Bonjour à vous qui, dans le maelström du net, êtes arrivés, par hasard? lassitude? erreur? sur ce blog. Vous êtes les bienvenus. Vous y lirez des extraits d'articles, de pensées, d'interviews, piochés ça et là, et illustrés de photos et dessins détournés, via un humour de bon aloi. Vous pouvez évidemment réagir avec le même humour, la même ironie que nous mettons, chaque jour, à tenter de respirer un peu plus librement dans une société qui se corsète chaque fois un peu plus.
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jeudi 28 novembre 2013

"Ce coquin de sort est un fieffé chaud lapin". Benoît Barvin in "Pensées pensées".

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Pensées pour nous-mêmes:

(FUIS LES HONNEURS COMME
AUTANT DE SERPENTS VENIMEUX)


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Nouveau court récit au long cours (26)

LE LIBÉRÉ 
DU 
CLUB MAD

   En fin de compte, Daniel ne voulait pas jouer au terroriste. Il annonce simplement que l'île d'Ipsos risque de subir un tremblement de terre...




   - Est-ce que vous avez vu le vieux toqué et sa copine ? Ils ont désactivé leur puce et je n’arrive plus à les suivre depuis ce matin.

   - Ils viennent de passer au bar et le gars s’est mis à haranguer les clients. Le grand jeu barjo de celui qui annonce un cataclysme.

   - C’est effectivement un doux dingue. Y’a un psychiatre de Nîmes, un certain docteur Raphaël, qui vient de m’envoyer un mail. Il recherche notre pèlerin depuis trois jours. Il serait parti sans véritable traitement, avec des essais placébos expérimentaux prescrits en double aveugle. Bref, je ne sais pas s’il s’est échappé d’un asile ou si c’est juste une inquiétude de toubib pour un patient un peu spécial, mais mine de rien, on a à faire à un malade. 

   Dès qu’il se présentera à l’Accueil, on prévient le service sanitaire et on le réexpédie en France illico sur le prochain charter. Dans sa démence, il peut causer quelques dégâts et on a autre chose à faire qu’à surveiller les déjantés de son âge. Ca suffit avec les jeunes !

   Ptiboss fulmine, d’autant plus qu’il s’est rendu compte que le vieux avait aussi trafiqué le système vidéo de leurs cases. Il va envoyer un rapport à la direction afin que soit mis en place rapidement une limitation d’âge pour les destinations Club Mad.

   C’est alors qu’il voit Rachel sortant de la case de Jean-Mich’. Qu’est-ce qu’ils manigancent tous les deux ? La demoiselle aurait elle une envie de chair fraîche?

   - Vous savez où se trouve votre ami ?

   Rachel se méfie, c’est évident. Elle répond qu’il est parti se promener. Sûrement un bobard, vu que c’est l’heure du repas. Et là, Ptiboss réalise qu’il va le coincer, car avec son sigle désactivé, il va faire sonner l’alarme des buffets.

   - C’est assez urgent. Dites-lui de passer à l’Accueil. Il y a un message pour lui.

   - Bien, je le lui dirai.

   - Et vous vous ferez retamponner la main par la même occasion.

   Quel regard de tigresse elle peut avoir cette nana quand elle est en colère ! Ca donne envie de la dompter.

(A Suivre)


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(Femme attendant en vain un homme, un vrai)



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Mohamed VI, le "roi des pauvres",
 dépense sans compter

SALAH ELAYOUBI
DEMAIN ONLINE
AFP

   (...) "Dignité pour tous !" fut la revendication maîtresse du Mouvement du 20 février [mouvement de contestation lancé le 20 février 2011]. Elle signifiait, et signifie encore, égalité de traitement pour les puissants comme pour les plus faibles. A bientôt trois ans du fameux soulèvement populaire, je réalise combien nous sommes encore éloignés de toute dignité. Ce qui était supposé rendre le Maroc meilleur s'est révélé pure escroquerie.

   Pour s'en convaincre, il fallait se trouver le 11 novembre 2013 à la séance de la commission des finances du Parlement marocain. Il s'agissait d'examiner le projet de budget du palais royal. Une séance pour la forme. Clairsemée et expéditive, elle raconte l'histoire indigne de douze députés qui, en moins de dix minutes et sans coup férir, ont augmenté le budget d'un seul homme de 8 678 000 dirhams [774 455 euros], pour mettre à sa disposition 2 585 447 000 dirhams [230 734 295 euros], quand des départements ministériels aussi sensibles que la santé publique, l'éducation nationale, la jeunesse et les sports ou encore la culture doivent se glisser dans le chas de l'aiguille pour faire passer des budgets au demeurant dérisoires au vu de l'ampleur de la tâche qui leur incombe. (...)

   (...) Si l'énormité du budget ou plutôt du butin en question met à rude épreuve le mythe du "roi des pauvres", soigneusement entretenu par un entourage royal véreux, la disproportion de traitement entre le palais et les autres départements explique en grande partie le train de vie surréaliste de la monarchie marocaine, l'enrichissement exponentiel du roi et de sa famille, et la place qui est celle de notre pays : à la traîne de tous les indices mondiaux du développement.

   Et c'est précisément parce que le diable se cache dans les détails que l'opacité, l'omerta et un halo de mystère enveloppent un peu plus, d'une loi de finance à l'autre, les dépenses du palais comme son budget de fonctionnement, qui équivaut à celui de quatre ministères réunis: les Transports et l'Equipement, la Jeunesse et les Sports, la Culture, et enfin l'Habitat et l'Urbanisme.

   D'autres détails trahissent encore le peu de scrupules que manifeste Mohammed VI à puiser sans compter dans les deniers publics, comme cette ligne pompeusement surnommée "Dotations de souveraineté". Rien de moins qu'une caisse noire mise à la disposition du roi, qui représentera cette année 517 164 000 dirhams [46 153 517 euros] que l'intéressé s'acharnera sans aucun doute à consommer, comme de coutume, en totalité, sans que personne ne vienne jamais s'enquérir de la façon dont les fonds ont été épuisés. (...)

   Et que dire de ces frais de bouche qui engloutissent 2 % du budget de l'Etat, après avoir fait l'objet d'une brutale augmentation de plus de 55 %, en 2001? A croire que la disparition de Hassan II [en juillet 1999] et l'accession au trône de Mohammed VI auraient déclenché chez ce dernier une fringale soudaine, confinant à une boulimie pantagruélique.

   Une fois n'est pas coutume, une voix bien timide, celle du député du PJD [Parti de la justice et du développement], Abdelaziz Aftati, s'est élevée, pour réclamer que des administrateurs viennent s'expliquer sur le montant de l'enveloppe pharaonique que le palais projetait de s'adjuger. Peine perdue, car comme ces vieux singes à qui l'on n'apprend plus à grimacer, nos parlementaires ont passé outre, ayant appris à discerner chez leurs pairs les gesticulations pour la galerie. De simples faire-valoir, qui constituent la façade démocratique du régime marocain.

   Alors, de tous ces chiffres astronomiques, je préfère n'en retenir qu'un seul : 200. C'est le nombre de postes budgétaires que nos parlementaires d'un autre âge ont octroyé au palais royal pour l'année 2014, alors que la crise bat son plein et que tous les ministères en sont à contracter leurs effectifs et manquent cruellement de moyens. Deux cents postes et des millions de dirhams qui manqueront cruellement dans l'Atlas, où l'on continuera, sans doute, de mourir de froid, d'inanition, d'enclavement et de misère, lorsque l'hiver sera venu.

   Deux cents raisons de conclure, enfin, que le régime politique marocain s'est structuré pour se mettre au service d'un seul homme, empruntant aux plus sinistres mafias leurs coups de main, leurs brutalités, leur collecte de fonds, leur loi du silence, au point qu'il n'a désormais plus rien à leur envier.


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(Une intruse est dissimulée dans cette photo.
Sauras-tu la retrouver?)



John Drysdale


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Luc Desle

mercredi 27 novembre 2013

"Pour arrondir ses fins de mois cet ange proposait des baptêmes de l'air". Benoît Barvin in "Pensées pensées".

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Pensées pour nous-mêmes:

(LE MANÈGE DE LA VIE,
TU N'ES PAS OBLIGÉ DE
LE FAIRE TOURNER TROP VITE)


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Nouveau court récit au long cours (25)


LE LIBÉRÉ 
DU 
CLUB MAD

Le vieux Daniel serait-il un chaman?


   Au retour, Rachel n’a pas su pas comment Daniel avait pu accéder au micro. C’était juste au moment des jeux-apéritif, quand l’animateur allait faire les annonces du jour. La sono était branchée, Daniel est monté sur le podium.

   - J’ai une super annonce pour vous tous et pour ceux qui dorment encore, si vous voulez bien écouter puis aller le leur dire… Ce n’est pas une plaisanterie… Je suis un ancien expert-géologue et d’après les calculs que j’ai effectués ces jours-ci sur le site de Corfou Ipsos… c’est grave, vous devriez écouter… Cette après-midi, la presqu’île va s’effondrer dans mer, il s’en suivra un petit raz de marée qui engloutira toutes les cases et une partie des voies d’accès. Vous devez quitter le Club avant seize heures…

   Le chef du bar l’interpelle avec son micro personnel.

   - Hé, ringard, les petites blagues style Club Med, avec évacuation du village et arrivée d’extra-terrestres, ça n’a plus cours ici.

   - Je voulais juste vous prévenir, c’est tout. Je parle sérieusement.

   Daniel redescend en tremblant. Rachel va vers lui.

   - Qu’est-ce qui vous prend ? Vous êtes malade ?

   - Non, je les ai avertis, c’est tout. Et ce serait bien que tu joignes Jean-Michel. Il t’a dit hier qu’il serait de repos aujourd’hui. Dis-lui qu’il vienne nous retrouver. On l’attendra sur la place du petit village au dessus d’Ipsos.

   - Vous êtes vraiment bizarre Daniel. Vous auriez dû prendre ce traitement. Au lieu de cela vous l’avez jeté. J’ai vu les fioles vides sur votre sac en me levant.

   - J’ai toujours été déraisonnable Rachel. De toutes façons ce n’étaient que des placébos. J’ai testé tout ça. Les toubibs ne m’auront pas aussi facilement !

(A Suivre)

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(Vu la tête des pilotes, on comprenait mieux

les bavures de l'aviation américaine



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(Montres - mal - construites
dans un pays d’Extrême-Orient)



Les Lip, quarante après

Benoît Borrits

   (...) La lutte des Lip a déjà quarante ans. Une des premières luttes sur l’emploi et le maintien de la production. Parmi les nombreux événements de Besançon relatant ce conflit historique, une réunion rassemblait les anciens de Lip venus débattre avec quelques entreprises en lutte ou récemment reprises en SCOP.

   Samedi 16 novembre une réunion soutenue par AC !, Attac et les partis du Front de gauche était organisée par BESAC (Besançon, Écologie, Solidarité, Autogestion, Citoyenneté) et l’Association Autogestion dans le quartier populaire de Palente, cœur du conflit Lip de 1973, a 50 mètres du Gymnase Jean Zay qui servit de lieu d’Assemblée générale après l’évacuation de l’usine par les forces de l’ordre. L’usine est depuis bien longtemps rasée et laisse place à des immeubles de bureau. Charles Piaget, Monique Piton, François Laurent et d’autres anciens de ce conflit étaient là pour témoigner et échanger avec les plus jeunes générations. La SCOP Ceralep de Saint Vallier dans la Drôme, relancée en 2004 par ses salariés, une représentante des Fralib et un syndicaliste de Pilpa (Carcassonne), deux conflits où la perspective d’une reprise en SCOP est posée, participaient à ce débat avec la salle et les anciens de Lip.

   Charles Piaget, l’ancien porte-parole CFDT, relate les principaux moments de la lutte. Ce conflit éclate le 12 juin 1973 lorsque les salariés découvrent un plan de fermeture de l’usine Lip rachetée en 1968 par le groupe suisse Ebauche SA. D’emblée, Charles Piaget positionne la lutte : « Nous voulions le maintien de la totalité des emplois, nous ne nous battions pas pour des indemnités plus fortes. » Les salariés occupent immédiatement l’usine et réquisitionnent un stock de 45 000 montres. « Nous en avons donné symboliquement une à l’archevêque qui l’a acceptée » rappelle malicieusement Charles Piaget. Le site est ouvert à l’ensemble des sympathisants. Le lieu devient une ruche bouillonnante où se tiennent assemblées générales, commissions, repas et travaux d’entretien. Afin de maintenir les salaires, la production est relancée et revendue dans toute la France.

   Sur ordre du gouvernement, les gardes mobiles interviennent le 14 août pour évacuer le site. En dépit de cela, la production va se poursuivre dans le quartier et dans différents endroits de l’agglomération de Besançon. Le 29 septembre, une grande marche sur Besançon est appelée. 100 000 personnes viendront des quatre coins du pays pour y participer.

   Le 15 octobre, le premier ministre, Pierre Messmer, annonçait :« Lip, c’est fini ! ». En coulisse, une solution s’ébauche. C’est finalement Claude Neuschwander, alors numéro deux du groupe Publicis et membre du PSU, qui accepte de prendre les rênes de l’entreprise. Les accords de Dole sont signés le 29 janvier 1974 qui promettent la réembauche dans l’année de la totalité des 850 ouvriers. L’engagement sera tenu.

   Tout en rappelant que « cette lutte de 1973 était formidable », Monique Piton a mentionné la difficulté des femmes de se faire entendre et ce, même si elles représentaient plus de la moitié des salariés. Le débat relatera aussi la seconde lutte de 1976, celle où on cherche à tuer Lip par la suspension sans préavis des commandes de Renault et l’exigence du tribunal de commerce d’honorer les six millions de dettes de l’ancienne entreprise auprès des fournisseurs, exigence contraire aux accords de Dole. L’entreprise est liquidée le 12 septembre 1977. Les salariés de Lip vivront alors une période difficile. Monique Piton garde un souvenir terrible de cette période, alors que son collègue François Laurent « ne partage pas le même pessimisme ». Les salariés de Lip créeront sept coopératives dont deux fonctionnent toujours.

   Les années 1970 marquent l’irruption du chômage de masse dans la société française. « On fabrique, on vend, on se paie »disaient les Lip en leur temps, signifiant par là-même qu’il est possible de se passer du patron. C’est la classe politique qui, dans un premier temps, a préféré maintenir Lip pour éviter la confrontation. Elle l’abandonnera quelques années plus tard. C’est cette situation de laissez-faire économique qui pousse de nombreux salariés à envisager aujourd’hui la reprise de leur entreprise sous forme coopérative. Depuis 2010, ces reprises se multiplient : Helio-Corbeil (91), Fontanille (43), Arfeo (53), SET (74), Pilpa (11) pour n’en citer que quelques unes. Le conflit Lip dans les années 1970 a été emblématique de cette évolution.

   L’INSEE pointe que le taux de survie à trois ans des SCOP est de 82,3 %, largement supérieur à celui des entreprises classiques de 66 %. La maîtrise du travail par les salariés s’avère donc être un atout économique. Néanmoins, la forme coopérative n’est pas une baguette magique qui marcherait à tous les coups. L’économie est tout sauf un « marché libre et non faussé ». Comme en 1973 dans la solution qui a été trouvée pour Lip, la multiplication de ces entreprises nécessite une volonté politique, passant notamment par plus de coopération et moins de marché. (...)


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"Dans l'espace... glub! Nul ne t'entend crier..."



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Benoît Barvin

vendredi 22 novembre 2013

"Il prit la mouche, ce thon, pour son plus grand malheur". Jacques Damboise in "Pensées à contre-pet".

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Pensées pour nous-mêmes:

(RESPECTE L'HUMAIN
QUI EST EN TOI)

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Nouveau court récit au long cours (21)

LE LIBÉRÉ 
DU 
CLUB MAD

PtitBoss, le chef du Club joue les voyeurs, ce qui en dit long sur l'ambiance qui règne dans l'île...



CHAPITRE 6

« On peut habiter le monde sans le comprendre… » Michel Houellebecq


   Rachel se demande bien ce qui lui arrive. Elle flotte, soudain détachée des contingences.

   Au dîner, ils sont parmi les derniers, et parmi les retardataires se trouve Jean-Michel. Elle s’était imaginé ce midi, qu’elle allait se passionner pour l’étude de ce dernier et puis voilà qu’il parle et elle l’écoute à peine.

   - … Je viens donc achever une étude générale sur l’ennui comme vecteur de profit. C’est un système très perspicace, très fin dans le raisonnement. Tout d’abord, les instances dirigeantes font en sorte de générer de l’ennui chez les consommateurs de tout poils, un ennui profond. Et ensuite, ils s’arrangent pour inventer en factice, en superflu, des objets, des concepts, susceptibles de masquer cet ennui. Et ceci dans tous les domaines touchant les biens de consommation, de l’alimentaire au ludique. 

   Mon groupe de recherche m’a donc attribué le créneau bien spécifique du secteur touristique et plus précisément des Clubs de Vacances, afin d’y étudier cette clientèle qui veut oublier l’ennui du quotidien. Afin de voir quels sont ses désirs, s’il lui en reste, ce qu’elle vient chercher là et si ce que l’on met à sa disposition l’oriente bien vers les objectifs fixés en haut lieu…

   "Voilà qui est certainement très intéressant, très juste", pense-t-elle. Mais cela l’ennuie tout à coup. Elle ne veut plus penser à tous ces sujets. Elle a assez philosophé. Elle se sent ouverte à d’autres possibles.

   Jean-Michel, visiblement, attend une réaction de sa part.

   - Je ne sais plus que vous dire, si ce n’est que je lirai volontiers votre travail quand il sera fini, je vous le répète. Pour l’instant, j’ai envie d’oublier les manigances, je veux faire l’autruche. Vous savez, j’avais une case très bruyante et on a bien voulu m’en donner une autre. Je vais profiter de ces quelques jours pour décompresser comme on dit. Cet hiver, on reparlera de tout cela.

   Elle se traite d’imbécile, car ce n’est pas exactement cela qu’elle veut dire à Jean-Michel. Pour un peu, elle lui proposerait un massage !

   Jean-Michel, très disert, dit qu’il comprend, que lui-même a bien envie d’arrêter, que l’on fait tout pour le décourager. Ainsi, il lui est interdit d’interroger les clients et pourtant, il lui aurait été bien nécessaire de faire circuler un questionnaire dans les cases.

   Rachel lui dit qu’elle pourrait distribuer les questions pendant l’heure d’attente qui leur sera imposée à l’aéroport le jour du départ, que ce sera un très bon moyen de patienter. De toute façon, dès qu’elle aura quitté Ipsos, elle ne sera plus entre parenthèses. Il lui faudra se replonger dans les histoires sociales.

   Sa proposition plaît au garçon.

   - Vous pourrez déposer vos questionnaires à ma case « Diane » ou à celle de Daniel, la « Zeus ».

   - Tiens, on vous a mis aux cases réservées pour le Real TV. Le Ptiboss vous gâte !

   Daniel intervient.

   - Que voulez-vous dire au sujet de ces cases ? Nous ne sommes pas au courant.

   - Apparemment seuls les G.O. et la direction ont été prévenus. L’émission ne sera diffusée qu’à l’automne, mais les G.M. devront ignorer de quoi il s’agit même s’ils sont amenés à croiser quelques caméras pendant leur séjour. On ne leur dira pas de quoi il retourne véritablement pour que les réactions de tous restent naturelles. Cinq cases, dont les vôtres, sont équipées pour être sous surveillance vingt quatre heures sur vingt quatre. Je pense qu’elles ne seront opérationnelles que le jour J, c’est à dire lundi prochain.

   Rachel regarde Daniel. Elle hésite entre le rire nerveux et le fou rire. La situation est loufoque. Elle repense à la séance de massage et aux ébats qui s’en sont suivi. A retardement, elle se rejoue la scène dans la peau d’une exhibitionniste. Tout cela aurait pu l’exciter. Mais pas avec Ptiboss comme voyeur !

(A Suivre)
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(Élégante choisissant un horrible chapeau
avant d'être assassinée par 
un homme de bon goût, lui)


french postcard circa 1908

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"Pour une fois qu'on ne nous demande
rien en échange, Eve, profites-en!"



INDONÉSIE
Des arbres fruitiers dans la ville

   (...) Planter des manguiers et des durions sur le bords des avenues et des rues de la ville : c'est l'idée d'un nouveau programme lancé par le maire "star" de Jakarta, Jokowi. Les habitants seront libres d'en récolter les fruits.

   Le maire de Jakarta, Joko Widodo, alias Jokowi, vient de lancer un programme de plantation de 40 000 arbres fruitiers le long des rues, avenues et terrains vacants de la capitale indonésienne. Les plantations commenceront fin novembre, avec l’arrivée de la mousson : manguiers, durions, jambosiers et autres letchis chevelus broderont les voies publiques…

   Libre aux dix millions de citadins d’en récolter les fruits, a déclaré Jokowi au quotidien Kompas, en ajoutant : "Une ville se doit d’être esthétique, verte et nutritive". Les arbres serviront également d’ombrage aux piétons et de couloirs aériens pour les aigles de Sibérie, qui migrent chaque année en septembre vers des contrées plus chaudes et pour lesquelles Jakarta est une des ultimes étapes. 

   Voilà qui va encore grandir la popularité de Jokowi, que tous les sondages donnent déjà gagnant aux élections présidentielles de 2014, alors qu’il ne s’est pas encore déclaré candidat.


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(Face aux pauvres et à la culture,
il semblerait que les Etats-Unis étaient durs d'oreille)


Les Etats-Unis et Israël 
perdent leur droit de vote à l'Unesco

   (...) Les Etats-Unis et Israël ont perdu automatiquement, vendredi 8 novembre, leur droit de vote à l'Unesco (Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture). Ces deux pays ont en effet cessé de payer leur contribution après l'admission de la Palestine en 2011 au sein de l'agence onusienne. (...) 

   Washington ne s'est pas acquitté de sa cotisation en 2011, 2012 et 2013. "Les Etats qui n'avaient pas réglé leur cotisation avaient jusqu'à 10 heures aujourd'hui pour présenter une justification de non-paiement et un plan de paiement des arriérés, a-t-on précisé à l'Unesco, dont l'Assemblée générale se tient à Paris. A 10 heures, rien n'a été reçu de la part des Etats-Unis." 

   Cette procédure automatique a lieu au moment où les Etats-Unis tentent de sauver les négociations de paix israélo-palestiniennes qui se déroulent dans un climat tendu depuis l'annonce de la relance de la colonisation israélienne en Cisjordanie occupée et à Jérusalem-Est. (...)

   L'Unesco est devenue en octobre 2011 la première agence des Nations unies à accueillir la Palestine en tant que membre à part entière, une adhésion qui a suscité une vague d'espoir dans le monde arabe, qui y a vu un pas de plus vers une reconnaissance en tant qu'Etat à l'Organisation des Nations unies (ONU).

    Mais l'adhésion de la Palestine a entraîné la suspension des financements américains, Washington mettant en avant la législation américaine en vigueur depuis les années 1990. Cette dernière interdit tout financement d'une agence de l'ONU qui admet en son sein des groupes ou des organisations ne possédant pas"tous les attributs internationalement reconnus d'un Etat".

   La perte du droit de vote américain porte un nouveau coup à l'organisation internationale, dont près d'un quart du budget venait des Etats-Unis. L'an dernier, Irina Bokova, sa directrice générale, avait déclaré que l'Unesco se trouvait paralysée en raison du gel de la contribution américaine qui a contraint l'Unesco à stopper des embauches, annuler des projets et réduire ses dépenses.

   La perte du vote américain constitue le dernier accroc en date dans les relations mouvementées entre l'agence onusienne et Washington. En 1984, l'administration Reagan avait décidé de quitter l'Unesco, invoquant entre autres une mauvaise gestion et une politisation de l'organisation.

   En 2003 – sous l'administration Bush –, après près de vingt ans d'absence, les Etats-Unis faisaient leur grand retour à l'Unesco et s'engageaient à participer activement aux programmes de l'agence, qui intervient notamment en faveur de l'éducation et de la protection du patrimoine mondial.


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Luc Desle

samedi 16 novembre 2013

"Son oeil poché lui donna envie de manger une omelette". Jacques Damboise in "Pensées à contre-pet".

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Pensées pour nous-mêmes:

(RENDS TON ÂME TRANSPARENTE
COMME L'EAU DU LAGON)

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Nouveau court récit au long cours (15)


LE LIBÉRÉ 
DU 
CLUB MAD

   Rachel en apprend toujours un peu plus sur le fonctionnement interne du Club.




   Il a dû avoir un sérieux choc, Daniel. Quand les CRS cognent, ils n’y vont pas de main morte. A Gênes, les Italiens avaient fait fort dans le genre. La plupart des anti-mondialistes voulaient manifester pacifiquement et pareil à Bruxelles. Quoiqu’en dise Daniel, il est doux avant tout. Son nom de famille a déteint sur lui. Rachel le voit mal se lancer dans de véritables actions terroristes. A moins de porter en soi une souffrance dévastatrice, de n’avoir plus rien à perdre. Nos petites rébellions ne sont rien à côté, juste un moyen de se donner bonne conscience. On a tellement cautionné… et on continue.

   Voilà, ça y est presque. Son sac est plein à craquer. Elle portera sa trousse de toilette et ses … Nike à la main.

   - Daniel, c’est bon, je suis prête !

   Ils parcourent deux cents mètres sous les oliviers. Ce sont des mêmes identiques, plus en contrebas vers la mer, donc isolées de la sono. Le sol en ciment semble légèrement surélevé. Dedans, c’est pareil, avec en sus des lampes-appliques au dessus de chaque lit. Chouette, Rachel se dit qu’elle pourra lire un peu le soir, écrire à ses amies.

   La tête de Daniel se glisse dans l’entrebaîllement de la porte.

   - Ca te va ?

   - Nous sommes traités comme des VIP.

   Avoir retrouvé un confort sonore l’apaise plus que tout. Elle ne supporte plus le bruit depuis que son frère s’est laissé surprendre par le feu. Ils l’ont appelé, ils ont crié, fait sonner son portable pour l’avertir que les flammes étaient là, qu’il sorte vite, mais à cause de cette foutue musique qu’il écoutait toujours à fond dans son casque, il n’a rien entendu. Mais c’est son histoire à elle, et si ça les amuse, tous ces jeunes vacanciers, de s’en mettre plein les oreilles avec leur techno, ça les regarde. Du moment que ça ne déborde pas sur le silence auquel elle aspire. Elle est là pour être en paix, goûter aux plaisirs de ce lieu magique. Point final.

   - Ce doit être ouvert, le restaurant…J’ai un appétit d’enfer !

   Et aussitôt elle s’en veut. Pourquoi soudain évoque-t-elle l’Enfer ? Elle voudrait ravaler le mot, annuler cette expression populaire comme si elle faisait, en l’employant, offense aux propos du pêcheur. Cet homme l’a impressionné, nul doute.

(A suivre)

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"Heu, Madame la Baronne, l'expression
Venez comme vous le sentez,
n'était pas à prendre au pied de la lettre"

Robert Mcginnis. 
the exhibition. 001

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(Ces deux portions d'Allemagne

s'entendaient comme larronnes en foire
pour s'amuser un peu aux dépends
de l'Europe)



"L'Allemagne est une poule
qui aurait trouvé un couteau"
entretien avec Guillaume Duval
 rédacteur en chef d'Alternatives économiques
et auteur de Made in Germany, Seuil, 2013

   (...) / Dans votre livre Made in Germany, consacré au modèle allemand, vous vous montrez très critique vis-à-vis des réformes du marché du travail réalisées par le prédécesseur d’Angela Merkel, le chancelier social-démocrate Schröder. Pourquoi ?

  - C’est plutôt malgré Schröder que grâce à Schröder que l’Allemagne s’en sort plutôt bien aujourd’hui. Il faut bien comprendre qui fut Schröder. Nous, Français, avons tendance à considérer l’Allemagne comme un grand pays social-démocrate, sur le modèle scandinave. Cette vision est totalement fausse. L’Allemagne est un pays très conservateur, qui a été gouverné presque sans discontinuer par la droite. Le SPD est un parti puissant, mais qui a très peu exercé le pouvoir. Il l’a exercé, par exemple, avec Helmut Schmidt et Willy Brandt après la Seconde Guerre mondiale, mais toujours en association avec des partis de droite, CDU et FDP.

   Lorsque Schröder arrive au pouvoir, c’est donc la toute première fois que la gauche – SPD et Verts – est vraiment majoritaire. Mais paradoxalement, cette situation a surtout été l’occasion d’une politique très antisociale, comme n’en avait jamais connue l’Allemagne. Schröder a donc réussi une performance, en sept années d’exercice du pouvoir : il a fait de l’Allemagne un pays plus inégalitaire que la France, alors qu’elle l’était initialement moins.

   C’est évidemment pour cette raison que la droite, en Europe, l’utilise comme référence. Mais je ne crois pas du tout que Schröder ait servi les intérêts à long terme de l’Allemagne. Au contraire, il a affaibli l’un des principaux points forts du modèle allemand : son fort niveau de cohésion sociale.

   Par ailleurs, s’il a pu faire cette politique, c’est en exerçant une pression très forte sur les dépenses publiques. Sous sa direction, le SPD a renoncé à mettre en œuvre une partie importante de son programme, consistant à remédier à l’absence de structures pour accueillir les jeunes enfants. En Allemagne, faute de ces structures, de nombreuses femmes sont contraintes de choisir entre exercer un métier ou avoir des enfants. Ce qui contribue au lourd problème démographique que connaît aujourd’hui ce pays.

   Autre conséquence de cette pression à la baisse sur les dépenses publiques : l’Allemagne est le seul pays de l’OCDE qui soit en situation de désinvestissement public. Autrement dit, les dépenses d’entretien des routes, des bâtiments publics, sont insuffisantes pour pallier l’usure des équipements. Depuis le début des années 2000, le niveau des investissements publics allemands est plus de deux fois inférieur à celui de la France. On peut douter que cela soit une bonne manière de préparer l’avenir d’un pays…

   Finalement, cette politique a généré de très importants déficits publics. Durant les douze premières années d’existence de la zone euro, l’Allemagne a été incapable d’atteindre le critère de 3% de déficit public pendant 7 ans, et celui de 60% de dette publique pendant 11 ans. Un très mauvais élève du pacte de stabilité, en somme. Et c’est un comble que Schröder, qui a ajouté près de 39 milliards d’euros à la dette allemande, soit aujourd’hui présenté comme un modèle pour la gestion des finances publiques !

   / Pourtant, quand François Hollande se rend en Allemagne à l’occasion des 150 ans du SPD, il s’empresse de louer les réformes « courageuses » de Schröder…

   - Oui. Je mets ça sur le compte de la politesse. Mais si c’est davantage, s’il était convaincu que de telles réformes sont souhaitables en France, il nous engagerait alors sur une très mauvaise pente.

   Les réformes Schröder ont coûté très cher aux salariés allemands en termes de salaires : ils retrouvent tout juste aujourd’hui leur pouvoir d’achat de 2000. Elles ont aussi coûté cher en termes de niveau d’emploi : l’Allemagne n’a retrouvé qu’en 2010 son niveau d’emploi de 2000, si l’on comptabilise les seuls emplois qui génèrent des cotisations sociales.

   Car outre ceux-ci, se sont aussi développées, sous la houlette de Schröder, des formes de sous-emploi, notamment les fameux mini-jobs, qui consistent, lorsqu’un salarié gagne moins de 400 euros par mois, à l’exonérer presque entièrement de cotisations sociales. En contrepartie, il ne touchera aucune retraite… Aujourd’hui, environ 5 millions de personnes subissent ce régime.

   / Au bout du compte, est-ce qu’Angela Merkel ne serait pas en train de faire mieux que son prédécesseur ?

   - Oui, paradoxalement. Sa politique est un peu moins antisociale. Elle a corrigé certains excès, comme ceux, par exemple, de la réforme Hartz IV. Elle a également mis la pédale douce, à ses débuts, sur l’austérité budgétaire. Dans la période récente, on lui doit des efforts non négligeables, notamment pour mettre en place des crèches ou des modes d’accueil dans les écoles qui permettent aux gens qui ont des enfants de continuer à travailler.

   / Son actuelle popularité dans les sondages n’est donc pas tellement surprenante…

   - Pendant la période Schröder, l’économie allemande est allée très mal. Il y avait plus de 5 millions de chômeurs quand il a quitté le pouvoir. En revanche, l’économie a commencé à se redresser en 2005 environ, et elle a plutôt bien résisté pendant la crise de 2008-2009. Il est tentant pour les Allemands de l’attribuer à Mme Merkel. Je vois pour ma part d’autres éléments qui expliquent cette bonne santé économique, dont trois choses déjà présentes avant la crise, et trois choses qui se révèlent durant la crise.

   Avant la crise – et paradoxalement – c’est sa dépression démographique qui permet à l’Allemagne d’aller plutôt bien. En effet, si les Français tendent à ne voir que les bons côtés de la natalité, il faut savoir qu’élever des enfants a un coût. Il faut les nourrir, les loger, les habiller, les soigner, les éduquer… Autant de dépenses privées et publiques auxquelles les Allemands n’ont pas eu à faire face.

   La principale conséquence se fait sentir dans un domaine en particulier : celui du logement. L’Allemagne, qui a perdu plus de 500 000 habitants depuis le début des années 2000, a un marché de l’immobilier beaucoup moins cher que la France. Depuis 1995, les prix de l’immobilier ont été multipliés par 2,5 en France, alors qu’ils ne bougeaient pas d’un iota en Allemagne. Un logement à Paris vaut 8 000 €/m², contre 2 300 €/m² à Francfort.

   Ces deux facteurs – dépenses de logement contenues, moindres dépenses liées aux enfants – expliquent finalement pourquoi les Allemands ont supporté des politiques de modération salariale prolongées. Autre facteur de bonne santé économique avant-crise : la chute du mur de Berlin. Les Allemands pleurent beaucoup sur le coût de la réunification. C’est vrai, ça a coûté cher et ça a été difficile. Mais ça n’a pas eu que des inconvénients pour l’Allemagne. D’abord, ça lui a donné un marché intérieur plus vaste. Ensuite, nous, Européens, avons largement financé la réunification via les politiques peu coopératives menées à cette occasion par la Bundesbank.

   Enfin et surtout, les Allemands ont été les grands gagnants de la réintégration des pays d’Europe centrale et orientale dans le concert européen. Ils les ont incorporés très rapidement dans leur tissu productif. Avant la chute du mur, le principal pays à fournir l’Allemagne en sous-traitance était la France. Désormais, ce sont la Pologne, la Tchéquie, la Slovaquie, la Hongrie. Et si l’on considère qu’il existe encore un écart de 1 à 5 entre le coût du travail en Pologne et en France, on mesure ce que l’Allemagne a gagné en termes de compétitivité/coûts de ses produits.(...)

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"Vous êtes sûre que cela ne me fera pas trop mal?
- Sûre... Et puis, il vaut mieux perdre un doigt
qu'autre chose, non?"


Washington, 1918. “U.S. Navy Intelligence Bureau. 
Fingerprint department clerks James A. Noonan,
 Mrs. G.G. Boswell.” Harris & Ewing glass neg.

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Benoît Barvin