Bonjour à vous qui, dans le maelström du net, êtes arrivés, par hasard? lassitude? erreur? sur ce blog. Vous êtes les bienvenus. Vous y lirez des extraits d'articles, de pensées, d'interviews, piochés ça et là, et illustrés de photos et dessins détournés, via un humour de bon aloi. Vous pouvez évidemment réagir avec le même humour, la même ironie que nous mettons, chaque jour, à tenter de respirer un peu plus librement dans une société qui se corsète chaque fois un peu plus.
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vendredi 10 octobre 2014

"Ma Belle-Mère m'offrit un martinet à batterie solaire". Jacques Damboise in "Pensées de quelque part".

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Pensées pour nous-mêmes:

(NE JUGE PAS SELON
TON MAUVAIS VOULOIR)

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(L'épouse trompée réagit bizarrement
après l'aveu de son mari)


from 0ci0



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"C'est par économie que vous vous
éclairez à la bougie?
- Vous avez tout compris..." (soupirs)


Barry Lyndon, Stanley Kubrick, 1975

La facture d'électricité 
est une énigme 

AFP

   (...) La facture d'électricité reste une énigme pour près de neuf Français sur dix, et un sur quatre éprouve des difficultés à s'en acquitter, selon un sondage Ifop-Qinergy publié jeudi.

   Quelque 61% des personnes interrogées déclarent ne pas tout comprendre à leur facture, et 21% en trouvent la lecture difficile, selon ce sondage réalisé en septembre sur internet, auprès de 1.007 personnes. Elles sont 7% à se contenter de consulter le montant à payer uniquement.

   L'enquête soulève toutefois un paradoxe: seuls 28% des sondés estiment que leur niveau de compréhension est passable ou mauvais.

   Près de 50% des Français disent aussi avoir régulièrement une mauvaise surprise en découvrant le montant de la facture, sans avoir les moyens de le vérifier, et un quart éprouve des difficultés pour la payer.

   Le choix d'un contrat adapté à la consommation du ménage s'avère par ailleurs difficile pour un tiers des sondés.

   Le 3 octobre, l'Observatoire national de la précarité énergétique (ONPE) avait estimé à plus de 11 millions, soit un cinquième de la population française, le nombre des personnes éprouvant des difficultés à se chauffer et s'éclairer, une proportion bien plus élevée que celle retenue jusqu'à présent. (...) 



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"Bon, alors... Ce déshabillage, ça vient?
- Mais Chérie, j'ai froid, tout nu...
- T'inquiète, je vais te réchauffer, moi!"


photo by Gokce Yagmur


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Benoît Barvin

jeudi 26 décembre 2013

"Il était gai comme un pingouin recevant le Premier Prix d'Excellence". Jacques Damboise in "Pensées à contre-pet".

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Pensées pour nous-mêmes:

(CHAQUE ANNÉE FAIS MOISSON
DE BONHEUR)

°°°

"Comment ça, j'ai de belles fesses?
Mais vous ne les avais jamais vues...
- Pas encore... nuance."



°°°

"Une centrale à biogaz... Mmmm...
Tu sais que j'en ai buté pour moins que ça?"


allocine.fr

Feldheim, village modèle

Helmut Uwer

   (...) Près de Berlin se trouve le seul endroit en Allemagne entièrement autonome pour son approvisionnement en énergie. Grâce aux éoliennes installées dans leur jardin et à un réseau indépendant, les habitants paient l’électricité au prix minimum. Un exemple qui attire des écologistes du monde entier.

   Petra Richter n’a pas besoin de longs discours pour expliquer la success story qui a permis à sa commune de goûter aux joies de la renommée internationale. Le projet s’est fait au bon moment, résume la maire de Feldheim. La petite localité du sud-ouest de Berlin est la première et jusqu’ici la seule commune d’Allemagne à être autonome sur le plan énergétique. Résultat : 3 000 visiteurs débarquent chaque année du monde entier dans le petit village brandebourgeois de 130 âmes seulement qui, en dépit de sa situation à 150 mètres d’altitude, ne se laisse pas dénicher facilement.

   Tout s’est fait progressivement, raconte Petra Richter. Les quatre premières éoliennes sont arrivées en 1997. Aujourd'hui, on en dénombre 43, qui produisent chaque année 140 000 mégawatts/heure. Avec ces sources d’énergie renouvelable devant les yeux tous les jours, la coopérative agricole locale a fini par réfléchir à la construction d’une centrale à biogaz. Ses représentants se sont assis à table avec le promoteur du parc éolien, Michael Rascheman, et lui ont demandé de leur soumettre un projet.

   Celui-ci a calculé qu’avec les 4,3 millions de kilowatts/heure que produirait la centrale à biogaz sous forme de chaleur, il était non seulement possible de chauffer les porcheries et les bureaux de la coopérative, mais aussi tout le village. A l’époque, beaucoup se chauffaient encore avec des poêles à bois. Chez d’autres, les premiers chauffages centraux installés après la chute du Mur étaient tombés en panne. L’envie d’essayer quelque chose de nouveau était grande, se souvient Petra Richter : "Presque tous étaient enthousiastes dès le départ". (...)

   (...) Quelques réunions publiques plus tard, ils décident de fonder la Feldheim Energie GmbH and Co. KG. Celle-ci n’est pas seulement chargée de gérer le réseau de chauffage centralisé censé diffuser une douce chaleur dans tous les foyers de Feldheim, mais aussi de distribuer l’électricité produite par les éoliennes situées sur le pas de leur porte. Mais tout n’a pas été aussi simple. Car E.on-Edis, propriétaire du réseau électrique local, refusait de mettre ses lignes à leur disposition. Il a donc fallu en construire de nouvelles. D’où une situation inédite : les maisons de Feldheim sont aujourd’hui raccordées à deux lignes électriques, dont l’une a été coupée.

   La société Feldheim Energie devait trouver 400 000 euros pour financer le nouveau réseau, mais l’apport des commanditaires a suffi à couvrir cette somme. Seuls les propriétaires de terrains sur la commune étaient autorisés à en devenir membres, ainsi que les entreprises locales, l’église, le syndicat des eaux et la ville de Treuenbrietzen, à laquelle est rattaché Feldheim. Leur apport se monte à 3 000 euros pour l’électricité et le chauffage, ou à la moitié pour ceux qui ne reçoivent qu’une des deux sources d’énergie. (...)

  (...)  Le financement de la construction du réseau électrique était une formalité en comparaison du 1,7 million d’euros qu’a coûté le réseau de chauffage centralisé. Et si les habitants de Feldheim ont pu le financer, c’est uniquement grâce à l’Union européenne et à la région Brandebourg, qui ont soutenu le projet à hauteur de 50% du coût. Pour payer le reste, la société Feldheim Energie a souscrit un crédit sur 15 ans, dont le remboursement se déroule comme prévu. Presque tous les habitants ont mis la main à la poche et se sont engagés pour dix ans via leur apport. Seuls deux foyers sur quarante n’ont pas pu être convaincus. Aux 38 particuliers concernés, il faut ajouter la coopérative agricole, la commune, le syndicat des eaux et l’église. Trente-cinq foyers sont raccordés au réseau de chauffage de trois kilomètres de long. Les autres se chauffent par géothermie. Ceux qui ont choisi les réseaux alternatifs ont déjà fait de sérieuses économies. 

   Le système de chauffage est entré en service en 2009. Un an plus tard, les éoliennes étaient opérationnelles. Alors que le prix moyen du kilowatt/heure s’élève à 28 centimes en Allemagne, les habitants de Feldheim, qui se servent directement chez le producteur, ne le paient que 16,6 centimes. Ce tarif exceptionnellement contenu n’est cependant possible que grâce à une clause spéciale du règlement sur la redevance d’accès. Seule une fraction du courant produit alimente Feldheim, soit 0,5% environ, explique le porte-parole du fournisseur, Werner Frohwitter. Le reste part sur le réseau public. Quant au tarif du chauffage, il est 10% moins élevé à Feldheim que dans le reste du pays. (...)

   Il y a longtemps que Feldheim est un village modèle en matière d’énergie verte. En 2009, en plus de la centrale à biogaz, la commune s’est dotée d’une chaudière à copeaux de bois qui permet de conserver une chaleur agréable dans les vieilles Vierseithöfen [fermes disposées en carré autour d’une cour intérieure] les jours de grand froid. En 2010, Feldheim a été désigné "village bioénergétique". La commune s’est aussitôt servie de l’argent du prix pour développer ses énergies renouvelables. Economiquement aussi, les énergies vertes ont des retombées non négligeables pour la petite commune. Certes, l’agriculture, qui nourrit 30 personnes, y est encore dominante. Mais la société EQ-SYS, qui fabrique des composants métalliques pour les panneaux photovoltaïques, a créé 21 emplois sur place.

   Des écotouristes affluent chaque année du monde entier dans le village, alors que sa seule auberge n’en est même plus une. Celle-ci a été convertie en centre de recherche et de formation par le Forum des énergies nouvelles de Feldheim. L’association propose des visites guidées à travers l’écovillage en allemand, anglais, espagnol et français. Le japonais n’est pas encore représenté, même si de nombreux Nippons se rendent à Feldheim, notamment depuis la catastrophe de Fukushima. (...)


°°°
(La caisse-tortue était tombée sur le dos)



°°°
Luc Desle

mercredi 29 mai 2013

"Il la poursuivait de ses assiduités, déguisées en billets de banque". Benoît Barvin in "Pensées pensées".

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Pensées pour nous-mêmes:

(N'ATTENDS PAS DU TEMPS
QU'IL T'ATTENDE)


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LONG RÉCIT AU LONG COURS (1/22)
pcc Benoît Barvin et Blanche Baptiste

   Dans cet étrange couvent où s'est réfugiée la jeune Elaine Cantagril, pour se consoler de la mort d'Adrien, son bien-aimé, la Mère Supérieure se livre à d'étranges simagrées sous la lumière crue de la lune...

ANGÉLUS 
ou 
LES SECRETS DE L’IMPALPABLE



   Une fois encore, les propos de Soeur Jeanne lui revinrent en mémoire. Elle porte un cilice, avait dit la jeune novice, et cela pour racheter les fautes des pécheurs, à n’en pas douter. 

   Cette boursouflure de peau sanieuse semblait être le résultat de mystérieuses griffures. Mais avec quoi la Supérieure s’abîmait-elle la chair ? Quel terrible instrument de torture utilisait-elle pour qu’il lui procure une blessure si malsaine ?

   Par contraste, le reste du corps apparaissait d’une surprenante beauté. Les jambes de la religieuse étaient élancées, les mollets bien galbés et elle avait des pieds parfaitement tournés. Sœur Camille ressemblait à une toute jeune fille dont la préoccupation aurait été l’adoration narcissique de son corps… s’il n’y avait eu cette terrible plaie, portée comme une oriflamme.

   « Ma Mère, que vous arrive-t-il ? » pensa Elaine. « C’est péché que d’offrir ainsi son corps aux caresses du vent et au regard de l’astre de la nuit. »

   La jeune femme frissonna. En dépit du châle, elle se sentait glacée. La religieuse, après une courte danse, écartait maintenant bras et jambes et paraissait s’offrir à un quelconque amant invisible. Les yeux clos, elle ne bougeait plus. 

   Elaine, submergée par une brusque aversion, se détourna et se mit à réciter un « Pater Noster » avec ferveur.

   La prière lui fit du bien. Quand elle osa de nouveau regarder, elle aperçut la religieuse qui, agenouillée, se penchait en avant, les bras tendus, dans une attitude d’adoration païenne.

   Son aversion se transforma en effroi. La lumière de la lune se fit tranchante et donna soudain à ce spectacle une netteté chirurgicale. A chaque mouvement, la peau de la Supérieure paraissait se friper, se froissant comme un tissu dont on pressent qu’il finira par se déchirer, à force d’être manipulé. 

   Elaine songea à une mue d’un nouveau genre, s’attendant à tout instant à ce que la religieuse déchire cette enveloppe corporelle et apparaisse enfin, transformée, nouvelle espèce destinée à rendre à Dieu un hommage dont elle doutait, cependant, qu’il soit réellement Chrétien.

   Se pouvait-il que sous cette peau qui se chiffonnait, il y en eût une autre, écailleuse par exemple, à moins qu’elle ne fût aussi dure que celle de certains habitants du village ? 

   « Je suis folle, balbutia Elaine. Folle... »

   Et les larmes coulèrent de ses yeux, car tout se mêlait : ce corps dénudé dans une offrande païenne ; la main de l’apothicaire qu’elle voyait griffer le tissu moiré de l’étalage et, enfin, la chair abîmée, souffrante et pustuleuse de son Adrien agonisant.

   « Je suis folle » répéta-t-elle, en s’enfonçant les ongles dans sa chair, incapable cependant de se détourner du spectacle offert par la Mère Supérieure.

   Elaine aurait tant voulu que ce spectacle impie se dilue ; que la silhouette de la religieuse s’efface... Qu’il n’y ait plus, à la place, que cette jolie portion de jardin avec cette délicieuse margelle en pierre du puits. Elle irait s’asseoir sur le banc et se laisserait voguer dans un vague bien-être dont, depuis la mort de son amant, elle ne connaissait plus le goût si suave...

   Mais la jeune femme ne rêvait pas. La Mère Supérieure était bien présente, dans son obscène nudité et, à chaque mouvement, c’est toute sa peau qui se fripait, non seulement du côté de son échine, mais également sur ses cuisses. On avait l’impression qu’une main invisible maltraitait cette chair, comme si elle voulait réduire à néant une œuvre qu’Elaine pressentait, de plus en plus, comme étant celle de Satan.

   Une sueur glacée coulait le long de sa colonne vertébrale. Elle n’en pouvait plus. Ce spectacle la submergeait de dégoût et elle ne désira soudain plus qu’une seule chose : se fondre dans la nuit afin de regagner au plus vite sa cellule, pour s’y recroqueviller... Ne plus penser... Oh, surtout, ne plus penser ! 

   Cependant la lumière de la lune devenait de minute en minute plus ardente, et chaque détail ainsi mis en valeur prenait un relief terrifiant. La jeune femme fut persuadée qu’un effroyable mystère se cachait derrière l’attitude impudique de la Mère Supérieure, mystère dissimulé dans les propos de Soeur Jeanne et des deux vieilles de l’église. 

   Elle fut alors frappée par cette évidence : ce mystère avait quelque chose à voir avec la mort d’Adrien car, derrière l’étrange aspect juvénile du corps quarantenaire de Sœur Camille de l’Incarnation, un terrifiant secret se dissimulait. Un secret qu’elle devait, coûte que coûte, découvrir.

***
(A Suivre)

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"Tu vas parler, oui ou m...?"


REBLOGGED FROM: IHEARTHANDJOBS

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"Chomp, chomp...
Si la vie est belle?
Chomp, chomp...
Pourquoi cette question?"


REBLOGGED FROM: TSMSCRITTERCUTENESS

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" 'Tention! Pas touche à mon pote,
hein? Sinon..."


REBLOGGED FROM: ADDELBURGH

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"Tu oseras pas...
- Oser quoi?"


REBLOGGED FROM: HECKLERANDCOACH

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Jacques Damboise

lundi 6 mai 2013

"Difficile de filer droit sur cette route qui zigzaguait". Jacques Damboise in "Pensées inconvénientes".

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Pensées pour nous-mêmes:

(L'ENFANT QUI EST EN TOI
NE LE FAIS PAS DORMIR)


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LONG RÉCIT AU LONG COURS (1/1)
pcc Benoît Barvin
et Blanche Baptiste


ANGÉLUS 
ou 
LES SECRETS DE L’IMPALPABLE 


PREMIÈRE PARTIE 

   « Est-ce pour son aspect extérieur que l’on aime quelqu’un ou est-on attiré par lui pour la générosité de son âme ? » 


   Rares sont ceux qui entendirent parler de ce personnage qui passa sa vie à courir après un rêve fou, et qui finit sa vie terrestre dans le lieu de son enfance, tantôt adulé par ses congénères qui voyaient en lui un être aux pouvoirs quasi divins, tantôt honni et détruit par eux, sans qu’on sache quelle était la part de vérité ou de jalousie qui s’attachait à ces sentiments et sans que, d’ailleurs, ceux qui le haïssaient avancent une quelconque explication rationnelle à cette étrange haine. 

   Les quelques personnes qui avaient eu commerce avec le personnage dont nous allons retracer l’histoire furent donc contraintes de mettre cette connaissance sous le boisseau, sous peine de reconnaître qu’elles avaient été induites en erreur, trahies mais aussi qu’elles étaient finalement responsables de cet aveuglement dans lequel entrait une bonne part d’orgueil, de fatuité et de blasphème... 


CHAPITRE 1 

   Ma mémoire tactile remonte à mes tout premiers instants, et je me souviens que je me trouvais à mon aise sur ce tas de linge élimé qui avait au moins l’avantage de m’épargner, pour l’heure, le rêche des langes dont ces femmes allaient m’emmailloter, une fois accomplis les gestes d’usage auprès de l’accouchée. 

   La transition entre le liquide utérin et l’air ambiant m’avait fait l’effet d’un manège de foire qui vous précipite, à votre plus grand effroi mais aussi plus grande jubilation, d’un milieu à un autre. J’avais baigné pendant neuf mois dans une ambiance océane et ouatée dont j’avais pu sentir les contours, d’autant mieux que je partageais le site avec un congénère, ce qui multipliait les contacts, les glissements, les enchevêtrements de membres, en un ballet aquatique tiède et sécurisant. 

   Là, par contre, sur cette corbeille, l’air était vif, la gifle de la lumière vigoureuse. La réalité vous assaillait par tous les pores de la peau et ma petite cervelle avait bien du mal à sélectionner tous ces messages. Elle avait cependant eu le temps de noter les longues et étreignantes vagues utérines, puis le passage enveloppant des muqueuses vaginales, si douces que j’en jubilais encore. 

   Des mains fraîches m’avaient ensuite saisi, des mains dont la texture était bien différente des textures amniotiques que j’avais connues jusqu’à alors. C’étaient des mains rugueuses de lavandière, fripées par les séjours prolongés dans l’eau des lavoirs et durcies de cals provenant des travaux des champs. 

   Et juste avant tout cela, j’allais oublier de le mentionner, si désireux de le gommer à jamais, il y avait eu un contact piquant, râpeux, autour de mon crâne, de mes épaules, de mon corps : c’était celui de la frontière entre les deux mondes, le sexe pileux de ma mère dont je ne goûterais jamais plus rien d’autre que cet étau d’émeri. Je serais également privé à jamais de la sensation du sein maternel contre ma joue, du sein sous mes petites mains si affamées de palper de la douceur. 

***

   De la naissance de son dernier enfant, la mère Galin se serait souvenue toute sa vie si elle avait survécu à ses couches, tant le bébé lui parut d’une beauté inattendue et inouïe par sa délicatesse, au milieu d’une telle rudesse de vie. 

   Chez les Galin, en effet, depuis des générations, l’existence était non seulement misérable mais encore alourdie par diverses tares dont ne manquaient pas d’hériter les rejetons. Les affections dont ils souffraient touchaient essentiellement leur épiderme et parfois aussi leur ossature. 

   C’est ainsi qu’on avait vu naître dans cette famille des bossus, des pieds bots et des tordus de toutes sortes. Mais le pire ne résidait pas dans ces malformations du squelette. Le pire, c’était cette malédiction qui semblait les poursuivre depuis la fameuse épidémie de gale qui avait infesté les contrées les plus reculées, il y avait de cela plus de cinq siècles. 

   Cette épidémie leur avait d’ailleurs valu leur patronyme, chose qu’ils ignoraient, persuadés que leur nom faisait référence au fier coq gaulois, ainsi que l’avait dit le Père Grangeais à la jeune Camille Galin, qui avait eu le privilège de suivre quelques classes chez les Soeurs Bénédictines de la Charité. 

   Pour les Galin donc, il était clair et incontestable que leur apparence n’avait rien à voir avec une quelconque tare héréditaire, rien à voir avec une prédisposition congénitale à contracter tel ou tel microbe, parasite ou champignon. Elle était pour eux la conséquence d’une dure vie de labeurs, exposée aux intempéries les plus variées : sécheresse estivale, vents glacés, neige mordante, humidité des mortes saisons et vapeurs corrosives de la manufacture de textiles où travaillait presque toute la famille. 

   C’était en somme le lot de tous les habitants du bourg que d’être ainsi soumis à la morsure cisaillante de l’eau gelée, aux gifles cinglantes des giboulées ou à la cuisson anesthésiante du soleil. 

   Les Galin étaient simplement un peu plus marqués que les autres par le sceau des saisons et venaient au monde déjà abîmés, mâchés par on ne sait quel coup du sort, car au fléau qu’avait connu leurs ancêtres était venue s’ajouter une ribambelle de nouvelles épidémies et d’affections de peau toutes plus horribles les unes que les autres, comme le pityriasis, le lupus, la pellagre, l’érysipèle, la teigne, la plupart du temps fort contagieuses. 

   Là encore, pouvaient-ils se dire, qui alentour aurait pu se vanter de n’avoir pas sur le corps, le visage ou les mains, soit la cicatrice laissée par un anthrax, soit la peau grêlée par des restes de varicelle ou de variole très fréquentes à l’époque? 

   Leur apparence ne choquait donc pas grand monde car ils vivaient au milieu de physiques âpres, rugueux qui, au fil des ans, n’échappaient pas à la dégénérescence en raison d’une consanguinité de mauvais aloi. La famille Galin avait l’avantage d’être préparée à cette décrépitude contre laquelle les gens de leur condition ne pouvaient pas de toute façon se prémunir. Ainsi chacun d’entre eux parvenait à se consoler de cette infortune, puisqu’en fin de compte c’était le lot de tous. 

   Cela gênait cependant les filles qui avaient bien du mal à trouver à se marier, mais qui finissaient tout de même par rencontrer, lors des foires aux bestiaux ou des fêtes votives, plus laid et plus repoussant qu’elles. 

   Mis à part ces eczémas, ces impétigos et autres papules, elles avaient un visage régulier, un corps bien fait et ne souffraient pas comme les garçons de la famille de difformités osseuses. 

   Ainsi l’époux qui avait, en raison de son travail, lui aussi les mains calleuses, ne sentait-il pas, en touchant de ses doigts anesthésiés par les cals et par l’épaisseur de la couche cornée, les chairs granuleuses de sa compagne. 

   Il en allait de même pour les corps burinés par les éléments, de sorte que les attouchements, les caresses, les lentes et sensuelles approches n’avaient pas lieu d’être, et l’on allait droit au but, sûrs de trouver là des parties tendres, si tant est que celles-ci aient été épargnées par les chancres et les bubons. 

   De cela, évidemment, les habitants du bourg ne parlaient pas car les choses sexuelles étaient toujours tues, enfouies sous des tombereaux de secrets dus à une rigueur toute puritaine, les grandes guerres religieuses étant encore dans toutes les mémoires... Le seul à connaître leur véritable infortune était le médecin et encore lui cachait-on bien des choses car ces bougres ne se laissaient pas ausculter comme il l’aurait fallu. Et les Galin plus que tout autre.

(A Suivre)

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(Cette image de propagande assurant 
que le travail dans les mines d'or
était un vrai paradis ne convainquit personne)


Des enfants travaillent encore 
dans les mines d’or
Mali 

   (...) L’organisation Human Rights Watch a publié un rapport très complet sur le sujet en décembre 2011 en réclamant des actions concrètes. Mais les autorités maliennes ont attaqué cette enquête à une conférence de presse en avril 2013, et ont rejeté les preuves, pourtant accablantes, rendant compte que des enfants travaillaient dans les mines du pays.

   « Le gouvernement du Mali devrait immédiatement prendre des mesures de lutte contre le travail des enfants dans les mines d’or, au lieu de nier son existence. Les déclarations du gouvernement font douter de sa volonté de faire cesser le travail des enfants », affirme Babatunde Olugboji, vice-directeur de programmes à Human Rights Watch. Il continue : « Les autorités du Mali devraient clairement exprimer leur engagement à aider les enfants à abandonner le travail de mineur et à avoir une éducation à la place. »

   Human Rights Watch a mené une recherche sur le terrain dans des mines d’or artisanales à Kéniéba et Kolondiéba en 2011, et a interviewé plus de 150 personnes pour son rapport. Des enfants entre 6 et 17 ans ont expliqué comment ils creusaient des puits, comment ils travaillaient sous terre dans des mines instables, comment ils portaient et écrasaient des minerais lourds, et comment ils utilisaient du mercure pour extraire l’or. C’est un travail dangereux qui est interdit selon la loi internationale et malienne.(...)

   (...) Pourtant lors d’une conférence de presse donnée le 10 avril, les cadres des ministères des mines, de l’intérieur, et de la justice ont exprimé leurs doutes quant à la réalité de cette situation. Le Colonel Allaye Diakité a aussi questionné la méthodologie de Human Rights Watch, émettant certains doutes quant à la source des photos de l’ONG qui montre ces enfants au travail. HRW se défend en affirmant qu’elle a utilisé ses propres photos, ainsi que d’autres provenant de photographes indépendants et qui appuient leur rapport. A noter que la National Broadcasting Corporation (NBC), une chaine de télévision américaine, a récemment montré des images illustrant le même fait de société dans un reportage à la tonalité accablante. Le gouvernement malien avait dans le passé reconnu l’existence de ces pratiques problématiques et avait conçu un plan pour lutter contre cette pratique. (...)


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"Mais comment se fait-ce?
- La Main de Dieu est très pénétrable...
- Attention au blasphème!
- P... Si on peut plus rigoler 
sur la Religion, maintenant..."



ILLUSTRATION BYHARRY ZELINSKIFOR THE SERIAL TOO MANY GHOSTS. 
WRITTEN BY PAUL GALLICO. FROM JOHN BULL MAGAZINE, 
WEEK ENDING 30TH JANUARY, 1960.

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(Cette batterie solaire servait à...

Heu... Servait à quoi, déjà?)


La plus grande batterie au monde 
de stockage des ENR en préparation
Japon 

   (...) Depuis Fukushima, le Japon cherche sans relâche à réduire sa dépendance à l’énergie nucléaire. La bonne nouvelle, c’est que ce pays conduit cette démarche tout en refusant le retour aux énergies fossiles les plus polluantes. Le développement des ENR est donc la conséquence de cette politique avisée.

   Dernière initiative en date, la construction d’une immense centrale de batteries à Hokkaido. Avec 60 000 kW.h de capacité de stockage, cet ouvrage gigantesque qui devrait être mis en service à la fin de l’année prochaine, aura la tâche de réguler la distribution d’ENR. Hokkaido, la plus septentrionale des provinces japonaises, connaît un boom dans le solaire et l’éolien depuis l’introduction en juillet 2012 d’un tarif préférentiel garanti pour l’électricité générée de manière responsable. La batterie permettra de stabiliser la fourniture électrique affectée par les conditions climatiques variables.

   La démarche japonaise de développement des ENR s’accélère sur tous les plans. Chaque semaine apporte sont lot d’annonces. Reprise de l’investissement dans le géothermique, lois sur les tarifs préférentiels garantis, nouvelles technologies pour la régulation de la distribution d’électricité ‘propre’ : les bonnes nouvelles se succèdent et redonnent espoir aux défenseurs de l’environnement. (et la France?) (...)


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Benoît Barvin

samedi 23 février 2013

"Il lança les dés qui en profitèrent pour se carapater vite fait". Jacques Damboise in "Pensées à contre-pet".

°°°
Pensées pour nous-mêmes:

(LE PARFUM DE L’AMITIÉ
A MILLE FRAGRANCES)

°°°
"Notre portable est garanti 100/100
ondes malsaines mais personnelles"


Portable, bisphénol A, Gaucho : 
comment l’imprudence a pris le pas sur la santé

   (...) Les technologies que nous adoptons représentent-elles une menace pour notre santé ? Ne devrions-nous pas remplacer la précipitation par le principe de précaution ? L’Agence européenne de l’environnement pose ces questions dans son rapport publié le 23 janvier « Signaux précoces et leçons tardives ».

   Dans ce pavé de 750 pages ultra-informé (en anglais), l’Agence prend l’exemple de 20 produits chimiques et nouveautés technologiques arrivés sur le marché alors même que leurs effets étaient mal connus. Avec pour possible conséquence une « propagation rapide et accrue des risques, dépassant la capacité de la société à comprendre, reconnaître et réagir à temps pour éviter les conséquences néfastes ».

   Une fois ces produits reconnus dangereux – souvent des années après leur commercialisation –, leur retrait du marché est souvent long et difficile en raison du poids économique qu’ils représentent et du fort lobbying des industriels qui les produisent.

   Dans bien des cas, « les avertissements ont été ignorés ou écartés jusqu’à ce que les dommages pour la santé et l’environnement ne deviennent inéluctables. Dans certains cas, les entreprises ont privilégié les profits à court terme au détriment de la sécurité du public, en cachant ou en ignorant l’existence de risques potentiels. Dans d’autres cas, les scientifiques ont minimisé les risques, parfois sous la pression de groupes d’intérêts », précise le rapport de l’Agence européenne de l’environnement.(...)

   (...) Le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) a classé les ondes électromagnétiques des téléphones portables comme étant « possiblement cancérogènes pour l’homme ». C’était en mai 2011. Soit douze ans après les premières études sur le lien entre l’usage fréquent des mobiles et l’apparition de tumeurs au cerveau. Pour prendre cette décision, le CIRC s’est appuyé sur les études du groupe suédois Hardell et sur l’étude internationale Interphone.

   Les premiers résultats du groupe Hardell datent de 1999. A l’époque, aucun lien n’a été fait entre usage du téléphone et apparition de tumeurs. Mais cela ne faisait que quelques années que les portables étaient en circulation, et les personnes équipées étaient encore peu nombreuses. Les chercheurs ont réitéré leurs enquêtes durant la décennie suivante. Toutes ont conclu à un risque accru de gliome (tumeur cérébrale) en fonction de l’intensité de l’utilisation du mobile, et du nombre d’années. Et ont établi qu’utiliser le mobile avant 20 ans démultipliait ces risques.

   Dès 2007, l’Agence européenne de l’environnement a suggéré de prendre des mesures de précaution, concernant notamment la limitation de l’utilisation des portables.

   Les résultats de la méga-étude Interphone ont, eux, été beaucoup moins clairs. Interphone est en fait une compilation d’études, sous l’égide du CIRC, menées dans 13 pays par 16 centres de recherche, entre 2000 et 2004. Les résultats obtenus sont très contrastés : certains mettent en avant les risques accrus de tumeur au cerveau quand d’autres concluent à l’innocuité du mobile, et même à son effet « protecteur » contre les radiations !

   Voilà qui explique pourquoi les membres du CIRC ont mis quatre ans à publier les résultats. Ils ont, par un vote, classé les ondes comme possiblement cancérogènes en 2011. Mais ont à la fois précisé que l’association entre l’usage du portable et les tumeurs n’avait pas été prouvée et que les usagers qui avaient utilisé leur portable pendant 1640 heures (soit environ 30 minutes par jour) avaient un risque accru de manière significative de développer un gliome...

   Dans ce brouhaha incompréhensible, les opérateurs de téléphonie mobile n’ont entendu que la première assertion. Et s’appuient dessus pour dire avec aplomb que l’usage du portable est sans danger, et que les enfants ne sont pas plus sensibles aux ondes que les adultes. Cette « inertie de l’industrie du téléphone mobile face aux diverses études » est critiquée par l’Agence européenne de l’environnement qui regrette également l’absence d’impact significatif de cette classification par le CIRC sur l’action des gouvernements.

   La situation pourrait bientôt changer, à la suite d’une décision de la Cour suprême italienne. Le 12 octobre dernier, elle a condamné l’assurance d’un businessman à lui verser des indemnités compensatrices. Cet homme a utilisé son téléphone plusieurs heures par jour pendant douze ans, pour raisons professionnelles, et a développé une tumeur au cerveau.(...)

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"Nous les animaux, le covoiturage, ça nous connaît:
mais les puces ne nous le rendent jamais!"


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"Pratique, ce covoiturage...
- Hem, Chérie... Je te rappelle qu'on est mariés..."


Petit démarrage de l’autopartage
JEAN-PIERRE LAGARDE

   (...) Fini le stress des embouteillages, oubliées les heures perdues pour se garer ? Peut-être, avec l’arrivée de nouveaux services de mobilité tels que l’autopartage et le covoiturage. L’autopartage met à disposition une voiture quand on en a besoin. Le covoiturage fait monter plusieurs personnes dans le même véhicule. Bref, côté déplacements, l’automobile n’a pas encore dit son dernier mot.

   Sept heures, ce matin. C’est au son de The Suburbs d’Arcade Fire que l’iPhone d’Esther vibre. Un titre de circonstance pour cette jeune DRH qui a rendez-vous aujourd’hui en banlieue parisienne. Un coup d’œil sur l’application «Autopartage», et la photo de la voiture réservée la veille s’affiche à l’écran : la petite Renault Zoé électrique est garée à la place 244 dans un parking tout proche de son domicile. Un code-barres crypté, transmis également sur son portable, lui permettra de débloquer les portes du véhicule et de démarrer.

   Un scénario du futur pour la voiture partagée ? Un futur proche, alors. Car comme l’explique le rapport du Centre d’analyse stratégique sur les nouvelles mobilités, «beaucoup de Français considèrent désormais la voiture comme outil au service des déplacements et non plus comme un plaisir : les conditions sont donc réunies pour qu’autopartage et covoiturage se développent». (...)

   (...) Mais c’est aussi une autre vision du modèle économique dans l’automobile qui se prépare, avertit ce même rapport :«Les nouveaux opérateurs de mobilité proposeront un bouquet de services offrant la possibilité à l’usager de mieux se déplacer grâce à une information en temps réel, d’utiliser tous les modes de transport et aussi de bénéficier, à tout moment, de l’ensemble des services offerts par le Web.» Dès lors, pour les constructeurs automobiles, la question se pose de savoir si l’évolution de la mobilité ne doit pas les faire passer d’une industrie orientée «produits» à une industrie orientée «services». 

   Déjà, les marques dévoilent leurs petites voitures électriques en phase avec la mobilité urbaine. C-Zero et Ion chez PSA, Twizy et Zoé chez Renault, e-up chez VW, i3 chez BMW, IQ EV chez Toyota… Mercedes, avec la Smart électrique, s’implique dans des systèmes d’autopartage tandis que Citroën lance Multicity : un portail internet qui permet de trouver la formule porte à porte en mixant les transports - métro, tramway, bus, RER - avec l’avion, le train ou la location de voiture livrée à domicile.

   Une solution idéale ? Pour l’heure, les témoignages restent nuancés sur l’usage de l’autopartage : «Trop cher si l’on y a recours plusieurs heures par jour et peu pratique au regard du faible nombre de places de stationnement disponibles», indique ce cadre parisien déçu. (...)

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Luc Desle