Bonjour à vous qui, dans le maelström du net, êtes arrivés, par hasard? lassitude? erreur? sur ce blog. Vous êtes les bienvenus. Vous y lirez des extraits d'articles, de pensées, d'interviews, piochés ça et là, et illustrés de photos et dessins détournés, via un humour de bon aloi. Vous pouvez évidemment réagir avec le même humour, la même ironie que nous mettons, chaque jour, à tenter de respirer un peu plus librement dans une société qui se corsète chaque fois un peu plus.
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jeudi 23 mai 2013

"Ce ciel bleu était aussi pur que mes intentions ne l'étaient pas". Jacques Damboise in "Pensées inconvénientes".

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Pensées pour nous-mêmes:

(LA ROUTE QUI MÈNE A LA VÉRITÉ
EST PEUT-ETRE UN LEURRE.
PEUT-ETRE PAS.)


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LONG RÉCIT AU LONG COURS (1/16)
pcc Benoît Barvin et Blanche Baptiste


 Elaine Cantagril discute avec la jeune Soeur Jeanne, une novice, qui laisse filtrer que, dans le couvent, le "Diable", parfois, interviendrait. Que veut-elle dire?


ANGÉLUS 
ou 
LES SECRETS DE L’IMPALPABLE

Goya


   Le reste de la journée fut maussade. Soeur Jeanne avait disparu. Seule la vieille religieuse se retrouva plusieurs fois dans les parages d’Elaine, mais elle se contenta de la fixer de son oeil noir qui lui glaçait les os. 

   Qu’avait pu vouloir dire Soeur Jeanne avec ses sous-entendus sur la Mère Supérieure ? Bien sûr, Elaine n’ignorait pas que dans toute congrégation il y avait des luttes d’influence ; que les Soeurs éprouvaient, elles-aussi, des sentiments qui pouvaient rendre le chemin vers la sainteté beaucoup plus escarpé. Pour l’heure, cependant, ce n’était pas son problème. Elle se retrouvait seule et s’ennuyait. Elle se promit d’en apprendre davantage plus tard et elle s’échappa du monastère en catimini.

***

   Il ne lui fallut qu’un quart d’heure pour atteindre le village. La fin de journée était encore chaude. Ce printemps promettait et la jeune femme ressentit cette douceur comme une injustice. 

   Elle aurait pu se trouver ici avec Adrien car il y avait des amis d’enfance chez qui il avait passé autrefois ses vacances d’été. Elle se voyait, pendue à son bras, parcourir les ruelles de Fontseranne qui, en cette fin d’après-midi, s’emplissaient de chalands heureux de vivre. Les échoppes bruissaient de mille conversations et les visages qu’elle rencontrait étaient monstrueusement souriants. Elaine en eut la gorge serrée.

   Une nouvelle fois elle se reprocha son incroyable légèreté. Est-ce pour son aspect extérieur qu’on aime quelqu’un ou est-on attiré par lui pour la générosité de son âme ? La question n’avait pas lieu d’être et cependant c’était elle qui avait amené Adrien à s’endetter pour acheter ces fameux onguents.

   Leur cherté avait été un sujet d’âpres discussions entre elle et le jeune homme. Si, au début, elle avait apprécié la transformation de sa peau, son côté lisse et agréable au toucher, elle avait fini par considérer qu’il dépensait beaucoup trop et que cela présageait peut-être une vie commune difficile.

   Il paraissait différent, tout entier habité par une idée fixe : se passer l’onguent sur le corps pour le rendre le plus doux possible. Et même si Elaine en profitait, elle ne trouvait pas cette préoccupation très saine. 

   De plus, Adrien avait commencé à insister pour qu’Elaine utilise également ces liniments car il trouvait, à son tour, que la peau de la jeune femme n’était pas aussi soyeuse, agréable et désirable qu’elle aurait pu l’être.

   - Depuis que j’utilise ces onguents, je me sens différent, répétait-il souvent. La vie prend une autre tournure. C’est comme si je devenais quelqu’un d’autre... Comme si je pouvais, enfin, réaliser mes envies secrètes. Parfois je me dis que ces crèmes sont magiques, avait-il ajouté un soir, les yeux écarquillés, la bouche vermeille, en se caressant le buste comme une femme...

***

   Tout à ses souvenirs douloureux, Elaine était passée devant la mairie et c’est dans une ruelle qui donnait sur la place de l’église du village, qu’elle tomba en arrêt devant une échoppe. Un nom avait été gravé sur un écriteau de bois : « Angélus Gabrielli »

   Il s’agissait d’une petite boutique. Une devanture refaite depuis peu affirmait que l’apothicaire de l’échoppe était un maître en la matière. S’ensuivait une suite de noms de maladies, toutes plus barbares les unes que les autres, qu’Hélène supposa guéries par le maître des lieux. La vitrine était artistiquement composée de nombreux bocaux et de quelques images représentant des gens souriants, publicités vivantes pour différentes pommades dermiques.

   La porte qui donnait sur l’échoppe était entrouverte. Une odeur bizarre s’en échappait, mi-douceâtre, mi-amère, une odeur qui vous enveloppait dans une caresse un peu molle, vous aspirant peu à peu, contre votre gré.

   Elaine allongea le cou. Elle pouvait voir jusqu’au fond de la boutique car cette dernière était éclairée à la fois par la devanture et par des lampes à huile. A travers une vitre décorée comme un vitrail de cathédrale, les rayons filtrés du soleil déclinant donnaient à l’ensemble un air paisible. L’intérieur de la boutique ressemblait à un musée rempli de dizaines de fioles, de bouteilles, de verres, de pots, disposés pour la plupart sur des étagères tapissant les murs. 

   Une suspension ouvragée éclairait toute une panoplie de récipients et Elaine distingua des couleurs bizarres, certaines chatoyantes, d’autres pastel brillant à l’intérieur de chacune des fioles. Était-ce l’illusion des reflets provoqués par la lumière ? Toujours est-il qu’elle eût la sensation que les liquides se tordaient tels des serpents, qu’ils évoluaient avec lenteur dans leur geôle de verre de manière menaçante et ce mouvement, réel ou fictif, finit par lui procurer une sensation désagréable.

   La jeune femme se secoua et, pour neutraliser le malaise naissant, elle tenta de distinguer l’apothicaire. D’abord elle ne vit personne. Puis un léger bruit, venu de la droite, l’attira.

   Elaine se recula et observa plus attentivement la devanture. C’est alors qu’elle vit se glissant par dessous une étoffe qui dissimulait une partie du magasin, une main étrange tenant fermement un flacon. Les doigts aux ongles noirs étaient déformés et le dessus de cette main gauche également, avec sa peau grumeleuse et violacée par endroit. On eût dit que la main, dont on n’apercevait pas l’avant-bras, évoluait toute seule, comme si elle s’était détachée de son propriétaire afin de prendre ses aises.

   Fascinée par ce spectacle macabre, la jeune femme n’en finissait pas de disséquer cette chose quasi inhumaine qui disposait maintenant dans la vitrine d’autres flacons aux contenus sulfureux.

   En dépit de la douceur de l’air, Elaine frissonna et fut saisie par un froid de glace. L’espace d’une seconde, elle aperçut une crinière blonde et l’éclat d’un regard qui se posait sur elle. La jeune femme n’eut pas le temps de réaliser que, déjà, l’apparition avait disparu derrière son rideau de théâtre.

   Elaine se secoua, persuadée qu’elle avait été victime d’une hallucination. Elle hésita puis tourna les talons et se dirigea vers l’église d’un pas mal assuré, convaincue qu’elle trouverait là un peu de réconfort. Mais le malaise éprouvé persista jusqu’au porche. 

   Quand elle l’atteignit, elle se retourna et crut apercevoir, sur le pas de porte de l’échoppe, une silhouette au visage blafard tourné dans sa direction.

***
(A Suivre)


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(Le diable courait avec les jockeys...)

Heinrich Kley (1863 – 1945)

Alcool, coke et régime : 
les addictions reines du hippisme
Clément Guillou

   (...) Richard Hughes vient de s’enfiler une bouteille et demie de champagne, 10 oranges et pas moins de 14 diurétiques. Coincé dans les bouchons, quelques heures avant la course de l’année, il sent sa vessie exploser. La route s’ouvre, il court aux toilettes. Pisse, pisse encore, pisse toujours, au moins 30 secondes, jusqu’à ce que la douleur s’en aille. Puis il s’évanouit, trop faible.

   La scène est révélatrice des folies que s’imposent les jockeys. Elle ouvre « Un poids en moins » (« A weight off my mind »), l’autobiographie de l’un des plus improbables cavaliers que l’Irlande ait produit. Richard Hughes raconte notamment ses dix années d’alcoolisme et les contraintes qu’il imposait à son corps, bien trop grand pour ce métier – 1,75m.

   Lee Mottershead, auteur du livre, explique à Rue89 : « Comme beaucoup de jockeys, il buvait, en partie pour contrôler son poids, en accompagnant l’alcool de diurétiques. Cela a entraîné une prise d’alcool de plus en plus excessive. Il n’arrivait plus à s’en sortir. » (...)

   (...) Dans les courses, l’appel de la bouteille et la menace de la balance vont de pair. L’alcool déshydrate, donc vous emmène plus facilement aux toilettes, et agit comme antidouleurs. Pour Manuel Aubry, cavalier d’entraînement à Maisons-Laffitte, c’est l’une des trois passions des jockeys, avec les chevaux et les filles.

   « La vie d’un jockey de course, c’est le matin l’entraînement, l’après-midi aux courses et le soir la fête. Pas tous les soirs, mais souvent, on est cramé à 23 heures. Pas mal de vin blanc et de champagne, parce que ça fait pas grossir. Trouve-moi quelqu’un des courses qui ne picole pas ! »

    Manuel Aubry a 34 ans mais n’est jamais monté en course : « trop gros ». Il n’a jamais voulu s’astreindre aux régimes que doivent s’infliger ceux trop grands pour faire ce métier, mais trop talentueux pour ne pas le faire. « Mon poids, c’est 73 kilos. Je suis descendu à 66,5 : je faisais de l’hypoglycémie » (...) Et c’était encore trop lourd pour être jockey.

   Manuel est entré dans les courses par passion, comme tout le monde. Antoine Lhérété, prometteur jockey de trot de 19 ans, le dit à sa façon : « Faut être passionné à fond, parce que c’est pas facile tous les jours : le rythme de travail, les sept jours sur sept... » (...)

   (...) Quelques jockeys ont la belle vie mais ils ne sont pas nombreux et leur succès peut être éphémère. Quand on est si maigre, une mauvaise chute est vite arrivée. Seuls les « cracks » échappent à l’éreintant curage des box, qui commence tous les matins à 6 heures, puis la monte de chevaux pas encore débourrés ou récalcitrants, parce qu’il pleut ou qu’il fait 40 degrés.

   Ça, c’est le quotidien de la grande majorité des jockeys, et des « lads » – garçons d’écurie. Les premiers l’agrémentent de quelques courses et d’un salaire très correct, grâce aux primes – un jockey moyen gagne rapidement 3 000 euros par mois. Pour les lads, en revanche... Manuel Aubry en a vu quelques-uns mal tourner :

   « Parmi les lads, il y a beaucoup d’anciens jockeys. Le poids les a rattrapés, ou France Galop leur a retirés leur licence parce qu’ils ont provoqué des accidents. Mais ils sont restés alcooliques. Ils font des boxes toute la matinée, payés 1 000 euros et dorment dans une chambre de 9 mètres carré, parce qu’ici [à Maisons-Laffitte, Ndlr], l’immobilier est très cher. »

   Franck [son prénom a été changé pour protéger son emploi, ndlr], par exemple, a dû arrêter de monter parce qu’il commençait à « faire n’importe quoi, à accepter de monter à n’importe quel poids ». Il a alors goûté au boulot et au salaire d’un lad :

   « Faut pas se leurrer, si tu fais ce métier et que tu montes pas en course...C’est un truc de crève-misère. Tu gagnes royalement 1 500 euros par mois quand l’écurie est en forme, et ce sera ça toute ta vie, sans augmentation. Dans les courses, il y a de l’argent, oui, chez les propriétaires. Mais les entraîneurs n’en ont pas spécialement et les lads encore moins. » (...)

Pour la suite (coke, etc) lire sur:




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"Une piscine sans eau!?
Vous êtes sûrs?
La pauvre..."


from skunkfunker


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"French? So WHAT!?"


"Refusons le sabordage du français", 
par Claude Hagège

   (...) La France n'est certes que la source historique, et non la propriétaire exclusive de la langue française, que partagent avec elle, à travers le monde, les soixante-dix-sept Etats et gouvernements constituant ensemble l'Organisation internationale de la francophonie (OIF). Du moins jusqu'ici. Car le projet de loi Fioraso, qui veut imposer, en faveur de l'anglais, une très large extension des exceptions au principe du français langue de l'enseignement, des examens et des concours, pourrait avoir pour conséquence, du fait de la valeur symbolique d'un acte de sabordage du français par la France officielle elle-même, un doute croissant quant à la légitimité de la promotion de cette langue par les autres pays francophones.

   Heureusement, quelques espoirs subsistent : le directeur du Salon du livre du Beyrouth me disait, à la fin d'octobre 2009, en un français aussi classique que sa voix était sereine et teintée d'ironique mépris : "Laissez là vos alarmes : si la France torpille le français, d'autres pays seront toujours là pour le revigorer et galvaniser sa diffusion !"

   On se demande, pourtant, d'où peut bien venir, en France, cet acharnement contre la langue française. De la monarchie à la République, surtout aux heures les plus tragiques de cette dernière, tout illustre ce dicton : "C'est par sa langue que vit une nation." Les dirigeants de la nation française sont-ils donc saisis d'une pulsion d'autodestruction ? A supposer que tel ne soit pas le cas, tout francophone lucide ne peut qu'adresser aux gens de pouvoir à Paris et aux intellectuels malvoyants qui les inspirent, le message suivant : "N'entendez-vous pas s'esclaffer les étudiants étrangers que votre exorbitante et naïve assurance prétend attirer dans vos universités et vos écoles par un enseignement en anglais, alors qu'il n'y est pas langue maternelle ? 

   Ne voyez-vous pas que les mieux informés d'entre eux commencent à avoir pitié de votre dérisoire servilité face aux mécanismes du profit, et à se demander quelle déplorable aliénation vous torture, alors qu'ils respectaient jusqu'ici la culture et la langue françaises ? Allez-vous protéger enfin vos tympans contre les sirènes des universitaires liés par des conventions avec des établissements anglophones, et qui n'ont pas encore compris que c'est en utilisant le français qu'ils accroîtront le prestige de leurs travaux, et non en mordant le sol devant l'anglais ?"

   Le français est depuis le XIIIe siècle une langue à vocation internationale, d'abord européenne, puis levantine, puis mondiale. Il est aujourd'hui la seule langue, avec l'anglais, qui soit présente sur les cinq continents. Chaque réunion de l'OIF montre que la promotion du français encourage celles de toutes les autres langues des pays membres. Madrid, Lisbonne-Brasilia, et maintenant Pékin dressent, face à la résistible domination de l'anglais, l'arme irrésistible de la diversité. Et c'est à ce moment même que la France, qui possède une longue antériorité historique dans l'illustration de sa langue, devrait sacrifier cette dernière aux pauvres pièges de l'argent ? !

   Il est encore temps de réagir devant le burlesque en passe de devenir le consternant. Il est encore temps de se mobiliser avant qu'un projet de loi porteur du cancer ne soit proposé à la représentation nationale. Une partie grandissante du public bien informé est en train de se déprendre du vertige de l'américanisation déguisée en mondialisation. L'Académie française, elle aussi, dénonce un projet suicidaire. (...)


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Benoît Barvin

lundi 15 octobre 2012

"Lesté par un délicieux kouglof, il coula à pic immédiatement". Jacques Damboise in "Pensées à contre-pet"

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Pensées pour nous-mêmes:

(L'AIR QUE TU RESPIRES TE RELIE AU MONDE.
VEILLE A CE QU'IL SOIT PLEIN DE QUIÉTUDE)

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"Tu en penses quoi, de ma nouvelle création?
- Gloug..."

LEONARD FREED

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"Si je sais faire le grand écart?
Voyez par vous-même..."
Leylet hob” (Night of love) by Mohamed Abdel Wahab

Yamina Benguigui, 
la diva du Quai
 Sophie Des Deserts

   (...) Comme pour chasser les mauvais esprits, elle a semé partout des bougies parfumées. Dans cette annexe sombre du Quai-d’Orsay, les petites flammes éclairent le chemin des visiteurs dans un nuage d’ambre et de citronnelle. Madame la Ministre déléguée à la Francophonie, Yamina Benguigui, s’avance. Déhanché de top-modèle, sourire et chemise immaculés, tout est sous contrôle, avec ce qu’il faut de poudre, de vernis et de langue de bois débitée tout doucement. "Thé ? propose-t-elle. Quelques mignardises ?" On tente de l’imaginer au Sommet de la Francophonie de Kinshasa. Prenant la parole devant des délégations du monde entier, évoquant, aux côtés de François Hollande, l’avenir de l’Afrique, la crise au Mali… avant de s’envoler vers un camp de réfugiés de Goma, coeur de la fournaise congolaise, avec la promesse d’une aide de 2 millions d’euros. "'Michael Jackson' [son surnom au ministère] va mettre un gilet pare-balles", ricanent déjà les diplomates.(...)

   Laurent Fabius eut du mal à masquer son agacement quand il apprit que Mme Benguigui ferait partie, sous sa tutelle, de l’aventure gouvernementale. Surprise du chef ! La veille, François Hollande avait prié Bertrand Delanoë de lui suggérer trois noms pour le poste – non stratégique mais néanmoins symbolique – de ministre de la Francophonie. "Je veux une femme de la diversité", insistait-il. Quand le maire de Paris lui proposa son adjointe chargée des droits de l’homme, le président dit : "Yamina. Oui, très bien." Il connaissait de loin son combat pour la diversité, son documentaire "Mémoires d’immigrés", qui, en 1997, avait bouleversé la France. Elle s’est rappelée à son souvenir durant la campagne avec un manifeste pour les mères issues de l’immigration. Valérie Trierweiler avait alors partagé un petit déjeuner au George-V avec "Yamina" et sa meilleure amie, Isabelle Adjani. 

   Ce jour-là, la compagne de Hollande n’avait pas le moral : des paparazzis menaçaient de publier les photos d’un de ses fils mis en cause dans une affaire de cannabis. La cinéaste, bien introduite dans la presse people, avait passé quelques coups de fil pour éloigner le danger. Elle est comme ça, Yamina, toujours prête à rendre service – "notre mère à toutes, dit la comédienne Elsa Zylberstein, un modèle d’humour, d’optimisme et de force". La première dame aussi est tombée sous le charme.(...)

   Ainsi, à 55 ans, Yamina Benguigui est devenue ministre. Lorsqu’elle a annoncé la nouvelle à sa mère, celle-ci a soupiré : "Ah, mais tu en es capable ?" Venant de Mme Belaïdi, qui, débarquée d’Algérie dans les brumes de Saint-Quentin, dans l’Aisne, a élevé six enfants aux côtés d’un dur à cuir du Mouvement national algérien (MNA), le frère ennemi du FLN, avant de divorcer et de se remettre au travail comme femme de service dans une clinique, c’était dur à entendre… Yamina a toujours pris le parti de sa mère et adopté sa combativité. "Nous, on n’a hérité de rien, rappelle-t-elle, l’oeil fébrile. On a tout construit par nous-mêmes." Elle n’en dira pas davantage : "Votre portrait, c’est une mise en danger."

   Jadis, la cinéaste a volontiers raconté la rupture avec ce père qui, petite, l’initiait à l’arabe et à la lecture du "Monde", avant de vouloir la marier au bled. L’exil à Paris, le combat pour récupérer les deux cadets emmenés en Algérie par le géniteur. Il ne lui pardonnera jamais. Elle ne s’en remettra jamais. Mais elle a gagné. Dans la famille Belaïdi, tous ont réussi, les filles surtout : l’une est chef d’entreprise, ex-porte-parole de la diversité au Medef, une autre est adjointe de Xavier Bertrand à la mairie de Saint-Quentin, la dernière a créé un festival de cinéma… Yamina, elle, a épousé un dentiste, dont elle est aujourd’hui séparée, Francis Benguigui, cousin de Patrick Bruel, proche de SOS Racisme et du Grand Orient, avec qui elle a eu deux filles et une jolie vie dans le 16e arrondissement de Paris. C’est là qu’elle a bricolé ses premiers documentaires.(...) 

   "Comme Rachida Dati, Yamina a toujours cru en son destin", dit l’humoriste Smaïn, qui connaît bien les deux femmes. "Elles ont en commun cette séduction, cette ambition, cette capacité à créer leur propre ascenseur social." L’une et l’autre se sont construites en parallèle, parfois même ensemble au gré d’une amitié mêlée de solidarités et de jalousies. Yamina Benguigui aussi a grandi à l’ombre d’une marraine célèbre, Danielle Mitterrand, qui l’a fait travailler à sa fondation et l’a poussée à réaliser "Mémoires d’immigrés". L’oeuvre de sa vie, prélude à d’autres travaux de qualité sur les femmes musulmanes, les discriminations, le 9-3… qui lui permettront de rencontrer Mandela, Bouteflika et tant d’autres, artistes, politiques, chefs d’entreprise.

   Yamina aussi a percé tous les cercles de pouvoir, du Siècle au Medef, et côtoyé de près les puissants comme Pinault, Bébéar… et Marc Ladreit de Lacharrière. Le richissime banquier, père d’une fondation pour la culture et la diversité, lui a été présenté par Dati, qui n’en finit pas de s’en mordre les doigts. Plus séduit par Yamina, cette "fille tout-terrain délicieuse et déterminée, mais absolument pas cynique", le mécène a financé sa société de production. Et dire que Nicolas Sarkozy aurait pu, lui aussi, succomber. A sa demande, l’été 2006, à Arcachon, Bernard Montiel a organisé un dîner avec la cinéaste et Isabelle Adjani. "Sarko m’a dit : “Elle est incroyable, ta copine”, se souvient l’animateur. Mais Yamina lui a gentiment fait comprendre qu’elle avait le coeur à gauche."(...) 

Lire la suite sur:


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"Mon fils est un insatiable lecteur...
Mais question rangement, il se pose un peu là...
Et qui c'est qui range tout ce fout... ensuite, hein?
Devinez un peu!"

A boy sits reading in a bombed bookstore, London, October 8 1940


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"Moi? Animal dangereux?
Vous n'y pensez pas!
Animal bien juteux, peut-être,
fondant, à la rigueur...
Mais dangereux? La bonne blague!"
Tirelire le cochon qui rit jaune Leblon-Delienne ...


Etats-Unis: Un fermier mangé 
par ses cochons dans l'Oregon
P.B.

   La police enquête pour déterminer s'il s'agit d'un accident ou d'un acte criminel...

   Il était parti nourrir ses bêtes. Terry Gartner n'est jamais revenu. Et pour cause:selon les autorités, ce fermier de l'Oregon s'est fait manger par ses porcs, dans des circonstances encore non élucidées.
   La police n'a retrouvé que son dentier et des restes de quelques membres mais tout le reste du corps a été ingéré par les animaux. (...) 

   (...) Un acte criminel n'est pas exclu. Ceux qui ont vu Snatch ou Deadwood le savent bien: le porc, un animal omnivore de 350 kilos, est un moyen «old school» parfois employé par des criminels pour se débarasser d'un corps.

    Pour l'instant, la police privilégie toutefois la thèse de l'accident. Les premières analyses n'ont pas permis de déterminer si le fermier a été attaqué par ses bêtes ou s'il a été victime, par exemple, d'une crise cardiaque.(...)

   (...) Selon son frère (non suspect?), Terry Gartner avait accidentellement marché sur un porcelet récemment, et la mère avait fait preuve d'un comportement violent. Dans un premier temps, le fermier avait décidé d'envoyer la truie à l'abattoir, avant de changer d'avis.



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Benoît Barvin

lundi 8 octobre 2012

"Il déshabillait les statues à coups de burin". Benoît Barvin in "Pensées pensées".

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Pensées pour nous-mêmes:

(AVANCE A TON RYTHME
C'EST CELUI QUI TE CONVIENT)

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"Hop là, de plus en plus vite,
de plus en plus vite,
de plus en plus..."


(Le couple fut indisponible pendant les semaines
où les deux zigotos furent soignés à l'hôpital
pour de multiples luxations des os)

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"Je regarde bien en face
ma vision nombrilesque
en train de disparaître"


Un petit francais regarde bien en face 
Bernard Aldebert 1er decembre 1943



Pascal Boniface : 
"Le poids de la France dans le monde ? 
Soyons lucides..."
Propos recueillis par Denis Lafay 
(Acteurs de l'économie) 

   (...) De la crise européenne à celle de la Géorgie ou au soulèvement libyen, c’est dans ce domaine de la diplomatie que l’action de Nicolas Sarkozy et celle d’Alain Juppé trouvèrent le plus de relief. Comment peut-on distinguer ce qui relevait de la communication et de l’abnégation ? La bonne gestion apparente de quelques spectaculaires sujets reflétait-elle l’ensemble de la politique diplomatique ou cherchait-elle à masquer l’influence déclinante de la France au sein des instances internationales ou dans le concert économique mondial ?

   Le supposé succès de la politique étrangère de Nicolas Sarkozy n’est pas évident. J’en veux pour preuve que lors de la campagne il n’a pas cherché à exploiter le triple avantage concurrentiel que ce soi-disant bilan, l’exercice du pouvoir pendant cinq ans, et l’inexpérience de son adversaire dans ce domaine étaient censés lui conférer. Il eut été pourtant aisé d’afficher l’image du “pilote”, du “protecteur”, même du “sauveur”. Et d’ailleurs, lors de la Conférence des ambassadeurs en 2011, il avait clamé qu’en matière de politique étrangère, de crédibilité et de reconnaissance sur la scène mondiale, de gestion de la crise de l’euro, d’influence au sein des instances de gouvernance internationale, il ferait la “différence” avec son futur adversaire socialiste. Sans doute finalement n’était-il pas convaincu lui-même de son action et de son crédit dans ce domaine… Il n’est pas parvenu à modifier la gouvernance économique internationale – ce que personne ne peut lui reprocher, tant la tâche est considérable. 

   La gestion “bloquée” du dossier syrien résulte directement de celle, spectaculaire, de la Libye : l’activisme, plutôt “facile”, exercé pour renverser Kadhafi a aujourd’hui pour répercussions collatérales les vétos russe et chinois au conseil de sécurité de l’ONU. Bref, en matière de diplomatie et de défense des couleurs françaises à l’étranger, le général de Gaulle et François Mitterrand demeurent inégalés, et Nicolas Sarkozy n’aura pas singulièrement marqué sa présidence. Ce qui peut réellement être placé à son crédit, c’est la jugulation du conflit ivoirien ; l’intervention militaire extérieure résulta d’un consensus international et respecta les principes domestiques du suffrage universel.(...)

   (...) L’âpreté du combat des indépendantistes en faveur de sa défense et la victoire finale, même très étriquée, de Pauline Marois (PQ) lors des récentes élections au Québec, en témoignent : la langue française n’a jamais autant été sous la menace anglo-saxonne. La démographie des pays émergents non francophones et la stratégie expansionniste de certains d’entre eux dans les zones francophones, notamment la Chine en Afrique, scellent-elles le rayonnement de la francophonie ? Dans ce domaine, la France a-t-elle abdiqué?

   Pendant très longtemps, le combat en faveur de la francophonie fut considéré quelque peu “ringard”, et la stratégie était essentiellement défensive : il s’agissait davantage d’interdire l’anglais que de promouvoir la langue française. Depuis peu, cette vision de la francophonie se modernise. Une dynamique plus conquérante et plus positive s’impose, qui dépasse le seul périmètre de la langue et englobe celui, essentiel, des valeurs.

   François Hollande avait promis une rupture profonde de la diplomatie française en Afrique et martelé la fin de la France-Afrique. Ses tergiversations à participer au sommet de la francophonie à Kinshasa les 13 et 14 octobre témoignent que le double poids de l’histoire et des intérêts économiques de la France en Afrique – qui pourrait réunir en 2050 80 % des francophones – continue de peser lourdement…

   Que François Hollande ait finalement déclaré se rendre au sommet de Kinshasa est important et même courageux ; la facilité était d’y renoncer, au nom du régime despote qui gouverne la République démocratique du Congo, mais c’eut été une grave erreur, car la   France se serait coupée de toute la base francophone.

   La rhétorique officielle évaluant à 800 millions le nombre de francophones en 2 050 est fortement discutable ; en effet, elle résulte d’un agrégat erroné additionnant toutes les populations des pays appartenant à la francophonie. Or tous ces habitants ne sont pas francophones. S’il ne faut pas céder à l’illusion lyrique d’une francophonie dominatrice, il faut quand même constater – et se réjouir – des résistances qu’elle déploie et des marges de manœuvre qu’elle peut exploiter à condition de se doter d’un projet politique collectif qui ne soit pas réduit aux intérêts particuliers de la France. Ainsi reliée à la diversité culturelle et animée par une logique multilatérale de grande tolérance, une francophonie vivante et ambitieuse pourrait alors prospérer.

   Quant à cette fameuse France-Afrique à laquelle il faudrait mettre fin, soyons attentifs à en disséquer l’objet. Si ce dernier est de poursuivre les caciques qui ont rapatrié en France des biens mal acquis dans leur pays, de s’opposer concrètement aux régimes dictatoriaux, issus d’une transmission héréditaire du pouvoir, pourfendeurs de la démocratie, et indécemment corrompus au détriment des intérêts du peuple, oui. Pour autant, la fin de la France-Afrique ne doit nullement signifier la fin d’une politique de la France en Afrique. Car alors le coût stratégique et économique serait élevé autant pour la France que pour les pays d’Afrique. Surtout au moment où le continent entre de plein pied dans la mondialisation, se développe aussi bien démographiquement qu’économiquement – la faillite de la RDC, du Zimbabwé, ou de la Somalie ne doit pas occulter les 5 % de croissance moyenne sur les dix dernières années –, et constate l’intérêt grandissant que la Chine, le Japon, les Etats-Unis, et même le Brésil lui portent. (...)

A lire l'interview sur:


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"Je cherche mes lunettes? 
Vous ne les auriez pas vues?
Hihihi...
- Les cherche pas.
Ça t'évite de te voir tel que t'es,
hé, pimbêche!"

Greer Garson
http://steamboatbilljr.tumblr.com/

(Ce public n'était pas très indulgent)


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"Comment ça je vous dois quelques millions?
Qui diantre êtes-vous?
- Votre arrière-arrière petit-fils, pépé,
et ce pognon, je le veux!"

Dessin Fred Funcken


La saga du macchabée congelé
Courrier international

   (...) Course de cercueils, défilé de corbillards, visite au défunt : le Frozen Dead Guy Festival – Festival du type congelé – continuera, avec ou sans macchabée congelé. Des milliers de personnes se réunissent chaque année dans le Colorado pour faire la nique à la mort autour de la dépouille de Bredo Morstoel. Ce Norvégien a passé l’arme à gauche en 1989. Son petit-fils, Trygve Bauge, a fait cryogéniser son grand-père dans l’espoir qu’avec les progrès de la médecine, son aïeul serait un jour ramené à la vie. (...)

   (...) Le corps est conservé à moins 31 dans un abri, à Nederland, et un livreur apporte chaque mois 770 kilos de glace carbonique pour le maintenir en état. Ou plutôt, apportait, car le croque-mort a rendu son tablier, son employeur refusant selon lui de l’augmenter en dépit de la flambée du prix de l’essence et de la glace. Dès lors, M. Bauge menace de transférer Bredo Morstoel à l’institut cryogénique du Michigan, où il serait conservé (à prix d'or) dans de l’azote liquide. A Nederland, avec ou sans mort, on compte bien poursuivre les festivités. "Qui sait, on le reverra peut-être un jour, vivant, et sur ses deux pieds", commente dans le Daily Camera le réalisateur Robin Beeck, auteur d’un documentaire sur la saga du grand-père congelé. (...)


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Luc Desle