Bonjour à vous qui, dans le maelström du net, êtes arrivés, par hasard? lassitude? erreur? sur ce blog. Vous êtes les bienvenus. Vous y lirez des extraits d'articles, de pensées, d'interviews, piochés ça et là, et illustrés de photos et dessins détournés, via un humour de bon aloi. Vous pouvez évidemment réagir avec le même humour, la même ironie que nous mettons, chaque jour, à tenter de respirer un peu plus librement dans une société qui se corsète chaque fois un peu plus.
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vendredi 5 décembre 2014

"C'est dans cet 'home' qu'elle trouva le bonheur". Benoît Barvin in "Pensées pensées".

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Pensées pour nous-mêmes:

(LE RÊVE EST L'ANTICHAMBRE
DE LA VRAIE VIE)

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"Plus que quelques autres millions,
et à moi la France!"




Comment Sarkozy a renfloué son patrimoine
avant de prendre l'UMP

Le HuffPost 

   (...) Homme proche des fortunes du CAC40 lors de son passage à l'Elysée, Nicolas Sarkozy n'est pas non plus maladroit lorsqu'il s'agit de sortir le carnet de chèques. L'ancien président de la République a réglé le 1er décembre la somme de 336.615 euros à l'UMP pour rembourser les pénalités de dépassement sa campagne 2012. Un paiement cash, qui peut étonner ceux qui n'imaginaient pas une telle aisance financière chez le nouveau chef de l'opposition.

   Il faut remonter au début 2012, date de sa déclaration de patrimoine, pour trouver un dernier bilan complet de sa fortune. Au début de la campagne présidentielle, il précisait au Conseil constitutionnel détenir un patrimoine de 2,7 millions d'euros, constitué principalement de contrats d'assurance-vie (chez HSBC et Neuflize OBC). Rappelons que lors de son élection en 2007, son patrimoine s'élevait à un peu plus de 2 millions d'euros.

   Parmi les biens supplémentaires cités en 2012, on note des collections d'autographes, montres et statuettes estimées à un total de 100.000 euros. En 2007, sa première déclaration de patrimoine ne mentionnait "aucune" collection. On sait par exemplequ'il arbore désormais une splendide montre Patek Philippe (estimée à 55.000 euros). Enfin, il ne possède aucun bien mobilier ou immobilier ni aucun placement boursier. (...)

   (...) Nicolas Sarkozy dispose d'une confortable dotation annuelle en tant qu'ancien président. Soit près de 6000 euros brut par mois. À cela, note Challenges, s'ajoute ce qu'on appelle pudiquement des "primes de sujétions spéciales", dont le montant est tenu secret. Ces primes, allouées aux anciens présidents, ont officiellement pour objectif de "compenser les contraintes subies dans l'exercice de leurs fonctions". A noter qu'il ne touche pas encore ses pensions de retraites pour ses précédents postes, qu'il ne siège pas au Conseil constitutionnel et donc ne touche pas l'indemnité de 13.000 euros bruts.

   Il convient également d'ajouter les 4800 euros de dividendes mensuels (chiffres 2012) que lui verse le cabinet d'avocats (Arnaud Claude et Associés), dont il détient 34% des parts. Nicolas Sarkozy verse en revanche une pension alimentaire de 3000 euros par mois pour Louis Sarkozy, son fils né de son mariage avec Cécilia Attias, et 2926 euros mensuels de prestation compensatoire pour Marie-Dominique Culioli, sa première épouse. Et en tant qu'ancien président, l'Etat couvre les frais du staff mis à sa disposition: un bureau (15.000 euros de loyer mensuel, rue de Miromesnil), sept collaborateurs et deux chauffeurs. (...)

   (...) Malgré ses ressources importantes, le président de l'UMP trouve ses principaux revenus dans les conférences qu'il donne à travers le monde. Nouvelle lubie démarrée après sa défaite en 2012, les interventions de l'ancien président ont été monnayées à l'instar des plus grands. C'est simple: il est le Français le plus cher du monde (100.000 à 130.000 euros les 45 minutes), juste devant Dominique Strauss-Kahn. En tout, il aurait participé à une vingtaine de speechs en 18 mois, du Brésil à la Corée, en passant par le Qatar et le Congo. À l'arrivée, selon Capital, il aurait gagné 2 millions d'euros grâce à cet exercice.

   L'organisation de ces événements est très bien huilée. À Paris, c'est la demi-soeur de Carla Bruni qui coordonne son agenda de conférencier (pour 7000 euros par mois, payé par l'Etat). Il peut donc sereinement regarder derrière lui et se rappeler cette phrase que lui avait prêté Le Point en 2008: "Je fais ça pendant cinq ans (ndlr: président de la République), et ensuite, je pars faire du fric comme Clinton, 150.000 euros la conférence".

   Il est toutefois difficile d'affirmer avec précision les cachets offerts. En août 2012, Le Canard Enchaîné révélait que la banque Morgan Stanley était prête à débourser jusqu'à 250.000 euros pour 45 minutes de conférence (avec photos). Très au-dessus du prix "du marché", cette information n'a jamais été confirmée. (...)

   (...) Si l'on ne connaît pas le type de contrat de mariage choisi par Nicolas Sarkozy et son épouse, les patrimoines en jeu ne sont pas anodins. Carla Bruni est l'héritière d'un riche industriel italien. Au décès de son père, Alberto Bruni-Tedeschi, en 1996, sa mère, sa soeur et son frère (décédé en 2006) ont hérité de deux somptueuses demeures: le château Castagneto près de Turin, accompagné d'une coquette villa dans le Var.

   Par ailleurs, note Le Figaro, l’interprète de "Quelqu'un m'a dit" posséderait deux appartements à Paris, le premier, place des Ternes dans le XVIIe arrondissement et de Villa Montmorency, aux confins du très select XVIe. En tout, son patrimoine immobilier est estimé à plus de 10 millions d'euros. Si l'on additionne ses cachet perçus de sa maison de disques ou du joaillier Bulgari (dont elle est l'égérie), la fortune de Carla Bruni s'élèverait donc à 20 millions d'euros.

   De quoi mettre Nicolas Sarkozy (et sa famille) à l'abris du besoin pour longtemps.


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(L'Homme aux mains puant le poisson
en pleine action)



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Luc Desle

mercredi 3 septembre 2014

"Ali Bébé était le petit-fils de son illustre grand-père". Benoît Barvin in "Pensées des tout petits".

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Pensées pour nous-mêmes:

(LES PAROLES DU SAGE
NE SONT PAS UN NECTAR)

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"Qu'ess-t'as, toi?
Tu veux ma photo?"



baroque woman by Ray Donley


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La crise ukrainienne expliquée 
aux militants du Mouvement 
des Jeunes Socialistes (MJS)

Vincent MORET

   (...) Il était une fois un pays paisible, uni et frontalier de la Russie nommé l’Ukraine. L’Ukraine a envisagé d’intégrer l’Union européenne. Mais les conditions étaient si léonines que le président élu, Viktor Ianoukovitch (1), a regimbé.

   En réplique, un mouvement de protestation soutenu (organisé) par les USA et l’UE et animé par des groupes néo-nazis (« Nous allons débarrasser l’Ukraine des Russes, des Juifs et des homosexuels ») a provoqué un coup d’Etat avec mise en place d’un gouvernement comptant six ministres néo-nazis, dont une des premières mesures a été d’interdire la langue russe. Des millions de civils russophones on dit niet sous prétexte qu’ils étaient Russes naguère (avant la création de l’URSS et même après). Ils se sont insurgés et l’armée les a bombardés partout où elle pouvait. Du coup, ces ex-paisibles Ukrainiens sont devenus des« séparatistes pro-russes ».

   Les politiciens européens et états-uniens, des hauts responsables de la CIA se sont succédé à Kiev pour aider les fascistes (désormais dirigés par un milliardaire « roi du chocolat ») à anéantir les insurgés. Les éléphants solfériniens exigent que soit respectée la volonté des dirigeants ukrainiens, marionnettes des USA subventionnées par le FMI. Ils somment Poutine (pas sympa, ancien du KGB) d’accepter que l’étau des bases militaires états-uniennes se resserre autour de son pays, en vue de faciliter le déclenchement d’une nouvelle guerre sur le sol européen. Loin des USA, donc. Car sur leur sol, le moindre saignement leur arrache des hurlements décennaux (cf. Les tours jumelles).

   D’après Bernard Guetta, (porte-parole) des observateurs sérieux, si les USA sont omniprésents dans ce conflit, c’est pour que l’Ukraine, débarrassée des communistes qui sont désormais hors la loi (2) des russophones, des homos et des juifs, entre dans l’OTAN, cette organisation militaire sous commandement US qui s’est spécialisée dans l’art de faire le bonheur des peuples en détruisant leur pays.

   La Russie, si elle n’est plus communiste, reste une grande puissance et Obama n’en veut qu’une sur la planète. C’est pourquoi (attention, ça se complique !) François Hollande, big chief des socialistes français, homme de gauche, adversaire de la finance, héritier du pacifiste Jean Jaurès, garant de l’indépendance de la France, fait patrouiller des avions de chasse aux alentours des lieux du conflit, y fait voguer des navires de guerre et menace la Russie de sanctions sans cesse aggravées.

   Dans la gauche hors PS, certains parlent de « Hollande l’Américain » et les dessinateurs le représentent en gilet rayé avec un plumeau.


(1) Un pas gentil, il faut le reconnaître. Pareillement, les opposants aux fascistes de Kiev ne sont pas forcément des enfants de chœur. Mais ça, les médias vous l’ont déjà bien expliqué.

(2) Voir : www.pcf.fr/57331


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"Non, ma Cherrrie... Tou né dois pas
garder ta coulotte... Ça n'est pas esthétik..."



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Luc Desle

mardi 9 juillet 2013

"Cet homme des cavernes était également bas de plafond". Jacques Damboise in "Pensées à contre-pet".

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Pensées pour nous-mêmes:

(L'ACTION N'A PAS DE SENTIMENT)


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Long Texte au long cours (2/4). 
Blanche Baptiste


   La jeune Lucie, lors de joyeuses vendanges, aime tomber amoureuse de certains travailleurs espagnols. Mais "son" Ricardo, lors de cette saison, est absent, hélas... 

HAUTES DILUTIONS



2

   En passant sur le pont de la Têt, Lucie regarde le lit du fleuve presque à sec. Des relents nauséabonds montent jusqu’à elle. Comme on dit dans son quartier sous forme de boutade : « On se prend trop la Têt ces temps-ci ! » De fait, avec ses souvenirs qui remontent en elle, elle ressent un arrière goût désagréable dans la bouche et une lourdeur dans les tempes.

   Enjamber le parapet, elle y a souvent pensé, mais elle est attendue chez elle.
 
   Un petit pavillon, à l’écart, au fond d’une impasse d’où s’échappent les plaintes d’un animal aux abois. Elle commence à les entendre pas plutôt passé l’angle de la rue, et bien qu’elle y soit habituée, cela lui fait toujours l’effet d’un coup de poignard. Et la question lancinante revient, quoi qu’elle fasse, pourquoi tout cela ?

   - Tu en as mis du temps ! lui reproche sa sœur Pepita. Il t’a gardée plus longtemps que d’habitude…

   Non, son RDV avec le psy n’a duré que trois quart d’heure. Après elle a flâné. Elle a réfléchi à son passé.

   - Vaï, tu as raison. Il y a peut-être de quoi se poser des questions. Té ! avec tous ses cris, j’ai la tête comme une pastèque. Bon, je te laisse. Tu n’as besoin de rien d’autre ?

   - Non, ça va, je te remercie. Je te mettrai encore à contribution vendredi. Ce sera la dernière séance.

   Sa sœur doit se demander à quoi lui ont servi toutes ces consultations, ces stages de numérologie, de tarots, de généalogie et autre fadaises. Elle est bien avancée maintenant ! Pour sa famille, elle réfléchit trop. Il n’y avait qu’une seule solution, deux, en fait. Et Lucie en a choisi une troisième qui n’est pas la bonne aux yeux de ses proches. Envers et contre tous, elle s’obstine à garder sa fille de dix-huit ans chez elle.

***

   Quand Aurore était née, elle avait tout de ces nourrissons que l’on voit dans les contes de fée, entourés de bonnes marraines dans des berceaux drapés de vaporeux voilages. Tout allait donc pour le mieux et du jour au lendemain tout alla pour le pire. Occlusion intestinale. Affolement général. Précipitation. Intervention et anesthésie trop lourde. Au sortir de l’opération, le bébé ne tarda pas à présenter des convulsions, des crises d’épilepsie à répétition dont les médecins ne mesurèrent pas les conséquences. Deux mois plus tard, le diagnostic d’un spécialiste fut formel. Le cerveau avait été gravement lésé. 

   On se rendit compte, les mois passant, que la petite Aurore était aveugle et quasiment sourde, les membres en partie inefficaces et l’entendement dans un si profond brouillard que personne, pas même Lucie, n’arrivait à le dissiper. Cette dernière se retrouva alors seule pour élever cette enfant dont plus personne ne voulait, pas même son père qui, dépassé par la situation, avait immédiatement déclaré forfait en quittant le domicile, préférant verser une pension plutôt que d’avoir sous les yeux cette blessure constante.

   Lucie refusa de placer Aurore en centre spécialisé. Elle voulait assumer le problème, s’occuper au mieux de sa fille. Elle opta donc pour un mi-temps au laboratoire et prit une aide à domicile pour garder la petite en son absence.

   - Tu t’empoisonnes trop la vie, avait fini par lui dire sa mère quand elle avait compris que tout progrès ou retour à la normale était bel et bien impossible. Tu devrais la mettre dans un institut.

   Mais Lucie s’obstinait. Elle savait que la petite la reconnaissait, qu’il existait un dialogue entre elles deux, quelque chose de basique et subtil à la fois, auquel les autres ne pouvaient avoir accès.. Elle seule sentait cet échange. Et qui pouvait lui affirmer qu’ailleurs, on allait la traiter aussi bien ? Depuis un an, elle la laissait déjà une fois par mois dans un centre d’accueil. Le GIHP venait la prendre le vendredi soir et la lui ramenait le mardi matin. Aurore était alors dans un état d’énervement extrême. Les éducateurs avaient fini par lui avouer qu’elle ne dormait pratiquement pas et qu’elle passait son temps à hurler ! Qu’est-ce que cela donnerait à plein temps ? N’allait-on pas la surmédicamenter, commettre une seconde erreur médicale qui la tuerait cette fois ?

   - Pour elle ce serait la mort assurée et vous le savez tous fort bien !

   - Ecoute, Lucie, ouvre les yeux une bonne fois, lui avait répondu sa mère excédée. Après tout, ce serait la meilleure solution, et pour elle, et pour toi. Vous vous empoisonnez mutuellement, alors que, toi, tu dois te sauver.

   Lucie avait préféré faire semblant de ne pas avoir compris. Combien de fois, lui avait-on suggéré d’en finir avec ce petit animal handicapé ?

   Dernièrement, une de ses collègues, une nouvelle laborantine, était venue prendre le thé chez elle. Aurore était sur le divan, en tailleur, se balançant de gauche à droite, en secouant convulsivement la tête d’avant en arrière, en hululant des sons aigus.

   - C’est ta fille ?… Oh, que je te plains !… Et tu me dis qu’elle a dix-sept ans… On dirait encore une fillette… Tu en as de la patience.

   - Elle aussi, avait répondu Lucie. J’aurais dû te prévenir.

   L’autre avait immédiatement ajouté qu’à sa place… au laboratoire c’était facile de se procurer des produits, des seringues… Personne ne viendrait faire d’enquête…

   Lucie avait blêmi et avait dit à la fille dont elle avait cru un moment pouvoir se faire une amie qu’il valait mieux en rester là, et à une simple relation de travail.

   En règle générale, elle avait toujours évité de faire venir des gens chez elle, en présence de la petite. Leurs regards étaient trop lourds, leurs réflexions trop blessantes. Même les voisins bien intentionnés ne pouvaient pas s’en empêcher, par maladresse, bêtise ou méchanceté, au choix. L’un d’eux lui avait même dit sur un ton qui se voulait conciliant :

   - Pour le bruit, on s’y fait, vous savez. Le chien des Plantu hurle, lui aussi, toute la journée et bien plus fort !

   Elle en avait pleuré, bien que son seuil de tolérance en la matière soit assez élevé.
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(A Suivre)
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"Alors, mon petit, on fait de beaux rêves?
- AAAHHH!!!"

Détail du tableau "La Nuit", de Ferdinand Hodler (1890)

Lire les rêves des gens
 Adalanews

   (...) C’est par le biais du webjournal anglais BBC News que nous apprenons que des chercheurs japonais ont réussi à pénétrer les rêves ! En effet, les chercheurs du ATR Computational Neuroscience Laboratories de Kyoto, dirigé par le professeur Yukiyasu Kamitani, ont réussi à lire 60% des images que les gens ont vu durant leur sommeil léger.

   Objectif de l’étude :
   - Conserver et retranscrire les rêves pour les étudier (interprétations…)
   - Analyser les rêves pour étudier l’impact psychologique sur l’individu

   Étapes du Sommeil (schéma simplifié) :
     - Endormissement: Le cerveau ralentit, le calme s’installe, la respiration devient régulière. Cette phase peut durer quelques secondes à 10 minutes.
   - Sommeil lent léger: L’activité cérébrale ralentit. Cette période marque la perte de conscience.
   - Sommeil lent profond: Les muscles et le cœur sont au repos.
   - Sommeil paradoxal: Les yeux et le visage sont en mouvement. L’activité cérébrale est intense et s’agite (rêves les plus élaborés, fantastiques, riches en émotions et en images, détaillés et précis)

   Les Professeur Yukiyasu Kamitani & le Dr Mark Stokes (Neuroscientifique cognitif de l’université de Oxford) ont toujours cru qu’il était possible de « décoder les rêves ». Cependant, il faudra attendre encore plusieurs années avant d’avoir une machine qui lisent les rêves.

   Etudes : 3 volontaires ont été étudiés et scannés par IRM pendant leur sommeil & leur éveil

   1.) Quand les volontaires commencent à s’endormir (sommeil lent léger), les chercheurs les réveillent et leur demande de décrire ce dont ils étaient en train de rêver.

   2.) Cette procédure a été répétée 200 fois pour chaque volontaire et leurs réponses regroupées en catégorie et mis dans une base de donnée sophistiquée.

   3.) Les volontaires sont une nouvelle fois scannés pendant leur réveil et regardent des images liées à la base de donnée.

   4.) Les chercheurs ont alors pu détecter des modèles spécifiques à leurs activités cérébrales qui correspondaient à certaines images.

   5.) Dans une expérience suivante, les scientifiques ont été capables de prédire 60% de ce qu’on rêvé les volontaires par l’étude de leurs scanners du cerveau en les comparant à la base de donnée.

   Maintenant les scientifiques vont essayer d’explorer ce qui se passe dans un sommeil paradoxal afin de prédire en plus des images de leur rêve, ce qu’il ressentent au cours de ces rêves. Le Dr Mark Stokes prévient qu’il ne sera pas possible de construire un classificateur général qui pourrait lire les rêves de tout le monde.

   Les pensées et rêves de chaque personne sont uniques et spécifiques à l’individu. Donc, pour lire les rêves de quelqu’un, il faudra lui construire une base de donnée qui lui est personnelle.
En savoir plus sur 

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"J'aime bien l'ambiance de cette taverne...
Un peu  moins son laisser-aller..."


Gary Cooper, 1932 (by pictosh)

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(Un de ces jeunes gens va bientôt s'emparer d'une part
qui ne lui est pas destinée. Sauras-tu le désigner?"


Hotel Gavarni | Hotel independant
 Ecolabel, Paris » Commerce équitable

Equitable
Thegreenwasher

   (...) Equitable adj. Un terme qui caractérise ce qui est conforme à l’équité, qui garantit un traitement selon le droit et le mérite. L’idée d’équité n’est pas une idée neuve en Europe et dans le monde entier, pourtant une question revient avec toujours plus d’insistance, pour des rapports économiques et sociaux justes non seulement entre pays du Nord et du Sud, mais aussi entre acteurs locaux, nationaux, européens.

   Un terme utilisé dans bien des contextes, vulgarisé dans le domaine de la consommation de biens par Max Havelaar, aux produits issus de contrées lointaines type café, sucre ou chocolat qui entrent dans le cadre d’un cahier des charges strict, assurant juste rémunération et conditions de travail décentes. 

   On voit fleurir pléthore d’expressions synonymes telles que respect des hommes et de l’environnement, ou soutien aux communautés locales (cf. note précédente). Mais aussi, plus près de nous, des concepts tels que Made in France, économie circulaire, circuits courts. Alter Eco propose d’ailleurs des produits français avec le label équitable.

   Un exemple. La collection Conscious d’H&M, en magasins aujourd’hui, met à l’honneur le coton bio et une mode durable. Le plan com’ est impeccable, l’égérie glamour mais proche des clientes d’H&M, des vêtements pile dans la tendance, une problématique (Mais pourquoi gaspiller la mode ?) digne des marques pionnières bio et/ou équitables. Un message à l’opposé de ceux communiqués dans les autres campagnes, où une collection chasse l’autre, où le prix est l’unique variable d’ajustement ; un message peu compatible avec les méthodes de distribution et de vente du géant du textile. 

   Une opération de ce style, d’une enseigne à forte notoriété est-elle équitable face à celle d’une pme engagée dans le bio qui communique à un public restreint ? Quat’rues a tranché, Youphil aussi.

   Autre exemple. Ekitinfo propose tout au long du mois d’avril et de mai (2013) de voter pour des idées innovantes permettant de faire avancer le recours aux produits issus du commerce équitable au travail. En réfléchissant à cette initiative, j’ai fait le lien – suivez-moi jusqu’au bout, lecteurs – avec l’architecte et designer India Mahdavi, dont les créations d’espaces de travail (restaurants, hôtels…) et son sens du mélange des couleurs/matières/influences me passionnent. L’illustration parfaite des réalisations possibles dans une société sans frontières. Sans forcément arriver à son niveau de sophistication, je m’interroge sur l’origine des matériaux qu’elle utilise. 

   Je voudrais connaître le prix social et humain de ces intérieurs, savoir s’il y a des éléments chinés ou des matériaux recyclés. Je trouverais équitable de lire sur une étiquette le nom de l’artisan qui façonne ce meuble. C’est d’ailleurs la question que je me pose pour une grande partie de mes achats – où est l’artisan, celui qui a le savoir-faire, la connaissance du processus de fabrication de A à Z… équitable, cette foule d’associations d’idées ?

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Luc Desle

samedi 4 mai 2013

"Il fut fixé sur son sort quand on commença à le clouer sur la croix". Jacques Damboise in "Pensées à contre-pet".

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Pensées pour nous-mêmes:

(SAVOIR QU'ON SAIT EST BIEN,
MAIS SAVOIR QUOI EST MIEUX)

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COURTS RÉCITS AU LONG COURS (88/7)
pcc Benoît Barvin

   Tom Drake, qui enquête sur une tuerie de danseuses au "Blue Circle", soupçonne son collègue, Peter Duncan, d'être dans le coup. Il le suit lors d'une mystérieuse expédition nocturne mais ne peut empêcher son meurtre. Va-t-il enfin comprendre les agissements de son collègue du FBI?


7 

   Peter Duncan fut enterré deux jours plus tard, alors qu’une mini tempête de neige s’abattait sur Chicago. A part Ness, le divisionnaire, le procureur, moi et deux autres collègues, personne ne s’était déplacé. La cérémonie fut de courte durée, bien qu’au moment où nous le mîmes en terre, comme par miracle, la tourmente cessa un moment. 

   Ness eut le temps de faire un bref discours avant qu’une nouvelle bourrasque d’énormes flocons ne vienne nous cingler le visage. Nous nous précipitâmes vers nos voitures respectives, îlots perdus au-milieu des bourrasques. Au début de la cérémonie, Ness m’avait dit de le suivre, ce que je fis, tant bien que mal. Nous nous retrouvâmes, une demi-heure plus tard. Pour nous réchauffer, il me tendit un verre, je bus longuement en songeant à Duncan et à son secret. 

   - Cette affaire est sordide, Tom, je vous l’avais dit. Toutefois nous aurions pu la résoudre en prenant un peu de temps, mais Duncan a préféré nous devancer. Vous saviez, vous, que votre collègue avait une sœur ? 

   - Première nouvelle… Elle n’était pas là au cimetière. A-t-elle été prévenue au moins ? 

   La bouche du patron se tordit bizarrement. Il s’octroya une cigarette avant de répondre. 

   - Elle n’est hélas plus de ce monde… 

   Peut-être fût-ce la manière dont Ness me répondit, mais cela résonna en moi comme un coup de gong. 

   - Vous… Vous ne voulez pas dire que… ? 

   - Que quoi, Drake ? 

   - Que la sœur de Duncan était… 

   - Etait ? 

   Je finis mon verre et lançai, le souffle court. 

   - Sa sœur était Doris, n’est-ce pas ? 

   - Effectivement. 

   - Alors je comprends tout. Duncan a cherché à la protéger… Il devait savoir que quelqu’un en avait après elle, ainsi que les autres girls. C’est la raison pour laquelle il est allé voir ce type… celui qui nous a échappé. 

   Je pensais tout haut. Cette habitude de célibataire m’était venue depuis que je travaillais avec Ness. Et cette pensée me faisait entrevoir, enfin, une lueur dans ce brouillard. Mais le patron mit un terme à mon délire. 

   - Vous n’y êtes pas, Tom. Doris était en fait la demi-sœur de Duncan. Manque de chance, celui-ci n’était pas au courant. Il est tombé amoureux d’elle et, au final, les choses se sont déroulées comme d’habitude entre un homme et une femme ! Jusqu’à ce qu’une bonne âme leur apprenne leur lien de famille. Avec les conséquences tragiques que vous connaissez. Incapable de surmonter cette idée, la fille s’est tirée une balle dans la tête. Duncan, plus pragmatique, a tenté de faire taire le maître chanteur, en lui remettant de l’argent… Mais vous êtes intervenu et les choses ont mal tourné. 

   Je regimbai, ne voulant pas endosser le rôle du type qui porte la poisse. 

   - Bon, patron, si je suis OK pour cette histoire de… heu, d’inceste, je ne vois pas ce que vient faire le massacre des autres filles. Quel est le lien entre Duncan, Doris et les danseuses du « Blue Circle » ? 

   Ness ouvrit le tiroir de son bureau, en sortit un calepin de cuir noir et le brandit. 

   - Tout est inscrit là, Tom. Tout. C’est le calepin de Doris. Nos hommes l’ont trouvé, dissimulé sous une latte du parquet de l’appartement de Duncan. 

   - Et que dit ce bloc-notes ? 

   Le patron glissa le carnet dans la poche intérieure de son costume et, se levant, il alla chercher son pardessus accroché à la patère en me disant. 

   - Il dit que vous allez m’accompagner chez quelqu’un de notre connaissance. Vous allez me servir de garde du corps. Si les choses tournent mal, n’hésitez pas à tirer. D’accord ? 

   Je hochai la tête, le cœur battant et les mains moites.

(A Suivre)

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(Mode progressiste provenant de pays aux idées démocratiques)


Le hijab, les " frères musulmans" militent pour. 

Le chador, il est indiqué qu 'il n' est pas obligatoire dans les pays islamiques. 

Le niqab, utilisation répandue par l' influence du wahhabisme. 

La burka, imposée par les talibans.


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Le Qatar, champion du mensonge 
et de la dissimulation
Majed Nehmé

   (...) Sans sponsors et en toute indépendance, à contre-courant des livres de commande publiés récemment en France sur le Qatar, Nicolas Beau et Jacques-Marie Bourget* ont enquêté sur ce minuscule État tribal, obscurantiste et richissime qui, à coup de millions de dollars et de fausses promesses de démocratie, veut jouer dans la cour des grands en imposant partout dans le monde sa lecture intégriste du Coran. Un travail rigoureux et passionnant sur cette dictature molle, dont nous parle Jacques-Marie Bourget. (...)

   (...) / Qu’est-ce qui vous a amenés à consacrer un livre au Qatar ?

   - Le hasard puis la nécessité. J’ai plusieurs fois visité ce pays et en suis revenu frappé par la vacuité qui se dégage à Doha. L’on y a l’impression de séjourner dans un pays virtuel, une sorte de console vidéo planétaire. Il devenait intéressant de comprendre comment un État aussi minuscule et artificiel pouvait prendre, grâce aux dollars et à la religion, une telle place dans l’histoire que nous vivons. D’autre part, à l’autre bout de la chaîne, l’enquête dans les banlieues françaises faite par mon coauteur Nicolas Beau nous a immédiatement convaincus qu’il y avait une stratégie de la part du Qatar enfin de maîtriser l’islam aussi bien en France que dans tout le Moyen-Orient et en Afrique. D’imposer sa lecture du Coran qui est le wahhabisme, donc d’essence salafiste, une interprétation intégriste des écrits du Prophète. 

   Cette sous-traitance de l’enseignement religieux des musulmans de France à des imams adoubés par le Qatar nous a semblé incompatible avec l’idée et les principes de la République. Imaginez que le Vatican, devenant soudain producteur de gaz, profite de ses milliards pour figer le monde catholique dans les idées intégristes de Monseigneur Lefebvre, celles des groupuscules intégristes qui manifestent violemment en France contre le « mariage pour tous ». Notre société deviendrait invivable, l’obscurantisme et l’intégrisme sont les meilleurs ennemis de la liberté.

   Sur ce petit pays, nous sommes d’abord partis pour publier un dossier dans un magazine. Mais nous avons vite changé de format pour passer à celui du livre. Le paradoxe du Qatar, qui prêche la démocratie sans en appliquer une seule once pour son propre compte, nous a crevé les yeux. Notre livre sera certainement qualifié de pamphlet animé par la mauvaise foi, de Qatar bashing… C’est faux. Dans cette entreprise nous n’avons, nous, ni commande, ni amis ou sponsors à satisfaire. Pour mener à bien ce travail, il suffisait de savoir lire et observer. Pour voir le Qatar tel qu’il est : un micro-empire tenu par un potentat, une dictature avec le sourire aux lèvres.

   / Depuis quelques années, ce petit émirat gazier et pétrolier insignifiant géopolitiquement est devenu, du moins médiatiquement, un acteur politique voulant jouer dans la cour des grands et influer sur le cours de l’Histoire dans le monde musulman. Est-ce la folie des grandeurs ? Où le Qatar sert-il un projet qui le dépasse ?

   - Il existe une folie des grandeurs. Elle est encouragée par des conseillers et flagorneurs qui ont réussi à convaincre l’émir qu’il est à la fois un tsar et un commandeur des croyants. Mais c’est marginal. L’autre vérité est qu’il faut, par peur de son puissant voisin et ennemi saoudien, que la grenouille se gonfle. Faute d’occuper des centaines de milliers de kilomètres carrés dans le Golfe, le Qatar occupe ailleurs une surface politico-médiatique, un empire en papier. Doha estime que cette expansion est un moyen de protection et de survie.

    Enfin il y a la religion. Un profond rêve messianique pousse Doha vers la conquête des âmes et des territoires. Ici, on peut reprendre la comparaison avec le minuscule Vatican, celui du xixe siècle qui envoyait ses missionnaires sur tous les continents. L’émir est convaincu qu’il peut nourrir et faire fructifier une renaissance de la oumma, la communauté des croyants. Cette stratégie a son revers, celui d’un possible crash, l’ambition emportant les rêves du Qatar bien trop loin de la réalité. N’oublions pas aussi que Doha occupe une place vide, celle libérée un temps par l’Arabie Saoudite impliquée dans les attentats du 11-Septembre et contrainte de se faire plus discrète en matière de djihad et de wahhabisme. Le scandaleux passe-droit dont a bénéficié le Qatar pour adhérer à la Francophonie participe à cet objectif de «wahhabisation» : en Afrique, sponsoriser les institutions qui enseignent la langue française permet de les transformer en écoles islamiques, Voltaire et Hugo étant remplacés par le Coran.

   / Cette mégalomanie peut-elle se retourner contre l’émir actuel ? Surtout si l’on regarde la brève histoire de cet émirat, créé en 1970 par les Britanniques, rythmée par des coups d’État et des révolutions de palais.

   - La mégalomanie et l’ambition de l’émir Al-Thani sont, c’est vrai, discrètement critiquées par de « vieux amis » du Qatar. Certains, avançant que le souverain est un roi malade, poussent la montée vers le trône de son fils désigné comme héritier, le prince Tamim. Une fois au pouvoir, le nouveau maître réduirait la voilure, notamment dans le soutien accordé par Doha aux djihadistes, comme c’est le cas en Libye, au Mali et en Syrie. Cette option est même bien vue par des diplomates américains inquiets de cette nouvelle radicalité islamiste dans le monde. Alors, faut-il le rappeler, le Qatar est d’abord un instrument de la politique de Washington avec lequel il est lié par un pacte d’acier.

   Cela dit, promouvoir Tamim n’est pas simple puisque l’émir, qui a débarqué son propre père par un coup d’État en 1995, n’a pas annoncé sa retraite. Par ailleurs le premier ministre Jassim, cousin de l’émir, le tout-puissant et richissime « HBJ », n’a pas l’intention de laisser un pouce de son pouvoir. Mieux : en cas de nécessité, les États-Unis sont prêts à sacrifier et l’émir et son fils pour mettre en place un « HBJ » dévoué corps et âme à Washington et à Israël. En dépit de l’opulence affichée, l’émirat n’est pas si stable qu’il y paraît. Sur le plan économique, le Qatar est endetté à des taux « européens » et l’exploitation de gaz de schiste est en rude concurrence, à commencer aux États-Unis.

   / La présence de la plus grande base américaine en dehors des États-Unis sur le sol qatari peut-elle être considérée comme un contrat d’assurance pour la survie du régime ou au contraire comme une épée de Damoclès fatale à plus ou moins brève échéance ?

   - La présence de l’immense base Al-Udaï est, dans l’immédiat, une assurance vie pour Doha. L’Amérique a ici un lieu idéal pour surveiller, protéger ou attaquer à son gré dans la région. Protéger l’Arabie Saoudite et Israël, attaquer l’Iran. La Mecque a connu ses révoltes, la dernière réprimée par le capitaine Barril et la logistique française. Mais Doha pourrait connaître à son tour une révolte conduite par des fous d’Allah mécontents de la présence du « grand Satan » en terre wahhabite.

   / Ce régime, moderne d’apparence, est en réalité fondamentalement tribal et obscurantiste. Pourquoi si peu d’informations sur sa vraie nature ?

   Au risque de radoter, il faut que le public sache enfin que le Qatar est le champion du monde du double standard : celui du mensonge et de la dissimulation comme philosophie politique. Par exemple, des avions partent de Doha pour bombarder les taliban en Afghanistan alors que ces mêmes guerriers religieux ont un bureau de coordination installé à Doha, à quelques kilomètres de la base d’où décollent les chasseurs partis pour les tuer. Il en va ainsi dans tous les domaines, et c’est le cas de la politique intérieure de ce petit pays.

   Regardons ce qui se passe dans ce coin de désert. Les libertés y sont absentes, on y pratique les châtiments corporels, la lettre de cachet, c’est-à-dire l’incarcération sans motif, est une pratique courante. Le vote n’existe que pour nommer une partie des conseillers municipaux, à ceci près que les associations et partis politiques sont interdits, tout comme la presse indépendante… Une Constitution qui a été élaborée par l’émir et son clan n’est même pas appliquée dans tous ses articles. 

   Le million et demi de travailleurs étrangers engagés au Qatar s’échinent sous le régime de ce que des associations des droits de l’homme qualifient « d’esclavage ». Ces malheureux, privés de leurs passeports et payés une misère, survivent dans les camps détestables sans avoir le droit de quitter le pays. Nombre d’entre eux, accrochés au béton des tours qu’ils construisent, meurent d’accidents cardiaques ou de chutes (plusieurs centaines de victimes par an).

   La « justice », à Doha, est directement rendue au palais de l’émir, par l’intermédiaire de juges qui le plus souvent sont des magistrats mercenaires venus du Soudan. Ce sont eux qui ont condamné le poète Al-Ajami à la prison à perpétuité parce qu’il a publié sur Internet une plaisanterie sur Al-Thani ! Observons une indignation à deux vitesses : parce que cet homme de plume n’est pas Soljenitsyne, personne n’a songé à défiler dans Paris pour défendre ce martyr de la liberté. Une anecdote : cette année, parce que son enseignement n’était pas «islamique», un lycée français de Doha a tout simplement été retiré de la liste des institutions gérées par Paris. (...)

Suite à lire sur:

* Le Vilain Petit Qatar – Cet ami qui nous veut du mal, Jacques-Marie Bourget et Nicolas Beau, Éd. Fayard, 300 p., 19 euros
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"L'Europe qui rame... Nous, on ne connaît que ça"


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"Che de regrette, du zais...
- Moi non plus.
Mais, dis, tu viendras quand même
à mes conférences, hein? J'te fais un prix!"


Où est passé le rêve européen ?
Ivan Krastev

   (...) L’Union européenne (UE) n’est plus, du moins telle que nous la connaissions. Et la question n’est pas de savoir ce que deviendra la nouvelle union, mais pourquoi cette Europe qui nous a tant fait rêver n’existe plus.

   La réponse est simple : aujourd’hui, tous les piliers qui ont servi à bâtir et à justifier l’existence de l’Union européenne se sont effondrés.(...)

   (...) Premièrement, le souvenir de la Seconde Guerre mondiale. Il y a un an ont été rendues publiques les conclusions d’une enquête effectuée auprès des 14-16 ans dans les lycées allemands. Un tiers de ces jeunes ne savait pas qui était Hitler et 40 % d’entre eux étaient persuadés que les droits de l’homme étaient respectés de la même façon sous tous les gouvernements allemands depuis 1933. Cela ne veut absolument pas dire qu’il existe une nostalgie pour le fascisme en Allemagne. Non, cela veut tout simplement dire que nous sommes face à une génération qui n’a rien à fiche de cette Histoire. C’est une illusion de continuer à penser aujourd’hui que la légitimité de l’UE prend ses racines dans la guerre.

   Le deuxième élément qui a permis l’avènement géopolitique de l’Union est la guerre froide. Mais elle non plus n’existe plus. Aujourd’hui, l’UE n’a pas – et ne peut pas avoir – un ennemi tel que l’URSS après 1949 qui aurait pu justifier son existence. Bref, l’évocation de la guerre froide ne peut en aucun cas aider à résoudre les problèmes de légitimité de l’UE.

   Le troisième pilier est la prospérité. L’UE reste un espace riche, très riche – même si cela ne vaut pas pour des pays comme la Bulgarie. En revanche, 60 % des Européens pensent que leurs enfants vivront moins bien qu’eux. De ce point de vue, le problème n’est pas comment on vit aujourd’hui, mais quelle vie on aura dans le futur. Donc la perspective positive, la foi dans un avenir meilleur, puissante source de légitimité, a également disparu.(...)

   (...) Une autre source de légitimité était la convergence – ce processus qui fait que les pays pauvres qui adhèrent à l’UE ont la certitude qu’ils rejoindront progressivement le club des riches. Cela était encore fondé il y a quelques années, mais, aujourd’hui, si les prévisions économiques pour les dix prochaines années se confirment, un pays comme la Grèce en comparaison de l’Allemagne sera toujours aussi pauvre que le jour de son adhésion à l’Union. (...)

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Benoît Barvin