Bonjour à vous qui, dans le maelström du net, êtes arrivés, par hasard? lassitude? erreur? sur ce blog. Vous êtes les bienvenus. Vous y lirez des extraits d'articles, de pensées, d'interviews, piochés ça et là, et illustrés de photos et dessins détournés, via un humour de bon aloi. Vous pouvez évidemment réagir avec le même humour, la même ironie que nous mettons, chaque jour, à tenter de respirer un peu plus librement dans une société qui se corsète chaque fois un peu plus.
Affichage des articles dont le libellé est nudité. Afficher tous les articles
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mardi 24 février 2015

"Ce Grand Maître d'échecs était toujours battu par sa Belle-Mère". Jacques Damboise in "Pensées de mes voisins".


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   Incessamment sous peu le blog "Tu Quoque Mi Amici" va migrer vers un autre hébergeur. Les raisons sont la conséquence de ce que Blogger a envoyé, ce jour, à tous ceux qui utilisent sa plateforme:

   "Nous vous informons que nous allons bientôt apporter une modification au  règlement relatif au contenu de Blogger. Celle-ci est susceptible d'avoir une incidence sur votre compte.

   "D'ici quelques semaines, nous n'autoriserons plus les blogs où sont publiées des images ou des vidéos montrant de la nudité ou à caractère sexuel explicite. Lorsqu'elle est représentée dans un contexte artistique, éducatif, documentaire ou scientifique, ou lorsque l'importance des enjeux pour le public nous conduit à ne pas prendre de mesures relatives au contenu, la nudité restera autorisée.

   "Le nouveau règlement entrera en vigueur le 23 mars 2015. Après cette date, nous limiterons l'accès aux blogs qui, selon nous, ne respectent pas le nouveau règlement. Nous ne supprimerons pas de contenu, mais seuls les auteurs des blogs concernés et les personnes avec lesquelles ils ont expressément partagé leurs blogs pourront voir le contenu que nous aurons rendu privé.

   "D'après les informations en notre possession, votre compte est susceptible d'être concerné par cette nouvelle règle. Veuillez ne pas créer de contenu qui serait contraire à celle-ci. Nous vous demandons également d'apporter les modifications nécessaires à votre blog existant pour le mettre en conformité avec celle-ci le plus rapidement possible et éviter ainsi toute 
interruption de service."

   On remarquera l’hypocrisie avec laquelle cette censure est édictée. Pas de nudité (mettre des flingues ou des images de guerre, curieusement, n'est pas concerné) explicite et quand elle est artistique, hé bien c'est Blogger qui le décidera tout seul, comme un grand. De plus, les blogueurs sont invités (obligés) de mettre tout le blog en conformité avec ce nouveau règlement. 5 ans et près de 2000 pages à censurer soi-même...

   Le Web libre est un lointain souvenir. Lentement mais sûrement avance l'idée défendue par les tenants anglo-saxons d'un Net où tout un chacun devra payer pour chacune des prestations autrefois gratuites. Je ne donne pas 5 ans pour qu'il n'y ait plus aucune plateforme libre sur ce grand Barnum qu'est le Web.

   Pour l'instant, "Tu Quoque" va continuer son aventure ailleurs, en espérant que vous le suivrez...

   Merci en tout cas de votre fidélité.
   Plus d'informations dans quelques jours.

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Pensées pour nous-mêmes:

(EN TOMBANT, PENSE QUE
TU VAS TE RELEVER)

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"Pourquoi Mamie elle est pas avec nous, Dad?
- Elle y est, fiston. Elle se trouve devant toi...
partie pour une voyage au long cours"



Parenting done right. thedemon-hauntedworld)
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(Ce chasseur était également un inlassable coureur)



ÉTATS-UNIS

Victime de menaces,
le marcheur de Détroit déménage


   Après l'émotion, l'indignation. Début février, James Robertson avait ému l'Amérique après que le journal local Detroit Free Press avait révélé son histoire : celle d'un homme qui devait marcher 33 km, cinq jours par semaine, pour rejoindre son lieu de travail, faute de transports publics sur son trajet. Des milliers d'anonymes s'étaient alors mobilisés pour lui venir en aide : il avait reçu 350 000 dollars de dons, et une voiture lui avait été offerte.

   Pourtant, la belle histoire semble avoir tourné court. Le Detroit Free Press rapporte que Robertson a dû quitter précipitamment son logement de Detroit mardi 17 février pour rejoindre un endroit plus sûr, a annoncé la police de la ville.

   "Cette décision est intervenue après qu'il a confié être inquiet pour sa sécurité, et que certains résidents de l'immeuble dans lequel il vivait voulait une part des dons qu'il a reçu et ont violemment menacé Robertson", explique le journal.

   "Je voulais en finir au plus vite avec ça, il y avait tant d'éléments impliqués", en référence aux risques pour sa sécurité et le besoin de protéger la nouvelle voiture de 35 000 dollars (31 000 euros) qui lui a été offerte.



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(Mon nouvel animal familier allait plus vite
que l'oeilleton de ma caméra)



(Source: bigbellanova, via left-nutting)

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Benoît Barvin

mercredi 24 septembre 2014

"Ce roi du pétrole adorait prendre des bains de cambouis". Jacques Damboise in "Pensées incompétentes".

°°°
Pensées pour nous-mêmes:

(LES ANGES SONT TES
FRÈRES ET TES SŒURS)

°°°
René Giffey
   René Henri Giffey (Paris 8 mars 1884 - Arcachon 1er septembre 1965 ) est un dessinateur français, illustrateur de livres et de magazines et auteur de bandes dessinées. Il fut dans ces domaines l'un des artistes les plus prolifiques de la première moitié du xxe siècle, auteur d'une œuvre immense en plus de cinquante ans de carrière.(...)

   (...) Formé à l'École nationale supérieure des arts décoratifs et à l'École nationale supérieure des beaux-arts de Paris, résidant rue Turgot, il débuta sa carrière comme illustrateur de revues pour la jeunesse ( Saint Nicolas et L'Écolier illustré ) et de livres scolaires de la maison d'édition Delagrave en 1904. Dès 1908, il commença à travailler pour Arthème Fayard tout en présentant des spectacles d'ombres chinoises dans des cafés de Montmartre. Mobilisé en 1914, il participa à la campagne d'Italie en 1917 et collabora au journal des tranchées Face aux Boches. Il sera l'une des innombrables victimes des gaz de combat. Après-guerre, il se lança un moment dans la restauration de peintures d'églises avant de commencer sa longue collaboration avec la maison Offenstadt (devenue par la suite le Société parisienne d'édition ou SPE ). Ses dessins apparurent ainsi dans les magazinesFillette, Cri-Cri, L'Épatant, Le Petit Illustré, l'As, Hardi! et Junior.

   Sa carrière d'auteur de bande dessinée débuta avec la publication de L'Espiègle Lili - en collaboration avec Jo Valle et succédant à André Vallet - en 1921-1923 dans le magazineFillette et se poursuivra avec Ninette et Cloclo, M. Dupont, Détective, Nigaude et Malicette. Au fil des ans, son style fin, fluide et dynamique s'affirme - en particulier son type de personnages féminins, « Pin-ups avant la lettre », qui devient très caractéristique. C'est à cette époque d'ailleurs qu'il débuta aussi son travail d'illustrateur d'ouvrages érotiquesfétichistes, notamment pour le roman Éducatrice de Joan Spanking et pour la Librairie Générale et L'Almanach de l'Humour. Ce genre - dont il fut le "pendant français" de John Willie - deviendra étonnamment un des aspects majeurs de son œuvre ... avec l'illustration d'ouvrages scolaires et de Littérature d'enfance et de jeunesse.

Dans les années 1930-1940 parurent Les Frôle-la-Mort (dans Boum), Jean Lion le Spahi (L'As) ou encore Les Assiégés de Médine (Junior). À partir de 1941, il travailla pour Del Duca (Éditions Mondiales) - dont il produisit les collections principales - tout en contribuant à des collections de poche comme L'Aventure, L'Audacieux, Hurrah !, etc.

   Après-guerre, il débuta une série de bandes dessinées inspirées de grandes figures du roman populaire pour Fillette : Le Capitaine Fracasse, Les Compagnons de Jéhu, Cinq-Mars et bien d'autres. En 1948, il quitte définitivement Paris pour s'installer à Arcachon. Il cosigna avec Maurice Limat - un autre forcené du travail - la bande dessinée Buffalo Bill dans les années cinquante. Travailleur boulimique, il collaborait en même temps avec une dizaine d'autres maisons plus ou moins importantes (dont Casterman) tandis que sa signature apparaissait aussi dans France-Soir ! À la manière de Balzac, mort d'épuisement, il mourut foudroyé par une crise cardiaque en 1965.

   Par l'importance de son œuvre iconographique et sa renommée dans la presse et l'édition populaires, Giffey peut, quoique dans un autre style et un autre répertoire, être considéré comme le successeur d' Albert Robida et le précurseur de Brantonne, l'illustrateur de la Science-fiction. Quant à son itinéraire professionnel, entre illustration et bande dessinée, il n'est pas sans préfigurer ceux d' Hergé ou d' Edgar P. Jacobs.


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"Mais ce n'est rien, Amanda, c'était la moindre des choses...
Et, en plus, je n'étais pas au mieux de ma forme..."


René Giffey

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"Oh Mon Dieu, vous avez vu?
- Incroyable!
- Ces tatouages sont d'une finesse!
- Merci... Merci..."



°°°


°°°

René Giffey 1924 Lovers, Kiss


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Blanche Baptiste

samedi 28 décembre 2013

"Depuis qu'il avait perdu ses jambes, il parlait d'une voix de basse". Jacques Damboise in "Pensées inconvénientes".

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Pensées pour nous-mêmes:

(LA VIE T'AIME)

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"Miroir, gentil miroir, dis-moi
si je suis la plus sexy?
- Avec ou sans galurin sur la tête?"



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"Que puis-je t'offrir, Oh Ma Divine?
- Un chapeau melon.
- Hein?"



Oum Salah, maquerelle à Bagdad

OMAR AL-JAFFAL

   (...) Les pages Facebook irakiennes débordent de sexe. Apparues d'un coup, les pages des maquerelles talonnent celles des hommes politiques les plus populaires et celles des hommes de religion les plus influents. Depuis août, la page d'Oum Salah, par exemple, a reçu plus de 71 000 "j'aime", et cela sans la moindre publicité. Les jeunes hommes se sont rués dessus comme des fourmis sur un morceau de sucre tombé par terre.

   Oum Salah, c'est en quelque sorte un morceau de sucre qui serait tombé très bas. Car le sexe est tabou en Irak. C'est pourquoi les relations sexuelles entre les jeunes hommes et les femmes sont quasi inexistantes. Les frustrations sont par conséquent la chose la mieux partagée. Et c'est pour ça qu'Oum Salah peut proposer des gourmandises sur un plateau d'argent.

   Elle publie beaucoup de photos, à l'instar de ses consœurs maquerelles, Oum Ali et autres Oum quelque chose. Certaines travaillent à l'échelle de leur ville, d'autres à l'échelle d'une ou plusieurs provinces et d'autres encore ont étendu leur réseau sur tout le pays. (...)

   (...) Elles mettent en ligne des photos de jeunes femmes sans montrer leur visage, mais avec un numéro de téléphone permettant de fixer un rendez-vous pour du sexe rapide. Les prix sont fixés à l'avance, en fonction de l'offre et de la demande. Ainsi les prix dégringolent pendant les mois sacrés de Mouharram [pendant lequel ont lieu des cérémonies religieuses majeures pour les chiites] et du Ramadan [le mois du jeûne], car si l'offre est toujours abondante, la demande, quant à elle, faiblit.

   Les photos et les commentaires en ligne sont destinés à exciter les jeunes gens agglutinés devant leur écran et qui consentent généralement à satisfaire les demandes qu'on leur fait. Soit, la plupart du temps, une recharge de crédit pour le téléphone portable de leur interlocutrice.

   Quelques instants après avoir mis en ligne une nouvelle photo d'une fille en sous-vêtements impudiques, Oum Salah compte 47 commentaires [sur sa page Facebook] de la part de jeunes hommes qui savent ce qu'ils veulent. Un seul mot suffirait à résumer leur état et à qualifier ce qu'ils demandent. Oum Salah entretient la chose : "Si vous voulez d'autres photos, envoyez-moi une recharge téléphonique !" Après, sur son compte mail personnel, elle conclut des transactions autrement plus conséquentes, mais personne ne sait combien elle en tire.

   Oum Salah joue sur la sensibilité à fleur de peau de ces jeunes hommes. Mais il s'agit aussi de respecter les règles du métier. Offrir des filles de joie et rien d'autre. Et veiller à ce que l'interlocuteur soit dûment répertorié, après avoir été introduit par des clients déjà connus. Car il faut éviter le risque pour les filles d'être arrêtées ou violentées par les clients.

   Nous rencontrons Oum Ali grâce à l'un de ses vieux clients, qu'elle connaissait avant de lancer son affaire sur Internet. Elle parle volontiers, à la manière d'une femme d'affaires. Grâce à son réseau, elle parvient à couvrir toutes les régions du pays. Elle consacre une heure au milieu de la nuit et une autre en journée à ses 1 400 amis Facebook.

   Elle ne les connaît pas tous, mais elle veille à garder sa page "propre", comme elle dit. Elle envoie quelques nouvelles photos afin d'offrir plus de choix, sans hésiter à évoquer les humeurs des filles qui travaillent pour elle.

   Une nuit coûte 100 dollars, avec obligation d'amener la fille à l'endroit souhaité et de lui offrir un bon repas, ainsi que du whisky ou des bouteilles de bière.

   Le mot "sexe" n'a plus cours que dans les quartiers huppés. Dans le reste du pays, il a quasiment disparu, alors que dans les années 1990 il était très répandu parce qu'il avait en arabe une connotation moins vulgaire et moins embarrassante que d'autres mots pour évoquer entre jeunes gens des images de corps nus. 

   Il existe un groupe Facebook intitulé "Il n'y a que les filles irakiennes qui comprennent". Il est réservé aux filles. Elles s'y livrent entièrement, parlent de sexualité, de mariage et de films érotiques. Pour en devenir membre, il faut franchir certaines barrières. Les filles doivent notamment envoyer une photo de leurs seins avec la mention "Il n'y a que les filles irakiennes qui comprennent". Une précaution destinée à éviter l'intrusion du sexe opposé.

   Or des hommes ont réussi à se faire passer pour des filles. Ils se sont introduits sur ce groupe Facebook comme sur une île habitée uniquement par des femmes et où aucun homme n'aurait encore mis les pieds. Une fois admis, ils ont commencé à voler des images et à les faire fuiter. Quand les fuites se sont multipliées, les administratrices se sont employées à "nettoyer" la page pour en chasser les "espions" et autres intrus. Et, selon elles, la page est désormais sûre. (...) 


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"Halte là, faquin!
Ici on n'entre qu'avec un chapeau
vissé sur la tête.
- Mais je suis un chien...
- On ne fait aucune distinction d'espèce,
désolé."


Paul Éluard

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Benoît Barvin

dimanche 7 avril 2013

"Il marcha en crabe, croyant entendre la mer". Benoît Barvin in "Pensées pensées".

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Pensées pour nous-mêmes:

(LE CHANT DE L'AMOUR
FAIT DU BIEN AUX ETOILES)

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Lettres d'Inconnus (18)
Pcc Benoît Barvin

spikeseduction.com

Cher Amour,

   Je te regarde... Je me gorge de toi. Mon oeil effleure tes formes, vallées et montagnes que j'ai pris l'habitude de côtoyer depuis... Mon regard est une main hésitante qui remodèle ce paysage, mille fois vu, mille fois aimé, mille fois oublié. Car le temps qui passe, dit-on, efface les souvenirs de la première rencontre qui chamboule la vie; de ces battements du coeur qui cessent, d'un coup, pour mieux nous faire renaître, quelques secondes plus tard, à jamais différents; de ces jambes guimauves qui ont du mal à nous porter, soudain; de ce sol qui tangue sur le plancher d'un navire incertain car, dans la seconde, les dogmes du quotidien ont été balayés...

   Adolescent, je suis redevenu... Me voilà à l'époque où nous nous sommes croisés et heurtés, dans cette foule estudiantine, à l'heure de midi, moment où les corps affamés se ruent dans les restaurants, où les bouches se découvrent et dévoilent des dents carnassières, poussées par des estomacs vampires, prêts à transformer leur propriétaire en bête capable de tout dévorer...

   Légèrement heurtés, nous nous sommes... Nos regards qui se croisent; qui instantanément s'apprivoisent ou, pour être plus exact, se reconnaissent. "Te souviens-tu que nous étions amants, dans une autre vie, ma Mie?"... J'ai ramassé tes cours que, dans ma sotte précipitation, j'avais fait tomber, je te les ai tendus, nos chairs se sont effleurées...

   Le soir, amants, déjà, nous nous retrouvions nus dans ce lit de cité universitaire, lit trop étroit d'ordinaire et qui, à présent, prenait des dimensions fantastiques, se métamorphosait en paquebot vers l'Ailleurs... Mais cet ailleurs était gorgé de chaleur, d'odeurs, de frissons voluptueux, de tendresse indicible et le temps, les heures, les minutes, tout était dérisoire... Seuls comptaient cette bouche charnue, ce sourire à moi seul destiné, cette salive qui, en se mélangeant à la mienne, créait une saveur aphrodisiaque.

   Les jours, les semaines, les mois, les années... Le Temps n'est rien d'autre qu'une Entité un rien stupide dont, d'ordinaire, nous ne nous préoccupons pas. Avec l'inconscience de l’Éternité  nous qui, dès le premier cri, sommes des morts en sursis. Nous vieillîmes, ma Mie, nous le sûmes peu à peu, dans les ridules que l'Existence, que l'Inconscience, que le "Quant à Soi" imprimait non seulement sur notre peau, moins élastique, plus "mâchée", mais également dans la chair de notre âme...

   "Moi, je buvais, crispé comme un extravagant, Dans son oeil, ciel livide où germe l'ouragan, La douceur qui fascine et le plaisir qui tue"... Ces vers de Baudelaire me taraudaient, au fur et à mesure que notre vie devenait commune... Nos sourires se raréfiaient, nos élans du coeur et du corps également. Nous n'eûmes pas d'enfant, le travail était devenu notre seule préoccupation.

   Certes, nous avions l'un pour l'autre une tendresse conservée intacte, mais comme dans de la naphtaline. Nous aurions pu nous séparer, Mon Amour, pourtant l'étincelle de la première rencontre subsistait, chacun en était persuadé. Mais comment la faire rejaillir? Comment redonner de la vigueur au sentiment premier d'enceinte inexpugnable que nous éprouvions, lorsque nous nous accolions, tels des amants venus du fond des âges?

   C'est Toi qui a trouvé, c'est moi qui ai accepté, c'est toujours moi qui ai serré ton encore joli cou entre mes doigts un peu tremblants, ma Mie. Tes yeux buvaient les miens; j'aspirais ton âme au fur et à mesure que la vie s'enfuyait de tes membres, rosissait ta rétine alors que, de ta bouche qui expirait, s'échappaient des mots d'amour...

   Je te regarde... Ton corps est un doux paysage à la molle langueur. Bientôt, je vais te rejoindre, le poison fera son effet, nous nous retrouverons dans cet Ailleurs qui, au fond, était celui que nous vivions sans le savoir. Un Ailleurs que personne d'autre que Nous ne peut appréhender ni même comprendre... Seuls, les poètes, peut-être...

   "Où sont nos Amoureuses? Elles sont au tombeau: Elles sont plus heureuses, Dans un séjour plus beau!". Je ne sais s'il le sera, mais nous serons de nouveau réunis. A jamais. A toujours...


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"Patricia Littlebody avec son invention destinée
à capter les ondes divines du ciel céleste)
Irish McCalla

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(Dora Goodgirl se dorant au soleil artificiel,
quelques minutes avant un terrible dérèglement
du thermostat)



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(Non, vraiment, la séance de photo 
avec John Dontbeafraid était
si longue que les fleurs avaient le temps
de pousser sur le corps momifié des
mannequins un peu cruches..."



Twiggy by Bert Stern
Source: retrogasm

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(On le lui avait pourtant répété que le vent,
sur ce balcon, soufflait à décorner les boeufs...)


Sophia Loren at Cannes, 1959.
Source: jeanjeanie61


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Jacques Damboise

mercredi 20 février 2013

"Cette chienne de vie me mordillait toujours les basques". Jacques Damboise in "Pensées inconvénientes".

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Pensées pour nous-mêmes:

(DÉSHABILLE TES MAUVAISES PENSÉES)

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COURTS RÉCITS AU LONG COURS (74)
pcc Benoît Barvin


Van (2)

   J'acquis pour une bouchée de pain ce véhicule utilitaire lors d'une vente aux enchères. Il s'agissait d'un van banal, à porte coulissante, qui n'accusait  que 25 000 km au compteur. Je m'en étonnai, d'autant que j'avais appris qu'il avait eu plusieurs propriétaires avant moi. "Ce n'est pas étonnant, me dit le commissaire-priseur. Ce van a une histoire bizarre. Tous ses possesseurs ont eu maille à partir avec la Justice, comme on dit ou ont eu une mort accidentelle. Le dernier, par exemple, se serait suicidé sur la voie publique à l'aide d'un fusil d'assaut modifié... Comment a-t-il fait? Mystère... Mais cette lourde hérédité explique, peut-être, le prix de départ et d'arrivée du véhicule".

   Je partis au volant du van, en me disant que si le commissaire-priseur avait raison, je devais redoubler de prudence. L'engin avait l'air pourtant banal, il répondait normalement aux sollicitations de son propriétaire. Lorsque je le rangeai devant mon garage, je l'inspectai sous toutes les coutures. Le moteur, les pneus, les freins, tout était OK. Le véhicule n'avait besoin que d'un bon nettoyage, chose que j'entrepris dans l'après-midi, en frottant avec décision le métal en assez bon état.

   "Hé! Ne frottez pas comme ça! Vous m'empêchez de me repoudrer le nez!". La voix féminine me statufia sur place. J'aperçus un petit bout de femme qui, tirant à elle la porte coulissante, sauta sur le sol. Elle avait un museau de souris, une coiffure en bol formée de cheveux filasses d'un roux mordoré, ses yeux étaient rieurs, ainsi que sa bouche aux belles lèvres pleines. Pour le reste, j'ai noté ses vêtements au look hippie - jean accentuant des formes alléchantes et Tee-shirt vivement coloré sous lequel la poitrine semblait très à l'aise... L'odeur de patchouli a immédiatement saturé l'espace.

   Comme je ne réagissais toujours pas, l'apparition m'a souri : "On dirait que t'as vu un fantôme, mon chéri... Je ne suis qu'un génie... Enfin, une Génie, puisqu'il n'y a pas de féminin pour ce mot... Phallocratie, quand tu nous tiens!" Elle a ri de nouveau, et je me suis senti bien, inexplicablement. Génie féminin ou pas, elle était drôlement sympathique, et jolie, surtout quand ses yeux se plissaient, ou qu'elle inspirait son oxygène comme si c'était l'air du grand large.

   La Génie m'a expliqué qu'un méchant sort lui avait été lancé par Schéhérazade elle-même, ce qui l'avait expédiée dans ce "machin" pour les siècles et les siècles "Amen"... "C'est moi qui lui écrivait ses histoires... Le roi de Perse, Shahryar, s'en est rendu compte. Jalouse de l'intérêt qu'il me portait,  cette "garce de Chère Rasade" s'est vengée". Elle continua en disant que, en tant que Génie, elle pouvait exaucer  un seul voeu. Si j'en avais un sous le coude, cela l'arrangerait. Elle en avait assez de ce truc métallique qui sentait "la pisse de chat" et de ses différents propriétaires mal embouchés.

   Je réfléchis un moment, mais fus incapable de sortir de mon cerveau déconcerté une quelconque envie... autre que celle de garder, un moment, la Génie avec moi. Il faut me comprendre: j'étais seul depuis cinq ans. Mon épouse s'était enfuie avec le livreur de pizzas, après avoir vidé notre compte commun. Avoir une Génie dans son logement me serait bien utile... D'abord pour le rangement au quotidien, puis pour les repas non surgelés et, enfin, heu... pour la bagatelle, peut-être? Je m'interrogeai sur la teneur des prouesses charnelles d'une Génie quand celle-ci s'approcha vivement de moi et me donna une paire de gifles!

   "La première, c'est pour me voir sous la forme d'une boniche. La seconde, pour m'imaginer en objet sexuel, non mais! Tu as cependant formulé un voeu et je ne peux m'y soustraire, alors...". "Comment ça, un voeu? répliquai-je en me frottant la joue. Je n'ai rien formulé du tout!". "Je lis dans les pensées, gros bêta, et les images que tu as formées étaient explicites". Elle sourit de nouveau, cette fois avec un zeste de malignité, m'a-t-il semblé, et elle a récité sa formule magique.

   "Tagadam, Tsointsoin, Ziboumcrac et AliBaba". Une poussière d'or a auréolé sa silhouette. Quand elle a disparu, la Génie était toujours là, me souriant d'une manière provocante. Le van, lui, avait disparu. "Bon, on fait quoi, maintenant?" a interrogé la Génie en jetant un oeil vaguement méprisant envers mon pavillon. 

   Cela, c'était il y a quinze jours à peine. Quinze jours horribles au cours desquels j'ai appris que les Génies femelles sont inaptes au ménage, ignorantes dans l'art culinaire et, pour le reste, je préfère ne pas en parler. Chaque nuit, relégué dans mon canapé alors que la Génie se vautre dans mon lit en se régalant de crème glacée, je me demande comment  faire pour me débarrasser de cette souillon frigide qui...

   Aie! J'ai pensé trop fort... Je sens que ça va être de nouveau ma fête... Mais Bon Dieu, qu'est-ce qui m'a pris de troquer ce van, à l'utilité évidente, contre cette grossière Génie maboule? Plus jamais, vous m'entendez, plus jamais je ne lirai un de ces ignobles "Contes des Mille et une nuits"... Si j'ai un conseil à vous donner, Messieurs, c'est de faire comme moi.

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"Participer à l'effort national?
Tout à fait d'accord, les mecs!
Voilà d'ailleurs ma réponse..."


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(La femme dépoitraillée en pleine action)



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(La Mère Michel qui avait retrouvé son chat
était euphorique)


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(La fille qui dormait dans une valise
sortait parfois la tête pour mieux respirer)


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Jacques Damboise

jeudi 24 janvier 2013

"Regarde-moi bien dans le blanc des yeux, dit l'aveugle au sourd et muet". Jacques Damboise in "Pensées inconvénientes".

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Pensées pour nous-mêmes:

(LE TEMPS IMPAIR ET PASSE)
Pcc Jacques Damboise

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COURTS RÉCITS AU LONG COURS (68)
pcc Benoît Barvin


Fille

   Je venais de m’arrêter à un feu rouge lorsque la portière, côté conducteur, s’ouvrit brutalement. Quelqu’un me poussa avec décision et je m’en fus valdinguer contre la portière droite. La voiture démarra sur les chapeaux de roues. « Cette fois, attache ta ceinture » fit une voix dure, bien que féminine. Je m’exécutai machinalement et, au bout d’un long instant d’indécision, j’osai couler un regard anxieux vers l’individu qui venait de s’emparer de mon véhicule… avec moi comme paquet surprise.

   Il s’agissait d’une blonde, un rien enveloppée, avec un joli nez retroussé, des lèvres pleines, un long cou. Le reste de son corps était dissimulé dans un T-shirt glissé dans un jean, le tout ayant de jolies formes, semblait-il. Un parfum d’Ylang-Ylang flottait autour de la fille, accompagnée par une odeur plus âcre, celle de sa sueur, m’apparut-il. « Qu’est-ce que tu regardes ? ». La voix, qui imitait le parler de banlieue, ne dissimulait pas la jeunesse de sa propriétaire et une certaine affectation, en fin de phrases. « Alors ? Tu réponds ? ». De sa main droite elle me frappa soudain et le choc d’un objet métallique sur la tempe me fit pousser un petit cri de souffrance. « Je… Rien… Vous… Je… ». «Super, ça, je suis tombée sur un bafouilleur de première » ricana-t-elle.

   De fait, je n’avais plus les idées vraiment en place. La douleur pulsait dans mes tempes, j’étais à présent réellement effrayé, me demandant ce qui allait m’arriver, avec cette inconnue armée d’un automatique. La fille conduisait mal, et vite. Elle enfilait les rues en se déportant sur la gauche, faisant hurler les véhicules qu’elle évitait d’un brutal coup de volant. A ce rythme, on allait s’emplafonner dans un semi-remorque, comme dans les films de poursuite hollywoodiens…

   « Si vous pouviez… ». « Quoi, tocard ? ». Nouveau coup, cette fois dans les côtes. Je me pliai de douleur. Elle rit, joli rire de gorge qui, en d’autres circonstances, m’aurait attiré. « T’as autre chose à dire ? ». Elle vira soudain sur la droite, de sorte que je me plaquai contre elle. L’Ylang-Ylang m’enveloppa dans ses rets. J’eus comme un éblouissement, me voyant collée à elle, l’embrassant goulûment, alors que nos deux corps…

   Nouveau virage en épingle à cheveux. Cette fois je fut envoyé contre la portière et mon épaule droite avec. Je hurlai de douleur. Furieux, je me tournai vers la fille et lui lançai : « Mais vous voulez nous envoyer dans le décor? ». « Exact, dit-elle. Tout à fait exact ». Sa réponse me souffla tellement que je mis plusieurs minutes à récupérer mes esprits, alors que ma pauvre tire était balancé de droite à gauche, freinait brusquement, repartait avec un hurlement de pneus et de vitesses malmenées, le tout dans une sale odeur de brûlé.

   « Tu me demandes pas pourquoi je veux en finir ? ». Je hochai affirmativement la tête, trop déglingué du cerveau pour parler. « Ben, je te le dirai pas », dit-elle, en riant comme une bête blessée. Cette fois, je me le tins pour dit. Cette fille était dingue. J’allais crever à cause d’une salope complètement timbrée, qui s’était certainement enfuie d’une maison de repos et qui m’entraînait dans sa folle course vers la mort. Une tarée qui, à cause d'une histoire d'amour ayant mal tournée, se la jouait "Thelma et Louise"... Et Louise, c'était moi!

   Les sirènes des voitures de flics s'insinuèrent enfin dans mon cerveau, légèrement déconnecté du réel. J’en vis deux qui tentaient de nous dépasser, de chaque côté, afin de nous barrer la route un peu plus loin et… Nom de Dieu ! On allait tout droit vers le Pont suspendu. En une seconde, j’entrevis ce que la dingue avait l’intention de faire : après un gymkhana au milieu du trafic, elle allait nous jeter, elle et moi, dans le fleuve tumultueux dont les eaux, depuis plusieurs jours d’une pluie incessante en amont, allaient nous avaler gloutonnement.

   « Laisse-moi sortir, je t’en prie » suppliai-je. Elle me foudroya du regard, tout en donnant un nouveau coup de volant qui obligea l’automobile des flics, sur mon flanc, à lâcher prise. « Pourquoi je ferai ça ? ». J’étais transpercé par ses yeux d’un bleu de ciel d’été. J’entrevis toute la souffrance du Monde et cela m’apaisa illico. « Pour… rien… » répondis-je, dans un souffle. «Fous-le camp !» hurla-t-elle alors, en pointant son arme.

   C’est elle qui, en se penchant vers moi, ouvrit la portière et, après avoir détaché ma ceinture d’une geste affolé, et sur une dernière fragrance d'Ylang-Ylang je m’envolai dans les airs. Avant de retomber sur l’asphalte, devant le museau d’une Dodge qui freinait dans un hurlement de freins martyrisés, j’entrevis le visage de Madone de la fille où les pupilles brillaient comme une promesse. «Je ne sais… même pas… son prénom», ânonnai-je, en me recevant tant bien que mal sur le sol.

   Ma voiture – et sa mystérieuse conductrice – démolirent une barrière métallique et toutes deux s’effacèrent du paysage, alors que des gens m’entouraient, pleins de sollicitudes. Je me mis à pleurer, puis ce furent de vrais sanglots qui me déchirèrent le coeur.

  J’avais laissé passer l’Amour de ma vie par pure lâcheté…

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(Air chanté)
"Ooohhh Ma Chériiieee...
n'as-tu paaas
oubliééé quelque chooose?
- Non, mon n'Amouuur,
je ne penseee paaas...
Pourquoi?
- Oooohhh, pour Ri-En..."

Music. Oh Calcutta..by Henri Dauman


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"Oh, là, regarde!
- Une tache, je sais, 
elle est vieille comme le monde, celle-là...
- Désolée, je fais ce que je peux
pour te déstabiliser...
- Mais tu peux peu..."

Girls in costumes, Volendam, 1950s
photo by Cas Oorthuys

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"Ça sert à rien, 
aujourd'hui t'es moche t'es moche,
tu peux rien y changer..."

Marilyn making up..
photo by Manfred Linus

(A cette occasion cette actrice comprit que sa
maquilleuse n'était qu'une sale jalouse et elle la vira illico)

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"HHHIII!!! C'est pas possib'e! 
Ch'suis engagée, c'est ça?
- Non, tu dégages, j'ai dit, et fissa!"

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Jacques Damboise (dit le Cruel/Méchant ironiste)