Bonjour à vous qui, dans le maelström du net, êtes arrivés, par hasard? lassitude? erreur? sur ce blog. Vous êtes les bienvenus. Vous y lirez des extraits d'articles, de pensées, d'interviews, piochés ça et là, et illustrés de photos et dessins détournés, via un humour de bon aloi. Vous pouvez évidemment réagir avec le même humour, la même ironie que nous mettons, chaque jour, à tenter de respirer un peu plus librement dans une société qui se corsète chaque fois un peu plus.
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dimanche 1 juin 2014

"Cet homme sans coeur était légèrement mal en point".

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Pensées pour nous-mêmes:

(LE MAÎTRE NE PORTE JAMAIS
DE TALONNETTES)

PCC Jacques Damboise

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Jean Bellus

   Né à Toulouse, Jean Bellus a eu plusieurs emplois avant de poursuivre une carrière d’illustrateur. Il débute dans Marianne en 1933, et par la suite collabore à Pour Vous, Le Sourire et Candide. Pour Benjamin magazine, il réalise la bande dessinée « Georgie, Laurel et Hardy » entre 1937 et 1939. La guerre stoppe ses activités. De retour de captivité, il travaille comme décorateur, costumier et acteur de music-hall. 

   Après la libération, il reprend son travail d'illustrateur, et coopère à Point de Vue, La Bataille et Fantasia. Il retourne à la bande dessinée avec plusieurs contributions pour la presse quotidienne. Dans France-Soir, il illustre Le Film du demi-siècle, Alcide une disparue et les premiers épisodes du Crime ne paie pas en 1950. Il retourne ensuite au dessin d’humour pour les magazines Samedi-Soir, Paris-Presse et Jours de France jusqu'à sa mort en 1967. Un de ses principaux personnages est « Clémentine Chérie ».

   Après son bien célèbre "Humour verboten" il s'est surtout attaché à faire quelques albums humoristiques sur « une famille bien française » dont le personnage central fut adapté au cinéma en 1963, dans le film Clémentine chérie qui passe pour la première fois à la télévision le 20 octobre 2007 sur la chaîne Canal+.

   Son humour, gentiment familial, correspond bien aux dernières années du Général et à l'idée que "Jours de France", notamment, se faisait du dessin de presse. Dessin rond, avec des personnages passe-partout - le père de Clémentine, notamment, chauve à souhait -, ainsi qu'une jeune française moderne, prototype de la future Brigitte Bardot, sans le sexe, cousine de la fille du maréchal des logis-chef, Ludovic Cruchot, à savoir Nicole, élégamment jouée par Geneviève Grad dans "Le Gendarme de Saint-Tropez"...


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Clémentine en vacances


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Blanche Baptiste

mercredi 19 septembre 2012

"Par dérision, Dracula, complètement pété, exigeait qu'on l'appelle le Roi des Pieux". Jacques Damboise in "Pensées contrites"

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Pensées pour nous-mêmes:

(SOIS LE DRAPEAU DE LA PAIX
QUI CLAQUE AU VENT)

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COURTS RÉCITS AU LONG COURS(43)
pcc Benoît Barvin



http://lalarveoregime.unblog.fr/

Flaque

   C'était une mauvaise période. J'avais perdu mon boulot, mon épouse était partie, mes enfants avaient déménagé dans une autre ville, ils travaillaient tous deux et n'étaient pas vraiment décidés à m'épauler. Je ne pouvais leur en vouloir, je n'avais pas été un père très aimant, bouffé par le boulot et par quelques maîtresses, ce qui les avait profondément blessés. J'avais, certes, fait amende honorable mais ils m'en gardaient toujours rancune et...

   Je cessai de ressasser tous ces problèmes. Décidément, la vieillesse est un naufrage pendant laquelle le capitaine regarde son bateau couler en additionnant, avec amertume, toutes les erreurs commises et en pleurant sur son sort. Je me trouvais devant la banque de cette pharmacie et la préparatrice examinait l'ordonnance que mon docteur m'avait prescrite. Toujours les mêmes drogues destinées à me faire voir la vie en rose, à calmer les palpitations de mon coeur, à être, un peu, dans le droit courant d'une vie soi-disant normale.

   Cela faisait maintenant six mois que je venais, toutes les trois semaines à peu près, dans ce lieu de gavage pour oie humaine décentrée. Je prenais des anxiolytiques comme un gamin se gave de bonbon acidulés. Parfois cela marchait et je souriais comme une buse à tout bout de champ. D'autres fois cela me mettait dans l'état d'un étron qui prend conscience réellement de ce qu'il est. Pas folichon, n'est-ce pas?

   La préparatrice était une blonde entre deux âges. Elle avait dû être mignonne et il lui restait encore quelques traces de cette beauté: sa peau était aussi douce que celle d'un bébé; j'aimais ses mains un peu grasses que j'imaginais volontiers sur mon ventre; sa poitrine se contenait difficilement dans un soutien-gorge ample et elle était boudinée dans sa tenue blanche. Mais elle savait encore bouger avec grâce et, surtout, elle avait un capital sourire qui aurait fait fondre un directeur financier.

   Cependant, depuis deux mois à peu près, je m'étais rendu compte d'un étrange phénomène. J'avais l'impression que "Magda", puisque c'était ainsi qu'elle se prénommait, enflait comme un bibendum. Au début, je mis ça sur le compte de la ménopause puis le phénomène prit un tour inquiétant. Chaque semaine Magda prenait quelques rondeurs supplémentaires. J'avais en effet pris l'habitude de l'observer, de loin, et même de la suivre, en prenant les précautions nécessaires pour ne pas être confondu avec un banal voyeur. 

   Ce matin, la jeune femme avait de nouveau forci. Son visage était maintenant suave, d'une rondeur avenante; sa poitrine semblait sur le point de faire craquer un soutien-gorge qui, à présent, atteignait les limites autorisées; jusqu'à ses doigts qui me firent penser à de jolies saucisses dans lesquelles j'aurais aimé mordre... Le plus impressionnant, c'était que ses collègues semblaient trouver cette métamorphose normale et qu'ils continuaient à vendre, sans sourciller, des méthodes "infaillibles" pour maigrir.

   Le soir me trouva dissimulé derrière la pharmacie. Qu'espérais-je? Je n'en sais rien. Peut-être avais-je envie de lui adresser la parole, afin de lui avouer que sa présence, depuis que ma garce d'ex-femme m'avait quitté, me faisait du bien. Que nous pourrions faire un peu de chemin ensemble? A moins que ce ne soit sa transformation physique qui m'attirât, tel un aimant, modification que j'étais certain de stopper, puis de faire régresser. Une illumination me vint: Magda m'avait été envoyé par un Esprit supérieur qui voulait qu'à travers elle je me sauve.

   La lune était ronde, aussi ronde que la préparatrice qui quittait toujours la dernière la pharmacie. Elle me parut encore plus large que le matin. Elle "roula" vers sa voiture, éclairée par la lumière froide de la lune qui me révéla un semblant de femme, une caricature humaine qui, au fur et à mesure de sa marche, se déformait pour ressembler à une ébauche de glaise qu'un sculpteur invisible  transformerait. 

   La forme devint une grande flaque dans laquelle se reflétait la lune. Elle me fit penser à un immense protoplasme qui palpitait, empli de couleurs chatoyantes et, au "milieu" de cette "chose", je crus distinguer comme deux pupilles d'or qui m'observaient.

   Je fis un demi-tour affolé et m'enfuis, le coeur au bord des lèvres et, après avoir balancé alentour les médicaments pelliculés que je trimbalais comme des gri-gri, je me jurai que plus jamais - ah ça non, plus jamais - je ne tomberais amoureux d'une préparatrice en pharmacie.

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"Comment ça la grille est ouverte?
Mais tu ne sais pas que je suis une vraie blonde, non?
Quelle cruche, celle-là!"


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"Ah vos rangs... Fixes!"


(Cette bande de manchots faisait régner 
la terreur dans le camp de vacances)

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"Youpie! J'ai perdu ma virginité!
J'ai perdu ma vir-gi-ni-té!!!"


(Cette idiote de Dorothée avait juste embrassé son boy-friend
sur le bout du nez. Les années 60 étaient un rien naïves...)

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"Non mais... T'as vu la tête des lecteurs?
- Et celle des lectrices, alors...
- Hihihi..."


(Ces deux starlettes étaient insupportablement  moqueuses)

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"Alors? Tu en penses quoi, de mon cadeau?
- Ben..."


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Jacques Damboise (maître es humoriste)

dimanche 2 septembre 2012

"Il attendait, du Temps, un peu moins de sévérité". Benoît Barvin in "Pensées pensées".

***
Pensées pour nous-mêmes:

(PEU IMPORTE QUE TU NE CONNAISSES
PAS LA DANSE. DANSE)


***
Lettres d'inconnus (11)
pcc Benoît Barvin 

vintagecomicsfr.tumblr.com 

Monsieur,



   Si, au moins, vous aviez compris ce que je sous-entendais par ce signe que je vous fis, en cachette de votre épouse, ce dragon insensé... Si, comme à l'habitude, nous nous étions retrouvés dans votre chambre à "toucher", ainsi que vous la nommez, par dérision. Si, au lieu de vous tromper de lieu - parce que vous aviez abusé de cette délicieuse liqueur de prune -, vous aviez agi comme d'habitude...

   Mais il a fallu qu'intervienne cette erreur fatale de lieu d'agréments qui a transformé, à jamais, nos relations. Vous vous engageâtes vers la gauche et, dans l'obscurité profonde, uniquement éclairé d'une bougie, vous débouchâtes dans les communs...

   Pendant ce temps, votre épouse me narrait ses dernières aventures chiffonnières dans une quelconque boutique du Marais. Monsieur le Curé, comme à l'ordinaire, sirotait un alcool de poire, près du feu, ce qui accentuait son ton rubicond et donnait à son ventre des allures pachydermiques. Je ne pouvais décemment pas planter là ce beau monde et me glisser furtivement dans votre chambre - puisque je pensais que vous vous y trouviez, dans la tenue d'Adam. Je subis donc, sans broncher, non seulement les propos sots et féminins de votre épouse, tentant de ne pas m'attarder sur son nez trop large, ses lèvres grossières, cet immonde grain de beauté, sur la joue gauche, sa coiffure trop apprêtée, pour me concentrer sur les minutes à venir qui, je n'en doutais pas, seraient des plus caressantes...

   Pauvre de Moi! Pourquoi la Déité, dans sa Toute Puissance, a-t-elle jugé bon de me faire endurer ce tour machiavélique? Mon impatience était telle que je faillis renverser la tasse du thé infâme que cette bougresse me contraignait à avaler. Alors je trouvai le subterfuge, celui de poser une question d'éthique à Monsieur le Curé qui, surpris dans un début de ronflement, fut bien contraint de répondre. Il approcha son fauteuil, d'un pas incertain, votre épouse se tourna vers lui et je m'excusai, prétextant une fatigue soudaine pour m'éclipser, retenant un soupir de délivrance.

   Mais vous n'étiez pas dans votre chambre. Le lit n'était pas défait. Vous ne vous trouviez même pas dans votre cabinet, à m'attendre, dans votre fascinante nudité. J'entendis alors des bruits étranges, venant m'apparut-il de la cour. Ma jalousie latente se nourrit de mes névroses et je descendis quatre à quatre les escaliers, me doutant déjà que j'allais vous trouver à l'oeuvre...

   Les râles m'attiraient, ils me faisaient bondir, ils m'aidaient à ouvrir la porte de cet appentis et à lever bien haut ma torche... Torche qui me fit vous découvrir, le pantalon baissé, en "galante" compagnie, si j'ose dire. Il s'agissait d'un de vos animaux de compagnie, une truie qui plus est, que vous besogniez, si j'en croyais vos mouvements spasmodiques... Vous tournâtes un regard enfiévré, dans lequel l'alcool faisait des ravages, dans ma direction. Vous me reconnûtes et, aussitôt saisi d'un doute, vous vous retirâtes, vous bredouillâtes des mots sans suite: "faute à cette liqueur... trompé par votre geste... Pensais que vous vouliez que nous nous unissions ici...".

   Mais je ne vous crus pas. Vous n'étiez qu'un immonde pervers. Je vous laissai dans cette bauge, avec votre gourgandine particulière, et remontai vers le salon pour tout révéler à Monsieur le Curé et à votre cruche d'épouse. Ma vengeance, ainsi, serait terrible.

   Quand ils me virent surgir, la sotte femme sursauta.
   "Mais que vous arrive-t-il?
   - J'ai quelque chose à vous confier, Madame. Une horreur sans nom... Qui concerne votre mari.
   - Je vous en prie, parlez... Parlez, Monsieur le Marquis... Je suis tout ouïe, balbutia la femelle en pâlissant et en tremblant.
   C'était déjà le début de ma revanche...
  
(En hommage, bien sûr, à Thomas Owen)


***

"Moi, je fais comme les hommes. Je porte
un stetson pour perdre mes cheveux,
je fume pour attraper le cancer,
et je bois - la bouteille est cachée hors de l'image -
pour finir avec une cirrhose.
Elle est pas belle la vie?"


***
"Ma petite dame, je ne vais pouvoir vous en donner grand-chose...
- Mais que fais-tu là, chérie?
- Je... Je suis avec mon amant!
- Hein???"

WALTER MARTIN BAUMHOFER (American, 1904-1987). Pawn Shop

***

"J'ai beaucoup aimé votre dextérité, Charles Edouard...
- Et maintenant? Vous l'aimez encore?
- Hihihi..."


***

"Hey, mon Vieux, tu l'avais louée 
pour simplement une heure!
- Louée???
- Ne vous inquiétez pas, Gladys,
La montre de John a toujours avancé"


***
Blanche Baptiste

dimanche 11 mars 2012

"Sous la pluie, l'Homme de Fer dérouillait sacrément". Jacques Damboise in "Pensées à contre-pet"

°°°
Pensées pour nous-mêmes:


(NE CRAINS PAS DE LAISSER TON COFFRE OUVERT. 
IL EST INÉPUISABLE)

°°°
"Lalala... Moi je danseuh... Toute seuleuh...
et j'm'en fous..."
(Ce furent les dernières paroles de cette fille
avant qu'elle ne se jette du seizième étage de la tour
où avait lieu une chouette fête pour célibataires)

°°°
(Déjà, dans les années soixante,
la main du marché se fourrait
un peu partout)

°°°
"Heu... Mademoiselle....
Pour conduire il faut... Heu...
entrer dans le véhicule et...
- Vous êtes sûrs?"

°°°

"Et moi j'vous dis qu'j'ai l'air d'une cruche
avec cette robe stupide!
- Pas plus que d'habitude, ma choute,
ne t'inquiète pas"

°°°
"Comment? On aurait oublié d'enfiler quelque chose?
- Une jupette, peut-être?
- Ah bon, c'est comme ça que s'appelle
cet infâme morceau de tissu qu'on a jeté
à la poubelle?"



°°°
Les Gam's - "Il a le truc" (1963)



Il a le truc

Il me fait faire ce dont j’ai pas envie
Il me fait dire non quand je veux dire oui
Je suis la proie de ses mille folies

{Refrain:}
Il m’a comme envoûtée
Oui, comme ensorcelée
Il a le truc pour jouer avec mon coeur, 
Mon pauvre coeur!

Toutes les fois que j’essaye de le fuir
Il a le truc pour me faire revenir
Je suis le jouet de son bon plaisir
Oui
{au Refrain}

Mais oui, je marche de travers
J’ai l’âme qui pense à l’envers
Oui! Dites-moi que faire
Il est plus qu’un magicien
Et lit mes pensées de loin
Oui, je n’y peux rien!

Yeah! Yeah! Yeah!

Ya! Lorsque je rêve d’aller aux sports d’hiver
Je me retrouve toujours au bord de mer
C’est lui mon paradis ou mon enfer
{au refrain}

Hier au soir, je suis partie sans lui, 
J’ai crié pour appeler un taxi
Mais au volant, c’était encore lui!
{au Refrain}

°°°
Jacques Damboise 
(dit "Lemauvaisz'espritféminophobe")

mardi 17 août 2010

"Reître ou ne pas reître, comme disait le spadassin". Benoît Barvin in "Proverbes désossés"


SHANE GLINE'S CARTOONS
(Pour se reposer un peu de la lie de l'actualité)

+++

"HIHIHIHIHI...."

+++
(SANS PAROLE)

+++

"LAISSEZ-MOI DEVINER... CELA FAIT PEU DE TEMPS 
QUE VOUS PEIGNEZ DES NUS, N'EST-CE PAS?"

+++

"UN MODÈLE VRAIMENT TRÈS INTÉRESSANT. MAIS IL M'A FALLU 
BEAUCOUP LA PRIER POUR QU'ELLE POSE POUR MOI"

+++


"ÉCOUTEZ! CESSEZ DE VOULOIR FAIRE DES ESQUISSES 
ET METTEZ-VOUS VRAIMENT AU TRAVAIL"

+++

Blanche Baptiste (pour les adaptations)

jeudi 13 mai 2010

ENFANCE EN PRESQUE NOIR ET BLANC (2)



"LA MODE SE DEMODE, LE STYLE JAMAIS"
COCO CHANEL



   "Les champions" (The champions) est une série télévisée britannique en 30 épisodes de 50 minutes. Créée par Monty Berman ( disparu en 2006 et créateur, avec William Baker de la série "Le Saint" ) et Dennis Spooner (avec lequel il produira, outre "Les Champions", "Département S", "Jason King", "L'Aventurier"), la série qui nous occupe est diffusée entre le 25 septembre 1968 et le 30 avril 1969 sur le réseau ITC Entertainment. 
   En France, la série a été diffusée à partir du 17 juillet 1971 sur la deuxième chaîne de l'ORTF et rediffusée en 1993 sur M6. Un coffret, disponible, réunit tous les épisodes.

Synopsis 

   Craig Stirling, Richard Barrett et Sharon MacReady, trois agents secrets appartenant à une organisation appelée Nemesis, s'écrasent en avion dans l'Himalaya  lors d'une mission. Recueillis par des moines tibétains, qui sont en réalité des êtres issus d'une civilisation très avancée, les trois héros se retrouvent dotés de pouvoirs surhumains qu'ils vont mettre au service du renseignement britannique et, ainsi, affronter des ennemis hors du commun.

Distribution 

Épisodes:

  1. Le Départ (The Begining)
  2. L'Homme invisible (The Invisible Man)
  3. Boîte postale 666 (Reply Box No. 666)
  4. L'Expérience (The Experiment)
  5. Tout peut arriver (Happening)
  6. Opération Antarctique (Operation Deep Freeze)
  7. Les Survivants (The Survivors)
  8. L'Appât (To Trap a Rat)
  9. L'Homme de fer (The Iron Man)
  10. L'Avion fantôme (The Ghost Plane)
  11. L'Île noire (The Dark Island)
  12. Les Fanatiques (The Fanatics)
  13. Douze heures à vivre (Twelve Hours)
  14. Le Recherché (The Search)
  15. La Cage dorée (The Gilded Cage)
  16. L'Ombre de la panthère (Shadow of the Panther)
  17. Le Poison (Case of Lemmings)
  18. La Question (The Interrogation)
  19. Le Nouveau Visage d'Émile Boder (The Mission)
  20. L'Ennemi silencieux (The Silent Enemy)
  21. Voleurs de cadavres (The Body Snatchers)
  22. L'Évasion (Get Me Out of Here)
  23. Sorcellerie (The Night People)
  24. Plan zéro (Project Zero)
  25. La Traversée du désert (Desert Journey)
  26. L'Espion (Full Circle)
  27. Qui est le traître ? (The Nutcracker)
  28. La Bombe (The Final Countdown)
  29. Trafic d'armes (The Gunrunners)
  30. Nemesis (Autokill)

   Je ne me lasse pas de voir et revoir les épisodes de cette série "Les champions". Ces trois héros, dotés de pouvoirs hors-normes - acquis à Shangri-La, la cité mythique nichée dans l'Himalaya - ont toute la classe britannique des années 60. 

   Rappelons, pour ceux qui l'auraient oublié, que " Shangri-La " est le nom d'un lieu imaginaire décrit dans le roman Lost Horizon (titre traduit en français : Horizon perdu) écrit par James Hilton en 1933. On parle dans ce livre d'un lieu fermé aux extrémités occidentales de l'Himalaya et dans lequel l'on voit de merveilleux paysages, le temps est détendu dans une atmosphère de paix et tranquillité. Lost Horizon narre l'histoire de rescapés d'un accident d'avion qui réussissent à atteindre une lamaserie utopique, appelée donc « Shangri-La », aux confins du Tibet. 

   Dans cette lamaserie, les moines - ou apparentés - cherchent à préserver le savoir global de l'humanité et le personnage principal, Hugh Conway, va être sollicité par Chang, le grand maître, pour lui succéder. Il lui révèlera que, dans cette vallée, les habitants ont trouvé le moyen de prolonger la vie.
 
   Des articles de Joseph Rock, un botaniste, linguiste, explorateur et géographe américain, publiés dans le National Geographic, inspirèrent James Hilton pour son roman Lost Horizon où il évoque une communauté de l’Himalaya sous le nom de Shangri-La. 

  Le nom et le concept de Shangri-La auraient pu être inspirés par le mythe de Shambhala, introduit en Occident dès le XIXème siècle" (http://fr.wikipedia.org/wiki/Shangri-La).

***
   La série en elle-même est très british. La présentation, d'abord, où chacun des trois protagonistes se présente d'un manière fashion. Vous aurez surtout pu admirer Sharon McReady, jouée par Alexandra Bastedo. Une "choucroute" qui ne bouge absolument pas, même dans les combats les plus trépidants, un maquillage qui en démontrerait à nos plus modernes stars, des tenues venues de chez les bons faiseurs de Bond Street et un sourire... Ah, ce sourire, à damner un saint! 

   Craig Stirling - joué par  Stuart Damon, et Richard Barrett - William Gaunt, ses confrères masculins, sont bâtis sur le même modèle. Le premier, un beau brun au sourire carnassier, lui, est le héros typique, toujours aussi mode, c'est vrai, mais d'aspect classique. Un peu m'as-tu-vu, toujours prêt pour l'action, avec un look de premier de la classe un rien naïf. Quant à Barrett,le dernier héros du trio , il pourrait apparaître comme un faire-valoir si, lui aussi, n'était également affublé de pouvoirs "extraordinaires". Bien qu'un peu pâlichon, avec son visage en papier mâché, il est, à l'image de ses deux compagnons, tiré à quatre épingles. Dans la série,  les scénarios insistent sur la classe des personnages, c'est vrai, classe alliée avec leur capacité à mieux percevoir les sons, à courir le plus vite possible, à augmenter sa force musculaire.
   Et ces représentants du Bien le sont en toutes circonstances, avec constance, leurs relations n'évoquant que très rarement leur vie sentimentale. Sophistiquée, la série l'est jusqu'à la coiffure impeccable de leur chef, Tremayne - joué par Anthony Nicholls. Ce dernier porte manifestement une moumoute - ou apparentée - mais collée impeccablement sur son haut front et ne bougeant pas d'un iota au cours des 30 épisodes... Ce qui est du plus haut chic, on en conviendra.
   Pour plus de renseignements sur cette série de super héros fashion avant l'heure, voici ci-dessus l'adresse d'un site de fan, en anglais, agréablement illustré, quoiqu'un rien "foutraque", ce qui est un étrange hommage à cette "classe" britannique, on en conviendra. 
   Ce site a cependant la délicatesse de ne pas évoquer la rencontre récente des trois acteurs , plus de 30 ans après... Le résultat, surtout pour l'ex beau Damon, est pour le moins pitoyable. C'est la raison pour laquelle je vous l'épargne.

  Un autre blog s'intéresse à Alexandra qui a mieux supporté le poids des ans et dont quelques photos qui l'agrémentent permettent de juger de sa très design beauté.

   Enfin, pour les vrais amateurs, le coffret, toujours disponible, sera à même de combler tous vos désirs 

 Benoît Barvin