Bonjour à vous qui, dans le maelström du net, êtes arrivés, par hasard? lassitude? erreur? sur ce blog. Vous êtes les bienvenus. Vous y lirez des extraits d'articles, de pensées, d'interviews, piochés ça et là, et illustrés de photos et dessins détournés, via un humour de bon aloi. Vous pouvez évidemment réagir avec le même humour, la même ironie que nous mettons, chaque jour, à tenter de respirer un peu plus librement dans une société qui se corsète chaque fois un peu plus.
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lundi 24 juin 2013

"Il écrivait des moitiés de phrases en espérant que les lecteurs compléteraient". Jacques Damboise in "Pensées à contre-pet".

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Pensées pour nous-mêmes:

(LA SIMPLICITÉ EST LE DÉBUT
DE LA SAGESSE)

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LONG RÉCIT AU LONG COURS (1/47)
pcc Benoît Barvin et Blanche Baptiste

   Soeur Camille vient d'apprendre que son frère Angélus n'était pas mort, ainsi qu'elle s'en doutait. Le jeune homme lui narre rapidement ses aventures en Amérique...


ANGÉLUS 
ou
LES SECRETS DE L’IMPALPABLE


Fuseli Satan Starting 1779

CHAPITRE 18

   La cellule de la Mère Supérieure était située tout au bout de la galerie, du côté de celles des autres moniales. C’était là également qu’avait été construite la chapelle. On y accédait directement, alors que pour aller chez la Mère Supérieure il fallait monter une volée de marches, car la pièce avait été prise sur le grenier, afin de séparer la cellule de Camille de l’Incarnation de celles des autres soeurs.

   Depuis plusieurs nuits, Elaine surveillait les alentours. Elle s’était donné pour tâche d’exécuter un tour de garde toutes les deux ou trois heures afin de noter tout fait curieux. Son sommeil étant très léger, elle s’éveillait pour un rien : le bruit du vent dans les arbres ; le cri d’une orfraie ou les craquements du bois de la charpente sous le travail des capricornes. Au bout de près d’une semaine, la jeune femme arborait une mine de papier mâché.

   Ce soir-là, c’est tout à fait par hasard, alors qu’elle s’apprêtait à se coucher que, vers les minuits, elle remarqua une silhouette qui se glissait dans la galerie, après s’être faufilée rapidement dans le jardin. 

   Le coeur battant, la jeune femme se dissimula derrière une colonne. Le croissant de lune ne lui permettait pas de distinguer les traits de l’inconnu mais la silhouette était indubitablement celle d’un homme. S’agissait-il du Père Grangeais ? 

   Cependant, aux pieds des marches conduisant vers la cellule de la Mère Supérieure, l’intrus s’immobilisa et, dans un geste vif, se retourna en balayant du regard l’espace autour de lui. Dans ce mouvement, le capuchon qui cachait ses traits glissa, et Elaine reconnut Angélus Gabrielli.

   Bien que ce fût là la confirmation de ce qu’elle avait ardemment souhaité, la jeune femme sursauta et une onde glacée parcourut ses reins. L’apothicaire resta un moment immobile, scrutant les alentours comme s’il soupçonnait une quelconque présence, puis il se détourna vivement et monta silencieusement et quatre à quatre les marches conduisant à la cellule de la supérieure du couvent.

   Elaine attendit quelques minutes, l’esprit brouillé puis elle suivit Angélus. Elle se coula dans le renfoncement du mur, atteignit enfin la porte qui défendait la cellule et s’immobilisa, dos au mur, la respiration coupée. Elle savait que ce qu’elle faisait était mal. Elle craignait tellement l’apothicaire qu’elle se demandait s’il ne lui avait pas dressé un piège, sachant qu’elle était quelque part, à le surveiller. 

   Elaine se sentait peu à son aise face à cet homme. Une étrange attirance la poussait vers lui, attirance inexplicable et impie. Ne le soupçonnait-elle pas d’être responsable, au moins indirectement, de la mort abominable de son cher Adrien ?

   La jeune femme savait aussi qu’elle n’avait pas à surveiller les intrigues de la Mère Supérieure. Ses parents lui avaient toujours dit que la curiosité était un péché et, comme tel, qu’il méritait une punition. Pour échapper à ces remords, elle murmura :

   - Il ne m’est pourtant pas possible de laisser la Supérieure et l’apothicaire se rencontrer nuitamment... Camille de l’Incarnation ne doit-elle pas donner l’exemple d’une vie juste, tout entière consacrée à glorifier Notre Seigneur ? Elle me semble en proie à des passions coupables qui méritent une sanction impitoyable, si elles sont avérées réelles... Quant à Angélus Gabrielli, je ne sais pas ce qu’il attend de la Supérieure... Hélas, je dois avouer qu’un rien de jalousie me mordille le cœur à la simple pensée qu’il va visiter Sœur Camille de l’Incarnation...»

   La jeune femme hésita encore un peu, les pensées de plus en plus confuses. Pour finir, elle colla son oreille contre la porte, dans l’espoir d’entendre les propos échangés dans la pièce. 

   A sa grande surprise, l’huis se déroba légèrement sous sa poussée. La porte n’était pas fermée ! L’angoisse lui mordant le ventre, Elaine poussa un peu plus le battant, avant de glisser un œil dans la cellule.

   Un chandelier posé sur une table éclairait la scène, ce qui lui permit de distinguer la Mère Supérieure, debout devant la silhouette d’Angélus Gabrielli. Elle était à moitié dévêtue et l’apothicaire lui passait délicatement la paume de la main sur le haut de la poitrine.

***

   La jeune femme, les larmes aux yeux, s’adossa au mur. Elle ne savait plus que penser. L’apothicaire et la Mère Supérieure étaient-ils amants? Cette idée choquante, révulsante même, la mit dans tous ses états. N’était-elle pas folle d’avoir ainsi de pareilles pensées extravagantes ? Et, cependant, le spectacle auquel elle assistait était pour le moins équivoque... Elaine s’essuya les yeux brouillés par les larmes, hésita un peu avant de reprendre son observation, le coeur lourd.

   A présent, la Supérieure avait ôté sa robe mais l’apothicaire faisait souvent écran devant elle, de sorte qu’Elaine n’entrevoyait que des parties du corps déshabillé. 

   Le visage impénétrable, les yeux perdus dans le vague, solidement campée sur ses jambes, ses mains en conque cachant son sexe, la religieuse murmurait lentement mais distinctement un «Salve Regina» d’une voix un peu tremblante. Angélus Gabrielli continuait pendant ce temps-là à la masser, enduisant son corps d’une fine pellicule d’onguent qui luisait à la lueur des bougies. La lumière tremblotante jouait perversement avec les formes de la religieuse, accentuant ses rondeurs et la rendant plus jeune encore, semblait-il. 

   Angélus se mit à genoux et enduisit soigneusement les jambes puis les pieds de sa patiente. La Mère Supérieure se laissait faire, comme en extase. A présent, elle fixait une croix accrochée au mur d’en face, les yeux exorbités, la bouche entrouverte. On l’eût dit possédée par un quelconque démon.

   Cette vision se grava dans l’esprit enfiévré d’Elaine. Les formes de la Supérieure étaient trop proches de la perfection pour que cela ne fût pas le signe d’une présence maléfique. Seul le Maître des Enfers, songeait la jeune fille, horrifiée, pouvait ainsi gommer les stigmates du temps afin de nier l’œuvre de Dieu lui-même...

   L’apothicaire n’était-il donc qu’un des séides du Diable, un de ses dociles instruments qui métamorphosait à l’aide d’onguents magiques le corps d’une femme âgée en celui d’une jeune beauté ? Et la Supérieure, qui avait désormais pour son enveloppe charnelle les yeux de Chimène, n’avait-elle pas oublié les préceptes de la Religion et fait sienne l’un des sept péchés capitaux ? 

   Ce plaisir qu’Elaine la voyait éprouver, sous les doigts d’Angélus, ne s’appelait-il pas Luxure ? Comment Soeur Camille de l’Incarnation pouvait-elle oublier qu’en entrant chez les Bénédictines, elle avait fait voeux de chasteté ? Qu’est-ce qui la poussait à mentir aussi effrontément à la face de Dieu et du Monde ?

   Angélus Gabrielli venait d’oindre les pieds de la Supérieure et, comme pris d’une fièvre soudaine, il les embrassa alors que la Supérieure fermait les yeux, tout en murmurant une prière. Désarçonnée par cette attitude, la voyeuse sentit son cœur se serrer. L’apothicaire ne venait-il pas d’offenser ainsi la mémoire du Fils de Dieu qui lavait les pieds des pêcheurs en signe d’humilité ? Ce n’était plus maintenant du dégoût qui envahissait Elaine, mais un début de colère.

   Le jeune homme fit signe à sœur Camille de se retourner et, après que cette dernière eût obéi, il resta quelques secondes immobile, comme s’il fixait la blessure que portait toujours la Mère Supérieure au milieu des reins. C’est alors qu’il parla d’une voix douce, rompant ainsi le charme vénéneux du moment.

   - Tu es sûre, Camille, de ne pas vouloir de mon onguent pour soigner ta blessure ?

   La Supérieure tourna la tête et répondit, d’une voix lasse mais ferme.

   - Non, Angélus. Les élancements provoqués par la douleur me rappellent que je suis une impie, que je n’ai pas le droit de diriger ce couvent...

   - Tu es la meilleure personne que j’aie jamais connue ! s’écria l’apothicaire en avançant la main et en caressant le cou de la religieuse. Toi seule m’as toujours soutenu, même lorsque toutes les médisances stigmatisaient ma folie. Jamais tu n’as failli dans cet amour qui est, par moment, plus fort que celui que tu portes à Dieu lui-même !

   La religieuse sursauta, blêmit et se signa.

   - Je t’en prie, Angélus, ne blasphème pas, fit-elle en tremblant.

   - Je ne blasphème pas. Je dis la vérité et si ce Dieu que tu sers nous regarde, je m’adresse à lui pour lui demander ceci : comment Toi, qui es censé être la bonté même, oses-Tu faire subir ces horribles épreuves à tes pauvres créatures? J’en viens à penser, devant tant de douleurs, que Tu te régales de les voir ainsi contrefaites, percluses, abîmées dans leur corps et leur âme... Sous ton impitoyable férule, ces créatures ne sont que d’infimes fétus de paille dont Tu sembles te jouer, pour un dessein secret que Toi seul Tu as déterminé...

   - Tais-toi ! supplia Camille de l’Incarnation en se retournant et en lui mettant la main devant la bouche. Je t’en prie Angélus, Mon Angélus... Ne dis pas des choses pareilles ! Sinon mon sacrifice n’aura servi à rien. Je suis à toi, Angélus, fais de moi ce que tu veux, mais que plus jamais un seul propos sacrilège ne sorte de ta bouche !

   - Hé bien, ajouta l’apothicaire, continue simplement à te passer chaque jour de cette crème. Pour le reste n’en parlons plus.

   Elle lui faisait face dans sa nudité et le tenait fermement par les épaules, ses yeux rivés aux siens. Sur son visage soudain creusé et grave passaient des sentiments contradictoires, amour mêlé à la haine, crainte et véhémence étroitement embrassés.

   Elaine n’osait respirer, de peur que son souffle ne soit entendu. Glacée de la tête aux pieds, elle avait le sentiment de s’enfoncer dans des sables mouvants. Les propos de Sœur Camille confirmaient son horrible soupçon : la religieuse était amoureuse de l’apothicaire et cet amour contre-nature la remplissait d’une horreur sans nom. Accessoirement, aussi, ce qui lui avait été révélé confirmait une partie de ses soupçons. Angélus Gabrielli était bien, hélas, responsable de la mort d’Adrien. 

***

   Cette quasi-certitude laissait la place à un sentiment d’intense effroi. La jeune femme entrevoyait un plan démoniaque dans lequel s’étaient abîmés Angélus et Soeur Camille de l’Incarnation. Plus que tout, Elaine se rendait compte qu’elle était jalouse de cette femme dont elle enviait les relations privilégiées entretenues avec l’apothicaire. Ce médiocre sentiment l’atterrait. Comment expliquer qu’elle éprouvât de l’intérêt pour l’assassin de son amant ? Elle se promit que, désormais, elle n’y céderait plus et qu’elle ferait tout pour que l’infâme individu soit justement puni.

***
(A Suivre)

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"Alors, comme ça, tu refuses 
de manger avec moi, hein?
- Mais j'ai pas faim!
- Et la convivialité, hein,
la Con-vi-via-li-té?!"


On ne mange plus pareil, 
mange-t-on encore ensemble ?
ALEXANDRA BOGAERT

  (...)  Crudivores, vegans, allergiques, croyants... Les demandes d'alimentations particulières se multiplient. L'individualisation par l'assiette menace-t-elle la convivialité française ? Claude Fischler, anthropologue, nous éclaire.

   / Terra eco : Certaines alimentations sont dites « particulières »... par rapport à quoi ?

   - Claude Fischler : L’alimentation en général est tout sauf particulière. Elle est collective, sociale, partagée. Dans de nombreux endroits du monde, on mange dans un plat commun avec sa cuillère ou sa main droite. Tout le monde est là, il y a des règles de savoir vivre à respecter comme pousser les beaux morceaux vers les anciens, parler à tel moment, ne pas parler, etc. Une personne qui mangerait seule serait très mal vue, elle s’extrairait du cercle de la commensalité (le fait de partager un repas, ndlr). Quel que soit l’endroit du monde, des soupçons émergeraient à son égard – jette-t-elle des sorts, a-t-elle empoisonné le plat ? De plus, une enquête menée aux Etats-Unis, en France et au Danemark a montré qu’on apprécie davantage un repas quand on le mange en compagnie que seul. Et si vous arrivez chez un étranger et que vous refusez sa nourriture, vous l’offensez, de la méfiance s’installe. Or, aujourd’hui, c’est précisément l’inverse qui se produit.

   /C’est-à-dire ?

   - Aujourd’hui, autour d’une table, vous pouvez avoir une personne qui mange cacher, l’autre est végétarienne, une autre est vegan, une énième est allergique à tel ou tel aliment, etc. Lors des repas se multiplient désormais les revendications médicales, éthico-religieuses, politiques. Et on constate un renversement de l’obligation de partage : désormais, c’est l’invité qui exige de l’invitant qu’il satisfasse ce que les anglophones appellent ses « dietary requirements » (régime alimentaire en français). On en arrive à des situations d’individualisation extrême de la nourriture.

   / La France est-elle affectée par ce phénomène ?

   - Ca commence. Jusqu’à il y a peu, il y avait deux visions de l’alimentation dans le monde occidental : l’une protestante, l’autre catholique. La première considère que l’alimentation est une consommation comme une autre d’un individu libre et responsable, qui exerce ses choix de façon rationnelle. C’est le discours des Américains, qui parlent plus de nutrition que d’alimentation, pour qui se nourrir est un acte privé, censé les maintenir en bonne santé – même si le taux d’obésité montre que ça ne marche pas toujours... Pour les Français en revanche, manger est un acte social, qui requiert des conditions de temps, de lieu, de structure : on mange à table, une entrée/un plat/un dessert, à horaires fixes, en compagnie. Souvent, si on n’a avalé qu’un sandwich le midi, on considère ne pas avoir fait un vrai repas. Donc pas avoir vraiment mangé.

   / A quoi est dû le développement des alimentations particulières ?

   - De nombreux mangeurs évoquent des arguments médicaux, comme les allergies, pour justifier de manger différemment du reste du groupe. D’après les spécialistes des allergies, 30% de la population déclare avoir une allergie alimentaire alors que le taux réel est inférieur à 4% (c’est notamment le cas de l’allergie au gluten, ndlr). Ceux qui s’auto diagnostiquent allergiques font souvent un rejet de l’alimentation transformée par les industriels. Ils se disent intolérants à tel ou tel additif, pensent réagir aux effets des pesticides, et privilégient les aliments « naturels ».

   / D’où l’engouement pour ces produits ?

   - En fait, les alimentations particulières sont souvent une manière de se réapproprier son alimentation quand on ne sait plus ce que l’on mange. Il existe un « principe d’incorporation »implicite mais universel, qui veut que l’on soit ce qu’on mange. Donc si vous êtes ce que vous mangez et que vous ne savez plus ce que vous mangez, il y a un problème ! Le moyen pour savoir ce qu’on mange, c’est de choisir son alimentation, en fonction de différents critères qui nous sont propres. C’est pour cette raison que se développent une infinité de régimes très étonnants parfois, comme celui adapté à chaque groupe sanguin, ou celui qui érige le jus de germes de blé comme aliment magique.

   / Les industries ont compris le filon, et développent ces produits dans les rayons des supermarchés. La demande est-elle vraiment forte ?

   - C’est surtout que depuis que l’Autorité européenne de sécurité des aliments a fait le ménage dans les allégations santé, les industriels de l’agro-alimentaire ne peuvent plus trop vanter les mérites des produits santé. Donc ils mettent le doigt sur ce qui est porteur et le développent.

   / Le fait de ne pas tous manger la même chose menace-t-il le « manger ensemble » propre aux Français ?

   - Pas forcément. Prenez cet exemple révélateur : lors du déjeuner de presse organisé pour le lancement du livre « Les Alimentations particulières », il a d’abord été envisagé de proposer quatre menus différents. Mais, d’un point de vue logistique, c’était compliqué. Donc il a été décidé de diviser les assiettes en quatre. C’est une façon très française de régler le problème car, au final, tout le monde a mangé la même chose ! On invente de nouvelles formes de commensalité. Ainsi, manger différemment ne signifie pas la fin du lien social. Le modèle convivial français résiste de façon étonnante, même si l’individualisation des assiettes se généralise. La preuve, les horaires des repas restent synchrones : à 13h, la moitié des Français sont à table. Au Royaume-Uni, ils ne sont jamais plus de 17% de la population à manger en même temps. Quant au temps passé à manger à table, il est de 135 minutes par jour selon une étude de l’OCDE. C’est le record mondial. (...) 


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(Dans ce lointain pays, les femmes devaient
user de certaines armes, non féminines,
pour que les hommes consentent à se reproduire...)


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"Pour les multinationales...
Hip,hip, hip..."


Irancartoon Web Gallery 

Bono, la fausse voix de l'Afrique
George Monbiot 

   (...) En 2005 déjà, il n'avait pas été très glorieux. Cette année-là, lors du sommet du G8 en Ecosse, Bono et Bob Geldof avaient tressé des lauriers à Tony Blair et George W. Bush, tout auréolés de leur boucherie irakienne. Geldof s'était assis sur les genoux du Premier ministre britannique, au sens propre comme au figuré, et des militants africains les avaient alors accusés de confondre leur campagne pour la justice mondiale avec un vaste mouvement de charité. 

   Cette fois, c'est pire. Alors que le Royaume-Uni a accueilli un nouveau sommet du G8, la campagne menée par Bono – et avec laquelle Geldof travaille étroitement – semble aujourd'hui absoudre l'action des pays du G8 en Afrique. 

   L'idée d'une "Nouvelle alliance pour la sécurité alimentaire et la nutrition" a été lancée en 2012 aux Etats-Unis, alors hôte du G8. Cette alliance pousse les pays africains à signer des accords permettant à des sociétés étrangères de faire main basse sur leurs terres, de breveter leurs semences et de verrouiller des monopoles sur leurs marchés alimentaires. Restant sourds aux voix de leurs peuples, six gouvernements africains ont déjà signé des accords avec des entreprises comme Monsanto, Cargill, Dupont, Syngenta, Nestlé et Unilever en échange de promesses d'aides de la part du Royaume-Uni et d'autres nations du G8. 

   De nombreux militants, aussi bien en Afrique qu'en Europe, dénoncent les pratiques de cette "nouvelle alliance", mais la campagne ONE – dont Bono est cofondateur – prend sa défense. Les responsables de ONE ont d'ailleurs publié un article la semaine dernière. Un article remarquable : il laisse complètement de côté l'intérêt des responsables africains et de leurs peuples, il exagère le rôle de petites entreprises africaines, mais surtout il ne mentionne à aucun moment l'injustice au cœur de la "nouvelle alliance", à savoir la nouvelle vague d'accaparement des terres qu'elle soutient. Cela a naturellement piqué ma curiosité. (...)

   (...) J'ai d'abord découvert que Bono avait déjà fait l'éloge de la "nouvelle alliance" juste avant l'ouverture du sommet du G8 de l'année dernière aux Etats-Unis. J'ai ensuite appris que la campagne ONE était essentiellement financée par la fondation de Bill et Melinda Gates, dont deux responsables exécutifs figurent parmi les membres du conseil d'administration. Cette fondation travaille avec le géant de l'agroalimentaire Cargill et le spécialiste des biotechnologies Monsanto (dont elle détient une part importante du capital). 

   Répondant aux accusations d'accaparement des terres en Afrique, Bill Gates a répondu que "bon nombre de ces accords étaient bénéfiques et qu'il serait dommage d'en bloquer certains à cause de l'approche particulière des sociétés occidentales" (vous remarquerez qu'une fois encore il n'est pas question des Africains). 

   Enfin, j'ai découvert que tout cela durait depuis bien longtemps. Dans la biographie brillante et caustique de Bono qui vient de paraître au Royaume-Uni (The Frontman : Bono, in the Name of Power), Harry Browne affirme que "depuis près de trente ans, Bono, en tant que personnalité publique, amplifie le discours des élites, défend des solutions inefficaces, fait la leçon aux pauvres et lèche les bottes des riches et des puissants". Son raisonnement est "un mélange habile de colonialisme commercial et missionnaire, dans lequel les pays pauvres ne sont qu'un défi que doivent relever les pays riches". 

   Browne accuse Bono d'être devenu "le visage compatissant de la technocratie mondiale", un homme qui, sans aucun mandat, s'est autoproclamé porte-parole de l'Afrique et a servi de "couverture humanitaire" aux responsables occidentaux. En présentant les pays occidentaux comme les sauveurs de l'Afrique sans parler des dégâts causés par le G8, il a affaibli les mouvements pour la justice et la transparence tout en apportant une légitimité au projet néolibéral. (...)

Lire la suite sur:

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Luc Desle

lundi 27 mai 2013

"Au clair de la thune, mon ami Prolo...". Jacques Damboise in "Air connu un peu".

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Pensées pour nous-mêmes:

(LA TERRE EST TON FUTUR LIT DE REPOS)

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LONG RÉCIT AU LONG COURS (1/20)
pcc Benoît Barvin et Blanche Baptiste

   Le jeune Angélus, brûlé dans sa chair, n'est plus capable d'éprouver ce plaisir du toucher qui était tout le plaisir de son existence. Va-t-il éprouver le désir de se venger de ses tourmenteurs?
ANGÉLUS 
ou 
LES SECRETS DE L’IMPALPABLE




CHAPITRE 7

   Sœur Jeanne lut d’une voix chevrotante l’Épître Selon Saint Jean. Son visage était d’une blancheur de craie et plusieurs fois elle dut s’arrêter pour reprendre son souffle. Elaine, qui mangeait tout au bout de la dernière table, remarqua que la novice s’accrochait au pupitre comme à une planche de salut.

   « Que lui arrive-t-il ? se demanda-t-elle. Est-ce que la vieille sorcière lui a fait de nouveau de méchantes remontrances ? ». Elle appelait ainsi Soeur de la Miséricorde qui portait décidément mal son nom. 

   Elle examina l’assemblée. La supérieure du couvent qui, comme à son habitude, présidait le repas, baissait la tête et paraissait préoccupée. Elle avalait lentement son brouet qui semblait encore plus clair et inconsistant que d’ordinaire. Les autres religieuses faisaient le moins de bruit possible en plongeant leur cuillère dans la soupe. Ce soir-là, l’ambiance générale était à la morosité et la voix faible de Soeur Jeanne rendait la scène pathétique.

   Le père Grangeais était assis à côté d’Elaine. On le lui avait présenté et la jeune femme avait voulu solliciter une entrevue avec l’homme d’église, mais le dîner avait débuté tout de suite. Le prêtre arborait également un air sombre et jetait de fréquents coups d’œil en direction de la Mère Supérieure. Elaine se promit de lui parler sous peu. Mais quel problème devait-elle aborder avec lui?

   Les médisances des deux vieilles lui restaient en mémoire, ainsi d’ailleurs que l’apparition de l’apothicaire. Cet Angélus (quel drôle de prénom !) lui avait fait une étrange impression. Elle n’était pas sûre de ce qu’elle avait vu. Avait-il vraiment une main abîmée qui ressemblait à une immonde boursouflure ? N’était-ce pas plutôt son imagination qui avait trop travaillé, une imagination tout entière occupée par l’horrible mort d’Adrien ? Elaine n’en savait plus rien. Elle se sentait si fatiguée... 

   C’est de cela qu’elle devrait parler avec le Père Grangeais : de sa fatigue, de ce sentiment de culpabilité qui la submergeait, quand les défenses psychologiques qu’elle érigeait cédaient soudain sous le poids de la lassitude.

   Le dîner ne s’éternisa pas. Lorsque la jeune femme se leva, Sœur de la Miséricorde l’invita sèchement à aller aider en cuisines pour la vaisselle. Bien qu’elle chuchotât, les inflexions de sa voix étaient toujours aussi méchantes. Cette religieuse exsudait un tel fiel qu’Elaine se demanda comment elle avait pu devenir religieuse et si ce n’était pas elle ce « Belzébuth » évoqué par la vieille femme du village.

   Elle poussa jusqu’aux cuisines un chariot brinquebalant et plein à ras bord de vaisselle sale. Elle y retrouva Soeur Jeanne qui plongeait ses mains dans un grand baquet d’eau trouble. Dans la pièce, quelques chandelles brûlaient en dégageant une forte odeur de suif.

   - Laisse-moi t’aider, proposa Elaine.

   Soeur Jeanne la repoussa faiblement. Elle courba un peu plus l’échine et son voile lui cacha presque entièrement le visage.

   - Non ! Laisse-moi seule. Je dois me mortifier parce que Notre Seigneur Jésus n’aime pas la médisance. Il est pur, Lui, et pour racheter nos péchés, il est mort sur la croix. Je ne suis qu’une pauvre pécheresse que Notre Seigneur surveille. Ces yeux sont pareils à des dards de vengeance qui me disent : méfie-toi, vilaine fille, de ces propos que tu lances à tout venant. Ils te souillent la bouche et t’ensevelissent sous un tombereau de fiente...

   Le ton exalté de Soeur Jeanne effraya Elaine qui, instinctivement, recula.

   Le regard de la novice était celui d’une hallucinée. Elle plongeait ses bras dans l’eau, en ramenait des écuelles qu’elle frottait mécaniquement, tout en psalmodiant le « Je vous salue Marie ».

   - Jeanne, s’il te plaît, que t’arrive-t-il ?

   La novice pivota et dévisagea Elaine, comme si elle ne la reconnaissait pas.

   « C’est ma faute, c’est ma très grande faute... » commença-t-elle en esquissant un semblant de sourire. Mais ce dernier étira la bouche de la moniale en une grimace sardonique. Deux religieuses intervinrent alors pour calmer Sœur Jeanne, usant des mêmes mots que l’on emploie pour quelqu’un ayant perdu l’esprit. 

   Profondément affectée, Elaine s’éloigna et s’empressa d’aider d’autres Soeurs à préparer le repas du lendemain. Sur la grande table en bois, il y avait de la farine, de l’eau, du lait et du beurre. Deux religieuses étaient en train de pétrir une pâte. Elles accomplissaient ces gestes avec une grande douceur et riaient sous cape.

   C’était la première fois que la jeune femme était admise à la cuisine. Elle fut surprise de voir combien la communauté, loin du sérieux qu’elle affectait lors des messes quotidiennes, pouvait se révéler joyeuse. Il y avait là nombre de religieuses d’un âge équivalent à celui de Soeur Jeanne. Pour la plupart elles venaient de familles bourgeoises et une certaine nonchalance se faisait jour lorsqu’elles n’étaient plus sous la tutelle de la Supérieure ou de Soeur de la Miséricorde.

   - Viens te joindre à nous, lui proposa Soeur Adèle, les mains plongées dans la pâte. C’est délicieux de sentir cette matière. Ca colle à la peau, c’est gluant, puis en rajoutant de la farine, ça devient plus malléable et plus doux dans la paume de la main... Regarde !

   Elle se mit à malaxer la boule avec ferveur, une expression de bonheur enfantin sur les lèvres, faisant naître entre ses doigts un gros boudin de pâte dont l’extrémité commença à retomber mollement sur la table, au milieu de quelques rires discrets.

   - Vous n’avez pas honte ! s’exclama Soeur Jeanne en se dégageant soudain du groupe qui tentait de la calmer. On dirait un troupeau d’hétaïres ! Soeur de la Miséricorde va intervenir et vous mettra à l’amende... Comme moi. Vous serez obligées de porter le cilice et de rester allongées sur le sol dallé en récitant des kyrielles de Pater Noster et d’Ave Maria. C’est Satan qui vous inspire, mes Sœurs ! C’est le Seigneur des Enfers qui vous souffle vos actes impies.

   Redoutant une nouvelle crise, Sœur Lucie, chargée de l’économat, conseilla à ses compagnes de ramener la novice dans sa cellule. Cette fois, elles l’y entraînèrent de force.

   - Soeur Jeanne a été très éprouvée aujourd’hui, expliqua Soeur Adèle à Elaine. Elle ira mieux demain... Pour l’heure, elle semble habitée par des Forces qui dominent son entendement.

   Et la religieuse se signa dévotement, aussitôt imitée par ses compagnes.

   Mal à l’aise, Elaine s’en fut au milieu d’une conversation animée. Les Soeurs commentaient l’éclat de Soeur Jeanne avec, dans la voix, une réelle inquiétude.

***
(A Suivre)
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"Langue chargée...
- D'insectes?
- Exactement. Comment avez-vous deviné?"


1jour1actu.com

Goudron, insectes, poils : 
savez-vous ce que vous mangez ?
ELSA PONCHON

   (...) Des vessies de poisson, des glandes de castor, des cheveux... Le blog Word of mouth, hébergé par le journal britannique The Guardian, a choqué des milliers de lecteurs en révélant une liste de « dix ingrédients qui se cachent dans nos aliments ». Des additifs naturels ou de synthèse que l’on est susceptible de consommer tous les jours en Grande-Bretagne. Terra eco a voulu savoir si le consommateur français en avale aussi, à l’aide, notamment, de la base de données Open food facts. Verdict : gourmands et estomacs sensibles s’abstenir.

   / Le goudron sur le gâteau

   Pour décorer un joli gâteau au chocolat, il suffit de mettre de la couleur. Hop, des vermicelles arc-en-ciel de marque Vahiné : du rose, du bleu, du vert... et du goudron de houille, dont est issu un colorant de synthèse jaune, la tartrazine (E102). L’Union européenne oblige les fabricants à ajouter un message préventif sur leurs emballages car ce colorant est susceptible de provoquer des troubles de l’attention et de l’hyperactivité chez les enfants. Il présente également des risques d’allergies. Et la tartrazine ne se trouve pas que sur vos gâteaux : elle entre également dans la composition de certaines boissons gazeuses à l’orange ou dans l’enrobage de sucreries.

   / Des insectes dans les bonbons

   Vous aimez les fraises Tagada et les bonbons Haribo ? Si vos préférés sont les bonbons de couleur rouge, alors vous adorez les cochenilles, ces petits insectes dont est issu l’acide carminique (E120). Un colorant rouge 100% naturel, utilisé dans de très nombreux aliments de couleur rouge, orange ou rose selon Open food facts : les sucreries (Malabar tutti frutti, M&M’s), mais aussi la charcuterie (saucisses types Knaki de la marque Herta, merguez de la marque du distributeur Carrefour) et même les yaourts, chips et la croute du fromage à raclette de RichesMonts.

   / Le borax : pour ignifuger un meuble ou conserver le caviar

   Le borax ou tétraborate de sodium (E285) est principalement utilisé « dans les matériaux ignifuges (ininflammables) et les composés antifongiques (contre les champignons) », indique la blogueuse du Guardian. Mais il est aussi employé dans la restauration pour contrôler l’acidité de certains produits et comme conservateur, par exemple dans le caviar royal de Labeyrie.

   /  L’E900, un additif pour les implants mammaires et… les McNuggets

   Le polydiméthylsiloxane ou diméthicone (E900) est un additif de synthèse qui entre dans la fabrication du silicone utilisé dans les implants mammaires. Mais il sert aussi dans la restauration, où il est utilisé en tant qu’antimoussant, antiagglomérant et émulsifiant. On en trouve dans les huiles et dans les McNuggets de McDonald’s. Contacté par Terra eco, McDonald’s explique que ses nuggets sont cuits dans une huile contenant de l’E900 « en très faibles quantités » afin que celle-ci ne mousse pas et afin de « limiter les risques d’incendie ». Les McNuggets contiennent donc des traces de cet additif. La marque Auchan commercialise elle un pâté de tête avec une vinaigrette qui en contient.

   / Des cheveux humains dans le pain du petit-déj’

   Le L-cystéine (E920) est un additif issu des acides aminés contenus dans les poils des animaux et parfois... dans les cheveux humains. Selon une enquête menée par les journalistes Mike Adams et David Guiterrez, ces derniers proviennent de Chine. Cet additif est utilisé comme conservateur dans le pain industriel, mais également dans les préparations à base de canard ou de poulet. McDonald’s nous a également confirmé que la farine utilisée pour ses pains contient du E920. Sinon, vous le trouverez au petit-déjeuner dans le pain grillé Froment de la marque Chabrior, à l’apéro dans les bouchées créatives de Jacquet et au repas rapide du dimanche soir, dans la tarte aux trois fromages de Claude Léger.

   /  Propylène glycol : dans les antigels et… les cigarettes électroniques ?

   Le propylène glycol (E1520) est un additif de synthèse principalement utilisé dans les antigels, mais également dans les cosmétiques dont les dentifrices, shampoings, bains de bouche, ou comme principe actif dans les cigarettes électroniques. Il est utilisé dans l’industrie alimentaire comme émulsifiant dans les sauces et assaisonnements, ou « comme support dans les arômes alimentaires liquides », explique Charlotte Plouvier, aromaticienne.

   / De la vessie de poisson dans ma bière

   Vous aimez vous désaltérer avec une bonne bière. Une Guinness peut-être ? Sachez d’abord que la bière irlandaise contient une substance gélatineuse, l’isinglass, fabriquée à partir de vessies de poissons. Elle est utilisée pour clarifier, c’est-à-dire éliminer l’aspect trouble de la bière.


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(Le coeur embrasé
elle attendait celui ou celle
qui l'alimenterait)


CHRISTIAN SCHLOE -PORTRAIT OF A HEART (2013)

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"Avec Internet, j'ai appris à me coiffer
et à me lâcher un peu, quoi..."


Sommes-nous plus cultivés grâce à Internet ?
 Norca

   (...) Nombreux sont les personnes qui vous disent que grâce à Internet on peut tout savoir. Dans le fond c’est vrai. Mais avant Internet on pouvait aussi tout savoir, seulement les efforts pour y avoir accès étaient énormes. Mais connaissons-nous réellement plus de choses grâce à Internet ?

   Avant l’arrivée d’Internet, lorsque vous vouliez apprendre quelque chose, connaître une information vous deviez fournir un effort (vous déplacer à la bibliothèque, aller acheter un journal ou un livre, ouvrir un dictionnaire ou même sortir pour discuter avec d’autres personnes…). L’acte d’apprentissage partait d’une volonté, d’une motivation affichée et réelle. Il fallait une vraie raison ou une soif d’apprentissage certaine pour dépenser cette énergie, les tentations de distraction étaient nombreuses et les raisons de ne pas le faire également. 

   Par contre, les personnes qui se donnaient la peine de faire ces efforts ont mieux imprimé les informations car je pense qu’il est beaucoup plus facile de mémoriser quelque chose lorsque cela a été le fruit d’un effort voulu et surtout lorsque vous vous êtes concentré sur une information à la fois. Je pense que votre cerveau est plus apte à le stocker dans votre mémoire.

   Le web c’est exactement le contraire. L’accès à l’information est simple, très simple même mais la profusion d’informations ne vous simplifie pas la mémorisation. Une information vous entraîne vers une autre information etc. Vous avez l’impression de connaître pleins de chose tout en ayant l’impression de ne rien retenir. Cette sensation est étrange. 

   Aujourd’hui, pour la moindre définition d’un mot, vous prenez votre smartphone et dans la minute vous avez l’information, vous reprenez ensuite le cours de votre vie. La volonté de connaître ce mot ne s’inscrit pas dans un processus plus global comme la meilleure compréhension d’un concept, d’un livre, d’une conférence…non, ce fut juste pour le principe de le connaître. Ce qui, pour moi, entraîne inévitablement l’oubli de ce mot.(...)

   « Le web vous permet de commencer à découvrir des pans entiers de savoir auxquels vous ne soupçonniez pas l’existence et ce, de façon très simple d’accès. » Pour ce qui est de la fixation de ce savoir dans votre cerveau, je pense que l’acte volontaire d’aller le chercher, ou de le compléter grâce aux livres par exemple, est indispensable pour structurer une pensée.

   Le web a simplement, et c’est énorme, détruit les barrières sociales qui vous permettaient ou non d’accéder au savoir. Auparavant, si vous n’aviez pas eu cette éducation d’aller le chercher et bien vous ne l’aviez tout simplement pas. Maintenant vous pouvez l’avoir sans qu’on vous ait appris comment faire. Lorsque les livres de poche sont apparus, ils permettaient un accès plus simple au savoir et moins cher aussi, maintenant, c’est le web qui remplit cette mission et de façon extraordinaire.(...) 


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Luc Desle

lundi 26 novembre 2012

"Cet enfant aux yeux verts était plein de chlorophylle". Benoît Barvin in "Pensées pensées".

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Pensées pour nous-mêmes:

(LE TEMPS NE T'APPARTIENT PAS)

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(Miss Double-Gras 
présentant sa nouvelle collection)


(出典: pinaryolacan (xaginaから))

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"Mes intentions? Aller venger cette pauvre femme et...
quoi, je ne suis pas crédible. C'est parce que
je suis blonde, c'est ça?"


Guinée:
La trésorière du pays assassinée
Séni Dabo 

   (...) Dans la nuit du 9 novembre 2012, la directrice nationale du Trésor public, Aïssatou Boiro a été assassinée. Elle avait engagé une lutte contre la corruption et les détournements de deniers publics qui gangrènent ce pays d'Afrique de l'Ouest. (...)
   (...) Le message de ceux qui ont fait abattre cette dame de 58 ans est clair : on ne s’attaque pas impunément à leurs basses besognes. Et la défunte paie pour avoir démantelé un réseau qui avait essayé, en mai 2012, de détourner plus de 13 milliards de francs guinéens (1,5 million d’euros) de la Banque centrale de la République de Guinée. Cette opération mains propres avait mis au grand jour la cupidité et la prévarication auxquelles s’adonnaient certains cadres du Trésor public, du ministère des Finances et de la Banque centrale. 

   Apparemment, ceux qui se sont fait prendre à l’époque n’ont pas dit leur dernier mot. Mis sur la touche, licenciés, emprisonnés, bref, humiliés, ils rêvaient de prendre leur revanche sur ce Zorro en jupons qui a mis du sable dans leur couscous. Dès lors, celle qui a osé empêcher des fonctionnaires de tomber à bras raccourcis sur les deniers publics, s’était volontairement mise dans leur viseur. Malgré les menaces de mort dont elle était l’objet, rien n’a visiblement été fait pour la protéger. La preuve, c’est la facilité avec laquelle elle a été tuée par balles, en circulation, alors qu’elle revenait d’une réunion au ministère des Finances dont relève son service. (...)
Lire la suite sur:


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(Le chat en boîte, première génération...
Admirez la position précise du
regard et la pureté des lignes...)


(出典: mariusu (outerlimboから))

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"Ben... si vous mangez notre nourriture,
nous, on meurt de faim... et vous aussi,
qui nous mangez et qui... Ou làlà,
c'est philosophique, ce débat..."

Vous reprendrez bien 
un peu de steak d’herbe ?
René Didde
De Volkskrant 

   (...) Gjalt De Haan est exploitant agricole dans la Frise, province du nord des Pays-Bas. Il emploie 35 personnes pour faucher l’herbe, entretenir les bords des fossés et faire fermenter la biomasse. Au tout début de ce siècle, Gjalt De Haan a remarqué que les années fertiles engendraient un gigantesque surplus d’herbe : environ 1,5 million de tonnes. L’agriculteur s’est alors demandé s’il était possible d’utiliser cette ressource pour fabriquer des produits à forte valeur ajoutée : des fibres pour le carton, de meilleurs aliments pour les porcs… et pourquoi pas des produits alimentaires pour les êtres humains ? 

   Du pur délire ? Pas du tout. Sept ans plus tard, des chercheurs de la société Nizo Food Research, à Ede, s’apprêtent à explorer de nouvelles pistes. Ils isolent notamment des protéines intéressantes comme la RuBisCO, une enzyme contribuant au processus de photosynthèse chez les plantes, pour les appliquer à l’alimentation humaine. “Nous disposons de la technologie nécessaire pour isoler les protéines de l’herbe et les utiliser dans des soupes, des sauces ou des desserts”, précise le chercheur Bart Smit. “Si nous parvenons à agglutiner la protéine et à lui donner une texture de viande, il n’est pas inconcevable que l’on puisse produire un jour un steak d’herbe”, ajoute René Floris, qui travaille égalementchez Nizo Food Research. 

   Tout a commencé par un test réalisé par Gjalt De Haan en 2006, avec entre autres des chercheurs de l’université de Wageningen et Courage, une plateforme d’innovation pour l’élevage de vaches laitières, dans la petite ville frisonne de Grouw. Si l’être humain ne peut pas consommer d’herbe, c’est parce que son système digestif n’est pas en mesure de décomposer correctement ces fibres végétales. Les acides aminés présents dans l’herbe ne peuvent donc pas être libérés pour contribuer par exemple à la construction des muscles. Un phénomène d’autant plus frustrant que les acides aminés contenus dans l’herbe sont parfaits pour les êtres humains. “Il y a un certain nombre d’acides aminés que nous ne pouvons pas fabriquer nous-mêmes. L’herbe les contient tous”,explique Johan Sanders, professeur d’agrotechnologie et de sciences de l’alimentation à l’université de Wageningen. (...)

   (...) Enfin, il y a le cas des êtres humains. “La protéine RuBisCO est plus nourrissante que le soja et se digère mieux sous forme de gélifiant dans les desserts, d’agent de texture dans les mousses et de stabilisateur d’émulsions dans les soupes”, reprend René Floris. La protéine de soja, que l’on utilise pour ces applications, doit souvent être complétée par des additifs. “Mais la protéine de l’herbe, la RuBisCO, fait le travail sans aucune aide.” Les prés verdoyants seront-ils bientôt fauchés pour produire des steaks d’herbe ? Les terrains de sport et les étendues d’herbe dans les parcs serviront-ils à fabriquer des yaourts compacts et versera-t-on le produit de la tonte de votre jardin dans la mousse au chocolat ? Pas du jour au lendemain, pense Hans Van Trijp, professeur de marketing et spécialiste du comportement des consommateurs à Wageningen. “Mais la RuBisCO va certainement gagner du terrain.”(...)
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Benoît Barvin (Avec le concours de Jacques Damboise)