Bonjour à vous qui, dans le maelström du net, êtes arrivés, par hasard? lassitude? erreur? sur ce blog. Vous êtes les bienvenus. Vous y lirez des extraits d'articles, de pensées, d'interviews, piochés ça et là, et illustrés de photos et dessins détournés, via un humour de bon aloi. Vous pouvez évidemment réagir avec le même humour, la même ironie que nous mettons, chaque jour, à tenter de respirer un peu plus librement dans une société qui se corsète chaque fois un peu plus.
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samedi 31 mai 2014

"Il rognait sur ses dépenses quotidiennes pour s'acheter une conduite intérieure". Benoît Barvin in "Pensées pensées".

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Pensées pour nous-mêmes:

(ES-TU HABILLÉ DE PROBITÉ?)

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(La mort était toujours tirée à quatre épingles)


M.C. Escher ~ "Skull and Cigarette", 1917

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"Belle Marâtre,
 tu es sûre que cette pomme ne contient
aucun perturbateur endocrinien?
- C'tte blague! Il ne contient que du poison, 
ma Chérie, du banal poison qui tue..."


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PERTURBATEURS ENDOCRINIENS : 
LE CONSENSUS FRANÇAIS TRANCHE
AVEC LE BLOCAGE EUROPÉEN

Magali Reinert
© 2014 Novethic - Tous droits réservés

   La réglementation européenne sur les perturbateurs endocriniens restera déficiente. Pour l’instant du moins. Ni les règlements "biocides" et "pesticides", ni lerèglement Reach sur les substances chimiques ne tiennent compte de la toxicité spécifique de ces substances chimiques. La Commission européenne était tenue d’agir avant la fin de l’année 2013 à l’occasion de la révision de ces différents règlements. Pourquoi une telle inaction ?

   Le premier blocage vient de la construction d’une controverse scientifique. Une fausse querelle qui a empêché l’adoption d’une définition européenne des perturbateurs endocriniens. Le lobby de l’industrie chimique est largement montré du doigt. "C’est la stratégie habituelle des lobbies industriels d’entretenir un doute scientifique pour retarder les décisions", explique Martin Pigeon, de l’organisation bruxelloise de veille sur le lobby industriel, Corporate Europe Observatory.

   Pour comprendre la situation actuelle, il faut revenir un peu en arrière. En mai 2013 précisément. A l’époque, une centaine de chercheurs internationaux lancent une initiative exceptionnelle pour alerter directement la Commission sur le problème. Dans un texte baptisé "Déclaration de Berlaymont", ils lui demandent de tenir compte des évidences scientifiques sur la toxicité spécifique des perturbateurs endocriniens. Ces substances chimiques agissent en effet sur le système hormonal et sont incriminées dans l'augmentation des malformations génitales, des cancers, de l’obésité et du diabète. (...)

   (...) Au cours de l’été, 18 toxicologues contredisent l’appel des signataires de la déclaration de Berlaymont. Leur éditorial, publié dans 14 revues scientifiques, critique "les précautions scientifiquement infondées" de la direction générale de l’Environnement dans ses propositions de règlementations.

   L’indignation de nombreux scientifiques ne se fait pas attendre. Ils dénoncent aussitôt les arguments mal étayés et les "intentions dissimulées" de leurs confrères. Et pour cause : selon une remarquable enquête de la journaliste Stéphane Horel, 17 des 18 signataires étaient en situation de conflits d’intérêt en raison de leurs liens avec l’industrie chimique.

   Bruxelles s'est alors vu obligé d’arbitrer ce différend. La controverse a brutalement pris fin : la toxicologie en vigueur (basée sur des doses d’exposition) est insuffisante pour encadrer les perturbateurs endocriniens. Leurs modes d’actions nécessitent aussi de tenir compte de la période d’exposition, des effets cocktails et des actions à faible dose. (...)

   (...) Un nouveau coup de théâtre intervient au cours de l’été en 2013. La Direction générale Santé et consommateurs (DGSanco) de la Commission européenne demande une étude d’impact économique. Une décision anormale à ce stade, puisqu’il n’existe toujours pas de définition des perturbateurs endocriniens.

   Mais cette demande gèle surtout le processus jusqu’à la remise de ladite étude. A ce jour, elle n’a toujours pas été lancée. "Le lobby industriel a réussi à instrumentaliser les tensions entre les différentes directions générales de la Commission", analyse Martin Pigeon. La DGSanco bloque en effet le travail de la DG Environnement, partisane d’une réglementation depuis le printemps 2013. (...)

   (...) En jouant la montre, les opposants à la réglementation ont gagné du temps. La situation actuelle restera figée jusqu’à la mise en place de la nouvelle Commission européenne à l’automne. Une autre incertitude repose sur la position du Parlement européen qui sera élu le 25 mai. Car si les députés ont peiné à faire entendre leur voix, ils ont néanmoins ratifié à une large majorité, le 14 mars 2013, un rapport d’initiative réclamant à Bruxelles de réduire l’exposition aux perturbateurs endocriniens.

   Face à cette situation, plusieurs États membres s’impatientent. En mars 2014, la Suède a décidé de poursuivre la Commission européenne en lançant un recours en carence. Une procédure rare. Quant à la France, elle a adopté sa Stratégie nationale sur les perturbateurs endocriniens (SNPE) le 29 avril dernier. Elle entend ainsi conserver son rôle moteur en Europe, conforté par l’adoption de la loi sur le bisphénol A.

   "En reconnaissant la spécificité des perturbateurs endocriniens, la France fait un pas en avant extrêmement important", souligne André Cicolella, le président du Réseau Environnement Santé, qui a porté ce dossier devant les pouvoirs publics. Fait unique en Europe, les représentants du Medef et de l’Union des industries chimiques (UIC) ont voté le texte.

   Il reste néanmoins difficile de cerner les véritables motivations des industriels. Malgré nos demandes répétées, aucun des acteurs du secteur n’a souhaité s’exprimer. Parmi celles évoquées par les membres du Conseil national de la transition écologique, le consensus français entre parlementaires, société civile, chercheurs et experts de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (ANSES). Autre piste possible, celle de l’importante place accordée à l’innovation dans la stratégie française. "Si l’industrie des matières plastiques s’était positionnée plus tôt sur les substitutions à des polluants connus come le bisphénol A, elle aurait pu répondre aux enjeux actuels", souligne André Cicolella.

   A ce jour, rien ne laisse présager que le compromis français serve d’exemple à Bruxelles.


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(La Petite Princesse Pauvre
attendait dans son carrosse
qu'on lui offre deux chevaux
pour pouvoir se déplacer)



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Benoît Barvin

vendredi 25 avril 2014

"J'eus un sourire complice qui attira l'attention de l'inspecteur". Benoît Barvin in "Pensées pensées".

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Pensées pour nous-mêmes:

(L'EAU VIVE EST ÉTERNELLE)

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(Future victime de l'Ogre voulant démontrer
que son cou n'avait rien à voir avec
celui d'un banal poulet)



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(Technocrate européen écoutant la douce musique
des OGM, accompagnée en sourdine par
une cascade de piécettes)



OGM: 
le dernier coup de force de Barroso

José Bové
Eurodéputé Europe Ecologie-Les Verts

   (...) Le 11 février 2014, un nombre record de 19 États de l'UE sur 28 se sont prononcés contre l'autorisation du maïs OGM TC1507 de Pioneer, sans parvenir toutefois à atteindre une majorité qualifiée qui aurait débouché sur une interdiction pure et simple. Malgré ce signal fort, la balle retourne dans le camp de la Commission européenne qui doit trancher et qui ne cache pas ses intentions d'ouvrir les champs européens aux OGM.

   Parallèlement à cette tentative de passage en force pour l'acceptation d'une variété de maïs OGM, la Commission européenne tente de sortir en catimini de l'impasse dans laquelle elle se trouve depuis décembre 2008. C'est en effet à cette date que les États Membres ont demandé que les évaluations des OGM prennent mieux en compte les aspects environnementaux et intègrent les impacts sociaux-économiques. La Commission n'a pas donné mission à l'AESA pour intégrer ces nouveaux aspects fondamentaux dans une véritable évaluation. Toute nouvelle législation européenne doit impérativement respecter cette demande unanime des pays. Le Commissaire à la Santé Tonio Borg, en pleine période des élections européennes, tente d'imposer un accord au Conseil qui permettra aux multinationales des OGM d'assouplir les procédures d'homologations au niveau européen tout en leur proposant de négocier avec chaque pays le droit de cultiver des OGM.

   Les multinationales se frottent déjà les mains car une fois qu'une variété sera cultivée dans un pays, aucun autre état ne pourra empêcher la vente de produits alimentaires transformés utilisant ces variétés transgéniques, libre circulation oblige. Le renard sera enfin rentré dans le poulailler; la traçabilité sera encore plus difficile et, en cas de problème, in fine personne ne sera responsable comme on le voit aujourd'hui avec la vache folle.

   Cette proposition est totalement inacceptable. Mais ce qui l'est plus encore, ce sont les rumeurs qui courent dans les couloirs de Bruxelles. Certains grands états membres comme l'Allemagne, la Pologne ou la même la France serait sur le point de valider cette pirouette de la Commission.

   Cette tentative de passage en force de la Commission européenne sous la pression permanente des lobbies qui développent des OGM, est une pseudo subsidiarité qui va à l'encontre du renforcement de la protection des agriculteurs et des consommateurs.

   Ségolène Royal, Ministre de l'Ecologie a toujours été une défenseure de l'agriculture familiale de qualité et s'est, à de nombreuses reprises, prononcée contre l'utilisation des OGM en agriculture.

Si cette proposition arrivait au Conseil, Madame Royal devrait s'y opposer farouchement et au besoin, activer le veto de la France, dans l'attente que la Commission européenne fasse le travail qui lui a été demandé en 2008 et qu'elle n'a toujours pas fait.

   Madame Royal doit demander à Monsieur Barroso d'arrêter ce processus qui ne répond ni aux risques environnementaux et socio-économiques, ni à la concurrence déloyale entre pays et encore moins à des poursuites devant l'OMC pour les pays refusant les OGM. Elle doit surtout prendre cette initiative pour garantir aux consommateurs français et européens qu'ils ne trouveront pas, demain, des OGM dans leurs assiettes. (...)


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(Liberté chérie américaine, un tout petit peu
ligotée par les lobbies de l'argent)



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Benoît Barvin

samedi 30 novembre 2013

"La tradition qui voulait qu'on embroche les nouveaux-nés femelles sur le feu était controversée". Jacques Damboise in "Pensées inconvénientes".

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Pensées pour nous-mêmes:

(DANS L’ŒIL DU MAÎTRE
TU NE TE VERRAS PAS FORCÉMENT)

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Nouveau court récit au long cours (28)

LE LIBÉRÉ 
DU 
CLUB MAD

   L’apprenti sociologue Jean-Michel se perd dans ses réflexions, en compagnie de Daniel et de Rachel quand l'île se met à trembler...


poseidon-ou-neptune-dans-la-mythologie-romaine-le-dieu-de-la-mer


   Tout en bas, il y a comme un remue-ménage parmi les rochers et les arbres. On est trop loin pour deviner ce qui se passe. On ne distingue que les contours de la presqu’île, le grand parc verdoyant et la baie sablonneuse ourlée d’immeubles blancs. Soudain, c’est toute une suite de détonations qui résonnent dans la vallée. Un panache de fumée orange s’élève au dessus du Village. La mer elle-même semble en furie, bousculée par la terre qui s’effondre. De là-haut, on ne voit que des moutons blancs déferlant sur la verdure, et on entend quelques exclamations plus en bas dans les oliveraies. 

   C’est à peine si le sol sous leurs pieds tressaille comme devait tressaillir jadis, le mont Olympe sous les coups de tonnerre. Jean-Michel et Rachel se regardent interloqués. Daniel avait donc vu juste. C’est effrayant et en même temps fascinant. Rachel pense au pêcheur du ponton. Lui aussi disait vrai. Elle espère fortement que tous auront réalisé à temps le danger et qu’il n’y aura pas de victimes. 

   - Alors, vous saviez ? interroge Jean-Michel. Franchement, je vous ai suivis jusqu’ici, mais je n’y croyais pas. 

   Daniel se tait. Il sait bien que personne ne pouvait croire en ce qui ressemblait trop à des divagations. Mais il est sûr que certains auront eu l’intelligence de suivre son dernier conseil. 

   Il regarde la baie, silencieux. Une minuscule presqu’île engloutie, c’est peu de chose finalement, et ça ne suffira sûrement pas à faire changer le monde, juste à modifier la topographie d’un lieu que des bulldozers remodèleront sans vergogne. 

   Qui s’en souciera hormis ceux qui se nourrissaient des senteurs marines, qui aimaient la caresse du vent à cet endroit et qui ressentaient de l’amour pour les vieilles roches et les arbres tutélaires d’Ipsos ? 

   Rares sont ceux qui trouvent encore plaisir à danser des sirtakis sur une plage. 

   C’est ainsi, et Daniel se sent délivré d’un poids. Celui de sa supposée mission. Il sait que toute l’Histoire est sujette au doute et que la sienne n’échappe pas à cette règle, mais face à cette terre qui a tremblé parce que c’était le moment pour elle de trembler, il est saisi d’une certitude : il est inutile qu’il continue de se raconter des histoires. 

   Il est à Corfou, au dessus d’Ipsos, dans les collines. 

   Ils sont trois rescapés. 
 
   Ils se tiennent par la main. 

   Cela suffit pour le moment 

(A Suivre)

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(Ces tortues en jute étaient de sacrées coquines)


Miniature “Therapeutic Toy” Turtle in natural jute. 
Originally designed by Renate Müller in 1969.


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(Parmi ces 4 célébrités, une seule n'est pas une contrefaçon.
Sauras-tu la désigner?)


purepeople.com

Les agriculteurs seront-ils bientôt 
poursuivis pour contrefaçon ?

Amélie Mougey

   (...) Haro sur les faux sacs Vuitton et la reproduction illicite… de grains de maïs. Le Sénat a voté, mercredi 20 novembre, une proposition de loi « tendant à renforcer la lutte contre la contrefaçon ». Aussitôt, la coordination rurale, le comité Semons la biodiversité, et la CNDSF (Coordination nationale pour la défense des semences fermières) se sont fendus de communiqués enflammés fustigeant une « loi scélérate » ou réclamant des amendements avant son examen à l’Assemblée. Les raisons de leur colère ?

   Sur la liste des branches de la propriété intellectuelle concernées par le texte on retrouve les « obtentions végétales », c’est-à-dire les variétés vendues aux agriculteurs par les semenciers. Le Réseau semences paysannes voit dans ce texte «un arsenal répressif» mis à disposition des semenciers pour venir à bout des agriculteurs récalcitrants à leur passer commande tous les ans. Le Groupement national interprofessionnel des semenciers (Gnis) parle de « fantasmes ». Terra eco fait le point.

   / En France, un agriculteur peut-il être accusé de contrefaçon ?

   - Oui. C’est là la principale source de crispations. « Etre assimilés aux réseaux mafieux et bandes organisées alors qu’on perpétue une pratique agricole vieille de plusieurs millénaires, c’est humiliant », s’emporte Jean-Louis Courtot, président de la CNDSF. Le texte en question, destiné à donner plus de moyens d’action aux douaniers, ravive le débat délicat des droits de propriété sur le vivant. « Mettre sur le même plan une semence, une montre et une pièce détachée automobile est insensé », renchérit Guy Kastler, délégué général du Réseau semences paysannes. Ce traitement juridique sans distinction n’est pourtant pas nouveau : la loi sur la contrefaçon de 2007 mentionnait déjà les obtentions végétales.

   / Comment expliquer que les agriculteurs qui récupèrent des semences d’une année sur l’autre soient hors-la-loi ?

   - En évoquant la propriété intellectuelle. Depuis la Convention internationale de l’Union pour la protection des obtentions végétales (UPOV) de 1961, la plupart des semences sont protégées par un Certificat d’obtention végétale (COV). Sortes de brevets allégés, les COV autorisent la recherche et la sélection sur les variétés protégées mais interdisent de les reproduire en vue de les réutiliser une deuxième année. Les semenciers voient dans ce compromis la garantie d’un juste retour sur investissement. « Il s’agit de soutenir et de protéger la recherche, si les agriculteurs arrêtent de payer après la première année, les obtenteurs (les créateurs de nouvelles variétés, ndlr) ne récoltent jamais le fruit de leur travail », expose Isabelle Ferrière, responsable de la communication au sein de l’Union française des semenciers (UFS). Pour Guy Kastler au contraire,« les semenciers monétisent le fruit de siècles de sélections de variétés réalisées gratuitement par les agriculteurs ».

   / Quelle part des cultures françaises est concernée ?

   Les Certificats d’obtention végétale couvrent plus de 95% des cultures françaises. La quasi-totalité des agriculteurs qui produisent des semences de ferme sont donc hors-la-loi. Seuls les utilisateurs de variétés tombées dans le domaine public (400 sur les 6000 répertoriées) et un petit millier d’agriculteurs militant pour la préservation et la multiplication des variétés anciennes (1), non protégées par un certificat, font figure d’exceptions.

   / La loi est-elle respectée ?

   - Pas vraiment. En dépit de l’interdiction, la moitié des récoltes de colza sont issues de semences de ferme. Pourtant, en dix ans, la Sicasov, sorte de Sacem de la graine, n’a instruit que 103 dossiers. Après 55 passages au tribunal, 26 agriculteurs ont été condamnés. « La Sicasov ne se concentre que sur les gros cas, les plus symboliques, quand il y a commercialisation », avance François Burgaud, directeur des relations publiques du Gnis. L’explication de Guy Kastler diffère : « La contrefaçon de semences est très difficile à prouver, les analyses coûtent cher. » Alors, depuis le 8 décembre 2011 une loi autorise, pour 21 espèces, les agriculteurs à produire des semences de ferme à condition qu’ils rémunèrent l’obtenteur chaque année.

   / Certains agriculteurs paient-ils déjà pour la réutilisation de semences protégées ?

   Uniquement s’ils produisent du blé tendre. Dans ce cas, 70 centimes d’euro pour chaque tonne produite sont prélevés à la source. Mais si un agriculteur rachète des semences l’année suivante, preuve qu’il n’en a pas produit lui-même, il est remboursé. En 2014, l’orge et l’avoine seront soumis au même système. « Pour l’instant cela ne dissuade personne de produire des semences de ferme, le montant est relativement faible et le système peu étendu », reconnaît Jean-Louis Courtot. Mais après la dernière hausse de 20 centimes d’euro en juin dernier, il craint de nouvelles augmentations « qui pourraient rendre la production de semences de ferme rédhibitoire d’un point de vue financier » . Or, selon lui, la pratique ne doit surtout pas disparaitre : « Contrairement aux produits des semenciers, traités sans discrimination, les semences de ferme permettent à l’agriculteur de limiter l’usage d’intrants (pesticides, fongicides...) en adaptant les traitement aux besoins spécifiques de chaque champ. »

   / Si elle est adoptée, la loi sur la contrefaçon va-t-elle mettre les agriculteurs face aux douaniers ?

   - Le texte n’introduit pas de nouvelle interdiction. Mais la proposition de loi discutée la semaine dernière au Sénat stipule que « l’administration des douanes peut, sur demandes écrites du détenteur d’un certificat d’obtention, retenir les marchandises ». Pour Guy Kastler, cela signifie que« la simple présomption de contrefaçon permettra aux semenciers de demander la destruction des stocks ». Hélène Lipietz, députée Europe Ecologie - Les Verts de Seine-et-Marne, tempère : « S’ils accusent à tort ils devront en porter la responsabilité. » Du côté des semenciers, on refrène tout enthousiasme : « Ce texte ne va rien changer », assure François Burgaud.

   / Un agriculteur qui cultivera des semences paysannes, ces variétés anciennes non protégées, peut-il être accusé à tort ?

   - Si son champ est contaminé par des semences protégées par des COV, et qu’un obtenteur saisit les douanes, ce scénario n’est pas exclu. C’est ce que redoute le Réseau semences paysannes.« Les champs de maïs surtout, du fait des caractères génétiques, sont vulnérables aux contaminations », précise Véronique Chable, ingénieure en génétique végétale à l’Inra, l’Institut national de la recherche agronomique. Selon elle, les législateurs prennent le problème à l’envers :« Ils partent du principe que ce sont les semences modernes qu’il convient de protéger car elles ont plus de valeur économique que les semences paysannes, souligne la scientifique, mais du point de vue de la biodiversité, c’est tout le contraire. »

(1) A ne pas confondre avec les semences de ferme issues de la multiplication des semences modernes, fournies par des semenciers.



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(Femmes Afghanes hyper voilées regardant vers... 
Heu... Regardant quoi, exactement?)



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Benoît Barvin

lundi 2 septembre 2013

"Lady castagnettes, personne ne la voulait pour voisine". Jacques Damboise in "Pensées inconvénientes".

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Pensées pour nous-mêmes:

(LE MAÎTRE A-T-IL TOUJOURS
ÉTÉ LE MAÎTRE?)

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(Certains jours, au petit matin,
Irina trouvait que la terre
était désespérément basse...)



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(Scientifique proche du lobby des OGM
décrivant le danger des études fausses
et entachées d'erreur qui les remettent en cause)

Afis : 
information scientifique 
ou manipulation de l’opinion ?
(faut-il vraiment poser la question?)
Fabrice Flipo | Maître de conférence

   (...) Si l’on en croit les tribunes de Jérôme Quirant, des associations sans aucune légitimité alimenteraient des peurs irraisonnées dans l’opinion et bloqueraient « le progrès ». Des arguments qui me rappellent trait pour trait ceux du fameux appel de Heidelberg, lancé peu avant le premier Sommet de la Terre de Rio en 1992.

   Le problème avec ce soi-disant promoteur de la « science », c’est qu’il fait un usage extrêmement libre de « la science ». Les erreurs sont grossières, la méconnaissance des dossiers est flagrante, même pour un amateur éclairé.

   Aucun de ses articles ne tiendrait plus d’une minute devant un panel pluraliste composé d’experts reconnus dans les domaines concernés.

   Quirant confond science et défense aveugle de l’expertise officielle, oubliant l’Histoire : les agences ont souvent sous-estimé les risques environnementaux, accordant la priorité aux intérêts industriels : amiante, réchauffement climatique, trou dans la couche d’ozone etc. L’Agence européenne de l’environnement a même publié deux volumes sur les leçons tardives issues de signaux précoces qui n’ont pas été entendus à temps.

   Les scientifiques sont dans leur rôle quand ils attestent de faits. Ils ne le sont plus quand ils sélectionnent les faits qui doivent être jugés pertinents pour un problème de société tel que les OGM, et ils sombrent carrément dans l’autoritarisme quand ils prétendent en plus tirer à eux seuls des conclusions définitives en matière de politique. (...)

   L’auteur commence par nous dire que la publicité autour de Séralini(1) a été un déni de science. Une approche réellement scientifique aurait soupesé l’influence relative des partisans de Séralini et ceux des OGM, qui utilisent aussi la voie des médias. Mais non, Quirant fait comme si Claude Allègre, Marc Fellous et bien d’autres n’avaient pas voix au chapitre.

   Second argument : Séralini ne serait pas le premier à avoir conduit une étude de long terme. Lesquelles ? Avec quels résultats ? Quirant n’en dit rien. Le point est important car ce qui a fait scandale est que 3 mois d’analyse suffisent pour l’homologation des OGM, alors que l’étude Séralini suggère que les effets néfastes apparaissent plus tard. Quirant se contente de nous asséner qu’il est « scientifiquement peu vraisemblable » qu’un risque existe sur « la comestibilité », et que les tests à 90 jours sont « reconnus satisfaisants » - par qui ? Par quoi ? On ne saura pas.

   L’argument massue, celui d’un allongement plus rapide de l’espérance de vie aux Etats-Unis, où l’on mange des OGM, qu’en France, outre que c’est de l’épidémiologie de comptoir, pointe vers un lien qui indique le contraire : +1,9 ans en France contre +1,3 ans aux Etats-Unis (2005-2011). Quirant est tellement convaincu d’avance par ce qu’il croit être le vrai qu’il n’a même pas pris le temps de lire.

   La suite est du même acabit : Quirant mentionne les pays qui importent des OGM, mais pas ceux qui, comme la Zambie en 2003, en pleine famine, a refusé une aide parce qu’elle était OGM. Pourquoi ? Quirant claironne que « l’ensemble de la communauté scientifique a tiré à boulets rouges sur cette étude », sur foi d’un communiqué de presse des Académies, alors qu’il aurait plutôt fallu parler de propos très contrastés, en témoigne cette pétition-réponse signée de biologistes. Il attaque bien sûr la souche de rats utilisée, soupçonnée de favoriser les tumeurs, mais ne dit pas qu’elle est utilisée pour les tests d’homologation, et qu’une autre souche aurait évidemment fait courir à l’étude le risque d’incomparabilité.

   D’autres explications existent, nous dit-il, concernant les tumeurs, « un agronome » « en a fait la démonstration brillante ». A ce stade de la lecture on ne s’étonne pas de ne trouver aucune référence sérieuse à l’appui de cette énième affirmation farfelue.

   Rappelons alors à Quirant la revue dans laquelle Séralini a publié est reconnue et conforme aux critères de bonne science tels que Quirant lui-même les définit, et auxquels il ne juge pas nécessaire de se plier lui-même. Quirant n’a rien lu des adversaires qu’il combat, sinon des articles de presse, à rebours de la « simple étude bibliographique » qu’il prétend avoir fait. Il existe pourtant des documents extrêmement complets expliquant les raisons d’une opposition aux OGM, qui sont très loin d’être seulement alimentaires, et qu’il serait trop long de développer ici. (...)

(1) Gilles-Eric Séralini  est un professeur de biologie moléculaire qui a travaillé sur les OGM et leurs effets néfastes dans une étude bien entendu controversée en septembre 2012. 

Lire la suite sur:


***
(Ce peintre original payait ses consommations
en faisant un crobar sur le visage des
serveuses des bars qu'il écumait)


Doublefaced No. 6
Sebastian Bieniek

***
Luc Desle

lundi 12 novembre 2012

"Ce faux champagne avait l'avantage de vous faire parler une langue étrangère". Jacques Damboise in "Pensées à contre-pet".

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Pensées pour nous-mêmes:

(La mort du Maître n'est que
la mort du Maître)

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(Cet écrivaine de récits fantastiques 
avait l'impression que quelqu'un la suivait)

Susanna Hesselberg (1967) vit et travaille à Malmö, en Suède. – «Asa & Peter», 2003.


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"Moi... Chomp, chomp... Ch'fais
travailler mes mandibules...
Chomp, chomp..."


Elections américaines : 
demain, on s’en moquera

   (...) Le verdict est tombé, Barack Obama a gagné. Pendant la parenthèse du scrutin, le monde entier a eu les yeux rivés sur les Etats-Unis, plus que pendant n’importe quelle autre élection. Comme si le résultat sortant des urnes allait changer la face du monde. Et pourtant le pays n’est pas (ou plus) le moteur du changement. Pis, ils est franchement en retard sur de nombreux sujets. La preuve par les chiffres :

   Aux Etats-Unis, le droit de détenir une arme est inscrit dans la Constitution. On trouve dans ce paradis du flingue en moyenne 88 armes pour 100 habitants. Un record international qui place les US loin devant le Yémen où ce ratio s’élève à 54 armes pour cent habitants. Le nombre d’homicides s’en ressent : on compte en moyenne 25 morts par arme à feu par jour aux Etats-Unis, soit plus de 9000 par an. A titre de comparaison, au Canada, son voisin culturellement comme géographiquement comparable où le port d’arme est plus réglementé, le nombre de morts par arme à feu est de 173 par an. Au lendemain de la tuerie d’Aurora, en août dernier, et dix ans après son film Bowling for Columbine, le documentariste Michael Moore calculait même que « les Etats-Unis sont responsables de plus de 80 % des morts par arme à feu survenues dans les 23 pays les plus riches du monde ». Avant d’appeler, encore, à changer la législation.(...) 

   (...) Un Américain fait en moyenne 5 117 pas par jour, contre 9 695 pour un Australien ou 9 650 pour un Suisse. A peine plus que le seuil de sédentarité, estimé à 5 000 pas par jour. L’activité physique totale a diminué de 32% depuis 1965, et devrait se réduire d’au moins 46% d’ici à 2030, selon une récente étude coordonnée par le Collège américain de la médecine du sport et le Conseil international pour l’éducation physique et la science du sport. L’étude utilise un indicateur appelé MET, qui mesure la quantité d’énergie dépensée en accomplissant une tâche. Les auteurs estiment qu’un Américain moyen dépensera 190 MET par semaine en 2020, soit à peine plus qu’une personne qui passerait la semaine entière à dormir (151 MET).

    Et pour le vélo ? C’est encore pire comme le rappelle cette infographie de Fastcoexist. Seul un déplacement sur 100 se fait à vélo aux Etats-Unis, où une personne sur trois est obèse alors qu’un quart des déplacements se font à vélo aux Pays-Bas où en revanche 10% de la population souffre d’obésité. La comparaison laisse à réfléchir, même s’il ne s’agit que de corrélations. L’obésité est aussi due à une autre particularité américaine : l’étalement urbain. On trouve en effet de véritables « déserts alimentaires » dans ce pays, c’est-à-dire des espaces où il est impossible de s’approvisionner (dans un étal) à moins de trois kilomètres et où l’on trouve au moins 20% de familles à bas revenus. Dans ces lieux il faut prendre la voiture.. ou opter pour les conserves et les fast-food.(...)

Lire sur:

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(Cette évocation de la descente aux Enfers
de la Grèce ne plut pas du tout
aux intéressés)

Buster Keaton in The Three Ages, 1923.

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L’insupportable puritanisme 
de Facebook
Savatier

   (...) Sur le réseau social Facebook, on ne plaisante pas avec la morale. Non pas avec l’éthique sinon, l’entreprise de Mark Zuckerberg n’aurait pas introduit en bourse un capital que les meilleurs experts jugent largement surévalué et n’aurait pas fait l’objet d’une enquête de la commission bancaire du Sénat américain pour de présumées irrégularités liées à cette opération (la devise « honesty, integrity, pas vu pas pris » est bien connue). Il s’agit plutôt de cette « morale » que Nietzsche appelait « moraline », cette insupportable morale puritaine au nom de laquelle tout rapport au corps et à ses représentation doit être diabolisé – un comportement qui relève de la névrose.

   Il avait déjà, dans ces colonnes, été question de la censure dont avait été victime un internaute français qui avait fait figurer sur son mur d’images L’Origine du monde de Gustave Courbet, œuvre conservée au Musée d'Orsay, mais jugée « pornographique » par les modérateurs du site. En octobre dernier, c'est le compte du quotidien La Tribune de Genève qui fut bloqué car la «une» du journal s'illustrait du même tableau ! Récemment, pareille mésaventure est arrivée au très sérieux quotidienThe New Yorker qui avait publié sur sa page Facebook, selon son habitude, un innocent dessin humoristique de Mick Stevens représentant un couple nu assis sous un pommier (probablement Adam et Eve). Le dessin fut retiré pour « nudité ».

   Le règlement du site interdit en effet « 1) toute activité sexuelle évidente, même dessinée ou sous forme d’art, même si la nudité est masquée par des mains, des habits, ou d’autres objets. 2) les parties intimes nues, incluant les fesses ou les tétons féminins. Les tétons masculins sont autorisés (pourquoi? Ce n'est pas une zone érectile et sensible? Première nouvelle...)». On peine à voir dans le croquis de Mick Stevens une « activité sexuelle évidente » ; ce sont donc sans doute les deux minuscules points matérialisant discrètement les « tétons féminins » qui posèrent problème…(...) 
Lire sur:

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Luc Desle

samedi 21 janvier 2012

"Le Tueur aux Battoirs était le fils illégitime du Tueur des Abattoirs". Jacques Damboise in "Pensées à contre-pet".

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Pensées pour nous-mêmes:

(SOIS LE CIEL ET l'OCÉAN QUAND ILS S'ACCOUPLENT.)

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"Ils sont venus, ils sont tous là,
même ceux du sud de l'Italie...
Elle va mourir laaaaaa....
Démocrâssie..."

« Les nouveaux chiens de garde »,
film coréalisé par Gilles Balbastre 
et Yannick Kergoat

…avec Christophe Barbier (l'ami de Carlitta), Yves Calvi (Monsieur expliquez-moi-tout-comme-veut-le-comprendre-le-bas-peuple-que-je-méprise), Arlette Chabot (la vieille duègne racornie), Daniel Cohen (Monsieur je-parle-pour-ne-pas-m'écouter), François Denord (?), Alain Duhamel (Monsieur Formol), Jean-Pierre Elkabach (Monsieur Formol bis), Jean Gadray(?), Laurence Ferrari (Madame laquée), Luc Ferry (Monsieur Moi-Je-Philosophe), Michel Field (Monsieur ex-gaucho-comme-les-autres), Franz-Olivier Giesbert (tapeur en chef sur ceux qui, autrefois, me faisaient trembler) , Michel Godet(?), Laurent Joffrin (Monsieur barbiche), Jacques Julliard (Nouvel Obs de ma suffisance), Bernard-Henri Lévy (Là... Heu...), Frédéric Lordon(?), Henri Maler(?), Alain Minc (j'sais rien, donc j'dirai tout et son contraire), Michel Naudy(?), Christine Ockrent (Madame Formol), Jean-Pierre Pernaut (Le Bon-P'Tit-Gars), David Pujadas (Monsieur sourcil)… dans leurs propres rôles !
   « Mon pouvoir, excusez-moi, c’est une vaste rigolade. Le vrai pouvoir stable, c’est le pouvoir du capital. Il est tout à fait normal que le vrai pouvoir s’exerce (par le chantage? La prévarication? Le mensonge? La morgue? Le mépris? etc.). »
   Cette phrase (?) de Franz-Olivier Giesbert résume très bien ce que cherche à démontrer cet excellent film documentaire qui évoque les liaisons dangereuses entre journalistes et décideurs (dirigeants de grandes entreprises, responsables politiques…), et met à mal la sacro-sainte trinité « pluralisme (des décideurs d'argent, peut-être?) – indépendance (vis à vis de la Démocratie, trop brouillonne?) – objectivité (dans la démarche univoque?)» revendiquée pourtant par tout journaliste un tantinet soucieux d’éthique…(...)

Lire l'article excellent sur:

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"Le-Nucléaire-C'est-Sans-Danger-Je-Vous-L'assure"

(Cette attachée de presse de l'industrie nucléaire faisait froid dans le dos)

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Fukushima : 
« On a fait semblant de découvrir 
les dangers nucléaires »

   (...) Bernard Laponche, spécialiste de l'énergie atomique, déplore l'hypocrisie et le déni de l'Etat autour des trop nombreux risques nucléaires.

   (...) / Vous parlez d'un « bloc nucléaire », est-ce un lobby ?

   Je suis contre le mot lobby car c'est beaucoup plus que cela. C'est l'Etat, la haute administration, avec le corps des Mines et même l'Ena, donc la plupart des politiques qui sont pronucléaires. Sans parler du pouvoir du CEA, qui est un Etat dans l'Etat car il est à la fois dans le civil et le militaire, Areva qui a de l'argent pour se payer des publicités dans les médias, EDF tentaculaire... C'est un bloc, difficile à fissurer, qui commence à se fissurer aujourd'hui.
   Le nucléaire a été monté en épingle en France comme étant quelque chose de super important, et aujourd'hui, on s'aperçoit que le roi est nu, par un excès d'arrogance.

   / L'ASN et l'IRSN sont-ils indépendants à vos yeux ?

   A l'intérieur de cet Etat pronucléaire, ils ont un rôle de contrôle, qui n'ira jamais jusqu'à une remise en cause du nucléaire. C'est comme l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), à la fois chargée de contrôler le nucléaire, et aussi de le promouvoir, en somme de vérifier qu'on ne fait pas n'importe quoi avec.
   L'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) fait un très bon boulot de recherche et d'expertise. Ce sont surtout des ingénieurs qui trouvent dans la complexité du nucléaire des sujets de recherche passionnants. J'ai fait partie de cette « race », je les comprends.
   L'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a tendance à se prendre pour Dieu le père en disant « Moi, je suis juge ». Ils ont le pouvoir de dire au gouvernement s'il faut arrêter les centrales, mais ne l'ont jamais fait.

   /Où sont les experts vraiment indépendants alors ?

   En France, si vous êtes un universitaire et que vous êtes antinucléaire, votre carrière est foutue.
    Il y a bien le Groupe de scientifiques pour l'information sur l'énergie nucléaire (GSIEN), créé dans les années 70 par des physiciens militants du Collège de France, et puis Wise Paris, avec Mycle Schneider et Yves Marignac, et l'association Global Chance, des labos indépendants comme laCRIIRAD et l »Acro, certains membres des CLI, mais cela fait peu de monde et peu de moyens. Le recours à l'expertise indépendante et à la contre-expertise devrait être systématique et rémunéré.
   C'est comme dans le médicament, où l'on s'aperçoit que les experts sont liés aux labos et ne sont pas indépendants. Si vous êtes dans un labo et que vous n'avez l'aide d'EDF ni de personne, vous n'êtes pas reconnu comme expert. (...)

Lire la passionnante entrevue sur:

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"On ne passe pas!
- Mais je veux sortir!
- Ce qui est dans le tunnel, reste dans le tunnel,
proverbe de commerçant palestinien.
- Ben M... alors!"
Entre Gaza et l'Egypte, 
les tunnels sont en grève

   (...) Apparemment rien de plus banal qu’une grève de commerçants pour protester contre une hausse des impôts et taxes sur leurs affaires.
   Sauf que cette grève-là, qui a débuté mardi 10 janvier 2012, est le fait des propriétaires de tunnels souterrains creusés entre la bande de Gaza et l’Egypte. Ils sont furieux d’être pressurés par le gouvernement Hamas, raconte al-akhbar. Et bloquent l’importation des biens et équipements en provenance d’Egypte.
   En vigueur depuis «juin 2006 après l'enlèvement d'un soldat israélien, le blocus de Gaza a été considérablement renforcé après la prise de contrôle du territoire en juin 2007 par le Hamas», rappelait Le Nouvel Observateur. Dès lors, avec la fermeture prolongée de la frontière, et la restriction des importations venant de l’Etat hébreu, les tunnels souterrains ont permis de commercer avec l’Egypte (matériau de construction, marchandises, pétrole, mazout).
   Vitaux pour l’économie de Gaza, ces tunnels permettent également l’acheminement d’armes vers Israël (...)

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"Sus à la Guerre!
- ?... Qu'ess-qui dit?
- T'inquiète... Ca fait longtemps qu'il a perdu la boule...
La faute aux éclats d'obus..."
Les guerres de 2012

ASIE CENTRALE 
(au hasard)

   (...) Plusieurs États de la région ne survivent que par un pur hasard: leurs infrastructures frôlent l’effondrement, leurs systèmes politiques sont dévorés par la corruption et leurs services publics sont pratiquement inexistants. Par-dessus le marché, le Tadjikistan, par exemple, doit affronter aujourd’hui des insurrections à la fois locales et extérieures menaçant sa sécurité, ce qu’il a à peu près zéro moyen de maîtriser. Pour ajouter aux malheurs du pays, ses relations avec l’Ouzbékistan voisin n’ont jamais été aussi mauvaises. Leur désaccord de longue date sur la gestion de l’eau ne semble pas près de se résoudre et des accidents aux frontières menacent parfois de déclencher des violences plus graves.

   Pour ce qui est de l’Ouzbékistan lui-même, si Washington s’appuie de plus en plus sur Tachkent pour sa logistique en Afghanistan, la nature brutale du régime signifie que c’est non seulement un partenaire embarrassant, mais aussi, au final, qu’il est extrêmement peu fiable. Il y a déjà eu au moins un attentat sur la voie de chemin de fer par laquelle transite le matériel américain dans le pays. Vu que l’état des relations entre les États-Unis et le Pakistan semble toucher le fond un peu plus chaque semaine, Washington estime probablement qu’il n’a pas beaucoup le choix, mais il passe indéniablement de Charybde en Scylla.

   Et puis il y a l’instable Kirghizistan. Faute de mesures rapides, véritables et complètes pour réparer les dégâts provoqués par les pogroms ethniques dans le sud en 2010, le pays risque un nouveau cycle de violences collectives. Melis Myrzakmatov, le maire ultranationaliste d’Osh [la deuxième ville du Kirghizistan], qui a dans le passé revendiqué que les ordre de Bichkek ne s’appliquaient pas à sa ville du sud, s’interroge sur la possibilité de créer une police municipale indépendante du ministère de l’Intérieur et va sans nul doute continuer à envoyer des coups de semonce au gouvernement central en 2012. (...)


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Luc Desle