Bonjour à vous qui, dans le maelström du net, êtes arrivés, par hasard? lassitude? erreur? sur ce blog. Vous êtes les bienvenus. Vous y lirez des extraits d'articles, de pensées, d'interviews, piochés ça et là, et illustrés de photos et dessins détournés, via un humour de bon aloi. Vous pouvez évidemment réagir avec le même humour, la même ironie que nous mettons, chaque jour, à tenter de respirer un peu plus librement dans une société qui se corsète chaque fois un peu plus.
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vendredi 27 juin 2014

"C'est avec classe qu'il devint instituteur". Benoît Barvin in "Pensées pensées".

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Pensées pour nous-mêmes:

(LES CAILLOUX LAVÉS PAR
LA RIVIÈRE RESTENT DES CAILLOUX)

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(Avec inquiétude, cette femme voilée
se demandait ce qu'allait penser son mari
de sa nouvelle tenue)


sirobtepa rebloguémorakimou 

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(Le Police Montée et son retour vers les valeurs
traditionnelles était surprenante)




CANADA
Le Québec essaie de débrancher

EMILIE FOLIE-BOIVIN

   (...) Un animateur que tout le monde ici surnommait Fanal nous a demandé de fabriquer un radeau de fortune. Les neuf coéquipiers ont échangé un de ces regards remplis de points d'interrogation devant l'amas de rondins. "Bon, alors... On a une ex-jeannette dans le groupe ? Une ingénieure ?", a demandé Raphaël. Nous avions 30 minutes pour réussir à le faire flotter et le démonter, tout ça sans plan ni Google.

    Si ce n'était de notre orgueil qui souhaitait à tout prix gagner ses Olympiades, la moitié de l'équipe serait allée boire de la Black Label en canette [marque de bière canadienne] au bout du quai. À la place, nous errions autour du squelette du bateau pendant que trois filles essayaient de se rappeler si Télé-Pirate ou Les débrouillards nous avaient un jour enseigné ça.

    Cette épreuve (qui comptait pour 20 points, c'est pas rien) incarnait ce pour quoi 70 adultes avaient choisi de passer la fin de semaine à chanter des chansons à répondre et à se priver de leurs gadgets technos pendant 48 heures. Nous voulions sortir de notre zone de confort. Reconnecter avec notre enfant intérieur et réapprendre à trouver des solutions en travaillant en équipe plutôt qu'en sollicitant l'intelligence virtuelle. (...)

   (...) Quand j'ai vu la proposition de la base de plein air Le P'tit Bonheur, dans la région de Sainte-Agathe-des-Monts, j'étais sceptique et j'anticipais le malaise. La partie du sevrage techno, ça allait. J'appréhendais surtout de me retrouver obligée à choisir un nom de camp comme "Luzerne", "Zipper" ou "Paprika", à faire des chasses au trésor et à devoir chanter "Dans mon pays d'Espagne".

   Mon enfant intérieur n'est pas mort, il trouve seulement que, tout comme les McCroquettes [Nuggets au poulet] et les popsicles [glaces] aux bananes, certains souvenirs gagnent à justement rester des souvenirs. J'avais tout faux. L'équipe du Centre Père Sablon avait gardé l'essentiel de Camp Grounded, une colonie de vacances pour adultes lancée l'année dernière à l'initiative de Digital Detox, aux États-Unis. Et elle avait même fait mieux.

   Alors qu'en Californie, Camp Grounded interdit les cellulaires, les montres, l'alcool, les dortoirs mixtes, qu'il organise des ateliers de méditation et alimente ses participants de repas végés [végétariens], sans gluten - et sans fun -, le retour aux souches du P'tit Bonheur, lui, propose d'inutiles mais ô combien palpitants tournois d'empilage de verres de plastique et ne nous prive d'aucun plaisir (sauf se géolocaliser, s'égoportraitiser [prendre un selfie], se snapchater et nager au bout du quai sans veste de sauvetage).

   Le tout avec la participation d'une équipe d'animateurs de qualité AAA, impayables et spontanés, qui m'ont rappelé que des bons moniteurs, c'est aussi inspirant pour des préados que pour des adultes. Les nôtres nous ont gavés de saucisses cocktail et de guimauves, et l'imposante équipe du camp en a rajouté avec un bar à bonbons en collation du soir et un choix de quatre menus pour le souper. Pas de concession, on avait le droit de tout prendre. On ne nous traitait justement pas comme des enfants, mais comme des gens qui ont besoin de lâcher leur fou et de sortir de la routine carrée de leur vie d'adulte. (...)

   (...) On venait d'ailleurs de s'asseoir à la table de pique-nique et de se verser un verre de rouge quand Éric - le genre de coéquipier qu'on s'arrache lors d'un match de Docte-Rat [jeu de société] - a eu une révélation. "En temps normal, quelqu'un aurait sorti son téléphone pour prendre en photo ce qu'on mange et le partager avec ses amis sur Instagram. Vous savez, le genre d'amis qui sont toujours là pour "liker" une photo mais qui ne viennent jamais t'aider à peinturer ton appart? Alors qu'on se connaît depuis, quoi, même pas 12 heures, on est tous attentifs aux conversations des autres. On est "toute là". Avouez que c'est spécial."

   On s'est tous arrêtés net. En effet, ici, on ne s'imaginait pas qu'il y avait quelque chose de mieux qui se passait ailleurs, car il n'y avait rien de mieux à faire que de faire ce qu'on était justement en train de faire. Offrir des pots-de-vin en Muskol [marque de répulsif anti-moustiques] aux animateurs pour gagner un point de plus à la chasse au chevreuil. Tisonner les braises. Regarder une mascotte de loup et une mascotte de tortue nous inviter à danser sur du MC Hammer. (Prenez des notes, les DJ : jamais je n'ai vu un party lever [une fête démarrer] aussi rapidement. En 12 secondes, le plancher était en feu et en sueur.)

   Le fameux FOMO (symptôme du web appelé Fear of Missing Out, ou la "peur de rater quelque chose") ne s'est fait ressentir qu'une seule fois, pendant l'hébertisme [parcours athlétique], quand je me suis mise à me demander si les gars qui avaient opté pour le disc-golf [discipline qui mélange le Golf et le Frisbee] en forêt avaient plus de fun que nous. Ils avaient sûrement moins d'échardes. Sinon, c'est tout.

   Le monde réel ne rivalisait pas avec le monde virtuel, l'un n'était pas plus authentique ni meilleur que l'autre. Si on est capable de tweeter dans le fin fond du pôle Sud et bientôt dans les havres de tranquillité que sont les parcs nationaux, la vie dans ce Moonrise Kingdom [allusion au film du réalisateur américain Wes Anderson] n'avait qu'une seule dimension. Et c'était suffisant à gérer. (...) 

   (...) Évidemment, c'est toujours en son absence qu'on réalise combien un gadget a réussi à se tailler une place aussi importante dans notre vie. Les réflexes du quotidien nous l'ont vite fait comprendre. Tu t'en rends compte en te réveillant le matin. En réalisant que tu n'as pas ton application "lampe de poche" quand tu veux te rendre aux toilettes sans réveiller tout le dortoir.

   Au feu de camp, quand personne ne se rappelle les paroles de Toune d'automne des Cowboys fringants [groupe de rock québécois] et qu'on se replie par dépit sur Noir Silence [autre célèbre groupe de rock du Québec]. Pourtant, ce n'est pas ce que la gang [le groupe], composée surtout de professionnels dans la mi-trentaine et venue de Montréal, d'Ottawa ou de Québec, était venue constater. Pour plusieurs, l'esprit stimulant des camps de vacances leur manquait, tout simplement. "Hey, Renaud, tu as fait des sciences avancées, non ? Tu dois être capable de lire l'heure en regardant la position du soleil ?", que je lui ai demandé, en espérant que quelqu'un puisse me l'enseigner.

   "Euh. Non. Ben attends..." On a donc scruté le ciel pour essayer de comprendre. À ce moment-là, il n'y avait vraiment rien de mieux à faire.


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(La poésie échappant, de peu, à la Mort.
Allégorie)



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Benoît Barvin

vendredi 30 novembre 2012

"Ce livre Saint pensait trop aux mamelles". Benoît Barvin in "Pensées pensées".

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Pensées pour nous-mêmes:

(LE JUSTE N'EST PAS
FORCEMENT LE BIEN)

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(Jeune gorille très mal élevé. 
Petits n'enfants, ne prenez pas exemple 
sur ce méchant polisson!)

A young mountain gorilla (Gorilla beringei) 
enjoys the comfort of resting in its mother’s arms 
in the remote Virunga Mountains of Rwanda

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"Que Dieu bénisse cette jolie dinde qui...
- Révérend! C'est de moi que vous parlez?
- Hein? Meuh non..."


frenchiesinlex.wordpress.com

Obama, Thanksgiving 
et la peine de mort

Daniel Salvatore Schiffer 
22/11/2012

   (...) Quel grand humaniste, ce Barack Obama ! Il s'apprête en effet, son large sourire aux lèvres et sa charmante petite famille à ses côtés, à gracier deux dindes, qui viennent d'être acheminées sous escorte policière dans le luxueux hôtel W de Washington, comme il le fait chaque année, depuis son élection à la présidence des États-Unisd'Amérique. L'événement aura lieu tout à l'heure, lors d'une très officielle cérémonie, comme tous les quatrièmes jeudis du mois de novembre, à l'occasion de Thanksgiving : fête traditionnelle depuis 1671, époque des guerres amérindiennes. C'est à cette célébration populaire que remonte le premier grand repas historique que les colons anglo-saxons du Nouveau Monde concoctèrent pour remercier Dieu - d'où le nom de "thanksgiving", signifiant "actions de grâce" - de leur avoir octroyé une victoire aussi providentielle qu'inespérée (de leur point de vue) sur les indigènes. En d'autres termes, les Indiens.(...)

(...) D'où notre perplexité : étrange, donc, que ce président, Prix Nobel de la paix et dont les ancêtres furent des esclaves, se prête d'aussi bonne grâce (c'est le cas de le dire) à la commémoration de ce qui s'avéra ainsi là, via cette sanguinaire guerre de conquêtes territoriales, le prélude au premier génocide - la quasi-extermination des Indiens d'Amérique, précisément et, plus tard, leur abjecte concentration en d'infâmes réserves dites "naturelles" - de l'histoire moderne !

   Mais passons : il est vrai qu'Obama, qui n'aura strictement rien fait jusqu'ici pour mériter les honneurs de l'Académie d'Oslo, hormis quelques beaux discours théoriques (c'est plutôt le prix Nobel de littérature, censé récompenser phrases et mots, qu'il aurait alors fallu lui attribuer), n'en est plus à une contradiction ni à une baliverne près. Que la nation que ce bavard préside depuis maintenant près de cinq ans - et que l'on dit par ailleurs être (sans rire) la plus grande démocratie du monde - occupe la troisième place du podium en matière de peine capitale, juste derrière l'Iran et la Chine, mais avant même les dictatures religieuses pratiquant la charia (l'Arabie saoudite, le Bahreïn, le Qatar, la Somalie...), ne semble pas trop le déranger. Pas un seul petit mot, en effet, n'a jamais été prononcé par son illustre personne, pourtant friande donc de belles paroles, à l'égard des condamnés à mort de son pays, où la Californie vient par ailleurs de rejeter, à une écrasante majorité, l'abrogation de la peine de mort.(...)

   (...) Pensez : 218 exécutions par injonction létale (l'un des pires supplices qui soit) ont déjà été effectuées depuis que Barack Obama a été élu président des États-Unis, en 2008, sans que celui-ci trouve à redire, du moins publiquement, ni même bronche ! À ceux qui voudraient le détail des chiffres, en ce macabre décompte d'assassinats légalisés (il est vrai très "high-tech" malgré parfois leurs très cruels "ratés" pour les plus inexpérimentés de ces bourreaux) dans les pénitenciers yankees, le voici donc : 37 en 2008 ; 52 en 2009 ; 46 en 2010 ; 43 en 2011 ; 40 pour l'instant en 2012. Une bonne et très stable moyenne, apte à satisfaire ces tortionnaires en col blanc et cravate "regimental" qui ne jurent que par la Bible : "In God we trust", assure même, dans un bel encadré sur fond de billet vert, le sacré dollar ! (...)

Lire l'article:


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(Moutons extraterrestres tentant d'envahir la Terre,
de nuit, évidemment...)


(Source: pqfigurine)

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(Jolie forêt ne servant qu'à faire courir les joggeuses sexys)


« Donner un prix à la nature, 
c’est dire que les forêts 
ont plus de valeur mortes que vivantes »
Alice Médigue auteur du livre 
« Temps de vivre, lien social et vie locale ».

   (...) Depuis le milieu des années 2000, émerge un véritable marché de la biodiversité, sur le modèle du marché carbone, grâce notamment aux institutions internationales. En 2008, les ministères de l’environnement du G8 ont ainsi commandé au banquier de la Deutsche Bank, Pavan Sukhdev, un Rapport sur « l’économie des écosystèmes et de la biodiversité ». Ce rapport a stimulé le lancement en octobre 2010 du partenariat piloté par la Banque mondiale baptisé «WAVES», qui vise à « promouvoir le développement durable en garantissant l’intégration de la valeur des ressources naturelles dans les comptabilités nationales utilisées pour mesurer et planifier la croissance économique (wouah!)».

   Ces démarches visent à donner un prix à ce qui de la valeur (déterminée par?). Achim Steiner, directeur exécutif du PNUE (Programme des Nations Unies pour l’environnement) résume ainsi : « s’il se trouve, dans votre économie, quelque chose que vous ne valorisez pas, cette chose n’a aucune valeur par essence ». Pour mettre un terme à ce « vide de valeur » qui affecte les ressources naturelles, l’ONU a commandé en 2005 une « évaluation des écosystèmes », qui recense quatre principaux types de services découlant des écosystèmes, appelés « services écologiques » :

les services d’approvisionnement (comme la fourniture de bois, d’eau ou de ressources halieutiques)
les services de régulation (du climat, maîtrise des crues…)
les services culturels (usages récréatifs, valeurs spirituelles des paysages…)
les services de soutien, prodigués par les grands cycles naturels dont dépendent les trois autres, comme le cycle des nutriments ou la photosynthèse.(...)(...) Ces services concernent directement ce que la nature, par essence, prodigue aux êtres vivants pour leur survie, comme l’eau, l’air, la possibilité de vivre dans des conditions géophysiques tenables (pluie suffisante, qualité de l’air, fertilité du sol..), autant d’éléments que les régimes démocratiques considèrent comme relevant du Bien commun.

   Le sommet de Rio de juin 2012 a ensuite consacré les principes d’une «économie verte» qui encourage la financiarisation de ces biens communs naturels. Élément de contexte inquiétant : le document officiel issu des négociations de Rio+20 a été préparé en amont par un partenariat réunissant l’ONU, la Chambre internationale du commerce et de l’industrie, et le Conseil mondial des affaires pour le développement durable (WBCSD en anglais)- qui regroupe les plus grandes multinationales, dont General Motors, DuPont, Coca-Cola et Shell.(...)

   (...) Selon ce même WBCSD, le marché de la compensation de la biodiversité, voué à une croissance rapide, vaut minimum 3 milliards de dollars (miam!). Une nouvelle profession est d’ailleurs née avec les« gestionnaires de certificats commerciaux de préservation », les nouveaux traders de la biodiversité. Pour faciliter la tâche des marchés financiers, plusieurs pays sont en train de créer les bases légales du PSE (« paiement pour services écologiques »), tandis que l’ONU montre l’exemple par l’adoption récente d’un Système de comptabilité économique et environnementale (SCEE).(...)
Lire la suite, passionnante, sur:

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Benoît Barvin (avec Jacques Damboise dit le polisson)

jeudi 30 août 2012

"Cet éventail magique éventait les idées surchauffées". Jacques Damboise in "Pensées à contre-pet".

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Pensées pour nous-mêmes:

(LE SAGE QUE TU AIMERAIS SUIVRE
EST CELUI QUE TU SUIVRAS)

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"Tiens, sal... de Croissance,
voici ce que je pense de Toi!
Hulk contre Iron Man

Dennis Meadows : 
« Nous n’avons pas mis fin à la croissance, 
la nature va s’en charger »


    (...) En 1972, dans un rapport commandé par le Club de Rome, des chercheurs de l’Institut de technologie du Massachusetts (MIT) publient un rapport intitulé « Les limites de la croissance ». Leur idée est simple : la croissance infinie dans un monde aux ressources limitées est impossible. Aussi, si les hommes ne mettent pas fin à leur quête de croissance eux-mêmes, la nature le fera-t-elle pour eux, sans prendre de gants.
   En 2004, le texte est, pour la deuxième fois, remis à jour. Sa version française vient – enfin – d’être publiée aux éditions Rue de l’échiquier.(...)

   (...) / Terra eco : Vous avez écrit votre premier livre en 1972. Aujourd’hui la troisième édition – parue en 2004 – vient d’être traduite en français. Pourquoi, selon vous, votre livre est encore d’actualité ?

   Dennis Meadows : A l’époque, on disait qu’on avait encore devant nous quarante ans de croissance globale. C’est ce que montrait notre scénario. Nous disions aussi que si nous ne changions rien, le système allait s’effondrer. Pourtant, dans les années 1970, la plupart des gens estimait que la croissance ne s’arrêterait jamais.

   C’est aujourd’hui que nous entrons dans cette période d’arrêt de la croissance. Tous les signes le montrent. Le changement climatique, la dislocation de la zone euro, la pénurie d’essence, les problèmes alimentaires sont les symptômes d’un système qui s’arrête. C’est crucial de comprendre qu’il ne s’agit pas de problèmes mais bien de symptômes. Si vous avez un cancer, vous pouvez avoir mal à la tête ou de la fièvre mais vous ne vous imaginez pas que si vous prenez de l’aspirine pour éliminer la fièvre, le cancer disparaîtra. Les gens traitent ces questions comme s’il s’agissait de problèmes qu’il suffit de résoudre pour que tout aille bien. Mais en réalité, si vous résolvez le problème à un endroit, la pression va se déplacer ailleurs. Et le changement ne passera pas par la technologie mais par des modifications sociales et culturelles.

   / Comment amorcer ce changement ?

   Il faut changer notre manière de mesurer les valeurs. Il faut par exemple distinguer la croissance physique et de la croissance non physique, c’est-à-dire la croissance quantitative et la croissance qualitative. Quand vous avez un enfant, vous vous réjouissez, au départ, qu’il grandisse et se développe physiquement. Mais si à l’âge de 18 ou 20 ans il continuait à grandir, vous vous inquiéteriez et vous le cacheriez. Quand sa croissance physique est terminée, vous voulez en fait de la croissance qualitative. Vous voulez qu’il se développe intellectuellement, culturellement.

    Malheureusement, les hommes politiques n’agissent pas comme s’ils comprenaient la différence entre croissance quantitative et qualitative, celle qui passerait par l’amélioration du système éducatif, la création de meilleurs médias, de clubs pour que les gens se rencontrent… Ils poussent automatiquement le bouton de la croissance quantitative. C’est pourtant un mythe de croire que celle-ci va résoudre le problème de la zone euro, de la pauvreté, de l’environnement… La croissance physique ne fait aucune de ces choses-là.

   /Pourquoi les hommes politiques s’entêtent-ils dans cette voie ?

   Vous buvez du café ? Et pourtant vous savez que ce n’est pas bon pour vous. Mais vous persistez parce que vous avez une addiction au café. Les politiques sont accros à la croissance. L’addiction, c’est faire quelque chose de dommageable mais qui fait apparaître les choses sous un jour meilleur à courte échéance. La croissance, les pesticides, les énergies fossiles, l’énergie bon marché, nous sommes accros à tout cela. Pourtant, nous savons que c’est mauvais, et la plupart des hommes politiques aussi.

   Ils continuent néanmoins à dire que la croissance va résoudre la crise. Vous pensez qu’ils ne croient pas en ce qu’ils disent ? Prenons l’exemple des actions en Bourse. Auparavant, on achetait des parts dans une compagnie parce qu’on pensait que c’était une bonne entreprise, qu’elle allait grandir et faire du profit. Maintenant, on le fait parce qu’on pense que d’autres personnes vont le penser et qu’on pourra revendre plus tard ces actions et faire une plus-value. Je pense que les politiciens sont un peu comme ça. Ils ne pensent pas vraiment que cette chose appelée croissance va résoudre le problème mais ils croient que le reste des gens le pensent. 
   Les Japonais ont un dicton qui dit : « Si votre seul outil est un marteau, tout ressemble à un clou. » Si vous allez voir un chirurgien avec un problème, il va vous répondre « chirurgie », un psychiatre « psychanalyse », un économiste « croissance ». Ce sont les seuls outils dont ils disposent. Les gens veulent être utiles, ils ont un outil, ils imaginent donc que leur outil est utile. (...)

Lire la suite sur:


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"La Croissance? Ils z'ont quoi contre la Croissance, hein?"


sheyla-hershey-plus-gros-seins-du-monde-

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"J'aime pas, ils s'attaquent à toi...
- Ne t'inquiètent pas, ma Joly...
Les chamots aboyent et les chiengs, y passent"




Guillaume Musso : "Bons ou mauvais, 
les choix ont toujours 
des incidences sur la vie"
(Mazette! Quelle leçon philosophique!)
ZOÉ CADIOT

   /Votre dernier roman s’ouvre sur une citation d’Alfred Hitchcock. Est-il une de vos sources d’inspiration ?

   Oui. Et quitte à avoir des maîtres (Musso laisse à penser qu'il pourrait ne pas en avoir... heu, besoin?), autant bien les choisir et assumer. Comme lui, j’ai eu envie de jouer avec les codes du suspense. D’où l’idée de partir d’une situation ordinaire, avec un couple séparé, pour arriver à une histoire très hitchcockienne avec des ramifications inattendues.

   /Inattendues, mais aussi dépaysantes avec cette intrigue sur trois continents. Pourquoi ? (vraiment, quelle question! Chère Zoé vous prenez le lecteur pour... heu...?)

   L’inconnu est une des pièces essentielles du roman (un type inconnu? L'Inconnu avec la majuscule? Une intrigue inconnue car pas maîtrisée? Pas d'intrigue du tout... On s'interroge...). Il aiguise la curiosité du lecteur et permet à mes personnages de se révéler. (Maître Musso nous distille ses conseils d'écriture... Prenons des notes) Car quand on ne maîtrise pas les codes et qu’on doit réagir, il y a des choix à faire. Bons ou mauvais, qu’importe, ils auront une incidence. Comme dans la vie. Choisir les bas-fonds de New York, le cadre romantique de Paris ou la forêt amazonienne n’est pas anodin (Ah bon?). Surtout que la véritable jungle peut être, contre toute attente, la ville lumière (Non? NON???!!!). Surtout pour un Américain qui ne parle pas la langue (comme beaucoup) et ne connaît pas les coutumes (de qui?).

   /“Sept ans après” se lit comme un thriller, mais aussi comme une histoire d’amour. Seriez-vous finalement un grand romantique ? (Thriller romantique, nouveauté qu'elle est nouvelle, hein?)

   J’adore les comédies des années quarante avec Cary Grant, Katharine Hepburn, Spencer Tracy, James Stewart qui posent les bases de la comédie romantique (hé, ho, et Hitchcock... Il est où, Hitchcock, hein?) . J’en aime le rythme soutenu, les répliques pleines d’esprit et les personnages féminins, élément moteur de l’action (tiens, comme dans... heu... Je commence à fatiguer, là). Ce n’est pas un hasard si dans mon livre Nikki et Sebastian, couple séparé depuis 7 ans (d'où le titre, peut-être?), vont, en jouant au chat et à la souris, se retrouver, tout en cherchant leurs enfants. C’est un peu “je t’aime, moi non plus” (et du Gainsbourg, maintenant... Pour un type qui pourrait se passer de maître, y'a quand même des références qui sont balancées), mais on avance (quoi? L'hypothèse que c'est, comme d'hab', un "machin" écrit avec un ordi?). Finalement, l’intrigue devient presque un prétexte pour que ce couple puisse se réinventer et renaître. (Bon... Ou c'est un prétexte - après les références intellos, ça la fout mal, quand même -, ou ça n'en est pas. Mais les deux en même temps, ça n'est pas possible et... Comment? Ah oui, pardon, c'est Musso qui parle. Excusez-moi, j'avais oublié... Continue à chauffer, Marcel, on t'aime toujours autant!)

Lire sur:


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"Oh Mon Dieu, le Monstre Musso/Lévy/Werber
a de nouveau sévi! Sauve qui peut!!!"



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Benoît Barvin

samedi 25 août 2012

"Plus jeune, Jésus-Christ faillit virer dandy". Benoît Barvin in "Sacré JC".

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Pensées pour nous-mêmes:

(LE SAGE EST UNE FICTION
QUE LA FICTION A INVENTE)

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"Incroyable la taille des moustiques dans cette région!"

MERMANONFIRE: ACHILLES (SOURCE: WEBISSANCE)


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"Moi j'aime pas la forêt...
- Mais tu vis dedans...
- M'en moque! J'aime pas la forêt!"


Comment la nature 
renaît-elle de ses cendres ?
ALEXANDRA BOGAERT

   (...) Faire feu de tout bois, c’est le principe même d’un incendie de forêt. Mais une fois la fureur des flammes calmée, restent des sols carbonisés et des troncs calcinés. Lugubre spectacle. Comment agir pour redonner vie aux étendues noircies ? Laisser la nature se régénérer à son rythme ou l’y aider ? Pour quels résultats et à quels coûts ? C’est une question que doivent se poser les autorités américaines en ce moment-même. 2,8 millions d’hectares sont partis en fumée depuis le début de l’année aux Etats-Unis, dont près de 220 000 en Californie, Etat placé en état d’urgence ce jeudi. (...)

   (...) La forêt française représente 28% du territoire national, et la filière bois embauche 425 000 personnes. Un incendie qui éclate et ce sont donc des emplois qui se perdent.
   Les conséquences d’un feu ne sont pas partout les mêmes. Ceci est plus vrai encore pour le Sud-ouest qu’en Provence-Alpes-Côte-d’Azur. « Parce qu’en Provence, la forêt n’est pas vraiment cultivée. Les pinèdes sont apparues spontanément, sur d’anciennes terres agricoles. En cas d’incendie, on laisse la nature reprendre ses droits », explique Louis-Michel Duhen, du Centre régional de la propriété forestière Provence Alpes Côte d’Azur. Dans cette région, les essences – essentiellement des résineux - se diffusent très facilement et peuvent germer dans des conditions difficiles.

   « Dans un grand nombre de cas, la reconstitution de l’écosystème s’effectue spontanément: régénération naturelle des essences forestières par rejet de souche (une nouvelle pousse apparaissant sur un tronc coupé), germination du stock de graines du sol ou ensemencement naturel par les arbres épargnés, re-colonisation par les animaux », abonde le ministère de l’Agriculture dans un dossier sur la prévention des incendies paru récemment. (...)

   (...) Mais en Aquitaine, où le bois est cultivé pour être transformé en bois d’œuvre ou en papier, la nature bénéficie d’un coup de pouce afin qu’elle renaisse de ses cendres au plus vite.
   Un incendie comme celui de Lacanau représente en effet un préjudice d’environ deux millions d’euros pour la filière. Parce que « le bois marchand (soit des arbres de 10 à 30 ans, ndlr), resté sain malgré les flammes mais dont l’écorce est noircie, va perdre 20% à 30% de sa valeur à l’achat », explique Gérard Larrue, conseiller forestier à la chambre d’agriculture de la Gironde.
   Trop salissant, encrassant bûcherons et machines, il va avoir du mal à s’écouler comme bois de chauffage ou comme pâte à papier. Quant au bois non commercialisable - car trop jeune pour cela -, il sera broyé et laissé sur place. Les propriétaires ne pourront reboiser que dans un an minimum, le temps que le milieu redevienne favorable.(...)

   (...) Mais tout cela a un coût : entre 1 000 et 1 500 euros par hectare, que doivent assumer les propriétaires des terrains. Or, en France, 3,5 millions de petits propriétaires forestiers gèrent 75% de la forêt française. Ils possèdent 3,5 hectares en moyenne. Le coût du reboisement n’est donc pas négligeable pour eux, et le résultat jamais garanti.

   De plus, l’investissement se fait sur le très long terme. Pour reconstituer une forêt aux arbres plus grands que des hommes, il faut attendre 30 à 40 ans si on laisse faire la nature, une vingtaine d’années si on lui donne un coup de main. De quoi épuiser même ceux qui aiment regarder les arbres pousser... (...)

Lire sur:


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(Soeur Cornette surprise en train de faire la danse de la pluie
des sauvages d'Afrique)

BRANCUSI COSTUME DESIGN FOR ERIK SATIE ‘GYMNOPEDIE’ BALLET



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"Quoi? Tu ne veux pas inscrire Le Coup de Poing
dans la Tronche comme nouvelle discipline
universitaire? Je sens que ça va m'énerver!
- C'est déjà fait, je crois..."

The forbidden Kingdom de Rob Minkoff

Alain Bauer, ami de Valls et Sarkozy : 
des efforts si mal récompensés
Camille Polloni

   (...) L’omniprésent « Monsieur Sécurité » de Nicolas Sarkozy s’est pris une dernière claque. Désormais privé de toute fonction officielle, le criminologue-polémiste-conseiller vient d’assister à la disparition de la section « criminologie » au Conseil national des universités (CNU). La reconnaissance officielle de cette discipline lui tenait à cœur.

   Dans une tribune publiée par Le Figaro, Alain Bauer déplore cette décision. « Il est bien triste, le pays qui en 2012 décide encore de supprimer une science. C’est pourtant ce qui vient d’arriver, en France, en ce mois d’août si propice aux opérations désagréables. [...] Ailleurs, cela s’appelait dans le temps une normalisation. En France aussi désormais. »

   « C’est une vraie victoire », commente l’ancien policier Philippe Pichon, féroce opposant à Alain Bauer (il lui a consacré des pages acerbes dans un livre) : « Je pense que le salut d’Alain Bauer ne viendra pas de Manuel Valls. Ce serait gênant pour lui de confier une mission officielle à l’ancien sherpa de Nicolas Sarkozy. Mais de toute façon, il a déjà rebondi dans le privé. » (...)

   (...) En mars, le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, Laurent Wauquiez, hissait officiellement la criminologie au rang des disciplines universitaires. Un arrêté du 6 août, publié au Journal officiel ce mardi, supprime cette mesure.

   Elle avait soulevé l’indignation de nombreux chercheurs, qui y voyaient une récompense à Alain Bauer pour ses bons et loyaux services.
   Le CNU réprouvait « un passage en force imposé par l’autorité politique, contre l’avis de la communauté scientifique ». Le sociologue Laurent Mucchielli enrageait sur son blog : 
   « Dans le milieu universitaire et scientifique, personne n’est dupe à propos de ce noyautage politique et de cette manipulation de la référence à la “criminologie” par un tout petit groupe de personnes cherchant avant tout à favoriser leurs orientations idéologiques, leurs positions institutionnelles et leurs situations professionnelles.
   Le décalage est véritablement énorme entre, d’une part, la notoriété et l’influence d’Alain Bauer et de ses alliés auprès du pouvoir politique actuel et d’une bonne partie des journalistes et, d’autre part, la quasi unanimité que son entreprise de légitimation intellectuelle a fait contre elle dans le milieu universitaire où ils cherchent aussi à s’imposer.»
   L’Association française de droit pénal déposait un recours contre la décision.   Libération publiait une pétition signée par 70 chercheurs. (...)

Lire sur:
Luc Desle