Bonjour à vous qui, dans le maelström du net, êtes arrivés, par hasard? lassitude? erreur? sur ce blog. Vous êtes les bienvenus. Vous y lirez des extraits d'articles, de pensées, d'interviews, piochés ça et là, et illustrés de photos et dessins détournés, via un humour de bon aloi. Vous pouvez évidemment réagir avec le même humour, la même ironie que nous mettons, chaque jour, à tenter de respirer un peu plus librement dans une société qui se corsète chaque fois un peu plus.
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dimanche 11 janvier 2015

"Le Bourreau rêvait qu'il coupait la tête de milliers d'opposants et il se réveilla en sifflotant joyeusement". Jacques Damboise in "Pensées de peu".

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Pensées pour nous-mêmes:

(MÉFIE-TOI DU PAS DE TROP)

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"Alors, Petit Chaperon Rouge, tu viens?
- J'arriiive..."



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(On lui posa la tête sur cette jolie fraise et elle pria
pour que le vent ne soit pas trop violent)



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(Déjà tout petit, son bébé savait ce qu'il voulait)


© Image courtesy of the artist

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Luz



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Jacques Damboise et Nadine Estrella

vendredi 15 novembre 2013

"Ce crayon sans âme dessinait sans peine des visages sans expression". Jacques Damboise in "Pensées inconvénientes".

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Pensées pour nous-mêmes:

(ORGUEIL ET SUFFISANCE
MANGENT A LA MÊME TABLE)

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Nouveau court récit au long cours (14)

LE LIBÉRÉ
DU
CLUB MAD

   
Rachel a rencontré un natif de la région qui lui parle de la destruction systématique du paysage, ici, en Grèce, pour la plaisir égoïste des vacanciers...



   Leur plaisir s’arrêtera là. Le Club vient de lancer l’animation-bar et les méga-décibels envahissent l’espace. Plus elle se rapproche, plus c’est intenable. Elle se dit que le pêcheur a raison. La folie a envahi l’espace.

   Elle presse le pas. Une main la harponne. Elle reconnaît le Ptiboss.

   - Vous serez contente, mademoiselle Leroy. Des cases se sont libérées. Je vous garantis que là, vous serez tranquille. Ce sera plus confortable que le ponton !

   Rachel se sent prise à défaut et c’est très désagréable. En plus, on est surveillée et on vous le fait savoir. Très désagréable. Mais bon, ce n’est peut-être qu’une tentative d’approche, une fine plaisanterie allusive pour créer la connivence.

   - Bien, merci. Je dois passer au planning ?

   - Pas la peine, la fiche de permutation a été accrochée à votre ancienne case. Il vous suffira de la signer.

   Des gars en débardeur, l’air à peine émergé, l’apostrophent

   - Eh ! Ptiboss ! C’est notre tournée !

   - Le devoir m’appelle, excusez-moi.

   C’est mieux comme ça. Elle n’a aucune envie de discuter plus avant avec ce type même pour mettre les choses au point. Surtout dans ce vacarme !

   Ils sont là les tout juste réveillés, tombés du lit sur le coup des onze heures, attirés par le bar qui, chaque matin, rince la gueule de bois des noctambules à coup d’ouzos et de whiskys bien tassés. Il y a aussi les Cocktails-Corfou capables de réveiller un moribond. Tout de suite après la première gorgée, les plus groggy sont d’attaque pour une nouvelle journée de biture.

   Les plus faibles ne se réveilleront que vers quatorze heures, in extremis pour se rendre au restau, si tant est qu’ils éprouvent l’appétit d’y aller, la langue encore pâteuse, le corps et l’esprit barbouillés.

   Et ce sera ainsi, sept jours durant, sept jours de plane non stop.

   Rachel s’éloigne. Elle monte vers les « Divinités ».En passant devant les toilettes de l’amphithéâtre, elle avise une dame-pipi en train de crocheter un ouvrage arachnéen d’un blanc immaculé, Pénélope des temps modernes ignorante de la pestilence de l’endroit.

   Daniel est dans sa case. Il a trouvé la notice sur sa porte et il finit de remplir son sac, ravi.

   - Finalement, on a du bol, regarde. On nous a installés plus loin et je suis allé essayer. Porte fermée, on n’entend pas du tout la sono.

   - Et nous sommes encore côte à côte ?

   - Oui, figure-toi. Le hasard fait bien les choses une fois de plus.

   - Je ne sais pas si le hasard y fait tant que ça. Le Petit Boss sait que nous avons découché, si je peux dire, et que nous étions ensemble au ponton. Ce n’est pas une affaire d’état mais je le trouve drôlement renseigné.

   - Oui, ça sent le flicage. Je pense depuis le début, qu’il se méfie de moi. Je tâcherai au repas de tester le bonhomme et de le rassurer, que ça en reste là.

   - Bon, je vais rassembler mes affaires et je vous suis. Au fait, je vois que vous avez retrouvé vos médicaments.

   - Oui, ce sont ces fioles, mais ça ne te dira rien car ce sont des préparations magistrales codées par des numéros.

   - Je ne connais pas du tout ce genre de traitement. C’est une médecine parallèle certainement. Vous ne vous souvenez pas du tout de cela ?

   - Non, le vide total. Et pourtant, je me sens hyper clair d’esprit

   - Bah !, n’en parlons plus. Puisqu’il n’y a pas de problème, pourquoi en chercher. A tout de suite.

(A Suivre)

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"On tire à la courte paille pour savoir
laquelle l'émascule en premier?"


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"Oh Mon Dieu! 

Les terribles tortues nazies nous attaquent!"


LES FURIES D'HITLER, 
CES FEMMES NAZIES 
AUSSI CRUELLES QUE LES HOMMES

 Laszlo Perelstein

   (...) Qui aujourd’hui a entendu parler des furies d’Hitler? Presque oubliées par l'histoire, ces femmes nazies doivent être prises très au sérieux et ne pas être considérées comme des anomalies. «Ce n’était aucunement des sociopathes marginales», avertit Wendy Lower, auteure du livre Hitler’s Furies: German women in the nazi killing fields (Les furies d’Hitler: les femmes allemandes sur les champs de tuerie nazis) dans un article pour le Daily Beast.

   Bien que les exemples documentés de mise à mort directe ne soient pas nombreux, comme leur pendant masculin, elles croyaient en la justesse de leur cause. Tuer reflétait dans leur esprit l’expression même de la loyauté. 

   Dans son livre, Wendy Lower relate notamment un «épisode» survenu le 16 septembre 1942 dans la ville de Volodymyr-Volynskyï, à la frontière entre l’Ukraine et la Pologne. Johanna Altvater, 22 ans à son arrivée en 1941, décide de participer elle aussi à la «Solution finale», pratiquée à «100%» dans ce camp. (...)

   «Elle s’approcha de deux enfants juifs, l’un âgé de six ans et l’autre encore bambin qui vivait près du mur du ghetto. Elle les appela, fit un geste comme si elle allait leur donner une friandise. Le bambin vint vers elle. Elle souleva l’enfant dans ses bras et le garda si serré que l’enfant cria et se dégagea. Altvater attrapa l’enfant par les pieds, le tint à l’envers, et écrasa sa tête contre le mur du ghetto comme si elle battait la poussière d’un petit tapis. Elle jeta l’enfant sans vie aux pieds de son père, qui plus tard témoigna: “Je n’avais jamais vu un tel sadisme de la part d’une femme, je n’oublierai jamais cela.” Il n’y avait pas d’autres officiers allemands présents, se souvient le père. Altvatar avait tué l’enfant de son propre chef.»

   Des histoires similaires, Wendy Lower en a tristement beaucoup à raconter. Plus de 13 millions de femmes étaient engagées au sein du Parti nazi, rappelle le Daily Mail.

   «Minimiser le comportement violent des femmes crée un faux bouclier», prévient Lower. La professeure du département d’histoire de l’université de Towson (dans le Maryland) estime qu’au moins un demi-million de femmes ont vu et participé aux opérations et à la terreur de la Shoah. (...)


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(Chien bien élevé punissant des femmes mal élevées)


Gossip Being Punished, Ignacio Diaz Olano, 1910
(Source: fleurdulys)

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Luc Desle

dimanche 1 septembre 2013

"Il avait un pied bot et un autre un peu moins". Benoît Barvin in "Pensées pensées".

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Pensées pour nous-mêmes:

(LE MAÎTRE EST UN ENFANT
QUI JOUE AVEC LE VENT)

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(Les glaces fondent au soleil,
même pour les Brunes)


(Source: spaceghostzombie)

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(Le nouvel appareil de cette compagnie
low-cost était pas mal du tout)


A bas le low-cost à tout prix
Sydsvenskan
Traduction : Jean-Baptiste Bor

   (...) Qu’ont en commun Michael O’Leary [le patron de Ryanair] et l’Oncle Picsou ? Tous deux sont riches à millions. Qu’est-ce qui les distingue ? Picsou a bâti sa fortune sur sa propre pingrerie, Michael O’Leary sur celle des autres.

   Bien que Michael O’Leary ait déclaré vouloir créer des places debout dans ses avions et y rendre les séjours aux toilettes payants, Ryanair est aujourd’hui la première compagnie aérienne d’Europe en termes de fréquentation, avec 80 millions de passagers par an. C’est aussi, en dépit d’un léger repli au dernier trimestre, une entreprise particulièrement rentable.

    Sur le dernier exercice (2012-2013), Ryanair a réalisé un chiffre d’affaires de 4,9 milliards d’euros, avec un bénéfice en hausse d’un peu plus de 11 %, soit 569 millions d’euros. Des chiffres que l’on peut mettre en parallèle avec ceux de Lufthansa, par exemple, qui a annoncé un peu plus de 3 % de bénéfices sur l’exercice 2012, soit 990 millions d’euros, pour un chiffre d’affaires net de 30 milliards. Lufthansa doit donc embarquer six fois plus de passagers que Ryanair pour gagner à peine le double. Autrement dit, deux euros Ryanair valent plus que six euros Lufthansa.(...) 

   (...) Comment cela s’explique-t-il ? “Lowest cost always wins” [les coûts les moins élevés l’emportent toujours], répondait Michael O’Leary lors d’une conférence de presse donnée à Göteborg à l’automne dernier. C’est la doctrine constitutive du capitalisme mondial, fondée sur l’idée que, sur un marché devenu planétaire, le prix passe toujours avant la qualité. Et que, pour être moins cher que la concurrence, il faut avoir des coûts inférieurs. Le modèle commercial de Ryanair se fonde sur le principe du“bad enough”

   Cet objectif peut être atteint de plusieurs manières. Le modèle commercial de Ryanair se fonde sur le principe du “bad enough” : le traitement réservé aux employés et aux passagers doit être suffisamment mauvais pour que le prix du billet soit suffisamment bas pour que les clients acceptent non seulement d’être traités comme de vieilles chaussettes, mais se fichent également éperdument de savoir que les employés de la société sont encore plus mal traités qu’eux. Le fait que Ryanair soit une entreprise qui malmène à la fois son personnel et ses passagers n’est pas un scoop.

   Michael O’Leary est également le parfait reflet de son époque à un autre point de vue : il semble taillé pour un univers médiatique qui aime les méchants charismatiques et “tweetables”. Il “fait le buzz” en permanence et aime à poser au milieu de demoiselles en bikini.

   Ryanair n’est ni une jeune entreprise prodige, ni une brebis galeuse, ni une exception qui viendrait confirmer la règle. Ryanair est, ou est en passe de devenir, la norme ; une des illustrations les plus frappantes d’un vaste changement de paradigme.

   Le modèle social européen dans lequel j’ai grandi, où le marché de l’emploi et la vie économique sont caractérisés par la concertation, l’équilibre des pouvoirs et la répartition des richesses, est en net recul. Le 20e siècle est définitivement derrière nous. A la place, nous allons bientôt revenir au 19e siècle : le capitalisme sauvage, le rejet du syndicalisme, le dumping salarial, l’exploitation des travailleurs. Et Ryanair ouvre la voie.

   Je n’ai jamais pris de vol Ryanair. Et je ne le ferai jamais, sous aucun prétexte. Non seulement parce que je préfère voyager comme un être civilisé, mais aussi parce que, étant libéral, je considère que l’on doit essayer, autant que faire se peut, d’être politiquement et moralement responsable de son mode de consommation, d’exercer son pouvoir de consommateur, tout simplement.(...) 

   (...) Quatre-vingts millions de passagers peuvent-ils avoir tort ? Oui. Et je m’étonne qu’ils ne soient pas plus nombreux à en prendre conscience. Autant que je sache, bon nombre de passagers Ryanair sont des jeunes gens instruits et sensibles aux thématiques sociales. Certains d’entre eux renoncent à consommer des produits carnés pour protester contre l’industrie de la viande.

   D’autres, assez nombreux j’imagine, boycottent les artistes qui ne respectent pas les femmes ou tiennent des propos racistes. Pourtant, ils voyagent sur Ryanair – alors que Ryanair n’est pas seulement une honte en soi. Du fait même de son existence, elle oblige les compagnies sérieuses à s’adapter à ce que l’on appelle "une situation de concurrence inédite", autrement dit les oblige à devenir brutales à leur tour ou à disparaître.

   Il est donc difficile de comprendre comment quelqu’un qui se dit “de gauche” peut faire la queue devant un guichet Ryanair sans rougir. Dans l’histoire récente, aucune autre entreprise n’a, à la fois directement et indirectement – par la force de l’exemple – autant contribué à saper les fondements sociaux que la “gauche” prétend vouloir défendre et qui constituent le socle sur lequel les sociétés prospères d’Europe de l’Ouest se sont érigées après-guerre : la sécurité au travail, la décence des salaires, la solidarité mutuelle entre les employés et leur entreprise, et ainsi de suite…

   Pourquoi la question n’est-elle pas soulevée plus souvent par les intellectuels ? Pourquoi le cas Ryanair ne fait-il l’objet d’aucun débat de fond ? Pourquoi la gauche suédoise contemporaine se préoccupe-t-elle si peu de l’économie et de la violence de certains rapports de force ?

   Comment se fait-il, pour parler concrètement, que Lilla Hjärtat [personnage de la littérature jeunesse suédoise jugé raciste] et le changement d’une voyelle dans les pronoms personnels [le pronom neutre “hen” a été proposé pour remplacer le féminin “hon” (elle) et le masculin “han” (il)] soient des thèmes de débat plus mobilisateurs en Suède que Michael O’Leary et la néandertalisation de la vie économique ?


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"Bisous-bisous?"



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Luc Desle

mercredi 24 octobre 2012

"Ce livre politiquement correct ne parlait pas de politique". Benoît Barvin in "Pensées pensées".

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Pensées pour nous-mêmes:

(LE VILAIN PETIT CANARD 

EST A SA PLACE,
COMME TOI TU ES
A LA TIENNE)


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COURTS RÉCITS AU LONG COURS(50)
pcc Benoît Barvin




FILS TENUS 

   ...Sous le jet de lumière crue, le trapéziste surgit, tel un dieu vivant. Un homme blond, bronzé mais si petit, là-haut, tout là-haut, sur la poutrelle argentée. Il inspira un long moment. La foule était nerveuse. Puis, sans un mot, avec le geste magnifique du plongeur de haut vol, il s’élança dans le vide. 

   Les spectateurs retinrent leur souffle. Des femmes fermèrent les yeux. Des enfants se mirent à trembler. Chacun pouvait se rendre compte qu’il n’y avait aucun filin, pas de trapèze, rien de tangible auquel pouvait se raccrocher le malheureux. On apercevait seulement la silhouette se détachant sur l’obscurité glacée de la haute tenture, pareille à un ciel sans étoile. 

   Et cependant le gymnaste resta en l’air. Comme accroché à des fils invisibles, défiant les lois immuables de la pesanteur. Enfin, après quelques évolutions aériennes aussi superbes qu’incompréhensibles dans cet espace que l'homme semblait transcender de sa silhouette altière, il se reçut en douceur sur la deuxième poutrelle. Les bravos, les bis, les hourras crépitèrent en rafale. 

   Après un dernier salut sur la piste, le trapéziste "le Dragon Volant" s’évanouit, effacé par le lourd rideau de soie noire. "Extraordinaire, pensais—je... et cela sans filet!" Mon admiration devant ce prodigieux numéro fut telle que les autres parties du spectacle ne m’impressionnèrent guère. Plus, même... je ne les regardais point. A peine la fin de la séance se terminait-elle en fanfare, que je décidai de rencontrer ce "prince des trapézistes" ainsi que le proclamait les affiches qui m'avaient attiré vers ce petit cirque de Province... 

   Spectateur occasionnel, je ne me doutais pas du travail intense que réclame l’organisation d’un spectacle de cirque. Aussi fus-je presque effrayé par la quantité incroyable do roulottes, de cages et par ces êtres mi-hommes, mi-bêtes clowns, dompteurs... que sais-je encore, qui se pressaient dans des allées boueuses, toujours souriants bien que pressés.

   Comment ne pas sentir son courage" flancher" lorsqu’on demande sa route à  l’homme-girafe... ou à son parfait contraire, l’homme-nain, un pygmée Andamanais... Enfin, après nombres de détours ( bourbeux pour la plupart comme en témoignaient mes bottes maculées), je me trouvai devant la roulotte du trapéziste. Curieusement, depuis tout à l’heure, il était devenu - par la grâce d’un obscur peintre d’enseignes - "le Dieu des Voltigeurs". Cette roulotte avait un aspect piteux qui ne cadrait pas avec le renom de ce si grand homme. Elle semblait dater du début du vingtième siècle.  Je montai les quelques marches et frappai à la porte vermoulue. 

   En cet instant, je m'interrogeai sur cette insatiable curiosité qui était mon ordinaire.  Certes, son exhibition avait eu un quelque chose de "magique", mais il devait s'agir d'une illusion d’optique, d'un subterfuge quelconque... J’étais furieux de m’être laissé piéger par ma curiosité enfantine.  Les coups secs contre le battant ne donnaient rien. La roulotte devait être vide. Le vent se leva, accompagnant comme un voile très fin le sanglotant soleil du soir. Je ne réitérai pas mon geste, me retournai mais, soudain glissant sur la dernière marche boueuse, je me rattrapai à la poignée de la porte... qui s’ouvrit. Je fus aussitôt avalé par l'intérieur de la caravane, dont la porte se referma avec un claquement de squale. 

   Je me retrouvai allongé sur le dos, passablement secoué. Je me redressai au bout d'un moment et fis le tour de l'endroit. Il n'y avait aucun trapéziste, ni sous la table monacale et les deux chaises branlantes, ni dans le placard où je trouvai des costumes ridicules et passablement fanés. Je me massai l’épaule gauche, maudissant intérieurement ma curiosité. Un mal de tête lancinant, vrillé comme un ver dans ma cervelle, me rendit soudain furieux contre cet illusionniste... ce charlatan. J’inspectai une dernière fois le petit intérieur. C'est alors que j'avisai une porte, au fond, qui m’avait tout d’abord échappé. Je m’approchai lentement et tirai à moi le battant. 

   La première chose que j’aperçus - presque aussi imposante que le réduit lui-même, ce fut la cage. Une immense cage à fins treillis, à l’intérieur de laquelle des choses noires se déplaçaient. 

   J'ai mis du temps à comprendre. Un petit pas en direction de la cage et de son curieux contenu, puis un second et... Mes cheveux se dressèrent sur la tête. Se laissant tomber du plafond, une arachnide noire et velue, toute en pattes, me sauta dans le cou. Je poussai un hurlement, bondis en arrière et l'écrasai promptement. La sale bestiole! Pris d’une de ces rages qui me serrent le crâne à intervalles réguliers,, je m’arcboutai contre la cage et la renversai. La porte s’ouvrit, et au fur et à mesure de l'apparition des araignées, je poursuivis mon oeuvre de destruction. Plus tard, écoeuré autant par l’amas gélatineux que par les remugles pestilentiels, je m'enfuis , devenu violeur malgré moi d’un terrible secret. 

   Le soir me retrouva assis sur les gradins parmi l’éternelle foule bruyante et bigarrée. Que faisais-je à nouveau sous ce chapiteau? Pourquoi ne regardai-je pas les premiers numéros? Devais-je avouer que je n’étais là que pour "Lui", le trapéziste, MON trapéziste? Autour de moi les conversations s’échauffaient ; un frisson d’ impatience faisait trembler le public. Ils attendaient "Le Numéro exceptionnel et unique". Les imbéciles! Je ricanais de plus belle quand, dans un grand silence, apparut la vedette du spectacle. 

   Toujours aussi musclé et blond, et éclaboussé de lumière. Il regarda la foule, me vit soudain et me fixa longuement. Se décidant enfin, le trapéziste monta son escalier de cordes. Avec lenteur, comme à regret. Sur la poutrelle, il attendit. J’imaginais son angoisse. La musique entama son air favori... La foule scrutait l’ombre, là-haut, trouée de coins brûlants. L'homme allait s’élancer... Cependant, immobile, il attendait toujours. Un murmure timide naquit, se propagea  très vite parmi la foule, enfla... Bientôt des sarcasmes fusèrent... Le tumulte menaçait de se transformer en charivari. 

   Le trapéziste hésita encore un peu.  Il dut apercevoir le directeur qui lui faisait des signes furieux. Alors, après un long soupir, il s’élança dans ce plongeon impeccable qui l’avait fait surnommer "Le dragon Volant". Et après un mouvement ascensionnel gracieux... il  s’écrasa sur la piste, dans un grand bruit spongieux, écoeurant. 

   J’exultais. J’avais percé son secret. J'avais mis KO ce pauvre type et ses nouvelles Arianes.  Je regardais le cercle rond sur lequel il s'était écrasé et où son corps fracassé devait ressembler à un pantin désarticulé et... Mais la piste restait dans la pénombre. Aucun cri d’horreur du directeur et des spectateurs, puisque tout le monde avait le nez levé vers le ciel, suivant la lumière blanche qui accompagnait les évolutions aériennes incroyablement belles et incompréhensibles du trapéziste... Désespérément incompréhensibles. 

   Je hurlais ma rage à son encontre, le maudissant intérieurement, puis je courus me réfugier chez moi, le coeur battant comme un fou.

***

   Sur le carnet, une grosse tache d’encre marquait la fin du récit. Quelque chose se détacha du plafond et, lourdement, commença à descendre. Un quelque chose bourré de pattes, aussi noires que le reste du corps mat. Cela courut rapidement sur le tapis, vers le lit. Là, collé contre la couverture, un fil brillant accrocha un rayon de lune. L’araignée agile grimpa vers le haut du lit, en s’aidant de ses pinces. 

   Sur sa couche, l’homme dormait. Il ne s’apercevait pas du travail de ces étranges visiteuses. Il ne pouvait plus depuis un moment. Depuis qu'elles lui avaient injecté leur venin paralysant. Je m’approchai souplement du corps, qui ressemblait peu à peu à un énorme cocon. Les arachnées avaient fait vite, poussées par leur désir de vengeance, leur haine de l'homme qui avait massacré leurs compagnes que je gardais dans ma roulotte. Ce type allait mourir lentement, méthodiquement, étouffé. En comprenant qu'il mourait...

   Bien qu'elles m'accompagnent depuis mon enfance, et que ce ne soit pas la première fois qu'elles se vengent ainsi d'un humain un peu trop curieux, je ne pus empêcher un frisson de me parcourir, et je tournai bien vite les talons... 

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"Mon voisin Tororo"
ecrans.fr

   Oui, je l'avoue, je suis une inconditionnelle des dessins animés japonais. Ceux des années 70/90, notamment, ceux qui sont des réinterprétations des grands classiques de la littérature, notamment française. 
   Je remercie mes collègues de Tu Quoque de pouvoir me faire plaisir - un onanisme culturel en quelque sorte - en diffusant les génériques de trois adaptations des "Trois mousquetaires" qui ont bercé mon enfance. 
   Les chansonnettes des génériques sont ma madeleine de Proust, moi qui me voyait - toujours - sous les traits, à peine virils, de D'artagnan et pas de ceux de quelques mijaurées féminines - mais parfois assez féministes, reconnaissons-le.

   Merci à ces japonais qui, à l'époque, étaient nos chinois d'aujourd'hui...

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"Les Trois Mousquetaires" 
 Jean-Jacques Debout

Un pour tous et tous pour un
Lorsque l'on est mousquetaire
Un pour tous et tous pour un
On est comme des frères
Un pour tous et tous pour un
Il faudra s'y faire
Les autres ne sont pas loin
Quand on en voit un

Refrain :
Un pour tous et tous pour un
Lorsque l'on est mousquetaire
Un pour tous et tous pour un
On est comme des frères
Un pour tous et tous pour un
Ils sont sur la Terre
Comme les doigts de la main
Et ça leur va bien

Comme des petits diables
Ils font des tours pendables
Mais nous savons
Qu'ils sont de joyeux compagnons

Et pour croiser le fer
Avec ces mousquetaires
Il faudrait être fou
Oui être fou


+++



"Sous Le Signe Des Mousquetaires "
Michel Barouille 

Avec nous, venez croiser le fer
Les méchants vont mordre la poussière
Sous le signe des Mousquetaires
On est tous des frères 

La main dans la main nous allons au combat
Pour notre pays et pour notre Roi
Athos, Porthos, D'Artagnan et Aramis
Sont deux paires de bons amis 

La devise qui nous soutient c'est un pour tous et tous pour un
On peut compter sur nos épées s'il faut défendre notre amitié 

Avec nous, venez croiser le fer
Les méchants vont mordre la poussière
Sous le signe des Mousquetaires
Pour avoir la paix, on fait la guerre
Avec nous, venez croiser le fer
Les méchants vont mordre la poussière
Sous le signe des Mousquetaires
On est tous des frères 

Nous passons des jours et des nuits à cheval
Poursuivant les gardes du Cardinal
Nous nous battons bien mais après la bataille
Nous embrochons des volailles 

Et l'on trinque à la santé de nos belles qu'on a quittées
Mais avant tout à nos épées car elles défendent notre amitié 

Avec nous, venez croiser le fer
Les méchants vont mordre la poussière
Sous le signe des Mousquetaires
Pour avoir la paix, on fait la guerre
Avec nous, venez croiser le fer
Les méchants vont mordre la poussière
Sous le signe des Mousquetaires
On est tous des frères

Quand on a vingt ans et quand on a la chance
D'être né un jour au royaume de France
La tête au soleil et les pieds sur la Terre
On devient un Mousquetaire 

Pour la gloire et pour l'honneur
La victoire nous tient à cœur
On se battra jusqu'au dernier
Pour la défendre notre amitié 

Avec nous, venez croiser le fer
Les méchants vont mordre la poussière
Sous le signe des Mousquetaires
Pour avoir la paix, on fait la guerre
Avec nous, venez croiser le fer
Les méchants vont mordre la poussière
Sous le signe des Mousquetaires
On est tous des frères

 Sous Le Signe Des Mousquetaires Paroles sur http://www.parolesmania.com/ 


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"Albert le 5ème Mousquetaire"

Avec un tromblon chargé de spaghettis
à la sauce bolognaise
C'est lui le meilleur
Mais le plus petit
De tous les mousquetaires

Il se nomme Albert, Albert
Albert le cinquième mousquetaire

Pour sauver le roi d'un complot terrifiant
Il combat Milady
Au trot de sa mule, filant comme le vent
Il parcourt le pays

Il se nomme Albert, Albert
Albert le cinquième mousquetaire

Malin, rieur, c'est un vrai farceur
Albert le 5e mousquetaire
S'il n'a pas été reconnu par l'histoire 
C'est qu'à l'heure des honneurs
Il préfère aller respirer l'air du soir
Et le parfum des fleurs

Hourra pour Albert,
Albert le 5e mousquetaire

Rusé, blagueur, il sera vainqueur
Albert le 5e mousquetaire



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Nadine Estrella

dimanche 15 mai 2011

"Bien que ne partageant pas la même bauge, ils étaient copains comme cochons". Jacques Damboise in "Pensées persévérées"


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"Les chiens sont, en tant qu'espèce, 
éminemment méprisables, 
aussi bien pour l'écoeurante banalité 
de leur affection que pour leur
extraordinaire faculté
de caporalisation."

[ Alphonse Allais ] 
Le chien gaffeur 

"Affection... Affection...
Tu vas voir si j'ai une gueule d'affection,
trou d..."

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"J'ai une mémoire admirable, 
j'oublie tout."

[ Alphonse Allais ] 

"Combien on a d'yeux quand on en cache un?
Ben... C'est une addition
qu'y faut faire, hein?"

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"A quoi bon prendre la vie au sérieux, 
puisque de toute façon 
nous n'en sortirons pas vivants ? "

[Alphonse Allais] 
Cité dans le livre 
 Comme disait Alphonse Allais

"Tout à fait d'accord. 
Encore un peu de substance illicite,
pour se consoler?"

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"Une jolie femme sotte bien habillée, 
c'est une belle bouteille vide 
parée d'une superbe étiquette."

[Alphonse Allais] 
Extrait de Le Chat noir 
- 11 Janvier 1890

"Oh le zoli sextoy!
- Heu..."

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"Le comble de la politesse :
S'asseoir sur son derrière 
et lui demander pardon."

[Alphonse Allais] « Plus sur l'auteur
Extrait du journal 
Le Tintamarre - 18 Mai 1879

"Bon... Humpf... Tu m'excuses, hein?
- Pfff!!!"

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Nous ne remercierons jamais assez l'excellent site 
auprès duquel nous nous abreuvons 
de magnifiques citations:

Jacques Damboise