Bonjour à vous qui, dans le maelström du net, êtes arrivés, par hasard? lassitude? erreur? sur ce blog. Vous êtes les bienvenus. Vous y lirez des extraits d'articles, de pensées, d'interviews, piochés ça et là, et illustrés de photos et dessins détournés, via un humour de bon aloi. Vous pouvez évidemment réagir avec le même humour, la même ironie que nous mettons, chaque jour, à tenter de respirer un peu plus librement dans une société qui se corsète chaque fois un peu plus.
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vendredi 21 novembre 2014

"Le loup-garou était un sacré transformiste". Jacques Damboise in "Pensées inconvénientes".

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Pensées pour nous-mêmes:

(RIS DE LA FOLIE
DU MONDE)

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(Jésus, atteint d'Alzheimer, oubliait de plus en
plus souvent de se vêtir)


"Je peux faire pipi dans votre chapeau?"


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(On demanda au clown Tagadam de venir
faire rire ces clandestins un poil trop mélancoliques)



Obama passe en force 
pour protéger 4 millions de clandestins

GABRIEL HASSAN

   (...) "Obama va engager une épreuve de force sur l'immigration", annonce en titre le Financial Times ce 20 novembre. Le président américain doit en effet annoncer ce soir [le 20 novembre], dans une allocution au pays, une réforme de la politique migratoire des Etats-Unis qui protégera plusieurs millions d'immigrés clandestins de l'expulsion. Barack Obama usera pour cela de ses pouvoirs présidentiels car, comme l'écrit The New York Times dans son éditorial, "il a cessé d'attendre que le Congrès agisse".(...) 

   (...) Quatre millions d'immigrés seraient "éligibles à un statut leur garantissant une protection temporaire", indique The Washington Post.Le président devrait aussi accorder plus de visas aux travailleurs du secteur des hautes technologies, modifier les procédures de détention d'immigrés à la frontière et augmenter les aides pour renforcer la sécurité à la frontière.

   En préparant cette annonce, Obama a déclenché "une nouvelle tempête politique sur le Capitole", poursuit le quotidien de la capitale, qui relève que l'entourage du président républicain de la Chambre des représentants, John Boehner, a critiqué "l'empereur Obama", l'accusant d'outrepasser ses compétences.(...)

   (...) La presse américaine est très divisée sur l'opportunité d'agir par décret sur l'immigration. La droite est vent debout : "Il faut combattre ce coup de force", s'exclame un chroniqueur de la très conservatrice National Review, tandis qu'un chroniqueur du New York Times, conservateur modéré, évoque "la grande trahison [d'Obama] sur l'immigration", n'hésitant pas à parler de "présidence impériale" et de "caudillisme".

   A l'inverse, dans son éditorial, The New York Times applaudit la décision du président. "Les raisons avancées par Obama et ses conseillers sont toutes pertinentes et s'inscrivent parfaitement dans le cadre légal", estime le quotidien de centre gauche. "Le mieux que puisse faire Obama est d'offrir un répit aux gens qui sont victimes de l'inaction du Congrès", souligne le journal. La réforme ambitieuse de l'immigration votée par le Sénat en juin 2013 avait été enterrée par la Chambre des représentants à majorité républicaine.

   Plusieurs observateurs modérés craignent cependant que l'action unilatérale d'Obama ne s'avère contre-productive, en braquant les républicains au Congrès et en entravant la collaboration entre les deux partis dans tous les domaines. "L'unilatéralisme ne fera pas bien fonctionner le système", juge ainsi The Washington Post dans son éditorial.


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(Le chat du Comte de la Vivandière
se la racontait un peu trop)



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Benoît Barvin

jeudi 30 octobre 2014

"Ce souverain prudent reçu une tribu d'anthropophages revêtu d'une magnifique armure". Jacques Damboise in "Pensées de l'à-peu près".

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Pensées pour nous-mêmes:

(LE SAGE N'A PAS D'ENNEMIS,
IL A DE FUTURS AMIS)

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(Parfois cette femme voilée
sortait de son apnée pour
venir respirer l'air du large)



µµµ

"Monsieur le Président, je vous suggère de faire
un reboot de tout ce que vous avez fait et de repartir
à zéro, OK?"




Vous vous souvenez du Barack Obama 
qui allait changer le monde? 
Qu'est-ce qu'il est devenu?

The Huffington Post

   (...) Lors de mes déplacements à Pékin, Auckland ou Rome, les gens me posent la même question: "Qu’est-ce qui lui arrive, à Barack Obama?" En fait, il y a plusieurs questions en une seule. Qu’est-il advenu de cet idéaliste qui nous apportait une bouffée d’air frais? Pourquoi est-il devenu aussi impopulaire et impuissant aux États-Unis? Pourquoi a-t-il perdu de son influence dans les discussions internationales? Pourquoi a-t-il échoué là où nous pensions qu’il réussirait? Voici quelques réponses...

Le Moyen-Orient

   La région qui lui a donné ce côté réfléchi le fait aujourd’hui paraître pour le moins dépassé. Il a réussi à se faire élire sur sa promesse de mettre un terme à la seconde guerre en Irak, qui aura duré neuf ans. Mais même si Oussama ben Laden est mort, l’organisation terroriste Daech a pris la relève. Et le président qui a obtenu le prix Nobel de la paix pour ses envolées lyriques bombarde aujourd’hui le territoire syrien et refuse d’envoyer des troupes sur le terrain.

Les mots ont leur importance

   Avocat de formation, Obama devrait connaître les limites de l'ambiguïté. Pourtant, il fait des déclarations à l’emporte-pièce qui nuisent à sa crédibilité. Il a affirmé à ses concitoyens que son système de santé leur laisserait la possibilité de continuer à voir le même médecin. C’était faux. Il a déclaré que si le président syrien Bachar el-Assad franchissait une "ligne rouge" en utilisant à des armes chimiques, les États-Unis lui en feraient subir les conséquences. El-Assad n’a pas tenu compte de cet avertissement, et les États-Unis n’ont pas bougé. Obama a dit qu’il y avait "très peu de chances" que des cas d’Ebola se déclarent aux États-Unis. Deux semaines plus tard, le virus a fait une victime à Dallas.

Des attentes irréalistes

   Obama est arrivé sur le devant de la scène avec le charme d’un Kennedy, l’optimisme de la jeunesse et un parcours universitaire remarquable, preuve indéniable que les États-Unis avaient surmonté leur "péché originel". Sa vie était une success-story multiraciale et internationale. Par ses seules origines, il allait mettre un terme aux conflits armés, faire la paix avec l’Islam, aider les plus démunis et sauver l’économie mondiale. Ces attentes (qu’il a encouragées) étaient irréalisables. Il ne les a pas mises en œuvre parce que nul ne le pourrait.

Internet

   L’ascension d’Obama a été fulgurante, même pour les États-Unis. En partie grâce au numérique, il est la première "marque" de la Maison-Blanche à s’être répandue comme une traînée de poudre. Mais la politique est d’autant plus fluctuante et fragmentée à l’âge de Facebook, Twitter et Instagram. Il y a six ans, Obama a réussi à contourner efficacement les médias "traditionnels" mais il a aujourd’hui du mal à se faire entendre dans la cacophonie numérique. Internet s’intéresse à d’autres marques et à d’autres tendances.

L’économie

   Obama a accompli plus de choses dans ce domaine que ses critiques, et même certains de ses alliés, ne sont prêts à l’admettre. Son soutien posé à des mesures de sauvetage au début de la crise économique ont permis d’éviter le pire. Son projet de relance s’est révélé assez efficace. Son équipe a permis aux États-Unis d’être mieux placée pour rivaliser (et coopérer) avec la Chine. Le système de santé d’Obama, après une mise en service assez chaotique, a aidé des millions de personnes et instauré des mesures de régulation nécessaires dans le secteur des assurances.

   Ces états de service lui ont permis d’être réélu en 2012, mais ils se sont révélés moins populaires que prévu. Pourquoi ? Parce que les riches sont devenus plus riches tandis que les classes moyennes stagnaient. La productivité est en hausse, mais les salaires sont en berne. Obama laisse entendre que sans lui les choses auraient été pires. Il dit vrai, mais le message n’est pas vraiment exaltant.

Washington

   Obama avait promis de mettre fin aux dysfonctionnements de l’État. Il ne l’a pas fait. Pour des raisons structurelles, d’abord : le président américain a beau être charismatique, il n’est ni un chef de parti, ni un premier ministre, ni un souverain. Les Pères de la nation ont pris soin de répartir le pouvoir entre les différentes branches du gouvernement, ce qui est toujours le cas.

   Les Républicains se sont appliqués à lui rendre la tâche encore plus difficile. Les nouveaux présidents bénéficient généralement d’un effet "lune de miel", qui lui a été refusé. Du jour où il a pris ses fonctions, en 2009, des Républicains se sont réunis pour lui barrer la route, déclarant publiquement que leur objectif principal était de l’empêcher d’être réélu.

Le racisme

   Les Américains sont partagés sur l’influence, et l’ampleur, du racisme dans les difficultés rencontrées par Obama. Ce qui lui a permis de servir de modèle à certains — en tant que premier président noir de l’Histoire des États-Unis — est perçu comme une menace par d’autres. Ceux qui prétendent que le racisme n’a rien à voir là-dedans ne connaissent pas les États-Unis, pas plus que ceux qui affirment qu’il explique tout.

La compétence

   Obama a évité les scandales d’incompétence gouvernementale de type Ouragan Katrina, et son mandat a été relativement épargné par les affaires. Mais gérer un pays au quotidien n’est pas donné à tout le monde. La mise en place de son système de santé a frôlé le désastre, la surveillance des frontières n’est pas totale et ses timides initiatives pour empêcher la propagation de l’épidémie d’Ebola aux Etats-Unis ont mis un certain temps à se mettre en place. Cette dernière menace pourrait même définir les deux dernières années de son mandat.

Obama lui-même

   Très fier et sûr de lui en public, Obama n’en est pas moins prudent et méfiant. Il préfère la complexité à la simplicité. Son intelligence et son parcours exceptionnel sont salués depuis toujours, et il a l’habitude qu’on lui témoigne du respect, même si beaucoup ne l’apprécient pas. Il aime mettre les gens à l’aise et ne cherche pas le conflit. Il a grimpé les échelons grâce à son charme et son sens du timing plutôt qu’en bombant le torse.

   Son côté réfléchi, calme et optimiste lui ont permis de se faire élire, mais il le rend dédaigneux du Congrès et des réalités politiques en général. Sa petite équipe est composée de collègues de l’époque où il était sénateur et de membres de sa première campagne présidentielle, et il a du mal à s’ouvrir à d’autres personnes. Il ne s’est pas fait beaucoup d’amis à Washington — ni d’ennemis jurés, d’ailleurs — et cela ne semble pas le déranger.

   Mais les menaces actuelles dans le monde pourraient laisser penser qu’il est nécessaire de faire preuve d’agressivité. Ses qualités de dirigeant seront mises à l’épreuve comme jamais auparavant au cours de ses deux dernières années à la Maison-Blanche. Les États-Unis ne sont plus en position de force, mais leur rôle demeure indispensable, et ce qui est arrivé à Obama importe moins que ce qui lui arrive maintenant.


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(Mon chien se présenta à la députation
et faillit se faire élire, mais la couleur blanche
de sa cravate fut un terrible handicap)



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Luc Desle

mercredi 3 septembre 2014

"Ali Bébé était le petit-fils de son illustre grand-père". Benoît Barvin in "Pensées des tout petits".

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Pensées pour nous-mêmes:

(LES PAROLES DU SAGE
NE SONT PAS UN NECTAR)

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"Qu'ess-t'as, toi?
Tu veux ma photo?"



baroque woman by Ray Donley


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La crise ukrainienne expliquée 
aux militants du Mouvement 
des Jeunes Socialistes (MJS)

Vincent MORET

   (...) Il était une fois un pays paisible, uni et frontalier de la Russie nommé l’Ukraine. L’Ukraine a envisagé d’intégrer l’Union européenne. Mais les conditions étaient si léonines que le président élu, Viktor Ianoukovitch (1), a regimbé.

   En réplique, un mouvement de protestation soutenu (organisé) par les USA et l’UE et animé par des groupes néo-nazis (« Nous allons débarrasser l’Ukraine des Russes, des Juifs et des homosexuels ») a provoqué un coup d’Etat avec mise en place d’un gouvernement comptant six ministres néo-nazis, dont une des premières mesures a été d’interdire la langue russe. Des millions de civils russophones on dit niet sous prétexte qu’ils étaient Russes naguère (avant la création de l’URSS et même après). Ils se sont insurgés et l’armée les a bombardés partout où elle pouvait. Du coup, ces ex-paisibles Ukrainiens sont devenus des« séparatistes pro-russes ».

   Les politiciens européens et états-uniens, des hauts responsables de la CIA se sont succédé à Kiev pour aider les fascistes (désormais dirigés par un milliardaire « roi du chocolat ») à anéantir les insurgés. Les éléphants solfériniens exigent que soit respectée la volonté des dirigeants ukrainiens, marionnettes des USA subventionnées par le FMI. Ils somment Poutine (pas sympa, ancien du KGB) d’accepter que l’étau des bases militaires états-uniennes se resserre autour de son pays, en vue de faciliter le déclenchement d’une nouvelle guerre sur le sol européen. Loin des USA, donc. Car sur leur sol, le moindre saignement leur arrache des hurlements décennaux (cf. Les tours jumelles).

   D’après Bernard Guetta, (porte-parole) des observateurs sérieux, si les USA sont omniprésents dans ce conflit, c’est pour que l’Ukraine, débarrassée des communistes qui sont désormais hors la loi (2) des russophones, des homos et des juifs, entre dans l’OTAN, cette organisation militaire sous commandement US qui s’est spécialisée dans l’art de faire le bonheur des peuples en détruisant leur pays.

   La Russie, si elle n’est plus communiste, reste une grande puissance et Obama n’en veut qu’une sur la planète. C’est pourquoi (attention, ça se complique !) François Hollande, big chief des socialistes français, homme de gauche, adversaire de la finance, héritier du pacifiste Jean Jaurès, garant de l’indépendance de la France, fait patrouiller des avions de chasse aux alentours des lieux du conflit, y fait voguer des navires de guerre et menace la Russie de sanctions sans cesse aggravées.

   Dans la gauche hors PS, certains parlent de « Hollande l’Américain » et les dessinateurs le représentent en gilet rayé avec un plumeau.


(1) Un pas gentil, il faut le reconnaître. Pareillement, les opposants aux fascistes de Kiev ne sont pas forcément des enfants de chœur. Mais ça, les médias vous l’ont déjà bien expliqué.

(2) Voir : www.pcf.fr/57331


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"Non, ma Cherrrie... Tou né dois pas
garder ta coulotte... Ça n'est pas esthétik..."



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Luc Desle

jeudi 28 août 2014

"La collusion avec mon colocataire était collante". Jacques Damboise in "Pensées à contre-pet".

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Pensées pour nous-mêmes:

(LE MENSONGE
N'EST PAS UNE VÉRITÉ DEGUISÉE)

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"Hé, Papa, attends-moi!
Je ne suis pas encore monté
dans la voiture... PAPA!!!"


sail0rmoonlight reblogged this from mewringo

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"Et allez! Bis repetita placent...
- Tu m'insultes, c'est ça?"


muhammad-ali-vs-superman


«Avec Obama, les Noirs 
ont cru que ça allait s’améliorer»


INTERVIEW
Thomas Sugrue, 
professeur d’histoire et de sociologie 
à l’université de Pennsylvanie

   / Ferguson est-il un cas isolé ou reflète-t-il des tensions raciales plus générales aux Etats-Unis ?

   - Ce qui se passe à Ferguson fait écho à des tensions anciennes, qui se sont déjà vues en d’autres endroits, comme en Floride après la mort de Trayvon Martin. L’émoi que l’on voit à Ferguson est le produit de quarante ans d’investissements dans le traitement policier et judiciaire, plutôt que social, des inégalités raciales. Les Afro-Américains sont beaucoup plus souvent contrôlés, arrêtés, poursuivis et emprisonnés que les Blancs. Le phénomène est si courant qu’il a engendré l’expression«Driving While Black» (littéralement «conduite en état de négritude»), exprimant le fait que les conducteurs noirs ont beaucoup plus de probabilité que les Blancs d’être arrêtés et poursuivis pour infraction routière. Souvent, les policiers profitent des contrôles routiers pour fouiller leurs voitures et voir s’ils ne transportent pas de drogue ou d’autres produits interdits. Dans des villes comme Ferguson, c’est aussi une source majeure de revenus pour les policiers locaux qui encaissent les amendes. Cela nourrit bien sûr beaucoup de ressentiments.

   / Cela aurait empiré ces dernières années ?

   - Le changement le plus dramatique, c’est la militarisation de la police. Cela a débuté dans les années 60 avec les émeutes urbaines, mais cela s’est dramatiquement aggravé après les attentats du 11 septembre 2001. Dans une petite ville de banlieue comme Ferguson, on a pu voir que la police locale était équipée comme une véritable petite armée!

   / L’élection d’Obama n’a donc pas apaisé les tensions raciales aux Etats-Unis ?

   - L’élection d’Obama a conduit beaucoup de gens à croire que l’Amérique avait surmonté sa longue histoire d’inégalités raciales. Avec un Noir à la Maison Blanche, beaucoup ont pensé que le problème était réglé. Les Blancs sont moins prêts à reconnaître le problème. Et les Noirs ont cru que leur situation allait s’améliorer : il y a aujourd’hui un gouffre entre leurs attentes et les inégalités qui perdurent, c’est ce gouffre qui nourrit la colère. Ferguson et Saint-Louis sont deux parfaits exemples de villes encore profondément «ségréguées». Les Noirs sont partis vivre dans ce que j’appelle les «banlieues de seconde main» : les maisons n’y sont plus en très bon état, les Blancs les quittent et les Noirs s’y installent. Il y a beaucoup d’autres Ferguson aux Etats-Unis, où Noirs et Blancs vivent dans des quartiers encore séparés. Il y a bien un mouvement d’intégration, mais il est extrêmement lent. Les changements ne se font qu’aux marges.

   / Barack Obama aurait-il pu faire plus ?

   - Sa réaction à Ferguson a été typique : il a appelé à la paix, au respect et au rassemblement. Il reprend sa rhétorique bien connue de réconciliation des races. Il aurait pu faire plus, en allant lui-même à Ferguson ou à Saint-Louis s’adresser à toutes les communautés rassemblées pour l’occasion. Mais chaque fois qu’il aborde ce sujet racial, il déclenche des controverses.

   Ses détracteurs de droite l’accusent aussitôt d’être lui-même raciste… ce qui l’amène à être extrêmement prudent. Ceci dit, il a aussi demandé une enquête approfondie à son ministre de la Justice, Eric Holder, qui a plus de crédit parmi les militants des droits civiques.

   / Certains militants noirs accusent même Barack Obama d’avoir aggravé le problème en faisant croire que l’Amérique serait maintenant post-raciale…

   - Le fait est que nous sommes piégés dans cette illusion que les Etats-Unis sont entrés dans une ère post-droits civiques. L’idée est que s’il y a encore des inégalités, c’est le fait d’échecs individuels plutôt que d’injustices systémiques. Alors même que les systèmes éducatif, policier ou bancaire perpétuent toujours ces inégalités. Le taux de chômage des Noirs est encore le double de celui des Blancs.

   Ceci dit, le mouvement de protestation à Ferguson, comme celui qui avait suivi la mort de Trayvon Martin, donne aussi l’espoir que les Afro-Américains expriment maintenant leur mécontentement. A Ferguson, les manifestants sont descendus dans la rue pour s’en prendre aux institutions qui les discriminent, la police et le gouvernement local. On se rapproche des émeutes urbaines des années 60. Il faut écouter ces manifestants.

(1) Editions Fahrenheit, 174 pp., 16 €.


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"Tu peux te pousser? Je voudrais ouvrir ma porte...
- Pourquoi moi? J'étais là avant toi.
- Pas du tout, sale pouf...
- Répète ce que tu as dit, pour voir!"


(C'est ainsi que débuta le combat fratricide entre 
la Tribu des Blondes évaporées et celle des Brunes teigneuses)

justdustbunnies reblogged this from punkrockbetty

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Luc Desle

jeudi 7 août 2014

"L'Homme à la moto jalousait en secret celui à la mobylette". Jacques Damboise in "Pensées à contre-pet".

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Pensées pour nous-mêmes:

(LE MAÎTRE AIME AUTANT
LES ROSES QUE LES CHARDONS)

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"Mon Doudou, je t'aime..."


(Dit-elle avant de le faire exploser
dans ses bras, manière originale 
de se suicider, pensa-t-elle)


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(Président américain dansant
sur les décombres de sa politique)



SOMMET AFRIQUE—ÉTATS-UNIS
Washington a des principes quand ça l'arrange

   (...) Le président américain semble avoir annoncé la couleur dans son casting. "S'il est en revanche un dossier bien tranché, c'est celui des trois non-invités, indésirables : le Zimbabwéen et farouchement antioccidental Robert Mugabe, l'Erythréen Issayas Afewerki, accusé d'alimenter le terrorisme en Somalie, et le Soudanais Omar El-Béchir, visé par un mandat d'arrêt de la Cour pénale internationale (CPI)", écrit Jeune Afrique dans son édition en ligne du 1er août. (...)

   (...) Ces dirigeants ne sont donc pas de la partie. Pour de prétendues raisons de gouvernance politique ; autant dire des pestiférés qui ne feront pas partie des convives – censés être fréquentables – qui vont porter le toast avec l’homme le plus puissant du monde. Ils doivent bien être aux anges à Washington ! Encore que, parmi eux, il y ait un nouveau distingo entre ceux qui font preuve de bonne gouvernance et les autres, qui sont ou des tripatouilleurs de Constitution ou des prédateurs, à moins que ce ne soit les deux à la fois. De sorte que si l’on se fie aux préparatifs de ce sommet, il est à prévoir que beaucoup d’oreilles siffleront, et nombreux seront ceux qui se sentiront morveux. 

   En effet, la position de l’Oncle Sam semble claire sur les modifications constitutionnelles dont le seul objectif est de permettre à des chefs d’Etat de se scotcher au fauteuil présidentiel. Barack Obama, devant de jeunes cadres africains, avait prôné l’utilité du sang neuf en ces termes : "Quand un homme ou une femme reste trop longtemps au pouvoir, il ou elle agit surtout pour durer et non pour le bien du pays." 

   De ce fait, sans présumer de la teneur du discours de l’hôte américain, des chefs d’Etats africains comme Denis Sassou N’Guesso [République du Congo], Paul Kagamé du Rwanda, Joseph Kabila de la République démocratique du Congo (RDC)… ou Blaise Compaoré [à la tête du Burkina Faso depuis 1987] ne seront pas à l’aise. (...)

   (...) Fort malheureusement, ça, c’est pour les grands principes. Comment peut-on en effet prendre les Etats-Unis au sérieux quand les mêmes pouponnent certains potentats quand ça les arrange ? Bonnes gens, peut-on mettre sur le banc des accusés les Mugabe and Co et inviter par exemple un Al-Sissi ou un Museveni ? Le premier est arrivé au pouvoir [en Egypte] grâce à un coup d’Etat, donnant ensuite un verni légal à son retour par un scrutin des plus controversés. Le second règne sans partage sur son pays [l'Ouganda] depuis, excusez du peu, vingt-huit ans. 

   Pour tout dire, même si la voix de la première puissance mondiale porte, elle se trouve souvent en porte-à-faux avec ses propres principes qui sont parfois loin de l’honorer et qui apportent de l’eau au moulin de tous les tripatouilleurs professionnels. (...)

   (...) Certes, l’Afrique a plus besoin d’institutions fortes que d’hommes forts, mais Obama gagnerait à aller au-delà de la répétition des grands principes, et à "parler bon français" comme on le dit familièrement chez nous, en soutenant véritablement les pays africains dans leur quête de développement. Hors tous les analystes sont unanimes sur ce constat : Obama a moins fait pour l’Afrique qu’un George Bush tant décrié sous nos tropiques, ne serait-ce que par la mise en place de l’Agoa (African Growth and Opportunity Act), un système issu d’une loi américaine qui permet aux entreprises de 39 pays africains d’exporter vers les Etats-Unis sans payer de taxes, et la mise en place du MCC (Millenium Challenge Corporation), un fonds de développement bilatéral annoncé par l'administration Bush en 2002 et mis en place en janvier 2004.

   Aujourd’hui, ceux qui pensaient qu’avec l’arrivée de leur frère noir allaient raser gratis en sont pour leurs frais et ont vite déchanté. Et ce n’est pas à deux ans de la fin de son ultime mandat que celui qui a des racines kényanes par son père mettra les bouchées doubles pour faire des miracles. 

   En réalité, on a le sentiment que ce qui intéresse l’Oncle Sam, ce sont les porteurs de ressources minières, notamment le pétrole ; les Etats-Unis étant en train de remplacer leurs sources traditionnelles d’approvisionnement en or noir par le golfe de Guinée, bordé par le Nigeria, l’Angola, la Guinée-Equatoriale, le Gabon et São-Tomé-et-Principe. Le tout n’est donc pas de professer de belles théories du haut d’une chaire, fût-elle celle du Bureau ovale. Il faudrait résolument mettre la main dans la poche pour sortir le continent noir de l’ornière.


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(La Femme-Araignée malencontreusement
emberlificotée dans sa toile)



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Luc Desle

vendredi 4 juillet 2014

"On dut faire une saignée au Comte Dracula, ce qui le blessa énormément". Jacques Damboise in "Pensées contraintes"/

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Pensées pour nous-mêmes:

(L’ÂME EST AU CORPS
CE QUE LE VIN EST A LA BOUTEILLE)

PCC Jacques Damboise

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(EXCLUSIF!)

- Photo du Christ, vieux,
et ressuscité mais resté
sur cette bonne vieille planète
pour zieuter les z'humains
en train de se trucider -


"Yo!"


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"Les Etats-z'Unis, nini,

sont notre Eldorado, dodo...
- Tchi, tchi...
- Tchi, tchi?"


route-d-eldorado-2000-

toutlecine.com

ETATS-UNIS
Immigration : 
la réforme au placard


   (...) La réforme de l'immigration ne sera finalement pas votée au Congrès cette année. Le président Obama et les républicains de la Chambre des représentants en sont également responsables. La grande perdante sera l'économie américaine, mais sur le plan politique, ce sont les républicains qui paieront le prix fort.

   Le 30 juin, Barack Obama a fustigé les républicains pour cet échec, mais pour valser il faut être deux. Le président dit à présent vouloir agir unilatéralement [par décret], mais c'est en menaçant d'en arriver là qu'il a poussé beaucoup de républicains à douter de sa capacité à mettre en oeuvre honnêtement n'importe quelle réforme. Une des conséquences de ses abus de pouvoir est d'avoir miné la confiance que lui accorde Congrès pour mettre en oeuvre fidèlement les lois [Obama est accusé par les conservateurs d'outrepasser ses prérogatives]. (...)

   Le président est aussi responsable du spectacle d'incompétence qu'offre l'administration fédérale à la frontière du Mexique. Les plus féroces partisans d'une restriction de l'immigration n'auraient pas pu trouver mieux pour tuer la réforme que le tableau actuel : des milliers d'enfants passant la frontière pour finir dans des camps que le ministère de la Sécurité intérieure est incapable de gérer. La plupart de ces enfants fuient la pauvreté et le chaos qui règnent en Amérique centrale, mais beaucoup sont envoyés par leurs parents qui ont entendu dire qu'une fois entrés dans le pays, M. Obama les autoriserait à rester. Les reportages télévisés sur le chaos à la frontière ont été du pain béni pour les républicains anti-immigration.

   Bon nombre de démocrates n'étaient pas non plus vraiment favorables à une réforme. Ils préfèrent continuer à se servir de cette question pour présenter les républicains comme hostiles aux Hispaniques et aux Asiatiques. Ils pensent que ce matraquage politique pourrait pratiquement leur garantir la victoire à l'élection présidentielle de 2016. (...)

   (...) Reste que tout cela ne justifie pas le refus des représentants républicains de soumettre au vote une réforme. L'immigration et le commerce sont deux questions qui peuvent stimuler la croissance et qui devraient pouvoir faire l'objet d'un compromis entre les deux partis. Le Sénat l'a prouvé en adoptant son projet de loi l'an dernier [projet de loi sur l'immigration dont la Chambre des représentants ne voulait pas]. Quelques républicains étaient prêts à s'opposer aux discours démagogiques entendus dans les médias ; mais la majorité voulait une réforme de l'immigration à condition de ne pas avoir à la voter [par crainte de perdre ensuite leur siège].

   Le blocage parlementaire aura pour effet d'amplifier les accusations et les suspicions entre les deux camps. Le président cherchera à plaire à sa base et provoquera les républicains anti-immigration en réduisant par décret le nombre d'expulsions. De nombreux républicains mordront à l'hameçon et réagiront de manière excessive, ce qui accentuera la perception de leur parti comme une formation hostile aux minorités. (...)

   (...) L'économie américaine sera la plus grande perdante. Les immigrés ne volent pas le travail des Américains : les Etats-Unis manquent de main-d'œuvre dans les secteurs industriels où les immigrés sont les plus susceptibles d'être embauchés. En bas de l'échelle des salaires, des emplois ne sont pas pourvus dans l'agriculture, l'hôtellerie, la restauration, et la construction dans certaines régions. A l'autre bout de l'échelle, les Etats-Unis ont besoin d'ingénieurs, de concepteurs de logiciels, de biologistes et de bien d'autres professions. La perte de capital humain des Etats-Unis profitera au reste du monde : les immigrés potentiels retourneront en Chine et en Inde, ou s'installeront au Canada et en Australie.

   Un pays dont la croissance plafonne à 2 % depuis cinq ans et où les revenus réels sont en baisse mérite mieux de sa classe politique.


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(Train de la vie allant aussi vite

qu'un métro new-yorkais)


The Metro - Orange Line - Washington, DC 
(actually Virginia to Maryland running through DC)
http://generic-art.tumblr.com/

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Luc Desle

samedi 28 juin 2014

"Quand ce trader fou devint raisonnable, on l'arrêta". Benoît Barvin in "Pensées pensées".

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Pensées pour nous-mêmes:

(LE DISCIPLE DU MAÎTRE
NE PORTE PAS DE COLLIER)

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(Le lapin d'Alice était dans cette boîte,
incognito)



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(Escadrons de la mort états-z'uniens

se préparant à partir en Afrique)



Afrique :
les États-Unis forment
des escadrons de la mort 

(Black Agenda Report)
Glen FORD

   (...) Militairement, l’Afrique est en train de devenir un continent étasunien. Barack Obama, qui a été le président de tous sauf la première année d’existence de l’AFRICOM, a réussi à intégrer des unités de combat étasuniennes, des bases, à renforcer certains régimes, à équiper et financer les structures militaires de tous les pays africains hormis pour une poignée de pays résistants.

   Le grand rêve panafricaniste et ancien du président ghanéen Kwame Nkrumah d’une Afrique unie militairement n’a pas été réalisé – face aux appétits des Etatsuniens et des Européens. Sous couvert d’une intervention « humanitaire », Obama a considérablement élargi les projets d’expansion de Bill Clinton et de George Bush en Afrique, de sorte que seulement quelques taches sur la carte de l’Afrique restent en dehors de la sphère des opérations de Washington. L’Érythrée et le Zimbabwe sont les exceptions notables – et, par conséquent, les cibles futures.

   L’Afrique est un territoire occupé. L’Union africaine ne prétend même pas être responsable de ses propres missions de maintien de la paix, qui sont devenues en fait des occasions pour les forces armées africaines de se faire payer pour faire le travail de l’Occident. La Chine et le Brésil peuvent recueillir la part substantielle du commerce avec l’Afrique, mais les hommes disposant des armes à feu sont fidèles à l’AFRICOM – le papa gâteau pour la classe militaire africaine. Les troupes étatsuniennes dorment maintenant dans les casernes africaines. Elles sont les frères d’armes des officiers africains et peuvent déterminer les futurs présidents africains.

   Le rythme de la pénétration étatsunienne de l’Afrique de l’Ouest s’est accéléré de façon spectaculaire depuis 2011, quand Obama (Sarkozy et Cameron, ndt) a liquidé le gouvernement libyen de Mouammar Kadhafi, installant un flux de jihadistes et d’armes vers la Syrie et vers le Sud pour déstabiliser les nations du Sahel. Un chaos s’en est suivi – un beau chaos diriez-vous si vous étiez un planificateur militaire des États-Unis à la recherche d’une justification pour des missions de plus en plus importantes. L’agression de l’OTAN contre la Libye a engendré le chaos dans la sous-région subsaharienne qui a justifié l’occupation française et étatsunienne du Mali et du Niger. 

   Les djihadistes d’Afrique du Nord hyperactifs, renforcés par les bombes étatsuniennes (cf. ce qui s’est passé en Libye, ndt), des armes et de l’argent, forment et équipent leurs frères du continent, y compris les éléments de Boko Haram au Nigeria. Les guerriers islamiques de langue yoruba ont légué à l’AFRICOM un cadeau inestimable : près de 300 écolières nécessitant d’être délivrées, prétexte parfait pour une intervention « humanitaire ».(...)


   Les chefs d’Etat du Nigeria, du Tchad, du Niger, du Bénin et du Cameroun ont été convoqués à Paris (prétendant que c’était leur idée) où ils ont déclaré la “guerre totale ” à Boko Haram (...)

   (...) ” Bien sûr, les cinq Etats africains n’ont ni l’argent, ni la formation, ni l’équipement, ni la capacité de collecte de renseignements pour un tel plan. Ce sera un plan euro-étatsunien pour la défense et la sécurité de l’Afrique de l’Ouest – contre d’autres Africains. Immédiatement, les États-Unis ont envoyé 80 soldats au Tchad (pays qui sur le plan militaire a longtemps été un état mercenaire au service de la France) pour ouvrir une nouvelle base de drones, afin de renforcer le parc de drones étatsuniens existants déjà au Niger, au Burkina Faso, en Ethiopie, en Somalie, aux Seychelles, à Djibouti (où il existe une énorme base française et étatsunienne), et les sites de la CIA qui ne doivent pas être divulgués.

   Le nouveau groupe de sécurité en Afrique de l’Ouest est devenue une réplique de l’OTAN, une annexe visant à être façonnée par les planificateurs militaires impérialistes pour affronter les ennemis choisis par Washington et Paris. Quel formidable élan humanitaro-militaire ! Les filles sont absentes depuis un mois, et pourraient ne pas être secourues vivantes, mais cinq pays africains voisins – l’un d’eux étant la plus grande économie du continent – ont déjà été embrigadés dans une alliance militaire dominée par l’OTAN avec d’autres Etats africains subordonnés.

   Il est vite apparu que l’AFRICOM avait déjà une relation spéciale avec l’armée nigériane qui n’a été annoncée qu’après l’enlèvement des écolières. AFRICOM va former un bataillon de Rangers du Nigeria dans la contre-insurrection guerrière, ce sera la première fois que ce commandement étatsunien fournira une formation « intégrale » aux Africains à une telle échelle.

   Avec le public étatsunien embrigadé dans l’esprit interventionniste de l’opération “Save our girls”, les opérations secrètes sont soudainement devenues publiques. Le New York Times révèle que les Etats-Unis ont organisé un programme secret pour former des bataillons de lutte contre le terrorisme pour le Niger et la Mauritanie. Les forces spéciales des Bérets verts et les tueurs de la Delta Force instruisent des commandos triés sur le volet dans la contre-insurrection au Mali. Une source du Times, laisse clairement entendre que les opérations secrètes sont conçues pour recouvrir la région d’escadrons de la mort formés par les Etats-Unis. 

   Michael Sheehan était jusqu’à l’année dernière responsable des opérations spéciales au Pentagone – Death Squads Central (Centrale des escadrons de la mort) – où il a poussé à plus de formateurs pour des Opérations Spéciales pour les armées africaines. Sheehan détient désormais la “présidence prestigieuse” de la West Point’s Combating Terrorism Center (du Centre de West Point de Lutte contre le Terrorisme). Dans les années 1980, il était le commandant des forces spéciales de l’Amérique latine – ce qui signifiait en langage à peine codé : escadrons de la mort. (...)

   (...) Les Forces spéciales de l’armée des États-Unis ont toujours été des tueurs politiques, fonctionnant le plus souvent avec la CIA. Le Phoenix Program, au Vietnam, qui a tué entre 26 000 et 41 000 personnes et torturé beaucoup d’autres, était un crime de guerre de la CIA allié aux forces spéciales. De 1975 jusque dans les années 80, la CIA et ses forces spéciales ont apporté un soutien technique et des armes à des tueurs pour l’Opération Condor, les escadrons de la mort dirigés par un consortium de juntes militaires en Argentine, au Chili, en Uruguay, au Paraguay, en Bolivie et au Brésil, probablement responsable de 60 000 meurtres. Sheehan a probablement été impliqué dans l’Operation Condor et sa composante d’Amérique centrale, l’Opération Charly, et depuis a perfectionné l’art des assassinats politiques. S’il est chanceux et se sent justifié par les événements en Afrique, alors les escadrons de la mort formés par les Etats-Unis sont sur le point de proliférer dans cette partie du monde.

   Il n’y a pas de doute qu’Obama apprécie les Opérations Spéciales, car ces opérations de petites unités de meurtriers dirigés par des tueurs professionnels intervenant de nuit ne s’apparentent par à une guerre – et peuvent, si nécessaire, être imputées à d’autres “terroristes”. Cependant, l’histoire – l’histoire récente – prouve que les États-Unis peuvent parvenir à leurs fins avec des carnages de grande ampleur (et sans limites) en Afrique. En 2006, l’invasion de l’Ethiopie par la Somalie, soutenue par les forces étatsuniennes au sol, dans les airs et par la mer, a donné lieu à l’époque à “la pire crise humanitaire en Afrique”, “pire que le Darfour”, selon les observateurs de l’ONU, avec des centaines de milliers de morts. Les États-Unis ont alors refusé l’aide alimentaire pour affamer les combattants somaliens Shabaab, conduisant à une perte encore plus catastrophique de vies humaines. Mais, la plupart des Etatsuniens ne sont pas conscients de ces crimes contre l’humanité à l’encontre des Africains (“crimes again Black Humanity”).

   Les alliés éthiopiens des Etats-Unis ont commis un génocide contre l’ethnie Somali dans la région de l’Ogaden en toute impunité et ont interdit aux médias internationaux l’accès de la région. Les Présidents Clinton, Bush et Obama – chacun d’entre eux aidés par Susan Rice – ont collectivement tué six millions de Congolais depuis 1996. Le plus grand génocide depuis la Seconde Guerre mondiale a été le résultat prémédité du chaos délibérément imposé par les Etats-Unis au Congo (RDC, ndt) riche en minéraux et par ses sbires du Rwanda et de l’Ouganda voisin. Paul Kagame, l’actuel leader du Rwanda, a abattu un avion avec deux présidents à bord en 1994, déclenchant les massacres qui ont amené Kagame au pouvoir et envoyé par la suite le Congo voisin sur la route de l’enfer. Les Etats-Unis célèbrent Kagame comme un héros, bien que le dictateur tribal Tutsi envoie des escadrons de la mort partout dans le monde pour étouffer ceux qui s’opposent à lui. (...)

   (...) Le Président ougandais Yoweri Museveni, un ami des États-Unis depuis l’époque de Ronald Reagan, a commis des actes de génocide contre ses rivaux de la tribu Acholi, les jetant dans des camps de concentration. Joseph Kony a été l’un de ces Acholi, qui apparemment est devenu fou. Depuis des années, Kony n’est plus une menace pour l’Ouganda ou pour tout autre pays de la région, mais le président Obama a utilisé une prétendue observation d’une hypothétique présence de bribes de son Armée de Résistance du Seigneur en RDC pour envoyer 100 Bérets verts en République démocratique du Congo, en Ouganda, au Rwanda, en République centrafricaine et au Soudan du Sud. Le mois dernier, Obama a envoyé 150 soldats et plus de quatre avions pour l’Afrique centrale, affirmant à nouveau que Kony se cachait quelque part.

   En fait, les troupes étatsuniennes ont été déployées près du sud Soudan, que les États-Unis, la Grande-Bretagne et Israël ont déstabilisé depuis des décennies dans le but de diviser la nation du Soudan. Le Soudan du Sud est devenu indépendant, mais il est resté instable et est loin d’être une nation, il s’agit plutôt d’un endroit riche en pétrole convoité par les États-Unis. Des dizaines de milliers d’autres personnes sont certains de mourir en combattant dans le Soudan du Sud, mais peu d’Etatsuniens blâmeront leur propre pays.

   Comme le montre le carnage au Congo, des populations entières peuvent être rayées de la carte en Afrique sans que la plupart des gens en Occident s’en aperçoivent. Les escadrons de la mort entraînés par les Etats-Unis au Nigeria, au Niger, en Mauritanie et au Mali, et ceux qui traqueront bientôt les victimes au Cameroun et au Bénin, ne se limiteront pas à la chasse à Boko Haram. Les escadrons de la mort sont, par définition, déstabilisant ; ils empoisonnent l’environnement politique et social au-delà de toute limite, comme l’Amérique centrale des années 80 peut en témoigner.

   Pourtant, c’est la méthode de conquête préférée de l’impérialisme étatsunien dans le monde non-blanc. C’est ce que les Etatsuniens font réellement, quand les gens demandent à ce qu’ils “fassent quelque chose”.


Traduction : Le blog de SLT

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Benoît Barvin