Bonjour à vous qui, dans le maelström du net, êtes arrivés, par hasard? lassitude? erreur? sur ce blog. Vous êtes les bienvenus. Vous y lirez des extraits d'articles, de pensées, d'interviews, piochés ça et là, et illustrés de photos et dessins détournés, via un humour de bon aloi. Vous pouvez évidemment réagir avec le même humour, la même ironie que nous mettons, chaque jour, à tenter de respirer un peu plus librement dans une société qui se corsète chaque fois un peu plus.
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samedi 4 octobre 2014

"Il marchait la tête à l'envers aux antipodes, pour être raccord avec son épouse européenne". Jacques Damboise in "Pensées à contre-temps".

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Pensées pour nous-mêmes:

(LE MAÎTRE PARLE
LA  LANGUE DE L'ESPOIR)

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"S'il vous plaît... Qui voudra bien me lier
les poignets? J'ai tellement envie de
faire un truc politiquement incorrect,
pour une fois..."


(Source : yournaoko, via lightthroughrain)

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bebesante.fr

Crèches :

pourquoi on ne saura jamais
ce que respirent nos enfants
   (...) Les maires lui avaient accordé « le deuxième prix des normes absurdes ». Alors Ségolène Royal l’a enterré. Le décret adopté en 2011 et qui prévoyait la surveillance obligatoire, à compter du 1er janvier 2015, de la qualité de l’air intérieur dans les crèches et les maternelles, a été repoussé, a annoncé mercredi le ministère du Développement durable dans un très bref communiqué. Officiellement, donc, il n’a pas été supprimé. Officiellement seulement.

   Le décret ajourné précisait que « la surveillance de la qualité de l’air intérieur comporte une évaluation des moyens d’aération des bâtiments et une campagne de mesure de polluants ». L’idée était de procéder, une fois tous les sept ans si tout va bien et tous les deux ans en cas de dépassements des valeurs limites, à la mesure des taux de formaldéhyde, de benzène et de CO2 que les enfants sont susceptibles de respirer quand ils se trouvent dans un établissement d’accueil. Ensuite, progressivement, cette obligation devait être élargie jusqu’en 2023 à tous les établissements accueillant du public. (...)

   (...) « Les enfants en contact avec ces substances cancérigènes présentes en trop grandes quantités peuvent en subir des conséquences à long terme », alerte Andrée Buchmann, présidente de l’Observatoire de la qualité de l’air intérieur (Oqai) et vice-présidente de la Communauté urbaine de Strasbourg. L’Oqai a d’ailleurs publié en avril dernier, avec l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses), une étude évaluant à 20 000 le nombre de décès liés, chaque année en France, à la pollution de l’air intérieur, pour un coût de 19 milliards d’euros annuels.

   Toutefois, malgré « cet enjeu sanitaire de premier plan », l’élue alsacienne d’Europe Ecologie - Les Verts comprend la décision ministérielle de reporter ce décret, qui était devenu « une usine à gaz » :« D’abord, ce sujet de la pollution de l’air intérieur n’est pas considéré par les édiles municipaux comme vraiment important. Ensuite, avec les nombreux changements à la tête des villes qui ont suivi les municipales, de nombreux maires de petites communes n’étaient même pas au courant de cette obligation imminente et ne l’avaient donc pas budgétée. » Or, le montant à débourser pour les mesures de surveillance, par établissement d’accueil de la petite enfance, est évalué à environ 3000 euros. (...)

   (...) L’annonce du report a été accueillie avec satisfaction par l’Association des maires de France (AMF), qui la demandait. « Ce décret engageait des dépenses supplémentaires pour des évaluations pas forcément nécessaires. En effet, une étude pilote déjà menée dans 300 crèches de France a révélé que très peu ne respectaient pas les normes, car de nombreuses communes adoptent déjà des bonnes pratiques comme aérer les pièces et utiliser des produits d’entretien respectueux de l’environnement, pour éviter les polluants de l’air », explique Elisabeth Laithier, en charge des questions de la petite enfance à l’AMF.

   L’adjointe au maire de Nancy se félicite de ce que le gouvernement « offre une porte de sortie aux élus ». En fait, il s’agit plutôt d’un abandon du décret déguisé : « Le cabinet de Ségolène Royal nous a expliqué ce jeudi matin que les collectivités qui s’engageront à suivre des préconisations inscrites dans un guide de bonne pratique seront exonérées de l’obligation de mesurer la qualité de l’air », explique-t-elle. Dans ces conditions, quel élu opterait pour le coûteux relevé de mesures ? Ce guide, décrit par le ministère dans son communiqué comme « une décision simple, pragmatique qui concilie qualité de l’air et simplicité des actions », est actuellement en lecture au Conseil d’Etat. Il pourrait être publié par décret à la fin du mois d’octobre, début du mois de novembre selon l’élue. Le ministère du Développement durable, joint par Terra eco, n’a pas répondu à nos sollicitations et n’a donc pas donné plus de détails sur ce point.

   A l’Association pour la prévention de la pollution atmosphérique (Appa), qui sensibilise les personnels des crèches aux gestes simples pour réduire la pollution de l’air intérieur, « on tombe des nues » devant ce qui est perçu comme une reculade ministérielle. Remise de sa stupeur, Elodie Lapierre, chargée de projet à l’Appa, se souvient qu’en effet, les maires avaient à plusieurs reprises soulevé la question du coût de ces mesures réalisées par des entreprises certifiées : « Ils disaient que, de toute façon, trop peu d’organismes étaient accrédités pour que la réglementation puisse entrer en vigueur au 1er janvier 2015. » (...)

   Mais pour ces entreprises qui ont formé leurs salariés et financé leur certification, le coup est rude.« Pour elles, le marché s’effondre d’un coup, alors que la filière aurait pu se développer et créer de l’emploi », reconnaît Andrée Buchmann, de l’Oqai. Ce qui risque de leur passer sous le nez ? Un marché de 300 millions d’euros environ selon nos calculs, si l’on ne compte que les établissements d’accueil du jeune public, de la crèche au second degré en passant par les centres de loisirs.

   Elisabeth Laithier, qui admet « botter en touche » sur ce point délicat, préfère mettre en avant les économies indirectes que cette mesure permet de faire aux parents : « Non seulement les parents sont beaucoup plus sensibles à la question de la nourriture de leurs enfants qu’à la qualité de l’air qu’ils respirent, mais en plus ils comprennent que l’argent du maire se termine toujours en impôts. »


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"Monsieur Goodfellow! Nous ne sommes pas contents!
Vous avez volé une gomme à Monsieur Greenstreet!
Ce n'est pas bien ça!
- J'm'en fiche! C'est pas moi!"


Norman Rockwell

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Luc Desle

lundi 9 juin 2014

"Cette femme voilée portait un masque". Jacques Damboise in "Pensées inconvénientes".

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Pensées pour nous-mêmes:

(Y A-T-IL UNE HIÉRARCHIE
PARMI LES SAGES?)

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(Avec les beaux jours, la Mort faisait trop sa belle)



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"Y a-t-il une âme charitable
susceptible de me recueillir chez elle
pour quelques années?"



Etats-Unis
De plus en plus d'enfants migrants clandestins

MARGOT GUILLOIS
COURRIER INTERNATIONAL

   (...) 47 017 mineurs voyageant seuls ont été appréhendés depuis le 1er octobre dernier, soit une augmentation de 92 % par rapport à la même période en 2013, rapporte le New York Times. L'administration s'attend à ce que ce chiffre monte à 60 000 d'ici à septembre 2014. Obama a décrit cela, lundi 6 juin, comme "une situation humanitaire urgente". 

   Selon l'administration américaine, les immigrants sont persuadés que les enfants voyageant seuls sont traités avec plus d'indulgence que les adultes. Une perception pas très éloignée de la vérité, note le New York Times : "alors que l'administration Obama a évolué vers une attitude plus agressive d'expulsion des adultes, elle a, dans les faits, expulsé beaucoup moins d'enfants que par le passé". En 2013, elle a expulsé seulement 1/5e du nombre d'enfants expulsés en 2008. "Ils n'ont pas encore publiquement reconnu le changement de leur politique, mais nous le voyons", déclare une représentante des douanes au quotidien. 

   "70 000 enfants vont arriver à nos frontières cette année : que va t-il leur arriver ?" s'interroge Mother Jones. "Ceux qui viennent du Mexique sont directement ramenés de l'autre côté de la frontière, le reste est pris en charge par le département de la Santé et des Services humanitaires qui les place dans des centres temporaires en attendant que leur processus d'expulsion soit lancé". En 2013, 80 centres accueillaient 25 000 enfants non accompagnés. Sans parents dans le pays, les jeunes restent dans des centres fédéraux. "La plupart de ces centres sont dans des Etats aux frontières, loin des grandes villes, ce qui signifie pour les enfants une grande difficulté à trouver un avocat pour éviter d'être renvoyés dans les pays dangereux qu'ils ont fuis" explique Mother Jones. 

   La principale raison de l'exil de ces jeunes reste le risque auquel ils font face dans leurs pays d'origine. Le Star Tribune, journal du Minnesota, rapporte les résultats d'une enquête du haut-commissariat pour les réfugiés aux Nations Unies : "la moitié des 400 enfants interrogés ont déclaré avoir été victimes de sévères traumatismes". La plupart de ces jeunes viennent de trois pays d'Amérique centrale principalement : le Salvador, le Guatemala et le Honduras. Ces pays "ont des gangs de rue puissants, une forte présence du crime organisé et du trafic de drogue, et ont donc le plus haut taux d'homicide de la région et du monde", rapporte le quotidien. (...) 

   (...) Le Washington Post s'intéresse à la question financière. "Le projet de prendre en charge et installer ces jeunes migrants du Mexique et d'Amérique centrale pourrait coûter jusqu'à 2,28 milliards de dollars [1,6 milliard d'euros] en 2015, plus du double de ce que le budget avait prévu pour 2015, il y a juste quelques mois". Les jeunes restent dans les centres en moyenne de 30 à 45 jours avant d'être remis à un parent. "Le problème des jeunes migrants va être le casse-tête politique le plus complexe du Parlement et du Sénat dans les débats sur le budget du gouvernement", prédit le quotidien. 

   Le New York Times dans son édito analyse la réponse de l'administration Obama – créer un nouveau groupe de travail et ouvrir un nouveau centre – comme la meilleure possible. Pour le quotidien, "l'administration mérite notre estime pour avoir reconnu qu'il s'agissait d'une crise humanitaire et non pas une crise de la sécurité de nos frontières". "Cela tombe mal, au vu de l'impasse dans laquelle se trouve le débat américain sur l'immigration" analyse le New York Times. 

   "Les soutiens d'une réforme de l'immigration – davantage de contrôle aux frontières, contrôler le flux d'immigration et légaliser la situation des immigrations – devraient reconnaître que leurs ambitieux projets législatifs ne résoudront pas la crise des pays dont les migrants sont originaires. Les critiques de ces réformes ne devraient pas penser non plus avoir la réponse. La vision des républicains – enfermés dans un pays clos, sans le problème de l'immigration – est un fantasme. Mais ce n'est pas une solution".


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(Surprise en flagrant délit de mensonge, l'Ombre se carapata vite fait)



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Benoît Barvin

lundi 3 juin 2013

"Cette gorge en feu fut éteinte par un baiser mouillé". Benoît Barvin in "Pensées pensées".

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Pensées pour nous-mêmes:

(Ton âme n'est pas un bunker)

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LONG RÉCIT AU LONG COURS (1/26)
pcc Benoît Barvin et Blanche Baptiste

   Elaine Cantagril s'interroge de plus en plus sur cette étrange couvent, peut-être habité par le Diable... 
ANGÉLUS 
ou 
LES SECRETS DE L’IMPALPABLE
Antonello da Messina

CHAPITRE 10

   Sœur Jeanne la tira de son cauchemar en la secouant énergiquement. La vue de son visage pâle et duveteux effaça rapidement les derniers lambeaux de la scène cauchemardesque.

   - Tu as crié, expliqua la novice. Je ne dormais pas, récitant des Ave Maria pour rendre grâce à Notre Seigneur qui m’a aidée dans mon épreuve. Je suis accourue aussitôt. Soeur de la Miséricorde rôde souvent dans les parages... Je ne voulais pas qu’elle te fasse de mal.

   Elaine se blottit dans les bras de la jeune moniale. Des larmes jaillirent de ses yeux et, durant un moment, elle se libéra ainsi de ses épreuves nocturnes. Sœur Jeanne la tenait bien serrée contre elle, sans mot dire. Elle exhalait une odeur d’enfant. Comme elle semblait avoir repris ses esprits, Elaine put se laisser aller sans inquiétude dans ses bras.

   - Je vais mieux, fit-elle enfin en se dégageant. Je t’assure... C’était un cauchemar.

   Soeur Jeanne s’assit à côté d’elle. Baigné par les rayons de la lune qui s’insinuaient toujours par les barreaux du soupirail, son visage dégageait une grande pureté et elle souriait, comme illuminée par quelque pensée angélique.

   - Notre Seigneur Jésus nous envoie toutes sortes d’épreuves, fit doucement la novice. Il cherche souvent à nous éprouver. Nul recoin de notre cervelle n’est à l’abri de son regard... Il connaît nos pensées les plus secrètes, ainsi que tous nos vices. Il lit en nous comme dans un livre ouvert, Elaine. Il a deviné ta douleur et il veut que tu te débarrasses de ton sentiment de culpabilité...

   Soeur Jeanne lui caressa avec tendresse le plat de la main. Elaine retrouvait peu à peu son calme. La transformation de la Supérieure en un monstre diabolique n’était que la matérialisation de l’angoisse qui la taraudait, depuis la mort d’Adrien. 

   Avait-elle également rêvé que Soeur Camille de l’Incarnation se dévêtait sous la lueur complice de la lune et s’enduisait d’un onguent ? A cette question, hélas, elle dut répondre par la négative. 

   Cependant, rendue prudente par l’intervention du prêtre, Elaine décida de ne pas se confier à la novice. La jeune fille avait certes recouvré sa sérénité et était redevenue la Soeur Jeanne qu’elle connaissait depuis son entrée au couvent. Mais une nouvelle crise pouvait advenir, surtout si Elaine lui racontait ce qui venait de se passer.

   Non. Bien qu’il lui en coûtât, il lui fallait d’abord s’entretenir avec le père Grangeais. Elle avait l’intuition qu’avec lui, elle pourrait épancher son coeur et qu’il lui donnerait de précieux conseils. En outre, le prêtre avait l’air d’en savoir beaucoup plus qu’il ne le disait. 

   Les propos sibyllins qu’il lui avait tenus résonnaient encore à ses oreilles. Il semblait très proche de la Supérieure. Peut-être Elaine pourrait-elle l’interroger à ce sujet ? De toute façon, tous les deux étaient à présent liés par un lourd secret qui en faisait de véritables complices.

***
(A Suivre)

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"J'aime pas qu'les multinationales de
l'alimentaire nous prennent pour
des billes!"

Valérie-Létourneau-Prézeau-Méchante-petite-fille

UNE FILLETTE AU PDG DE MCDO: 
«ARRÊTEZ DE TROMPER LES ENFANTS!»
Lucie de la Héronnière

   (...) Une petite fille de 9 ans a adressé un message clair au PDG du géant du fast-food, rapporte NPR. Lors de l’assemblée annuelle des actionnaires de McDo, à Chicago, la jeune Hannah Robertson a pris la parole au moment des questions, pour s’adresser au grand chef Don Thompson: «Ce serait bien d’arrêter de tromper les enfants en essayant de les faire manger chez vous tout le temps...» (...)

   (...) Hannah est venue avec sa mère, qui tient un blog pour parents souhaitant aider leurs enfants à faire de meilleurs choix alimentaires. Elle était présente grâce à son engagement dans l’ONG Corporate Accountability International, qui travaille sur les droits de l’homme, la santé publique et l’environnement.

   Par diverses actions, cette asso entend mettre un terme au «marketing prédateur envers les enfants» exercé par la grande chaîne de fast-food, explique NPR. Il y a deux ans, les membres ont ainsi essayé, en vain, de virer Ronald, la mascotte.

   Pour répondre à la fillette, le PDG Don Thompson a défendu les pratiques de son entreprise: «Nous avons vendu beaucoup de fruits et de légumes, et nous essayons de développer encore cela.» Pour lui, Ronald n’est «pas un mauvais gars», il est là pour amuser les enfants.

   Pas convaincant? On peut désormais soutenir l’intervention de Hannah en écrivant un petit mot à Don Thompson. Pendant cette même assemblée, un représentant de l’ONG Corporate Accountability International a fait une proposition visant à faire évaluer par McDo ses initiatives nutritionnelles et leur impact sur l’obésité infantile. Ce fut un échec: seulement 6,3% des actionnaires ont voté pour. (...)


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"Le vol des assiettes"
(sur l'air du "vol du bourdon")


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(Justice juste - mais expéditive - contre 
une multinationale de l'agroalimentaire...)

Monsanto critiqué dans la rue 
mais soutenu par la justice américaine
Béatrice Héraud 
© 2013 Novethic - Tous droits réservés

   (...) Samedi 25 mai, des « marches contre Monsanto » ont eu lieu dans plus de 250 villes du monde réunissant quelques milliers de personnes. En France, un sit-in sur la place du Trocadéro à Paris a réuni quelques centaines de manifestants et à Strasbourg, entre 350 et 450 manifestants ont défilé de la place du Parlement européen au centre-ville. A l’initiative de la démarche : le mouvement Occupy-Monsanto (qui avait notamment organisé la campagne pour l’étiquetage des OGM en Californie ) qui voulait ainsi attirer l’attention sur les dangers que posent les aliments génétiquement modifiés et les entreprises qui les produisent. En France, la marche était soutenue entre autres par le Mouvement Colibris, Combat Monsanto, Générations Futures, Kokopelli, la Fondation pour l’Ecologie politique, etc.

   Ces marches sont à resituer dans un contexte de multiplication des protestations contre la multinationale sur laquelle les anti-OGM focalisent leurs combats partout dans le monde et depuis de nombreuses années (Voir Le monde contre Monsanto et Au Mexique, l’industrie biotech se heurte à la mobilisation contre le maïs OGM ). (...)

   (...) Aux Etats-Unis cependant, la firme reste soutenue par les plus hautes autorités. Au printemps 2013, l’adoption d’un amendement dans la loi budgétaire garantissant la culture des OGM contre toute décision de justice, présenté comme un «Monsanto Protection Act » (valable 1 an) a fait scandale, au-delà même du cercle des opposants traditionnels aux OGM.

   Le 13 mai 2013, la Cour suprême américaine a donné raison au géant américain de l'agrochimie dans un litige qui l'opposait à un petit fermier de l'Indiana, accusé d'avoir enfreint ses brevets dans l'utilisation de graines de soja transgéniques. Après trois mois d’audience, les juges ont délibéré unanimement en faveur de Monsanto qui réclamait 85 000 dollars à un producteur de soja de 75 ans, déjà « dans une situation désespéré », selon les propos de l’avocat du fermier rapporté par l’AFP. L'agriculteur avait signé un contrat d'utilisation qui lui interdisait de conserver et de réutiliser ces semences après la récolte, afin de garantir l'achat de nouvelles semences chaque année.

   La protection intellectuelle « ne permet pas à un agriculteur de reproduire des graines brevetées en les plantant et en les récoltant, sans détenir une permission du propriétaire du brevet. (…) Si l'acheteur de ce produit peut fabriquer et vendre un nombre illimité de copies, alors le brevet ne protégerait plus l'invention efficacement que pour une seule vente », a-t-elle estimé. 

    « Si le simple fait de copier était autorisé, alors un brevet perdrait toute sa valeur dès la première vente », a continué la haute Cour, précise l’AFP. Or dans ce cas, « le monopole du brevet ne serait valable non pas 20 ans (comme la loi le prévoit) mais pour une seule transaction. Et cela résulterait en une baisse d'incitation à l'innovation (qui est, comme chacun sait, gouvernée par le fric...)».


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Benoît Barvin

lundi 6 mai 2013

"Difficile de filer droit sur cette route qui zigzaguait". Jacques Damboise in "Pensées inconvénientes".

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Pensées pour nous-mêmes:

(L'ENFANT QUI EST EN TOI
NE LE FAIS PAS DORMIR)


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LONG RÉCIT AU LONG COURS (1/1)
pcc Benoît Barvin
et Blanche Baptiste


ANGÉLUS 
ou 
LES SECRETS DE L’IMPALPABLE 


PREMIÈRE PARTIE 

   « Est-ce pour son aspect extérieur que l’on aime quelqu’un ou est-on attiré par lui pour la générosité de son âme ? » 


   Rares sont ceux qui entendirent parler de ce personnage qui passa sa vie à courir après un rêve fou, et qui finit sa vie terrestre dans le lieu de son enfance, tantôt adulé par ses congénères qui voyaient en lui un être aux pouvoirs quasi divins, tantôt honni et détruit par eux, sans qu’on sache quelle était la part de vérité ou de jalousie qui s’attachait à ces sentiments et sans que, d’ailleurs, ceux qui le haïssaient avancent une quelconque explication rationnelle à cette étrange haine. 

   Les quelques personnes qui avaient eu commerce avec le personnage dont nous allons retracer l’histoire furent donc contraintes de mettre cette connaissance sous le boisseau, sous peine de reconnaître qu’elles avaient été induites en erreur, trahies mais aussi qu’elles étaient finalement responsables de cet aveuglement dans lequel entrait une bonne part d’orgueil, de fatuité et de blasphème... 


CHAPITRE 1 

   Ma mémoire tactile remonte à mes tout premiers instants, et je me souviens que je me trouvais à mon aise sur ce tas de linge élimé qui avait au moins l’avantage de m’épargner, pour l’heure, le rêche des langes dont ces femmes allaient m’emmailloter, une fois accomplis les gestes d’usage auprès de l’accouchée. 

   La transition entre le liquide utérin et l’air ambiant m’avait fait l’effet d’un manège de foire qui vous précipite, à votre plus grand effroi mais aussi plus grande jubilation, d’un milieu à un autre. J’avais baigné pendant neuf mois dans une ambiance océane et ouatée dont j’avais pu sentir les contours, d’autant mieux que je partageais le site avec un congénère, ce qui multipliait les contacts, les glissements, les enchevêtrements de membres, en un ballet aquatique tiède et sécurisant. 

   Là, par contre, sur cette corbeille, l’air était vif, la gifle de la lumière vigoureuse. La réalité vous assaillait par tous les pores de la peau et ma petite cervelle avait bien du mal à sélectionner tous ces messages. Elle avait cependant eu le temps de noter les longues et étreignantes vagues utérines, puis le passage enveloppant des muqueuses vaginales, si douces que j’en jubilais encore. 

   Des mains fraîches m’avaient ensuite saisi, des mains dont la texture était bien différente des textures amniotiques que j’avais connues jusqu’à alors. C’étaient des mains rugueuses de lavandière, fripées par les séjours prolongés dans l’eau des lavoirs et durcies de cals provenant des travaux des champs. 

   Et juste avant tout cela, j’allais oublier de le mentionner, si désireux de le gommer à jamais, il y avait eu un contact piquant, râpeux, autour de mon crâne, de mes épaules, de mon corps : c’était celui de la frontière entre les deux mondes, le sexe pileux de ma mère dont je ne goûterais jamais plus rien d’autre que cet étau d’émeri. Je serais également privé à jamais de la sensation du sein maternel contre ma joue, du sein sous mes petites mains si affamées de palper de la douceur. 

***

   De la naissance de son dernier enfant, la mère Galin se serait souvenue toute sa vie si elle avait survécu à ses couches, tant le bébé lui parut d’une beauté inattendue et inouïe par sa délicatesse, au milieu d’une telle rudesse de vie. 

   Chez les Galin, en effet, depuis des générations, l’existence était non seulement misérable mais encore alourdie par diverses tares dont ne manquaient pas d’hériter les rejetons. Les affections dont ils souffraient touchaient essentiellement leur épiderme et parfois aussi leur ossature. 

   C’est ainsi qu’on avait vu naître dans cette famille des bossus, des pieds bots et des tordus de toutes sortes. Mais le pire ne résidait pas dans ces malformations du squelette. Le pire, c’était cette malédiction qui semblait les poursuivre depuis la fameuse épidémie de gale qui avait infesté les contrées les plus reculées, il y avait de cela plus de cinq siècles. 

   Cette épidémie leur avait d’ailleurs valu leur patronyme, chose qu’ils ignoraient, persuadés que leur nom faisait référence au fier coq gaulois, ainsi que l’avait dit le Père Grangeais à la jeune Camille Galin, qui avait eu le privilège de suivre quelques classes chez les Soeurs Bénédictines de la Charité. 

   Pour les Galin donc, il était clair et incontestable que leur apparence n’avait rien à voir avec une quelconque tare héréditaire, rien à voir avec une prédisposition congénitale à contracter tel ou tel microbe, parasite ou champignon. Elle était pour eux la conséquence d’une dure vie de labeurs, exposée aux intempéries les plus variées : sécheresse estivale, vents glacés, neige mordante, humidité des mortes saisons et vapeurs corrosives de la manufacture de textiles où travaillait presque toute la famille. 

   C’était en somme le lot de tous les habitants du bourg que d’être ainsi soumis à la morsure cisaillante de l’eau gelée, aux gifles cinglantes des giboulées ou à la cuisson anesthésiante du soleil. 

   Les Galin étaient simplement un peu plus marqués que les autres par le sceau des saisons et venaient au monde déjà abîmés, mâchés par on ne sait quel coup du sort, car au fléau qu’avait connu leurs ancêtres était venue s’ajouter une ribambelle de nouvelles épidémies et d’affections de peau toutes plus horribles les unes que les autres, comme le pityriasis, le lupus, la pellagre, l’érysipèle, la teigne, la plupart du temps fort contagieuses. 

   Là encore, pouvaient-ils se dire, qui alentour aurait pu se vanter de n’avoir pas sur le corps, le visage ou les mains, soit la cicatrice laissée par un anthrax, soit la peau grêlée par des restes de varicelle ou de variole très fréquentes à l’époque? 

   Leur apparence ne choquait donc pas grand monde car ils vivaient au milieu de physiques âpres, rugueux qui, au fil des ans, n’échappaient pas à la dégénérescence en raison d’une consanguinité de mauvais aloi. La famille Galin avait l’avantage d’être préparée à cette décrépitude contre laquelle les gens de leur condition ne pouvaient pas de toute façon se prémunir. Ainsi chacun d’entre eux parvenait à se consoler de cette infortune, puisqu’en fin de compte c’était le lot de tous. 

   Cela gênait cependant les filles qui avaient bien du mal à trouver à se marier, mais qui finissaient tout de même par rencontrer, lors des foires aux bestiaux ou des fêtes votives, plus laid et plus repoussant qu’elles. 

   Mis à part ces eczémas, ces impétigos et autres papules, elles avaient un visage régulier, un corps bien fait et ne souffraient pas comme les garçons de la famille de difformités osseuses. 

   Ainsi l’époux qui avait, en raison de son travail, lui aussi les mains calleuses, ne sentait-il pas, en touchant de ses doigts anesthésiés par les cals et par l’épaisseur de la couche cornée, les chairs granuleuses de sa compagne. 

   Il en allait de même pour les corps burinés par les éléments, de sorte que les attouchements, les caresses, les lentes et sensuelles approches n’avaient pas lieu d’être, et l’on allait droit au but, sûrs de trouver là des parties tendres, si tant est que celles-ci aient été épargnées par les chancres et les bubons. 

   De cela, évidemment, les habitants du bourg ne parlaient pas car les choses sexuelles étaient toujours tues, enfouies sous des tombereaux de secrets dus à une rigueur toute puritaine, les grandes guerres religieuses étant encore dans toutes les mémoires... Le seul à connaître leur véritable infortune était le médecin et encore lui cachait-on bien des choses car ces bougres ne se laissaient pas ausculter comme il l’aurait fallu. Et les Galin plus que tout autre.

(A Suivre)

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(Cette image de propagande assurant 
que le travail dans les mines d'or
était un vrai paradis ne convainquit personne)


Des enfants travaillent encore 
dans les mines d’or
Mali 

   (...) L’organisation Human Rights Watch a publié un rapport très complet sur le sujet en décembre 2011 en réclamant des actions concrètes. Mais les autorités maliennes ont attaqué cette enquête à une conférence de presse en avril 2013, et ont rejeté les preuves, pourtant accablantes, rendant compte que des enfants travaillaient dans les mines du pays.

   « Le gouvernement du Mali devrait immédiatement prendre des mesures de lutte contre le travail des enfants dans les mines d’or, au lieu de nier son existence. Les déclarations du gouvernement font douter de sa volonté de faire cesser le travail des enfants », affirme Babatunde Olugboji, vice-directeur de programmes à Human Rights Watch. Il continue : « Les autorités du Mali devraient clairement exprimer leur engagement à aider les enfants à abandonner le travail de mineur et à avoir une éducation à la place. »

   Human Rights Watch a mené une recherche sur le terrain dans des mines d’or artisanales à Kéniéba et Kolondiéba en 2011, et a interviewé plus de 150 personnes pour son rapport. Des enfants entre 6 et 17 ans ont expliqué comment ils creusaient des puits, comment ils travaillaient sous terre dans des mines instables, comment ils portaient et écrasaient des minerais lourds, et comment ils utilisaient du mercure pour extraire l’or. C’est un travail dangereux qui est interdit selon la loi internationale et malienne.(...)

   (...) Pourtant lors d’une conférence de presse donnée le 10 avril, les cadres des ministères des mines, de l’intérieur, et de la justice ont exprimé leurs doutes quant à la réalité de cette situation. Le Colonel Allaye Diakité a aussi questionné la méthodologie de Human Rights Watch, émettant certains doutes quant à la source des photos de l’ONG qui montre ces enfants au travail. HRW se défend en affirmant qu’elle a utilisé ses propres photos, ainsi que d’autres provenant de photographes indépendants et qui appuient leur rapport. A noter que la National Broadcasting Corporation (NBC), une chaine de télévision américaine, a récemment montré des images illustrant le même fait de société dans un reportage à la tonalité accablante. Le gouvernement malien avait dans le passé reconnu l’existence de ces pratiques problématiques et avait conçu un plan pour lutter contre cette pratique. (...)


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"Mais comment se fait-ce?
- La Main de Dieu est très pénétrable...
- Attention au blasphème!
- P... Si on peut plus rigoler 
sur la Religion, maintenant..."



ILLUSTRATION BYHARRY ZELINSKIFOR THE SERIAL TOO MANY GHOSTS. 
WRITTEN BY PAUL GALLICO. FROM JOHN BULL MAGAZINE, 
WEEK ENDING 30TH JANUARY, 1960.

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(Cette batterie solaire servait à...

Heu... Servait à quoi, déjà?)


La plus grande batterie au monde 
de stockage des ENR en préparation
Japon 

   (...) Depuis Fukushima, le Japon cherche sans relâche à réduire sa dépendance à l’énergie nucléaire. La bonne nouvelle, c’est que ce pays conduit cette démarche tout en refusant le retour aux énergies fossiles les plus polluantes. Le développement des ENR est donc la conséquence de cette politique avisée.

   Dernière initiative en date, la construction d’une immense centrale de batteries à Hokkaido. Avec 60 000 kW.h de capacité de stockage, cet ouvrage gigantesque qui devrait être mis en service à la fin de l’année prochaine, aura la tâche de réguler la distribution d’ENR. Hokkaido, la plus septentrionale des provinces japonaises, connaît un boom dans le solaire et l’éolien depuis l’introduction en juillet 2012 d’un tarif préférentiel garanti pour l’électricité générée de manière responsable. La batterie permettra de stabiliser la fourniture électrique affectée par les conditions climatiques variables.

   La démarche japonaise de développement des ENR s’accélère sur tous les plans. Chaque semaine apporte sont lot d’annonces. Reprise de l’investissement dans le géothermique, lois sur les tarifs préférentiels garantis, nouvelles technologies pour la régulation de la distribution d’électricité ‘propre’ : les bonnes nouvelles se succèdent et redonnent espoir aux défenseurs de l’environnement. (et la France?) (...)


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Benoît Barvin

vendredi 12 avril 2013

"Il était plein de ressentiments ce qui lui donnait une drôle d'odeur". Jacques Damboise in "Pensées inconvénientes".

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Pensées pour nous-mêmes:

(SOIS L'AMI DU BONHEUR)

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"Moi, c'est dans les poings 
que j'ai mes décharges électriques!"


Inde : un soutien-gorge "taser" 
pour lutter contre le viol

NICOLAS GUÉGAN

   (...) Un soutien-gorge pour endiguer les viols en Inde, une drôle d'idée ? C'est en tout cas celle qu'ont eue trois étudiants (deux filles et un garçon) d'une école d'ingénieurs de Chennai, au sud de l'Inde, qui viennent de mettre au point un soutien-gorge quelque peu électrique. "Cette lingerie fine, dotée de capteurs de tension, peut envoyer des décharges de 3 800 kilovolts", assure Manisha Mohan, l'une des étudiantes à l'origine du projet, au Times of India. Mais que les femmes se rassurent : aucun risque que le dispositif ne se retourne contre elles.

   Derrière cette invention étonnante se cache un triste constat. En sortant de leur école pour jeunes filles, ces futures ingénieurs ont été confrontées à la dure réalité de la rue : "un monde cruel", où un simple "sourire" peut menacer "leur intégrité physique et leur pureté", explique Manisha. Les trois étudiants ont donc décidé d'agir. Et ce, afin que les femmes puissent "se défendre contre le harcèlement domestique, social et professionnel dont elles sont victimes", affirme Manisha. (...)


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"De quoi as-tu peur, mon Petit?
- De vieillir moche...
Et que des plus moches encore
usurpent mon identité pour défendre
des idées stupides..."


"EN CAS DE MALHEUR" de Claude Autant-Lara

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Elle:
"Mon Dieu... Il est moche...  
Je préférerais la fille sur ma gauche..."

Lui:
"Mon Dieu... Mais c'est une femme... Au secours!"


Mariage de masse de membres de la secte moon

Que va devenir la France 
avec tous ces gays et toutes ces lesbiennes? 
Esther Benbassa
Sénatrice EELV du Val-de-Marne, 
Directrice d'études à l'EPHE (Sorbonne)

   (...) Là, j'ai les oreilles qui tintent. J'entends mal ? Je rêve ? "Un enfant a besoin de dire 'maman'". "Les premiers mots d'un enfant sont 'maman'". Et c'est de cela que nous allons priver les bambins de couples gays. Allons, allons, nous aimons tous notre maman. Mais il faut se rendre à l'évidence : on peut avoir deux "mamans", deux "papas", et ça n'arrive pas que dans les familles homos. Les familles recomposées, c'est cela, et depuis longtemps déjà. Les enfants de couples gays ne verront donc jamais de femmes ? C'est ça qu'on veut nous faire croire ? Qu'ils n'auront, les pauvres, aucuns référents féminins et vice versa ? (...)

   (...) Les discours des anti-mariage-pour-tous tournent décidément parfois aux contes de fées pour enfants naïfs. Mais il y a pire aussi : "les homosexuels sont une communauté", "les parents homosexuels ne sont pas (= ne peuvent pas être) des parents comme les autres". J'en passe et des meilleures. On va jusqu'a décontextualiser Maurice Godelier pour lui faire dire le contraire de ce qu'il dit. D'autres, un peu plus à court culturellement, nous citent quelques vers ringards... La famille est sacrée. La filiation traditionnelle immuable. Le monde ne bouge pas. Pas eux, en tout cas. Pas la société française. Pas la leur, c'est certain.

   "Bioéthique", "courage", "généalogie lisible", on nous sert les plats les plus étranges et dans le plus étrange désordre. Tout ça pour sauver une défunte trinité : maman-papa-enfant. Tout ça pour flatter des électeurs. Ce sont les troupes de Frigide Barjot qui dictent leurs discours aux parlementaires de droite. On appelle cela démocratie. Comme l'a dit la Garde de Sceaux, elles ont fait "main basse sur la République". Frigide Barjot(1), dernière idéologue de la droite. On en est là. Quand la droite parle de décadence, elle sait de quoi elle parle.

   Moi, je n'ai rien contre le débat entre les pour et les contre. Mais là nous sombrons dans la médiocrité. Dans le vide argumentaire. Dans une répétitivité pathétique, qui cache mal, au fond, un certain manque de conviction. Je suis submergée de lettres d'insultes et de menaces, plusieurs de mes collègues aussi. C'est donc ça le débat démocratique ? Un pays où l'on a tant de mal à échanger et à débattre a-t-il un avenir? "Tout ce qui est moderne n'est pas bon." Oui, j'ai bien entendu cela. Insondable profondeur du propos. Comment allons-nous prendre le train de l'avenir ? (...)
Lire sur:

(1) Frigide Barjot, de son vrai nom Virginie Merle, grandit au sein d'une famille conservatrice de la bourgeoisie lyonnaise. Sa mère a été professeur au conservatoire de Lyon et son père directeur administratif de la clinique qu’il possédait.

   Après des études à la faculté de droit de Lyon III puis à Sciences Po, elle travaille à la communication du parti politique RPR. Elle se définit comme « une républicaine gaulliste viscéralement attachée à mon pays et à mes racines chrétiennes ».

   Virginie Tellenne est l'épouse de Bruno Tellenne, alias Basile de Koch, avec qui elle rédigeait des discours de l'ancien ministre de l'Intérieur Charles Pasqua. Elle codirige avec lui le groupe Jalons. Ils ont ensemble deux enfants : Bastien et Constance. Personnalité mondaine, elle fréquente depuis sa jeunesse avec assiduité divers lieux de la nuit parisienne, en particulier des cabarets gays.

   Le 12 mai 2011, elle publie chez Plon son autobiographie, "Confessions d'une catho branchée", qui relate sa conversion et son apprentissage de la foi.


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Benoît Barvin