Bonjour à vous qui, dans le maelström du net, êtes arrivés, par hasard? lassitude? erreur? sur ce blog. Vous êtes les bienvenus. Vous y lirez des extraits d'articles, de pensées, d'interviews, piochés ça et là, et illustrés de photos et dessins détournés, via un humour de bon aloi. Vous pouvez évidemment réagir avec le même humour, la même ironie que nous mettons, chaque jour, à tenter de respirer un peu plus librement dans une société qui se corsète chaque fois un peu plus.
Affichage des articles dont le libellé est guerre. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est guerre. Afficher tous les articles

lundi 6 octobre 2014

"Les Morts-Vivants adoraient la bataille dans la boue radioactive". Jacques Damboise in "Pensées à contre-pet".

+++
Pensées pour nous-mêmes:

(SOIS LE CIEL BLEU
DANS SON REGARD)

+++
"Bon, OK, Magdalena jouait comme
un pied... Et même deux. Et alors?"



+++

(Ces soldats qui avaient oublié la fleur à leur fusil
avaient la trouille d'être grondés)
JacquesTardi- Casterman
parismatch.com

1914 - 1918 à l’école :
ce n’est plus de l’histoire

Bernard Girard
Enseignant en collège
   (...) La commémoration de la Première Guerre mondiale est aujourd’hui suffisamment avancée pour que les réticences qu’elle avait suscitées au fil des mois quant aux motivations de ses instigateurs se trouvent confirmées : dans sa déclinaison scolaire, empêtrée dans des injonctions administratives insistantes, cette opération mémorielle à grand spectacle n’a guère à voir avec l’histoire. C’est même tout le contraire. (...)

   Dans un entretien au Monde, Laurent Wirth, président de la commission pédagogique de la Mission du centenaire 14-18, donne le ton, délimite le cadre, fixe les règles ; car c’est bien connu, les enseignants ont besoin d’être dirigés, guidés. Selon la terminologie officielle qui a cours à la Mission, ils sont même « mobilisés », une formulation pour le moins scabreuse mais qui laisse planer peu de doutes sur la nature de l’engagement que l’on attend d’eux : comme à l’armée, on ne leur demande pas de réfléchir mais d’obéir.(...)

   « Il faut amener les élèves à comprendre ce que [la guerre] a représenté pour toute une génération […]. Il ne faut pas oublier que cette guerre a concerné toutes les familles […]. Il faut aussi leur faire ressentir comment la société française a été durement marquée par cette tragédie […] Il faut leur faire comprendre à quel point ce fut une épreuve terrible pour la nation. » Sans oublier « l’enjeu civique » sans lequel l’Education nationale ne serait pas ce qu’elle est : « La guerre porte plusieurs messages essentiels dans la formation du citoyen : message de cohésion nationale et d’unité ; message de réconciliation et de paix après le miracle du rapprochement franco-allemand. »

   Outre que Laurent Wirth n’a pas l’air d’avoir conscience que la réconciliation franco-allemande ne peut évidemment faire sens aux yeux d’élèves nés un demi-siècle après le traité de Rome, la tirade comminatoire qui lui tient lieu de programme pour l’école illustre une des dérives de la présente commémoration, comme le montre la plus grosse partie des travaux réalisés par les élèves : la focalisation sur les frontières franco-allemandes et les souffrances endurées du côté français, une approche qui exclut la dimension mondiale, pourtant essentielle, du conflit.(...)

   (...) Plus grave, cette vision singulièrement réductrice de l’événement se trouve encore renforcée par ce qui se dévoile au fil des mois comme étant l’un des marqueurs idéologiques du centenaire, notamment en milieu scolaire, qui se voit assigner comme mission de faire naître chez l’élève une émotion, un sentiment d’effroi ou de compassion, qui, espère-t-on, le dissuadera d’aller voir plus loin, par exemple en cherchant à comprendre l’événement. Laurent Wirth est à cet égard très explicite lorsqu’il affirme : « L’élève devient acteur : il est obligé d’entrer dans la peau d’un soldat ou d’un protagoniste. »

   Et pour arriver à cette fin, tous les moyens sont bons, les activités imposées aux élèves privilégiant un nombre limité de sources – photos des combattants, monuments aux morts, inévitables uniformes – dont la valeur pédagogique ne saute pas aux yeux et l’intérêt historique pas davantage. Et Laurent Wirth de s’enthousiasmer pourtant sur les horizons que ces travaux ouvrent aux élèves avec les questionnements dont chacun mesurera la portée :

   « Que représente le numéro sur le col de l’uniforme ? […] pourquoi la liste des monuments aux morts comprend-elle 25 noms et celle de l’église 23 ? […] pourquoi tel cratère à tel endroit du paysage ? » Si, après toutes ces « bonnes questions » (sic), les élèves n’ont pas compris ce que fut la Première Guerre mondiale, c’est à désespérer des commémorations…

   Mais les bonnes questions, précisément, celles qui, en toute logique, devraient se trouver au cœur des préoccupations éducatives, brillent par leur absence. Que l’histoire sociale ait été délibérément écartée, jugée peu digne de mémoire, a déjà été relevé par les historiens : les élèves ne sont rien censés savoir des rapports de domination qui s’exercent dans la société du début du XXe siècle, de la surreprésentation des ouvriers et des paysans dans les tranchées, de la soumission aux autorités, pas davantage que de l’intérêt criminel des industriels de l’armement à faire se prolonger la guerre.

   Tout un pan de l’histoire du conflit se trouve ainsi gommé de la commémoration au profit d’une prétendue « culture de guerre », très hypothétique élément de langage mis à la mode notamment à l’Historial de Péronne et qui prétend, par sa seule affirmation, fournir l’explication de la mort de millions de combattants : si tant de jeunes sont morts pendant la guerre, c’est qu’ils y ont librement consenti. Puisqu’on vous le dit… (...)

   (...) Restera sans doute, dans les annales de la désinformation historique, l’invraisemblable commémoration de la bataille de la Marne, le 12 septembre dernier, au cours de laquelle le chef du gouvernement et l’Education nationale ont rivalisé dans le registre cocardier et le bourrage de crâne, malheureusement par élèves interposés.

   Après l’hommage d’un comique involontaire rendu par Manuel Valls au « génie français lancé dans la bataille sabre au clair » rappelant que « la France est un grand pays, reste un grand pays et un grand pays ne renonce jamais », des collégiens de troisième ont été mis à contribution – c’est nettement moins drôle – avec la lecture d’un texte qu’ils sont censés avoir eux-mêmes rédigé, ce qu’on leur pardonnerait volontiers vu leur jeune âge, mais qui est bien plus probablement inspiré par un de leurs maîtres qui, lui, n’a aucune excuse à se laisser aller à de telles âneries :

   « Nous, élèves de collège, souhaitons rendre hommage aux hommes et femmes de France qui ont participé à cet événement. […] Aujourd’hui, nous voyons vraiment ces hommes, ces femmes qui ont donné leur vie pour nous et pour la France. Nous voulons leur dire merci ! Merci pour leur courage, leur engagement, leur sacrifice. Mais une question nous hante : en serions-nous capables ? »

   Même si l’on se rassure à l’idée que des jeunes de 14 ans ne sont, de toute évidence, pas «hantés » par ce genre de préoccupation, le fait que de telles paroles puissent être mises dans la bouche de jeunes élèves montre à quel point la commémoration de la guerre passe à côté de ce qui aurait pu, à la rigueur, lui accorder une forme de légitimité : sa mission éducative.

   Si l’histoire enseignée a une justification, c’est bien parce qu’elle permet de donner du sens à un événement du passé en le replaçant dans son contexte, ce qui est d’ailleurs l’objet des cours d’histoire qui mettent en avant l’origine, les causes d’une guerre, qui ne tombe jamais du ciel par hasard. Non seulement ce n’est pas le cas ici mais en outre les initiateurs du centenaire semblent s’ingénier à légitimer aux yeux des générations actuelles tous les dérèglements intellectuels et moraux qui ont conduit au carnage de 1914 -1918 et qui ont pour nom nationalisme et esprit de violence.

   Alors, comme cette commémoration n’en est qu’à ses débuts, on se dit que les enseignants devraient revenir à leurs fondamentaux – enseigner l’histoire – plutôt que de se laisser aller pendant quatre ans à cette mise en scène morbide d’un passé manipulé. (...)


+++

(Depuis quelques temps, en raison de la crise,
mon patron avait une drôle de tête)



+++
Luc Desle

jeudi 18 septembre 2014

"L'enfant-souris ne jouait jamais à chat perché". Jacques Damboise in "Pensées à contre-pet".

@@@
Pensées pour nous-mêmes:

(LE MAÎTRE EST-IL 
LE MAÎTRE DU MAÎTRE?)

@@@

(Baboubaba, la jolie biche, était dans le vent)



@@@

"Mmmmhhhh....
- Qu'ess-tu dis?
- Mmmmhhhh...
- Toi, tu sais pas parler avec ton chèche.
T'es un mauvais musulman!"



INDE : 

VERS LE GRAND CONFLIT 
HINDOUISTES/ISLAMISTES 

Jean Bonnevey

   Revendiquant depuis près de 20 ans son autorité sur les jihadistes du monde entier, Al Qaïda est en perte de vitesse. Fragilisé par l’émergence de l’EI en Syrie et en Irak, le réseau fondé par Oussama ben Laden tente de revenir en ouvrant un nouveau front.

   Cette nouvelle branche est nommée en anglais « Qaedat al-Jihad in the Indian Subcontinent » (« Al-Qaïda en guerre sainte sur le sous-continent indien »). Elle est déjà active en Afghanistan et au Pakistan, sous l’autorité du Pakistanais Assim Oumar, un Pakistanais lui-même subordonné au mollah Omar, le chef des talibans afghans. La création d'«al-Qaida en guerre sainte sur le sous-continent indien» est le fruit de deux ans de travail, précise al-Zawahiri. Le chef du mouvement islamiste, déclare que la naissance d’Al-Qaïda en Inde est une bonne nouvelle pour les musulmans « de Birmanie, du Bangladesh, de l’Assam, du Gujarat, d’Ahmedabad et du Cachemire » afin de faire face à l’ «injustice » et à l’ »oppression ». Le chef de la nébuleuse islamiste entend mener le combat pour faire renaître un califat sur des terres considérées comme musulmanes par Ayman al-Zawahiri.

   On sait peu de choses sur le chef de la nouvelle branche indienne d'al-Qaida. Assim Oumar lit assurément le pachto, la langue du peuple pachtoune, qui forme l'ossature du mouvement taliban. Mais il parle et écrit surtout en ourdou, langue nationale du Pakistan, qui se rapproche de l'hindi indien. Turban de charbon enroulé autour de la tête, barbe hirsute, Assim Oumar apparaît dans des vidéos de propagande diffusées notamment par al-Qaida. «Pourquoi les musulmans de l'Inde sont-ils totalement absents du jihad», s'interrogeait-il l'an dernier dans une vidéo en ourdou diffusée sur internet par Al-Qaida. Il appelait les jeunes musulmans indiens à faire preuve «d'honneur» et de «zèle» afin que l'Inde soit dirigée à nouveau par sa minorité musulmane et non sa majorité hindoue. 

   «Ne forcez pas les infidèles à prononcer la profession de foi... C'est à eux de décider s'ils veulent devenir musulmans ou continuer à pratiquer leur ancienne religion. Mais puisque cette planète est celle d'Allah, il est nécessaire d'y établir le système d'Allah», disait-il en ourdou. Ses allocutions sont truffées de références à l'empire moghol, musulman, qui a régné sur l'Inde du 16ème à la moitié du 19e siècle, et au califat ottoman. Il appelle ainsi à un «renouveau» islamique en Inde, au moment où les djihadistes prennent le contrôle des régions entières de l'Irak et de la Syrie.

   Par cette déclaration, Al Qaïda remobilise ses forces, alors que l’Etat Islamique, qui a crée un califat avant elle, ne cesse de multiplier les actions et s’est sérieusement implanté en Irak, territoire de création d’Al Qaïda par Abou Moussab al Zarkaoui, tué par les forces américaines en 2006. Suite à la diffusion de la vidéo, les services de renseignement indiens ont demandé aux gouvernements provinciaux de plusieurs Etats de se placer en état d'alerte.

   «Nous prenons le sujet très au sérieux. De telles menaces ne peuvent être ignorées», a déclaré à l’AFP une source des services de renseignement indiens. «Nous avons demandé aux Etats, en particulier au Gujarat, au Madhya Pradesh, à l’Uttar Pradesh et au Bihar, de se mettre en état d’alerte». Déjà actif en Afghanistan et au Pakistan, Al-Qaïda revendique depuis longtemps avoir autorité sur les jihadistes qui luttent pour rétablir un califat sur les terres considérées comme musulmanes.

   «C’est un coup publicitaire qui montre un certain désespoir, car l’EI est désormais la vraie menace mondiale», estime Ajit Kumar Singh, du groupe de réflexion Institute of Conflict Management, dont le siège est à New Delhi. «C’est une bataille pour la suprématie entre Al-Qaïda et l’EI». Parmi les Etats cités dans la vidéo par Ayman al-Zawahiri, le Cachemire, seul Etat indien en majorité musulman, est depuis longtemps en proie à un mouvement séparatiste, mais les représentants de ce dernier soulignent que la nébuleuse jihadiste ne joue aucun rôle sur ce territoire.


@@@

(D'après des scientifiques intègres,
les ondes des appareils du quotidien
n'avaient aucune incidence sur la santé)



@@@
Luc Desle

jeudi 21 août 2014

"Il buvait pour cesser de manger". Jacques Damboise in "Pensées à contre-pet".

***
Pensées pour nous-mêmes:

(NE BOIS PAS LA PAROLE
DU SAGE, VIS-LA)

***
"J'aime le Bleu, le Bleu, le Bleeeeuuuu...
- Ahem..."



***
"Mes serviettes de bain
portent toutes ma fierté nationale"



linternaute.com

ALLEMAGNE—ROYAUME-UNI

La guerre des serviettes est déclarée

PAUL GRISOT ET CAROLIN LOHRENZ
COURRIER INTERNATIONAL
   (...) Les "squatteurs de chaises longues" ne sont pas ceux que l'on croit. Alors que les Allemands ont la fâcheuse réputation (surtout chez les Britanniques) d'occuper un peu trop les transats dans les clubs de vacances, en arrivant tôt pour les prendre, le tabloïd d'outre-Rhin Bild a mené l'enquête. Son observation est sans appel : "Les vrais squatteurs de chaises longues, ce sont les Anglais !"

   Pour parvenir à cette affirmation, Bild, investi depuis des décennies dans la couverture de terrain de "la guerre des serviettes", a examiné deux photos aériennes prises au-dessus de la piscine d'un club de vacances de la Costa Brava, en Espagne. Le premier cliché a été pris à 7 h 36, et l'on voit qu'aucun des transats n'est occupé. Le second, en revanche, montre que deux heures plus tard chaque siège est occupé par une serviette. Et au moins trois de ces serviettes sont clairement identifiées par le tabloïd comme appartenant à des Anglais (elles comportent soit la croix de Saint-Georges, soit le drapeau (britannique) de l'Union Jack. Conclusion de Bild : "Nous l'avons toujours su : les véritables voleurs de transats, ce sont les Anglais !" 

   Une enquête "à haute teneur scientifique", ironise le quotidien britannique The Independent, qui rappelle que les Allemands, dans l'esprit des sujets de Sa Majesté, "sont une nation de gros bras des transats de piscine", et que les vacanciers anglais ne rigolent qu'à moitié quand ils disent devoir "se lever aux aurores s'ils veulent battre les très efficaces Allemands et leurs serviettes territoriales pour accéder aux lits dorés". 

   Le quotidien britannique relève aussi que Bild accuse les Anglais de souffrir du "syndrome du prince Harry", "le besoin compulsif de se déshabiller" – en référence aux clichés du jeune prince anglais pris lors d'une soirée à Las Vegas pendant l'été 2012. The Independent regrette également que le tabloïd allemand accuse les vacanciers anglais d'être "saouls, stupides, couverts de coups de soleil, gros et affublés de tatouages moches".

   Pour revenir à la question des serviettes, les Anglais ne sont pas les seuls montrés du doigt. Bild, dans un souci d'enquête de terrain qui lui est propre, "a parlé avec les squatteurs". Témoignage de Julie, mère britannique de deux enfants : "Hier, il y avait tout un cinéma au bord de la piscine. On rapporte que des Allemands ont enlevé des serviettes pour bloquer les transats avec les leurs. Mais ce n'étaient pas des Allemands. C'étaient des Français..." (...)


***
Benoît Barvin

lundi 28 juillet 2014

"C'est à pas cadencés que les robots poètes filent faire la fête afin de se beurrer". Jacques Damboise in "Pensées poétics".

+++
Pensées pour nous-mêmes:

(UN GRAIN DE RIZ 
EST LE DÉBUT DE TA FORTUNE)

+++

(Cette Blonde foulait aux pieds la Littérature,
la Vilaine...)



+++




MOYEN-ORIENT

Le Kurdistan prépare son indépendance

BEN VAN HEUVELEN
THE WASHINGTON POST

   Les forces militaires du Kurdistan, connues sous le nom de peshmergas (“ceux qui bravent la mort”), ont repris la plupart des positions abandonnées par l’armée nationale dans le nord du pays, élargissant ainsi nettement la zone sous contrôle kurde. 

   Les Kurdes viennent également de franchir une étape importante vers l’indépendance économique en renforçant leur partenariat stratégique avec le gouvernement turc. Fin mai, ils ont commencé à exporter du pétrole grâce à un oléoduc traversant la Turquie, dont les recettes devraient atterrir sur un compte bancaire détenu par les Kurdes, et non dans les caisses du Trésor irakien. 

   Depuis le début de l’année, le Premier ministre irakien, Nouri Al-Maliki, a répliqué aux ambitions pétrolières kurdes en supprimant la dotation mensuelle de la région prélevée sur le budget national. L’Etat irakien a également déposé une demande d’arbitrage international à l’encontre de la Turquie pour avoir favorisé ces exportations, considérées par Bagdad comme de la contrebande, et a menacé de poursuivre en justice quiconque se porterait acquéreur de ce pétrole. 

   Dans un tel climat de tension, Arbil, la capitale du Kurdistan, n’a aucune envie d’apporter un soutien militaire, de quelque nature qu’il soit, à Maliki.“L’Etat irakien prend les Kurdes en otages et il serait déraisonnable de sa part d’attendre que ceux-ci lui viennent en aide au vu des circonstances sans accéder à certaines de leurs requêtes”, analyse un conseiller de l’Etat kurde qui préfère garder l’anonymat. Les peshmergas affirment qu’ils n’ont pas essayé d’évincer l’Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL) des territoires dont ils ont pris le contrôle. 

   “Dans la plupart des régions, on les laisse tranquille et eux aussi nous laissent tranquilles – ainsi que les civils”, assure le général de corps d’armée Shaukur Zibari, un des chefs peshmergas. Plusieurs années durant, les Etats-Unis ont essayé de négocier des accords visant à rapprocher Erbil et Bagdad, mais ces efforts ont été vains, les deux camps ayant des visions diamétralement opposées de l’avenir du pays. Alors que Maliki a plaidé en faveur d’un contrôle centralisé – notamment sur les ressources pétrolières, qui représentent 95 % des recettes de l’Etat –, les Kurdes ont exigé que la Constitution leur accorde une autonomie quasi totale. (...)

   (...) Le climat est devenu tellement tendu ces derniers temps que des chefs de file kurdes ont laissé entendre que, faute de concessions de la part de Maliki, ils organiseraient un référendum sur l’indépendance – lequel verrait à coup sûr une victoire du “oui” dans un contexte de regain du nationalisme kurde. Les tensions ont également été aggravées par les différends territoriaux. 

   Après la chute du régime de Saddam Hussein, qui avait orchestré des campagnes d’épuration ethnique, plusieurs groupes ethniques ont revendiqué une bande de terre qui s’étend à travers le pays, profitant du non-règlement de la question de la frontière officielle entre le Kurdistan et l’Irak fédéral. L’épicentre symbolique de ces querelles est la ville pétrolière de Kirkouk, que certains ont baptisée la “Jérusalem des Kurdes”. 

   Le 10 juin, après le départ de l’armée nationale, des drapeaux kurdes ont été hissés à la place des drapeaux irakiens, et Jabbar Yawar [porte-parole des peshmergas] a déclaré que les forces kurdes “[contrôlaient] désormais la ville de Kirkouk et sa région”. Des responsables kurdes ont fait savoir que même les sites pétroliers de l’Etat irakien étaient désormais sous la garde des troupes kurdes. 

    (...) A l’heure où ils tentent de consolider leur territoire, les Kurdes, qui n’ont pas d’accès à la mer, ont besoin d’un poumon économique, et se sont pour cela tournés vers la Turquie. L’empressement de la Turquie à faciliter cette autonomie marque un revirement spectaculaire de la part du Premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, dont l’administration s’est inquiétée autrefois d’un Kurdistan irakien indépendant qui risquait de donner des idées à la minorité kurde de Turquie. Erdogan s’est finalement laissé convaincre, au vu des convergences d’intérêts, et notamment de la demande énergétique croissante de la Turquie. En outre, le Kurdistan irakien sert aujourd’hui de zone tampon entre la Turquie et le Sud, où règne l’anarchie, dans un contexte de montée en puissance de l’EIIL.

Repères: 

   Le Kurdistan d’Irak est autonome depuis les années 1990. Ce statut s’est renforcé dans l’Etat irakien fédéral mis en place après la chute de Saddam Hussein, en 2003. La région possède son propre gouvernement et ses propres institutions. Elle a connu en une décennie un développement économique rapide, notamment en raison de sa stabilité et de sa sécurité en comparaison du reste de l’Irak. 

   La zone pétrolifère de Kirkouk, très disputée, a été récupérée par les peshmergas (l’armée kurde) après la déroute de l’armée irakienne. Environ 5 millions de Kurdes vivent dans cette région, sur les 28 millions de Kurdes disséminés sur quatre pays (Irak, Iran, Turquie, Syrie). Des milliers d’Irakiens cherchent refuge dans la région autonome depuis le début de l’offensive des djihadistes de l’EEIL .


+++

(La Fille qui fumait trop finit en fumée)



+++
Benoît Barvin

samedi 26 juillet 2014

"Cette Blonde n'écoutait personne, même pas son cerveau quand elle avait à parler". Jacques Damboise in "Pensées coïncidentes".

¤¤¤
Pensées pour nous-mêmes:

(LA SAGESSE SE TROUVE-T-ELLE
SOUS LA SEMELLE D'UN POLITICIEN?)

¤¤¤

(Sans paroles)



Platform Shoes, 1972

¤¤¤

"Mais non, je ne te torture pas.
Je t'apprends à hurler sans
faire de bruit"


Hostel

En choisissant les bons mots pour la dire, 
la guerre est beaucoup plus acceptable.

Jacques-Marie BOURGET

   (...) Les mots en guerre, je veux dire les mots que les médias utilisent pour parler de la guerre, perdent leur sens au premier coup de canon. La poudre met le feu aux dictionnaires et ce qui voulait dire noir signifie blanc. En ces heures les journalistes ont deux champs d’exercice pour leur sémantique, celui d’Ukraine où Poutine est « Hitler » et Svoboda « Gandhi », celui d’Israël où la politesse due à « un pays ami » a réussi à faire passer la langue militaire pour la vérité à répéter.

   Un exercice pratique, pris au hasard, mais qui est un échantillon de cet infini. Dimanche soir, le 20 juillet à 22 heures, face à la chaine I Télé, j’apprends que des combattants, forcément du « Hamas », ont « enlevé » un soldat de Benjamin Netanyahou. Sur le plateau ils sont trois estampillés journalistes, et qui se renvoient cette information comme une boule de billard électrique. Si, pour l’un, le militaire a été « enlevé », pour un autre il a été « kidnappé ». En passant je signale que, par essence, ce mot qui contient « kid », ne peut être utilisé que lors de l’enlèvement d’un enfant. Le mieux est à venir, une jeune consœur évoque un «otage». 

   Ca y est ! Nous sommes dans un schéma connu, celui du soldat Shalit, capturé les armes à la main mais néanmoins « otage » pour la France. Pour une journaliste d’I Télé, un soldat qui fait la guerre et se fait prendre, n’est donc pas un « prisonnier ». Mais un « otage » victime d’un « rapt », d’un « enlèvement » comme jadis le malheureux baron Empain. Voyez que les rails de la SNCF ne sont pas seuls à être dévoyés: les mots déraillent aussi. Téléspectateurs et auditeurs vigilants, il y a longtemps que vous savez que l’armée Israélienne n’existe pas. Dans les hauts parleurs n’existe que « Tsahal », ce qui veut dire « Armée de Défense ». Un petit nom gentil qui fait que le missile est moins cruel quand il tombe. « Tsahal » ça fait nom de fleur, ou nom de gâteau, en tout cas un nom qui ne fait aucun mal.

   Vous me direz que rien n’oblige un citoyen à regarder les infos à la télé. C’est vrai et Internet lui est préférable. Mais lundi à 13 sur France 2, me voilà face à un autre confrère posté en Israël. Il ne risque qu’un coup de soleil mais porte quand même un gilet pare balles floqué d’un logo « Press ». Dans son cas il est préférable que son occupation professionnelle soit indiquée tant ses propos inspirent le doute sur le métier. Ce reporter nous dit « Tsahal a encore du travail, beaucoup de travail pour boucher des dizaines de tunnels ». Car il le sait, lui avec son calicot « Press » collé sur la poitrine, le travail que « Tsahal » « doit » accomplir. Il en connait la raison et l’utilité. Et il la justifie sans ciller.

   Pour reprendre les chapitres précédents de cette tragédie récurrente, vous savez qu’en Cisjordanie il n’existe rien qui partage la Palestine d’Israël, rien sauf un mur (déclaré illégal par l’ONU). Une honte en béton que nos pudiques confrères en panne de mots baptisent « mur de séparation ». Détail qui change tout et fait penser à votre voisin de campagne qui a clôt pour que son chien ne s’échappe pas. Aussi, si les Palestiniens existent, la Palestine n’existe pas. Les bouches médiatiques ne parlent que de « Territoires ». Ignorant même la déclaration Balfour, elles pensent que la Palestine n’est qu’une invention d’Arafat. 

   Et quand, pour se calmer les nerfs, un soldat israélien pénètre à Gaza (acte inutile en Cisjordanie occupée où il est partout chez lui), il ne pratique pas un raid ou une invasion mais une « incursion », ce qui est beaucoup plus courtois. Par ailleurs, on se demande comment les bombes, obus et missiles peuvent provoquer autant de morts à Gaza puisqu’il s’agit de « frappes », mieux de « frappes ciblées ». La « frappe », c’est comme Messi tirant au but, nous sommes au Brésil et le Mondial continue. Il n’y a pas de mal à « frapper », comme une gifle donnée à l’enfant. Quand il y a des morts -ça arrive- il ne faut pas en faire un plat, c’est un « dégât collatéral », on ne fait pas d’omelette sans casser l’œuf palestinien.. Et pensez-donc, si la « frappe » est « chirurgicale », elle ne peut faire que du bien, le bistouri ne détruit-il pas le cancer ?

   Pour être honnête, « Tsahal » n’est pas seule à avoir travaillé cette forme de langue blindée. Depuis que les guerres n’existent plus et qu’elles sont remplacées par des « opérations de défense », des « guerres humanitaires », ou « d’ingérence », la langue s’est mise au pas. Comme « Tsahal », les légionnaires de Serval, au Mali, ne font que le bien autour d’eux à coups de « frappes » et « d’incursion ». Seule bavure, parfois dans la bouche du ministre de la Guerre Le Drian, on parle de « nettoyage » et de gens « abattus ». Il ne faut pas lui en tenir rigueur de ces mots culotte de peau, cet homme est un produit de la SFIO, elle même nourrie des vraies valeurs, celles de la chasse aux fellaghas.

   Il est utile de remarquer que la traque des mots, dès qu’on parle du « conflit israélo-palestinien » (surtout pas de la colonisation), est un travail constant des censeurs. Ainsi, depuis Gaza, pour avoir décrit ce qu’ils voyaient, c’est-à-dire la mort massive, deux confrères américains ont été mutés. L’un de ces crétins, incapables d’apprendre le bon lexique de guerre, est une journaliste de CNN, vite déplacée à Moscou, l’autre un grand reporter de NBC rappelé à Chicago. L’important est de savoir qu’en choisissant les bons mots pour la dire, la guerre est beaucoup plus acceptable.


¤¤¤
Luc Desle

samedi 28 juin 2014

"Quand ce trader fou devint raisonnable, on l'arrêta". Benoît Barvin in "Pensées pensées".

+++
Pensées pour nous-mêmes:

(LE DISCIPLE DU MAÎTRE
NE PORTE PAS DE COLLIER)

+++

(Le lapin d'Alice était dans cette boîte,
incognito)



+++

(Escadrons de la mort états-z'uniens

se préparant à partir en Afrique)



Afrique :
les États-Unis forment
des escadrons de la mort 

(Black Agenda Report)
Glen FORD

   (...) Militairement, l’Afrique est en train de devenir un continent étasunien. Barack Obama, qui a été le président de tous sauf la première année d’existence de l’AFRICOM, a réussi à intégrer des unités de combat étasuniennes, des bases, à renforcer certains régimes, à équiper et financer les structures militaires de tous les pays africains hormis pour une poignée de pays résistants.

   Le grand rêve panafricaniste et ancien du président ghanéen Kwame Nkrumah d’une Afrique unie militairement n’a pas été réalisé – face aux appétits des Etatsuniens et des Européens. Sous couvert d’une intervention « humanitaire », Obama a considérablement élargi les projets d’expansion de Bill Clinton et de George Bush en Afrique, de sorte que seulement quelques taches sur la carte de l’Afrique restent en dehors de la sphère des opérations de Washington. L’Érythrée et le Zimbabwe sont les exceptions notables – et, par conséquent, les cibles futures.

   L’Afrique est un territoire occupé. L’Union africaine ne prétend même pas être responsable de ses propres missions de maintien de la paix, qui sont devenues en fait des occasions pour les forces armées africaines de se faire payer pour faire le travail de l’Occident. La Chine et le Brésil peuvent recueillir la part substantielle du commerce avec l’Afrique, mais les hommes disposant des armes à feu sont fidèles à l’AFRICOM – le papa gâteau pour la classe militaire africaine. Les troupes étatsuniennes dorment maintenant dans les casernes africaines. Elles sont les frères d’armes des officiers africains et peuvent déterminer les futurs présidents africains.

   Le rythme de la pénétration étatsunienne de l’Afrique de l’Ouest s’est accéléré de façon spectaculaire depuis 2011, quand Obama (Sarkozy et Cameron, ndt) a liquidé le gouvernement libyen de Mouammar Kadhafi, installant un flux de jihadistes et d’armes vers la Syrie et vers le Sud pour déstabiliser les nations du Sahel. Un chaos s’en est suivi – un beau chaos diriez-vous si vous étiez un planificateur militaire des États-Unis à la recherche d’une justification pour des missions de plus en plus importantes. L’agression de l’OTAN contre la Libye a engendré le chaos dans la sous-région subsaharienne qui a justifié l’occupation française et étatsunienne du Mali et du Niger. 

   Les djihadistes d’Afrique du Nord hyperactifs, renforcés par les bombes étatsuniennes (cf. ce qui s’est passé en Libye, ndt), des armes et de l’argent, forment et équipent leurs frères du continent, y compris les éléments de Boko Haram au Nigeria. Les guerriers islamiques de langue yoruba ont légué à l’AFRICOM un cadeau inestimable : près de 300 écolières nécessitant d’être délivrées, prétexte parfait pour une intervention « humanitaire ».(...)


   Les chefs d’Etat du Nigeria, du Tchad, du Niger, du Bénin et du Cameroun ont été convoqués à Paris (prétendant que c’était leur idée) où ils ont déclaré la “guerre totale ” à Boko Haram (...)

   (...) ” Bien sûr, les cinq Etats africains n’ont ni l’argent, ni la formation, ni l’équipement, ni la capacité de collecte de renseignements pour un tel plan. Ce sera un plan euro-étatsunien pour la défense et la sécurité de l’Afrique de l’Ouest – contre d’autres Africains. Immédiatement, les États-Unis ont envoyé 80 soldats au Tchad (pays qui sur le plan militaire a longtemps été un état mercenaire au service de la France) pour ouvrir une nouvelle base de drones, afin de renforcer le parc de drones étatsuniens existants déjà au Niger, au Burkina Faso, en Ethiopie, en Somalie, aux Seychelles, à Djibouti (où il existe une énorme base française et étatsunienne), et les sites de la CIA qui ne doivent pas être divulgués.

   Le nouveau groupe de sécurité en Afrique de l’Ouest est devenue une réplique de l’OTAN, une annexe visant à être façonnée par les planificateurs militaires impérialistes pour affronter les ennemis choisis par Washington et Paris. Quel formidable élan humanitaro-militaire ! Les filles sont absentes depuis un mois, et pourraient ne pas être secourues vivantes, mais cinq pays africains voisins – l’un d’eux étant la plus grande économie du continent – ont déjà été embrigadés dans une alliance militaire dominée par l’OTAN avec d’autres Etats africains subordonnés.

   Il est vite apparu que l’AFRICOM avait déjà une relation spéciale avec l’armée nigériane qui n’a été annoncée qu’après l’enlèvement des écolières. AFRICOM va former un bataillon de Rangers du Nigeria dans la contre-insurrection guerrière, ce sera la première fois que ce commandement étatsunien fournira une formation « intégrale » aux Africains à une telle échelle.

   Avec le public étatsunien embrigadé dans l’esprit interventionniste de l’opération “Save our girls”, les opérations secrètes sont soudainement devenues publiques. Le New York Times révèle que les Etats-Unis ont organisé un programme secret pour former des bataillons de lutte contre le terrorisme pour le Niger et la Mauritanie. Les forces spéciales des Bérets verts et les tueurs de la Delta Force instruisent des commandos triés sur le volet dans la contre-insurrection au Mali. Une source du Times, laisse clairement entendre que les opérations secrètes sont conçues pour recouvrir la région d’escadrons de la mort formés par les Etats-Unis. 

   Michael Sheehan était jusqu’à l’année dernière responsable des opérations spéciales au Pentagone – Death Squads Central (Centrale des escadrons de la mort) – où il a poussé à plus de formateurs pour des Opérations Spéciales pour les armées africaines. Sheehan détient désormais la “présidence prestigieuse” de la West Point’s Combating Terrorism Center (du Centre de West Point de Lutte contre le Terrorisme). Dans les années 1980, il était le commandant des forces spéciales de l’Amérique latine – ce qui signifiait en langage à peine codé : escadrons de la mort. (...)

   (...) Les Forces spéciales de l’armée des États-Unis ont toujours été des tueurs politiques, fonctionnant le plus souvent avec la CIA. Le Phoenix Program, au Vietnam, qui a tué entre 26 000 et 41 000 personnes et torturé beaucoup d’autres, était un crime de guerre de la CIA allié aux forces spéciales. De 1975 jusque dans les années 80, la CIA et ses forces spéciales ont apporté un soutien technique et des armes à des tueurs pour l’Opération Condor, les escadrons de la mort dirigés par un consortium de juntes militaires en Argentine, au Chili, en Uruguay, au Paraguay, en Bolivie et au Brésil, probablement responsable de 60 000 meurtres. Sheehan a probablement été impliqué dans l’Operation Condor et sa composante d’Amérique centrale, l’Opération Charly, et depuis a perfectionné l’art des assassinats politiques. S’il est chanceux et se sent justifié par les événements en Afrique, alors les escadrons de la mort formés par les Etats-Unis sont sur le point de proliférer dans cette partie du monde.

   Il n’y a pas de doute qu’Obama apprécie les Opérations Spéciales, car ces opérations de petites unités de meurtriers dirigés par des tueurs professionnels intervenant de nuit ne s’apparentent par à une guerre – et peuvent, si nécessaire, être imputées à d’autres “terroristes”. Cependant, l’histoire – l’histoire récente – prouve que les États-Unis peuvent parvenir à leurs fins avec des carnages de grande ampleur (et sans limites) en Afrique. En 2006, l’invasion de l’Ethiopie par la Somalie, soutenue par les forces étatsuniennes au sol, dans les airs et par la mer, a donné lieu à l’époque à “la pire crise humanitaire en Afrique”, “pire que le Darfour”, selon les observateurs de l’ONU, avec des centaines de milliers de morts. Les États-Unis ont alors refusé l’aide alimentaire pour affamer les combattants somaliens Shabaab, conduisant à une perte encore plus catastrophique de vies humaines. Mais, la plupart des Etatsuniens ne sont pas conscients de ces crimes contre l’humanité à l’encontre des Africains (“crimes again Black Humanity”).

   Les alliés éthiopiens des Etats-Unis ont commis un génocide contre l’ethnie Somali dans la région de l’Ogaden en toute impunité et ont interdit aux médias internationaux l’accès de la région. Les Présidents Clinton, Bush et Obama – chacun d’entre eux aidés par Susan Rice – ont collectivement tué six millions de Congolais depuis 1996. Le plus grand génocide depuis la Seconde Guerre mondiale a été le résultat prémédité du chaos délibérément imposé par les Etats-Unis au Congo (RDC, ndt) riche en minéraux et par ses sbires du Rwanda et de l’Ouganda voisin. Paul Kagame, l’actuel leader du Rwanda, a abattu un avion avec deux présidents à bord en 1994, déclenchant les massacres qui ont amené Kagame au pouvoir et envoyé par la suite le Congo voisin sur la route de l’enfer. Les Etats-Unis célèbrent Kagame comme un héros, bien que le dictateur tribal Tutsi envoie des escadrons de la mort partout dans le monde pour étouffer ceux qui s’opposent à lui. (...)

   (...) Le Président ougandais Yoweri Museveni, un ami des États-Unis depuis l’époque de Ronald Reagan, a commis des actes de génocide contre ses rivaux de la tribu Acholi, les jetant dans des camps de concentration. Joseph Kony a été l’un de ces Acholi, qui apparemment est devenu fou. Depuis des années, Kony n’est plus une menace pour l’Ouganda ou pour tout autre pays de la région, mais le président Obama a utilisé une prétendue observation d’une hypothétique présence de bribes de son Armée de Résistance du Seigneur en RDC pour envoyer 100 Bérets verts en République démocratique du Congo, en Ouganda, au Rwanda, en République centrafricaine et au Soudan du Sud. Le mois dernier, Obama a envoyé 150 soldats et plus de quatre avions pour l’Afrique centrale, affirmant à nouveau que Kony se cachait quelque part.

   En fait, les troupes étatsuniennes ont été déployées près du sud Soudan, que les États-Unis, la Grande-Bretagne et Israël ont déstabilisé depuis des décennies dans le but de diviser la nation du Soudan. Le Soudan du Sud est devenu indépendant, mais il est resté instable et est loin d’être une nation, il s’agit plutôt d’un endroit riche en pétrole convoité par les États-Unis. Des dizaines de milliers d’autres personnes sont certains de mourir en combattant dans le Soudan du Sud, mais peu d’Etatsuniens blâmeront leur propre pays.

   Comme le montre le carnage au Congo, des populations entières peuvent être rayées de la carte en Afrique sans que la plupart des gens en Occident s’en aperçoivent. Les escadrons de la mort entraînés par les Etats-Unis au Nigeria, au Niger, en Mauritanie et au Mali, et ceux qui traqueront bientôt les victimes au Cameroun et au Bénin, ne se limiteront pas à la chasse à Boko Haram. Les escadrons de la mort sont, par définition, déstabilisant ; ils empoisonnent l’environnement politique et social au-delà de toute limite, comme l’Amérique centrale des années 80 peut en témoigner.

   Pourtant, c’est la méthode de conquête préférée de l’impérialisme étatsunien dans le monde non-blanc. C’est ce que les Etatsuniens font réellement, quand les gens demandent à ce qu’ils “fassent quelque chose”.


Traduction : Le blog de SLT

+++
Benoît Barvin

jeudi 19 juin 2014

"Déguisé en mouton, ce loup se mit à bêler tristement". Benoît Barvin in "Pensées pensées".

£££
Pensées pour nous-mêmes:

(TU N'AS PAS BESOIN DE BONS POINTS
POUR AVANCER DANS LA VIE)

£££

"Oui, oui, ces horribles chapeaux sont

des créations originales qui...
- Comment ça, horribles?!"



£££


DavidP tagged ...

IRAK
Blair justifie 
encore une fois la guerre




   (...) A la suite de l'avancée des troupes de l'Etat islamique en Irak et au Levant (Eiil) en Irak qui a ranimé le débat sur le bien-fondé de l'invasion du pays en 2003, Tony Blair maintient que celle-ci était justifiée.

   Dans un essai controversé, publié sur son site web et repris dans plusieurs journaux, l'ancien Premier ministre estime qu'"il faut que nous nous libérions de l’idée que c’est 'nous' qui avons causé ceci [la situation actuelle en Irak]. C’est faux. [...] La cause fondamentale de la crise est liée au sein de la région, non pas à l’extérieur." Blair, qui menait l'invasion d'Irak en 2003 aux côtés des Etats-Unis, trouve qu'"il est bizarre d'argumenter que la situation actuelle ne serait pas survenue si nous n'avions pas fait tomber Saddam Hussein". (...)
   (...) Dans son essai, Blair tente de démonter ce qu'il appelle les deux arguments majeurs contre l’invasion de l’Irak en 2003, c’est-à-dire le manque de preuves que Saddam Hussein disposait d’armes de destruction massive et l’idée que l'lrak serait aujourd’hui un pays stable si Saddam Hussein n’était pas tombé. 

   En ce qui concerne le premier argument, Blair estime qu"il aurait été très peu probable" que "Saddam se fût abstenu d’utiliser des armes chimiques" contre les Irakiens, en rappelant qu'il avait utilisé dans les années 1980 des armes chimiques contre les Iraniens et contre sa propre population".

   Quant au deuxième argument, Blair rappelle le "printemps arabe" de 2011, qui selon lui aurait eu des conséquences catastrophiques pour l'Irak. "L'Irak, sous le régime le plus brutal et cynique [de la région], aurait-il été par miracle une oasis de calme ? Le scénario le plus probable, c’est que l’Irak aurait été englouti dans la même éruption [de révoltes]. La réponse la plus probable de Saddam Hussein aurait été de se battre pour maintenir son pouvoir. [...]. Imaginez les conséquences ! De l’autre côté de la frontière [en Syrie], une minorité soutenue par des chiites qui s’accroche au pouvoir en essayant d’arrêter l’insurrection majoritairement sunnite ; en Irak, on aurait vu l’inverse. Le risque aurait été une guerre sectaire totale à travers la région."(...)

   (...) Les propos de Blair ont rencontré de violentes réactions dans son pays. Dans sa chronique publiée dans le Daily Telegraph, le maire de Londres Boris Johnson estime que "Blair devrait la boucler ou au moins accepter la réalité de cette catastrophe qu’il a contribué à générer". Il considère que "l'invasion de l'Irak s'est révélée une erreur tragique" qui réside aussi dans le manque d'engagement des Britanniques et des Américains pour assurer une transition démocratique après la chute du dictateur. Selon Johnson, "la réalité est que, avant l’invasion en 2003 [en Irak] menée par les Etats-Unis, il n’y avait pas de présence d'Al-Qaida dans ce pays, aucune. 

   Certes, Saddam Hussein était un tyran bassiste sans scrupules qui traitait sa population avec une brutalité alarmante. Mais il n'entretenait aucun lien avec les auteurs des attaques du 11 septembre 2001 au World Trade Center, et ne disposait pas d’armes destruction massive." 

   La vérité, c’est que nous avons détruit les institutions d’autorité en Irak sans avoir la moindre idée de ce qui allait suivre [...] Plus de 100 000 Irakiens morts seraient encore vivants [si l'invasion n'avait pas eu lieu]. Quand nous avons voté pour cette guerre – y compris moi –, on l’a fait avec ce qui paraît aujourd’hui une supposition naïve que les gouvernements britannique et américain avaient un projet pour après [...], qu'il y aurait "un projet pour une transition comme ce fut le cas avec l’Allemagne en 1945, où la machinerie basique et essentielle était poursuivie tout en mettant en place un programme de dénazification". (...) 

   (...) Mais si cette invasion en 2003 était "de la folie" et semble avoir été "motivée par l’envie générale de contrôler un des plus grands exportateurs de pétrole dans le monde et de faire tomber Saddam Hussein", Johnson ne plaide pas contre l’interventionnisme. La situation en Irak "ne veut pas dire que toute intervention est toujours, et partout, mauvaise [...] Il serait faux de conclure que parce que nous avions tort en ce qui concerne l’Irak, nous aurions toujours tort de tenter de changer les choses."

   Même son de cloche dans le Daily Mail qui titre : "Le carnage fait honte à Blair". Le général britannique sir Michael Rose réfute l'argumentation de Blair pour exposer sa "fausse logique". Le général regrette que Tony Blair reste "en déni total sur la catastrophe qu'il a infligée non seulement au peuple irakien, mais aussi à des millions d'autres personnes à travers le Moyen-Orient à la suite de l'invasion de 2003 [...] Blair n'assume pas la moindre responsabilité et refuse toujours de s'excuser de nous avoir menés à la guerre."


£££

"Heu... Ça veut dire oui?"




£££
Luc Desle