Bonjour à vous qui, dans le maelström du net, êtes arrivés, par hasard? lassitude? erreur? sur ce blog. Vous êtes les bienvenus. Vous y lirez des extraits d'articles, de pensées, d'interviews, piochés ça et là, et illustrés de photos et dessins détournés, via un humour de bon aloi. Vous pouvez évidemment réagir avec le même humour, la même ironie que nous mettons, chaque jour, à tenter de respirer un peu plus librement dans une société qui se corsète chaque fois un peu plus.
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jeudi 12 février 2015

"L'Homme sans entrain faisait quand même tchou-tchou dans sa tête". Jacques Damboise in "Pensées inconvénientes".

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Pensées pour nous-mêmes:

(LES PAROLES DU MAÎTRE NE 
SONT PAS DES ROSES SANS ÉPINES)

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"On n'est pas bien comme ça, mon Chéri?
- Mmmm... Oui, mon Amour... Mais
dis-moi: tu t'es lavée ce matin?"



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"Un coup de peinture et, hop! 
Les super-riches vont se ruer dessus...
- Mais, M'man, on n'habite
pas New York!
- Et alors?"



ÉTATS-UNIS

Comment New York se fait coloniser 
par les superriches

GABRIEL HASSAN

   Sous le titre : "Tours de secret", The New York Times publie une vaste enquête en cinq volets sur l'acquisition de biens immobiliers de luxe par des acheteurs étrangers via des sociétés écrans.

   L'enquête est centrée sur les luxueux appartements du Time Warner Center, un immeuble avec deux tours jumelles qui se trouve à Columbus Circle, au sud-ouest de Central Park. Le quotidien américain a consacré plus d'un an à percer le secret de plus de 200 sociétés écrans y possédant des biens, comme l'explique le volet initial de l'enquête mis en ligne le 7 février. (...)

   (...) D'après The New York Times, "plus de la moitié des propriétés résidentielles les plus chères aux Etats-Unis [au-delà des 5 millions de dollars] sont désormais achetées de manière anonyme via des sociétés écrans". Des agents immobiliers aux juristes, "toute une chaîne de personnes [...] opère souvent avec des œillères", écrit le quotidien : l'identité et le passé des acheteurs font rarement l'objet d'une enquête par les acteurs impliqués dans les opérations immobilières.

   Dans le Time Warner Center, "37 % des appartements appartiennent à des étrangers" ; "au moins 16 parmi eux ont fait l'objet d'une enquête de l'Etat, à titre personnel ou en tant que chef d'entreprise". La proportion d'appartements détenus par des étrangers est "croissante" selon le journal. (...)

   (...) The New York Times souligne aussi le développement très rapide de l'immobilier de luxe dans la Grosse Pomme : "Quelque 8 milliards de dollars sont investis chaque année dans des propriétés à New York au prix de plus de 5 millions de dollars chacune, soit plus du triple du montant d'il y a dix ans, selon le site PropertyShark." La ville suit le chemin de Londres et Singapour.

   Les volets suivants de l'enquête (dont deux ont été publiés pour l'instant) brossent les portraits de quatre personnages liés aux appartements du Time Warner Center. Jho Low, le "mystérieux financier malais", a ainsi dépensé plus de 140 millions de dollars dans des propriétés à New York et à Los Angeles, puis vendu deux de ces propriétés au gendre du Premier ministre de Malaisie. Khabul Chawla, un promoteur immobilier indien, a pour sa part fait l'objet de plaintes de clients qui l'accusent d'avoir rassemblé des millions, mais de ne pas avoir livré les appartements promis.

   Les deux derniers volets concerneront José Murat Casab, ancien gouverneur d'Oaxaca au Mexique, et l'ancien sénateur et ministre russe Andreï Valivov.

http://www.courrierinternational.com/article/2015/02/10/comment-new-york-se-fait-coloniser-par-les-superriches

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Benoît Barvin

mardi 18 novembre 2014

"J'étais le seul à m'intéresser à la poésie égotique". Jacques Damboise in "Pensées pensées".

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Pensées pour nous-mêmes:

(NE TE BATS PAS
CONTRE L'INUTILE)

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(On demanda à l'homme qui faisait
léviter sa femme de faire de
même pour la République)


Levitation – Kellar magician poster, 1894
(Source: shitndie, via eatfuck)

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(Du haut de cette petite boîte,
un métricule du Monde se contemple)





Sarkozy-Kadhafi : 
Le document authentifié 
dont les médias ne parlent pas


   Il y a quelques jours nous apprenions par Médiapart, que le document qui prouverait que Nicolas Sarkozy aurait reçu 50 millions d’euros de la part de Mouammar Kadhafi, a été authentifié par des experts judiciaires en écriture.
   
Souvenez-vous, entre les deux tours de la présidentielle 2012, le site avait publié un article expliquant que le régime libyen avait financé la campagne de Sarkozy en 2007. Pour étayer cette information, Médiapart se basait sur un document « officiel libyen » signé par Moussa Koussa, l’ancien chef des services secrets du régime Kadhafi. Ce papier évoquait un « accord de principe » du versement des fonds. Mediapart y voyait « la preuve du financement ».

   Nicolas Sarkozy avait, à l’époque, porté plainte contre Mediapart , pour « faux et usage de faux ». Le site d’informations avait répliqué avec une plainte croisée pour « dénonciation calomnieuse ».

   Depuis le début de cette affaire, de nombreux médias ont souvent mis en doute l’authenticité du manuscrit . En septembre dernier c’est Vanity Fair, par l’intermédiaire d’Hevé Gattegno, qui écrivait : « Sarkozy-Kadhafi : le document libyen de ‘Mediapart’ qui accuse l’ex-président pourrait bien être un faux ». L’article de Gattegno faisait suite à la déclaration de Moussa Koussa, qui avait contesté sa signature, tout en déclarant que ‘le contenu’ du document n’était ‘pas faux’ ». A l’époque le journaliste du site d’Edwy Plenel, Fabrice Arfi, avait peu apprécié le papier en question, et l’avait fait savoir sur tweeter.


   Il est vrai qu’il n’est pas question de déranger l’ancien président alors qu’il fait tout ce qu’il peut pour reconquérir la droite, n’hésitant plus à faire dans la surenchère démagogique pour prendre à Hervé Mariton les opposants au mariage pour tous.

   L’AFP et nos médias en font des tonnes sur le sujet, ils en font encore plus sur la rencontre Fillon- Jouyet qui serait pour certains une affaire d’Etat, tout cela parce que l’ancien Premier Ministre aurait demandé que l’on accélère la procédure contre son ancien président. François Fillon serait discrédité dans la course à l’Elysée, d’après les éditorialistes de génie qui nous informent.

   Mais en ce qui concerne Nicolas Sarkozy, dont le nom apparaît dans de multiples affaires,il a comme une bienveillance ou une crainte de la part de toutes ces belles plumes. Pour lui, pas question de course à l’Elysée interrompue. Il peut tout dire, tout faire, rien n’y fait, il reste en course. On le critique mais point trop n’en faut, comme si on tenait à le ménager.

   Mais pourquoi ?



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(Pour retrouver le pouvoir, l'ex-Résident
était prêt à s'allier avec n'importe qui)


"@*%¨°##"

Invasion of Astro Monster (1965)

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Luc Desle

vendredi 14 novembre 2014

"La Princesse qui bavait trop n'oubliait jamais sa provision de mouchoirs". Jacques Damboise in "Pensées de l'entre-deux".

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Pensées pour nous-mêmes:

(RETROUVE L'AMI QUI EST EN TOI)

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"Aidez-moi, je suis coincée!"


(La débutante contorsionniste avait encore du chemin à faire)


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"Please, wash your hands.
- Instructions in French, it's possible?"



Controverses autour de la commande
par la télévision française d’oeuvres dramatiques 
en anglais (The Times)

Adam SAGE

   Louis XIV, le plus illustre de tous les monarques français, s’est imposé en Europe durant un règne de 72 ans considéré comme triomphal pour la langue et la culture nationales. De nos jours cependant, le Roi-Soleil est en train de devenir un symbole de déclin linguistique quand une chaîne française de télévision annonce à son sujet le tournage d’une « grosse machine » plutôt bas de gamme et en anglais.

   Les critiques disent que c’est un crime de faire parler dans une langue étrangère le grand monarque de la France du XVIIe siècle ; d’autant plus qu’il a combattu les partisans anglais de Guillaume d’Orange pendant la Glorieuse Révolution. Le mouvement coïncide avec une augmentation du nombre d’artistes français, y compris « Daft Punk », le groupe pop et Luc Besson, le cinéaste qui, en quête de publics internationaux, abandonnent la langue française.

   Louis XIV sera interprété par George Blagden, 24 ans, un acteur britannique, dans la série en dix épisodes de Versailles, tournée à l’extérieur de Paris. Amira Casar, actrice française née en Angleterre, jouera Béatrice, une courtisane. Les scénarios ont été écrits par Simon Mirren, le neveu de l’actrice Helen Mirren et par David Wolstencroft, le créateur de « Revenants ».

   La série se concentrera sur le jeune Louis affrontant les intrigues et l’adversité, au moment où il est en train de faire du château de Versailles le siège du pouvoir au début de son règne qui commença en 1643. La série coûtera 21 millions de livres sterling, deux fois plus par épisode que Downton Abbey et elle sera diffusée par Canal Plus l’année prochaine. Les téléspectateurs auront le choix entre une version doublée et la version originale sous-titrée en français.

   La chaîne a l’habitude de faire des séries étrangères en anglais, notamment Borgia sur la dynastie italienne de la Renaissance, mais les critiques estiment que Louis XIV, le roi qui incarne l’Etat français centralisé et toute sa grandeur, s’exprimant en anglais, c’est aller un peu loin.

   « Il est vraiment insupportable et totalement invraisemblable que des séries françaises sur Louis XIV puissent être tournées en anglais déclare Gaston Pellet, de l’association CO.U.R.R.I.E.L (Collectif Unitaire Républicain pour la Résistance, l’Initiative et l’Emancipation Linguistique), nous n’avons rien contre l’anglais mais nous ne voudrions pas que le français devienne une langue secondaire en France ». Il ajoute que la série « Versailles » symbolise la capitulation des élites politiques et médiatiques françaises dans la lutte pour promouvoir l’héritage linguistique du pays.

   Jean Maillet, écrivain et compositeur de musique, dit qu’il est « un tantinet choqué » d’apprendre qu’un acteur anglais jouera le Roi Soleil. Canal plus, ajoute-t-il, aurait pu saisir l’opportunité de faire revivre le français classique en usage du temps de Louis XIV.

   Le Figaro a estimé que c’était un crime de lèse-majesté d’entendre Louis XIV demander « Comment est ma Reine ? » plutôt que « Comment va ma Reine?» Cependant, les partisans de l’anglais estiment que l’anglais favorisera la vente de la série aux diffuseurs hors de France.(fric, fric, fric)

   Fabrice de la Patellière, directeur de la fiction à Canal Plus, a déclaré que le fait de filmer en anglais était « un choix pragmatique (et pas artistique?) destiné à favoriser l’exportation des séries ». « C’est une concession que nous avons consentie afin de développer nos ventes » a-t-il ajouté : « dans certains territoires anglo-saxons, l’anglais est indispensable si vous voulez voir augmenter vos ventes»

   Jalil Lespert, le directeur des séries, a déclaré que Mirren et Wolstencroft avaient produit « un texte presque shakespearien » (mais pas Moliéresque, donc...) et que les acteurs britanniques possédaient une formation classique qui rehaussait la qualité des séries. (La Comédie Française serait-elle moribonde?)


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(La femme qui fumait de l'intérieur en pleine action)


Simone Signoret


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Luc Desle

jeudi 6 novembre 2014

"Echange mauvaises habitudes contre saine routine". Benoît Barvin in "Pensées coïncidentes".

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Pensées pour nous-mêmes:

(ES-TU PRÊT(E) A AIMER
JUSQU’À EXTINCTION DE TES SENS?)

***

(La révolte des masses n'était pas loin.
Elles avaient commencé à s'entraîner...)

Jaime King, "Sin City" (Robert Rodríguez, 2005).
(via lab-hiro)
***
(Le mangeur de mur était ridicule)



Bangalore, « Silicon City » indienne 
et capitale du suicide

Aujourd'hui l'Inde.com

   Bangalore est la ville symbolique d’une Inde émergente, avec ses centresd’appel et les délocalisations, et ses entreprises innovantes qui en font la « Silicon City » indienne, à l’image de la prospère Silicon Valley californienne. Une tendance qui en cache une autre, plus sombre, car la ville enregistre, depuis plusieurs années déjà, le plus grand nombre et le plus haut taux de suicide en Inde.

   D’une petite ville de garnison pendant la colonisation britannique, elle est devenue aujourd’hui la troisième ville du pays derrière New Delhi et Mumbai. « Mecque » de l’informatique, Bangalore et ses six millions d’habitants attirent de nombreux jeunes ingénieurs venus de toute l’Inde pour réussir.

   Mais selon les chiffres officiels du National crime records bureau, la capitale du Karnataka (sud) a enregistré 2 167 cas de suicide – six par jour – en 2009, devant Chennai (1 412 cas) et New Delhi (1 212 cas). Cette tendance n’est pas nouvelle. Bangalore figure en tête du classement des mégalopoles indiennes pour le nombre de suicides depuis dix ans. (...)

    (...) Alors que Mumbai et New Delhi, réputées plus violentes – en particulier cette dernière – attirent elles aussi de nombreux migrants vivant souvent de manière précaire, Bangalore est une destination à part, car ultracompétitive.

   Temple de l’informatique qui se développe et se modernise à vue d’œil, à l’image de son gigantesque aéroport flambant neuf, la Sillicon City est prisée par de nombreux jeunes cadres pour qui « l’échec n’est pas envisageable », explique le docteur Satish Chandra, de l’Institut national en santé mentale et des neurosciences (NIMHANS), basé à Bangalore.

   L’urbanisation rapide de cette ville, devenue le centre informatique du pays, et l’environnement ultracompétitif qui en résulte, seraient les principales raisons du taux élevé de suicides à Bangalore (38 pour 100 000 habitants, contre une moyenne nationale de 10,9 en 2009).

   Selon le NIMHANS, les ingénieurs informatiques entre 20 et 30 ans constituent une part importante des patients qui viennent se faire soigner pour des maladiesliées au stress.(...)

   (...) L’insécurité de l’emploi dans un environnement compétitif, les conditions de travail stressantes, le sentiment d’aliénation et de solitude que peut engendrer la vie dans une grande ville, mais aussi une évolution drastique du mode de vie, expliquent ce taux de suicide. Le docteur Kumar Jalali explique : « Les gens sont constamment en quête de solutions faciles à leurs problèmes, de raccourcis pour réussir. »

   De nombreux cas de suicides seraient également liés à des problèmes financiers auxquels sont confrontés les jeunes cadres de l’informatique. Un avocat de Bangalore expliquait déjà en 2008 au site d’information Rediff.com : « Les banques sont largement responsables d’avoir accordé des prêts trop facilement à de nombreux jeunes clients, qui décident de [mettre fin a leur vie] lorsqu’ils réalisent qu’ils ne peuvent pas rembourser. »

   Alarmés par cette tendance inquiétante, les habitants de Bangalore se mobilisent pour y remédier. Des cellules d’écoute ont été créées et plusieurs entreprises ont décidé de venir en aide à leurs employés en les encourageant à participer à des programmes de thérapie « antistress ». Des initiatives encore insuffisantes pour enrayer un taux de suicide qui a augmente de près de 40% en dix ans.


***
"Bon, alors, vous descendez nous serrer la pince?
- Miam...
- Chut!"



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Benoît Barvin

samedi 25 octobre 2014

"Comme il chantait le bonheur de vivre, l'assemblée de Morts-Vivants se mit à pleurer". Jacques Damboise in "Pensées de l'à-peu près".

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Pensées pour nous-mêmes:

(LA FEMME ET L'HOMME
SONT LA MESURE L'UN DE L'AUTRE)
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(La contorsionniste s'entraînait toujours
très sérieusement)



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"Si ça va mal, zou! Je me fais
engager au parc Astérix!"



Euro Disney: 
pourquoi la maison-mère ne laissera
jamais tomber son parc d'attraction


Le HuffPost 

   (...) Pour la troisième fois en 22 ans, la maison-mère américaine du parc d'attraction va remettre la main à la poche pour sauver Disneyland Paris. The Walt Disney Company (TWDC) devrait mener un plan de recapitalisation d'un milliard d'euros, censé lui donner de l'air frais pour les années à venir. Euro Disney (l'exploitant du parc dont TWDC dispose de 40% du capital) souffre depuis ses origines d'un problème de dette abyssale et fait les frais de la conjoncture morose des dernières années. Mais l'oncle d'Amérique n'est pas près de laisser tomber sa vitrine européenne.

   "C'est le premier parc d'Europe et la première destination touristique française", explique au HuffPost Jean-Pierre Nadir, fondateur du portail Easyvoyage. "Avec 14 millions de visiteurs par an, on ne peut pas dire que c'est un échec". Il faut dire que malgré ses résultats en dents de scie, le parc reste le plus gros succès touristique des 25 dernières années. À titre d'indication, le parc Astérix, le Futuroscope et le Puy-du-Fou sont tous en-dessous des 2 millions.

   Le groupe croit dur comme fer dans la réussite du parc, dans lequel il a inauguré une nouvelle attraction en juillet dernier. Basée sur l'univers du film Ratatouille, elle est l'aboutissement d'un programme industriel d'ampleur dans sa conception et sa réalisation. C'est comparable au lancement du second parc Walt Disney Studios en 2002 ou la nouvelle version de Space Mountain en 2005. Montant de l'opération: 200 millions d'euros, soit le double de la "Tour de la terreur", dernière grande attraction du parc. (...)

   (...) "Disneyland Paris est la première destination touristique en Europe, mais la dégradation de l'environnement économique et le poids de la dette du groupe ont fortement impacté ses recettes et sa liquidité", a justifié Tom Wolber, le nouveau président d'Euro Disney, qui a pris ses fonctions mi-septembre. "Cette proposition de recapitalisation d'Euro Disney est essentielle pour renforcer sa solidité financière et permettre au groupe de continuer à investir dans le parc afin d'améliorer l'expérience visiteur", a-t-il dit.

   Il faut dire que malgré les résultats financiers, la réussite commerciale est incontestable. Le parc a accueilli 14,1 millions de personnes sur l'exercice 2014 (clos au 30 septembre). Il approche désormais la barre des 300 millions de visiteurs en cumul depuis son ouverture le 12 avril 1992 (avec un pic annuel de 16 millions en 2012). Mais en dépit de son impressionnant succès d'affluence, il continue d'accumuler les déficits depuis 2001.

   De fait, son exploitant n’a gagné de l’argent qu’entre 1995 et 2001. Euro Disney accusait encore une perte nette de 64,4 millions d’euros au titre de son exercice 2013, pour un chiffre d’affaires de 1,3 milliard d'euros. Avant la recapitalisation, la dette s'élevait à 1,7 milliard d'euros et devrait prochainement fondre à 750 millions d'euros. Alors, Disneyland Paris, une si mauvaise affaire que ça?

   "C'est la structure du financement qui pose un problème", explique Jean-Pierre Nadir d'Easyvoyage. "Euro Disney a été élaboré sans fonds propres, c'est normal que l'actionnaire remette la main à la poche régulièrement". En effet, le parc a toujours été condamné à s'endetter pour se développer et construire de nouvelles attractions. Mais la maison-mère n'est pas aussi perdante qu'on veut bien le croire.

   La Walt Disney Company profite d'un montage financier particulier. Le contrat prévoit qu'elle ne touche pas de dividendes (indexées sur les bénéfices), mais d'énormes royalties de la part de la société d'exploitation. Que le parc soit rentable ou pas, Disney s'assure une manne financière substantielle. Suspendus pendant cinq ans après la crise financière de 1994, ces royalties ont repris et représentent 57% des pertes nettes depuis dix ans. "Sans ces derniers, Euro Disney pourrait être très proche de la rentabilité", souligne Jean-Pierre Nadir.

   Depuis sa création, Euro Disney a reversé en moyenne 6% de son chiffre d'affaires à sa maison mère, sous forme de royalties. Le CFDT évoque une somme de 75 millions d'euros annuels. De plus, les prêts octroyés par la maison-mère ne sont pas sans intérêts. Sur les 1,3 milliard d'euros prêtés en 2012, le conseil de surveillance de Disney a fixé le taux de remboursement à 4%. (...)

   (...) Mais outre pour la maison-mère, la survie d'Euro Disney est un sujet primordial pour l'Etat français. Malgré un investissement public initial de 666 millions d'euros (interconnexions TGV, RER, échangeurs), la somme a été décuplée en 20 ans par l'investissement privé. Selon une étude de la délégation interministérielle au projet Euro Disney, 7 milliards d'euros d'investissements privés ont été réalisés depuis 1992. Toujours selon la même source, 2,5 milliards d'euros de valeur ajoutée sont produits chaque année, principalement au profit de l'Ile-de-France et de la Seine-et-Marne.

   Les visiteurs de Disneyland ont dépensé 59 milliards d'euros en 20 ans en France, ce qui représente 6,2% des recettes du tourisme en France sur la période. Un montant astronomique, auquel la France tient énormément. "La France s'est mise en quatre pour être choisie, au détriment de Barcelone également candidate", rajoute Jean-Pierre Nadir.

   Disneyland a aussi généré en 20 ans 5,33 milliards d'euros de recettes fiscales (impôts et taxes): 4,5 milliards d'euros de TVA pour les caisses de l'Etat, et 667 millions d'uros courants en impôts et taxes pour les collectivités territoriales. Sur le plan social, 55.000 emplois ont été créés en 20 ans (en moyenne annuelle), "directs, indirects ou induits", sachant qu'un emploi à Disneyland en a généré près de 3 ailleurs en France. Fin 2010, Disneyland comptait un peu moins de 15.000 salariés. Mais "c'est au total 20.000 emplois en Seine-et-Marne", rajoute l'étude. Difficile donc d'envisager Marne-la-vallée sans son parc.

   Enfin, "pour la Walt Disney Company cette présence en Europe est stratégique",expliquait pour les 20 ans Ignace Lahoud, directeur adjoint finances d'Euro Disney, "c'est sa plus belle vitrine". "Ils n'ont pas le choix", assure quant à lui Jean-Pierre Nadir: "C'est leur nom et leur marque, il est impossible d'imaginer Euro Disney sans Disney". (...)


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(La partie de cartes avait duré un peu trop longtemps)



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Luc Desle

jeudi 23 octobre 2014

"Il débordait d'énergie qui s'en fut par la dizaine de trous que je lui fis pour une banale histoire de dette impayée". Benoît Barvin in "Pensées coïncidentes".

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Pensées pour nous-mêmes:

(QUE TON CHANT D'AMOUR SOIT
  CELUI DE L'OISEAU AU PRINTEMPS)

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"Mais enfin, Cui-cui, qu'est-ce que tu fais?
- Bande à part.
- T'es c... A plusieurs, on se tient chaud.
- J'veux pas avoir chaud."



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Pour enchaîner les peuples, 
on commence par les endormir…

Capitaine Martin

   Le système capitaliste repose sur des médias de plus en plus omniprésents car parfaitement adaptés aux évolutions technologiques du XXIème siècle. Journaux et chaînes télévisées représentent aujourd’hui une arme redoutable pour ceux qui tirent les manettes de l’économie globale. Et ne parlons pas de liberté de la presse !

   Tout récemment, les mésaventures de Libération, affrontant une des plus graves crises de son histoire, ont nécessité d’avoir recours à des hommes d’affaires fortunés prêts à renflouer les caisses, moyennant forcément une emprise plus ou moins directe sur l’entreprise et partant, la ligne éditoriale. On ne mord pas la main qui vous nourrit...

   Malgré ceci, de nombreuses voix se font entendre pour critiquer ce système qui nous pousse inexorablement vers une crise, économique et morale, de grande ampleur. Certains, tel l’éditorialiste duNew York Times Roger Cohen, estiment même que les tensions qui agitent l’Ukraine, la guerre syrienne et les conflits territoriaux en mer de Chine sont autant d’éléments qui pourraient déclencher un nouveau conflit mondial.

   Plus que jamais l’Occident, qui continue à être à la traîne de ce système en n’acceptant pas de céder le témoin aux BRICS, met le feu aux poudres en alimentant les guerres et autres entreprises de déstabilisation. Et là encore, l’appareil médiatique n’a jamais autant joué son rôle de propagandiste que depuis la chute du Mur. Le principe du « deux poids et deux mesures » est à ce petit jeu-là un véritable atout dans la manche des États-Unis et de leurs alliés, une arme dévastatrice utilisée au fil des ans pour hypnotiser et tromper une opinion publique de plus en plus privée de sens critique et de profondeur culturelle. Les États-Unis ont même rendu systématique ce « deux poids et deux mesures » en trouvant le terrain d’entraînement idéal avec la Guerre froide qu’elle a menée contre l’Union soviétique au cours du XXème siècle.

   Mais comment diable s’y sont-ils pris ? C’est très simple : en accusant le pays des soviets de ne pas respecter les droits humains et d’arrêter injustement les dissidents politiques. Dans le même temps, le maccarthysme battait pourtant son plein au pays des soi-disant libertés, et des milliers d’Américains suspectés d’avoir de simples sympathies pour le socialisme ont connu les foudres de la « chasse aux sorcières ». Certains, à l’image des époux Rosenberg, ont même connu la chaise électrique. 

   Et lorsque les chancelleries dites démocratiques mettaient en cause le bloc socialiste pour son intervention en Hongrie et en Tchécoslovaquie, les États-Unis et leurs alliés écrasaient les revendications populaires en Corée, au Vietnam, en Angola, au Congo ou en Amérique du sud sans que personne n’osât alors remettre en doute la supériorité morale de l’Empire. Et peu importe si, à la même période, les États-Unis étaient en train de dépasser l’URSS en termes de taille relative de sa population carcérale... Les médias avaient déjà fait le tri.

   On ne parlera même pas de la politique intérieure des États-Unis, marquée durant les années cinquante et soixante par un racisme quasi institutionnel à l’encontre des Noirs et des Hispaniques. Un racisme impensable pour un pays se faisant le chantre de la liberté. Rappelons que l’ancien président sud-africain Nelson Mandela figurait sur la liste des terroristes établis par l’Empire, et ce depuis la présidence de Ronald Reagan jusqu’en 2008. Son parti, l’ANC (Congrès national africain), était alors considéré par les autorités américaines comme une organisation terroriste en raison de son engagement contre l’apartheid. 

   Ces éléments n’ont pourtant jamais entamé la confiance aveugle des pays d’Europe de l’ouest vis-à-vis de son allié d’Outre-Atlantique. Cela pouvait encore se comprendre tant que l’URSS était debout ; il s’agissait alors d’une guerre idéologique entre l’Ouest et l’Est, et l’Occident se retrouvait, bon gré mal gré, sous le parapluie de l’OTAN.

   Avec la chute de son ennemi soviétique, les États-Unis ont perdu toute excuse. N’ayant plus d’Empire du mal à défier, la « reine des démocraties » aurait dû tenir ses promesses et délivrer au monde entier la prospérité que la présence du monstre soviétique empêchait jusque-là d’offrir. Force est de constater que la chute de l’URSS n’a pas conduit à une amélioration des conditions sociales. Pis, les droits des travailleurs ont commencé à être malmenés et le bien-être ne s’est pas propagé si ce n’est par le développement de nouveaux biens technologiques, mais au prix d’un processus de fragmentation de la richesse aboutissant à la capitalisation par quelques-uns de sommes considérables d’argent au détriment du plus grand nombre.

   Quant aux guerres, elles sont loin d’avoir disparu. L’Iraq, la Yougoslavie, le 11 Septembre, l’Afghanistan, les Printemps arabes et l’Ukraine nous rappellent que le monde entier verse chaque jour un peu plus dans le chaos. Le « deux poids et deux mesures » figure toujours en pointe de la propagande de guerre que les médias ont mise en place pour apporter un soutien diplomatique et moral aux interventions militaires de l’Occident. De la Libye de Kadhafi à la Syrie d’Assad, les médias ont orchestré sans discontinuer un gigantesque martèlement visant à identifier l’ennemi de la liberté et de la démocratie, le méchant pourrait-on dire, pour le jeter en pâture à l’opinion publique et justifier du même coup leurs prétentions impérialistes.

   Ces manipulations, grossières au demeurant, sont d’autant plus possibles que les masses sont littéralement gavées par la propagande d’État. Il est facile dans ces conditions pour les dirigeants occidentaux de ne présenter qu’une analyse sommaire et manichéenne des faits, une analyse n’appelant aucune réflexion. Pourtant, les militants djihadistes qui combattent Assad après avoir combattu contre Kadhafi sont présentés par les médias comme des combattants de la liberté, alors que les moudjahiddines qui luttent contre les États-Unis en Afghanistan deviennent subitement des terroristes. Plus près de nous, Hollande affirme que le président Assad n’est pas un partenaire fiable contre le terrorisme, alors que ces mêmes terroristes étaient les interlocuteurs de l’Élysée dans ses velléités de destitution des dirigeants syrien et libyen.

   En Ukraine, le mouvement de contestation, baptisé « Euromaïdan », montre comment un coup d’État contre un gouvernement démocratiquement élu peut être fomenté avec succès avec un appui étranger et sans intervention militaire. Il dévoile, une fois de plus, la partialité des médias occidentaux qui, avec une argumentation fallacieuse, appuient aveuglément l’interventionnisme occidental et, avec une vision dichotomique, qualifient là aussi les uns de bons et les autres de méchants. Parmi ceux-ci, les séparatistes de la République populaire du Donetsk... comme si cette appellation suffisait à faire d’eux des terroristes.

   L’Occident n’a eu de cesse de rendre ces ennemis inaudibles, pratiquant la désinformation par une perte de repères due à la surinformation en vue de créer non des illettrés ou des incultes, mais des êtres en phase de « désorientation », psychologiquement conditionnés et réorientés dans le sens souhaité. Pour enchaîner les peuples, on commence par les endormir...

http://www.legrandsoir.info/pour-enchainer-les-peuples-on-commence-par-les-endormir-26903.html

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"Mais, M'man, on regarde qui, là?
- Celles et ceux qui nous transforment
en espèce menacée, mon chéri."



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Luc Desle

vendredi 22 août 2014

"Il vendait des bibelots beaux à de Blondes béotiennes ". Jacques Damboise in "Pensées à contre-pet".

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Pensées pour nous-mêmes:

(L'ALCOOL DE LA FÉLICITÉ
N'EST PAS DANGEREUX)

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(Au tout début, ces ballons pudiques jouèrent le jeu... 
mais ils ne résistèrent pas longtemps


Marilyn Maxwell

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"Ah, il est l'heure de vérifier que mes investissements
pour l'aide aux gueux a bien fonctionné"


Picsou
hitek.fr

PAYS PAUVRES
Comment l’aide au développement se privatise
au profit des grandes multinationales

THOMAS CLERGET

   (...) Un réseau d’ONG s’alarme de la montée en puissance des « institutions financières de développement » (IFD), mandatées pour soutenir les investissements du secteur privé dans les pays émergents. Ces banques dépendent de l’argent que leur versent États ou organisations internationales. Mais, peu contrôlées, elles auraient une fâcheuse tendance à favoriser les multinationales des pays riches, voire à financer des projets privilégiant la rentabilité économique plutôt que l’utilité sociale des investissements. Quitte à solliciter, si nécessaire, des fonds implantés dans les paradis fiscaux...

   L’aide publique au développement (APD), en direction des pays pauvres, connaît-elle une privatisation silencieuse, déconnectée des besoins des populations mais conduite au plus grand bénéfice des entreprises multinationales ? Tandis que les parlementaires français entendent réduire le budget national consacré à cette aide publique, un rapport publié vendredi 11 juillet par le Réseau européen sur la dette et le développement (Eurodad) s’inquiète de la montée en puissance et de l’opacité de fonctionnement des institutions financières de développement (IFD). Celles-ci sont en charge des aides orientées vers le secteur privé des pays émergents. Et pour elles, entreprises et marchés sont désormais considérés comme les principaux leviers de leur développement.(...)

   (...) Qui sont ces « IFD » ? Banque européenne d’investissement (BEI), Société financière internationale (SFI) rattachée à la Banque mondiale, ou encore, en France, la société Proparco [1], une filiale de l’Agence française de développement (AFD). Elles mobilisent des capitaux en augmentation constante depuis le début des années 2000. Selon Eurodad, ces montants devraient atteindre, à l’échelle mondiale, les 100 milliards de dollars en 2015, soit l’équivalent des deux tiers de l’aide publique au développement. Fournie directement par les États pour, par exemple, soutenir l’accès à l’éducation ou la lutte contre le paludisme, l’aide publique tend à diminuer dans la plupart des pays européens. Au contraire des financements destinés, via les « IFD », à investir sur des projets portés par les entreprises dans les pays pauvres, en leur apportant des prêts, des garanties, voire une participation directe à leur capital.

   Illustration de ce dispositif, la BEI et Proparco vont avancer respectivement 200 millions et 50 millions d’euros, sous forme de prêts, pour le financement du « plus grand parc éolien d’Afrique subsaharienne », qui doit s’implanter près du lac Turkana dans le Nord du Kenya [2]. Le projet prévoit l’installation de 350 turbines, qui seront exploitées par un consortium réunissant des entreprises privées et des agences d’investissement européennes, tandis que « les français Siemens et Bolloré assureront respectivement la partie électrique et le transport des éoliennes ». « Les investissements réalisés par le secteur privé européen offrent d’immenses perspectives au Kenya ainsi que pour le développement de l’ensemble de la région », a commenté Lodewijk Briet, ambassadeur de l’Union européenne. (...)

   (...) Cette stratégie du « développement par le marché » est-elle profitable aux pays concernés ? Dans son rapport, issu d’une enquête menée pendant deux ans, Eurodad dénonce, chiffres à l’appui, une distribution des aides orientée en priorité vers les société multinationales des États les plus riches. L’organisation met en doute leur pertinence pour la satisfaction effective des besoins sociaux des populations. Entre 2006 et 2010, seules 25 % des entreprises aidées par la BEI et la SFI appartenaient à des pays à bas revenu, tandis que 50 % des aides étaient distribuées à des sociétés des pays de l’OCDE, voire même domiciliées dans les paradis fiscaux ! 40 % de ces aides concernent des entreprises de très grande taille, cotées sur les plus grandes places boursières de la planète. Ces nouvelles formes de financements ont donc tendance à sous-traiter le « développement » des pays pauvres auprès des entreprises multinationales des pays riches.

   Ce qui s’explique aisément, si l’on considère la très faible représentation des pays en développement dans les comités de décision de ces institutions. Ces derniers ne pèsent que 1,4 % des voix au sein de la BEI, tandis que la SFI leur autorise 28 % des droits de votes. L’ambiguïté des missions confiées est également pointée du doigt :« Bien que la plupart de [ces institutions financières] aient reçu un mandat en faveur du développement, elles sont organisées comme des entreprises privées, avec des objectifs de rentabilité commerciale impliquant des compromis entre ces différentes considérations », relève Eurodad. (...)

   (...) L’impact réel des projets financés sur les conditions de vie des populations concernées pose question. Ces politiques d’inspiration très libérale conduisent en effet les IFD à orienter 50 % des subsides en direction du secteur financier des pays émergents, qui n’est pas spécialement connu pour ses velléités redistributives. Autre exemple d’investissements à la portée plus que discutable, la SFI aurait financé deux multinationales de l’hôtellerie de luxe, Mövenpick et Marriot, à hauteur de 79 millions de dollars, pour les aider à s’implanter au Ghana et en Jamaïque, tandis que la banque de développement de Grande-Bretagne soutenait la construction de lotissement fermés, des gated communities, dans plusieurs pays pauvres.

   Côté français, la nature et les investissements de Proparco attirent également l’attention. Comme l’indique le site internet de l’agence, des groupes comme BNP Paribas, Bouygues, ou encore Bolloré Africa Logistics, figurent à son capital, aux côtés de l’AFD qui en est l’actionnaire majoritaire. « Potentiellement, ces entreprises peuvent aussi solliciter des financements, relève Mathilde Dupré, du Comité catholique contre la faim et pour le développement (CCFD). Cela peut soulever quelques interrogations. » Le groupe Veolia, lui-aussi actionnaire de Proparco, est précisément dans ce cas de figure. Fin 2007, Proparco est en effet entrée au capital de Veolia Water AMI, « filiale de Veolia Eau, opérateur des services de l’eau, de l’assainissement et de l’électricité sur l’Afrique, le Moyen-Orient et le sous-Continent Indien ». L’indépendance et l’intérêt des actions menées par cette agence, qui n’utilise pas d’argent public mais est adossée à l’AFD, demanderaient à être examinées dans les détails. (...)

   (...) Dans le cadre de discussions sur la loi d’orientation des politiques de développement adoptée le 7 juillet dernier, les parlementaires ont pourtant bloqué deux propositions d’amendement introduites à la demande des ONG, qui réclamaient une plus grande transparence des critères de sélection des projets financés, ainsi que sur la liste des bénéficiaires de ces aides. Pourtant, députés et sénateurs ont été informés des dérives de Proparco, via un article du Canard enchaîné du 11 juin 2014, révélant comment l’agence avait investi plus de 400 millions d’euros dans des sociétés situées à l’Île Maurice, aux Caïmans, au Luxembourg, ou encore à Chypre et à Jersey, tous des paradis fiscaux. Ces fonds d’investissement étaient ensuite chargés de réinvestir les montants alloués dans les pays en développement. Pour le plus grand bénéfice de leurs populations, comme on peut l’imaginer.

   « Proparco, malgré son mandat de développement, agit comme n’importe quel investisseur privé, guidé par la rentabilité des projets plus que par leur impact réel sur l’amélioration des conditions de vie des populations des pays du Sud », constatent, dans un communiqué, les membres de la Plateforme Paradis fiscaux et judiciaires, composée d’ONG, d’associations et de syndicats français. Le réseau Eurodad s’inquiète de son côté de « l’expansion rapide » des IFD et « des nombreuses questions posées par leurs pratiques ». « Elles sont contrôlées par les pays riches, et leur stratégie comme leur gouvernance intègrent très peu le point de vue des pays en développement. Le temps est venu d’une évaluation indépendante de ces institutions et de leurs opérations ».

Notes

[1] Société de promotion et de participation pour la coopération économique, créée en 1977 pour « favoriser les investissements privés dans les pays en développement ».
[2] Voir sur le site internet de la BEI, ainsi que sur celui de PROPARCO.


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(Au scanner cérébral, on confondait
facilement un terroriste)



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Benoît Barvin