Bonjour à vous qui, dans le maelström du net, êtes arrivés, par hasard? lassitude? erreur? sur ce blog. Vous êtes les bienvenus. Vous y lirez des extraits d'articles, de pensées, d'interviews, piochés ça et là, et illustrés de photos et dessins détournés, via un humour de bon aloi. Vous pouvez évidemment réagir avec le même humour, la même ironie que nous mettons, chaque jour, à tenter de respirer un peu plus librement dans une société qui se corsète chaque fois un peu plus.
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vendredi 30 novembre 2012

"Ce livre Saint pensait trop aux mamelles". Benoît Barvin in "Pensées pensées".

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Pensées pour nous-mêmes:

(LE JUSTE N'EST PAS
FORCEMENT LE BIEN)

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(Jeune gorille très mal élevé. 
Petits n'enfants, ne prenez pas exemple 
sur ce méchant polisson!)

A young mountain gorilla (Gorilla beringei) 
enjoys the comfort of resting in its mother’s arms 
in the remote Virunga Mountains of Rwanda

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"Que Dieu bénisse cette jolie dinde qui...
- Révérend! C'est de moi que vous parlez?
- Hein? Meuh non..."


frenchiesinlex.wordpress.com

Obama, Thanksgiving 
et la peine de mort

Daniel Salvatore Schiffer 
22/11/2012

   (...) Quel grand humaniste, ce Barack Obama ! Il s'apprête en effet, son large sourire aux lèvres et sa charmante petite famille à ses côtés, à gracier deux dindes, qui viennent d'être acheminées sous escorte policière dans le luxueux hôtel W de Washington, comme il le fait chaque année, depuis son élection à la présidence des États-Unisd'Amérique. L'événement aura lieu tout à l'heure, lors d'une très officielle cérémonie, comme tous les quatrièmes jeudis du mois de novembre, à l'occasion de Thanksgiving : fête traditionnelle depuis 1671, époque des guerres amérindiennes. C'est à cette célébration populaire que remonte le premier grand repas historique que les colons anglo-saxons du Nouveau Monde concoctèrent pour remercier Dieu - d'où le nom de "thanksgiving", signifiant "actions de grâce" - de leur avoir octroyé une victoire aussi providentielle qu'inespérée (de leur point de vue) sur les indigènes. En d'autres termes, les Indiens.(...)

(...) D'où notre perplexité : étrange, donc, que ce président, Prix Nobel de la paix et dont les ancêtres furent des esclaves, se prête d'aussi bonne grâce (c'est le cas de le dire) à la commémoration de ce qui s'avéra ainsi là, via cette sanguinaire guerre de conquêtes territoriales, le prélude au premier génocide - la quasi-extermination des Indiens d'Amérique, précisément et, plus tard, leur abjecte concentration en d'infâmes réserves dites "naturelles" - de l'histoire moderne !

   Mais passons : il est vrai qu'Obama, qui n'aura strictement rien fait jusqu'ici pour mériter les honneurs de l'Académie d'Oslo, hormis quelques beaux discours théoriques (c'est plutôt le prix Nobel de littérature, censé récompenser phrases et mots, qu'il aurait alors fallu lui attribuer), n'en est plus à une contradiction ni à une baliverne près. Que la nation que ce bavard préside depuis maintenant près de cinq ans - et que l'on dit par ailleurs être (sans rire) la plus grande démocratie du monde - occupe la troisième place du podium en matière de peine capitale, juste derrière l'Iran et la Chine, mais avant même les dictatures religieuses pratiquant la charia (l'Arabie saoudite, le Bahreïn, le Qatar, la Somalie...), ne semble pas trop le déranger. Pas un seul petit mot, en effet, n'a jamais été prononcé par son illustre personne, pourtant friande donc de belles paroles, à l'égard des condamnés à mort de son pays, où la Californie vient par ailleurs de rejeter, à une écrasante majorité, l'abrogation de la peine de mort.(...)

   (...) Pensez : 218 exécutions par injonction létale (l'un des pires supplices qui soit) ont déjà été effectuées depuis que Barack Obama a été élu président des États-Unis, en 2008, sans que celui-ci trouve à redire, du moins publiquement, ni même bronche ! À ceux qui voudraient le détail des chiffres, en ce macabre décompte d'assassinats légalisés (il est vrai très "high-tech" malgré parfois leurs très cruels "ratés" pour les plus inexpérimentés de ces bourreaux) dans les pénitenciers yankees, le voici donc : 37 en 2008 ; 52 en 2009 ; 46 en 2010 ; 43 en 2011 ; 40 pour l'instant en 2012. Une bonne et très stable moyenne, apte à satisfaire ces tortionnaires en col blanc et cravate "regimental" qui ne jurent que par la Bible : "In God we trust", assure même, dans un bel encadré sur fond de billet vert, le sacré dollar ! (...)

Lire l'article:


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(Moutons extraterrestres tentant d'envahir la Terre,
de nuit, évidemment...)


(Source: pqfigurine)

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(Jolie forêt ne servant qu'à faire courir les joggeuses sexys)


« Donner un prix à la nature, 
c’est dire que les forêts 
ont plus de valeur mortes que vivantes »
Alice Médigue auteur du livre 
« Temps de vivre, lien social et vie locale ».

   (...) Depuis le milieu des années 2000, émerge un véritable marché de la biodiversité, sur le modèle du marché carbone, grâce notamment aux institutions internationales. En 2008, les ministères de l’environnement du G8 ont ainsi commandé au banquier de la Deutsche Bank, Pavan Sukhdev, un Rapport sur « l’économie des écosystèmes et de la biodiversité ». Ce rapport a stimulé le lancement en octobre 2010 du partenariat piloté par la Banque mondiale baptisé «WAVES», qui vise à « promouvoir le développement durable en garantissant l’intégration de la valeur des ressources naturelles dans les comptabilités nationales utilisées pour mesurer et planifier la croissance économique (wouah!)».

   Ces démarches visent à donner un prix à ce qui de la valeur (déterminée par?). Achim Steiner, directeur exécutif du PNUE (Programme des Nations Unies pour l’environnement) résume ainsi : « s’il se trouve, dans votre économie, quelque chose que vous ne valorisez pas, cette chose n’a aucune valeur par essence ». Pour mettre un terme à ce « vide de valeur » qui affecte les ressources naturelles, l’ONU a commandé en 2005 une « évaluation des écosystèmes », qui recense quatre principaux types de services découlant des écosystèmes, appelés « services écologiques » :

les services d’approvisionnement (comme la fourniture de bois, d’eau ou de ressources halieutiques)
les services de régulation (du climat, maîtrise des crues…)
les services culturels (usages récréatifs, valeurs spirituelles des paysages…)
les services de soutien, prodigués par les grands cycles naturels dont dépendent les trois autres, comme le cycle des nutriments ou la photosynthèse.(...)(...) Ces services concernent directement ce que la nature, par essence, prodigue aux êtres vivants pour leur survie, comme l’eau, l’air, la possibilité de vivre dans des conditions géophysiques tenables (pluie suffisante, qualité de l’air, fertilité du sol..), autant d’éléments que les régimes démocratiques considèrent comme relevant du Bien commun.

   Le sommet de Rio de juin 2012 a ensuite consacré les principes d’une «économie verte» qui encourage la financiarisation de ces biens communs naturels. Élément de contexte inquiétant : le document officiel issu des négociations de Rio+20 a été préparé en amont par un partenariat réunissant l’ONU, la Chambre internationale du commerce et de l’industrie, et le Conseil mondial des affaires pour le développement durable (WBCSD en anglais)- qui regroupe les plus grandes multinationales, dont General Motors, DuPont, Coca-Cola et Shell.(...)

   (...) Selon ce même WBCSD, le marché de la compensation de la biodiversité, voué à une croissance rapide, vaut minimum 3 milliards de dollars (miam!). Une nouvelle profession est d’ailleurs née avec les« gestionnaires de certificats commerciaux de préservation », les nouveaux traders de la biodiversité. Pour faciliter la tâche des marchés financiers, plusieurs pays sont en train de créer les bases légales du PSE (« paiement pour services écologiques »), tandis que l’ONU montre l’exemple par l’adoption récente d’un Système de comptabilité économique et environnementale (SCEE).(...)
Lire la suite, passionnante, sur:

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Benoît Barvin (avec Jacques Damboise dit le polisson)

vendredi 16 novembre 2012

"Quasimodo demanda à la Bête comment elle faisait pour emballer les filles". Jacques Damboise in "Pensées à contre-pet"

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Pensées pour nous-mêmes:

(SI LE TEMPS T'EST COMPTÉ,
DÉCOMPTE-LE)

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(Une fois la boîte refermée, Poudrerizette étouffait
et vouait aux gémonies les mâles alentour)


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"J'espère que dans cette maison de tolérance,
les fauteuils seront plus confortables..."


Un supermarché de la prostitution 
aux portes de Vienne
Julia Hernböck

   (...) Les hommes auront "80 à 120 femmes" à disposition 24 heures sur 24 (quelle santé...), annonce le site Internet de la société 8Quadrat Development. Le Funmotel, qui devrait être construit "dans les environs de Vienne", sera le plus grand bordel d'Europe. "Plus d'un millier de clients par jour sont attendus", précise la page Internet. 

   Le site exact du Funmotel est encore tenu secret, mais il devrait se trouver au sud de la capitale [à environ quinze minutes et desservi par les transports publics (comme pour EuroDisney...), relatent certains médias : ce pourrait être Klosterneuburg ou Korneuburg, mais les maires de ces deux villes démentent l'information]. D'après les registres de la société, c'est Werner Schmuck, l'homme qui a créé le Goldentime Saunaclub, à la fois sauna et maison de tolérance, qui est à l'origine de ce projet. "Cela va se faire", assure ce magnat du sexe qui a investi 15 millions d'euros dans le projet et embauché un architecte renommé pour "établir de nouveaux critères dans le milieu". 

   Il espère pouvoir ouvrir les portes de son nouvel établissement en 2014. Les conditions sont devenues tellement strictes à Vienne [la loi du 1er novembre 2011 vient d'entrer pleinement en vigueur, après un délai de transition d'un an] qu'il a choisi de s'installer en Basse-Autriche. Il a déjà pris une option ferme pour l'acquisition du terrain et n'attend plus que l'autorisation écrite des autorités régionales. 

   Le site Internet met en avant les "gang bangs, les sessions échangistes (y compris pour femmes seules (une femme seule qui échange? Quoi de particulier?)", ainsi que les prestations de stars du porno qu'offriront les 1 000 m2 du futur espace. "La taille de l'endroit", "le nombre de femmes" et "des prix accessibles" sont ses atouts pour garantir une "totale satisfaction des clients". 

   "Nous avons volontairement fait circuler de fausses rumeurs sur le site d'implantation pour ne pas avoir de problèmes avec les comités de défense de quartier avant d'avoir notre autorisation" (courageux, en plus...), explique Peter Laskaris, gérant du Red Room à Vienne et cofondateur du Funmotel. "L'établissement sera installé là où il ne gênera personne", assure-t-il. (...)

Lire sur:

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"Ch'est un bon chien-chien, chà...
- Qu'ess-tu dis? Articule!"

“The Hunter”, 1960 by Nikolas Kozlovskiy

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(La toujours jeune Europe 
courant après les idées reçues)


La peste soit des idées reçues
Tomáš Sedláček
HOSPODÁŘSKÉ NOVINY PRAGUE

   (...) “Je donne une année à l’Europe ! Deux au maximum…” Voilà exactement quels pourraient être les mots du personnage d’une tragicomédie sur la crise actuelle. Nous avons tous encore à la bouche le goût de l’écœurement face aux promesses non tenues.

   Du Moyen-Age, de cette époque où l’Europe fut dévastée par la peste noire, nous n’avons pas seulement appris à mieux nous laver les mains. Nos ancêtres nous ont également “inspirés” en matière de gestion de crise. Le philosophe et historien français René Girard fait remarquer que dans les périodes de crise (choléra, peste, instabilité politique), lorsque la société se trouve plongée dans le chaos et que toutes les règles ont volé en éclat, elle ne cherche pas les causes du mal mais plutôt des (faux) coupables. L’étranger (ou du moins celui qui est suffisamment “différent”) est le candidat idéal. En endossant le rôle de bouc émissaire, il permet de souder à nouveau la société. Les vraies causes, les faits, les arguments sérieux importent bien moins que ceux auxquels la majorité est décidée à croire.(...)

   (...) Premièrement, le mythe selon lequel l’Europe est en déclin apparaît très facile à accepter. Mais si l’on regarde l’évolution de l’Europe depuis 2000, on constate que sa part dans la production mondiale est restée stable à environ 30%, tandis que celle des Etats-Unis est passée de 31 à 23%.

   Le PIB quant à lui, un autre indicateur très suivi par les analystes, a augmenté de près de 2% par an au cours des 20 dernières années. Les Européens ont inventé une sorte de “machine de la convergence”, affirme Gill. Lorsqu’ils entrent dans l’Union européenne, les Etats les plus pauvres renforcent leur poids économique et rattrapent les plus riches grâce aux échanges commerciaux régionaux.(...)

   (...) Ensuite, l’état des finances européennes serait-il le pire au monde ? Mais qui alors détient la première place ? L’argent devrait circuler des riches aux pauvres. Ce serait du moins, selon les économistes, la situation idéale. Mais c’est exactement à la situation inverse que l’on assiste dans le monde (qualifiée par Gill de “syndrome chinois”).

   Un autre mythe est celui selon lequel la taille des Etats européens serait trop importante. Les gouvernements des Etats européens, dont le modèle repose sur la protection sociale, dépensent une part de leur PIB d’environ 10% supérieur à ce que dépensent les Etats situés en dehors de l’UE.

   Le fait est, aussi, que les pays européens développés sont aujourd’hui beaucoup plus avancés en la matière que par le passé. Les Français, par exemple, travaillent 9 ans de moins que dans les années 1960 et ont gagné 6 ans d’espérance de vie. Bien sûr, il y a le revers de la médaille. Comment inciter les gens à ne pas abuser du système et l’aider à le maintenir ? La réponse vient peut-être du Nord. La Scandinavie et son modèle de gouvernance propose une solution possible. Il apporte en tout cas la preuve de la viabilité des grands Etats.(...)
Lire sur:

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Benoît Barvin