Bonjour à vous qui, dans le maelström du net, êtes arrivés, par hasard? lassitude? erreur? sur ce blog. Vous êtes les bienvenus. Vous y lirez des extraits d'articles, de pensées, d'interviews, piochés ça et là, et illustrés de photos et dessins détournés, via un humour de bon aloi. Vous pouvez évidemment réagir avec le même humour, la même ironie que nous mettons, chaque jour, à tenter de respirer un peu plus librement dans une société qui se corsète chaque fois un peu plus.
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samedi 24 mai 2014

"La reine des cloches était une fondue de chocolat". Jacques Damboise in "Pensées à contre-pet".

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Pensées pour nous-mêmes:

(LE PRINTEMPS FAIT POUSSER TES RÊVES)

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"J'aime pas les chapeaux!
- Ah bon, pourquoi?"


via: arealbuster + source: maudit

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(L'arbre à vent était tout en élégance)




L’arbre à vent, l’invention française
qui amène l’éolien dans les villes

THIBAUT SCHEPMAN

   (...) C’est un arbre de huit mètres de haut, dont le tronc blanc est en acier. Au bout de ses branches, une centaine de feuilles dotées de petits générateurs s’activent comme autant de mini-éoliennes. Cet arbre n’est pas un rêve, deux prototypes trônent déjà sur l’Ile d’Oléron (Charente-Maritime) et à Pleumeur-Bodou (Côtes-d’Armor).

   « Tout est parti de l’observation d’un arbre, un jour sans vent. J’ai remarqué que les feuilles bougeaient quasiment en permanence, et je me suis demandé s’il était possible d’exploiter cette énergie », explique Jérôme Michaud-Larivière, président fondateur de l’entreprise New Wind qui fabrique l’arbre à vent. Trois ans plus tard, les feuilles des deux prototypes installés sont capables de capter l’énergie des vents faibles et des incessants mouvements d’air autour d’eux. Élégants et silencieux, ils peuvent se fondre là où les éoliennes sont bannies, dans les villes comme à leur périphérie. Cerise sur le gâteau, 99% des pièces peuvent être produites en France. (...)

   (...) Là où l’éolien cherche à aller toujours plus haut et à construire des machines toujours plus grandes, nous avons cherché à exploiter l’énergie disponible autour de nous. Je suis persuadé que l’avenir de notre modèle énergétique passe par une multitude de solutions de proximité, et l’arbre à vent en est une », poursuit Jérôme Michaud-Larivière. Un seul de ces arbres installé au bord d’une route ou sur un rond-point permet d’allumer quinze réverbères mais aussi d’alimenter en partie une salle de spectacles ou des stations de recharge pour voitures électriques. Le tout pour un coût qui devrait avoisinner 25 000 euros. « Cela revient à un coût de 35 centimes par kilowattheure, ce qui est compétitif, mais nous allons travailler à baisser le coût de notre arbre dans les mois qui viennent », assure le fondateur.

   Pour ce faire, il compte continuer à s’inspirer de la nature, selon le principe du biomimétisme. Déjà, les ingénieurs de New Wind étudient la position des feuilles dans les arbres pour exploiter au mieux les mouvements des masses. A terme, ils étudient même l’opportunité d’équiper leurs arbres de racines, pour capter l’énergie du sol. « Nous n’inventons rien, l’arbre est quelque chose de très puissant qui existait avant nous, nous avons beaucoup à gagner à nous en inspirer. »


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"Et tu as vu, là?
- Où, là?
- Mais là, quoi!
- Je vois rien...
(Soupirs)"



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Luc Desle

vendredi 9 mai 2014

"L'escargot à réaction, hé bien... Ça n'est pas encore ça". Jacques Damboise in "Ça n'est pas encore ça".

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Pensées pour nous-mêmes:

(PEUT-ON MANGER LA VIE?)

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(La femme et le fils du pétomane
supportaient mal son étonnant talent)



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"Bien, vénéré Maître lobbyiste...
Il sera fait selon votre bon plaisir"



LES CONFLITS D’INTÉRÊTS 
DES DÉPUTÉS EUROPÉENS 
SUR LA SELLETTE

Thibault Lescuyer
© 2014 Novethic - Tous droits réservé

   (...) Députée européenne et avocate en activité, Rachida Dati est-elle en position de conflit d'intérêt ? C'est la question que pose Friends of the Earth Europe dans uncourrier envoyé ce lundi 3 février à Martin Schulz, le président du Parlement européen. L'ONG y demande officiellement que soit ouverte une enquête pour permettre de faire la lumière sur le sujet. Car depuis juin 2013, les prises de positions de la députée sur l'énergie posent question. (...)

   (...) En juin 2013, un article des Echos affirme que l'élue était consultante pour GDF Suez. A l'époque, aucun démenti. Quatre mois plus tard Rachida Dati relaie dans le même journal l'appel fait par des grands énergéticiens européens dont GDF Suez, pour un changement de politique énergétique en Europe, des expérimentations sur le gaz de schiste et la fin des subventions aux « énergies renouvelables matures ». Dans la foulée, plusieurs médias mettent à jour que celle qui est aussi membre suppléante de la commission de l'Industrie, de la Recherche et de l'Energie, a proposé en 2012 plusieurs amendements à des textes qui vont dans le sens du soutien aux grands énergéticiens.

    De fait, si la députée Rachida Dati a effectivement travaillé pour des grands énergéticiens, au vu de ses prises de positions à Strasbourg sur l'énergie, il y a longtemps qu'elle aurait dû le préciser, souligne Paul de Clerck, de l'ONG Friends of the Earth (FoE) Europe. Car « d'après l'article 3 du code de conduite des Parlementaires, dans les cas où un élu participe à l'élaboration d'une loi spécifique, par exemple dans une commission parlementaire, tout en étant payé comme avocat par une entreprise qui est directement concernée par cette loi, il doit le préciser, soit par écrit dans sa déclaration d'intérêts, soit lors de ses interventions au Parlement ».

    Mais la députée nie catégoriquement un tel lien : « Je gagne de l'argent dans mon activité d'avocat, c'est totalement déclaré au parlement européen. (..) Il n'y a aucun conflit d'intérêt. D'annoncer comme ça des clients qui ne sont pas mes clients, (...) tout cela est faux », déclare-t-elle en décembre (émission Décideurs politiques du JDD, 13 décembre). Sur les détails de son activité d'avocate (plaidoirie, conseil, aux particuliers ou aux professionnels ?), Rachida Dati reste cependant muette. La députée n'a d'ailleurs répondu ni aux sollicitations de FoE Europe ni à celle de Novethic. 

   En revanche, elle pointe du doigt une autre députée, qu'elle estime être dans un cas similaire : Corinne Lepage. « En 2013, j'ai plaidé une fois devant un tribunal. C'était sur le dossier Fessenheim. En tant qu'avocate, j'ai exclusivement travaillé pour des associations locales de défense de l'environnement, une quinzaine en France. Absolument pas pour des grosses ONG présentes à Bruxelles », rétorque l'avocate spécialiste en droit public et en droit de l'environnement au sein du cabinet Huglo Lepage. (...)

   (...) Au-delà du cas Dati, l'affaire révèle un certain malaise dans la pratique du lobbying à Bruxelles. Pour assurer la transparence des décisions, les députés européens doivent en effet obligatoirement remplir une déclaration d'intérêt, avec leurs sources de revenus extra-parlementaires (en plus de respecter le code de conduite qui traite notamment des conflits d'intérêt). Pourtant, les parlementaires assurent souvent le minimum syndical. C'est particulièrement vrai pour ceux - au moins une douzaine (sur les 790 députés européens), d'après l'organisation Corporate Europe Observatory - qui sont avocats en exercice. Rachida Dati et Corinne Lepage, par exemple, précisent l'ordre de grandeur de leurs revenus dans leur déclaration, mais pas le nom de leurs clients même si la seconde accepte, on l'a vu, de donner plus de détails.

   Quant aux agences de lobbying, elles sont invitées à inscrire le nom de leurs clients et l'ordre de grandeur des budgets concernés sur le registre européen de la transparence. Environ 75% des agences de lobbying l'auraient fait, d'après un bilan récent établi par l'UE. Mais seuls certains jouent le jeu de la transparence complètement : chez les cabinets d'avocat qui font du lobbying, une quarantaine de petits acteurs seulement se sont inscrits dans le registre, et aucune des grosses « law firms » américaines. De l'autre côté, les grosses agences de relations publiques qui fournissent le gros des lobbyistes d'entreprise à Bruxelles, comme Burson Marsteller, choisissent d'inscrire la liste de leurs clients (et de leurs employés lobbyistes) sur le registre. 

   Car, pour ces dernières, il est tout à fait possible de travailler tout en dévoilant le nom de sa clientèle. Ainsi, pour Karl Isaksson, président de l'EPACA, une des principales fédérations de lobbyistes à Bruxelles, « la confidentialité est certes essentielle pour le travail d'avocat devant les tribunaux, mais est-elle vraiment indispensable pour l'activité de conseil et de relations politiques ? Il ne serait pas très difficile de séparer l'activité légale des law firms de l'activité de conseil ». Fait nouveau, l'EPACA demande désormais, comme le Parlement européen, que la mention des clients dans le registre des lobbyistes soit obligatoire pour tous. (...)


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"Ahah, tu es faite Athosse!
- Que nenni, d'Artagnanne!"



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Luc Desle

vendredi 21 février 2014

"L'Homme aux cheveux poivre et sel avait trop de sucre dans le sang". Benoît Barvin in "Pensées pensées".

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Pensées pour nous-mêmes:

(SUIS TES INTUITIONS 
QUAND ELLES VIENNENT DU CŒUR)
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(Danseuse exotique montrant son savoir-faire)


(Source: televandalist, via michiganswampmonkey)

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(Habitants de Détroit accueillant avec enthousiasme 
un immigrant compétent)



50 000 immigrés pour sauver Detroit ?

THE NEW YORK TIMES

   (...) Le gouverneur républicain du Michigan, Rick Snyder, veut donner un nouveau souffle à Detroit en faisant venir des immigrés compétents. Il propose d'en attirer 50 000 sur cinq ans grâce à un programme de visas destinés aux diplômés de l'enseignement supérieur ou à des personnes particulièrement talentueuses dans les domaines de la science, de l'art ou des affaires.

   C'est un projet hors du commun qui suscite une réaction viscérale : Rick Snyder, qui est un homme d'affaires, propose une initiative intensive pour repeupler et reconstruire Detroit, sans se contenter de courber l'échine pendant les procédures liées à la faillite, pour ensuite recommencer à survivre tant bien que mal. Associé à d'autres efforts consentis par la municipalité pour encourager l'enseignement, les arts, la technologie et l'industrie manufacturière, le sursaut d'énergie apporté par l'immigration pourrait ressusciter une ville que beaucoup donnent pour morte.

   Toutefois, on peut se féliciter de ce projet créatif du gouverneur tout en admettant qu'il est déconcertant. D'une part, Detroit n'est pas une morne plaine. C'est une métropole dont la population est essentiellement africaine-américaine, une ville détruite par une conjoncture économique désastreuse et une gestion catastrophique, mais aussi par la désertion des Blancs. À la suite de cette descente aux enfers, une grande partie de la population est restée piégée par de mauvaises écoles, de rares emplois et un sombre avenir. Il est étrangement défaitiste de déclarer : après tout le tort causé aux habitants de Detroit, faisons donc venir des Chinois et des Indiens. (...)

   (...) Il est tout aussi étrange d'attacher la politique d'immigration – une question fédérale – à un projet municipal plein de bonnes intentions : pourquoi Detroit ? Et pourquoi pas Baltimore dans le Maryland ou Brownsville au Texas ? Par ailleurs, des visas associés à un lieu précis créent un problème de mise en œuvre si les bénéficiaires déménagent à Chicago à la première occasion. Personne ne va leur dire : “Bienvenue à Detroit, voici votre visa et votre bracelet électronique.”

   Un programme de visas si restreint risque aussi de renforcer l'idée fausse selon laquelle les immigrés hautement qualifiés sont les seuls qui en valent la peine. Cela revient à installer un cordon de velours devant la “porte d'or” pour filtrer les arrivants. Les entrepreneurs et les intellectuels d'envergure internationale sont aussi issus de familles pauvres et de la classe ouvrière. Une partie du travail crucial qui permet de soutenir notre économie est effectuée par des travailleurs agricoles qui savent parfaitement récolter nos fruits et légumes, mais aussi par des nourrices et des femmes de ménage sans qui nombre de foyers aisés ne pourraient fonctionner.

   Les partisans de Rick Snyder, dont le maire de Detroit et de nombreux entrepreneurs locaux, ont des réponses toutes prêtes à ces objections. Selon eux, la réussite des immigrés ne nuira pas nécessairement aux habitants actuels. Ils affirment que le secteur de la recherche et du développement est prospère à Detroit et que de nombreux emplois hautement qualifiés n'y sont pas pourvus. Ils sont convaincus qu'une élite de nouveaux arrivants permettrait de créer et d'attirer à la fois des emplois et des investissements, ce qui serait salutaire pour tout le monde.

   Pour contourner l'écueil d'un programme de visa ne s'appliquant qu'à une ville, certains pensent qu'il faut voir les choses en grand. Angelo Paparelli, un avocat spécialiste de l'immigration qui a grandi à Detroit, suggère de reproduire pour ce domaine l'initiative Race to the Top[course au sommet], une compétition visant à stimuler l'innovation dans les écoles. Les Etats pourraient soumettre des projets de relance économique et ainsi rivaliser pour obtenir un plus grand nombre de visas de travail destinés aux investisseurs et entrepreneurs étrangers.

   La proposition d'Angelo Paparelli ainsi que celle du gouverneur Rick Snyder valent la peine d'être examinées. Et il est possible que le gouvernement de Barack Obama soit disposé à faire de Detroit un laboratoire d'innovations en matière d'immigration. Pour Angelo Paparelli, un président avec “un peu de culot” pourrait y parvenir par voie réglementaire, sans consulter le Congrès.

   Mais pourquoi devrait-il en arriver là ? Et si le Congrès concevait un plan beaucoup plus ambitieux pour libérer l'énergie et les compétences de millions d'immigrants, et non de quelques milliers ? On peut imaginer qu'une telle initiative, appliquée aux cinquante Etats et non pas à une seule ville, stimulerait non seulement les sciences, la technologie, l'ingénierie et les mathématiques, mais aussi les petites affaires familiales qui sont l'épine dorsale de nos villes, ainsi que les secteurs et les métiers que la plupart des Américains évitent.

   Ce projet doit être rédigé avec soin pour obtenir le soutien des chefs d'entreprise, des syndicats, des législateurs et de l'opinion publique. Il faut encourager la création d'entreprises et les investissements tout en respectant l'engagement essentiel des Etats-Unis vis-à-vis de l'immigration familiale. La bonne nouvelle ? Ce plan existe et il a été adopté par le Sénat en juin 2013*.

Note :* La Chambre des représentants, à majorité républicaine, n'a en revanche toujours pas voté la réforme.


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(Jolie blonde se lavant les cheveux tout en pratiquant
sa gymnastique quotidienne)


Artist painter erotic art Spanish . Modesto Roldan.


( Ce qui invaliderait, selon certains, les
propos généralement tenus à propos de la capacité des
blondes à faire plusieurs choses en même temps)

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Luc Desle

mardi 18 février 2014

"Le Maître du Temps, même en retard, arrivait toujours à l'heure". Benoît Barvin in "Pensées pensées".

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Pensées pour nous-mêmes:

(N'ATTENDS AUCUN SECOURS DE LA COLÈRE)

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"Mon Dieu....
Pas un seul pour relever l'autre...
Pfff..."


Jane Russell in ‘Gentlemen Prefer Blondes’, 1953.
(Source: ever-so-dreamy)

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(Obligées de vendre leurs vêtements pour
pouvoir jouer, ces américaines gardaient
cependant le sourire)



Les Américains ont perdu foi dans l’avenir

DAVID BROOKS
THE NEW YORK TIMES

   (...) Auparavant, quand les visiteurs étrangers décrivaient la culture américaine, ils mettaient généralement en avant diverses variantes d'une même caractéristique : l'énergie. Que leurs motivations fussent terre à terre ou spirituelles, les Américains travaillaient plus frénétiquement, se déplaçaient davantage et changeaient plus souvent d'emploi que pratiquement tout le monde.

   Les choses sont en train de changer. Au cours des 60 dernières années par exemple, les Américains sont devenus de moins en moins mobiles. En 1950, 20 % d'entre eux déménageaient chaque année. Désormais, le chiffre tourne autour de 12 %. Dans les années 50 et 60, les gens habitaient dans la même maison pendant cinq ans en moyenne ; aujourd'hui, cette durée atteint 8,6 années. Notre mobilité géographique n'a jamais été aussi faible : elle équivaut à celle du Danemark ou de la Finlande.

   Il est vrai que le pays vieillit et qu'en général, les gens se déplacent moins lorsqu'ils prennent de l'âge. Mais les jeunes d'aujourd'hui sont bien moins mobiles que ceux des générations précédentes. La mobilité a chuté de 41% chez les jeunes adultes rien qu'entre les années 80 et 2000.

   Il est vrai aussi que beaucoup de gens sont coincés avec des logements dont la valeur a beaucoup baissé. Mais, comme le note Timothy Noah dans Washington Monthly, la mobilité connaît une baisse aussi forte chez les locataires que chez les propriétaires.

   Non, un facteur primordial pour expliquer cette tendance est la perte de confiance en soi. Il faut y croire pour bouger. Si on s'expose à des frais et à des difficultés temporaires, c'est parce qu'on est convaincu qu'on y gagnera à long terme. Les personnes hautement qualifiées, qui bougent encore beaucoup, possèdent cette conviction. Souvent, les personnes moins qualifiées ne l'ont pas.

   L'une des curiosités de la mobilité d'aujourd'hui, c'est que les gens ne vont pas s'installer dans des zones où le chômage est faible et les revenus élevés. Ils vont dans des zones où les revenus sont faibles et le logement bon marché. C'est-à-dire qu'ils sont moins prêts à accepter des difficultés de logement temporaires pour bénéficier de futures opportunités. Ils préfèrent s'installer dans des zones qui offrent un confort immédiat même si les perspectives de revenu sont plus faibles à long terme.

   Ce manque de foi dans l’avenir se manifeste également dans d'autres domaines. Le taux de fertilité, qui est un bon indicateur de la confiance, est en baisse. Les gens sont moins enclins à quitter un emploi pour en chercher un meilleur – même en tenant compte des variations cycliques. Seuls 46 % des Américains blancs pensent avoir de bonnes chances d'améliorer leurs conditions de vie. C'est le chiffre le plus bas de l'histoire du General Social Survey [une enquête sociologique bisannuelle]. (...)

   Peter Beinart a écrit un article fascinant pour le National Journal, montrant que les Américains croyaient jadis bien davantage au capitalisme, à une société sans classe, au rôle des Etats-Unis dans le monde et à la religion organisée que les Européens. Or leurs conceptions ressemblent aujourd'hui à celles des Européens. Et si on ne considère que les jeunes, l'exception américaine a tout simplement disparu.

   50 % des Américains de plus de 65 ans pensent que les Etats-Unis ont une place à part parmi les nations en tant que plus grand pays au monde. Seuls 27 % de ceux âgés de 18 à 29 ans sont du même avis. En 2003, les Américains étaient plus nombreux que les Italiens, les Anglais et les Allemands à affirmer que "l'économie de marché est le meilleur système sur lequel fonder l'avenir du monde". En 2010, ils étaient un peu moins nombreux que ces mêmes Européens à adhérer au capitalisme.

   Il y a trente ans, les Américains se considéraient en grande majorité comme appartenant à la classe moyenne. Depuis 1988, le pourcentage des personnes qui se considèrent comme "laissées pour compte" a doublé. Aujourd'hui les jeunes ont davantage tendance à penser que la réussite est une question de chance et non de travail que les générations précédentes.

   Ce pessimisme m'évoque un concept qui circule en Europe : le précariat. Selon l'universitaire britannique Guy Standing, le précariat est une catégorie en expansion qui regroupe les personnes vivant avec des emplois à durée déterminée et à temps partiel, dans des conditions précaires et "sans possibilité de se construire une trajectoire professionnelle". Elles connaissent de multiples formes d'insécurité et sont susceptibles de rallier des mouvements de protestations de toutes tendances politiques.

   Le précariat américain semble plus frileux, peu sûr de lui, réfractaire à la prise de risques, s'appuyant sur les amis et la famille mais sans foi dans les possibilités de l'Amérique. Ce fatalisme est à rebours de l'histoire des Etats-Unis.


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(Le premier groupe rock soviétique
quelques heures avant son départ
 et sa disparition dans l'espace)



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Benoît Barvin

jeudi 26 décembre 2013

"Il était gai comme un pingouin recevant le Premier Prix d'Excellence". Jacques Damboise in "Pensées à contre-pet".

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Pensées pour nous-mêmes:

(CHAQUE ANNÉE FAIS MOISSON
DE BONHEUR)

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"Comment ça, j'ai de belles fesses?
Mais vous ne les avais jamais vues...
- Pas encore... nuance."



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"Une centrale à biogaz... Mmmm...
Tu sais que j'en ai buté pour moins que ça?"


allocine.fr

Feldheim, village modèle

Helmut Uwer

   (...) Près de Berlin se trouve le seul endroit en Allemagne entièrement autonome pour son approvisionnement en énergie. Grâce aux éoliennes installées dans leur jardin et à un réseau indépendant, les habitants paient l’électricité au prix minimum. Un exemple qui attire des écologistes du monde entier.

   Petra Richter n’a pas besoin de longs discours pour expliquer la success story qui a permis à sa commune de goûter aux joies de la renommée internationale. Le projet s’est fait au bon moment, résume la maire de Feldheim. La petite localité du sud-ouest de Berlin est la première et jusqu’ici la seule commune d’Allemagne à être autonome sur le plan énergétique. Résultat : 3 000 visiteurs débarquent chaque année du monde entier dans le petit village brandebourgeois de 130 âmes seulement qui, en dépit de sa situation à 150 mètres d’altitude, ne se laisse pas dénicher facilement.

   Tout s’est fait progressivement, raconte Petra Richter. Les quatre premières éoliennes sont arrivées en 1997. Aujourd'hui, on en dénombre 43, qui produisent chaque année 140 000 mégawatts/heure. Avec ces sources d’énergie renouvelable devant les yeux tous les jours, la coopérative agricole locale a fini par réfléchir à la construction d’une centrale à biogaz. Ses représentants se sont assis à table avec le promoteur du parc éolien, Michael Rascheman, et lui ont demandé de leur soumettre un projet.

   Celui-ci a calculé qu’avec les 4,3 millions de kilowatts/heure que produirait la centrale à biogaz sous forme de chaleur, il était non seulement possible de chauffer les porcheries et les bureaux de la coopérative, mais aussi tout le village. A l’époque, beaucoup se chauffaient encore avec des poêles à bois. Chez d’autres, les premiers chauffages centraux installés après la chute du Mur étaient tombés en panne. L’envie d’essayer quelque chose de nouveau était grande, se souvient Petra Richter : "Presque tous étaient enthousiastes dès le départ". (...)

   (...) Quelques réunions publiques plus tard, ils décident de fonder la Feldheim Energie GmbH and Co. KG. Celle-ci n’est pas seulement chargée de gérer le réseau de chauffage centralisé censé diffuser une douce chaleur dans tous les foyers de Feldheim, mais aussi de distribuer l’électricité produite par les éoliennes situées sur le pas de leur porte. Mais tout n’a pas été aussi simple. Car E.on-Edis, propriétaire du réseau électrique local, refusait de mettre ses lignes à leur disposition. Il a donc fallu en construire de nouvelles. D’où une situation inédite : les maisons de Feldheim sont aujourd’hui raccordées à deux lignes électriques, dont l’une a été coupée.

   La société Feldheim Energie devait trouver 400 000 euros pour financer le nouveau réseau, mais l’apport des commanditaires a suffi à couvrir cette somme. Seuls les propriétaires de terrains sur la commune étaient autorisés à en devenir membres, ainsi que les entreprises locales, l’église, le syndicat des eaux et la ville de Treuenbrietzen, à laquelle est rattaché Feldheim. Leur apport se monte à 3 000 euros pour l’électricité et le chauffage, ou à la moitié pour ceux qui ne reçoivent qu’une des deux sources d’énergie. (...)

  (...)  Le financement de la construction du réseau électrique était une formalité en comparaison du 1,7 million d’euros qu’a coûté le réseau de chauffage centralisé. Et si les habitants de Feldheim ont pu le financer, c’est uniquement grâce à l’Union européenne et à la région Brandebourg, qui ont soutenu le projet à hauteur de 50% du coût. Pour payer le reste, la société Feldheim Energie a souscrit un crédit sur 15 ans, dont le remboursement se déroule comme prévu. Presque tous les habitants ont mis la main à la poche et se sont engagés pour dix ans via leur apport. Seuls deux foyers sur quarante n’ont pas pu être convaincus. Aux 38 particuliers concernés, il faut ajouter la coopérative agricole, la commune, le syndicat des eaux et l’église. Trente-cinq foyers sont raccordés au réseau de chauffage de trois kilomètres de long. Les autres se chauffent par géothermie. Ceux qui ont choisi les réseaux alternatifs ont déjà fait de sérieuses économies. 

   Le système de chauffage est entré en service en 2009. Un an plus tard, les éoliennes étaient opérationnelles. Alors que le prix moyen du kilowatt/heure s’élève à 28 centimes en Allemagne, les habitants de Feldheim, qui se servent directement chez le producteur, ne le paient que 16,6 centimes. Ce tarif exceptionnellement contenu n’est cependant possible que grâce à une clause spéciale du règlement sur la redevance d’accès. Seule une fraction du courant produit alimente Feldheim, soit 0,5% environ, explique le porte-parole du fournisseur, Werner Frohwitter. Le reste part sur le réseau public. Quant au tarif du chauffage, il est 10% moins élevé à Feldheim que dans le reste du pays. (...)

   Il y a longtemps que Feldheim est un village modèle en matière d’énergie verte. En 2009, en plus de la centrale à biogaz, la commune s’est dotée d’une chaudière à copeaux de bois qui permet de conserver une chaleur agréable dans les vieilles Vierseithöfen [fermes disposées en carré autour d’une cour intérieure] les jours de grand froid. En 2010, Feldheim a été désigné "village bioénergétique". La commune s’est aussitôt servie de l’argent du prix pour développer ses énergies renouvelables. Economiquement aussi, les énergies vertes ont des retombées non négligeables pour la petite commune. Certes, l’agriculture, qui nourrit 30 personnes, y est encore dominante. Mais la société EQ-SYS, qui fabrique des composants métalliques pour les panneaux photovoltaïques, a créé 21 emplois sur place.

   Des écotouristes affluent chaque année du monde entier dans le village, alors que sa seule auberge n’en est même plus une. Celle-ci a été convertie en centre de recherche et de formation par le Forum des énergies nouvelles de Feldheim. L’association propose des visites guidées à travers l’écovillage en allemand, anglais, espagnol et français. Le japonais n’est pas encore représenté, même si de nombreux Nippons se rendent à Feldheim, notamment depuis la catastrophe de Fukushima. (...)


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(La caisse-tortue était tombée sur le dos)



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Luc Desle