Bonjour à vous qui, dans le maelström du net, êtes arrivés, par hasard? lassitude? erreur? sur ce blog. Vous êtes les bienvenus. Vous y lirez des extraits d'articles, de pensées, d'interviews, piochés ça et là, et illustrés de photos et dessins détournés, via un humour de bon aloi. Vous pouvez évidemment réagir avec le même humour, la même ironie que nous mettons, chaque jour, à tenter de respirer un peu plus librement dans une société qui se corsète chaque fois un peu plus.
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mercredi 17 décembre 2014

"L'écrivaine Françoise Sangan rêva qu'elle avait un oeil de verre plein d'alcool". Jacques Damboise in "Pensées à contre-pet".

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Pensées pour nous-mêmes:

(CHOISIS TES AMIS AUSSI BIEN
QU'ILS TE CHOISISSENT)

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(Ce matin-là, Edwige ne tenait pas la grande forme)



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"Hey, psst!
- Oui?"


(Source : moan-s, via lenoirmevasibien)

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"N... De... D...!
Quelqu'un a oublié de ne pas
raser ses touffes sous les bras!"


by Oliver Stalmans
(via jonilover)

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(L'ombre de la nageuse était plus poussive
que sa propriétaire)

For Holobody “Riverbed” music video-Ana Mouyis
(Source: anamouyis, via julie-bouquin)

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Blanche Baptiste (et Jacques Damboise)

mercredi 15 octobre 2014

"Cette femme barbue et cet homme voilé s'aimaient d'amour tendre". Benoît Barvin in "Pensées coïncidentes".

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Pensées pour nous-mêmes:

(LE MAÎTRE NE SAIT PAS
CE QU'EST LE MENSONGE)

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Caravan Palace 

   est un groupe français d'electroswing(1) dont le premier album est sorti en octobre 2008 chez Wagram Music.

   Caravan Palace est issu du croisement de trois compositeurs de musique électronique, animés d'une passion commune pour le jazz manouche. La chanteuse, Zoé Colotis, vint compléter le groupe en cours d'album. En février 2005, ils se lancent dans la composition de morceaux électro-swing.

   Leur premier clip Jolie Coquine a été réalisé par Victor Haegelin et produit par Partizan Midi Minuit. Le second clip et premier single radio, Suzy, sorti le 24 février 2009, a rencontré un grand succès pour un groupe de cette taille.

   Les morceaux Jolie coquine et Dragons figurent respectivement sur les compilations Electro Swing Vol. I et Electro Swing Vol. IIéditées par Wagram Music. Ces deux titres sont également repris sur une même piste dans la compilation Swing Party de Bart and Baker.

(1): mariage de l'esthétique des Années folles et de la musique électronique d'aujourd'hui.


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Caravan Palace - Rock It For Me


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Caravan Palace - Suzy


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Caravan Palace - Dramophone [OFFICIAL VIDEO]


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Nadine Estrella

samedi 15 juin 2013

"Cet oeuf mollet qui jouait les durs se faisait du mal". Jacques Damboise in "Pensées à contre-pets".

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Pensées pour nous-mêmes:

(JETTE TES CLÉS ET LAISSE
TON COEUR OUVERT)

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LONG RÉCIT AU LONG COURS (1/38)

pcc Benoît Barvin et Blanche Baptiste

      La rencontre entre Elaine Cantagril et l'apothicaire du village a enfin eu lieu...


ANGÉLUS 
ou 
LES SECRETS DE L’IMPALPABLE


   L’apothicaire fronça les sourcils. Une nouvelle fois, ce fut comme si seul le haut de son visage s’animait, ses yeux restant immobiles. Elaine se sentit jaugée et elle perdit de nouveau le peu de confiance qu’elle était allée chercher au plus profond d’elle-même.

   - J’ai fait plus d’une dizaine d’années d’étude en Italie et en France, susurra l’apothicaire d’une voix douce, avec des inflexions ironiques. La science médicale n’est pas encore trop mécanique, aussi faut-il un savoir encyclopédique pour soigner au mieux ses contemporains. C’est pourquoi, Elaine, je dois répondre à votre question par la négative. Je n’ai pas de spécialité. J’en suis désolé...

   - Pourtant, insista-t-elle d’une voix mal assurée, le rouge au front parce qu’il l’appelait par son prénom, j’ai vu entrer chez vous de nombreux patients uniquement atteints de maladies de peau.

   Son vis-à-vis darda sur elle un regard glacé.

   - Les gens de la campagne n’ont pas toujours le temps de s’occuper d’eux. Ils se négligent par nécessité. Aussi n’est-il pas rare de les voir atteints d’impétigos, d’érythèmes et de psoriasis, par exemple. Ce sont naturellement ces problèmes de peau que je soigne en majorité. Mais je peux poser des cataplasmes pour lutter contre une bronchite ; donner des laxatifs pour tous ceux qui ont fait bonne chaire ou pratiquer des saignées pour le sang trop généreux...

   Cette dernière phrase la fit tiquer, aussi l’apothicaire s’empressa-t-il de terminer par un rire grinçant.

   - Je plaisantais, évidemment ! Vous veniez donc pour une crème, c’est ça?

   - Oui. J’ai des démangeaisons au bras gauche.

   - Faites voir.

   Angélus Gabrielli s’empara de la main d’Elaine et, aussitôt, la jeune femme ressentit la grande douceur de ce contact. Sous le regard envoûtant de l’apothicaire elle s’abandonna, réalisant alors que le dernier homme qui l’avait tenue dans ses bras était Adrien. Cette pensée lui permit de se ressaisir.

   - Je ne sens rien, fit-il en tâtant l’épiderme d’Elaine. Votre peau est douce sous les doigts... Comme l’eau calme d’une rivière. Mais ce n’est qu’une apparence puisque, dessous, je sens un bouillonnement interne qui n’a rien à voir avec une quelconque démangeaison.

  Tout en continuant à la palper, Angélus ajouta, en plongeant son regard bleu-vert dans celui de la jeune femme.

   - Votre problème cutané n’est que l’expression extérieure d’une souffrance profonde ; celle de la séparation, Elaine. Nous avons tous connu, un jour ou l’autre, cette étrange douleur qui nous arrache à la quiétude, à la mollesse du monde... Chacun de nous réagit alors comme il le peut, avec ses pauvres moyens...

  Il voulut ajouter quelque chose mais se tut et, la lâchant brusquement, il reprit, d’un ton docte.

- Je vais vous donner un savon de ma confection. Il vous fera une peau encore plus délicate, mais il ne pourra rien pour les douleurs tapies au fond de vous. Nos âmes, une fois meurtries, sont à jamais abîmées et, tels des fardeaux trop lourds, nous assujettissent désespérément à cette terre de misère…

   Il ouvrit une armoire et, après avoir rapidement fouillé parmi les bouteilles et autres boîtes, il brandit un morceau de savon.

   - L’hygiène est quelque chose de très important, Elaine. Usez de cet objet le plus souvent possible. Cela calmera vos supposées démangeaisons et vous fera une peau de bébé.

   Le persiflage contenu dans ses propos ne fut pas relevé par la jeune femme qui le regardait, bouche bée. Elle venait de se rendre compte d’un phénomène étonnant. 

   Les rayons du soleil couchant transformaient la luminosité dans la boutique. Le visage de l’apothicaire, éclairé en biais, prenait peu à peu une apparence fantastique, confirmant la première impression qu’elle avait ressentie, en le voyant. On eût dit que la peau de ce visage était artificielle. Les traits trop parfaits perdaient à présent de leur netteté, leur contour devenait flou et, dessous, surgissait une nouvelle physionomie, une autre face inconnue, celle d’un étranger mal dégrossi, une sculpture à peine ébauchée qu’un artiste, découragé, aurait définitivement abandonnée.

   Sous l’air inquisiteur de la jeune femme, Angélus Gabrielli se rendit compte que quelque chose n’allait pas. Il s’empressa d’augmenter la flamme de la lampe et la lumière artificielle gomma aussitôt l’impression surnaturelle. Elaine ne vit plus devant elle qu’un visage d’une grande beauté, mais dont le sourire figé restait inquiétant.

- Vous m’avez l’air fatigué, Elaine. Allez vous reposer chez les Soeurs. Elles sont toujours d’un grand secours pour les âmes souffrantes. Si vous souhaitez me tenir au courant de l’évolution de votre santé, sachez que je passe au couvent tous les vendredis. Vous me trouverez à l’herboristerie.

   La jeune femme fit quelques pas mécaniques vers la porte et, quand elle passa le seuil, le regard de l’apothicaire était toujours posé sur elle. Il s’apparentait à celui de la Supérieure du couvent. Un regard à la fois menaçant et douloureux.
***
(A Suivre)

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"My name is Prism, and I like observing humans"


Les Etats-Unis se comportent comme la Chine
Ai Weiwei 
The Guardian

   Même si on sait que les gouvernements font toutes sortes de choses, j'ai été choqué par les révélations sur le programme de surveillance Prism de l'Agence de sécurité nationale américaine (NSA). Pour moi, c'est abuser des pouvoirs gouvernementaux pour se mêler de la vie privée des individus. La communauté internationale doit profiter de l'occasion pour réfléchir aux droits des individus et les protéger.

   J'ai vécu aux Etats-Unis pendant douze ans [de 1981 à 1993]. Cet abus de pouvoir étatique va totalement à l'encontre de ma conception de ce qu'est une société civilisée et je serais choqué que les Américains le laissent se poursuivre. Les Etats-Unis ont une grande tradition d'individualisme et de respect de la vie privée, et c'est ce qui fait d'eux depuis longtemps un centre de liberté, de pensée et de créativité.

   En Chine, en revanche, il n'y a aucun respect de la vie privée – raison pour laquelle le pays est très en retard par rapport au reste du monde sur de nombreux plans. Elle a beau être devenue très riche, elle est encore à la traîne en termes de passion, d'imagination et de créativité.

   Bien entendu, nous vivons dans un cadre juridique différent : en Occident et dans les pays développés, il existe des lois qui permettent de contrebalancer ou de limiter l'usage que peut faire le gouvernement de l'information. Ce n'est pas le cas en Chine, et les individus sont complètement à nu. Les intrusions des autorités peuvent ruiner la vie d'une personne et je ne pense pas que ceci puisse arriver dans les pays occidentaux. (...)

   (...) Il n'en reste pas moins que si on parle de violation des droits des individus, c'est exactement ce que fait Prism. Ce programme de surveillance place les individus dans une position très vulnérable. Le respect de la vie privée est un droit fondamental, l'une des valeurs essentielles. Rien ne garantit que la Chine, les Etats-Unis ou un autre gouvernement n'utiliseront pas ces informations de façon erronée ou à mauvais escient. Je pense qu'un pays comme les Etats-Unis, qui sont techniquement avancés, ne doit pas abuser de son pouvoir car cela encourage les autres pays à en faire autant.

Lire sur:


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(La dompteuse de papillons en pleine action)


Veronica Vazhnina - Butterflies


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"Alerte! Alerte!
Les citoyens de la Terre
sont invités à ne plus
se laisser tondre la laine
sur le dos! "






C’est quoi exactement un « lanceur d’alerte » ?
Nicolas Pelletier
   (...) La nuance entre prophète de malheur et lanceur d’alerte est (...) sujette à débat. Qui est un lanceur d’alerte et qui ne l’est pas ?

   Le terme a été inventé par les sociologues Francis Chateauraynaud et Didier Torny. Dans leur livre de référence, publié en 1999, ils l’utilisaient par exemple pour saluer les actions de:

   /Henri Pézerat, chercheur en pointe sur les dangers de l’amiante dans les années 1970 ;
   /Anne-Marie Casteret, la journaliste qui, en 1991, a révélé le scandale du sang contaminé ;
   /Jean-François Viel, le professeur de médecine qui a relevé un taux excessif de leucémies à proximité du centre de retraitement des déchets radioactifs de La Hague en 1997 ;
   /Jean-Jacques Mélet, le médecin qui s’est inquiété de la toxicité des amalgames dentaires contenant du mercure...

   Ces dernières années, le « label » a notamment été associé à Irène Frachon, la pneumologue qui a fait éclater le scandale du Mediator.(...) 

   Selon Francis Chateauraynaud et Didier Torny, le lanceur d’alerte est :

   « Une personne ou un groupe qui estime avoir découvert des éléments qu’il considère comme menaçants pour l’homme, la société, l’économie ou l’environnement et qui de manière désintéressée décide de les porter à la connaissance d’instances officielles, d’associations ou de médias, parfois contre l’avis de sa hiérarchie. »

   Un lanceur d’alerte n’est donc pas :

   /un espion, car le lanceur d’alerte n’est pas à la solde d’une organisation et ne doit rien à personne ;
   /une taupe, un « espion infiltré dans le milieu qu’il observe », qui de manière préméditée a cherché à nuire à son organisation, car le lanceur d’alerte est désintéressé ;
   /un alarmiste, « qui répand intentionnellement des bruits qui inquiètent ». Un alarmiste cherche à attirer davantage l’attention sur sa personne que sur sa cause, ce qui n’est pas le cas du lanceur d’alerte ;
   /un dénonciateur « qui dénonce à une autorité », un délateur « qui dénonce pour des motifs méprisables », uncafard ou un mouchard « qui dénonce sournoisement les autres », car ces termes péjoratifs n’intègrent pas la notion d’intérêt public derrière les motivations du lanceur d’alerte.

   Le lanceur d’alerte agit en tant que citoyen et pour ce qu’il considère être le bien commun. Il agit par noblesse et court un risque de représailles. En attendant une éventuelle reconnaissance légale du statut de lanceur d’alerte. (...)

Lire sur:

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Luc Desle

mardi 30 avril 2013

"Il traitait bien ses esclaves en les appelant mes employés". Benoît Barvin in "Pensées pensées".

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Pensées pour nous-mêmes:

(LE CHEMIN QUI MÈNE A
LA SAGESSE N'A PAS DE NOM)

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COURTS RÉCITS AU LONG COURS (88/3)
pcc Benoît Barvin

   Tom Drake, son collègue Duncan et leur patron, Eliot Ness, chef du FBI, se sont réunis avec les huiles de Chicago, sur les lieux même d'un massacre: celui des malheureuses danseuses d'une boîte, le "Blue Circle". Le FBI est officieusement chargé de l'enquête, malgré l'opposition du procureur.

Ace G-Man Stories [v 1 #1, May-June 1936] 
(Popular Publications, pulp, ...

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   Ness nous donna ses instructions. Nous devions assister aux derniers interrogatoires, après que les flics nous eussent fourni les indices trouvés sur place. 

   Les ambulances s’étaient dispersées comme une volée de moineaux affolés, ainsi d’ailleurs que le commissaire, le procureur et le patron. Ne restaient plus que les inspecteurs et, derrière les barrières, une foule considérable de badauds qui, en dépit du froid, s’excitaient à la vue des flaques de sang et de l’ambiance de fin du monde qui régnait dans le quartier. 

   J’interrogeai à mon tour le portier. C’était un vieux noir qui tremblait de tous ses membres. Je ne recueillis aucune information supplémentaire. Il me répéta ce qu’il avait bégayé aux inspecteurs. 

   "Patron, j'ai rien vu... Rien..."

   Je rongeais mon frein. Dès le début, à la première seconde où, pénétrant sur la scène du crime, j’avais vu tous ces cadavres, quelque chose m’avait tracassé. Mais quoi ? Mon esprit, habitué à penser scientifiquement, pédalait dans la choucroute. Le nombre de morts ; le fait qu’il s’agissait exclusivement de membres du sexe dit faible ; la similitude avec le massacre de l’année précédente, tout se mélangeait dans mon crâne porté à ébullition. M'empêchant de penser de manière cohérente.

   - Duncan? Tu pourrais me dire si..., commençai-je en me tournant vers mon collègue… qui brilla par son absence. 

   Surpris, je cherchai sa silhouette parmi les flics qui m’entouraient, puis j’interrogeai quelques inspecteurs pour savoir s’ils l’avaient vu mais, au bout de dix minutes, je dus me rendre à l’évidence : Duncan s’était carapaté. Où était-il donc passé ? 

   C’est alors que mes neurones se remirent à fonctionner normalement. D’un seul coup. 

   J’avais à peine remarqué la fille avec laquelle mon collègue avait passé la nuit. Cependant, quelque chose avait attiré mon attention, du couloir où je me trouvais, mon regard plongeant dans la chambre: Il s’agissait d’une robe à paillettes, largement échancrée. Une robe qui avait été posée négligemment sur une chaise, près du lit de Duncan. Une robe qui appartenait sans l’ombre d’un doute à la fille qui se prélassait à côté de lui. 

   La robe d’une danseuse…

(A Suivre)

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"Moi-même un dollar par jour je vivre"


Dollars détournés par James Charles


Donner la parole à ceux 
qui vivent avec un dollar par jour

   (...) La crise économique mondiale génère des déficits qui se chiffrent à plusieurs milliards de dollars. Pourtant, dans les pays en développement, des hommes et des femmes travaillent au quotidien pour gagner quelques billets verts. C’est ce constat qui a conduit le réalisateur cambodgien Rithy Panh à proposer la création de One Dollar, une plateforme interactive construite à partir de portraits vidéo de ceux qui font la petite économie des pays en développement. Il s’agit d’interroger la relation entre le travail et l’argent, et la valeur travail. 

   "Ce projet est une passerelle qui reconnecte le monde virtuel et le monde réel. Les hommes et les femmes ne sont plus des indicateurs ou des statistiques dans des rapports d’institutions internationales, mais des voix, des regards, des corps qui nous ramènent à la réalité", écrit Rithy Panh dans sa note d’intention. 

   L’appel à participation, lancé en mars 2013, s’adresse aux réalisateurs, expérimentés ou débutants, aux geeks et aux membres d’ONG, séduits par la thématique. Ils sont invités à réaliser des courts-métrages de sept minutes racontant le quotidien de personnes qui vivent avec approximativement un dollar par jour. Les portraits seront mis en ligne sur une carte du monde qui servira de plateforme interactive. Ainsi, citoyens, artistes, chercheurs économistes pourront alimenter le site de leurs commentaires, une manière de générer une réflexion de fond sur des problématiques transversales. 

   Cette plateforme interactive sert également de matrice à la conception d’une application de création vidéo pour smartphones et tablettes, libre de droits. Car l’ambition va au-delà de la mise en ligne des portraits. Les producteurs de One Dollar développent un outil permettant de concevoir en quelques clics des contenus pour les nouveaux supports numériques. C’est en observant des habitants de Phnom Penh victimes d’expulsions que le directeur de production du projet, Damien Sueur, s’est rendu compte de l’importance d’offrir une application. 

   "Les habitants de ce quartier étaient équipés d’une tablette qui leur permettait d’archiver le quotidien de la lutte militante de leur communauté, constate-t-il. Nous voulons donc créer un outil qui permettra de maîtriser toute la chaîne de production du tournage à la mise en ligne en passant par le montage. Cela sera utile aux créateurs, militants, journalistes citoyens." 

   La plateforme sera mise en ligne début 2014. Elle offrira une photographie de l’extrême pauvreté quelques mois avant l’échéance des objectifs du millénaire fixée par les Nations unies, dont le premier était de réduire de moitié le nombre de personnes qui vivent avec moins de un dollar par jour. (...)



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(Jeunes, les célèbres frères Bogdanoeuds pensaient déjà
différemment que tout le monde)



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"Si j'ai besoin d'un générique?
Heu... D'une dizaine
au moins, peut-être plus, plutôt..."

SIDA, ne plus considérer les médicaments 
comme des marchandises
Sophie Courval

   (...) « Les produits pharmaceutiques sont considérés comme des produits commerciaux. Ils tombent sous le coup des règles de la propriété intellectuelle, sans qu’on s’interroge davantage sur les conséquences pour les malades, s’insurge Céline Grillon, chargée du plaidoyer international à Act Up Paris. Il faut arrêter de considérer les médicaments comme des produits du commerce et les envisager comme des biens communs. » Considérer les médicaments comme des biens communs, qu’est-ce à dire ? Tout simplement les libérer du joug des brevets qui entravent leur fabrication et leur circulation, autrement dit encourager la production des médicaments génériques. Une bataille rude qui oppose les lobbies de l’industrie pharmaceutique contre les partisans de ce qu’on appelle plus communément aujourd’hui le « libre ».

   Or la guerre du libre est souvent une guerre de l’ombre qui se mène dans différents champs, de l’audiovisuel aux médicaments, peu médiatisée (sauf Hadopi) car très technique. Difficile de rendre compte des combats sans se perdre dans les méandres du droit international. Accords de libre échange, ACTA, CETA, TAFTA…Autant d’accords internationaux tortueux qui régissent les droits de propriété intellectuelle. Rien de virtuel au regard des enjeux qui, eux, sont très concrets. Si Act Up figure parmi les organisations en lutte sur le front de la propriété intellectuelle, c’est pour permettre l’accès aux soins des personnes séropositives, et ce à l’échelle mondiale. Oui, les traitements existent, oui les anti-rétroviraux sont une arme efficace, mais malheureusement les pharmacies des pays en développement ne sont pas aussi garnies que celles des pays riches. Et ce, pour cause de brevets, donc de gros sous.

   Alors qu’en juillet dernier, le parlement européen rejetait la ratification de l’Accord commercial anti-contrefaçon (ACTA), une victoire gagnée de haute lutte, Barack Obama, Herman Van Rompuy, président du Conseil européen et José Manuel Barroso, président de la Commission européenne lançaient le 13 février 2013 le début des négociations d’un nouvel accord entre l’UE et les USA : le Transatlantique Free Trade Agreement, autrement appelé TAFTA. La guerre du libre est une guerre sans fin et… sans transparence. Car la particularité de ces accords est qu’ils se négocient dans le plus grand secret. Les militants recueillant ça et là les « fuites » pour pouvoir réagir. 

   « Officiellement, TAFTA n’a pas vocation à remplacer ACTA, mais en fait TAFTA est en quelque sorte le spectre d’ACTA, confie Céline Grillon. Le lobby industriel pousse tellement fort, qu’on s’y attendait un peu. On ne sait pas exactement encore de quoi il retourne, mais nous réclamons dores et déjà plus de transparence, et Nicole Bricq, la ministre du Commerce extérieur, semble aller dans notre sens, mais nous restons prudents car l’actuel commissaire européen au commerce, Karel De Gurcht, a fait d’ACTA un échec personnel. Il a la volonté de finir son mandat avec un autre résultat. »

   Pour Act Up, la bataille se mène sur le front des génériques, c’est-à-dire la possibilité pour des industries pharmaceutiques des pays du Sud de fabriquer et de commercialiser des médicaments à moindre coût. Et dans le domaine du SIDA, les génériques sont la planche de salut de nombreux malades. 80% des médicaments utilisés pour traiter le VIH dans les pays en développement sont produits en Inde. Or, en ce moment même, la commission européenne fait pression sur l’Inde pour qu’elle accepte de signer un accord de libre échange qui renforcerait les droits de propriété intellectuelle des industries pharmaceutiques des pays du Nord et compromettrait gravement l’accès aux soins des malades séropositifs. 

   En 2012, on comptait 34 millions de personnes vivant avec le VIH contre 33,5 millions en 2010. Dans les pays d’Europe centrale et orientale, en Afrique du Nord et au Moyen-Orient l’épidémie a repris. En Afrique subsaharienne, ce sont près de 69,1% des personnes qui sont atteintes du VIH. « Seules 50% des personnes séropositives vivant dans des pays à revenus faibles ou intermédiaires ont accès à un traitement, déclare la militante d’Act Up. Sans compter que ce n’est pas parce qu’on a eu accès une fois à un traitement qu’on est sous traitement. »

   De fait, on ne soigne pas de la même façon un malade au Bénin ou en France. Pour exemple, une des conditions du bon fonctionnement des anti-rétroviraux est l’observance, à savoir le respect des horaires fixes pour la prise du traitement. « Au Bénin, la difficulté de l’accès aux médicaments empêche les malades de suivre une bonne observance, raconte Céline Grillot. Il faut parfois faire des kilomètres pour avoir un traitement et revenir le lendemain parce qu’il y a une rupture de stock, ce n’est pas toujours possible. » Or qui dit mauvaise observance dit à terme traitement inefficace. 

   Dans la pharmacopée des anti-rétroviraux, il existe des médicaments de première, deuxième et troisième ligne. Lorsqu’un traitement 1ère ligne devient inefficace on passe à la catégorie au-dessus. Les médicaments de 1ère ligne étant considérés comme éminemment toxiques, ils ne sont plus distribués en France mais constituent les principaux traitements des pays pauvres, qui en revanche, brevets obligent, n’ont pas accès aux médicaments de 3ème ligne. Donc si on résume, les malades séropositifs des pays du Sud sont plus nombreux, leurs pharmacies sont moins remplies, ils ont accès à des traitements plus toxiques, moins efficaces. Et lorsque ceux-ci ont cessé de faire effet, ils n’ont pas de plan B. De l’importance de soustraire les médicaments aux règles du commerce et de les envisager comme des biens communs. La bataille du libre doit sortir de l’ombre.



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Luc Desle

lundi 12 mai 2008

L'HUMOUR COMME SEULE ALTERNATIVE?

Trouvé sur le blog LE FRANC-TIREUR, cette vidéo de "La Chanson du Dimanche" qui, elle, peut être vue - avec d'autres - sur un autre site - mis en lien également plus bas.

(Le Franc-Tireur: http://www.blogg.org/blog-54664.html)

Deux jeunes d'aujourd'hui qui, avec humour et dérision, parlent de ce fameux pouvoir d'achat dont le résident actuel avait fait son slogan de campagne. Les 20 millions de gens qui ont voté pour lui y ont cru. Ils sont maintenant cuits à point. Sauf celles et ceux qui ont une bouche en cul de poule et se la jouent mondaine. Brigade, certes, peu nombreuse mais amplement méritante, si l'on en croit le paquet fiscal - ça a des relents nauséabonds, ce fameux paquet, non?.
Bref, pour l'heure, avec la Sainte Trilogie au pouvoir - de l'Europe aussi, d'ailleurs, et du Monde, peut-être même de l'Univers - ne reste plus que se gausser.
20 ans qu'est mort Desproges. Mais d'autres se lèvent, de leur lit les fainéants, pour entonner la chanson du futur, vrai cette fois, soulèvement. En attendant... bonne écoute, amis glandeurs et Zut à qui de droit.






Si j'avais le pouvoir d'achat
Aaaaaaah
J'achèterais plein d'objets sans fil
Aaaaaaah
J'achèterais un écran plat
Aaaaaaah
La vie serait plus facile

Je t'achèterais un stylo
Je t'achèterais un cahier
Peut-être même que je pourrais payer
L'université

Donnez, donnez-moi, le pouvoir d'achat
Donnez, donnez-moi, le super marché
Le super pouvoir de pouvoir marcher
Tout en achetant du lait UHT

Donnez, donnez-moi, le pouvoir d'achat...
Donnez, donnez-moi, le pouvoir d'achat...

Si j'avais le pouvoir d'achat
Aaaaaaah
J'achèterais des boites en plastique
Aaaaaaah
J'achèterais une tente Quechua
Aaaaaaah
Aujourd'hui on ne sait jamais

Je t'offrirais le TER
Je t'emmènerais jusqu'à Beauvais
Peut-être même que je pourrais payer
L'hospice de mémé

Si j'avais le pouvoir d'achat, je devrais payer plus d'impôts
Mais en fait je paierais moins d'impôts, car c'est très bien fait les impôts
Si j'avais le pouvoir d'achat, j'prendrais un camembert président
Celui qui sent des pieds, le président y sent des pieds
J'irais chez le coiffeur, oh non pas le coiffeur
Je m'abonnerais à la piscine puis j'irais chez le podologue
Faire enlever mes verrues, je roulerais des heures en vélib
J'achèterais un barbecue, j'achèterais un rottweiler
Pour protéger mon barbecue

Puis je placerais 1000 euros à l'excellent taux de 4% (à intérêt simple), ce qui me fera, au bout de dix ans, la coquette somme de 400 euros. 400 euros, c'est très important, je pourrai m'acheter une brosse à dent, du jus d'ananas, et un téléphone pour pouvoir raquer encore un peu plus...



Vous voulez en savoir plus? Aider ces petits jeunes? (car vous êtes certainement un Capitaliste honteux et vous désirez vous acheter une conscience... Hein, c'est ça?). Alors allez voir le site "La Chanson du Dimanche" (http://www.myspace.com/lachansondudimanche)

dimanche 11 mai 2008

UN PETIT COUP DE MAIN

Voici une petite vidéo d'apparence fantastique et sympathique. A voir quand vous avez un moment. Peut-être pour se reposer de toute cette fange politicienne. On y voit un jeune homme prometteur, des jeunes femmes itou, bref de la Vraie France qui a, encore, des désirs et qui travaille. Au moins dans le cinéma amateur...


LA FANTASMATIQUE US





Quand les USA se prennent pour des porteurs de vie - à l'aide de bombardiers, hum - cela donne cette vidéo, vue sur dailymotion.com. (http://www.dailymotion.com/video/x5choa_burma-roses_music ). C'était à l'occasion de la révolte des moines en Birmanie. C'est très esthétique, très "pensé". Les bombardiers ne sont plus que de grands oiseaux dont les flancs renferment des ferments de douceur, de tendresse, sous la forme de jolies roses. Ces fleurs rouges évoquent quand même, un peu, quelque chose de plus tragique. Mais, bon, ne jouons pas les mauvais esprits. D'ailleurs, quelques fleurs blanches et jaunes contrebalancent le tragique de la chose. C'est de la pub pour cette american way of life que nos amis d'outre-atlantique, avec une bonne conscience enfantine, nous déversent à chaque seconde, via leurs relais politiques, économiques et culturels.



C'est, en fait, ni plus ni moins que du storytelling "en action". Pour ceux qui ne connaîtraient pas encore cette jolie théorie, voici ce qu'en dit, à partir du livre de Christian Salmon, paru aux éditions de la Découverte, le site Rue89 :
(
http://www.rue89.com/cabinet-de-lecture/storytelling-ces-histoires-que-construit-le-pouvoir)