Le mouvement des talibans du Pakistan, Tehrik-i-Taliban Pakistan (TTP), a aussitôt été montré du doigt par la police.

   Le lendemain de l’assassinat, Qari Bilal, accusé d’être l’un des chefs du TTP et d’avoir orchestré l’exécution de Perween Rehman, a trouvé la mort lors d’un “affrontement” avec les forces de l’ordre. Dans les milieux de l’urbanisme, beaucoup pensent cependant que la militante a été tuée parce qu’elle évoquait en public les activités de la mafia du foncier. Ces deux hypothèses pourraient l’une et l’autre s’avérer fondées, même si Qari Bilal a été accusé à tort. 

   Alors que le contrôle de Karachi était depuis longtemps aux mains de personnes étroitement liées aux forces et partis politiques dominants, des talibans du TTP qui se sont installés dans différentes zones de la ville depuis près d’un an font de plus en plus parler d’eux. Le TTP a affirmé sa présence à Karachi pour la première fois en revendiquant l’attentat du 25 juin 2012 contre les bureaux du journal Business Recorder et de la chaîne AAJ TV, un acte présenté comme un avertissement pour tous les médias du pays. 

   Il semblerait que de vastes secteurs de la ville soient désormais contrôlés par le TTP. Toutes les factions du mouvement sont présentes à Karachi, mais les plus influentes sont celles de Hakimullah Mehsud et du mollah Fazlullah. Selon la police et certains résidents, les talibans du TTP se sont établis dans ces quartiers après avoir terrorisé et soumis les Pachtounes qui y vivent. (...) 

   Les opérations militaires menées dans le district de Swat et la province du Waziristan du Sud en 2009 ont déclenché la dernière vague de migration de Pachtounes en forçant des dizaines de milliers d’habitants à fuir les hostilités. Parmi ces déplacés figuraient un certain nombre de combattants talibans. Si la jungle urbaine de Karachi avait déjà servi de refuge à ces derniers, la situation intenable de leurs provinces d’origine les a poussés à s’y installer plus durablement. Les nouveaux arrivants ont rejoint les bidonvilles où certains de leurs compatriotes s’étaient établis plus tôt, ainsi que différents secteurs du cœur de la ville. Selon l’un des responsables de la police de Karachi, plus de 7 000 Mehsuds [tribu pachtoune du Waziristan] seraient arrivés récemment dans le quartier de Sultanabad. 

   Des membres du TTP ont commencé à s’installer dans la ville en 2010 et 2011, mais c’est en 2012 qu’ils se sont livrés à une démonstration de force pour prendre réellement le contrôle de certaines zones. Là où Perween Rehman a été assassinée en rentrant chez elle, les talibans sont si bien implantés qu’il est devenu extrêmement difficile de les affronter, même pour les forces de l’ordre. Un inspecteur d’un commissariat local l’a découvert au péril de sa vie une nuit du printemps dernier. Il avait appris que plusieurs talibans allaient à la mosquée assister à un prêche. 

   L’inspecteur s’y est donc rendu avec un contingent et a arrêté l’imam Qari Fazal et les neuf activistes présents. Puis, alors qu’il fouillait le bâtiment avec ses hommes, à la recherche d’autres talibans, il se rendit compte qu’ils étaient encerclés par des individus armés. Quand le commissaire a reçu un SOS de l’inspecteur, il s’est porté à son secours avec des renforts, mais d’autres services de police ont refusé de lui venir en aide. Les policiers, inférieurs en nombre, ont été malmenés par les talibans et ont finalement dû négocier leur libération et relâcher les neuf hommes lourdement armés qu’ils avaient arrêtés. (...)

Suite sur:

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"Mais... Mais où se trouve cette
B... D... de Démocratie?"


(Source: purpleheartsaint)


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(Tout va bien en Syrie: 
les défilés de mode continuent)


A new member of Syria's National Defense Force holds her rifle at a training ...


Le conflit prolongé en Syrie 
ne montre aucun signe d’apaisement (BBC)
Paul Danahar

   Lorsque le soulèvement a commencé, l’Occident et ses alliés dans le Golfe s’attendaient à ce qu’il dure des semaines ou peut-être des mois - mais pas des années. Maintenant, en tenant le choc si longtemps, le régime de Damas pense de plus en plus qu’en ne perdant pas il est en train de gagner.

   Cette nouvelle confiance - avec ce que l’on croit être un approvisionnement régulier en armes de ses partisans en Iran et en Russie - aide le régime à reprendre certaines régions qu’il avait précédemment perdues. Dans la capitale Damas, vous pouvez entendre le bruit des tirs de mortier alors que le régime repousse lentement les combattants de l’Armée syrienne libre (ASL) des parties de la ville pour lesquelles il avait fallu aux rebelles des mois pour y mettre pied.

   La situation en Syrie est compliquée.(...)  Cependant, pour essayer de rendre la crise moins déroutante pour le monde extérieur, les décideurs, les politiciens et les journalistes ont essayé d’en faire un bouillon du bien contre le mal : l’Armée Syrienne Libre (ASL) versus le régime du président Bachar al-Assad.

   Et le régime a joué son rôle - à ce jour plus de 70 000 personnes seraient mortes dans le conflit. Mais pour commencer à comprendre pourquoi cette crise est si ingérable, deux choses doivent d’abord être comprises.(...)

   (...) Tout d’abord, l’Armée Syrienne Libre (ASL) - dont vous avez tant entendu parler - n’existe pas. Un meilleur sigle serait HAF, pour des hommes avec des fusils, parce qu’avoir des armes et tirer dans la même direction est la seule chose qui les unit.

   Le mot "armée" suggère une force cohérente avec une structure de commandement. Près de deux ans après que l’Armée Syrienne Libre ait été créé, ceci reste illusoire. La situation a été encore compliquée par l’introduction dans l’arène de djihadistes d’Al-Qaeda et de bandes criminelles armées.

   Deuxièmement, les dirigeants politiques de l’opposition syrienne - qui errent autour des capitales internationales participant à des conférences et faisant de grands discours - ne dirigent personne. Ils ont à peine le contrôle des délégués dans la salle avec eux, sans même parler des combattants sur le terrain.

   Ces deux choses peuvent aider à comprendre pourquoi cette crise n’a jusqu’ici montré aucun signe lui permettant d’être résolue politiquement. Les Etats-Unis n’agissent pas parce qu’ils ne savent pas quoi faire ni avec qui le faire. Les pays européens pas plus.

   Après avoir passé les derniers jours à Beyrouth et à Damas, en parlant à des représentants de la communauté internationale, des diplomates occidentaux, des militants et sympathisants de l’ASL, des membres du régime syrien, il est clair que personne ne sait comment mettre fin à cette crise. C’est à peu près la seule chose sur laquelle toutes les parties s’entendent. (...)
Sur:

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Benoît Barvin